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Chronique : La mère des eaux

Un thriller fantastique et fou qui tire ses origines dans ce que la magie vaudou a de plus sombre…

Après Les enfants de Peakwood, Rod Marty revient ! Auteur français découvert par les éditions Srcinéo, La mère des eaux est son second roman. On y sent plus d’assurance et de maturité que dans le premier. Plus de noirceur également. Je vous laisse aviser, mais pour moi, c’est un véritable coup de cœur.

Il était une fois… dans une petite ville isolée de Louisiane : Lamarre

Emily et Chris forment un couple idéal. Ou presque. Leur manque d’enfant commence à peser, en particulier pour Emily qui a perdu tout espoir à force fausses-couches à répétition… Pour Emily, qui est fille adoptive, c’est encore plus difficile à accepter que pour d’autres…

Alors, quand arrive une lettre en provenance de la ville de Lamarre et qu’on lui annonce qu’elle hérite de la propriété de sa mère, Emily veux y aller immédiatement. Surtout que sa mère biologique n’est pas décédée, mais bien vivante ! Une surprise de taille pour la jeune femme. Mais sa mère est totalement vidée, il n’y a plus d’âme en elle, uniquement une enveloppe qu’il faut nourrir et changer… Emily doit donc s’occuper d’elle maintenant, et peut-être rester à Lamarre ?

Les habitants y sont si accueillants, gentils, prévenants… pourquoi ne pas rester vivre dans cette douce petite ville à l’écart du stress de la grande ville ? Surtout que peu à peu, on commence à promettre à Emily l’idée qu’un enfant d’elle puisse naître dans cette ville aux caractéristiques uniques. Comment ? Pourquoi ? Beaucoup de questions s’amoncellent aux portes de Lamarre… oserez-vous les franchir ?

Un roman sombre comme il faut…

Lire ce roman, c’est se retrouver dans un autre endroit, et même un autre siècle. Lamarre est une ville si isolée de tout qu’on dirait que le temps s’y arrêté. Ce qu’on y découvre est bien loin de ce qu’on aurait pu imaginer au premier abord.

Je m’attendais toutefois à un récit sombre, et j’ai justement adoré La mère des eaux pour cela. Ça fait du bien de lire un roman dont l’atmosphère est proche du récit horrifique. Sous tension constante, parsemé de visions étranges, violentes, parfois érotiques… Emily se perd peu à peu dans les méandres de la petite ville de Lamarre.

L’ambiance est lente, lancinante, invasive… on sent réellement le mal-être qu’engendre peu à peu la ville sur le couple. Rod Marty a gagné en maturité au niveau du développement de son décor. Beaucoup plus fin, efficace que dans son précédent roman. C’est délectable !

Et surtout, on en apprend énormément sur la magie vaudou. Dans ce roman, il est question de Mami Wata, la Reine des eaux. Elle peut vous donner beaucoup si vous la servez comme il se doit… sinon elle reprend tout, et pire encore. Si vous commencez d’ailleurs à chercher un peu qui est Mami Wata sur le net, vous trouverez énormément de sites web dédiés au vaudou (haïtien, africain…). J’avoue avoir tellement aimé que j’aurais voulu en savoir plus cette culture magique si bénéfique et dangereuse à la fois.

J’ai adoré découvrir le mythe pensé par Rod Marty pour expliquer les origines de la ville de Lamarre. Dans le roman, on alterne entre notre époque et une autre, une centaine d’années avant. Tout est bien ficelé pour nous amener jusqu’à la conclusion parfaite concoctée par Rod Marty.

…….

En conclusion, La mère des eaux est un roman parfait si vous aimer vous faire peur, être captivé par une ambiance étrange, malsaine et fascinante à la fois.

Rod Marty se révèle enfin avec ce roman de qualité qui plaira aux fans d’horreur et de fantastique !

PS : Petite mention spéciale pour la couverture que je trouve absolument parfaite pour le roman. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser à un autre roman d’horreur qui utilise la couleur verte comme base, avec une petite chapelle en fond… ça vous parle ?

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Actualité éditoriale : A Good Girl, la nouveauté attirante des éditions Lumen

Il est à paraître en librairie le 5 octobre prochain, voici le roman A Good Girl, d’Amanda K. Morgan.

Voici la présentation volontairement nébuleuse (et ultra tentante) des éditions Lumen, qui comme toujours soignent leur communication. J’ai hâte d’en découvrir la teneur !

Pour patienter, j’ai reçu un beau communiqué de presse sur un papier de qualité et une cocotte en papier aux symboles bien mystérieux… avec beaucoup de questions : Qu’est-ce qui est impossible à atteindre ? Serait-elle la norme idéale ? Qu’est-ce que l’excellence absolue ? Et la réponse cachée en dépliant totalement la cocotte est : La perfection. Ce roman serait-il un énorme jeu de dupe ? Affaire à suivre…

Vous pouvez découvrir ici les trente premières pages du roman !

Ce qu’il faut savoir sur Riley Stone :

  • Riley Stone est la perfection incarnée (Demandez autour de vous.)
  • Elle a un faible pour son prof de français, Alex Belrose. (Qu’elle soupçonne ne pas être indifférent à son charme.)
  • La vie entière de Riley est déjà planifiée. (Ce n’est pas négociable.)
  • Elle a toujours su préserver ses petits secrets. (Toujours.)
  • Riley est persuadée que sa vie est sur la bonne voie. (Et rien ne pourra y changer quoi que ce soit.)
  • Elle n’a rien d’une adolescente ordinaire. (Et ne s’en cache d’ailleurs absolument pas.)
  • Les petits jeux, ce n’est pas vraiment son truc. (Mais s’il faut s’y prêter, elle gagne toujours.)
    L’un de ces jeux est sur le point de commencer, elle le sent… Sauf que Riley a un plan. Et elle compte bien l’emporter. Car elle ne perd jamais.


Chronique : Comme un poison entre nous

Ou comment un voisinage peut devenir peu à peu toxique et dangereux…

Paru aux éditions Scrinéo en février 2016, voici le tout premier roman de Monica Rattazzi. Entre roman policier et suspense domestique, découvrez une vie de famille normale et bien sous tout rapport… Jusqu’à ce qu’insidieusement, le mal s’installe.

Un couple qui bat de l’aile et une vie de famille à assurer

Vu de loin, vous admirez un tableau idéal : une petite vie famille heureuse, un petit pavillon dans la banlieue… le bonheur parfait. Mais, le verni semble se craqueler depuis un moment, et peut-être qu’il suffit d’une pichenette pour que tout bascule… A moins que tout allait mal avant ?

Et si, Hadrien, le fils de la voisine était l’élément déclencheur qui allait tout compliquer ?

Un thriller diaboliquement efficace et lancinant

Ce roman a beau débuter lentement, peu à peu la tension monte. Pour les adeptes de thrillers domestiques, ce sera absolument parfait. Le délitement du couple que forment Pierre et Julie semble inévitable… Et au fil des pages, on ne peut s’empêcher d’être frustré face aux réactions de Pierre, qui semble constamment fermer les yeux sur ce qui l’entoure.

En quoi Hadrien, le fils de cette voisine est-il si dangereux ? Au début, rien ne laisse présager du danger qu’il représente pour la petite famille. Sa mère travaille comme infirmière, elle est souvent absente ou débordée. Pierre aime bien prendre Hadrien sous son aile et l’invite régulièrement à la maison. Parfois sans demander son avis à Julie… Mais rien de bien grave en soi. Cependant, Hadrien est parfois bizarre et vicieux malgré sa jeunesse. Mais ne serait-ce pas Julie qui se fait des idées ? Elle qui a du mal à s’entendre avec Pierre depuis quelques mois déjà, peut-être qu’Hadrien n’est qu’un prétexte pour se quereller avec lui ?

La mise en doute est constante dans ce roman. Parfois, on ce dit que c’est peut-être nous qui voyons le mal partout, que notre réalité est biaisée par ce que pense Julie. Mais est-ce elle le problème ? Son mari Pierre ? Ou le fameux garçon, Hadrien ? Difficile de savoir réellement… jusqu’au dernier tiers du roman, qui commence à révéler sa teneur !

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En somme, Comme un poison entre nous (dont le titre est absolument parfait) est un thriller psychologique brillamment mené. Ceux qui aiment le suspense et les histoires sous tension qui se déroulent à l’échelle de quelques personnages devraient apprécier. C’est simple, diabolique, efficace. Saurez-vous deviner l’issue de cette histoire qui s’obscurcit de plus en plus vite au fil des pages ?

Personnellement, je ne suis pas habituée à ce genre de lecture, mais j’ai lu ce roman à une telle vitesse qu’il est impossible de nier son efficacité ! A réserver toutefois aux fans du genre, je pense.

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Actualité éditoriale : Ces romans à paraître en fin d’année 2017 qui me tentent énormément… – Partie II

Voici la suite de ma liste d’ouvrages ultra tentants de la rentrée 2017 ! J’ai déjà pu lire et découvrir un bon tiers de la liste que vous ai proposée précédemment. Mais il en reste tellement à découvrir ! Encore une fois, on mélange les genres histoire de tenter tout le monde… Et il y a aussi bien des nouveautés pures que des sorties poches qui vous sont présentées ici !

Ma fille – Jane Shemilt – Pocket

Dans le genre du thriller pur, Ma fille semble être le roman sous haute tension parfait. Tout commence avec la disparition très inquiétante une ado de 15 ans. Plus le temps passe, et plus l’enquête piétine… Mais la mère de la jeune disparue décide de remonter elle-même les fils de l’intrigue.

La quatrième de couverture (ci-dessous) est extrêmement simple, mais suffit déjà à créer une curiosité ! Donc, quand il sortira, je l’achèterais, d’autant que ce sera un poche alors pas de quoi se priver.

« Bristol, 2009. Naomi a quinze ans et une vie de lycéenne tout ce qui a de plus normal. Jusqu’au soir où elle ne rentre pas. La panique, l’angoisse et la mobilisation policière n’y changeront rien. Un an plus tard, Naomi est toujours portée disparue. Sa mère, Jenny, envisage tous les scénarios possibles. Dévastée par le chagrin, elle ne renonce pas et cherche encore. Pour comprendre, elle doit tout apprendre de sa fille. Jenny décide alors à rebours de remonter le fil de cette vie qui prenait son envol loin d’elle. Découvrant peu à peu qu’elle ignorait beaucoup. Dont ces choses qu’elle aurait préféré ne pas savoir… ».

Amaz – Lisa Goldstein – Hélios

Voici un direct poche à surveiller de près à sa sortie en octobre 2017 ! (un direct poche est un ouvrage qui n’est pas sorti en grand format au préalable). Ce roman semble s’inspirer des élans et de la chaleur envoûtante de l’Orient, le tout teinté d’imaginaire, bien entendu.

La collection Hélios (pour ceux qui la découvriraient) est issue d’un collectif entre ActuSF, Les Moutons électriques et Mnémos. Dans le cas d’Amaz, ce sont les Moutons électriques qui assurent la publication. Ils ont également publié en grand format un autre ouvrage de la même auteure cette année : Sombres cités souterraines.

« Pour le Dr. Mitchell Parmentier, orientaliste américain venu passer un an dans la grande ville orientale d’Amaz pour y étudier une ancienne épopée dont il a retrouvé le manuscrit, comme pour son épouse et ses deux filles, c’est un séjour plein de promesses qui s’annonce. Presque des vacances. Mais Amaz, où s’interpénètrent l’univers magique des Mille et Une Nuits et le climat conflictuel du Moyen-Orient contemporain, n’est pas une ville de tout repos.

Les rues semblent y changer le tracé d’un jour à l’autre, les nouvelles se transmettent par l’intermédiaire de jeux de cartes divinatoires, une guerre séculaire oppose secrètement les partisans de deux types d’écriture… »

Les derniers jours de l’émerveillement – Graham Moore – Le Cherche-midi

Alors, ce n’est pas très rationnel, mais le titre et la couverture de ce roman m’ont tout de suite attirée. Et après avoir découvert le résumé, j’ai compris pourquoi… il y a TOUT ce que j’aime dans ce livre, du moins dans sa présentation. L’histoire m’a d’ailleurs fait un peu penser au roman Le Prestige de Christopher Priest dans l’accroche.

L’époque est celle des grandes avancés scientifiques (la fin du 19ème siècle), le sujet est une lutte de pouvoir sur fond de suspense… ça a donc absolument tout pour plaire. L’ouvrage sort le 7 septembre prochain en librairie et fait d’ores et déjà partie des mes prochaines lectures !

« Après son Oscar pour le scénario de The Imitation Game, Graham Moore nous conte le formidable duel de deux inventeurs de génie qui ont transformé notre vie quotidienne.

New York, 1888. Les lampadaires à gaz éclairent les rues de la ville, l’électricité en est à ses balbutiements. Celui qui parviendra à en contrôler la distribution sait déjà qu’il gagnera une fortune considérable et sa place dans l’histoire. Deux hommes s’affrontent pour emporter la mise : Thomas Edison et George Westinghouse. Tous les coups sont permis. Lorsqu’un jeune avocat, Paul Cravath, aidé par le légendaire Nikola Tesla, se mêle à ce combat homérique, il va bientôt se rendre compte qu’autour de lui toutes les apparences sont trompeuses et que chacun a des intentions cachées.

À la façon d’Erik Larson, Graham Moore s’est appuyé sur des documents historiques peu connus pour nous livrer un récit d’une incroyable efficacité, qui se lit comme un thriller, tout en offrant une profondeur passionnante à ces personnages qui ont façonné notre modernité. Une formidable histoire où l’on constatera que la réalité dépasse toujours la fiction. ».

L’hôtel – Yana Vagner – Mirobole

Alors, déjà, je tiens à souligner que j’adore les choix graphiques des éditions Mirobole. Dès que l’on a de leurs ouvrages entre les mains, on sait que c’est eux qui l’ont réalisé. Et en plus de proposer des ouvrages détonants et de prendre une réelle prise de risque à chaque parution, ils font de magnifiques objets-livres.

Donc, L’hôtel a la qualité première d’être une nouveauté des éditions Mirobole. Sa seconde qualité, c’est d’avoir un résumé totalement alléchant dans le genre huis-clos flippant ! Je pense que ce roman a tout le potentiel pour un futur coup de cœur…

J’ai découvert au passage qu’il ne s’agit pas du premier roman de cette auteure. Elle a déjà deux romans parus chez Pocket (parus chez Mirobole au préalable) : Vongo Zero et Le Lac.

« Dans la neige, une femme tente de regagner le chalet où elle voit ses amis boire et discuter tranquillement. A deux doigts de la porte salvatrice, elle trébuche et se fait poignarder.

Ce n’est que le début d’un huis-clos angoissant dans une maison, « l’Hôtel », située en altitude et accessible en seul téléphérique. Neuf Russes – quatre hommes, cinq femmes – membres d’une équipe de tournage s’y sont retrouvés pour un séjour d’une semaine. L’endroit est pourvu de nourriture et de bois de chauffage en quantité. Mais les portables n’y captent pas de réseau. Et bientôt une tempête glacée endommage le réseau électrique. La découverte du cadavre de Sonia provoque un choc parmi les personnages, surtout quand ils réalisent que le meurtrier se trouve forcément parmi eux. ».

Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue – Pocket

Attention, parution d’un IMMENSE COUP DE CŒUR de la rentrée précédente ! J’avais tellement aimé ce premier roman que le voir sortir enfin en poche me mets du baume au cœur. Je vais enfin pouvoir le conseiller facilement à tous mes clients ! Je vous laisse découvrir la chronique de l’ouvrage parue l’année dernière sur le blog. L’ouvrage est paru à l’origine aux éditions du Cherche-Midi.

« Ils ont traversé l’Atlantique pour vivre leur rêve, le vrai, l’américain.

Originaire du Cameroun, Jende Jonga sait que le sort de sa famille repose sur l’obtention d’un visa de travail. Des études pour sa femme, Neni, un avenir pour son fils, Liomi… Après plusieurs petits boulots clandestins, Jende croit enfin tenir sa chance : un job de chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier de Manhattan. Mais nous sommes en 2007, et la crise des subprimes réserve, à tous, un réveil brutal… Choc des cultures et quête du bonheur : le rêve que l’on poursuit n’est pas toujours celui qu’on croit… ».

La maison des Turner – Angela Flournoy – Les Escales

Présenté comme le roman qui renoue avec la belle tradition du roman américain, La maison des Turner traite de la famille, de ses attaches, des sentiments, de secrets… Il est joliment mis en valeur grâce à une couverture aussi sobre qu’éclatante.

J’en ai beaucoup entendu parler sur les réseaux sociaux, et je pense qu’il pourrait parfaitement me convenir, moi qui ai envie de trouver un bon et beau roman américain. Celui-ci pourrait bien être ce qu’il me manque… Il a par ailleurs été finaliste du National Book Award, un prix littéraire très prestigieux aux États-Unis.

« Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d’un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d’une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.

Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n’a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.

Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l’avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s’il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l’avenir des Turner et de leur maison ? ».

Si la Chine était un village – Liang Hong – Picquier

Tout premier roman de l’auteure chinoise Liang Hong, Si la Chine était un village raconte l’histoire de sa ville natale qu’elle a quittée plus jeune. Quand elle y est revenue des années plus tard, le petit village n’était que désolation… A la fois roman et vécu se mélangent dans cet ouvrage ambitieux retraçant le destin de milliers de villages chinois à travers le pays…

Ce roman a reçu de nombreux prix littéraires en Chine depuis sa parution en 2010.

« De retour dans son village natal après 10 ans, l’auteure comme une anthropologue enquête sur l’habitat, les différents lignages, les relations entre les clans, les familles, les mariages et les naissances. Au cours d’entretiens avec des compagnons d’autrefois et des parents proches, elle comprend les transformations de son village, les joies et les souffrances vécues. »

Soufre – José Luis Peixoto – Seuil

J’avoue qu’avec la présentation de cet ouvrage, je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre. Peut-être que j’adorerais, ou que je détesterais Soufre. Je pense que c’est typiquement le genre d’ouvrage à double-tranchant où tu n’es jamais certain d’apprécier ou de détester ce que tu viens de lire. Mais sa couverture magnifique et le résumé ont su me tenter… alors affaire à suivre !

« Non loin du village de Galveias, dans le sud du Portugal, une étrange météorite s’abat sur un champ, emplissant les lieux d’une insupportable odeur de soufre. Des pluies incessantes succèdent à une chaleur suffocante, le pain et la farine prennent un goût exécrable. Autour du cratère se rassemblent bientôt les habitants, dont la vie et les secrets sont peu à peu dévoilés, soudain mis à nu au contact du mystérieux phénomène agissant tel un révélateur. Sans que sa vieille mère le sache, le facteur a fondé depuis plus de vingt ans une famille en Guinée, où il a fait son service militaire; désireuse de répandre son savoir, la maîtresse d’école voit son établissement saccagé et sa chienne éventrée ; la tenancière du bordel est aussi une habile boulangère brésilienne ; les chiens errent et vivent de drôles d’aventures ; les existences se déroulent et s’entrecroisent, heureuses ou malheureuses, les rancœurs des uns et des autres ressortent, profondément humaines. Dans un style imagé, José Luís Peixoto nous livre un roman qui décrit une réalité froide, tour à tour belle et laide, parfois blessante comme la vie. »

Chronique : Les Chiens

Un roman haletant et terrifiant de réalisme

Récit à connotation hautement autobiographique, Les Chiens nous conte l’histoire d’un jeune homme et de sa mère qui fuient un père/mari violent faisant tout pour les retrouver… Angoissant et captivant, bienvenue dans l’univers d’Allan Stratton. Outre le réalisme profond de l’histoire, vous trouverez également une partie fantastique pour corser le tout… Ce roman est d’ailleurs si ancré dans le passé traumatisé de l’auteur qu’il l’a dédié à Alex, son beau-père, qu’il nomme « le meilleur papa du monde ». Allan Stratton a précédemment écrit un autre roman : Le Secret de Chanda.

Un quotidien crispant et constamment sur le fil…

Pour Cameron et sa mère, il n’y a aucun endroit sûr où que ce soit dans le pays. Ils fuient de ville en ville, jamais assez longtemps pour s’attacher… Se fixer, c’est se mettre en danger, et ça, Cameron et sa mère l’ont bien compris. Mais il se pourrait que cette course-poursuite prenne fin grâce à la bourgade du Creux du Loup… L’endroit est si paumé qu’il est impossible d’être suivi jusqu’ici, même quand on est un psychopathe violent et insatiable comme le père de Cameron… Serait-ce le début d’un renouveau pour la petite famille qu’ils composent à eux deux ?

Mais il semblerait que le Creux du loup recèle d’autres dangers pour Cameron et sa mère… la maison dans laquelle ils vivent donne des sortes d’hallucinations visuelles et auditives à Cameron… Et cerise sur le gâteau, son intégration au collège de la ville ne se passe pas très bien… Que se passe-t-il dans l’étrange et branlante maison ? Cameron a-t-il des hallucinations ou autres chose ? Et qu’est-ce que le voisin, Mr Sinclair cache-t-il ?

Efficace et crispant comme il faut

Peut-être cela tient-il au fait que l’auteur a vécu une partie de ce qu’il écrit, quoi qu’il en soit, son écriture et son histoire sont captivants. Les phrases sont très courtes, incisives, directes. Les descriptions très factuelles, voir cinématographique. On est immédiatement dans l’ambiance, et on voit très bien ce que veut die Cameron quand il décrit la maison dans laquelle ils vivent comme étant tout droit sorti d’un film d’horreur.

Outre l’ambiance mortifère voir carrément flippante de son nouveau lieu de vie, Cameron cogite toujours à cent à l’heure à propos d’une foule de choses : son intégration dans la nouvelle ville, son père qui use de toutes les astuces pour les retrouver (Facebook, bouche à oreille, anciens amis et écoles…).

L’emprise psychologique qu’a le lieu sur Cameron se raffermis au fil des chapitres à un point tel que l’on se met à douter de tout et de tout le monde. Le voisin étrange, le camarade de classe harceleur et un peu violent, le nouveau copain de sa mère… tout participe à sa sensation d’enfermement. Et nous devenons peu à peu aussi paranos que notre jeune narrateur.

……

Si vous êtes à la recherche d’un bon thriller fantastique/psychologique adapté dès l’âge de 15 ans, ne passez pas à côté des Chiens. Âmes sensibles, s’abstenir, certaines scènes sont terrifiantes de réalisme, et c’est peut-être ça, le plus inquiétant. Non pas les éléments fantastiques, mais le réalisme poussif du récit par certains aspects.

Avec ce titre, la collection Macadam confirme qu’elle est toujours dans la course et continue à surprendre par des publications efficaces et originales.

Chronique : Les évadés du bocal

Un roman absolument fou… où l’on suit une petite troupe d’évadés de l’asile psychiatrique qui décide de mettre à jour le complot d’ordre mondial qu’ils ont découvert ! Mais qui les croira et y arriveront-ils seulement ?

Bruno Lonchampt est un auteur français qui a déjà quelques ouvrage son actif, notamment un chez Sarbacane : Bloc de haine (en 2014).

Avec Les évadés du bocal paru en septembre 2016, on plonge dans un monde totalement fou… et c’est vraiment le cas de le dire !

Une évasion totalement improbable…

Tout débute lorsqu’on fait la connaissance de Sandro, Yves et Lisa. Tout barrés à leur manière, ils sont persuadés qu’il y a quelque chose de louche qui se trame dans leur hôpital… En effet, de nombreux patients on mystérieusement disparut et il semblerait qu’il y ait tout un système bien monté derrière tout cela. Ainsi, ils sont bien décidés à le prouver coûte que coûte ! Commence alors une escapade étrange, loufoque et totalement imprévisible…

Un récit trop décousu pour moi mais parfois très drôle

Les évadés du bocal ne sera pas forcément un texte évident à lire pour des ados avant l’âge de 15 ans (ou les autres d’ailleurs). Il faut suivre le fil (très décousu), comprendre les enjeux de chacun des personnages, et les problèmes particuliers que chacun rencontre dans sa petite tête !

En cela, la folie de chacun est d’ailleurs très bien exprimée.

Pour l’intrigue, le plus amusant est de voir l’histoire se dérouler jusqu’à ce que… l’on sache si le complot imaginé par nous trois fous est bien réel ou s’il s’agit une belle hallucination collective. On assiste par ailleurs à des scènes géniales, notamment celle où un chauffeur de taxi se prend de sacrées claques sur la tronche car… Sandro a une peur panique des chauves !

Pour le reste, je suis plus réservée sur cette lecture. J’ai passé un bon moment, c’est certain, mais pas au point de conseiller ce roman. En effet, après lecture, il me reste un sentiment très diffus où tout se mélange. C’est trop décalé et trop rapide pour moi, je n’ai pas su garder en tête précisément l’intrigue afin de vous en reparler dans cette chronique. Ce qui est dommage.

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Les évadés du bocal n’est pas un livre déplaisant, loin de là. Mais il est si fidèle à ses personnages qu’il est comme eux : fou, totalement décalé et hors-normes. A conseiller à des lecteurs avisés qui sont prêts à sortir totalement des sentiers battus ! Dès 15 ans.

PS : Mention spéciale à la couverture hyper flashy et magnifique ! Elle détonne, tout comme le texte dont elle s’inspire.

Chronique Jeunesse : Théo chasseur de baignoires en Laponie

Un roman fantaisiste aussi drôle que bourré d’imagination où les baignoires peuvent vite mal tourner et revenir à l’état sauvage !

Auteur pour la jeunesse, Pascal Prévot n’en est pas à son premier roman. On lui doit notamment Rien ne presse, majesté (Rouergue), La communauté de l’œuf dur (Milan), Le plus vieux meurtre du monde (Milan) et dernièrement, en juin 2016 : Théo chasseur de baignoires en Laponie.

Le roman a par ailleurs remporté le très prestigieux prix Gulli en 2016 !

Un métier aussi original que dangereux : chasseur de baingoires

Que se passe-t-il quand on s’occupe peu ou pas assez de sa baignoire ? Et bien, elle peut lentement retourner à son état le plus primitif et redevenir sauvage. Elle peut même aller jusqu’à avaler son propriétaire durant son bain ! Mais le métier de chasseur de baignoire est loin d’être répandu, et c’est toujours au père de Théo que l’on demande de régler ce genre de situation périlleuse lorsqu’un cas de baignoire sauvage survient. Chine, Afrique, Grand Nord… il traverse le monde entier pour résoudre ces affaires délicates. Dans cette aventure, nous suivons Théo et son père dans le Grand Nord, plus précisément dans un château où il semblerait que tout ne tourne pas rond…

Une lecture vivante, sympathique et complètement déjantée

Pour avoir l’idée de créer une histoire tournant autour de baignoires meurtrières, il faut déjà avoir une imagination fort débridée ! Et pour développer tout une technicité autour de la chasse à la baignoire (capteurs d’humidité, études comportementale de la robinetterie, etc.), il faut être encore plus imaginatif. Et c’est bien ce que nous propose ici Pascal Prévot : un roman fourni, très bien construit et dont l’univers tien bien la route.

On passe un bon moment de lecture, mais il faut rester bien accroché, car les digressions sur la robinetterie sont nombreuses ! On appréciera également l’amitié qui se créée entre Théo et la jeune fille vivant dans le domaine de Kreujilweck-Potam, Elisa.

A découvrir pour son univers fouillé et totalement unique, mais également pour ses personnages et son intrigue haute en couleurs. Si vous cherchez un récit original et inclassable tout en étant bien écrit, c’est donc ici que ça se passe. C’est une lecture qui demandera un peu plus d’effort que d’habitude à son lectorat, mais ça n’est pas un mal en soi, bien au contraire.

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Ce roman est donc parfait pour des lecteurs dès l’âge de 9/10 ans qui aiment déjà bien la lecture. Je crains que l’ouvrage soit un peu trop débridé pour des lecteurs qui n’aiment pas déjà lire. C’est un bon roman à découvrir, et s’il y a un jour une suite (l’auteur se garde une ouverture à cet effet), je la lirais avec plaisir et curiosité !

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Chronique : Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket – Tome 2 – Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ?

Un second tout aussi captivant et accrocheur… qui nous laisse planer dans une ambiance sombre et étrange, celle de la ville désertée de Salencres-sur-mer…

Voici le second tome des Fausses bonnes questions de Lemony Snicket : Quand l’avez-vous vue  pour la dernière fois ? Mais, ce titre de livre sous forme interrogative n’est que l’introduction d’une longue série de très mauvaises questions… qui amèneront Lemony aux mauvaises réponses…

Lemony Snicket, ce n’est pas uniquement le nom du héros de cette série en quatre tomes, c’est également le nom de l’auteur, ou du moins son pseudonyme. Lemony Snicket est avant tout très connu pour sa saga en treize tomes Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire… Les illustrations aussi uniques que reconnaissables sont toutes signées Seth.

Une suite qui ne manque pas de piquant… et de questions en cascade !

Nous avions laissé notre jeune Lemony en prise avec de nombreuses interrogations, et cela ne va pas aller en s’améliorant. Après le mystère d’une disparition et du vol d’une statuette très convoitée, les choses sont loin de s’améliorer.

Une jeune et célèbre chimiste qui fait tout pour sauver la ville de Salencres-sur-mer grâce à ses compétences disparaît elle aussi. Et c’était peut-être bien la seule à pouvoir rendre à la ville sa splendeur d’antan… Qui souhaite voir la ville péricliter jusqu’à disparaître ? Qui donc aurait un intérêt à tuer l’industrie de l’encre ? Que de nouvelles questions et très peu de réponses…

Toujours aussi savoureux et passionnant !

Si il vous fallait une chronique de confirmation pour vous plonger dans cette série policière pour la jeunesse, la voici. Je ne tarirais pas d’éloges pour cette saga inattendue et géniale menée avec brio et malice. On se délecte à chaque page des nouveaux mystères qui font surface, on s’interroge, on essaye de comprendre… et comme Lemony, on piétine ! Mais loin d’être frustrante, cette intrigue est passionnante.

Alors que l’on pense commencer à percevoir des révélations, de nouveaux éléments entrent en ligne de compte et tout s’écroule, c’est brillant.

On appréciera tout particulièrement l’écriture très décalée de Lemony Snicket : à la fois humoristique et pleine de jeux de mots, de remarques incongrues (et géniales !). Le relationnel du jeune enquêteur avec sa responsable est toujours très houleux, rien à faire de ce côté-là. Mais on appréciera le fait que Lemony réussi peu à peu à se créer un réseau fiable entre le bibliothécaire de la ville, Jake le jeune barman et les deux frères qui gèrent le seul taxi encore en exercice de la ville…

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Pour ce second tome (sur quatre), c’est encore une réussite. Vous découvrirez enfin un nom à mettre sur la mystérieuse force qui tire vers le fond la ville de Salencres-sur-mer. Vous vous poserez certainement des questions sur les mystérieux têtards qui ont mordu Lemony, mais la réponse n’est pas pour tout de suite… Mais rien n’est oublié par l’auteur, il en reparlera, soyez en sûr ! Intrigue à suivre de près avec le troisième tome de la série : Ne devriez-vous pas être en classe ?

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Chronique : Le cœur du problème

Un roman étrange qui joue avec l’absurde tout en étant captivant

Christian Oster est un écrivain français qui œuvre aussi bien dans le domaine de la jeunesse que de la littérature avec un grand L. Tous lectorats confondus, il a ainsi plus d’une vingtaine d’ouvrages à son actif !

Avec Le cœur du problème, paru chez Points, c’est dans le domaine de la littérature que nous le découvrons avec une histoire qui commence de façon complètement folle et improbable : un homme découvre un cadavre chez lui. Que va-t-il bien pouvoir en faire ?

Un homme mort dans le salon… et alors ?

Tout débute avec le cadavre d’un homme mort dans le salon. Notre narrateur est pour le moins déstabilisé, d’autant que cela n’a pas l’air de préoccuper sa femme, qui prend tranquillement un bain… Et cela ne va pas aller en s’arrangeant quand il comprends qu’elle n’a aucune envie d’assumer ce qu’il s’est passé et fuit les responsabilités… le laissant avec une myriade de question, et un mort.

L’absurde poussé à l’extrême

La lecture de ce roman vous obligera à au moins une chose: lâcher prise. Vous n’aurez pas les réponses à toutes les questions qui vous taraudent, certains personnages risquent de vous agacer sérieusement… et pourtant, à sa manière, ça fonctionne.

La première partie du roman est selon moi la meilleure. On ne sait pas encore tout des circonstances qui ont amené ce cadavre dans le salon, mais on « savoure » les mauvaises idées qu’a le narrateur pour s’en débarrasser. Surtout quand il décide d’acheter des pains de glace par kilos et de s’aider de Google pour cacher le cadavre indésirable… C’est à mourir de rire tant ça va loin dans l’absurde !

Cependant, j’avoue que le traitement de la psychologie des personnages m’a parfois laissée perplexe par leur manque de crédibilité et/ou de logique. Mais je pense que c’est totalement voulu, et que le but et de savourer l’entremêlement dans lequel est le narrateur, sans personne pour l’aider.

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Christian Oster nous offre ici un guide des mille mauvaises manières de se débarrasser d’un cadavre, puis d’un policier un peu trop curieux. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’un roman policier, mais d’un roman sous forme de récit. Malgré un suspense qui nous tient jusqu’au bout, c’est surtout un humour détaché et féroce qui nous est ici offert, avant toute idée d’intrigue policière.

Si vous aimez les histoires étranges et drôles, Le cœur du problème vous fera passer un excellent moment !

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Interview de Julien Messemackers pour son roman Ceux qui savent

Rencontre avec Julien Messemackers, l’auteur du thriller paru le 1er juin aux éditions Anne Carrière : Ceux qui savent, qui fut un coup de cœur ! (la chronique est ici !)

La Bibliothèque de Glow : Pouvez-vous conter votre parcours aux lecteurs ?

Julien Messemackers : J’ai l’impression d’avoir fait tout ce dont je n’étais pas fait pour : j’ai réalisé des courts-métrages plutôt ratés puis j’ai été le pire stagiaire régie qu’on ait vu et enfin, j’ai longtemps travaillé chez les agents où j’ai fait toutes les plus grosses bourdes! Depuis quelques années, mon alimentaire se consacre à trouver des romans adaptables à l’écran et je m’y reconnais un peu plus.  A coté de cela, je n’ai jamais arrêté d’écrire et c’est ce cheminement de longue haleine – et plus introspectif – que je considère comme mon vrai parcours.

La Bibliothèque de Glow : Comment en êtes-vous venu à l’écriture de ce premier roman ?

Julien Messemackers : Avant ce roman, j’ai énormément écrit le soir en rentrant chez moi durant mes longues années dans ma peau de “salary man”; j’ai pondu des nouvelles, des synopsis, imaginé la bible d’une série sur les agents artistiques et d’autres projets qui n’ont jamais vu le jour. Puis il arrive un moment où ce que l’on a à faire sortir de soi devient une urgence intérieure. C’est dans cet état d’esprit que j’en suis venu à ce roman.

La Bibliothèque de Glow : Y a-t-il eu un déclic qui vous a donné l’idée de cette histoire ?

Julien Messemackers : Le fameux déclic… L’”insight” comme disent les anglo-saxons. C’est un livre qui me l’a donné : à la recherche de bouquins à adapter pour un réalisateur, je m’étais laissé égarer dans la S-F de Michael Marshall Smith et en lisant l’un de ces romans, j’ai eu la vision d’un personnage, puis d’une situation. Je tenais mon histoire. Mais je cherche toujours un livre à adapter pour le réalisateur en question… Des idées?

La Bibliothèque de Glow : En combien de temps avez-vous écrit Ceux qui savent ?

Julien Messemackers : Le premier jet, en trois mois (j’avais déjà une trame), puis il y a eu plusieurs réécritures étalées sur un an.

La Bibliothèque de Glow : Pourquoi avoir choisi le thème de la génétique pour votre thriller ?

Julien Messemackers : Le thème s’est imposé de lui-même, avec ce que je voyais à en tirer : de façon détournée, je l’utilise pour parler de la notion de différence, par exemple. D’un point de vue dramaturgique et romanesque, la génétique est un matériau inépuisable et fascinant. Cela peut rebuter car on pense manipulation médicale, etc. mais au travers de ce prisme, il y a tout à re-raconter de l’être humain.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous dû faire beaucoup de recherches ?

Julien Messemackers : Beaucoup mais en fin de compte, les recherches n’ont pour but que de rendre l’action vraisemblable. Créer un univers romanesque – ou scénaristique – crédible dans un domaine que l’on ne connait pas demande un gros travail en amont, et ce n’est pas forcément la partie la plus agréable de l’écriture.

La Bibliothèque de Glow : Est-ce que votre roman à pour vocation de « dénoncer » les manipulations génétiques et autres dérives ?

Julien Messemackers : Je trouve que plus un livre cherche à dénoncer, moins ça marche… En allant le plus loin possible dans sa représentation, le roman met en scène un cauchemar puis c’est à chaque lecteur de se faire sa propre opinion sur les idées qu’il développe.

La Bibliothèque de Glow : Ce qui arrive dans votre roman n’est pas encore arrivé… mais pensez-vous que ce sera le cas très bientôt ?

Julien Messemackers : Qui sait si ce n’est pas déjà le cas? Seuls ceux qui savent le savent.

La Bibliothèque de Glow : Même question pour le hacking, comment avez-vous mis à jour cet univers secret ?

Julien Messemackers : Ça s’est nourri au fur et à mesure et jusqu’aux dernières épreuves, j’ai fait des ajouts en glanant de nouveaux éléments. Un nombre incalculable de petites choses accumulées se retrouvent disséminées dans le récit pour lui donner la texture de la réalité, mais il fallait que ça reste fluide et ne pas trop en faire pour trouver le juste équilibre entre réel et fiction.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous des titres de référence sur la génétique à nous conseiller ?

Julien Messemackers : Quitte à vous décevoir, aucun… J’ai nourri mes recherches autrement que par les livres sur le sujet. Je ne voulais pas faire un thriller scientifique. Je ne compte pas les articles scientifiques, études, mémoires universitaires et émissions débusqués sur Internet ou à la télévision pour façonner des pans entiers de l’histoire. A titre d’exemple, je me suis intéressé à l’étude de Dunedin en Nouvelle-Zélande. Ce qui m’intéresse en premier lieu, ce sont les enjeux humains.

La Bibliothèque de Glow : La maladie orpheline dont souffre Hélène existe-t-elle réellement ?

Julien Messemackers : A vous de le découvrir… Où est le vrai, où est le faux, c’est l’une des clés de lecture de ce roman.

La Bibliothèque de Glow : Y a-t-il un personnage en particulier que vous affectionnez ?

Julien Messemackers : Un bon méchant, c’est important et j’espère lui avoir accordé toute l’affection qu’il mérite mais je suis attaché à chacun des personnages.

La Bibliothèque de Glow : La fin de votre roman est terrible ! Avez-vous prévu une suite ? Ou préférez-vous laisser le lecteur cogiter sur cette belle conclusion ?

Julien Messemackers : Que ce soit dans un film, un livre ou une série, je suis toujours déçu par les fins qui n’en sont pas vraiment alors j’ai conçu le roman comme un one-shot avec un vrai dénouement qui apporte les réponses. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Une fois que la boite de Pandore est ouverte, on ne peut plus la refermer et le destin de l’un des protagonistes qui s’apprête à basculer, pourrait bien tous nous précipiter dans l’abime.

Julien Messemackers sera par ailleurs en signature à la Librairie Royaumes (paris 13ème) le vendredi 30 juin prochain, dès 19h00, à l’ocasion du Pari des libraires.