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Chronique : Le contrat Salinger

Le contrat SalingerUn roman noir délectable à découvrir absolument !

Bienvenue dans le monde d’Adam Langer, un auteur américain à l’écriture fascinante. Il s’agit de son second roman paru en France, et le premier aux éditions Super 8. Son ouvrage précédent s’intitulait Les voleurs de Manhattan et a été publié chez Gallmeister.

Adam Langer a déjà six romans à son actif, il est également dramaturge, et a été journaliste. Il vit à Chicago. Ne cherchez pas de scènes ensanglantées, car c’est avant tout une belle intrigue dans le monde noir et tortueux de l’édition à laquelle vous aurez droit.

Des auteurs en mal de lecteurs et de mystérieuses clauses à respecter…

Tout débute par l’histoire d’un écrivain au succès passé, Conner Joyce. Ses tournées promotionnelles ne font plus venir grand monde, ses ventes fléchissent d’années en années… Lui qui était l’un des auteurs les plus incontournables dans le domaine policier et devenu passé de mode…

Mais le jour où il va revoir Adam Langer (oui, c’est également le nom de l’auteur) va être l’occasion pour lui de conter l’histoire la plus incroyable de sa vie. Mieux qu’un polar, ce jeu de dupes grandeur nature va fasciner Langer, et l’impliquer bien plus qu’il ne l’aurait voulu dans cette histoire de fous…

Conner Joyce a signé un mystérieux contrat dont la première règle stipule qu’il ne doit en parler à personne : raté. L’une des autres conditions étant d’écrire un manuscrit destiné à une seule et unique personne. Les plus grands du monde littéraire ont accepté cet étrange contrat. Et quand des noms comme J.D. Salinger ou encore Harper Lee sont impliqués, impossible de ne pas vouloir connaître le mot de la fin.

Nuit blanche garantie

A peine commencé, aussitôt fasciné, c’est l’effet que nous ont fait les premières pages du Contrat Salinger. Et le pire, c’est qu’il est impossible de décrocher avec la fin. Tout s’enchaine et s’imbrique à la perfection. On est dans un pur et bon roman noir à l’ancienne avec ses secrets, ses rendez-vous louches avec des gardes du corps qui le sont tout autant…

Les travers du monde de l’édition vous y seront dévoilés dans leur plus simple appareil. Le bon… comme le beaucoup moins bon, avec ses effets de mode, sa cruauté, ses mises en concurrence, ses faux-semblants…

Pour les férus de littérature policière, les nombreuses références à des noms du genre vous plairons certainement : James Patterson, John Le Carré (La Maison Russie y est régulièrement cité), J.D Salinger, Truman Capote… Leur nom est teinté à chaque fois d’anecdotes que personne avant Langer ne pouvait connaître, et elles sont toutes captivantes.

Ici point de meurtre sanglant, mais des personnages à la psychologie efficace et redoutable (et attachante pour certains). Une histoire sur le fil qui nous pousse constamment à aller plus loin dans l’intrigue… jusqu’à ce que l’on se rende compte que c’est déjà la fin.  ….

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Pour nous, il ne faut vraiment pas passer à côté de cette lecture. C’est une petite pépite avec un suspense fort et une intrigue captivante jusqu’à l’ultime page. Ce récit policier atypique nous entraine dans le monde des écrivains de romans noirs et leurs éditeurs… Mais surtout, il nous fait découvrir une effarante machination. Des romans aussi forts, on n’en crois pas tous les jours… alors voilà, nous sommes conquis.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

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Mes idées de livres à offrir pour Noël 2015 – Romans adulte

Il n’y a pas de raison que les enfants et les adolescents soient les seuls gâtés en livres pour Noël !  Voici ma sélection pour vous adultes, vous y trouverez du polar hyper efficace, du roman contemporain en Amérique profonde ou encore de la bonne sf rétro-futuriste…

Retour à Little WingRetour à Little Wing – Nickolas Butler – Éditions Points :

Un magnifique roman ayant pour théâtre l’Amérique profonde, la vraie. Le récit nous parle d’amitiés perdues et retrouvées, d’amours définitivement disparus également, mais sans être niais ou fleur bleue. Tout commence avec un faire-part de mariage où tous les vieux amis sont invités. Il y a ceux qui n’ont jamais quitté Little Wing et d’autres qui on fait le tour du monde, on connu le succès et ses excès. Ce mariage qui a lieu, c’est le point d’encrage qui mélange passé et présent, regrets et bon vieux temps ramenés au goût du jour. Retour à Little Wing est un formidable roman sur l’amitié et tous les sentiments qui y sont mêlés, mais également sur la beauté cachée des petites bourgades perdues de l’Amérique… Magnifique.

MiniaturisteMiniaturiste – Jessie Burton – Gallimard, Du monde entier :

Dans l’atmosphère feutrée de La jeune fille à la perle, voici un magnifique premier roman à découvrir d’urgence. Nella Oortman jeune fille issue d’une famille modeste de la campagne se retrouve propulsée à Amsterdam où elle va y découvrir son mari, sa nouvelle maison et sa belle-famille. Ce qu’elle ignore en entrant dans l’une des plus riches demeures de la capitale, c’est que son mari a de très lourds secrets, de même que son austère belle sœur… Quelle sublime ambiance pour ce roman qui nous fait découvrir une nouvelle auteur de la scène littéraire ! C’est une perle à découvrir absolument et à offrir à son entourage tant Miniaturiste est d’une beauté particulière… Lire la chronique sur le site par ici.

Les neiges de l'éternelLes neiges de l’éternel – Claire Krust – Éditions ActuSF :

Imaginez un Japon féodal teinté d’imaginaire et de fantasmagorie où les dieux et les fantômes coexistent avec les mortels. Ce roman original découpé en cinq parties liées inextricablement vous propose une incursion dans un univers original, dur et froid. Vous découvrirez le quotidien d’une riche famille de daimyo (noblesse japonaise) confrontée à la maladie, la vie difficile d’une courtisane sans aucune perspective d’avenir, l’histoire d’un esprit dont la longévité détruit l’humanité… Ces cinq récits possèdent une âme et une écriture qui fascinent. Claire Krust réussit à nous transporter dans un univers merveilleux et cruel à la fois en quelques phrasés bien tournés. En somme, voilà une nouvelle auteur sur laquelle compter dans le paysage de l’imaginaire francophone ! Et le livre est si beau qu’il fera un très beau cadeau de fin d’année…

Le contrat SalingerLe Contrat Salinger – Adam Langer – Éditions Super 8 :

Si vous cherchez un super bon polar qui vous fera passer une (ou plusieurs) nuit(s) blanches tant il est passionnant : le voici ! Tout commence avec un auteur de polars passé de mode qui passe un étrange contrat avec un singulier homme d’affaires… Les personnages sont passionnants, leurs réactions tout autant. L’intrigue se déroule dans le monde de l’édition, ce qui rend le tout encore plus trépidant quand on est fou de livres sous toutes leurs formes. Le rythme est extrêmement soutenu, sans aucun passage à vide, et il est très difficile de décrocher une fois lancé… Bref, c’est LE roman policier à offrir (et à s’offrir). Pour ceux qui aiment les polars bien ficelés c’est parfait, pour ceux qui aiment les récits à suspense sans hémoglobine, c’est parfait aussi ! Même ceux qui ne sont pas férus de polars pourraient bien apprécier…

Quiz ShowQuiz Show – Kim Young-ha – Éditions Philippe Picquier :

En cette année 2015, Kim Young-ha est pour moi la nouvelle révélation de la littérature étrangère à ne rater sous aucun prétexte. Enfin, pas si nouvelle que cela il faut l’avouer, mais c’est cette année que j’ai pu découvrir son œuvre prolifique et passionnante. Dans ce récit, nous découvrons le parcours initiatique de Minsu, un jeune homme dont le quotidien bascule peu à peu… Totalement ancré dans le réel, Quiz Show joue sur les codes d’une génération bercée par les écrans et les forums bâtis par Internet. L’intrigue est magnifiquement menée ; entre sociétés secrètes et quête de soi, Kim Young-ha nous fait réfléchir et pique notre curiosité. C’est l’un des rares livres qui une fois terminé nous pousse à y penser, à y repenser… Pour conclure, c’est un merveilleux coup de cœur. A classer à côté du grand Haruki Murakami pour le style et l’ambiance, mais ne vous y trompez pas : Kim Young-ha possède sa propre signature, et elle est captivante !

Chronique : La Fournaise – Tome 1 – Enfermé

La fournaise 1 - EnferméL’Enfer existe, mais il est plus près que vous ne le croyez… bienvenue dans la Fournaise, la prison qui vous garanti de ne pas succomber naturellement !

Paru en 2013, Enfermé est le premier de la pentalogie pour adolescents La Fournaise. Son auteur, Alexander Gordon Smith, est d’origine anglaise et a été présenté par Bookzone comme le Stephen King des adolescents. Et effectivement, il se peut que vous ayez quelques doux frissons durant la lecture de ce cycle haut en couleurs…

Une prison qui s’alimente de voyous, de meurtriers… et d’innocents.

La première chose à savoir sur la Fournaise, c’est que l’on peut y entrer très facilement et à peu près pour n’importe quel motif. Si il n’y en a pas, ses gardiens en trouverons bien un qui valent la peine de vous y faire enfermer, pas d’inquiétude ! C’est d’ailleurs ce qui va arriver à Alex, injustement accusé de meurtre.

En effet, depuis les émeutes d’adolescents qui ont fait des centaines de morts en Angleterre, la Fournaise a été créée. Un endroit spécial pour ces jeunes sans foi ni loi. Un lieu où la mort et les travaux forcés sont leur quotidien, tout cela sans aucun espoir de fuite. Et pour cause, la Fournaise se trouve sous terre.

Pourquoi Alexander a-t-il été emmené de force dans cet endroit de mort ? Pourquoi ses gardiens portent-ils tous d’étranges masques à gaz ? Et pour quelle raison certains prisonniers sont-ils enlevés par les gardiens sans qu’on ne les revoie jamais ?

Une belle intrigue sous pression

Ce premier tome de La Fournaise réunit toutes les qualités requises pour emmener loin son lecteur : de l’action, beaucoup de questions… et un peu d’horreur !

Soyons clairs, vous aurez ici très peu de réponses à vos questions mais vous aurez droit à des combats clandestins sanglants, des complots, des menaces d’envoi au mitard et autres joyeusetés du monde de la prison.

Alex, le jeune antihéros de cette histoire est assez intéressant même si la plupart de ses réactions sont assez prévisibles. On le suit avec plaisir et appréhension mêlées tant sa situation est insupportable. Une cellule d’à peine quelques mètres carrés, des toilettes visibles par tous et des travaux forcés ça va encore… Le pire est de savoir que chaque nuit, n’importe lequel des prisonniers est susceptible d’être enlevé par les sanglants gardiens de la Fournaise… Dire que l’ambiance est sous tension constante est en deçà de la réalité, d’autant plus qu’il y a de nombreux gangs qui sévissent dans la prison, capables de tout, y compris à tuer !

Quant à savoir pourquoi la Fournaise a été construite, on a quelques débuts de réponses, mais il faut espérer que l’auteur nous donnera un peu plus d’infos dans le tome suivant…

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Alors est-ce que ce premier tome de La Fournaise fonctionne ? Est-il convaincant ? Tout à fait ! L’atmosphère brûlante à souhait de ce début de série est plaisante. On ne demande qu’à en savoir plus sur la Fournaise et ses malheureux occupants ! A découvrir dès l’âge de 14 ans, surtout si vous aimez les lieux austères voir horribles…. Sans oublier les aiguilles !

Chronique : Plus de morts que de vivants

Plus de morts que de vivantsLe roman ado le plus trash de l’année !

Guillaume Guéraud est un auteur français pour les adultes et la jeunesse. On lui doit une foule de romans pour tous les âges et dans tous les genres : Déroute sauvage (Doado Noir), La brigade de l’œil (Folio SF), Anka (Rouergue), King Kaloumar (Sarbacane)… et une foule d’autres livres encore !

Avec Plus de morts que de vivants paru en mars 2015, Guillaume Guéraud signe un ouvrage magnifiquement sanglant. Il y en a partout, c’est furieusement brutal et ça se dévore…

Une touffe de cheveux qui tombe, quelques boutons qui grattent… ou les prémices d’une hécatombe

Les signes étaient extrêmement ténus, impossible pour qui que ce soit de deviner ce qui allait se passer dans moins d’une heure au collège Rosa Parks à Marseille. Et pourtant de qui va suivre va s’avérer être un véritable carnage.

Corentin, Yasmina, Slimane, ou encore Lila ne savent pas ce qui va leur tomber dessus, mais personne n’a été préparé à cela. Que ce soient les élèves, les professeurs et même les plus hautes instances du gouvernement, nul ne sait réellement ce qui se passe au collège Rosa Parks. Tout ce que l’on peut constater c’est que de plus en plus d’élèves meurent dans des circonstances extrêmement sanglantes… et douloureuses.

Ça va saigner ! (et c’est bien)

A peine démarré, tout de suite immergé. Plus de morts que de vivants (titre très éloquent soit dit en passant) est un page-turner à la française chargé d’hémoglobine et de tensions. Le récit se partage entre les faits se déroulant dans le collège et les dialogues à faire froid dans le dos entre le proviseur dépassé par la situation et le Rectorat puis plus tard d’autres instances gouvernementales.

Dire que l’on est absorbé par ce roman est encore en dessous de la réalité. Les premiers chapitres sont tellement surprenants et surréalistes qu’il est impossible de décrocher après un début pareil.

Les chapitres sont courts, extrêmement efficaces. Constamment sous tension et surchargés d’hémoglobine, ils dopent la lecture. Bref, l’atmosphère du Collège Rose Parks devient très vite irrespirable… pour notre plus grand plaisir.

Vous aurez beaucoup de questions durant cette lecture : d’où vient cet étrange mal ? Comment va-t-il se gérer par les autorités ? Les ados que l’on suit depuis le début du récit vont-ils survivre ? Y a-t-il des gens immunisés ? Cette hécatombe va-t-elle durer longtemps ? Et encore, ce n’est qu’une petite partie de ce qui pourra vous passer par la tête.

Mais outre du sang, vous aurez également quelques beaux moments d’émotion : un garçon qui veut protéger son petit frère à tout prix, un couple d’ados qui s’aiment tellement qu’ils ne se quitteront jamais, un élève récalcitrant qui se découvre un courage insoupçonné… C’est aussi dans l’adversité que l’on trouve les plus beaux gestes de l’homme, et cela quel que soit son âge. Mais… peut-être aussi le pire ?

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Bon, que faut-il vous dire de plus pour que vous fonciez chez votre libraire découvrir cette petite merveille ? Vous n’avez plus aucune raison de ne pas vouloir vous procurer ce roman, sauf si vous êtes une âme sensible… ou que vous avez la phobie des contagions… A lire d’urgence dès l’âge de 15 ans !

Chronique Jeunesse : La 6ème et le fantôme

La 6ème et le fantômeLes mystères s’accumulent à l’école Dali !

Avant d’être une série de romans jeunesse, la licence Lili Chantilly est avant tout une collection de coloriages destinés aux jeunes filles. Elles peuvent y trouver toutes sortes de thèmes différents et habiller de nombreux personnages : cavalières, princesses, fées…

Mais depuis mars 2013, les Lili Chantilly, ce sont aussi des romans, tous écrit par l’auteur française Claire Ubac. Actuellement, la série en est déjà à son huitième tome (paru en mai 2015).Par ailleurs, les tomes ont beau se lire de façon indépendante, il vaut tout de même mieux les lire dans l’ordre.

Bruits étranges et objets qui bougent…

Depuis peu, des événements étranges se produisent au sein de l’école Dali… crânes flottants, objets qui se déplacent, bruits de pas en pleine nuit… une chose est certaine, les choses ne tournent pas rond !

C’est ainsi que Lili et ses amis vont tenter de percer le mystère de ces phénomènes inexpliqués : de réelles forces mystiques sont-elles à l’œuvre ou est-ce autre chose de bien plus tangible et logique ?

La 6ème et le fantôme inside glow….

Une lecture rapide et sans grand affect

Avant tout, pour apprécier l’ouvrage, il vaut vraiment mieux avoir lu les tomes précédents car de nombreuses références y sont faites (sept en tout dans le présent roman). Je pense que l’appréciation que je fais de cet ouvrage est vraiment due au fait qu’il s’agissait de ma première lecture de la série. Elle doit s’apprécier beaucoup plus si on lit la série dans l’ordre.

L’histoire de La 6ème et le fantôme a beau avoir un début intéressant, le traitement de l’histoire dans son ensemble est un peu trop rapide à mon goût. Certaines digressions n’étaient peut-être pas nécessaires et auraient permis de se plonger plus plaisamment dans l’histoire. D’autant qu’il est difficile de développer un affect autour des différents personnages qui sont très peu caractérisés au final.

Les petits mystères qui s’égrènent vont ainsi faire l’objet d’une enquête, et c’est ainsi que l’on découvre la rivalité entre Lili et Mybel (déjà bien exacerbée dans les précédents tomes de la série). Heureusement que la jeune héroïne a des amis sur qui compter, car ce tome-ci menace Lili d’exclusion de son école !

En ce qui concerne les nombreuses illustrations du roman, elles sont absolument réussies, notamment en ce qui concerne la colorisation. Le dessin est à cheval entre la bd et le manga. Elles occupent bien l’espace visuel et s’insèrent à la perfection au texte. Visuellement, c’est un joli petit roman à un prix très abordable. Sans oublier le fait que les romans sont tous munis de rabats.

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En conclusion, ce premier essai de lecture de la série Lili Chantilly n’est pas une réussite sur tous les plans. L’histoire est trop factuelle, trop peu dans l’affect et le développement des personnages et de leurs différents traits de caractères. Et surtout, la fin de l’ouvrage est très abrupte.

C’est dommage, mais il est nécessaire de préciser que la lecture des tomes précédents doit être un réel plus pour apprécier cet ouvrage. A lire dès l’âge de 7-8 ans environ. Les jeunes lectrices passionnées de mode se plairont peut-être dans cette lecture qui y fait la part belle.

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Chronique : Unremembered – Tome 1 – Inaccessible

Unremembered 1 - InaccessibleUne adolescente amnésique repêchée en pleine mer suite à un accident d’avion dont elle est la seule survivante… et une foule de questions à élucider…

Unremembered est le nom de la trilogie young-adult écrite par l’américaine Jessica Brody. Après des études d’économie et de français, l’auteur a travaillé quelques années avant de tout quitter pour vivre son rêve : l’écriture.

Jessica Brody n’en est pas à son premier roman et a déjà signe de nombreux ouvrages à destination des adolescents et des adultes. En France elle a déjà publié Confidentialité assurée (Pocket) ou encore En toute discrétion (Fleuve Noir). En ce qui concerne la trilogie Unremembered, les droits d’adaptation ont étés vendus et sont actuellement en cours d’exploitation pour un film. En France, le second tome, Inoubliable est prévu pour avril 2016, et le troisième, pour 2017.

Repêchée en pleine mer et le néant pour tout souvenir…

La jeune fille qui a été repêchée au beau milieu de l’océan est la seule survivante d’un crash aérien. Elle n’est pas sur le listing des passagers et ne se rappelle de rien : le néant, même son prénom lui est inconnu… et elle est introuvable sur les bases de données via ses empreintes pour le moment. Elle est belle et a des yeux d’un violet profond, c’est ainsi que le prénom de Violette lui est attribué. Mais le mystère autour d’elle reste entier…

Le monde entier veut en savoir plus sur Violette et son passé, d’autant que personne ne se manifeste pour qu’elle retrouve sa famille… Que s’est-il donc passé pour Violette ? D’où vient-elle ? Que faisait-elle au beau milieu dans l’océan ? Pourquoi les médecins veulent la garder en observation alors qu’elle semble aller très bien ? Qui est le mystérieux jeune homme qui lui rend visite à l’hôpital quand les infirmières sont ailleurs ? Les réponses risquent de vous surprendre, mais pas autant que Violette.

De bons ingrédients pour débuter une trilogie

Inaccessible est un premier tome qui si lit extrêmement rapidement tant les éléments se bousculent et s’enchaînent rapidement. Les chapitres sont courts, efficaces et leur conclusion donne envie de passer immédiatement au suivant.

Chaque nouveau chapitre apporte son petit lot de révélations et de questions encore plus nombreuses… En effet, notre héroïne montre des aptitudes de plus en plus inattendues au fil du temps, qu’elles soient physiques ou mentales, tout ce qu’elle accompli est exceptionnel.

Ainsi découvre-t-on peu à peu les origines de « Violette », ses motivations avant de perdre la mémoire, et une foule d’autres choses. Scientifiques aux projets fous, longs voyages et complots à l’échelle internationale… voilà une partie de ce qui vous attend. Les sciences en général sont omniprésentes (biologie, physique, mathématiques…), mais elles auraient pu être encore plus creusées pour plus de réalisme, car on reste au final très en surface sur de nombreux points.

Pour ceux qui ont l’habitude de lire des romans young-adult et fantastiques en général, l’intrigue et ses ficelles risquent d’être très rapidement comprises, mais cela ne retire rien à l’efficacité du récit.

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En somme, ce premier tome de la trilogie Unremembered est réussit. Aussi classique qu’efficace, il devrait faire mouche auprès des jeunes adultes car il réunit tous les ingrédients du succès. Une héroïne surdouée en tout mais amnésique, un beau ténébreux qui se cache dans ses souvenirs mais dont on ne connaît pas les motivations et une firme tentaculaire aux buts inavouables… que demander de plus ? A lire dès l’âge de 14 ans environ.

Chronique : Treize

TreizeUn polar fantastique qui vous promet de belles nuits blanches…

Patrick Seth est un auteur de nationalité Irlandaise. Après avoir travaillé comme développeur de jeux vidéos, il s’est décidé à se consacrer uniquement à l’écriture et vit désormais en Angleterre.

Treize est son premier roman à paraître en France, il est sorti aux éditions Super 8 en novembre 2014 est constitue le premier tome de ce qui sera une trilogie, la trilogie des Revivers.

Patrick Seth a également un autre cycle en cours d’écriture dont le premier tome arrivera en France chez Michel Lafon en août 2015 prochain sous le titre Les Revenants.

Reviver, un métier qui a de l’avenir 

Jonah Miller est un reviver. Son boulot : réveiller les morts pendant quelques minutes pour aider la police à trouver plus facilement le tueur, ou tout simplement permettre à la famille de dire au revoir au défunt.

La face du monde a ainsi changé depuis que les revivers ont étés révélés au monde grâce à Daniel Harker, au travers de son livre devenu une référence. Reviver est depuis devenu un métier : certes très bien payé et très convoité, mais réservé à peu d’élus. Et surtout, comme dans tout métier, il y a des médiocres, et d’excellents revivers… Certains travaillent pour la police, et d’autres dans le privé… Jonah Miller fait partie des plus doués au monde et travaille sur des cas très souvent sensibles voir compliqués pour la police.

Mais le jour où il se rend sur une affaire soi-disant classique, tout bascule : la ressuscitation d’Alice Decker sera le déclencheur de découvertes de plus en plus dangereuses pour Jonnah et le monde des revivers…

Une ambiance crispante à souhait au réalisme subjuguant

La toute première chose à souligner quand on a lu ce roman, c’est son ambiance. Certaines scènes sont très bien tournées, avec un côté glaçant comme on en lit rarement. Les auteurs qui savent faire réellement frissonner leurs lecteurs sont assez peu nombreux pour qu’on le souligne. Je pense en particulier à une scène où Jonah à la sensation de voir une ombre… la description peut vous paraître un peu simpliste, mais la sensation donnée au lecteur est unique en son genre, et inquiétante…

En ce qui concerne l’intrigue pure, Treize sait tenir son lecteur en haleine. Patrick Seth a développé méthodiquement tous les éléments fantastiques de son histoire et les a insérés avec logique dans la réalité de notre monde actuel. Le tout donne ainsi un roman fantastique très réaliste. Tout a été pensé : la législation des revivers, les droits des personnes subissant une ressuscitation, le procédé de récolte des preuves pour enregistrer le témoignage d’une personne ressuscitée… etc.

De même, les personnages créés par l’auteur sont très bien travaillés, et fort réalistes. Ils ont des problématiques très communes, ce qui ne fait que les rendre plus naturels, plus prégnants. Qu’il s’agisse de Tess, Jonah, ou encore Anabelle, ils sont tous très attachants.

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En somme, Treize est un très bon roman policier fantastique. Son atmosphère est merveilleusement effrayante par moments et l’intrigue globale se tient très bien. On attend avec impatience la suite, car Treize est le premier tome d’une trilogie ! (il est d’ailleurs dommage qu’il ne soit fait nulle part mention de ce fait dans le livre, c’est uniquement à la toute fin qu’on s’en rend compte…).

Quoi qu’il en soit, après avoir fini ce premier tome, vous n’aurez qu’une seule envie, avoir la suite entre les mains, car le final est extrêmement intriguant !

Pour information, les producteurs de The Dark Night ont déjà acquis les droits de Treize, cela laisse présager du bon pour la suite… non ?

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Chronique : Miniaturiste

MiniaturisteLes grands secrets d’une maison parmi d’autres dans l’Amsterdam du 17ème siècle

Premier roman de l’anglaise Jessie Burton, Miniaturiste vient de paraître aux éditions Gallimard dans la collection Du monde entier en mars 2015. Lors de sa sortie en langue originale, cet ouvrage a su réunir les critiques les plus élogieuses de la presse. Espérons qu’il connaîtra le même accueil en France.

Pour son roman, Jessie Burton s’est directement inspirée d’une maison de poupées existante qui est exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam (cf photo ci-dessous).

On y découvre le portrait d’une jeune femme à peine sortie de l’adolescence qui se retrouve femme mariée à l’un des hommes les plus puissants d’Amsterdam. Son entrée dans la famille des Brandt ne se fera pas sans anicroches et contrariétés plus ou moins gênantes…

« Bienvenue » dans la riche famille Brandt

A peine arrivée dans sa nouvelle demeure, la jeune Nella Oortman (nouvellement Nella Brandt) sait qu’elle aura beaucoup à faire pour se faire accepter. L’accueil froid de sa belle-sœur Marin, l’absence de son mari Johannes et le comportement peu avenant d’une des domestiques ne sonnnt guère comme de bons présages.

Les questions sont nombreuses quant à l’intégration de Nella chez les Brandt, mais plus que cela, elle sent qu’il y a de lourds secrets dans cette nouvelle famille. Alors que s’y passe-t-il réellement ? Et en quoi le cadeau de Johannes – une superbe maison de poupée semblable en tous points à la maison du couple – va-t-il mettre sa vie au sein des Brandt en perspective ?

Miniaturiste VOEnchanteur et parfaitement bien construit

A peine entré dans la maison des Brandt, on sent que l’on est dans ce genre d’atmosphère qui ne laisse pas indifférent. Tamisée, secrète, cachée… tout y est composite et délicat. Les non-dits et les signes discrets sont plus importants que les actes eux-mêmes. Les indices sont nombreux, et pourtant… certains glisserons sur vous innocemment.

La maîtrise dont fait preuve Jessie Burton quant à la psychologie de ses personnages est d’une justesse parfaite. Ils sont tous crédibles et bien campés.

Et surtout, ce parallèle entre la vie de Nella et sa magnifique maison miniature (réplique parfaite de la maison où elle vit désormais) et extrêmement bien construit. Impossible de lâcher ce roman tant il est fluide et captivant à la fois. La vie de Nella a une influence sur sa maison de poupée et les nouveaux objets qu’elle y ajoute, mais plus inquiétant, la maison de poupée a elle aussi un ascendant sur la vie de la jeune mariée. Inquiétant.

Vous découvrirez également toutes les conventions et pressions sociales de l’époque. Amsterdam avait beau être une ville extrêmement moderne sur de nombreux plans, il ne faut pas oublier que nous sommes au 17ème siècle.

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A classer avec le chef d’œuvre La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier (l’éditeur parle également du Chardonneret de Donna Tartt). Vous n’aurez peut-être pas toutes les réponses à vos questions, mais c’est si bien édifié que peu importe ! Il est bon parfois d’avoir une part de mystère… Miniaturiste est ainsi une petite perle dont il est impossible de se passer, surtout si vous aimer les mystères intimistes sur fond historique.

Chronique : Nous les menteurs

Nous les menteursUn roman puissant et haletant

Il vient tout juste de paraître aux éditions Gallimard Jeunesse et promet d’être un bel incontournable de cet été. Nous les menteurs est une nouveauté surprenante et difficile à classer qui se dévore littéralement.

Pour ce qui est de son auteur, E. Lockhart, vous la connaissez peut-être pour son œuvre plus axée jeunesse : Roby Oliver (4 tomes aux éditions Casterman). Avec Nous les menteurs, elle signe une belle incursion en territoire ado. Il s’agit d’un ouvrage unique, pas de suite, c’est promis !

Les Sinclair, privilégiés parmi les privilégiés

Ils sont riches, ils sont blonds, ils sont beaux et vivent tout l’été sur une île qui leur appartient : bienvenue chez les Sinclair. Cadence Sinclair Eastman est l’une des petites filles de cette grande famille. Elle va sur ses 17 ans, mais depuis l’été 15 (elle nomme ainsi les étés avec ses cousins et cousines nés la même année) Cadence n’a plus toute sa mémoire.

Elle s’est teint les cheveux, a des maux de tête qui la rendent si faible qu’elle reste allongée sur le carrelage de la salle de bain. Parfois même, elle a des nausées telles que sa journée entière est perdue. C’est ainsi depuis l’été 15 et ses mystérieux événements.

Personne dans la famille Sainclair n’a le droit de lui dire ce qu’il s’est passé. Il vaut mieux que les souvenirs se rappellent lentement à Cadence disent les médecins. Fragmentées, incohérentes, parfois brutales, les réminiscences de la jeune femme la déstabilisent… mais pour la mener vers quelle vérité ?

Un page-turner insoutenable

En effet, la première des qualités de ce roman est la rapidité avec laquelle on dévore son texte. C’est si bien décrit et mis en scène que la lecture en devient presque trop rapide… Je m’explique. Nous les menteurs est un roman qui joue sur le ressort de l’amnésie de sa narratrice, Cadence. Les faits s’imbriquent parfaitement, l’auteur semant toujours un soupçon d’indice, mais jamais assez pour nous laisser entièrement deviner les faits. Et justement, cette tension omniprésente nous fait littéralement dévorer son roman.

Mais alors, est-ce bien de le lire aussi vite ? Aussitôt lu aussitôt oublié ? Justement non. E. Lockhart réussit à semer tant de petites choses pernicieuses, cachées, obscures, qu’une seconde lecture devient incontournable.

Ce n’est que lors de cette seconde lecture que l’on aperçoit la vue d’ensemble, que l’on décode les gestes, les signes avant-coureurs de la révélation finale (au passage terriblement bien maquillée).

Personnellement, j’adore ces ambiances de roman. Un été qui se déroule dans un endroit paradisiaque (en particulier une île), avec pour personnages principaux de riches adolescents à qui tout réussit et va sourire, de lourds secrets en suspend… Cette présentation n’est d’ailleurs pas sans faire penser à une saga dans le même genre : la trilogie Le Pacte de Jenny Han et Siobhan Vivian, qui est également très bien tournée.

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Je ne puis donc que vous conseiller cette lecture qui a un pouvoir particulier, celui d’en discuter passionnément avec ceux qui l’auront lu ! Maintenant, il ne vous reste plus qu’à le lire, construire vos hypothèses… et le relire. A conseiller dès l’âge de 14 ans environ.

Nous les menteurs map

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Chronique : The Lying Game – Tome 6 – Pas vu pas pris

The lying game 6Ultimes révélations pour le thriller young-adult de Sara Shepard

Paru en juillet 2014 dans la collection Territoires, Pas vu pas pris est le dernier des six tomes de la série The Lying Game. Voici venu le temps des aveux pour tous ceux qui ont pris part de près ou de loin à la disparition de Sutton Mercer. Et les apparences ne sont pas nécessairement en faveur des coupables…

Les cadavres pleuvent sur Tucson

Dans ce dernier tome, ce ne sont pas moins de deux cadavres qui tombent sur le chemin d’Emma à travers son enquête. Leur découverte ne va pas franchement l’aider, bien au contraire car la police va très vite s’emparer de l’affaire.

Il semblerait que le temps soit venu de faire tomber les masques, et cela bien malgré elle… Elucider le mystère Sutton sera bientôt possible, mais à quel prix ?

Enfin, nous savons !

Pour tous ceux qui ont attendu avec impatience le mot de la fin, vous serez servi ! Vous aurez aussi bien le pourquoi que le comment de toute l’histoire. Les motivations de la personne ayant commis ces méfaits atroces que sont la torture psychologique, le chantage, et le meurtre passera bien assez vite à table…

Soyons honnêtes, il y a certains éléments de l’histoire qui ne tiennent pas franchement debout. Difficile de développer sans vendre la mèche, mais à partir du milieu du tome précédent, on peut déjà à voir une idée très précise de qui est derrière l’affaire. Et surtout, l’absence de certains réflexes par quelques personnages rallonge d’autant plus l’histoire.

Sara Shepard maîtrise peut-être l’art de faire durer une série, mais certainement pas celui de la rendre haletante aussi longtemps. En effet, là où il aurait été possible de faire la série en maximum trois tomes, l’auteur a décidé d’en faire six. C’est bien trop long pour le peu de matière qu’il y a au final. Surdéveloppé mais avec les mêmes ingrédients, passé le second tome, on comprend comment Sara Shepard construit ses romans.

Alors, lire les six tomes que comprend la série valait-il le coup ? Je reste assez mitigée sur ce fait. L’idée de base est intéressante, et même machiavélique, mais elle reste beaucoup trop à la surface des choses pour n’entrer dans le vif qu’à la toute fin.

Le monde de la superficialité apparente est très bien rendu avec une Emma plongée dans le monde du luxe sans préavis, elle qui n’a connu que les familles d’accueil souvent précaires. Mais ce qui justement se veut plus intense et plus sérieux sous la pellicule frivole reste au final bien léger… Sara Shepard aurait pu aller beaucoup plus sans pour autant retirer son éttiquette « littérature ado ».

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Cette saga est donc à réserver aux amateurs de romans à suspense assez légers, sans intrigue folle, ou à ceux qui sont susceptibles d’aimer la chick-lit. Le bon dans cette série, c’est qu’elle se lit très vite malgré tous ses petits défauts qui n’en font pas un œuvre mémorable.