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Chronique : La série Les vilains Disney par Serena Valentino

Une série de romans qui propose de découvrir l’histoire des méchants Disney. Car au début, ils n’étaient ceux que l’on connaît et avaient même de la bonté en eux… du moins pour certains…

Vous connaissez tous Maléfique, La Bête ou encore Ursula ? La série des Vilains se propose de découvrir le passé de chacun de ces méchants emblématiques des dessins animés Disney. La saga des Vilains est composée de six tomes distincts qui se concentrent chacun que un personnage. Mais il y a en plus un trio de sorcières qui lie le tout et dont vous ferez la connaissance…

La novellisation est assurée par l’autrice américaine Serena Valentino, qui a connu un succès fulgurant grâce à cette série.

Miroir Miroir : Tout débute avec l’histoire d’une fille de miroitier. Elle est belle mais semble l’ignorer, tant son père lui fait des réflexions acerbes et terribles sur son physique. Il la trouve laide, mais surtout, il lui en veut d’être née, sa femme étant morte en lui donnant naissance. Mais un jour, un roi envoûté par sa beauté va se marier avec elle. Ce roi a déjà une fille, d’une précédente union. Son prénom : Blanche. Elle est douce, belle et d’une gentillesse incroyable. La nouvelle reine l’aime instantanément et a enfin trouvé une famille aimante.
Mais alors qu’a-t-il bien pu se passer pour que tout se transforme en cauchemar ?

L’histoire de la Bête : Le prince qu’était avant la bête n’était pas une personne recommandable. Avec son meilleur ami Gaston, ils séduisent les belles jeunes femmes, adorent chasser et plient le monde à leur volonté. Alors, quand le prince décide qu’il est temps pour lui de se marier, il recherche une femme belle et sans répartie. En fait, il recherche une personne qu’il peut facilement maîtriser et qui a le moins de cervelle possible, un joli faire-valoir en somme. Il pense avoir trouvé l’amour, mais il n’est en réalité pas capable d’un tel sentiment tant il est égoïste. S’ensuit la malédiction que l’on connaît tous…

Maîtresse de tous maux : Maléfique est une sorcière, certes nous le savons tous. Mais ce que l’on sait moins c’est qu’elle est à l’origine une fée qui n’a jamais acceptée à cause de son apparence. Ses longues cornes ont toujours fait peur à ses semblables, de même que ses talents pour la magie dans tous les domaines. Les gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas et, Maléfique est en effet totalement incomprise. Une seule personne avait confiance en sa capacité à faire le bien… mais ce n’était pas suffisant.

Des romans intrinsèquement liés

Même si chaque conte est indépendant, il y a un fil rouge dans ces six tomes en la personne des étranges sœurs. C’est à cause d’elles que les choses deviennent biscornues, malsaines, étranges… Elles poussent parfois seulement une pichenette pour faire basculer vers le mal nos vilains. Mais pour d’autres, elles se sont acharnées afin de les transformer en individus mauvais…

Ce fameux fil rouge n’empêche pas de lire le livre que l’on souhaite si l’on a pas envie de lire toute la saga. Personnellement j’ai commencé par L’histoire de la Bête (qui est le tome 2) car il n’est marqué nul part sur la couverture qu’il y a une tomaison. C’est sur l’un des rabats intérieurs que je m’en suis rendu compte. Ce n’est point grave, j’ai enchainé avec Miroir, Miroir, qui est le premier tome de la saga. Puis, n’ayant pas le tome trois, j’ai lu le quatrième volume, centré quant à lui sur Maléfice.

Et à chaque fois, on retrouve les étranges sœurs et leurs obscurs plans qui semblent remonter à des siècles. Je n’ai donc pas lu le troisième tome, qui se concentre sur le personnage d’Ursula, avide de pouvoir. Mais Serena Valentino a pensé à tout et fait une sorte de résumé de ce qu’il s’est passé dans le tome consacré à Maléfique. Car plus on avance, et plus les histoires se mêlent et les personnages se croisent. Ainsi le premier amour de la Bête, Circé, est également dans le troisième tome et citée régulièrement dans le quatrième.
Les passifs imaginés par l’autrice pour chacun des personnages fonctionnent assez bien. Elle se réapproprie les histoires Disney tout en conservant l’essence des histoires que l’on connaît. L’exercice ne doit pas être évident, mais elle y parvient assez bien je trouve.

Cependant, cela n’est pas suffisant, loin de là. J’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser vraiment au destin de chaque personnage car même si l’autrice modifie les trames, ce sont des univers très (trop ?) familiers. Cela n’a pas été assez créatif pour moi, et j’avoue que les descriptions m’ont quelque peu lassée par moment, à tel point que je les sautait pour ne lire que les dialogues.

L’idée d’ajouter des personnages malfaisants récurrents qui tirent toutes les ficèles est excellente, mais peut-être n’aurait-il pas fallu faire un tome par personnage. Cela dilue beaucoup trop l’intrigue et donne un sentiment d’ennui assez vite présent. J’ai surtout au ça pour L’histoire de la Bête, qui est pour moi le moins bien réussit des trois que j’ai lu dans la série. Le meilleur étant pour moi l’histoire de Maléfique, car elle commence a regrouper tout ce qu’il s’est passé avant et faire des ponts intéressants avec les précédents tomes. Mais cela arrive trop tard…

Je comprends que d’un point de vue marketing on ait voulu faire un tome pour chaque conte, mais d’un point de vue narratif, c’est beaucoup trop long. Quel dommage, l’essence même de la série des Vilains est intéressante. Mais c’est beaucoup trop long à lire, il y a trop de descriptions inintéressantes et de passages totalement dispensables. C’est donc une saga qu’il faut réserver je pense aux fans absolus de l’univers Disney, ils seront peut-être moins déçus que ceux qui aiment de façon raisonnable l’univers.

Aparté : Mais pourquoi donc refaire la traduction ?

Je souhaitais revenir sur un point important, la traduction. Au début de la sortie de la série des Vilains, Hachette Romans avait fait le choix plutôt logique de reprendre les couvertures américaines (qui sont d’ailleurs les même dans presque tous les pays où ils ont été traduits). Elles sont très sombres, sobres, et on sait immédiatement de quoi ça parle. Mais au bout de quelques titres parus avec cet charte graphique sombre et minimaliste, Hachette Romans a décidé de changer la charte visuelle de la collection avec un graphisme beaucoup plus coloré, et je pense beaucoup plus adapté au public français. D’ailleurs, le succès fut au rendez-vous !

Mais pourquoi donc avoir au passage changé la traduction ? Les lecteurs français n’ont-ils pas le niveau pour comprendre certains mots de vocabulaire ? Faut-il que les choses soient faciles pour vendre mieux ?
La traduction initiale de L’histoire de la Bête est assurée par Caroline Minic, mais la nouvelle est Alice Gallori. Et l’on constate très rapidement la différence de vocabulaire. J’ai eu les deux versions dans ma bibliothèque, j’ai donc pu comparer.

Traduction de Caroline Minic : Chapitre II : La rebuffade.

« La Bête soupira lourdement et se laissa choir sur le banc en pierre, sous l’aile persécutrice des statue.« 
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« Alors que le carrosse de la princesse Tulipe Morningstar se rapprochait du château de son fiancé, la jeune femme fut éblouie par le paysage. Il n’y avait pas peinture plus belle au monde que celle de la demeure du Prince en en saison des frimas, cette grande bâtisse revêtue d’un épais manteau blanc et illuminée pour les lumières du solstice d’hiver. »

Traduction d’Alice Gallori : Chapitre II : Le refus.

« La Bête poussa un soupir et se laissa lourdement tomber sur un banc de pierre. »
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« Lorsque son carrosse s’engagea sur le pont menant au château, Tulipe Morningstar se dit que le palais de son fiancé était tout simplement exceptionnel. Le royaume de son père était remarquable, certes, mais il ne soutenait pas la comparaison avec celui du prince, surtout lorsqu’il était recouvert d’un manteau de neige étincelant et richement décoré pour le solstice. Les murs étaient inondés de lumière dans la sombre nuit d’hiver. »

Voilà qui donne déjà matière à constater la différence. Le mot rebuffade est-il trop complexe ? Cela fera-t-il fuir les lecteurs.ices potentiels ? De même que le verbe choir… trop difficile à comprendre ? Alors mettons tomber à la place. De même que le mot frimas a disparu dans la seconde traduction.

J’avoue ne comprendre cette simplification à l’extrême avec des mots basiques, et une absence de style. On voit même que certaines phrases sont tout bonnement supprimées pour simplifier le tout ! Pourquoi cette volonté de simplifier par l’éditeur ? Car il y a là une volonté éditoriale, ce n’est pas uniquement le fait de la traductrice. Je sais que je n’aurais pas la réponse à cette question, de même que je n’ai pas accès aux textes en langue originale pour comparer, mais je trouve décevant de niveler par le bas le vocabulaire… Et comme il s’agit de la même maison d’édition qui a simplifié le vocabulaire de la série Le Club des Cinq, je me dis qu’il y a ici un lien entre appauvrissement du niveau de vocabulaire et choix éditorial/mercantile. Après tout, le passé simple a quasiment disparu des romans jeunesse pour la même raison !

Si un texte est difficile à lire, on aura peut-être moins envie de lire la suite… alors pour vendre, il faut que ce soit facile, immédiat, quitte à dénaturer le texte original ? Question ouverte, mais vous connaissez déjà mon point de vue sur la question.

Chronique ado : Mon beau grimoire

Il ne fait pas bon harceler une jeune fille qui n’a rien à perdre… surtout quand elle décide de se lancer dans la magie noire pour se venger…

Chrysostome Gourio est un auteur français qui écrit pour la jeunesse et les ados mais aussi les adultes. On lui doit notamment Rufus le fantôme (Sarbacane, Pépix), Wilma la vampire (Sarbacane, Pépix) ou encore La brigade des chasseurs d’ombres (Sarbacane, Exprim’). Mon beau grimoire est paru en 2021 dans la très bonne collection d’horreur pour les 14 ans et plus chez Casterman : Hanté.

Les trois K, ou l’horreur du harcèlement personnifiée

La jeune Perséphone a un lieu d’habitation peu commun, sa maison est au beau milieu d’un cimetierre. A cause de cela seulement, elle est harcelée. Certains de ses camarades la prénomment « la sorcière », lui jettent des mots atroces à la figure. Perséphone n’en peut plus d’être une victime. Alors quand on lui propose de devenir actrice de son destin et de se venger par le biais de la magie noire, elle n’hésite pas. Quel qu’en soit le prix. Et il est terriblement lourd…

Parfait pour qui aime les histoires qui finissent mal

Vous aimez les fins pas toutes roses ? Les héros et antihéros qui en bavent ? Les contes de la crypte font partie de vos pulps préférés ? Mon beau grimoire est fait pour vous. Il y a une telle violence latente dans ce roman que ça en fait peur… ça tombe plutôt bien puisque qu’on est dans une collection horrifique !

Le format très court de la collection Hanté fait encore une fois preuve d’efficacité. C’est rapide, terrible et conclu avec une efficacité redoutable. D’autant que l’auteur adore tout ce qui touche à la mort et à ses archétypes. Il a déjà mis en scène (pour des lecteurs beaucoup plus jeunes) quantité de personnages qui vont de pair avec les ténèbres… Mais ici, on s’adresse à des 14 ans et plus et ça se voit !

C’est sombre, glauque et il est difficile de définir une frontière nette entre le bien et le mal. Perséphone souffre, c’est indiscutable, mais cela lui donne-t-il le droit de faire souffrir ? Là est toute la question ! A réserver aux fans d’histoires horribles dignes des meilleurs Chair de poule, le contenu sensible en plus.

Chronique jeunesse : David Eliot – intégrale des deux tomes

Écrit neuf ans avant Harry Potter, cette duologie recèle tous les ingrédients qui ont très certainement inspiré J.K. Rowling pour les aventures de son célèbre jeune sorcier ! Un classique moins connu que Harry Potter à découvrir, plus sombre, plus osé et très créatif… découvrez les aventures de David Eliot !

Anthony Horrowitz est un auteur anglais à l’œuvre très importante. Ses ouvrages sont très régulièrement prescrits dans les écoles : L’île du crâne, La photo qui tue ou encore Le faucon malté étant devenus des classiques.

Pour ce qui est de L’île du crâne, il s’agit du premier tome de la série des David Eliot, qui en comprend deux au total. Cette courte série mélange magie noire, école aux moeurs étranges et professeurs qui le sont tout autant…

Encore renvoyé !

Le jeune David Eliot n’est pas dans une bonne situation quand nous faisons sa connaissance dans le premier tome. Il vient tout juste d’être renvoyé de sa dernière école en date, ses parents ne savent plus quoi faire de lui… Mais ils viennent de recevoir une mystérieuse lettre provenant d’une école dont ils n’ont jamais entendu l’existence : Groosham Grange. L’établissement se propose de prendre David comme élève, le tout avec des cours adaptés à un élève aussi indomptable et difficile que lui. Ainsi commence l’étrange aventure de David Eliot, septième fils d’un septième fils…

Entre similitudes et originalité

Quand j’ai lu les deux tomes de la série David Eliot, je n’ai pas pu m’empêcher de relever les très nombreuses similitudes entre ces romans et l’univers de Harry Potter. On ne peux pas parler de copie, ni d’hommage mais il est certain que J.K. Rowling a lu les romans d’Anthony Horrowitz.

Comment expliquer sinon cette école étrange et isolée qui donne des cours très mystérieux ? Voici une petite liste non exhaustive de tout ce que j’ai vu de similaire entre les deux univers, tout en sachant que les David Heliot sont paru neuf ans avant le premier tome de Harry Potter

  • Une lettre mystérieuse qui arrive de l’école
  • Un établissement étrange et isolé de tout et invisible de tous
  • Des parents atroces (oncle Vernon et tante Pétunia pour Potter)
  • Une tante qui se met à gonfler et grossir
  • Un professeur lycanthrope
  • Un membre du corps enseignant qui possède deux têtes pour un seul corps
  • Une plume pour écrire qui n’a pas besoin d’encre mais plutôt de sang
  • Un trio d’amis qui se serrent les coudes (une fille deux garçons)
  • Un système de point distingue les élèves pour leurs actions, comme avec les maisons chez Poudlard, mais à l’échelle individuelle.

Voilà pour les plus gros points communs entre les deux sagas. Lire David Eliot, c’est découvrir un univers bien plus sombre que celui de Harry Potter, mais aussi des personnages plus ambivalents et étranges. J’ai beaucoup aimé ce mystère qui plane autour de l’école tout au long du roman. Même si l’on se doute de quoi il est question, ce n’est que dans les vingt dernières pages que le héros découvre ce qu’est exactement Groosham Grange et ce qu’on y apprend réellement.

Dans le second tome, David est pleinement intégré et fait même partie des meilleurs élèves de l’établissement. Bientôt, nous saurons qui remportera le Graal Maudit, la plus haute distinction de l’école. Mais quelque chose se trame et tente de faire saboter la remise du prix….

J’ai énormément aimé l’esprit de cette série fantastique. Elle est vraiment sombre et ose des choses que je n’aurais pas cru lire en jeunesse que ce soit dans l’intrigue ou les dialogues. C’est savoureux d’humour noir, l’intrigue est bien construite et surtout l’ambiance est parfaite ! Très inquiétante dans le premier tome, elle réussit à changer peu à peu, se réchauffe tout en gardant une part menaçante… Impossible à décrire, mais c’est savoureux !

Je ne puis que vous conseiller de découvrir cette courte série pour quantité de raisons. Vous aurez à découvrir un imaginaire atypique et bien dosé qui sait appuyer sur la fibre effrayante quand il le faut. Les dialogues sont excellents, la dynamique de l’histoire parfaite pour que ça se dévore… Et surtout, ça étoffe la culture générale et fait réfléchir aux sources (nombreuses) de l’inspiration de J.K. Rowling : Poudlard et Grossham Grange sont très certainement des établissements magiques cousins, l’un étant beaucoup plus tordu et étrange que l’autre, mais cousins tout de même. Dès 10 ans.

Chronique bd jeunesse : Beetle & les Hollowbones – Volume 1

Une bd qui mélange fantastique, aventure et mignonitude de façon très satisfaisante !

Paru en février 2023 en France, voici le premier tome d’une jolie duologie qui fait la part belle à l’aventure et l’amitié, le tout avec de magnifiques illustrations magnifiquement colorisées.
L’autrice et dessinatrice Aliza Layne a reçu le prix Stonewall en 2021 pour cette bande-dessinée. Ce prix américain récompense des œuvres qui traitent de thèmes LGBT.

Bienvenue dans l’univers de Beetle, beau, magique et coloré

Beetle est une jeune gobline (non, il n’y a pas de faute) tout ce qu’il y a de plus normal… voir moins. En effet, elle n’est pas très douée pour la magie, ce qui la désepère au plus haut point. Surtout quand on sait que sa meilleure amie Kat a quant à elle intégré une prestigieuse école au niveau très avancé. Elles se sont d’ailleurs un peu perdues de vue à cause de cela.

Mais Bettle se console comme elle peut en allant au centre commercial : elle y a fait l’étrange connaissance d’un petit fantôme tout mignon prénommé Blob Ghost. Il change de forme comme il le souhaite, traverse les murs et s’avère être extrêmement drôle. Cependant, les problèmes vont commencer à arriver pour ce duo attachant et improbable : le centre commercial va être détruit.

Pas grave, n’est-ce pas ? Non, sauf que Blob Ghost ne peut pas quitter l’enceinte du centre commercial. A chaque fois qu’il tente de s’en éloigner, une barrière infranchissable l’empêche d’aller plus loin… Blob Ghost risque donc de disparaître définitivement, tout comme le centre commercial…

C’est là qu’entre en scène Beetle et que son ancienne amitié avec Kat va peut-être s’avérer essentielle pour l’avenir du petit fantôme…

Beau, distrayant, drôle !

La première chose qui m’a frappée quand j’ai découvert cette bande-dessinée, c’est la beauté des couleurs. Les dégradés de la couverture sont magnifiques, le violet est beau, profond, rendant l’ambiance et mystérieuse… Et l’intérieur est pareil ! Car je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans beaucoup de bd (souvent la franco-belges), la couverture est magnifique et quant on ouvre, les dessins à l’intérieur n’ont rien à voir : beaucoup moins beaux ou détaillés. Ici, rien à voir car c’est aussi beau à l’extérieur qu’à l’intérieur !

Pour ce qui est de l’histoire, elle est peut-être un peu classique, mais elle est très belle. J’aime beaucoup l’amitié qui lie Beetle et Katz (dont le physique étrange la rend magnifique), même si on sent que Beetle aimerais que ce soit plus qu’une belle amitié quand on voit comment elle rougi auprès d’elle. La thématique LGBT est certes là, mais elle est très peu exploitée, ce n’est pas l’objet même de l’histoire mais bien un de ses éléments, c’est donc subtil comme j’aime.

J’ai trouvé ce premier tome intriguant et de toute beauté, avec pour moi une mention spéciale sur la créativité de l’esthétique. L’univers est beau, travaillé, coloré dans des tons magnifiques… J’ai adoré le personnage attachant et mignon de Blob Ghost, vraiment TROP CHOUPI (j’en veux un).
De même, j’ai trouvé certaines idées géniales : l’escalator qui avale nos héros (cf image), la tante de Katz qui est un squelette tout comme elle, mais beaucoup plus étrange (on dirait celui d’une autruche).

Le tout est malin, bien mené et plaisant, que demander de plus ? Je sais, la suite ! Pas d’inquiétude elle arrive bientôt (en juin 2023), donc on devrait survivre d’ici là.

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Chronique jeunesse : La fille qui parlait ours

Un magnifique roman aux allures de conte initiatique aux accents slaves. Et si le bonheur était au bout de notre nez plutôt qu’au fin fond de la forêt ?

Paru en début d’année 2022, ce roman initiatique est le second de l’autrice anglaise Sophie Anderson à paraître en France. Le premier, La maison qui parcourait le monde s’inspirait déjà des mythes et légendes slaves pour servir son intrigue. Ici encore, on retrouve un mélange de contes et traditions des pays de l’Est, de même qu’une magie étrange et belle tout à la fois…

Comment vivre avec des pattes d’ours ?

La jeune Yanka s’est toujours questionnée sur ses origines. Elle n’a ni père ni mère, mais une femme qui a décidé de la recueillir quand elle était encore tout bébé. Mais malgré tout cet amour prodigué au fil des années, Yanka sent comme un trou dans sa poitrine.

Où sont ses parents ? Pourquoi l’ont-ils abandonnée ? D’où vient-elle ? Et où est son véritable foyer ?

Elle s’est toujours sentie à part à cause de son passé inconnu. Même au village, elle a peu d’amis et subit parfois moqueries et remarques sur sa différence. En effet Yanka est grande et forte, c’est d’ailleurs de là qu’elle tient son surnom : Yanka l’ourse.

Mais le jour où elle se réveille avec des pattes d’ours à la place des pieds, elle décide de partir en quête de ses origines véritables. Peu importe la réponse, tout sera mieux que l’ignorance…

Magnifique et onirique

Ce roman fait partie des textes que l’on lit lentement. Non pas parce qu’il est complexe (ce n’est d’ailleurs pas le cas) mais parce que chaque page apporte son lot de messages et de beauté. Tout y est une de à la nature et ses merveilles, au partage, à l’amour… Et quantité d’autres choses qui rendent la vie plus belle. Résumer cet ouvrage est impossible, mais je peux vous parler de la sensation qu’il m’a laissée une fois terminé.

J’ai trouvé qu’une fois cette lecture achevée, j’étais complète. Qu’un message important était passé entre mes mains, mais qu’il me fallait un temps considérable pour l’intégrer. C’est un sentiment diffus mais prégnant, un roman marquant au message fort, mais qui infuse lentement dans celui qui le lit…

Je pense que tout le monde pourrait lire ce roman destiné à la jeunesse et y trouverait son compte. Toutes les épreuves que traverse Yanka peuvent s’adapter à celles de la vie quotidienne. Mais chaque problème ayant sa solution, Yanka trouve la force de lutter contre l’adversité. Et je pense que lire cet ouvrage peut donner quelques clés à ceux qui pourraient se sentir bloqués dans leur vie.

Tout est extrêmement métaphorique dans ce roman, j’y ait souvent perçu différents degrés de compréhension, et c’est ce qui le rend si beau…

Lire ce roman, c’est se plonger dans une aventure onirique d’une poésie infinie. Chaque légende créé par Sophie Anderson apporte son lot de réflexion et d’introspection, mais également d’aventure. On y découvre par ailleurs des personnages joyeux au charisme indéniable… Mention spéciale au furet Moustache et à la maison, deux des personnalités les plus fortes de l’œuvre selon moi. La maison ne parle pas, mais elle a un merveilleux caractère qui la rend extrêmement attachante. Et Moustache… c’est le coup de foudre absolu !

Pour moi, les meilleurs romans sont ceux aux messages ancrés dans la trame de fond, et clairement La fille qui parlait ours en fait partie. Et si en plus il y a une maison à pattes de poule dans l’histoire, c’est le coup de cœur garanti ! Je n’ai pas lu le précédent roman de l’autrice, mais clairement j’ai très envie de m’y plonger.


Alors, si vous avez envie de rêve et d’aventure, de légendes et de regrets mêlés, vous êtes au bon endroit. C’est beau et sublime et ça se découvre dès l’âge de 11 ans. Mais le message de ce roman peu se découvrir à tout âge…

Chronique Jeunesse : Le club du Calmar Géant – Tome 1 – L’incroyable équipage du poisson-globe

Découvrez les aventures incroyables d’imagination d’une jeune demi-sirène et de ses amis !

Premier tome d’une nouvelle série pour la jeunesse, L’incroyable équipage du poisson-globe nous fait découvrir les secrets et les aventures du Club du Calmar Géant ! Nous avions découvert il y a quelques années celles du Club de l’ours polaire dans le grand nord, place maintenant aux fonds marins…

Alex Bell est une autrice pour la jeunesse à l’œuvre encore ténue, mais déjà bien reconnue par les lecteurs. Elle écrit également des romans horrifiques pour les adultes, dans un autre style.

Un peuple et son continent qui disparaissent sans laisser de traces

Il se passe des choses étranges et inquiétantes depuis quelque temps, des continents entiers, des villes dans leur totalité disparaissent. Ils ne sont pas rayés de la carte mais plutôt comme évaporés. On sait qui est derrière tout cela, mais personne n’a la possibilité de lutter contre… Mais quand la mystérieuse organisation décide de s’en prendre au Club du Calmar Géant, la jeune apprentie mécanicienne Ursula décide de faire ses preuves.

Mais les choses n’évoluent que très lentement au sein des Clubs, et Ursula étant une jeune femme, elle ne peut pas s’inscrire en tant qu’exploratrice, son rêve de toujours… C’est donc sans l’aval du Club qu’elle va tenter de sauver ce qu peut l’être d’un péril immense !

De l’aventure puissance mille et une imagination frétillante !

Alex Bell est une autrice au talent incroyable. En très peu de pages, elle nous transporte dans son univers à l’imagination débordante dans lequel on se plonge avec délices. C’est redoutable d’éfficacité, très rapide à lire, et surtout original. Les quelques sublimes illustrations détaillées de Tomislav Tomic concourrent d’ailleurs à cette sensation de renouveau. Quand on lit beaucoup d’imaginaire, il n’est pas toujours facile de trouver de nouvelles séries captivantes à l’univers atypique. Ici, c’est une russité totale !

Encore une fois, Alex Bell prouve qu’elle a un talent monstre pour tout ce qui est de créer un univers qui lui est propre. Et cette fois, c’est dans les profondeurs maritimes que l’on découvre ses dernières idées originales : glaces pour respirer sous l’eau, ville perdue sous la mer, hôtel de luxe pour créatures de la mer, esprit de kraken… Ce ne sont pas les idées géniales qui manquent.

Et pour celleux qui n’auraient pas lu le cycle précédent avec Le Club de l’ours polaire, pas d’inquiétude, même si ce nouveau cycle est en la suite, il n’est pas indispensable de l’avoir lu !

Ainsi, encore une fois, c’est une réussite totale. Mais là où j’avais passé un bon moment avec le premier tome du Club de l’ours polaire, j’ai passé ici un merveilleux moment ! Peut-être que l’univers de la mer et de ses mystères englontis me séduit plus ? Ou peut-être est-ce le pouvoir charmeur des sirènes ? Quoi qu’il en soit, c’est un véritable coup de coeur à découvrir dès l’âge de 10 ans.

Chronique : Les héritiers de Brisaine Tome 1 & 2

Une incursion parfaite pour faire découvrir de la bonne fantasy francophone !

David Bry est un auteur français dont le crédo est l’imaginaire. Il écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes. Il fit une entrée remarquée en littérature avec son roman Que passe l’hiver aux éditions de L’homme sans nom en 2017 mais il écrit depuis plus d’une quinzaine d’années.

Depuis, il a écrit d’autres romans, tous concourant à asseoir son statut d’étoile montante de l’imaginaire : La princesse au visage de nuit (Pocket), Le garçon et la ville (Lynks), Le chant des géants (L’homme sans nom), la série jeunesse Les héritiers de Brisaine (trois tomes déjà parus chez Nathan).

Un royaume qui a perdu sa magie et ses créatures fantastiques….

Bienvenue dans le monde de Fabula, plus précisément dans la contrée de Trois-Dragons. C’est royaume relativement paisible, mais dont le passé récent est assez houleux. Guerre de pouvoir, vol d’un artéfact extrêmement puissant et disparition de la magie, voici les éléments clés de l’Histoire proche de Trois-Dragon et du royaume de Fabula.

C’est dans cette ville que vivent trois enfants qui ignorent encore leur destin : Aliénor, Grégoire et Enguerrand. Pour eux ainsi que pour tous les habitants du village, la magie est morte. Mais Brisaine, une vieille amie du trio va leur expliquer qu’il n’en est rien. Et que la brume qui s’échappe du Bois d’Ombres est liée à cette fameuse magie ténue qui subsiste.

Une nouvelle série jeunesse pour découvrir le genre fantasy

Si vous avez dans votre entourage des lecteurs entre 9 et 10 ans, cette série sera idéale pour eux. Il y a dans Les héritiers de Brisaine tous les codes de la fantasy avec des ressorts efficaces et bien utilisés. Mais David Bry réussit tout de même a créer quelques surprises dans cet univers créé de toutes pièces. Ses jeunes héros subissent des épreuves, mais ce sont surtout celles du quotidien qui les malmènent, en particulier le jeune Grégoire orphelin et serviteur au Château du seigneur Josserand.
L’aventure est quant à elle une véritable bouffée d’air frais et d’adrénaline pour le trio dont le quotidien n’est pas facile. Ils prennent des risques, mais savent que ce qu’ils font sert Brisaine et sa juste cause.

Pourquoi disais-je que cette série jeunesse est une parfaite introduction à la fantasy ? Tout simplement parce qu’on y retrouve une grande quête, des créatures fantastiques, de la magie et un destin incroyable semé d’embûches. Dans les deux premiers tomes, on découvre ainsi trolls, loups bicéphales, phénix, ondines et autres créatures fantastiques.
Lesdites créatures sont d’ailleurs toutes répertoriées dans le fabuleux grimoire que rempli peu à peu le jeune Grégoire, passionné de légendes et de lecture. Chacune a droit à son dessin et à un descriptif rapide en en fin d’ouvrage.

Et je ne vous ai pas encore parlé des très jolies illustrations de Noémie Chevalier, elles sont parfaites et habillent à merveille l’histoire de David Bry. Il n’y en a pas beaucoup, mais juste assez pour rassurer les enfants lecteurs qui ne veulent pas lire de trop gros livres le tout avec encore quelques images.

Ainsi, les deux premiers tomes de cette série de fantasy sont parfaits pour initier les jeunes lecteur.ices au genre. L’auteur use des codes habituels pour nous offrir une intrigue efficace et non dénuée d’intérêt. Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est la parfaite porte d’entrée pour faire découvrir d’autres choses par la suite… !

La saga Les héritiers de Brisaine n’est pas terminée, un troisième tome est paru et un quatrième est à paraître pour le mois de septembre 2022.

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Chronique : Le royaume assassiné

Une réécriture du conte de la Petite sirène version fantasy, ça vous tente ?

Premier roman d’Alexandra Christo, Le royaume assassiné a connu un grand succès à sa parution aux États-Unis. Il est paru en France aux éditions De Saxus en novembre 2020. L’éditeur a fait un premier tirage tout particulier pour ce roman, faisant la surprise d’un ouvrage en couverture rigide uniquement pour la première impression (il avait cependant le même ISBN que le souple). Une jolie façon de remercier les lecteurs !


Le Royaume assassiné se propose de vous faire découvrir une version de La petite sirène assez différente du conte d’Andersen…

La Tueuse de princes en quête de sa plus belle cible…

Elle se prénomme Lira, et elle est la plus redoutable des sirènes. Fille de la reine, elle se réserve le droit d’arracher le cœur d’un prince à chacun de ses anniversaires. Elle est crainte dans tous les royaumes, tous les océans par-delà le monde. Mais sa mère la reine la perçois de plus en plus comme une menace et la punit pour lui avoir désobéi : elle ainsi transformée en une fragile humaine.
Lorsque sa route va croiser celle d’un prince amoureux de l’océan, elle est loin de se douter que sa vie va basculer… et peut-être pas uniquement la sienne…

Une réécriture de conte de fées intéressante

Le royaume assassiné est le roman parfait pour une incursion dans l’univers de la fantasy maritime. C’est un genre qui se développe de plus en plus en France par le biais de traductions (mais pas seulement) : Le trône des sept îles de Adalyn Grace (De Saxus), De sang, d’écume et de glace d’Alexiane de Lys (Michel Lafon), La carte des confins de Marie Reppelin (PKJ) pour ne citer qu’eux. On peux dire que ça a le vent en poupe. Ou en poulpe ?

C’est la première fois que je m’essaie à ce sous-genre de la fantasy et je dois avouer avoir trouvé cela plaisant. D’autant plus qu’il s’agissait d’une réécriture de conte de fées. Le style d’Alexandra Christo est très fluide, les chapitres s’enchainent avec une aisance confondante, c’est un bon page-turner. Cependant, malgré son efficacité, ce n’est pas un coup de cœur, loin de là. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’intrigue est trop linéaire… il y a certes des côtés sombres à cette histoire, mais elle reste très classique et cousue de fil blanc.

Le royaume assassiné est vendu comme une fantasy aux accents très sombres, mais ce n’est pas parce que Lira arrache des cœurs à des princes que ça suffit pour classer l’ouvrage comme tel. L’autrice aurait dû aller beaucoup plus loin dans la noirceur si elle voulait que l’on considère son ouvrage comme de la dark fantasy. Pour moi, c’est un bon ouvrage de fantasy maritime sur fond de romance, mais on oublie très vite le côté sombre tant il est ténu.
Une fois qu’on accepte ça, on passe un très bon moment de lecture !

Ainsi, comme réécriture de conte, ce roman est une réussite, mais pas au point de l’ériger au rang de coup de cœur. A réserver à celleux qui n’ont pas l’habitude des poncifs de la fantasy, car l’intrigue est extrêmement classique. C’est one-shot, ce qui a le mérite d’être très appréciable quand on en a assez des séries de fantasy à rallonge… A découvrir dès l’âge de 14 ans.

Pour aller plus loin : L’édition française bénéficie de cinq illustrations inédites magnifiques réalisées par différents artistes mais toutes parfaites pour l’univers.

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Chronique YA : La nuit des reines

Il vient tout juste de paraître dans la collection ado des éditions Bayard, voici un roman d’Alex Bell (l’autrice de la géniale série du Club de l’Ours Polaire !). Elle revient ici avec un texte assez sombre destiné aux 14 ans et plus dans une Nouvelle-Orléans emplie de sombre magie… Pour une fois, c’est un one-shot, ce qui est rare.

Baton Noir, la ville-miroir de Baton Rouge, la magie obscure en plus…

Bienvenue dans la ville de Bâton Noir où la musique et la magie sont intimement mêlées, et où règne en maîtresse la reine Ivory Monette. Seule ombre au tableau, elle vient d’être sauvagement assassinée et son esprit compte bien assouvir sa vengeance sur le ou la responsable…


Mais comment la vie de Jude, jeune musicienne sans le sous peut-elle basculer à cause de ce meurtre dont il ignore toutes les intrigues souterraines ?

Une ambiance « typique », peut-être même un peu trop

Quand on pense à la Nouvelle-Orléans, il est vrai qu’on associe immédiatement certaines images-type dans notre esprit : la musique, le jazz, le vaudou, les cimetières hantés… Certes, c’est l’image que l’on s’en fait car connait peu, voir pas du tout la région/la culture… ce qui est mon cas. Mais malgré ma méconnaissance totale de la région dont s’inspire l’autrice ainsi que de ses croyances, j’ai trouvé l’ensemble du roman très stéréotypé. De plus, je m’attendais à quelque chose de sombre voir très sombre, or on se retrouve juste avec un roman à destination des ados avec de la magie dite noire, mais qui dans les faits ne l’est pas tant que cela.

L’autrice parle dans son roman de « legbas », des divinités qui jouent le rôle d’intermédiaire entre le monde des humains et celui des dieux, après quelques recherches j’ai découvert qu’il y a un Papa Legba dans la religion Vaudou. Il a la fonction d’intermédiaire également et équivaut à Saint-Pierre dans la religion catholique. Elle s’inspire donc directement de ce dernier, mais l’a remanié à sa façon pour créer sa propre mythologie.
Elle a également créé (du moins je n’ai pas trouvé d’équivalent direct) le Fossoyeur ou encore le baron Lukah (équivalent du Baron Samedi ? on peut le supposer).

Autre forme de magie intéressante : l’idée des talismans est très maline, dommage pour moi qu’elle n’ait pas été plus exploitée. Dans La nuit des reines, on découvre qu’il existe quantité de talismans, plus ou moins cher selon leur puissance, leur utilité. Par exemple, si vous possédez un talisman de beauté très puissant vous serez considérée comme l’une des femmes les plus belles de la création. Dès que vous l’enlevez d’un des plis de vos vêtements ou utilisé comme bijou, vous retrouvez votre physique naturel.

Les artifices sont nombreux à Bâton Noir, et l’autrice a su s’approprier et créer tout à la fois un univers intéressant. C’est pour cela que je trouve dommage qu’il ne soit pas davantage développé et expliqué. A cause de cela, on reste avant tout dans une suite d’actions qui s’enchainent sans jamais vraiment nous pousser à découvrir toute la mythologie pensée derrière. On reste sur une façade attirante, mais très friable car peu développée… dommage. Et encore plus dommage, l’intrigue est assez prévisible malgré une ambiance assez sombre.

En somme, ce roman d’Alex Bell est totalement dispensable… Il s’appuie sur de nombreux stéréotypes pour nous proposer un univers qui aurait pu être intéressant s’il avait été mieux développé. Quant à l’intrigue, elle est malheureusement assez commune malgré un écrin qui se veut original. Dès 14 ans pour celleux que ça intéresse malgré tout.

Chronique : Hadès & Perséphone – Tome 1 – A touch of darkness

Romance sulfureuse et mythes grecs en pleine époque contemporaine, c’est possible ? Oui !

Premier tome d’une trilogie qui se propose de nous faire (re)découvrir les mythes à la façon contemporaine, Hadès & Perséphone vient tout juste de paraître en mai chez Hugo Roman. A peine sorti, l’ouvrage se hisse immédiatement dans les meilleures ventes au national en France… De bons auspices pour la suite de la série qui sort de façon très rapprochée au rythme de un tome par mois. Le second est sorti le 1er juin et le troisième paraîtra tout début juillet.

Il s’agit du premier ouvrage de l’autrice américaine à paraître en France.

Une déesse cachée…

Perséphone fait tout pour vivre normalement et poursuivre ses études de journalisme. Mais c’est très difficile quand on a sa déesse de mère sur le dos en la personne de Déméter. Et que cette dernière oblige la jeune fille à lui rendre des comptes sur les moindres de ses déplacements. Oui, Perséphone est pourtant une déesse, mais Déméter a fait le choix de la cacher aux yeux du monde. Ainsi, personne ne connaît l’existence de la Déesse du printemps.

Mais les choses vont très vite basculer quand la jeune fille s’émancipe quelque peu… Elle se retrouve en boîte de nuit avec une amie, et est très vite repérée par le propriétaire des lieux… Hadès. Et dès ce moment, il ne va plus la lâcher : entre séduction et agacement, l’histoire entre la naïve Perséphone et le brûlant Hadès va débuter… Pour le meilleur et pour le pire, car les dieux aiment se jouer de leurs semblables, peu importe qui en pâti…

Une romance pure qui fonctionne fort bien

Je dois l’avouer je ne suis clairement pas le public cible dès que ça concerne de la romance. J’en ai lu très peu, mais c’est vrai qu’à chaque fois j’avais adoré. Mais je n’ai comme comparatifs que aa série Les étoiles de Noss Head de Sophie Jomain ainsi que sa série avec les anges (Les anges mordent aussi, etc). Pour le reste, je suis assez peu au fait de ce qui se fait. Mais ai-je passé un bon moment ? Oui !

Évidemment, on sait déjà qu’ils vont tomber dans les bras l’un de l’autre, mais ce n’est pas ça que l’on recherche dans ce type de roman. Ce qu’on veut, c’est vibrer avec les personnages, les voir se repousser et s’attirer continuellement. Oui, c’est de la torture aussi bien pour les lecteurs que pour lesdits personnages, mais c’est aussi ce qu’il y a de mieux ! Pour moi, la partie romance fonctionne donc, même si je n’ai pas été transportée totalement, j’ai aimé.

Ce que j’ai préféré dans ce premier tome, c’est la façon dont Scarlett St. Clair s’est approprié les mythes et légendes pour les transposer dans un monde semblable au nôtre. Dans son univers, les Dieux sont descendus sur Terre et on créée un cataclysme sans précédent chez les hommes. Toutes les vies en ont été bouleversées et continuent de l’être. Les plus grosses entreprises appartiennent à des dieux et des déesses, dont le succès est avant-tout dû au statut divin de son/sa propriétaire. Et comme dans les mythes que l’on connaît, les dieux se jalousent, se mettent en compétition continuellement et n’arrivent guère à s’entendre. Et comme dans les mythes, ce sont souvent les hommes qui paient de leurs vies leurs rancœurs et leurs haines…

Cette partie là donc, qui transpose les légendes pour les mettre dans notre monde est réussie tout particulièrement. Seule remarque pour moi, j’ai trouvé que le personnage d’Hadès ressemblait beaucoup trop à celui de la série Lucifer (issue elle-même d’un comics créé par Neil Gaiman). En effet, il possède une boîte de nuit, il est riche, il adore les paris, et semble avoir une attirance irraisonnée pour Perséphone. C’est un peu trop ressemblant sur ce plan, dommage… Mais pour le reste, rien à redire.

Alors, non, je ne suis clairement pas dans le lectorat type de la romance, mais j’ai passé un bon moment de lecture. La preuve ? J’enchaîne avec le second tome pour savoir ce que va devenir cette histoire entre le dieux des Enfers et la déesse du Printemps… C’est que ça m’a assez plu. Je suis curieuse de voir ce que donne la suite…

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