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Chronique roman japonais : Le restaurant des recettes oubliées – Premier service

Paru chez Nami en avril 2023 et chez J’ai Lu un an plus tard, Le restaurant des recettes oubliées est une petite série de romans japonais. Pour la version poche, les éditions J’ai Lu croient tellement en l’ouvrage qu’ils ont sorti un version normale et une édition collector reliée avec jaquette. Pour le moment, trois tomes sont parus en France, mais il y en a déjà d’autres au Japon…
Gros succès éditorial aussi bien au Japon qu’en France (ou ailleurs), cette série nippone vous fera voyager tant d’un point de vue culinaire que culturel.

Un restaurant sans devanture difficile à trouver…

Si vous atterrissez dans le restaurant tenu par la famille Kamogawa, c’est que vous n’êtes pas là par hasard. En effet, pour s’y rendre il faut déjà avoir vu le petit encart publicitaire qui paraît dans le journal local. Ensuite, il vous faudra être assez intrigué pour vous déplacer, puis ensuite trouver l’adresse exacte du lieu car personne ne semble le connaître. Que ce soit les habitants du quartier ou les taxis qui sillonnent la ville, personne ne connaît le restaurant.
Si vous surmontez tous ces obstacles, vos pas emmènerons peut-être jusqu’à la porte de ce petit restaurant qui ne paie pas de mine. Pas de devanture, pas d’enseigne, rien n’indique qu’un restaurant de qualité séjourne ici, et pourtant…

Y pénétrer, c’est découvrir un endroit refuge merveilleux où vous pourrez vous régaler de hauts mets comme de plats très populaires. Mais surtout, tout au fond, au bout d’un petit couloir du restaurant, il y a le bureau d’enquête. Si vous avez la nostalgie d’un plat et que vous souhaitez en retrouver la saveur et les souvenirs qui y sont associés, vous êtes à la bonne porte !

Mignon, mystérieux, délectable

Et voilà encore un roman japonais qui vous fera passer un bon moment ! On peux sans peine classer celui-ci dans les feel-good book nippons comme il y en a beaucoup actuellement : Un jeudi saveur chocolat (Nami), Tant que le café est encore chaud (Lgf/Albin Michel), Au prochain arrêt (Actes Sud), La bibliothèque des rêves secrets (Nami/J’ai Lu) ou encore Le gardien des souvenirs (Nami). Ces romans ont un point commun : un lieu qui sert de catalyseur à de nombreux personnages et va changer leur vie à plus ou moins grande échelle.
La pionnière dans ce genre entre le feel-good et la tranche de vie japonaise étant Ito Ogawa et son merveilleux Restaurant de l’amour retrouvé, véritable long-seller depuis sa parution.

Et clairement, ce sous-genre de la littérature nippone n’est pas pour déplaire, mais je vous déconseillerais d’en lire plusieurs de ce genre à la suite car un c’est un peu itératif. Mais c’est le genre de lecture absolument parfaite quand vous avez un peu le vague à l’âme et que vous recherchez de la douceur…

Ainsi, Le restaurant des recettes oubliées ne déroge pas à la règle de ce sous-genre en nous faisant découvrir plusieurs personnages aux vies bousculées et remplis de regrets. Le lieu et ceux qui l’ont créé vont concourir à guérir ladite personne de ses blessures, le tout avec le style nippon qui équilibre mélancolie et baume au cœur. L’idée est simple : le clients viennent pour se délecter à nouveau d’un plat qui a marqué un épisode de leur vie (parfois lointain), le restaurateur va quant à lui tout faire dans un délai de deux semaines pour retrouver les ingrédients et la façon exacte dont le plat a été préparé à l’époque. L’objectif ? Revivre ce moment, le chérir et en profiter encore une fois.

Cette lecture fut pour moi agréable, et j’ai surtout adoré le mélange cuisine/enquête. C’est surprenant et ça fonctionne à merveille. Ce ne fut pas un coup de coeur, mais j’ai adoré me plonger dans cet univers à la fois intriguant et très rassurant. Clairement, on est dans la catégorie des romans doudous faciles à lire quand on a une panne de lecture ou qu’on a envie de quelque chose d’un peu léger.

Ainsi, ce premier service du Restaurant des recettes oubliées était un bon moment de lecture. Vous avez envie de douceur dans ce monde de brute ? Vous aimer les chats ? Vous adorez manger, qui plus est quand il s’agit de plats japonais ? Laissez-vous transporter le temps de quelques heures dans ce restaurant rustique qui regorge de trésors…

Chronique : Pauvre chose

Un roman frais et original qui nous vient tout droit du Japon ! Au programme, une histoire d’amour au développement des plus hasardeux…

Quatrième roman de Wataya Risa à paraître en France, Pauvre chose vient tout juste de paraître en août 2017 au format poche chez Picquier.

Wataya Risa est une jeune auteure. Née en 1984, elle a déjà reçu certaines des plus prestigieuses récompenses nippones : le Prix Akutagawa – équivalant au Goncourt chez nous – pour Appel du pied,  (Picquier) qu’elle a écrit à l’âge de 17 ans ! Elle a également reçu Prix Kenzaburô Oe pour Pauvre chose.

L’amour au beau fixe… en apparence

Tout semble aller pour Julie, une jeune japonaise en couple depuis de nombreux mois. Mais, depuis quelque temps des nuages s’amoncellent à l’horizon. A cause de nombreux problèmes personnels, don copain héberge son ex petite copine, Akiyo ! Pour Julie, c’est très difficile à supporter. Ils ne peuvent jamais se voir seuls à seuls chez lui, et lui-même refuse de dormir chez Julie car il a peur qu’Akiyo s’ennuie ferme ou déprime…

En somme, leur vie de couple est au point mort, et le déménagement n’est également pas une option… Bref, c’est la déprime pour Julie qui ne comprend pas un tel dévouement de la part de con copain, même si Akiyo est dans une mauvaise passe.

Julie tiendra-t-elle face à autant d’obstacles à une vie de couple simple, sereine, et normale ? Akiyo est-elle vraiment la pauvre chose qu’on semble lui décrire ?

Divertissant et original dans son traitement

Comme toujours avec les romans japonais, j’arrive à être surprise. Ils ont une façon de conter les histoires, de les développer qui est totalement différente de la notre. Et c’est génial, car on est très souvent surpris par les conclusions de leurs romans ! Et Pauvre chose ne fait absolument pas exception.

En suivant Julie et ses nombreux cheminements, on découvre une jeune femme qui aime son travail de vendeuse textile, mais qui a besoin de changement. Tout comme son couple, il lui convient, mais il pourrait se porter beaucoup mieux.

Peu à peu, Julie veut marquer son territoire de « petite copine légitime » vis-à-vis d’Akiyo… mais cette femme négligée et un peu simple est-elle une concurrente ? Ou tout simplement une pauvre petite chose dont il faut prendre soin ? Julie n’arrive pas à le savoir, et ce n’est pas son petite copain qui pourra l’aider à éclaircir la question…

Mais le meilleur, dans ce court roman qui fait la part belle aux sentiments et aux réflexions qui y sont liées, c’est la conclusion. Julie va avoir une réaction absolument géniale et inattendue.

Je l’ai trouvée forte, elle s’est totalement révélée dans les dernières pages du livre. Impossible bien sûr de vous en dire plus, mais la psychologie de chacun des personnages est finement travaillée. Mais, heureusement Julie a su se tenir à ce qu’elle voulait vraiment au fond d’elle, et c’est le plus important…

…….

Si vous cherchez un petit roman court et efficace, Pauvre chose sera donc parfait. Il traite des relations amoureuses japonaises, parfois complexes. Notre point de vue occidental peut parfois être déconcerté, mais cela n’en est que plus intéressant !

Une chose est sûre, je lirais d’autres romans de Wataya Risa car j’ai trouvé sa plume douce, légère et efficace.