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Chronique : Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons

Moi jennifer strange derniere tueuse de dragonsDernier roman pour ados paru dans la collection Territoires paru en juin, Jennifer Strange est le petit dernier de l’auteur anglais et un peu fou Jasper Fforde.

L’écrivain, plus connu pour sa série pour adultes de cinq livres Thursday Next chez 10/18 avec l’affaire Jane Eyre ou encore Sauvez Hamlet !, s’essaye maintenant à la littérature pour un public plus jeune mais qui plaira tout autant aux plus grands.

Dans un monde où la magie se meurt…

Jennifer Strange, orpheline et directrice suppléante d’un des derniers établissements de magie l’Agence d’Arts Mystiques Kazam va voir son destin légèrement bouleversé. En moins d’une semaine, elle va connaître plusieurs demandes en mariages, aura des t-shirt et des mugs à son effigie, sera élue femme de l’année par Mollusque-Dimanche et bien d’autres choses encore…

L’univers dans lequel évolue notre héroïne ressemble beaucoup à celui que nous connaissons, à la différence près que la magie existe, même si celle-ci tend à disparaître.

Pour survivre, l’établissement que gère Jennifer est obligé d’effectuer des travaux de réparation par magie ou encore des livraisons de repas à domicile par tapis volant pour maintenir à flot l’Agence des Arts Mystiques, véritable refuge pour les derniers magiciens du pays.

C’est ainsi que dans ce monde des plus banals, l’existence et le sens de la vie de Jennifer vont changer grâce à une mystérieuse prophétie.

Délicieux, mordant, indispensable

Jennyfer Strange, dernière tueuse de dragons peu sembler très banal dans sa quatrième de couverture ou dans son illustration de couverture mais on est bien loin des classiques de la fantasy traditionnelle.

Jasper Fforde prend ici un malin plaisir à s’approprier les ficelles du genre tout en recréant un univers passionnant. A la fois critique de la société actuelle (pression et pouvoir des médias, guerre pour les richesses…) et parodie de la fantasy, Jennifer Strange est un petit bijou inattendu et rafraichissant.

Rempli de répliques cultes, telles que l’explication du nom de l’épée Exorbitus, ou la rencontre du sortilège centenaire de « l’élan transitoire », ou encore la découverte des Quarkon, créatures étranges et mystérieuses fort attachantes, il est difficile de ne pas être séduit par un humour aussi mordant et décalé.

Une chronique serait trop courte pour vous décrire la richesse de cet univers et son fonctionnement. Le mieux, c’est de le lire, de se faire son propre avis, car c’est un livre qui vaut le détour.

–          Comment as-tu été choisi pour Kazam ?
–          J’ai passé un examen avec cinq autres garçons, a répondu Grizz.
–          Et alors ?
–          Je l’ai raté.

Chronique : Waterloo Necropolis

Waterloo NecropolisL’Angleterre victorienne, sublime, cruelle.

Dans cette rentrée littéraire jeunesse, il y a de très bon crus, et Waterloo Necropolis en fait partie. Après la trilogie de la maison du magicien parue aux éditions Gallimard Jeunesse (le dernier tome paraîtra en septembre), puis la messagère de l’au-delà aux éditions les Grandes Personnes, Mary Hooper revient avec un nouveau roman historique à l’époque victorienne : Waterloo Necropolis, paru lui aussi aux éditions les Grandes Personnes.

Habituée à nous peindre des portraits de jeunes femmes combatives avec qui la vie n’a pas été tendre, et ce dans une époque peu propice à l’épanouissement de la gent féminine, Mary Hooper signe ici encore un portrait d’un magnifique réalisme.

Deux orphelines sans le sous

Londres, 1861. Grace et Lily sont sœurs, et surtout pauvres. En plus de cela, Grace vient d’accoucher d’un enfant mort-né, une épreuve supplémentaire dans la vie déjà bien cruelle des jeunes filles, dans la capitale londonienne, elles tentent de survivre en revendant sur le marché du cresson, mais c’est à peine si elles arrivent à se loger, et pas toujours à se nourrir.

Mais le hasard va se mêler de la vie dure et impitoyable des deux jeunes filles en leur faisant croiser la famille Unwin, spécialisée dans le commerce des morts (les pompes funèbres) pour le meilleur et pour le pire…

Un magnifique portrait d’époque pour un récit palpitant

L’intrigue concoctée par Mary Hooper commence de façon très abrupte pour ne plus nous lâcher jusqu’à la fin. Waterloo Necropolis fait partie des romans qui se lisent d’une traite et qui peuvent causer des nuits blanches, tellement elle rend avide d’en avoir la conclusion.

Entre roman d’intrigue et documentaire historique, on ne peut qu’être séduit par la plume de l’auteur : la description de la Londres de l’époque est si foisonnante de détails, d’anecdotes, que l’on s’y croirait.

On apprend ainsi que L’express funéraire Nécropolis a été créé à la base pour endiguer le flot de morts ayant eu lieu à Londres en 1840 à cause d’une épidémie de choléra, il ainsi fallut régler le problème de la place dans les cimetières en utilisant un terrain assez éloigné de la capitale. Mais ce n’est pas la seule chose qu’on y apprend, la dureté de la vie à cette époque y est elle aussi bien expliquée, ainsi que les différentes classes de la société et leur fonctionnement.

C’est ce réalisme, cette force dans les personnages qui nous happe dans ce roman. On ne peux qu’avoir la gorge nouée à suivre les déboires des deus sœurs, car l’une des grandes forces de Mary Hooper, c’est sa capacité à nous investir dans la vie de ses personnages : leur malheurs sont les nôtres, leur tristesse aussi.

Attention toutefois sur l’âge auquel lire ce livre, je ne le conseillerais pas avant les alentour de 14-15 ans, pour cause de scènes parfois un peu difficiles sur le plan moral.

En conclusion, Waterloo Necropolis est un excellent roman, tant sur le plan de l’histoire que de la découverte d’une époque souvent traitée dans les romans mais pas toujours très documentée. Un bel hommage à la littérature anglaise et à ses grandes figures, telles Dickens.

Note : L’illustration de couverture signée Pierre Mornet est des plus parfaites pour retranscrire l’ambiance du roman. C’était d’ailleurs lui qui avait également fait la couverture du précédent roman de Mary Hooper chez les Editions des Grandes Personnes : La messagère de l’au-delà.

Chronique Jeunesse : Coup de gigot et autres histoires à faire peur

Coup de gigotNouvelles à chutes et crimes masqués

Cette petite anthologie de courtes nouvelles publiée aux éditions Folio Junior a pour thème les apparences trompeuses, en particulier chez la gent féminine. Cet ouvrage est souvent prescrit dans les classes de collège.

Ce livre contient quatre nouvelles :

  •     Coup de gigot
  •     Tous les chemins mènent au ciel
  •     La logeuse
  •     William et Mary

Toutes ces nouvelles ont une particularité ; elles se concluent toutes par une chute, c’est-à-dire une conclusion en général inattendue et souvent surprenante pour le lecteur, en particulier pour les plus jeunes.

Coup de Gigot : cette première nouvelle est un prodige de cynisme, elle est tout simplement drôle est géniale.

Tout commence par une femme aimante qui attend impatiemment son mari… et tout fini en un crime sordide… la femme a tué son mari d’un coup de gigot, et va tout faire pour masquer son crime à la police… Plein d’humour noir, ce récit est un vrai régal !

Tous les chemins mènent au ciel : Encore une fois, c’est l’histoire d’une femme qui va faire quelque chose d’impensable, elle-même ne s’en croyait d’ailleurs pas capable avant de le faire… elle qui avait tout pour être heureuse, ou presque. Une nouvelle géniale et une chute qui l’est tout autant.

La logeuse : S’il y a bien une femme plus dangereuse que les précédentes, c’est bien celle-ci. Cette logeuse un peu particulière n’a eu que deux clients en trois ans, et le potentiel troisième client n’a pas l’air plus interloqué que ça de l’apprendre… une fin pleine de non-dits, à imaginer par le lecteur lui-même.

William et Mary : Sans doute la nouvelle la plus étrange du recueil, et la seule qui relève du genre fantastique. William et Mary nous conte l’histoire d’un mari qui veut dépasser les limites matérielles du corps humain pour devenir immortel… et qui va plus ou moins y parvenir…

En somme, ce recueil de nouvelles à faire froid dans le dos est un vrai régal, à lire sans modération que l’on soit jeune ou adulte, peu importe. Roald Dahl est et restera un grand auteur pour tous les genres et les âges.

9/10

Chronique : Coup de Chance

coup de chanceVoici un recueil de nouvelles d’un des meilleurs auteurs jeunesse ET même adultes, j’ai nommé : Roald Dahl ! Dans coup de chance, vous trouverez 4 nouvelles : 2 totalement imaginaires, et 2 autres qui sont autobiographiques, dont l’une d’elle qui explique comment Roald Dahl est devenu écrivain et il est vrai que c’est un coup de chance, autant pour lui que pour nous les lecteurs. Je vous découpe le livre  par nouvelle :

Le Cygne (nouvelle fantastique) : Une histoire assez cruelle concernant deux adolescents qui en torturent un troisième… la nouvelle est très bien, mais le moment est assez érpouvant pour le lecteur, Roald Dahl sachant vraiment donner un sentiment d’attachement à des personnages et même des animaux. En résumé une belle mais dure nouvelle qu’il ne faudrait pas faire lire avant l’âge d’environ 13 ans. 7/10

La Merveilleuse histoire de Henry Sugar : Très longue et merveilleuse nouvelle qui mélange deux histoires : celle d’un homme riche, gras, oisif et avare et celle d’un pauvre indien qui a un don extraordinaire (que je ne vous direz pas !) et qui passe de ville en ville pour vivre de son art. Cette nouvelle est vraiment géniale, elle montre que n’importe qui peux avoir un don, et que l’on peux parfois changer radicalement pour le meilleur. Magnifique. 9/10

Coup de Chance (vécu de Roald Dahl) : Ou comment l’auteur a failli ne pas devenir écrivain, quand on voit le nombre de fois où il aurait pu ne pas le devenir, on comprend tout de suite le titre de la nouvelle. Parsemée d’écrits et d’idées de Roald Dahl qu’il notait toutes dans un carnet pour les retravailler après. Je ne la noterais pas, un récit de vie n’est pas quelque chose que l’on peut évaluer ou critiquer.

C’est du Gâteau (vécu de Roald Dahl) : Cette nouvelle est la vie de l’auteur de son enfance à ses débuts d’écrivain, on en sait un peu plus sur lui, qui fut si génial et si prolifique. On apprend ainsi qu’il a fait la guerre, et qu’il aurait très bien pu ne pas en revenir. Pour les mêmes raisons que précédemment, je ne noterais pas cet écrit.

8/10

Chronique Jeunesse : Les Contes de Beedle le Barde

Les contes de Beedle le BardeDernier livre en date de J.K. Rowling après la saga des Harry Potter, voici les Contes de Beedle le Barde, ou les contes pour jeunes sorciers. Vous trouverez ainsi cinq contes pour sorciers construits de la même façon que celle des moldus : problème, résolution, morale. Mais il faut avouer que les Contes de Beedle sont plus durs que ceux des moldus (personnes n’ayant pas de pouvoirs magiques). Vous trouverez ci-dessous une description de chacun des contes ainsi qu’une note :  

Le sorcier et la Marmite Sauteuse : Ce premier conte est l’histoire d’un jeune sorcier qui doit succéder à son père (un guérisseur qui aidait aussi bien les moldus que les sorciers). Mais ce dernier ne veux pas lui succéder en aidant les autres comme son défunt père. C’est ainsi que la marmite, qui a aidé toute sa vie son père décide de le punir en le suivant partout et en faisant un vacarme de tout les diables. Il y a bien entendu une morale, mais je vous laisse la découvrir par vous-même. Sachez en tout cas, que cette nouvelle n’est pas la meilleure du recueil selon moi.

La Fontaine de bonne fortune : Ça c’est ce que j’appelle un conte, un vrai ! C’est ici l’histoire d’une source qui apporte le bonheur et la chance pour la vie entière à celui qui s’y baigne. Ainsi, tous les ans une foule de gens se retrouvent devant la forêt qui cache cette fontaine, mais une seule personne est choisie chaque année par cette forêt magique… Je trouve ce conte très bien fait ; avec une réelle magie, des symboliques (la trinités, la sémiologie au niveau des correspondances entre les personnages et la fontaine…) tout les éléments sont réunis pour un bon conte ! 

Le sorcier au cœur Velu : Cette nouvelle ressemble de façon déconcertante à une certaine pièce de Shakespeare, la rendant peu originale. Elle est juste remaniée à « la façon sorciers ». De plus, elle est assez dure à lire pour des enfants selon moi… 

Babbitty Lapina et la Souche qui Gloussait : Selon Dumbledore, ce conte est le plus « réaliste » qui ait été écrit par Beedle. En effet, la magie peut faire bien des choses, mais certaines barrières sont infranchissables. Se conte est sympathique, mais n’est pas non plus celui que j’ai le plus apprécié, peut-être à cause du manque de symbolique dont recèlent les « vrais » contes…

Le conte des Trois frères : Voici mon conte de Beedle préféré, et ça n’est pas uniquement parce qu’il est mentionné dans le 7ème tome d’Harry Potter (Harry Potter et les reliques de la mort), mais aussi parce qu’il est chargé de mystères, de symboles, ce qui en fait un conte à part entière à lire pour tous. Pour conclure, c’est une très bonne histoire avec une superbe morale le tout dans un univers brumeux et captivant ! 

Voila pour les Contes de Beedle le Barde, ils ne sont pas tous égaux en qualité, mais heureusement la valeur globale de ce livre se voit améliorée par la finesse des dessins de J.K. Rowling ainsi que par les commentaires malicieux d’Albus Dumbledore après chaque conte. Je conseille absolument d’avoir lu les Harry Potter avant de pouvoir apprécier totalement cet ouvrage, mais faire l’inverse doit être intéressant aussi.

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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Charlie et la chocolaterie

Charlie et la chocolaterieUn excellent livre qui nous montre que ce qui est remarquable n’est pas forcément (du moins ceux qui essayent de se faire remarquer ne sont pas toujours les personnes qui sont le plus exceptionnelles). C’est ce qu’essaie de nous montrer Roald Dahl dans l’histoire de Charlie et d’autres enfants de son âge : Violette, Mike, Augustus et Veruca avec chacun son petit travers, enfin, « petit » est ici un euphémisme.

J’aime beaucoup la visite de la chocolaterie Wonka qui nous montre les bonbons que l’on aimerais bien avoir dans une réalité proche (annonce aux producteurs de bonbons).

Comme par exemple des chew-gum qui constituent un repas complet, ou des chew-gum qui ne perdent jamais leur goût, et le meilleur selon moi, le stylo plume qui ce suce, une idée très astucieuse de Willy Wonka qui permet ainsi aux elèves de manger un bonbon pendant leur cours… Chaque section de l’usine est en fait un test, mais aucun des enfants ne le sait et ne s’en rend compte, ce sera au dépend de certains.

Une leçon de Dahl qui veux peux être nous donner une leçon d’éducation parentale ? Si c’est cela, les éditeurs se sont trompés de cible, ils auraient dû l’adresser aux parents !

Charlie et la chocolaterie filmNote sur l’adaptation de Tim Burton :

Ce livre, vous devez sûrement le savoir, a été adapté au cinéma il y a peu. L’acteur qui joue Willy Wonka est Johny Depp et il incarne très bien le style du personnage, une sorte de savant fou avec toujours de nouvelles idées, le genre de personnes qui n’aura pas assez d’une vie pour mettre en pratique sa créativité.

La musique est signée Danny Elfman, ce qui veux dire que la réalisation est de… Tim Burton, bien entendu. Le plus de ce film est qu’il est assez fidèle au livre, (même si au début le décor m’a donné un avis mitigé) et que Tim Burton a ajouté au personnage de Willy Wonka une histoire, très belle qui de plus se tient sans problème et aurait venir de Dahl. Génial !

Chronique Jeunesse : Matilda

MatildaLe personnage de Matilda est vraiment très attachant, d’autant plus que sa famille la déteste alors qu’elle est extraordinaire, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle n’a pas leur amour.

C’est ainsi que l’on découvre une famille très atypique, comme je n’en ai jamais vue et comme j’espère ne jamais en voir… ils ont un tel manque de savoir vivre. Les parents et le frère de Matilda passent le plus clair de leur temps à regarder la télévision quand ils ne font pas d’autres oisivetés. Et attention si la jeune fille a le malheur d’aller à la bibliothèque ! Il ne manquerait plus qu’elle se cultive alors qu’il y a la télé à disposition à la maison…

En fait, ce livre nous raconte deux histoires : celle de Matilda petite surdouée, mais aussi celle de sa maîtresse qui a eu elle aussi une enfance difficile et qui n’a pas eu beaucoup de chance dans sa vie pour le moment. C’est très beau, car on voit leur complicité naître entre elles, mais aussi, elles ont une peur commune : La directrice de l’école. Car celle-ci est une personne très mesquine qui aime voir la peur quand elle passe.

Un super livre de Roald Dahl, qui vous fera pensez que tout est normal au début et qu’il n’y a pas d’imaginaire, mais détrompez-vous ! Matilda a plus de qualités que vous ne le croyez, car même si elle est surdouée et à appris de lire avant de marcher, elle exceptionnelle par d’autres côtés, je vous laisse découvrir…

Chronique Jeunesse : La potion magique de Georges Bouillon

La potion magique de Georges BouillonEt oui, encore un livre de Roald Dahl, et vous n’en aurez pas fini avec lui, car heureusement pour nous il a écrit beaucoup de très bons livres pour les enfants ! Matilda, Charlie et la chocolaterie, Les deux gredins ou encore James et la grosse pêche… tout ça c’est lui.

Comme dans ses autres ouvrages, l’auteur nous emmène dans un monde à cheval entre le comique le fantastique et un autre genre bien à lui…

Toujours illustré par Quentin Blake, qui réussi fort bien à nous retranscrire l’univers fou et attirant des histoires. A lire absolument, c’est vraiment un régal littéraire, mais aussi culinaire, vous verrez pourquoi…

A lire dès l’âge de 8 ans environ.

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