Archives du mot-clé littérature

Chronique : Mr. Peanut

Mr PeanutUn roman déroutant sur la relation complexe et subtile qu’est le mariage…

Adam Ross est un auteur américain et Mr Peanut est son premier roman ; il a été traduit dans plus de treize pays. Son second roman, Ladies and Gentlemen est sorti il y a quelques mois.

David Pépin, homme marié et heureux… ou presque.

Mr David Pépin vit avec sa femme depuis de longues années. Leur mariage se passe relativement bien, malgré le fait qu’Alice – sa femme – ait un caractère assez capricieux. Il l’aime énormément, infiniment, mais… depuis quelque temps il rêve qu’Alice meurt. Et se cauchemar lancinant qui vole la tranquillité de Mr Pépin va empirer quand Alice va vraiment mourir…

C’est ainsi que deux enquêteurs sont mis sur l’affaire. Mr Pépin est-il vraiment le mari inconsolable qu’il parait être ou est-il le meurtrier de sa femme chérie ?

Le mariage sous ses pires coutures

Mr Peanut est en fait un très sombre tableau de la relation conjugale. Le mariage sous ses pires aspects y est présenté. L’envie de tromper, de hurler, de cacher… le côté lugubre de l’homme (est de la femme) est ici à son apogée.

L’incompréhension des hommes face au langage muet et subtil des femmes. Le temps qui passe sur un couple les constants jeux de pouvoirs… Adam Ross nous dissèque méthodiquement le comportement et les motivations de chacun.

Avouons que l’annonce d’une telle intrigue a de quoi allécher, d’autant que la psychologie de Mr Peanut et de sa femme Alice sont creusées jusqu’à l’extrême, mettant à nu pour nous lecteur, les recoins les plus obscurs de la psychologie de couple.

L’idée de départ de ce roman est excellente ; mais son exploitation n’est malheureusement pas à la hauteur.

Dans ce premier roman, ce sont trois couples très différents qui sont ici racontés, et cela dans une construction parfois déstabilisante et hasardeuse. Entre polar et roman psychologique le mélange des deux donne un récit assez flou au final. On pressent où veut nous emmener Adam Ross sans jamais voir notre destination finale, c’est bien dommage. Car on s’attache beaucoup au couple Pépin tout au long de ce très long roman (plus de 500 pages) on traverse avec eux leur désarroi, leurs joies et leurs terribles peines (bien plus nombreuses). Mais la transition entre les différentes « scènes » fait perdre le fil conducteur de l’intrigue.

Enfin, autre point noir, certains personnages sont très peu crédibles : et dans leur psychologie et dans leur histoire passée. Et leurs réactions dans l’histoire présente sont encore plus étranges…

C’est donc un roman en demi-teinte qui nous est ici livré. A la fois très bien ficelé pour son côté intriguant, haletant mais terriblement décevant dans sa mise en forme. Donner un avis clairement positif ou négatif n’es pas possible sur Mr Peanut, car on ne peut s’empêcher d’avoir de l’émotion en lisant les pages de ce premier roman. Émotions qui sont malheureusement emberlificotées dans une intrigue triple parfois peu claire. Un roman qui aurait pu être une franche réussite, dommage.

AUTEUR :
GENRE : Littérature
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Les tours de Samarante

Les tours de SamaranteUne perle de la SF française

Premier roman de l’auteur français Norbert Merjagnan, Les tours de Samarante est sorti en poche chez Folio SF en avril dernier, en même temps que sa suite, Treis altitude zéro, parue en grand format aux éditions Denöel, collection Lunes d’encre.

Ce roman a eu l’honneur de recevoir le Nouveau Grand Prix de la science-fiction française en 2008.

Samarante, ville de l’homme dans toute sa splendeur

Ville qui se suffit à elle-même, puissante, splendide, Samarante abrite les hommes mais aussi les machines qui assurent son bon fonctionnement. Les caméras qui veillent sur la totalité de la ville sont parfois des hommes dont l’esprit a été inséré dans une machine comme peine, remplaçant la prison. Mais c’est aussi une ville emplie de secrets, dont les familles les plus puissantes ont le contrôle : certaines détruites, réduites à néants, d’autres manipulatrices qui regardent ceux qui fourmillent en bas…

Trois êtres constituent la clé de voûte de ce roman : Oshagan, le guerrier nomade qui vient du désert et qui détient des armes surpuissantes dont la technologie a été perdue depuis longtemps ; Triple A, un jeune garçon des rues fasciné par les Tours d’une façon que l’on peu qualifier de maladive ; enfin, il y a la mystérieuse Cinabre, une « préfigurée » recherchée par la police de la ville pour des raisons inconnues.

Un premier roman incroyablement bien maîtrisé

Quand on sait que Les tours de Samarante est le premier roman de Norbert Merjagnan on ne peut qu’être surpris de sa maîtrise des archétypes qui font le genre de la science-fiction, mais aussi par sa capacité à les dépasser et à créer ses propres règles.

Le monde de Samarante est dense, fascinant, il nous fait passer du désert aride et cruel des nomades aux intelligences artificielles qui régissent la ville, créant quelques scènes typiquement cyberpunk, au monde des hommes « de la ville » et à leurs tracas quotidiens pour se faire une place dans la société.

L’histoire et son intrigue ne sont pas les seuls points forts. L’écriture de ce roman est tout simplement magnifique : le style, le rythme, les mots, tout y est pour faire un grand roman. La seule chose que l’on pourrait reprocher à cet univers si fascinant et grandiose, c’est sa densité. Beaucoup d’informations à assimiler, mais aussi des concepts nouveaux.

Les tours de Samarante est donc un très bon roman de science-fiction à ne pas rater qui se classe d’ores et déjà dans les classiques et incontournables. L’univers de Merjagnan est tout simplement inoubliable, original, et d’une fabuleuse poésie dans son écriture. A lire et à relire.

EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Inconnu à cette adresse

inconnu a cette adresseUn roman épistolaire court et percutant aux prémices de la seconde Guerre Mondiale.

Inconnu à cette adresse est un roman connu de nombre de personnes et ce en majorité grâce au fait qu’il soit prescrit depuis des années dans les écoles française pour traiter le sujet des deux Guerres Mondiales. Ce texte a été écrit aux États-Unis par Kathrine Kressman Taylor en 1938 et publié en 1939 sous le titre Adress unknow, dès sa sortie, le livre connaît un immense succès (vendu à plus de 50 000 exemplaires aux États-Unis). En France, le texte n’a été découvert qu’en 1999 par les éditions Autrement et a rencontré l’immense succès qu’on lui connaît maintenant.

L’histoire est celle de deux vieux amis, Max et Martin ; le premier est juif et vit à San Francisco, aux États-Unis, le second est Allemand et réside à Munich en Allemagne. Nous sommes en 1932 quand notre histoire épistolaire commence. Max et Martin sont associés et gèrent ensemble une galerie d’art prospère à San Francisco.

Au fur et à mesure que les deux amis correspondent, un malaise nait entre eux. Max s’inquiète de la nouvelle politique Allemande avec Hitler à la tête du gouvernement. Martin dément les craintes de ce dernier en s’éloignant peu à peu de lui et en commettant plus tard l’irréparable.

Je n’ai jamais eu l’occasion de lire ce livre à l’école, et il était tant d’y remédier. La force du texte, des courts échanges entre les deux personnages est poignant. La montée en puissance de l’oppression se fait sentir de façon prenante, presque viscérale, jusqu’à l’apogée de la dernière page.

Je ne noterais pas ce texte, qui est tout simplement incontournable. Cependant, vous avez la possibilité de donner votre avis sur ce livre en votant ou en commentant cet article.

Chronique : The Agency – Tome 1 – Le pendentif de jade

the agency 01Un très bon début de série policière aux élans féministes plaisants

Bienvenue à Londres, à l’époque des gentlemens et des jeunes filles de bonne société. Dans cet univers convenable et plein de paillettes se cache un univers beaucoup plus dur : celui de Mary, une jeune orpheline, condamnée à être pendue pour tentative de cambriolage. Mais elle va être sauvée in extremis par une société un peu particulière…The Agency, qui ne recrute que des femmes, afin d’en faire des espionnes au service de la couronne, si bien entendu, elles y consentent.

Un roman jeunesse où les femmes sont à l’honneur

A cette époque machiste, le statut d’une femme ne vaut pas grand-chose, elle doit surtout se contenter d’être jolie et de plaire à ses messieurs. Saviez-vous par exemple qu’à cette période, si une femme écrivais un livre, les droits ainsi que l’argent gagnés ne lui revenaient pas, mais étaient remis à son mari, qui en disposais selon son bon vouloir.

Une enquête en huis-clos

L’Agency est une société secrète qui lutte aussi contre la position de la femme dans la société, à sa manière. Le fait d’introduire des femmes espionnes est tellement improbable pour la majorité des gens, qu’elles peuvent exercer leurs activités avec un minimum de sécurité.

C’est ainsi que Mary, élevée selon des préceptes de courage et d’honnêteté va finalement accepter de rejoindre l’Agency pour sa première mission. Elle va devoir s’infiltrer dans une famille bourgeoise afin de découvrir quelle est la source de leurs revenus aussi élevés et de plus en plus « suspects ».

Mais au fil des pages, une autre enquête vient se superposer à celle déjà en cours… celle des origines de Mary qui fera des rencontres plus qu’inattendues…

Premier tome d’une série d’enquêtes, à l’image d’Enola Holmes chez le même éditeur, Le pendentif de jade annonce une bonne série à mettre entre toutes les mains (surtout féminines, il faut l’avouer) dès 12-13 ans. Car en plus d’en apprendre plus sur la société de l’époque, l’enquête est bien menée, et réserve quelques bonnes petites surprises. En somme, un moment fort sympathique à passer en compagnie de notre nouvelle héroïne : Mary, ou Miss Quinn.

 

Chronique : La Route (Prix Pulitzer de la Fiction 2007)

la routeUn roman touchant où l’humanité se délite dans un monde en ruines…

Vous aimez les mondes apocalyptiques ? Les cendres et la poussière agglutinée sur des maisons en ruines et autres choses désolées ? La route est un roman fait pour vous.

Nous sommes aux États-Unis, après un cataclysme inconnu (bombe atomique ? météorite ? mystère, les débats sont ouverts…) tout ce que l’on sait, c’est que l’on suit un père et son fils, poussant un caddy, ils sont apparemment les seuls survivant de ce monde mort et désolé… leur objectif : atteindre la mer, et surtout survivre.

Trouver de la nourriture est très difficile, il fait froid, et il faut se cacher de ses créatures étranges qui rôdent la nuit… l’atmosphère est très tendue, les rencontres terrifiantes, au point d’en oublier parfois de respirer. De plus, Cormac McCarthy a trouvé un merveilleux moyen de faire passer toute la lourdeur de la situation grâce a des dialogues indirects, réduits au strict minimum mais qui sont plus qu’éloquents.

Beaucoup de mystères donc dans ce roman, qui pourrait ouvrir lieu à de nombreuses discussions et questions très intéressantes, enquêtez entre les lignes est passionnant. Que s’est-il réellement passé sur Terre, ou du moins aux États-Unis ? Est-ce global ? Et si cette tragédie n’avait lieu que sur le continent Américain ? Où sont passés tout les autres êtres humains, et si il en reste, comment font-ils pour survivre ? (quelques débuts de réponses sont apportés dans le roman…).

C’est donc à un bon petit livre que nous avons affaire, je vous le conseille donc, il ne plaira certainement pas à tout le monde de par sa dureté et son étrangeté, mais vaut le coup d’être lu. Même si la fin est un peu bâclée pour moi…

 

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : Trois pépins du fruit des morts

ppinsfruitdesmorts.jpgC’est le premier roman de Mélanie Fazi que je lis après m’être plongée dans ses nouvelles avec Serpentine. Et je doit avouer avoir préféré les nouvelles.

Le roman nous parle du mal-être de l’adolescence tout en mélangeant le monde de la mythologie grecque avec ses dieux. La jeune fille mal dans sa peau est bien entendue recluse, mise à l’écart part ses camarades de classe. Son univers est tout entier consacré à sa passion pour la mythologie grecque, elle rêve de faire partie de ce monde où dieux et humains s’entrecroisent, se mélangent, passent de la mortalité à l’immortalité…

La légende traitée et approfondie dans ce roman est celle de Perséphone, la mortelle enlevée par Hadès, le dieu des enfers. Pour plus de détails sur cette l’histoire : Légende de Perséphone.

Un jour, la déesse viens rendre visite à Anabelle à la sortie de l’école, une rencontre improbable se fait : une déesse ayant besoin d’une mortelle pour vivre et une mortelle ayant besoin d’une déesse pour oublier sa vie…le roman est beau et certains passages sont vraiment beaux et poétiques et d’autres horribles tout en étant beaux (comme l’histoire de l’enlèvement de Perséphone raconté par celle-ci). En résumé, l’écriture est vraiment sublime, mais l’histoire m’a moins plu même si elle est originale.

AUTEUR :
GENRE : Fantastique
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : Histoires de Dinosaures

Histoires de dinosauresVoici un recueil de nouvelles sur les dinosaures, par Ray Bradbury (le célèbre auteur de Fahrenheit 451), et il est vraiment pas mal, je vous le conseille ardemment. Voici une notation de chacune des nouvelles que vous trouverez, ainsi qu’un courte description. Il y a aussi quelques poèmes, mais je ne suis pas fine lectrice de poème, et je vous laisse le soin de juger (si l’on peux).

Et à part dinosaure, qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? : C’est l’histoire d’un petit garçon tellement passionné par les dinosaures qu’il veux en faire son métier. Sa passion le dévore tellement qu’il ne vit que pour elle, au détriment de sa famille, ses amis… et sa vie, mise en danger. Je n’ai pas trop aimé l’histoire, qui au début semblait intéressante, mais qui en fait m’a quelque peu déçue.

Un bruit de Tonerre : Nous sommes en 2055, et les voyages dans le temps pour faire un safari sont devenus chose courante. Mais attention, quand on va dans le crétacé, il faut tout de même être un minimum préparé, une plate forme flottante a été mise en place pour ne pas changer la moindre chose vivante dans cette époque, car la moindre chose pourrait changer le monde entier… J’ai adoré cette nouvelle, elle est tellement géniale, elle m’a littéralement happée par son côté futuriste, et son côté « théorie du chaos » : un papillon qui bat des ailes à Tokyo peux apporter la tempête à l’autre bout du monde…

La corne de brume : Un phare lance des appels pour signaler sa position aux bateaux et ainsi les attirer, mais la sirène amène autre chose que les bateaux sur la côte… une sorte de monstre du Loch Ness qui est en fait un dinosaure fou de tristesse d’avoir perdu les siens i y a des millénaires, le seul de son espèce.

Tyrannosaurus Rex : En hommage au « monde perdu », film mettant en scène pour la première fois des dinosaures animés en 1925 avec un effet saisissant. Qui a changé la vie de Ray Bradbury à jamais, et a allumé la flamme d’une passion dévorante pour ces créatures disparues. Cette nouvelle m’a plu. Mélangeant passion des dinosaures, cinématographie, et aussi la dureté du monde Hollywood ; le tout avec beaucoup d’humour.

AUTEUR :

Chronique : Les enfants de la Terre – Tome 1 – Le Clan de l’Ours des Cavernes

Les enfants de la terre 1 Clan ours cavernesVoici le premier tome de la saga des Enfants de la Terre de Jean M. Auel, et croyez moi quand je vous dit qu’il est SUBLIME.

L’histoire est tout de suite captivante, on se laisse prendre à suivre la petite Ayla venant d’échapper de près à la mort par un tremblement de terre qui a décimé toute sa famille, ainsi que son clan.

Certains passages sont vraiment magnifiques par leur force, et par les sentiments qu’ils peuvent vous faire ressentir (surtout à la fin, où je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer), il y a de tout dans ce livre. La beauté du moment, l’horreur et la torture, le doute… tous les éléments sont là, et sublimés par J.M. Auel… merveilleux.

De plus, on y apprend les vertus médicinales de beaucoup de plantes, c’est toujours intéressant en terme de culture… Auel a dû se documenter pendant un certain temps pour réunir autant d’informations…

Car sachez-le, même si c’est un roman, elle a essayé de se baser sur des faits scientifiques réels et sérieux, même les spécialistes du milieu tels que les anthropologues et les paléontologues s’accodrent à dire qu’elle est crédible et qu’il n’y a pas d’élément saugrenus dans ce qu’elle a écrit. Tout cela aurait très bien pu se passer…

Bonne lecture à vous, ressortez grandi de cette lecture, et que l’esprit du Grand Ursus, l’Ours des Caverne vous accompagne.

Chronique : Fahrenheit 451

fahrenheit451.jpg

Ce livre, bien entendu n’est plus à présenter. Je viens de le terminer, et je me rend compte que j’aurais dû le lire avant, il est génialement fait. Le concept du roman est surtout ce qui en fait une œuvre culte : la culture n’a plus sa place dans notre futur, car elle crée des inégalité entre les personnes, les rendant jalouses entre elles, et montrant les noirceurs de l’âme humaine. La façon dont Ray Bradbury nous décrit cette ère de non-culture est effrayante, la télévision est la maîtresse de ce futur, mais elle n’est pas sur un unique pan de mur comme dans notre époque : ici elle recouvre les quatre murs, elle est les quatre murs… on assiste ici à une régression de l’humanité qui s’interdit la culture, ceux qui veulent résister risquent tout.

Le personnage principal est pour le moins intéressant, tiraillé par son devoir et son désir d’ouvrir un livre… Un autre personnage intéressant, mais surtout terrifiant par sa sournoiserie est le chien robot des pompiers, vous verrez pourquoi.

AUTEUR :
EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE : ,