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Chronique : L’homme qui mit fin à l’Histoire

L'homme qui mit fin à l'histoireUne novella mélangeant science-fiction et Histoire en se penchant sur une période fort sombre et méconnue de l’humanité…

Ken Liu est auteur sino-américain, et outre le fait qu’il écrive beaucoup, il a traduit de nombreux textes, et il est également juriste et informaticien. Oui, rien que ça. Il a également été récompensé par les prestigieux Prix Hugo et Nebula.

En France, nous ne connaissons pour le moment que deux de ses œuvres : La Ménagerie de papier et L’homme qui mit fin à l’histoire, tous deux au Bélial’. Avec L’homme qui mit fin à l’histoire, Ken Liu signe un texte court mais magistral qui remet en perspective un épisode atroce de l’histoire chinoise et nippone.

Une nouvelle méthode révolutionnaire pour retranscrire l’Histoire

Deux scientifiques viennent de finaliser une technologie qui va bouleverser la face du monde, et de l’Histoire. En effet, il on créé un procédé qui permet de revisiter une période de l’Histoire, n’importe où et n’importe quand. Seul impératif, une seule personne peut en être le spectateur et ne peut en aucun cas interférer, et plus personne ne peux la revisiter ensuite. Mais cela laisse tout de même un immense potentiel d’investigation. Plus de secrets d’États, de mensonges ou de manipulation des manuels d’Histoire.

C’est ainsi que pour prouver que la machine fonctionne, les deux scientifiques décident de se pencher sur la période 1936-1945, dans la province chinoise du Manchoukouo où le Japon a fait vivre les pires horreurs aux chinois, sur leur propre territoire.

Un pan terrible et méconnu de l’Histoire mis à la portée de tous

On connaît une certaines des atrocités que porte en son sein l’histoire de l’humanité : génocides, guerres fratricides, secrets atroces bien cachés par certaines autorités… Et connaissez-vous plus particulièrement l’Unité 731 ? Si non, Ken Liu vous fera découvrir tout une partie de l’histoire de l’Asie que nous occidentaux ne connaissons que très peu.

Pour résumer, créée en 1932, l’Unité 731 était une unité militaire japonaise de recherches, elle se concentrait sur tout ce qui avait trait à la bactériologie. Elle prit ses quartiers en Chine, dans le Manchoukouo et… enlevait en masse des hommes, des femmes (parfois enceintes), des enfants. Ils testaient divers virus sur eux, les obligeaient à se transmettre des virus en les forçant à des rapports. Ils les forçaient à sortir par des températures négatives, les arrosaient et attendaient que leurs membres gèlent pour ensuite les briser… Ils pratiquaient des vivisections…  Et cela, ce n’est qu’une partie des atrocités perpétrées par l’Unité 731.

Plus incroyable encore, ce n’est qu’en 2002 que je Japon reconnait enfin officiellement les actes perpétrés par son unité. Le pays a été couvert durant des décennies par les États-Unis, qui on profité des avancées scientifiques faites grâce à ces abominations…

Grâce à cette novella de sf, Ken Liu nous ouvre les yeux sur des actes pas si lointains de l’humanité. Il nous offre un  court texte mémorable et magnifique sur le concept du voyage dans le temps et de la façon dont la réalité peut-être biaisée en fonction de qui la regarde.

……

C’est beau, fort, immonde et terrible à la fois. C’est le genre d’ouvrage dont on se rappelle pour toujours une fois lu. C’est une lecture nécessaire et instructive qui nous offre une autre vision de ce que l’on appelle la science-fiction. A ne pas rater, je vous promets une lecture mémorable que vous aimiez le genre sf ou non.

Chronique : [Kokoro]

kokoroUn livre différent à lire, à appréhender et à apprécier qui nous conte l’histoire d’une famille à travers des mots simples du quotidien… au Japon.

Delphine Roux est une auteur française dont l’univers est fortement lié au pays du Soleil Levant, comme le montrent ses ouvrages : Les petits sentiers d’Obaasan ou encore Bonne nuit, Tsuki san !. [Kokoro] est son tout premier roman.

[kemuri, fumée]

Voici l’histoire courte mais touchante d’un frère et d’une sœur : Koichi et Seki. Traumatisés par la disparition de leurs parents lors d’un incendie, chacun a depuis fait sa vie avec plus ou moins de réussite. Mais cela n’efface en rien la blessure qu’ils portent au fond d’eux… Cela peut-il changer ? Et si oui, comment s’émanciper de cette douleur continuelle qui donne l’impression de subir sa vie plutôt que de la vivre ?

[monogatari, histoire]

Triste, belle et étrange, [Kokoro] est une histoire qui prend son sens après l’avoir entièrement terminé, et en y repensant par la suite. Chaque chapitre (qui fait moins d’une page à chaque fois) est présenté par un mot japonais, accompagné de sa traduction. Ces mots sont ancrés dans le quotidien, nous montrent les choses simples de la vie et leur possible complexité pour les protagistes terrassés par la douleur.

Koichi n’a jamais vraiment fait son deuil, tandis que Seki, elle, semble vivre vite sa vie pour oublier son passé…

L’extrême brièveté des chapitres aide à s’imprégner de chaque mot présenté. Comme si on se devait de penser à son importance quotidienne. Qu’il s’agisse du vent (kaze), d’une fenêtre (mado), de maquillage (kesyou), tout est pensé, réfléchi.

Au début de la lecture, on pense découvrir un ensemble décousu de définitions, mais peu à peu, le tout se relie pour former une mélancolique et belle histoire.

…..

A conseiller à ceux qui aiment déjà le Japon, ses effluves, et son esprit. Ce court roman étant loin d’être conventionnel, certains resterons sur leur faim, mais ceux qui sont habitué à cet « esprit japonais » sauront que la fin d’une histoire au Japon n’en est pas vraiment une…

Quoi qu’il en soit, si vous êtes à la recherche d’un beau et doux récit, [Kokoro] pourrait bien faire flancher votre cœur à sa lecture. Petit conseil : ne le lisez pas d’une traite. Savourez plutôt quelques pages par jour, pas plus, sous peine de ne pas saisir toute sa poésie, et sa douce magnificence…

Seule petite remarque, je trouve l’ouvrage un peu cher pour ses 115 pages : il est à 12,50€.

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditoriale : La rentrée littéraire 2016 des éditions Picquier

En dehors des gros tirages et des livres très attendus de cette rentrée, il y a quelques romans qui méritent que l’on s’y attarde, que l’on se penche dessus avec un intérêt tout particulier. Ils seront beaucoup moins médiatisés, mais tout aussi tentants que d’autres.

Alors, pour découvrir une autre rentée littéraire, les éditions Philippe Picquier me semblent absolument parfaites. Et pour cette rentrée 2016, ils ont deux belles nouveautés très tentantes…

Jardin arc-en-ciel (2)Le jardin arc-en-ciel de Ito Ogawa  – Parution le 2 septembre 2016

Cet ouvrage annonce le grand retour d’Ito Ogawa en France ! Il s’agit de son troisième roman à paraître chez nous. Elle s’était fait connaître grâce à son roman touchant et culinaire : Le restaurant de l’amour retrouvé, qui avait beaucoup marqué les esprits par son côté très universel et plein de simplicité. C’est un roman qui avait su plaire à un public féminin et masculin, et qui fait partie de ces livres extrêmement positifs et bienveillants. Elle a par la suite sorti un autre roman nommé Le ruban, je ne l’ai pas encore lu, mais je dois avouer qu’il ne m’avait pas vraiment tentée.

Avec Le jardin arc-en-ciel, on sent qu’Ito Ogawa va renouer avec les ingrédients qui l’avaient rendue si populaire dans son pays et ailleurs ! D’ailleurs, l’ouvrage est déjà sélectionné pour Le Prix du roman Fnac 2016.

Cette parution s’annonce donc sous les meilleurs auspices, et je suis personnellement convaincue qu’elle va être géniale.

Jardin arc-en-ciel (1)Présentation de l’éditeur :

Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre.

Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.

Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l’intolérance et aux préjugés, d’une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l’amour est l’émotion dont les bienfaits sont les plus puissants. On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel !

Soudain, j'entends la voix de l'eauSoudain, j’ai entendu la voix de l’eau de Hiromi Kawakami – Parution le 6 octobre 2016

Peut-être connaissez-vous déjà Hiromi Kawakami, elle est l’auteur de très nombreux romans aux éditions Picquier : Les années douces, Le temps qui va, le temps qui vient ou encore Les 10 amours de Nishino, c’est elle !

Je n’ai encore jamais rien lu de cette auteur, mais je dois avouer que le résumé de sa nouveauté est extrêmement tentant et me rend curieuse… Affaire à suivre donc…

Présentation de l’éditeur :

Le roman se déroule à Tokyo en 2013. La narratrice Miyako, 55 ans, et son frère Ryo, 54 ans, tous deux célibataires, retournent vivre dans la maison de leur enfance. Très vite, le lecteur découvre l’amour incestueux qui unit les deux personnages, et suit la narratrice dans les va-et-vient d’une pensée qui retrace l’histoire familiale.

Il est question du petit magasin de papier hérité par leur oncle que Myiako et Ryo appelaient « Papa », de Takeji, leur père biologique et apprenti au magasin, de leur mère, fille illégitime d’une maîtresse.

L’auteur tisse ainsi la toile délicate des relations familiales, l’équilibre fragile d’un amour, celui d’une soeur et d’un frère en retrait du monde et dont la tranquille existence est secouée d’événements historiques – l’attentat au gaz  sarin du métro de Tokyo de 1995 auquel échappe de justesse Ryo ou encore le tremblement de terre de 2011 -. Ils décident un jour de vendre la maison familiale.

Le roman d’une styliste qui tisse sous nos yeux la toile ténue de l’existence et n’en révèle le murmure qu’avec pudeur à un lecteur qui retient son souffle. Cet ouvrage a reçu le prix Yomiuri.

Chronique album jeunesse : Une nuit à la bibliothèque

Une nuit à la bibliothèque couvertureUn album d’une tendresse infinie qui nous vient tout droit du Japon !

Avec Chiaki Okada à l’illustration (Ma première nuit ailleurs, ou encore C’est toi le printemps), et Kazuhito Kazeki au texte, découvrez un album plein de tendresse qui fut pour moi un véritable petit coup de foudre !

Le travail de Chiaki Okada est extrêmement réputé et reconnu au Japon, mais pas seulement, puisque qu’elle a vu son travail exposé à la prestigieuse Foire du livre de Bologne. Elle a par ailleurs étudié l’illustration à l’école Setsu Mode.

Doux, beau, tendre… comme un doudou !

Tout commence quand les enfants se rendent à la bibliothèque accompagnés de leur doudou. Ils découvrent des livres, écoutent quelques histoires… Puis, bordent les doudous et s’en vont pour revenir le lendemain !

Mais… les doudous ont une vie propre qui n’appartient qu’à eux… et ils vont farfouiller toute la nuit dans la bibliothèque et s’amuser comme des petits fous avec les livres, et pas nécessairement pour les lire !

Une nuit à la bibliothèque (2)Drôle et surtout extrêmement kawai !

Pour créer un album aussi doux et kawai (mignon en japonais), les japonais sont parmi les meilleurs. L’histoire est aussi courte qu’intéressante et la lecture pour se faire dès l’âge de quatre ans environ.

On appréciera le souci du détail, en particulier autour des doudous, qui ont chacun leur spécificité. Il y en a même un qui ressemble fortement à Gon (un héros de manga japonais, sans texte, qui est un petit dinosaure), vous trouverez également une jolie tortue de mer, un long et beau serpent, un magnifique renard… Et quand c’est à eux de choisir leur histoire, ils ne prennent que des ouvrages avec des héros qui leur ressemble, et ça aussi, c’est un détail aussi mignon que notable.

On a aussi beaucoup aimé la rencontre inattendue entre les doudous… et les bibliothécaires ! En effet, ils sont si bruyants que ces derniers les prennent sur le fait et découvrent que les peluches sont vivantes la nuit… heureusement, ils sont sympathiques. Mais ils sont mis à contribution pour ranger leurs petites bêtises, et il y a même la peluche souris qui va se servir du logiciel de la bibliothèque et scanner certains ouvrages… adorable !

Une nuit à la bibliothèque (3)…..

Les illustrations de Chiaki Okada sont tendres, belles, et au final peu colorées. Elles restent pures comme un crayonné, mais ne laissent pas un sentiment d’inachevé. Cela plaira avant tout aux adultes, mais il faut initier les enfants à tous types d’illustrations, et celles de Chiako Okada a le mérite de sortir des sentiers battus.

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Vous l’aurez deviné, cet album nous a conquis. Nous vous le conseillons sans modération. Que vous aimiez le Japon ou non, les doudous ont la par belle et leurs petites bouilles de tissu ne sont à rater pour rien au monde…

TRANCHE d´ÂGE :

Interview des éditions Issekinicho

Issekinicho logoIssekinicho, ce mot vous dit quelque chose ? Il s’agit du nom d’une toute petite maison d’édition extrêmement qualitative et unique qui nous vient d’Alsace. Spécialisée dans la photographie et l’Asie, tous les ouvrages créés par cette maison sont des bijoux. Ils ne sortent que deux ouvrages par an en moyenne, et on comprend pourquoi quand on voit les finitions et le détail apporté à chaque ouvrage.

C’est une de mes maisons d’édition coup de cœur, je les suit depuis plusieurs années, et j’ai aujourd’hui la chance de pouvoir vous les présenter à travers cette interview. Foncez chez votre libraire pour voir/admirer/feuilleter leurs ouvrages ! Que l’on soit fan de l’Asie, du Japon ou de la Corée, peut importe, la qualité des ouvrages transcende le sujet lui-même… Parole de libraire.

La bibliothèque de Glow : Pourriez-vous présenter les éditions Issekinicho ?

Éditions Issekinicho : Oui bien sûr, c’est une maison d’édition qui a maintenant presque 3 ans, spécialisée dans le livre photo, graphique et bande dessinée sur le Japon, nous avons 8 titres au catalogue.
En plus de notre site de vente en ligne, de la présence sur des salons du livre et des conventions « Japon », nous sommes diffusés et distribués en grandes librairies, librairies indépendantes et librairies en ligne.

Issekinicho 2La bibliothèque de Glow : Quel est votre ligne éditoriale ?

Éditions Issekinicho : Faire des livres avec comme toile de fond le Japon, mais qui peuvent aussi bien intéresser des fans du Japon que des gens qui ne s’y intéressent pas particulièrement.
Nous cherchons à proposer des livres avec plusieurs portes d’entrée, des livres qui peuvent intéresser des gens différents pour des raisons différentes.
Nous ne faisons pas d’achat de droits, mais uniquement des créations originales. Deux de nos titres ont été traduits à l’étranger, « Neko Land – une vie de chat au Japon » en allemand et « Saisons du Japon – coloriages zen & haïkus » en vietnamien.

La bibliothèque de Glow : Est-ce que le mot Issekinicho signifie quelque chose ?

Éditions Issekinicho : Oui, c’est une expression japonaise, prononcé « issé ki ni tcho » Isséki signifie « une pierre » et nicho signifie « deux oiseaux ». En anglais il y a la même expression « one stone, two birds ». C’est l’équivalent de notre expression « D’une pierre, deux coups »

Issekinicho kokekokkoLa bibliothèque de Glow : Combien êtes-vous à faire tourner cette petite maison d’édition ?

Éditions Issekinicho : Et bien, deux, comme l’expression Issekinicho l’indique ^_^
Pour ma part (Alex), en plus d’être auteur de certains titres, je travaille à temps plein sur la maison d’édition, la recherche de projets, la mise en page, le suivi de fabrication, la vente en ligne, la communication, les relations presse, la présence sur les salons, répondre aux interviews comme celle-ci ^_^…  Bref, toutes les tâches nécessaires au bon fonctionnement d’une maison d’édition.

Delfine n’est pas à temps plein sur la maison d’édition, elle y consacre environ 1/4 de son temps. Elle s’occupe de la communication, de la vente en ligne et des salons avec moi. Elle est partie prenante dans tous les choix éditoriaux. Les autres 3/4 de son temps, elle continue à travailler comme illustratrice pour des éditeurs jeunesse.

Sinon nous avons un comptable qui s’occupe des choses trop complexes pour nous (bilan, compte de résultat, TVA…)

Issekinicho 4La bibliothèque de Glow : Vous faites très peu de titres par an, mais ils sont d’une finition absolument parfaite sur tous les plans, avez-vous une formation spéciale dans l’édition ou êtes vous autodidacte ?

Éditions Issekinicho : Merci, Delfine et moi avons une formation de graphiste. J’ai travaillé quelques mois en agence de communication avant de me mettre à mon compte en illustrateur freelance et Delfine m’a rejoint à la fin de ses études d’illustration.  Nous avons travaillé avec beaucoup d’autres éditeurs en temps qu’illustrateurs. Même si la maison d’édition n’a que 3 ans nous baignons dans le milieu du livre depuis 13 ans.
Nous apprenons le métier d’éditeurs au fur et à mesure des titres que nous publions. Un livre photo demande un travail irréprochable, de la prise de vue à sa mise en page, du choix du papier au choix des techniques d’impression et de fabrication. Pour ça, il faut connaitre parfaitement le potentiel de l’imprimeur avec qui on travaille. Nous profitons de chaque nouveau projet pour expérimenter des techniques d’impression et de nouveaux papiers. Publier un livre est aussi l’occasion d’apprendre, c’est important pour nous.

Issekinicho 5Étant seul (Alex) sur la partie mise en page, suivi de fabrication et souvent auteur de certains titres, nous ne pouvons pas produire plus de titres par an.

Comme je l’ai dit, nous ne faisons pas d’adaptations en français de titres japonais. Il nous faut donc trouver des idées de livres suffisamment intéressantes à réaliser, et cela prend plus de temps.

Issekinicho CoréeProduire peu par an, c’est aussi prendre d’énormes risques car le marché du livre actuel préfère la rotation rapide en librairie avec des livres de qualité moyenne, qui coutent moins cher à fabriquer et qui ont un plus fort potentiel de rentabilité. Produisant peu, nous avons besoin que nos livres restent longtemps en librairie, que le libraire les recommande régulièrement. Malheureusement les libraires ne gardent les livres que très peu de temps. En gros, nous sommes à contre-courant de ce que le marché du livre demande actuellement…

Le marché du livre va trop vite pour installer un titre en librairie, surtout pour des structures comme la nôtre qui ne peuvent pas avoir accès facilement aux médias, plateaux TV ou se payer de la pub. Ça prend donc plus de temps pour que les gens découvrent nos titres. Nous ne rentrons pas dans le cercle  « lancement / promo > ventes pendant 3 mois > retour des invendus > destruction des invendus > on passe à un autre livre »

Issekinicho 7 nipponLa bibliothèque de Glow : Pouvez-vous actuellement vivre de votre passion pour l’Asie à travers la publication de ces ouvrages ?

Éditions Issekinicho : Non. Pour développer un peu cette réponse : nous ne perdons pas d’argent, ce qui est déjà une très bonne chose. Malheureusement l’argent qui rentre grâce aux ventes ne nous permet pas de nous verser de salaire.

L’argent repart dans le financement de nouveaux projets, les frais de fonctionnement, les charges sociales, les taxes et impôts. Il faudrait que nos ventes soient multipliées par 2 pour pouvoir se payer un SMIC (et je parle d’un SMIC pour une seule personne…)

Issekinicho neko landLa bibliothèque de Glow : Souhaitez-vous développer plus encore votre maison d’édition ?

Éditions Issekinicho : Ça dépend de ce que l’on entend par « développement »…
Si c’est : plus de publications par an, non, nous ne le voulons pas vraiment. Nous espérons garder un rythme de 2 BONS titres par an, afin de pouvoir garder une qualité et un vrai suivi de la promotion du titre en librairie.

Ce que nous souhaitons développer, c’est notre communication et nos liens avec les libraires (pas mal de libraires ne nous connaissent pas encore), avoir une meilleure mise en avant par les médias et toucher plus de lecteurs.
Nous préférons continuer à publier 2 titres par an et faire de bonnes ventes que de devoir multiplier les titres avec des ventes moyennes.

Je sais que l’on aime bien entendre parler de croissance, de développement, on aime bien les « success-stories »…Nous, nous voulons juste continuer à faire de bons titres. Si l’année prochaine nous n’avons qu’un seul titre à proposer, nous ne nous forcerons pas à sortir plus et n’importe quoi.

Issekinicho 6 saisonsLa bibliothèque de Glow : Quelle est la publication pour laquelle vous avez le plus d’affect ?

Éditions Issekinicho : Nous mettons autant d’énergie dans chacun de nos titres. Chaque nouveau titre est l’occasion de tester de nouvelles choses en fabrication, vernis, marquage à chaud, reliure papier. Donc j’ai de l’affect pour tous, mais pour des raisons différentes.
Et puis je suis auteur de certains titres donc c’est très étrange de dire que l’on aime son travail ^_^

Mais s’il faut parler d’un livre, je veux bien parler du livre Saisons du Japon de Nancy Peña. Ses illustrations sont magnifiques et d’un niveau bien supérieur à ce qui est sorti en livre de coloriage sur le Japon. On est très fiers d’avoir ce livre dans notre catalogue.

La bibliothèque de Glow : Avez-vous des anecdotes à nous raconter autour de certaines de vos publications ?

Éditions Issekinicho : Toujours sur Saisons du Japon une anecdote malheureuse : les libraires boudent ce livre, le placement en librairie a été plus que moyen, alors que ce livre va plus loin que le simple livre de coloriage ( c’est aussi un recueil de Haïkus ). Les libraires se contentent d’un présentoir des livres de coloriage Hachette et ne s’intéressent pas aux publications bien meilleures que peuvent sortir d’autres éditeurs. Une façon pour eux de se débarrasser du problème « livre de coloriage ». Pendant ce temps, les lecteurs qui trouvent ce titre par d’autres réseaux de vente (en ligne ou lors des salons) sont ravis de ce titre. Un bon livre n’est pas forcement synonyme de succès de librairie.

La bibliothèque de Glow : De nouvelles publications sont-elles à venir ?

Éditions Issekinicho : Oui ! Notre dernier titre, le roman Le Fantôme de la tasse thé est sorti en octobre 2015 et nos 2 prochains titres sortiront en octobre 2016. Un an sans nouveauté comme vous pouvez le voir, les création demandent du temps.

Le premier est  un livre photo sur les singes du Japon : Saru – Singes du Japon.
Je viens de terminer 3 voyages au Japon (automne, hiver et printemps) pour prendre toutes les photos dont j’ai besoin. Les textes du livre seront écrits par deux primatologues qui ont étudié les singes au Japon. C’est un livre grand public, avec des explications sur les comportements des singes ainsi qu’une partie carnet de route que j’écrirai.
Je publie actuellement chaque semaine sur notre chaine YouTube des vidéos « carnet de route » sur ce projet.

Le deuxième est une bande dessinée qui s’intitulera Onibi (qui signifie Feu-follet), c’est un récit qui se déroule bien évidemment au Japon, plus précisément à Niigata et qui mélange autobiographie et histoire fantastique. Il est réalisé par Cécile Brun et Olivier Pichard, plus connus sous le nom « Atelier Sento ».

Issekinicho 3 singe

Chronique : King’s Game – Tome 2 – King’s Game Extreme

King's Game 02Toujours aussi sanglant et sur le fil… avec quelques bonnes révélations en prime !

King’s Game est un véritable phénomène éditorial au Japon : d’abord un roman (écrit sur téléphone portable), puis un manga à succès, la saga n’a pas fini de fasciner.

A la fois sanglante et psychologique, cette saga en cinq tomes n’a pas fini de surprendre, la preuve avec un second opus sous haute tension où Nobuaki remet le couvert pour… un second jeu du Roi dans sa toute nouvelle classe !

Une malédiction dont il est impossible de se défaire

Nobuaki Kanazawa (oui, c’est également le nom de l’auteur !) est le seul survivant du jeu du Roi. Il avait un ultime choix à faire en gagnant : signer pour un nouveau jeu du Roi ou mourir, tout simplement. Le chois de Nobuaki fut donc de vivre, et de lancer malgré lui un nouveau jeu du Roi dans la classe qu’il vient tout juste d’intégrer… Comme dans le précédent tome, il ne faut surtout pas se fier aux apparences !

Plus accrocheur et explicatif que le premier tome

Pour ceux qui auraient été quelque peu frustrés du manque d’explications du premier opus (comme moi), vous trouverez ici une partie des réponses. En effet, on commence à apercevoir les ramifications de l’intrigue, ainsi que ses sources dans le passé…

En ce qui concerne l’intrigue générale et le jeu du Roi en lui-même, il se déroule de façon très similaire hormis quelques petites différences. La première, c’est que le jeu du Roi pour cette seconde édition est beaucoup plus ardu. En quelques heures, c’est l’hécatombe dans la classe de première du lycée de Gokô. L’histoire de King’s Game Extreme se déroule ainsi en seulement cinq jours.

Le second point à souligner, c’est que la chose inutile à n’absolument pas faire est différente du premier tome… ce qui ajoute un peu de piquant à l’intrigue ! D’autant qu’elle est extrêmement difficile à trouver.

Seul petit élément parfois peu réaliste, c’est le personnage de Natsuko. Trop ambivalent et retors, tout est « trop » chez elle. Le reste de la classe de Nabuoki est assez cohérente, malgré certains comportements un peu trop fleur bleue à mon goût, mais c’est assez japonais que de retrouver de beaux sentiments innocents (et parfois naïfs) face à l’adversité…

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Alors, bien entendu, tout n’est pas entièrement expliqué dans ce second tome de la saga, mais l’histoire commence à prendre sens. D’autant plus que la fin de l’ouvrage est à rendre fou ! Et on a envie que d’une chose… découvrir en hâte la suite !

Mais il va falloir prendre son mal en patience car le troisième tome se déroule 33 ans avant King’s Game, dans le village ou tout à commencé sous le titre King’s Game Origin. La suite directe de King’s Game Extreme est prévue pour le mois d’avril prochain, il s’agit de King’s Game Spiral

Chronique : Love & Pop

Love & PopQuand les adolescentes japonaises sont prêtes à tout pour obtenir des produits de luxe…

Love and Pop, c’est avant tout le roman d’un phénomène malheureux et particulier au Japon : Enjo kōsai. Il s’agit de rendez-vous que les jeunes japonaises (lycéennes en général) acceptent avec des hommes beaucoup plus âgés qu’elles contre rémunération. Cela peut aller du rendez-vous simple à… de la prostitution pure. Le but final de ces entrevues est pour les jeunes filles de se procurer des produits de luxe : Chanel, Vuiton, Prada…

L’auteur de Love and Pop est Ryū Murakami ; il est également réalisateur et scénariste. Ses ouvrages les plus connus sont Bleu presque transparent, Les Bébés de la consigne automatique ou encore Miso Soup.

Une bague si belle qu’on est prête à tout pour l’obtenir…

Le quotidien d’Hiromi est composé de son petit ami, des ses amies et de shopping. Mais le jour où elle découvre dans une bijouterie une magnifique bague en topaze, Hiromi sait qu’il la lui faut. Vite. Dès que possible avant de voir l’envie s’estomper.

Alors que ses amies sont de grandes habituées des rendez-vous arrangés, Hiromi décide d’en accepter quelques-uns afin de se procurer au plus vite la fameuse bague… Mais il semblerait qu’elle soit prête à bien plus que ce que ses amies on l’habitude de faire. Là où elles acceptent des cafés ou des karaokés avec des inconnus, Hiromi semble prête a accepter à peu près n’importe quoi et n’importe où…

Un phénomène de société à l’échelle d’une génération

Le personnage d’Hiromi et de ses amies font partie de ce que l’on appelle communément au Japon la génération perdue (rosu gene). Cette tranche d’âge de la société nippone a été nommée ainsi pour les années 1990-2000 environ et correspond à une réelle perte de repères pour certains futurs adultes : fugues, prostitution…

Ainsi découvrons-nous une sorte de Japon caché aux yeux des occidentaux, mais également inconnu pour les japonais qui ne trempent pas directement dans ces tractations louches avec de jeunes lycéennes. Ryû Murakami, l’auteur, a d’ailleurs rencontré certaines de ces jeunes filles pour être le plus réaliste possible dans son roman. Il a pu écouter des messages laissés par des lycéennes sur des téléphones-club (ou telekura) et a parcouru des love-hôtels pour être au plus près de la réalité.

L’écriture de ce roman peut paraître très déstabilisante au premier abord, Ryû Murakami ayant pris le parti d’en faire un texte très bruyant. Je m’explique, tous les bruits qui entourent ses personnages, que ce soit des publicités, quelques dialogues, des parles de chansons, tout est imbriqué dans le texte. Il n’y a pas de distinction en italique ou de saut de ligne. C’est mis tel quel, et c’est assez déstabilisant au départ. Mais l’ambiance ainsi créée est à nulle autre pareille : nous sommes dans un Tokyo bruyant et fourmillant et lumineux.

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Ainsi, Love and Pop est un récit qui pourra paraître étrange et perturbant pour certains, surtout au début. Mais ce type de narration sert très bien le texte. C’est avec curiosité et crainte que l’on suit le parcours d’Hiromi, cette jeune lycéenne qui souhaite pouvoir s’acheter ce qu’elle veut, quel qu’en soit le prix.

Un portrait en demi-teinte d’un Japon pas aussi parfait que ce que l’on peut croire en occident. Le pays du Soleil Levant a lui aussi ses problèmes de sociétés… et ils sont inquiétants. Une lecture aussi déroutante que fascinante !

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2015 – Romans adulte

Il n’y a pas de raison que les enfants et les adolescents soient les seuls gâtés en livres pour Noël !  Voici ma sélection pour vous adultes, vous y trouverez du polar hyper efficace, du roman contemporain en Amérique profonde ou encore de la bonne sf rétro-futuriste…

Retour à Little WingRetour à Little Wing – Nickolas Butler – Éditions Points :

Un magnifique roman ayant pour théâtre l’Amérique profonde, la vraie. Le récit nous parle d’amitiés perdues et retrouvées, d’amours définitivement disparus également, mais sans être niais ou fleur bleue. Tout commence avec un faire-part de mariage où tous les vieux amis sont invités. Il y a ceux qui n’ont jamais quitté Little Wing et d’autres qui on fait le tour du monde, on connu le succès et ses excès. Ce mariage qui a lieu, c’est le point d’encrage qui mélange passé et présent, regrets et bon vieux temps ramenés au goût du jour. Retour à Little Wing est un formidable roman sur l’amitié et tous les sentiments qui y sont mêlés, mais également sur la beauté cachée des petites bourgades perdues de l’Amérique… Magnifique.

MiniaturisteMiniaturiste – Jessie Burton – Gallimard, Du monde entier :

Dans l’atmosphère feutrée de La jeune fille à la perle, voici un magnifique premier roman à découvrir d’urgence. Nella Oortman jeune fille issue d’une famille modeste de la campagne se retrouve propulsée à Amsterdam où elle va y découvrir son mari, sa nouvelle maison et sa belle-famille. Ce qu’elle ignore en entrant dans l’une des plus riches demeures de la capitale, c’est que son mari a de très lourds secrets, de même que son austère belle sœur… Quelle sublime ambiance pour ce roman qui nous fait découvrir une nouvelle auteur de la scène littéraire ! C’est une perle à découvrir absolument et à offrir à son entourage tant Miniaturiste est d’une beauté particulière… Lire la chronique sur le site par ici.

Les neiges de l'éternelLes neiges de l’éternel – Claire Krust – Éditions ActuSF :

Imaginez un Japon féodal teinté d’imaginaire et de fantasmagorie où les dieux et les fantômes coexistent avec les mortels. Ce roman original découpé en cinq parties liées inextricablement vous propose une incursion dans un univers original, dur et froid. Vous découvrirez le quotidien d’une riche famille de daimyo (noblesse japonaise) confrontée à la maladie, la vie difficile d’une courtisane sans aucune perspective d’avenir, l’histoire d’un esprit dont la longévité détruit l’humanité… Ces cinq récits possèdent une âme et une écriture qui fascinent. Claire Krust réussit à nous transporter dans un univers merveilleux et cruel à la fois en quelques phrasés bien tournés. En somme, voilà une nouvelle auteur sur laquelle compter dans le paysage de l’imaginaire francophone ! Et le livre est si beau qu’il fera un très beau cadeau de fin d’année…

Le contrat SalingerLe Contrat Salinger – Adam Langer – Éditions Super 8 :

Si vous cherchez un super bon polar qui vous fera passer une (ou plusieurs) nuit(s) blanches tant il est passionnant : le voici ! Tout commence avec un auteur de polars passé de mode qui passe un étrange contrat avec un singulier homme d’affaires… Les personnages sont passionnants, leurs réactions tout autant. L’intrigue se déroule dans le monde de l’édition, ce qui rend le tout encore plus trépidant quand on est fou de livres sous toutes leurs formes. Le rythme est extrêmement soutenu, sans aucun passage à vide, et il est très difficile de décrocher une fois lancé… Bref, c’est LE roman policier à offrir (et à s’offrir). Pour ceux qui aiment les polars bien ficelés c’est parfait, pour ceux qui aiment les récits à suspense sans hémoglobine, c’est parfait aussi ! Même ceux qui ne sont pas férus de polars pourraient bien apprécier…

Quiz ShowQuiz Show – Kim Young-ha – Éditions Philippe Picquier :

En cette année 2015, Kim Young-ha est pour moi la nouvelle révélation de la littérature étrangère à ne rater sous aucun prétexte. Enfin, pas si nouvelle que cela il faut l’avouer, mais c’est cette année que j’ai pu découvrir son œuvre prolifique et passionnante. Dans ce récit, nous découvrons le parcours initiatique de Minsu, un jeune homme dont le quotidien bascule peu à peu… Totalement ancré dans le réel, Quiz Show joue sur les codes d’une génération bercée par les écrans et les forums bâtis par Internet. L’intrigue est magnifiquement menée ; entre sociétés secrètes et quête de soi, Kim Young-ha nous fait réfléchir et pique notre curiosité. C’est l’un des rares livres qui une fois terminé nous pousse à y penser, à y repenser… Pour conclure, c’est un merveilleux coup de cœur. A classer à côté du grand Haruki Murakami pour le style et l’ambiance, mais ne vous y trompez pas : Kim Young-ha possède sa propre signature, et elle est captivante !

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2015 – Romans jeunesse

Et on continue la sélection avec cette fois-ci les romans pour les 8-11 ans environ. L’année écoulée a permis de découvrir de véritables petites pépites. Toutes ne sont pas parues 2015, mais elles ont toute été découvertes cette année pour moi !

Le journal de GurtyLe journal de Gurty – Vacances en Provence – Bertrand Santini – Sarbacane, collection Pépix :

La petite révélation de l’année, c’est également cette pépite signée Bertrand Santini (auteur du Yark). Gurty est une petite chienne complètement fofolle qui fait plein de bêtises et qui est hyper attendrissante. Je n’aimerais pas l’avoir comme chienne tant elle court partout après la prochaine malice/connerie/bêtise à faire, mais à lire elle est SUPER. Ne passez pas à côté de ce roman jeunesse qui se joue de tout et de tout le monde. C’est à lire dès l’âge de 8 ans et c’est devenu pour moi un incontournable à proposer aux enfants. Pour lire la chronique sur le site, c’est par ici.

Tatie PourrieTatie Pourrie – David Walliams – Albin Michel, collection Witty

Le dernier roman de David Walliams est encore une fois une petite réussite à mettre en toutes les petites mains. L’histoire de Stella a tout ce qu’il faut pour faire pleurer dans les chaumières : ses parents sont morts dans un accident, sa tante en veux à son héritage, et elle se met à voir des fantômes ! Et pourtant, contre toute attente, ce roman est drôle. Oui, vous avez bien lu : drôle. David Walliams a le rare don de faire rire avec des personnages cassés par la vie ou au parcours tragique. Ce roman ne fait pas exception ! A lire dès l’âge de 9 ans. Les passionnés de hiboux auront leur content de volatiles pour un bon moment… Pour lire la chronique sur le site, c’est par ici.

Maisie Hitchins 1Maisie Hitchins (4 tomes, série en cours) – Holly Webb – Père Castor, Flammarion :

C’est MA série coup de cœur de l’année pour cette tranche d’âge. A découvrir dès 9 ans, les enfants pourront se plonger dans le Londres de l’époque victorienne avec une héroïne très attachante. Maisie Hitchins est très curieuse et passionnée de mystères à élucider, aussi, quand deux énigmes s’offrent à elle, impossible de résister… Cette nouvelle série de romans réunit tous les atouts nécessaires pour la rendre géniale. Les illustrations de Marion Lindsay sont quant à elles parfaites et retranscrivent à merveille l’esprit des romans de la série. Bref, c’est à ne rater sous aucun prétexte !

Marjane et le sultanMarjane et le sultan – Agnès Laroche – Talents Hauts

Les éditions Talents Hauts sont connues et reconnues pour leur ligne éditoriale résolument égalitaire et féministe, prônant la tolérance et la réflexion. Marjane et le sultan n’échappe pas à la règle et nous conte l’histoire d’une jeune femme luttant contre la loi rétrograde du sultanat interdisant aux femmes toutes possessions, ces dernières revenant automatiquement à un homme. L’intrigue semble être cousue de fil blanc, mais il n’en est rien ! L’histoire nous entraine là où on ne l’attend pas, montrant aux jeunes lecteurs qu’il est possible de faire bouger les choses. A offrir pour des lecteurs entre 9 et 11 ans. Pour lire la chronique sur le site, c’est par ici.

Une histoire terrifiante - Le miroir aux sortilègesUne histoire terrifiante – Le miroir aux sortilèges – N.M. Zimmerman – Flammarion Jeunesse

Pourquoi ne pas découvrir le Japon à travers ses croyances ? Notamment envers les mystérieuses entités que sont les yôkai ? N.M. Zimmerman, jeune auteur passionnée du pays du soleil levant vous propose ainsi une incursion originale et pleine de frissons… A découvrir dès l’âge de 9 ans jusqu’à 11 ans environ, c’est toute la culture nippone qui s’ouvre à nous avec ses traditions, ses usages, ses croyances… L’ouvrage fait penser à la saga Chair de Poule, mais s’adresse à des enfants plus grands. En somme, c’est parfait pour les lecteurs qui aiment avoir peur ou qui souhaitent découvrir de nouvelles cultures à travers la lecture… Pour lire la chronique sur le site, c’est par ici.

Gardiens des cités perdues 01Gardiens des Cités Perdues (3 tomes, série en cours) – Shannon Messenger – Éditions Lumen :

Si vous ne connaissez pas encore cette saga, les fêtes de Noël pourraient bien être le prétexte parfait pour réparer ça ! Pour l’âge des lecteurs potentiels, il est assez large et va de 10 ans à… bien plus ! Gardiens des Cités Perdues est selon moi la digne relève de romans fantastiques tels que Harry Potter ou encore A la croisée des mondes. Beaucoup d’action, beaucoup de magie, une foule de personnage tous plus intéressants les uns que les autres… Cette série était un coup de cœur quand elle s’est lancée en 2014, le second tome a confirmé ce sentiment, et le troisième vient tout juste de paraître, nous en reparlerons très vite. En tout cas, c’est LA série à offrir à tous les fans d’imaginaire qui dévorent les livres. Pour lire la chronique du tome 1 c’est ici. Pour le tome 2 ici.

Actualité éditoriale : Où est mon étoile ? Le nouvel album jeunesse de Satoe Tone

Où est mon étoile (1)Peut-être connaissez-vous Satoe Tone, en France, nous lui devons déjà l’album Le voyage de Pipo, paru fin 2014 chez Nobi-Nobi ! Et bien l’illustratrice nippone revient en France avec un tout nouvel (et encore plus beau) album : Où est mon étoile ?. Il sera en librairie le 29 octobre prochain, toujours chez Nobi-Nobi.

Pour patienter, nous vous proposons de découvrir le résumé de l’ouvrage, mais surtout… les superbes dessins de Satoe Tone, ils sont de toute beauté. Les couleurs sont d’une profondeur peu commune, et le trait nébuleux et doux à la fois… on adore !

Quatrième de couverture :

Petite souris a bien du chagrin : elle a perdu un ami auquel elle tenait beaucoup. Mais on raconte que les êtres chers à notre cœur se changent en belles étoiles dorées pour nous protéger.

Bien décidée à trouver son étoile, Petite souris parcourt vastes prairies et hautes herbes en se laissant uniquement guider par les souvenirs de leurs moments passés.

« Étoile ! Étoile ! Est-ce toi là-bas ? »

Où est mon étoile (2)

Où est mon étoile (4)

Où est mon étoile (3)

Où est mon étoile (5)