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Chronique : La mémoire des couleurs

Chronique Jeunesse : Miss Pook et les enfants de la lune

Un roman jeunesse très étrange, presque trop, même si vous aimez le bizarre et l’inclassable !

On ne présente plus (si ?) Bertrand Santini, le papa du Journal de Gurty, de Hugo de la nuit, ou encore du Yark. Il revient cette fois-ci avec un conte plongé dans le Paris du début du XXème Siècle… mais en fait pas du tout ! Mais qui est donc Miss Pook ? Quel est son but ? Qui sont les enfants de la lune ? Quel est cet étrange dragon chinois en couverture ? L’ouvrage est paru aux éditions Grasset Jeunesse en novembre 2017.

Une gouvernante merveilleuse

Les parents d’Élise sont à la recherche de LA gouvernante parfaite, celle qui remplira son rôle et plus encore. Et Miss Pook remplit parfaitement cet office, elle est compétente, drôle, apporte de la fraicheur et de la vie dans leur morne quotidien… en bref, c’est une perle !

Jusqu’à ce qu’elle décide de manigancer et de faire croire des choses saugrenues et même terribles à Élise et ses parents… tout ça l’amenant à partir sur la lune ! Comment ? Pourquoi ? N’ayez crainte, tout vous sera expliqué dans ce premier tome de la série Miss Pook.

Un roman extrêmement original, parfois même un peu trop

Se plonger dans le Paris du XXème Siècle, c’est un rêve. L’ambiance, les habits de l’époque, les coutumes, tout concoure à nous émerveiller. Surtout quand le talent de l’auteur nous dépeint avec talent l’époque et son ambiance.

Alors, pourquoi Miss Pook et les enfants de la lune partait très bien mais qu’il m’a finalement semblé trop déluré ? Parce que ça part littéralement dans tous les sens. Sans vous dévoiler toute l’histoire, j’ai trouvé l’histoire trop foisonnante et décousue : on part sur la lune, on croise des faunes, des sorcières, on découvre des choses terribles, on rencontre également des extraterrestres… C’est franchement trop.

Même si Bertrand Santini réussit à justifier tout (assez bien je dois dire), j’ai trouvé que c’était bien trop brouillon. C’est dommage car l’ambiance de départ m’a énormément plu, mais ce qui est fait en milieu de roman enlève beaucoup de son intérêt à l’histoire.

La fin sauve un peu le tout, l’auteur trouvant effectivement une parade qui fonctionne, mais qui est trop rapidement développée. J’ai par contre beaucoup aimé la fin qu’il propose pour l’héroïne qu’est Élise.

C’est là que réside la force des écrits de Bertrand Santini, il s’autorise toutes les libertés pour malmener ses héros. Les rendant très sombres, désespérés même (comme dans Hugo de la nuit), et ça, c’est très plaisant car non consensuel.

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Alors, Miss Pook et les enfants de la lune est pour moi un roman intéressant même si il se perd franchement en milieu d’intrigue. C’est dommage car cette ambiance de début à la Mary Poppins me plaisait énormément, mais oubliez le côté gentil et merveilleux ! Place plutôt au bizarre et à l’étrange… sans oublier un soupçon de choses horribles. Le mélange fonctionne, c’est juste un peu trop fourre-tout et débridé comme roman. Il manque un liant qui aurait donné une vraie consistance à l’histoire selon moi. A découvrir dès l’âge de 10 ans (minimum).

Ces livres que je n’ai pas réussi à terminer #2

Crédit – Larry Rostant

Panne d’inspiration ? Manque d’envie ? Cela arrive avec la lecture, même quand on adore lire… Il arrive que l’ouvrage et l’instant ne soient pas en corrélation, et il devient difficile voir impossible de terminer l’ouvrage dans lequel nous nous sommes lancés. Heureusement, ce sont des pannes assez brèves. Voici une petite liste de quatre ouvrages que je n’ai absolument pas réussi à terminer. Le temps étant trop précieux pour qu’on se torture à terminer un livre qui ne nous plait pas.

Hemlock Grove – Brian McGreevy – Super 8 éditions

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’adore quasiment TOUT ce que font les éditions Super 8. Leur catalogue ainsi que leurs choix éditoriaux sont toujours originaux, et donc risqués. Cette maison d’édition est l’une de mes favorites, alors ne pas réussir à lire un de leurs ouvrages est pour moi une véritable (et rare) déception.

Mais avec Hemlock Grove, ça ne prend pas. L’ouvrage met beaucoup de temps à démarrer, on a beau comprendre les enjeux (un meurtre atroce et un homme-loup dans la nature), tout se mélange. Les personnages sont assez flous dans l’imaginaire du lecteur (en tout cas dans le mien), impossible de bien les distinguer et encore moins de les apprécier. On ne sait pas où l’auteur veut nous emmener, mais la lecture est assez pénible, je n’ai eu aucun plaisir de lecture dans ce roman trop occupée que j’étais à essayer de tout saisir…

On reste bien trop à la surface et pas assez dans le nerf même de l’histoire, j’ai donc abandonné cette lecture après un bon tiers d’efforts.

Les disparus du pont de pierre – Jeanne Faivre d’Arcier – Castelmore

Des disparitions étranges, un soupçon de fantastique mêlé à de l’Histoire… ce roman à destination des jeunes ados avait de quoi faire rêver, et pourtant. Impossible pour moi de m’attacher de près ou de loin au personnages et encore moins à l’intrigue. Je ne comprends pas ce qui cloche, mais ça n’a pas du tout fonctionné pour moi…

D’autant, que j’ai découvert plus tard que Les disparus du pont de pierre est le second tome des aventures de Cornélia et Niko, ce qui explique une partie de mon incompréhension. Il n’est mentionné nulle part que ce second tome est une suite, et il aurait été important de le savoir pour comprendre toute l’intrigue et surtout le passé des personnages !

En effet, l’auteur nous rapporte des faits brièvement comme si nous en connaissions toute la teneur… ce qui est le cas uniquement si vous avez lu le tome précédent : Le vampire de Bacalan. Et ce fameux vampire refait surface dans le second opus, mais nous ne sommes guère avancés quant à ses intentions…

En somme, je suis passée totalement à côté, et cela à juste raison… Il est à peu près possible de comprendre l’histoire malgré tout, mais ça fait trop de blancs à combler pour apprécier l’histoire… J’ai arrêté ma lecture à la moitié de l’ouvrage.

Zodiaque – Tome 3 – Lune Noire – Romina Russell – Michel Lafon

J’ai adoré les deux premiers tomes de la saga Zodiaque qui étaient une belle intro à la sf en young-adult (chronique du tome 1 et du tome 2 ici), mais la lecture de ce troisième opus a pour moi été très difficile. J’ai eu l’impression de tourner en rond et de lire les mêmes intrigues que dans le second livre. L’héroïne, Rhoma continue sa « tournée » des différentes planètes du Zodiaque afin de prévenir de l’arrivée d’Ophiuchus, le 13ème signe qui veut sa vengeance.

J’ai abandonné aux presque trois-quarts du roman, qui était trop répétitif selon moi… Dommage car le début de cette saga était très porteur, et certains personnages (notamment Hysan <3) étaient très charismatiques.

Le peigne de Cléopâtre – Maria Ernestam – Babel

Rien qu’à la couverture, j’avais été séduite par Le peigne de cléopâtre, de plus son titre était assez intriguant pour attirer l’attention… C’est donc avec curiosité et joie mêlés qui je me lançait dans ce roman de la suédoise Maria Ernestam.

L’histoire est celle d’amis qui décident de créer une entreprise de services un peu spéciale où ils résolvent les problèmes des gens. Petits tracas, décoration, jardinage… l’offre est large. Jusqu’à ce qu’une dame demande à l’entreprise d’éliminer son mari.

Dis comme ça, je trouve que ça donne envie ! Sauf que. On s’empêtre dans la psychologie des trois personnages principaux. Parfois on les confond même… et surtout, on perd tout intérêt pour l’intrigue elle-même tant il y a d’informations (pas toujours utiles) à assimiler.

C’est donc un roman qui avait tout pour me plaire, mais qui au final n’a pas réussi à m’accrocher. J’ai arrêté à la moitié du roman…

Pour aller plus loin : J’avais également chroniqué un autre roman de Maria Ernestam que j’avais réussi à terminer cette fois-ci : Patte de velours, oeil de lynx. La fin se terminait en queue de poisson, laissant le lecteur sur sa faim…

Chronique jeunesse : La légende des 4 – Tome 1 – Le clan des loups

Une nouvelle série fantastique signée Cassandra O’Donnell, l’auteure de la saga Malenfer !

Parue en mars 2018, Le clan des loups est le premier tome de la nouvelle saga fantastique La légende des 4. On y retrouve des héros en plein apprentissage, du fantastique, et une quête… des éléments chers au cœur de l’auteure Cassandra O’Donnell (son nom est un pseudo, Cassandra O’Donnell étant une auteure française !).

Si vous ne connaissez pas encore cette auteure, elle a déjà écrit les séries de livres suivantes : Rebecca Kean (série de bit-lit pour adultes – 6 tomes), Malenfer (5 tomes pour le moment et une adaptation en bd en cours !), et Le monde secret de Sombreterre (3 tomes).

Quatre clans pour quatre visions diamétralement opposées

Ils sont quatre clans que rien n’unit : ni les convictions, ni le mode de vie, rien. Ils sont des loups, des tigres, des serpents ou des aigles… Aucun événement majeur du passé n’a pu les réunir, alors pourquoi le présent et le futur changeraient ?

Peut-être que fasse à l’adversité les quatre clans se réunirons et s’entendront enfin pour décider ensemble d’un avenir commun ?

Quoi qu’il en soit, c’est très mal parti… les enfants des chefs de chaque clan ne sont pas autorisés à discuter entre eux. Mais pourtant, Maya, héritière du clan des loups va outrepasser les nombreuses interdictions pour sauver la vie d’un bébé tigre… Et ce n’est que le début des embuches car une très mauvaise nouvelle va bouleverser leurs vies à tous… sauront-ils réagir à temps ?

Un récit d’aventure qui plaira aux plus jeunes

Pour les enfants entre 9 et 11 ans, Le clan des loups recèle tous les éléments qui plaisent : un début d’aventure aux élans fantastiques, des amitiés indéfectibles, des luttes de clans…

Il faut dire que l’idée de départ est séduisante, même si j’avoue avoir trouvé le nom des peuples peu imaginatifs, ils sont au moins parlants.

On appelle les yokaïs ceux qui ont le pouvoir de se transformer en animal. Tous ceux qui font partie d’un des quatre clans sont des yokaïs. Chaque clan a donc un nom spécifique, et chacun d’eux possède un personnage préado qui est le futur héritier de son clan :

  • Clan des serpaï = serpents = Wan
  • Clan des Lupaï = loups = Maya
  • Clan des Rapaï = aigles = Nel
  • Clan des Taïgan = tigres = Bregan

Une fois cette base posée, l’intrigue se déroule assez facilement et se lit très bien. J’ai trouvé l’histoire sympathique mais pas extraordinaire. Il manque un petit quelque chose qui aurait pu rendre ce roman plus mémorable, peut-être cela tiens-t-il aux personnages un peu sommaires ? ou autre chose ?

L’intrigue globale se tient en tout cas assez bien, rien à dire de ce côté-là. Il y a quelques indices sur ce qu’il s’est passé dans ce monde où le fantastique croise quotidiennement l’humanité ordinaire.

Par contre, j’ai eu un peu plus de mal avec l’écriture en elle-même. En effet, il y a beaucoup de répétitions, certaines volontaires pour affirmer des dires, d’autres plus maladroites. Exemple :

« Maya ressemblait à une humaine mais la louve en elle n’avait rien d’humain. La louve en elle était une bête sauvage et cruelle. La louve en elle était terrible et effrayante ».

Je trouve que c’est franchement lourd comme style, et comme j’ai lu intégralement l’ouvrage à haute voix, ça a exacerbé ce sentiment.

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Au final Le clan des loups est un roman introductif intéressant mais pas mémorable. A suivre toutefois avec la suite de cette saga, si l’auteure réussit à faire prendre de l’ampleur à son histoire ça peut donner quelque chose d’intéressant.

Quoi qu’il en soit, les jeunes fans de la saga Malenfer qui ont grandi depuis pourront sans problème adhérer à cette histoire. A suivre donc !

Chronique : Lotto Girl

Une dystopie engageante… qui n’a pas su contenter mes attentes de grande amatrice du genre…

Lotto Girl est un roman paru chez Casterman en septembre 2017. Il était à sa sortie un enjeu assez important de l’éditeur. Georgia Blain était quant à elle une autrice australienne qui commençait à monter, mais qui s’est malheureusement éteinte à l’âge de 52 ans des suite d’un cancer du cerveau.

Son roman, Lotto Girl est le premier à paraître en France, mais elle a écrit huit romans ainsi que des nouvelles.

Une vie aseptisée pour la crème de la génétique

Le futur : les états n’existent plus et ont été remplacés par des entreprises tentaculaires qui ont tous les droits. Si vous travaillez pour une corporation riche et prospère, vous ferez partie de l’élite, et votre vie n’en sera que plus facile… Mais si vous travaillez pour une société moindre, c’est tous les aspects de votre vie qui seront concernés : vous aurez un appartement miteux, vivrez dans un endroit pollué faisant baisser votre espérance de vie… et vous n’aurez pas le droit de faire appel à BioPerfect pour manipuler les cellules de votre futur enfant.

Sauf si il a été « élu » à la loterie. Faisant de lui un lotto boy ou une lotto girl. Vous pouvez alors choisir si votre progéniture sera douée en sciences, ou si son caractère sera plus sociable que la norme… Vous pouvez également décider d’en faire un leader, ou un artiste doté de l’oreille absolue… Tout est dans les gènes, il suffit de manipuler le brin d’ADN qui vous intéresse, et BioPefect s’occupe de TOUT.

Pour les plus riches, pas besoin de loterie, car bien entendu, ils ont les moyens et ne se privent pas de doter leurs enfants de tous les attributs possibles et imaginable. Comme dans une version futuriste et effrayante des trois bonnes fées qui offrent leurs dons à la princesse Aurore dans La belle au bois dormant

C’est dans ce monde effrayant que nous suivons la jeune Fern, lotto girl qui vit dans un lieu aseptisé et surprotecteur : Hapston. Elle y est élevée à développer ses dons avec d’autres enfants issus de la loterie, mais également avec des enfants issus de familles riches…

Une base solide et intéressante, mais un développement totalement chaotique

Les idées de Georgia Blain sont assez intéressantes et posent le décor d’un univers unique. Mais cela n’a pas suffit à rendre l’histoire de Lotto girl captivante comme d’autres dystopies ont pu le faire.

On navigue entre passé et présent, dans deux lieux très différents : Hapston, le lieu surprotégé et une sorte de camp de travail pour les rebus de la société.

On nous lance des postulats, des enjeux que l’on ne comprend pas du tout avant un long moment… Et tout cela nous emmenant à quoi ? Tout n’est pas clair dans ce roman malgré de bonnes idées, d’autant que Fern est un personnage qui manque d’une identité forte. Elle n’est pas charismatique, trop passive parfois, emplie de regrets mais ne passant jamais à l’action… ça la rend assez terne.

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Il y a malgré tout quelques réflexions intéressantes dans le roman, mais pas de là à en apprécier la globalité. Trop flou par moments, pas assez développé à d’autres, Lotto girl est un livre qui avait de bonnes qualités au départ, mais elles sont très vite éclipsées par les défauts (trop nombreux) du reste… Dommage, ça aurait pu être d’envergure, mais il y a eu un raté…

Pour les curieux.ses l’ouvrage est adapté dès l’âge de 14 ans environ.

Chronique jeunesse : Angelica Varinen – Tome 1 & 2

Une nouvelle série de romans policiers à destination des jeunes lecteurs !

Si Maisie Hitchins devait avoir une grande sœur, une chose est sûre elle s’appellerait Angelica Varinen ! Toute nouvelle saga de romans à destinations des 8/10 ans écrite par l’auteure française N.M. Zimmermann, Angelica Varinen est une série qui compte pour le moment deux tomes chez Flammarion.

Si vous ne connaissez pas encore cette auteure que j’apprécie beaucoup, elle a écrit tant d’ouvrages que je ne vais pas tous vous les lister, mais voici mes préférés d’elle : Une histoire terrifiante – Le miroir aux sortilèges, la collection Le grand livre de l’horreur… L’auteure étant une amoureuse du Japon, beaucoup de ses ouvrages tournent autour de la culture nippone : L’amour le Japon les sushis et moi, Le fantôme de la tasse de thé

Une jeune demoiselle très curieuse…

Le moins que l’on puisse dire sur Angelica Varinen, c’est qu’elle est très curieuse. Extrêmement curieuse… à tel point que s’en est maladif ! Impossible pour elle de ne pas avoir la réponse à un mystère ou une énigme, c’est ainsi qu’elle se fourre dans quantité de situations compliquées. Et totalement inappropriées à sa condition ! Mais qu’importe, du moment qu’Angelica trouve la réponse…

C’est ainsi que dans les deux premiers tome, Angelica réussit à résoudre deux enquêtes que même les policiers n’ont pas réussi à résoudre.

Cette chronique réunit donc mon avis sur les deux premières enquêtes. Le tome 1 – Le voleur de bijoux et le tome 2 – L’affaire de la licorne.

… et au caractère bien trempé !

L’ambiance de cette petite saga pour la jeunesse est très agréable. Dans une ère pseudo victorienne, le tout mâtiné de fantastique, le mélange fonctionne à merveille. De plus, l’auteure a créé ses propres créatures magiques, notamment Naali, la renarde arctique d’Angelica qui a la pouvoir de se téléporter.

Et puis, la jeune enquêtrice en herbe est fort bien entourée : entre ses amies qui lui demandent d’enquêter et son majordome surprotecteur, elle n’a pas le temps de s’ennuyer ! Mais dès qu’elle le peux, elle échappe à toute surveillance…

C’est ainsi que dans le premier tome, elle va se mettre en danger pour confondre les coupables de vols de bijoux, quitte à prendre de grands risques. Angelica repère un schéma étrange dans les vols qui ont lieux dans leur ville…

Dans le deuxième opus, moins de dangers, mais beaucoup de malice. L’enquête est bien tournée, on pousse les lecteurs à réfléchir eux aussi aux potentiels coupables. Et comme il est question d’une licorne, c’est encore plus intéressant !

Alors, oui, les enquêtes sont assez réussies, les illustrations sont de toutes beauté et l’histoire fonctionne très bien. Mon seul bémol est à mettre sur la personnalité même de l’héroïne, que je trouve trop présomptueuse la plupart du temps.

Angelica est très imbue d’elle-même. Sous prétexte qu’elle est douée, elle se permet des remarques désobligeantes et une attitude qui frise l’irrespect… Cet aspect du personnage le rend pour moi peu attachant, et c’est dommage car elle avait tout pour me plaire au premier abord.

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Mais comme je n’ai que cela à reprocher à la série on peux dire sans mal que ces deux premiers tomes sont une réussite. Pour ceux et celles qui aiment les mystères et l’aventure, ce sera la lecture parfaite… Le texte est très aéré, les dessins aidant à dévorer avec encore plus d’efficacité ces deux premiers tomes. En bref, on passe un bon moment.

PS : Notons au passage les très belles illustrations de Noémie Chevalier. Que ce soit la couverture ou l’intérieur des ouvrages, les dessins sont superbes !

Chronique : Armada

Le nom d’Ernest Cline vous dit peut-être quelque chose, cela d’autant plus avec la récente adaptation au cinéma de Spielberg de son roman Player One ! Son premier ouvrage avait été une véritable claque, un immense coup de cœur dont il avait été difficile de se relever.

Et voici que vient de paraître il y a quelques mois le second roman de monsieur Cline : Armada. A-t-il réussi à éviter tous les écueils du deuxième roman ? Armada a-t-il le pouvoir de transporter son lecteur ? Voici toutes les réponses à ces questions et plus encore dans la chronique qui va suivre.

Immersif, dès les premières pages

Tout commence lorsque le jeune Zack Lightman voit par la fenêtre de sa salle de classe un vaisseau spatial. Impossible qu’il ai été conçu par l’homme quand on voit son design… Mais chose étrange il est la copie conforme des vaisseaux du jeu Armada. Zach a-t-il rêvé ? Eu une hallucination ?

Cela lui fait peur, car son père, avant sa tragique disparition,  ne cessai de croire aux théories du complot en tous genres et disait à qui voulait l’entendre qu’une forme de vie intelligente existait dans l’espace. Selon le père de Zach, le gouvernement est au courant depuis des années, voir des décennies… et tous ces jeux-vidéos, films, bd de science-fiction n’ont qu’un but caché : nous préparer sinon à les rencontrer, les affronter. Et ce vaisseau que Zach a vu, ressemblant trait pour trait à ceux de son jeu favori ne sont pas un hasard…. Et si son père n’avait pas été un fou, mais un visionnaire ?

Un bon roman qui fait une la part belle au rétro gaming et à la culture pop 

Ceux qui ont aimé Player One aimeront fatalement Armada. On y retrouve la recette qui avait si bien fonctionné précédemment. Un dosage entre aventure, références geek (tant musicales que cinématographiques notamment) et une foule d’autres choses.

Dans Armada, nous sommes dans une ambiance bien plus militaire, donc très stricte par moments. Et Zach n’a pas l’habitude qu’on lui donne des ordres sans qu’il n’ai à réfléchir… ce qui va donner lieu à des moments intéressants.

On gardera dans les mémoires cette super scène qui rappellera peut-être du vécu à certains : écouter un bon morceau des Pink Floyd en fumant quelque chose qui a des propriétés… apaisantes. Et puis, toutes ces nombreuses références à Starfighter (l’histoire même d’Armada y ressemble terriblement – l’auteur cite plusieurs fois le film), au film Contact (l’un de mes favoris de tous les temps !) et Carl Sagan et à la série de vulgarisation Cosmos sont un plaisir…

C’est en cela qu’Ernest Cline excelle, nous faire sentir privilégié car on connaît et on comprend ses codes, ses références. C’est toujours un plaisir de voir un auteur s’emparer d’œuvres qui sont pour nous des références et le voir les mettre au service de son intrigue. Et c’est ici réussi.

Seul petit bémol, la fin est un peu trop rapidement bouclée, ce qui donne une légère sensation d’inachevé… mais ça ne gâche pas la lecture non plus heureusement !

Ainsi, Armada est une petite réussite. Pas aussi génial que Player One (mais la barre était très haute) mais tout aussi distrayant. On s’attend à certains déroulements de l’intrigue, mais on ne boude pas son plaisir à découvrir ce que nous a concocté Ernest Cline ! A découvrir donc, que l’on soit adulte (le côté nostalgique en plus) ou adolescent, l’effet découverte et plaisir sera le même.

Chronique : Zel l’ange mercenaire – Tome 1 – La clé

Une romance fantastique et paranormale qui nous vient tout droit de… France !

Kalypso Caldin est une jeune auteure française, Zel L’ange mercenaire est son premier roman. Il est paru aux éditions Hugo Roman en mai 2018. Premier tome d’une saga, cet ouvrage a la particularité d’être le premier roman français de la collection New Way.

Une jeune fille aux pouvoirs très développés qui attirent bien des dangers

Kendra est une adolescente très particulière. Elle ne vit plus chez ses parents à cause de ses pouvoirs (qui sont un problème pour certains membres de sa famille) et est donc seule à subvenir à ses besoins. Difficile donc de concilier vie étudiante et problèmes d’adultes tels que le loyer, les courses, etc… Mais grâce à ses dons à la frontière des mondes (visions, sensations, auras visibles, communication aves les esprits), Kendra réussit à s’en sortir en proposant des prestations de voyance.

Cependant, Kendra possède des pouvoirs très développés, ce qui va l’amener à être malgré elle l’objet d’un contrat… C’est ainsi que le mystérieux Zel entre en scène : beau, séduisant, et impatient de mettre fin à sa vie.

Une histoire cousue de fil blanc, mais assez plaisante à découvrir

Il faut être clair, ce n’est pas en lisant Zel l’ange mercenaire que vous découvrirez un nouvel univers. Mais cette lecture a le mérite d’être assez distrayante pour qui aime la romance mâtinée de fantastique.

L’ambiance de la petite ville américaine dans laquelle Kendra a élu résidence est bien retranscrite, on s’y sent oppressé à souhait (il s’y passe des choses étranges et morbides…). L’histoire de Kendra et son passé sont assez nébuleux mais on en apprend de plus en plus au fil des pages.

Par contre, je dois avouer avoir eu du mal avec la romance qui s’installe peu à peu entre Zel et Kendra. Je l’ai trouvé poussive, et pas assez crédible pour l’apprécier. J’ai eu du mal à m’attacher à Kendra, qui a beau être indépendante et volontaire. Elle a certains traits de caractère qui m’ont beaucoup agacée.

De même au niveau de ses expressions, il y en a une en particulier qui est dans l’ouvrage une bonne dizaine de fois (si ce n’est plus). Kendra à la fâcheuse habitude de dire « Omondieu » tout le temps. Dès qu’elle est surprise/choquée/exaspérée, elle le dit. Et cela arrive souvent. Et surtout, je n’aime pas cette façon d’écrire. L’auteure a voulu créer un personnage bien à elle avec ses spécificités, ce qui est bien, mais ce trait de caractère ne m’a pas plu du tout.

En ce qui concerne l’histoire, elle est assez réussie dans son ensemble. L’intrigue qui lie Kendra à différents anges est très intéressante. On aurait aimé en savoir plus ! Tout ce qui a trait au fantastique est bien pensé et expliqué dans ce premier tome. La mythologie y est cohérente, et même réussie. On y découvre des monstres inventés de toutes pièces tels que les cauche-mare, qui dévorent les rêves de ses victimes. Pour les distraire il faut lancer quelque chose comme des lentilles, ce qui l’oblige à les compter et le détourne de son objectif premier…

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Ainsi, malgré quelques maladresses, ce premier tome est assez intéressant. Pour ceux et celles qui aiment les romances paranormales, ce roman pourrait plaire ! Il y manquait un soupçon de quelque chose pour un faire un roman plus captivant, mais c’est une bonne introduction à l’univers de Kalypso Caldin. A découvrir dès l’âge de 14/15 ans.

Chronique jeunesse : Princesse Henriette – Tome 1 & 2

Un livre entre le roman et la bande-dessinée qui dépoussière les romans d’aventures !

Les deux premiers tomes de la série Princesse Henriette sont chroniqués dans cet article, il s’agit du tome 1 – Princesse au bois mordant et du tome 2 – Le bal des douze souris.

Princesse Henriette est une toute nouvelle série de romans pour la jeunesse. Il y a du texte, certes, mais la part d’images est également très importante. Les deux premiers tomes sont sortis en août 2017, et le troisième vient de sortir en mars 2018. Au États-Unis, il y a déjà 6 tomes de parus ! En France, ce sont les éditions Milan qui publient la série.

Une princesse à la rescousse !

Princesse Henriette de la Grignote est loin d’être une princesse comme les autres. Elle déteste les cours de maintien, préfère une bonne épée à un thé entouré de biscuits et adore faire des courses de caille… Autant dire que l’on est très loin de l’image stéréotypée de la princesse à sauver !

Et ce n’est que le début. Car sachez que la Princesse Henriette a été victime d’une terrible malédiction qui tant qu’elle ne sera pas réalisée la rend immortelle. Alors elle s’en donne à cœur joie : plongeons à des hauteurs vertigineuses, combats à l’épée, sauvetages de princesses et de princes… Henriette est une véritable casse-cou.

C’est ainsi qu’un royaume en danger a besoin de son aide, et qu’elle va se jeter à corps perdu dans l’aventure…

Drôle et inattendu, un futur incontournable de la littérature jeunesse

ENFIN un roman jeunesse qui s’assume et qui est explicitement féministe ! Rien que pour cela, j’adore Princesse Henriette. Elle sauve des princes et des royaumes entiers, elle n’a pas froid aux yeux et se bat pour ses idéaux… en bref, elle me plait.

L’autre point fort de cette série jeunesse (j’ai lu les deux premiers tomes pour le moment), c’est qu’elle se joue des contes de fées. Ursula Vernon utilise tous les grands contes pour enfants et les refait à sa façon pour nous offrir un dépoussiérage fabuleux.

Dans le premier tome, c’est le conte de La belle au bois dormant qui est revu et corrigéet qui devient Hamster au bois mordant. Dans le second, c’est Le bal des douze princesses (un conte de fées allemand un peu moins connu) qui se transforme en Le bal des douze souris.

Mon dernier argument en faveur de cette série, c’est son aisance à la lecture. Les chapitres sont très courts, le texte aéré, les dessins nombreux… de quoi rassurer ou motiver les jeunes lecteurs et lectrices !

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La conclusion est bien simple : la série Princesse Henriette est un véritable coup de cœur. Les histoires sont dynamiques, drôles, sont bourrées de références (aussi bien pour les enfants que pour les adultes – notamment quand on voit un personnage lire Fée Actuelle).

Et autre point très positif, les ouvrages sont magnifiques ! Dans un format intermédiaire, couverture cartonnée et brillante (il y a quelques paillettes), la collection est superbe et très robuste. De quoi les lire, et les relire… !

J’ai donc hâte de lire le troisième tome de la série : Ratponce. Je vous laisse deviner de quel conte s’inspire ce nouvel opus…

Chronique : Dossier Alexander – Tome 1 – Illuminae

Un roman à la narration extrêmement originale et à l’intrigue addictive ! Bienvenue à bord du vaisseau Hypatia, en plein voyage galactique… mais qui risque de ne pas arriver à bon port…

Lors de la parution du premier tome de la série Dossier Alexander, ce fut l’effervescence. Beaucoup de blogs en parlaient, il y a eu un énorme bouche à oreille autour d’Illuminae… A juste titre ? Je dirais que oui, tant le mélange de genres est captivant et détonnant.

C’est ainsi qu’est paru Illuminae en septembre 2016, aux éditions Casterman. Énorme travail éditorial et de mise en page, ce roman est particulier à de très nombreux égards. C’est un monstre de plus de 600 pages que vous avez entre les mains.

Cet ouvrage ambitieux est écrit par Jay Kristoff (auteur de la saga de fantasy asiatique La guerre du Lotus chez Bragelonne) et Amie Kaufman, auteure du roman YA Vertige chez La Martinière.

Quand un lobby fait tuer des centaines de personnes

Tout commence par une fusillade par l’entreprise BeiTech sur des civils installés sur une planète colonisée depuis des années, mais isolée. C’est ainsi que la jeune Kaddy se voit embarquer en urgence sur l’Hypatia pour fuir la planète…

Son ex-petit ami depuis cinq minutes à peine – Ezra – a quant à lui réussit à embarquer sur l’Alexander. Ce qu’ils ne savent pas encore c’est qu’ils vont continuer à être poursuivis par BeiTech à travers l’espace… Et que l’IA (Intelligence Artificielle) qui gère l’Alexander est en train d’agir de façon extrêmement inquiétante au fil des heures…

Aussi inclassable que génial

Si l’on devait absolument cataloguer Illuminae, ont pourrait dire que c’est un mélange de SF militaire, de romance, d’aventure, de piratage et de survie. Tout ça mélangé de façon adroite et ultra-addictive.

Car l’expérience Illuminae est loin de se limiter à un simple roman. Vous avez une foule d’informations diverses qui rendent la dimension de lecture supérieure à ce que vous avez déjà pu lire (tout ça sans supplément numérique) : rapports, schémas, échanges mails, décomptes, calculs de trajectoires…

On pourrait croire que ces différentes formes de narrations sont trop décousues ou difficiles à appréhender, mais il n’en est rien. Je vous laisse juge avec les quelques photos intérieures que j’ai prises, mais je trouve le tout très réussit, tant au niveau graphique que narratif.

En très peu de pages, ont comprend vite les enjeux et la terrible injustice qui est en train de se dérouler sous nos yeux. Reste à savoir comment Ezra et Kaddy vont s’en sortir, (si ils s’en sortent) alors qu’ils sont dans deux vaisseaux différents aux caractéristiques diamétralement opposées.

Mais outre l’intrigue, l’ambiance constamment tendue du roman nous met à rude épreuve. En particulier le personnage de l’IA : AIDAN. Elle est absolument flippante, et ça ne s’arrange pas au fil des pages… Sans oublier la course-poursuite à travers l’espace qui met en danger les deux vaisseaux. Et aussi… le virus Phobos qui sévit un peu plus tard dont je ne peux malheureusement pas développer les caractéristiques (trop bien décrites que c’en est inquiétant).

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Si je ne vous ai pas convaincue avec cette chronique, je n’ai plus qu’une chose à ajouter : faites-moi confiance. Illuminae est un excellent roman YA dont la fin vous surprendra. Les personnages y sont tellement réalistes qu’ils prennent corps à la lecture, pour le meilleur et parfois pour le pire… Quoi qu’il en soit, ce roman est tout à fait mémorable ! A lire dès l’âge de 15 ans minium.