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Chronique : The Library Jumpers – Tome 1 – La voleuse de secrets

la-voleuse-de-secrets-1Un premier tome où magie et secrets sont liés inextricablement… et cela de manière passionnante !

Brenda Drake est une auteure d’origine américaine. Son roman La Voleuse de Secrets est le premier tome d’une saga nommée Library Jumpers. Il s’agit de son tout premier ouvrage à paraître en France.

Un nouvel univers magique s’ouvre à nous…

Imaginez que vous ayez la possibilité de voyager partout à travers le monde et plus encore grâce à un livre. Cela est possible ! Et nous ne parlons pas ici de la « simple » lecture qui vous transporte, mais bien de magie. Passez ainsi d’une bibliothèque à une autre en un clin d’œil, et cela quelle que soit la distance !

C’est ce qu’il va arriver à Gianna, une adolescente qui adore la lecture et les livres poussiéreux. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’en découvrant cet univers magique en toute innocence, elle allait au devant de bien des dangers… et de réponses concernant sa famille qui semble être tout sauf ordinaire… Magie, prophéties, apprentissage, tous les éléments sont réunis pour créer une intrigue bien bâtie !

Un premier tome immersif et bien construit 

Toute incursion dans une nouvelle saga mêlant intrigues et magie est toujours risquée, on a toujours la crainte de tomber sur un énième livre racontant la même histoire avec un peu d’imaginaire pour faire passer le tout… Mais je vous rassure, La Voleuse de Secrets recèle bien assez de bonnes idées à lui tout seul, on a ici affaire à un bon premier roman.

La magie créée par Brenda Drake est très fournie, il n’est pas uniquement question de vols de secrets, et de globes de magie. Cela n’est que l’avant-goût d’un univers fouillé qu’elle commence déjà à densifier dès la seconde moitié de son roman.

On fait par ailleurs la connaissance d’étranges (et attachantes) créatures diaphanes à l’allure très humaine : les Laniars. Certaines légendes de vampires seraient directement inspirées par leur existence, à l’époque où ils vivaient encore parmi les humains, sans se cacher.

Histoires de filiations, complots, enfants cachés et élevés dans le plus grand secret, cela n’est qu’un petit aperçu de ce que va vous proposer cette nouvelle série ancrée dans un imaginaire fort et séduisant.

Seul défaut assez gênant pour moi, l’auteure ne prends pas assez de temps pour détailler et creuser ses personnages pour les rendre uniques. Ainsi, lorsqu’on les recroise quelques centaines de pages plus tard, on a oublié de qui il s’agissait ainsi que son rôle au sein de l’intrigue. On s’y retrouve malgré tout au final, mais c’est assez inconfortable à la lecture et cela m’est arrivé quelques fois…

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Pour ceux qui ne savent plus quoi lire après les sagas telles que Gardiens des Cités Perdues ou encore Hex Hall, c’est juste parfait ! Seul souci, je veux déjà la suite ! Patience, le second tome sortira en début d’année 2017, il faudra donc attendre encore un peu pour le voir naître en France.

Enfin, j’adresse une mention toute particulière à la couverture que je trouve tout simplement magnifique !

Chronique : Gardiens des Cités Perdues – Tome 4 – Les Invisibles

gardiens-des-cites-perdues-04Le monde des elfes ne sera plus jamais pareil…

Et c’est parti pour le quatrième (déjà !) opus de Gardiens des Cités Perdues ! Vous pensiez peut-être que Shannon Messenger ne saurait pas se renouveler ou que tout avait été dit ? Et bien non ! C’est encore mieux : plus enlevé, plus dynamique, plus drôle et plus mystérieux aussi… Les Invisibles se dévore… Chronique d’un coup de cœur.

Une allégeance au Cygne Noir pour introduction

Nous laissions Sophie et ses comparses en fâcheuse posture avec une question cruciale. Doivent-ils rejoindre les rangs du Cygne Noir ? Si ils veulent vraiment changer les choses au sein du monde des elfes, la réponse est oui… Plus de faux-semblants ni de messages étranges, cette fois-ci c’est l’équipe qui s’est formée autour de Sophie qui se lance dans l’inconnu. Les dangers sont nombreux, les faux amis encore plus, mais cette histoire promet d’être à nulle autre pareille…

Plus de magie, plus de suspense, plus de… tout !

Vous l’aurez rapidement compris, ce quatrième tome des Gardiens des Cités Perdues est écrit de main de maître. Là où certaines séries s’essoufflent, Shannon Messenger tient ses lecteurs en haleine jusqu’au bout. Son imagination n’a pas de limites : on découvre encore tout un nouveau pan de magie qui jusque là nous était totalement inconnu.

Après les étoiles interdites, les marqueurs ogres et les esprits qui volent en éclats, nous voici face à d’autres formes de magie. Souvenirs cachés ou conservés ailleurs, passages mentaux secrets, étrange mal qui infecte une des espèces les plus braves des Cités Perdues…

Comme vous pouvez le constater, nos héros on de quoi être dépassés par la situation, mais ils tiennent bon. Vous assisterez à des scènes difficiles, émouvantes et fortes. Ici, plus question de Foxfire – la prestigieuse école des elfes – nos héros sont devenus des renégats et ont tout quitté pour sauver leur monde malgré lui… Quant au Conseil, ses membres semblent avoir perdu tout sens commun et décrètent Sophie et ses amis hors-la-loi. Autant dire que leurs missions relèvent alors de la haute voltige !

Vous assisterez paradoxalement à plus de d’humour dans ce tome (je pense notamment à la scène avec Monsieur Câlin), mais aussi à plus de noirceur. Le Cygne Noir est ainsi prêt à certaines extrémités inattendues. En somme, tout s’articule à merveille et les presque 700 pages qui composent le roman se dévorent littéralement.

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Ouvrir la porte des Cités Perdues, c’est découvrir un monde dans lequel on plonge à corps perdu. Pour moi, c’est tout simplement l’une des meilleures série jeunesse fantastique du moment. Elle n’a rien à envier aux sagas fantastiques telles que Harry Potter, A la croisée des mondes ou Alcatraz.

Alors, oui, ce quatrième tome est une réussite, et il surpasse même les précédents, un magnifique tour de force ! A quand la suite ? Début 2017 !

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Chronique : Gardiens des Cités Perdues – Tome 3 – Le Grand Brasier

gardiens-cites-perdues-3Une suite captivante et enlevée, à la hauteur des précédents tomes de la saga !

Nous voici de retour dans le monde merveilleux de la saga fantastique pour la jeunesse Gardiens des Cités Perdues. Nous en sommes au troisième opus sur les cinq prévus aux États-Unis (le cinquième sort en novembre 2016 en VO). Les retrouvailles avec les personnages nombreux et fouillés de la saga se fait facilement, même après une longue pause entre le tomes.

Shannon Messenger est l’auteur de cette belle saga fantastique pour la jeunesse, mais elle a également écrit une autre série nommée Let the sky fall, également en cours de parution aux éditions Lumen. Retenez bien son nom, car elle est très douée !

Le monde des elfes en plein bouleversement

Sophie avait découvert avec naïveté et émerveillement le monde si beau et parfait des elfes… Mais cette image s’effrite peu à peu à cause des nombreuses menaces qui planent sur la société elfique. Le contexte devient difficile, la menace constante.

La société des elfes elle-même si compréhensive et altruiste commence à se méfier de la talentueuse et belle Sophie. Une personne avec autant de dons dérange, surtout si elle n’est pas contrôlable…

Ce troisième tome est le signe de grands changements, mais pas nécessairement bons pour Sophie et ses amis.

Une intrigue qui s’obscurcit et gagne en densité

Après presque un an de pause, je retourne avec un plaisir fou dans le monde magique de Gardiens des Cités Perdues. La remise en mémoire des enjeux et des personnages et au final très aisée, chose que je n’aurais pas imaginée au départ… Mais ça se dévore, et sans mal !

Shannon Messenger nous fait le plaisir de nous fournir avec ce troisième tome plus de 600 pages de bonheur, et c’est en quelques jours à peine que l’on termine (déjà !) l’ouvrage.

L’intrigue gagne en noirceur, certains personnages et peuples encore jamais rencontrés font leur arrivée et gagnent peu à peu en importance. On en apprend encore un peu plus sur la magie qui entoure l’univers des elfes, mais également celui des ogres ! La pyrochinésie – cet art magique interdit – nous est ici pleinement développé dans toute sa dangerosité et donne d’ailleurs son nom à l’ouvrage. Les pouvoirs de Sophie quant à eux semblent n’avoir aucune limite, et on découvre avec émerveillement tout ce qu’elle peut réaliser…

Mais surtout, l’univers et la société elfe commencent à se déliter, devenir instables. Ce qui était au début de la light fantasy et de l’aventure se transforme en complots d’ordre politique et guerre secrète. Une nouvelle forme de société occulte fait d’ailleurs son apparition en plus du fameux Cygne Noir…

Disparitions inquiétantes, décisions politiques préoccupantes, morts prématurées… c’est un climat de guerre silencieuse qui règne sur le monde magique qui nous a été si merveilleusement dépeint par le passé.

Heureusement, on retrouve les personnages si attachants qui nous on tant fait rire et sourire précédemment. L’alicorne Silveny (et sa façon originale de dialoguer), mais aussi ce farceur de Keefe et le séduisant Fitz sont toujours de la partie. De même que l’un de mes personnages préférés au charisme fou et au charme très relatif : le gobelin de garde du corps de Sophie et ses manières brusques pour la protéger. Ce sera également l’occasion d’apprécier certains personnages vus précédemment mais plus développés dans cet opus-ci.

Nos jeunes héros vont devoir mûrir bien plus vite que prévu, on sent bien que ce tome est une passation vers l’âge adulte avec des enjeux d’un tout autre calibre…

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Si vous avez soif d’aventures, de révélations en chaine, de surprises et de magie à haute dose, Le Grand Brasier sera à la hauteur de vos espérances ! C’est un troisième tome explosif et passionnant dont on ressort émerveillé… avec une furieuse envie de se jeter sur la suite ! Et ouf, elle est déjà sortie (en juin 2016)…

Pour ceux qui n’auraient pas encore sauté le pas, j’espère que cette chronique aura su vous convaincre. Gardiens des Cités Perdues est à mettre dans votre bibliothèque, juste entre les Harry Potter de J.K. Rowling et La Croisée des Mondes de Pullman. C’est une des rares saga qui fait preuve d’autant de vie, de réalisme, et de magie tout à la fois.

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Chronique : Felicity Atcock – Tome 1 – Les anges mordent aussi

felicity-atcock-1-les-anges-mordent-aussiFelicity Atcock, une héroïne de bit-lit sur laquelle il va falloir compter !

Premier tome de la saga fantastique et sensuelle Felicity Atcock , le roman Les anges mordent aussi est écrit par la romancière française Sophie Jomain.  On lui doit déjà une foule de romans : Les étoiles de Noss Head (5 tomes), Cherche jeune femme avisée ou encore Quand la nuit devient jour qui vient tout juste de paraître.

Sa série Felicity Atcock est toujours en cours aux éditions Rebelle et J’ai Lu, avec déjà 5 tomes et un crossover. Le sixième est d’ailleurs très attendu de la part des lecteurs !

Un début étrange et en fanfare dans le monde « normal » de Felicity

Bienvenue à Bath, une petite ville anglaise sans prétention aucune. C’est à quelques kilomètres que vit Felicity, une jeune femme qui travaille comme vendeuse au Plaisir des sens, un chocolatier de la ville. Mais le soir où elle rend service à sa collègue Daphnée pour l’amener à un de ses rendez-vous galants à Londres, Felicity va voir sa vie définitivement bouleversée. A cause quoi ? D’une rencontre pour le moins… surnaturelle et charnelle ! Il semblerait que les vampires et les anges aient décidé de se mêler de sa vie de façon aussi inopinée qu’invasive… mais pourquoi donc ? Les réponses risquent d’être explosives !

felicity-atcock-1-les-anges-mordent-aussi-pocheDe la bit-lit française de qualité

Avec cette saga de Sophie Jomain, on peut définitivement dire que la bit-lit n’est pas l’apanage des auteurs américains. Chez nous aussi, nous avons des auteurs de qualité qui rendent addict, la preuve en est avec Felicity Atcock ! Tout y est bien dosé : humour, personnages bien campés (à la fois drôles et captivants), intrigue vive et menée avec adresse…

On se prend vite d’affection pour l’héroïne, un brin folle et maladroite, n’ayant pas toujours des pensées chastes, même (et surtout) quand il s’agit d’anges ! Son amie Daphnée est plus difficile à apprécier tant elle semble superficielle et capricieuse, mais l’avenir nous dira si on a raison de penser cela. En ce qui concerne les anges et les vampires que nous découvrons dans cette histoire, on appréhende leur organisation, leurs mythes ainsi que leurs règles étranges. C’est aussi ici que l’on découvre que Dieu existe et qu’il ne compte pas partager ses plans avec ses « employés », ce qui peut parfois créer quelques crispations…

En ce qui concerne les vampires, on découvre beaucoup de nouveau-nés qui pullulent dans la région de Bath. Leur mode de vie ne nous est que peu décrit dans ce premier opus, mais nous aurons largement le temps d’y revenir par la suite.

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Ce premier tome pose ainsi le décor, avec une histoire qui tourne au autour de cinq-six personnages angulaires. C’est assez simple dans la construction, mais c’est d’une redoutable efficacité. Que l’on soit fan de romance paranormale ou non, c’est une histoire qui fonctionne bien, et même très bien.

En somme, on meurt littéralement d’envie de connaître la suite, car nous sommes tombés sous le charme de Felicity, Terrence et des autres protagonistes hauts en couleur de cette belle série française !

Chronique : Cookie Monster

cookie-monsterUne nouvelle de sf immersive, où tout s’imbrique parfaitement avec art…

Vernor Vinge est un auteur de science-fiction d’origine américaine. Il est notamment connu pour ses romans Rainbows End ou encore Les enfants du ciel. Il est également célèbre pour son postulat (basé sur la loi de Moore) disant qu’en 2035 au plus tard, l’homme aura créé une machine à l’intelligence supérieure à la sienne. Cette future ère se nomme la post-humanité.

Avec Cookie Monster, les éditions du Bélial se proposent de nous faire découvrir des nouvelles (ou novella, car il s’agit ici d’une « longue » nouvelle d’une centaine de pages) issues des plus grands auteur de l’imaginaire. Au travers de leur collection Une heure lumière, c’est donc tout un pan d’imaginaire qui s’ouvre à nous. Un bien joli nom d’ailleurs pour une collection qui l’est tout autant : illustrations soignées par Aurélien Police, couverture dotée de rabats…

Un avenir lumineux s’ouvre…

Dixie Mae est une jeune femme pleine d’ambitions, et qui surtout voit un bel avenir se profiler… Si elle réussit à faire ses preuves dans la grande et prestigieuse firme informatique qu’est LotsaTech. Très sérieuse dans son travail, rien ne parviendra à la distraire… sauf un étrange mail lui balançant des secrets qu’elle seule est censée connaître. Farce d’un collègue concurrent ? Autre chose ? Dixie Mae ne laissera pas le mystérieux expéditeur s’en tirer facilement. Elle décide ainsi de partir en quête de son harceleur qui ne peux que se trouver au sein de l’entreprise au vu de la source même du message…

Cette enquête en interne qui ne devait durer que le temps d’une petite pause déjeuner risque d’être bien plus longue et éreintante que prévu pour Dixie Mae et les collègues qui décident de l’aider…

Une intrigue habillement menée qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page !

Fans de sf en tout genre, ne passez pas à côté de Cookie Monster (dont le titre étrange est parfaitement justifié). De simple chasse aux indices, on passe à d’autres niveaux de spéculation plus denses, plus incroyables. Pour ne rien dévoiler du plus savoureux de l’histoire, sachez juste que c’est malin… et diaboliquement bien pensé !

Ainsi, on est entre le roman de sf, le jeu de piste, et le roman policier. Ce beau mélange nous donne un rendu final extrêmement réussi. On appréciera également les quelques clin-d’œil culturels croisés dans le récit, je pense notamment à la fameuse « route de briques jaunes » du magicien d’Oz…

Par contre, je pense qu’il faut réserver cette excellente nouvelle aux lecteurs déjà férus de science-fiction car le vocabulaire utilisé ici risque d’en perdre certains voir même de les décourager, ce qui serait dommage, il y a tant à découvrir en sf ! Car nous avons ici affaire à un sous-genre passionnant de la sf : la hard-sf. Elle se caractérise en général par des descriptions scientifiques très précises et cohérentes.

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En somme, cette première incursion dans le monde de Vernor Vinge grâce à cette nouvelle fut une petite révélation. J’ai désormais très envie de découvrir plus avant l’œuvre de cet auteur aux idées simples et efficaces, mais mises en œuvre de façon merveilleusement réfléchie. On comprend pourquoi Cookie Monster a raflé le Prix Hugo de la meilleure nouvelle en 2004 !

Chronique : Les étoiles de Noss Head – Tome 3 – Accomplissement

les-etoiles-de-noss-head-3Toujours autant de plaisir à la lecture… et de belles révélations en perspective !

Sophie Jomain est une auteur française. Les étoiles de Noss Head est l’une des sagas qui l’a propulsée sur le devant de la scène littéraire (avec sa saga Felicity Atcock). D’abord parue aux éditions Rebelle, la saga est désormais éditée en poche chez J’ai Lu.

Diaboliquement addictif !

Nous laissions les héros de la saga en très fâcheuse posture à la fin du précédent tome… Mais que va devenir Hannah qui vient tout juste de voir son destin changé à jamais à cause d’une stupide vengeance ? Que va décider Leith à son propos, elle qui a si radicalement changé malgré elle ? L’avenir du couple Leith-Hannah semble très sérieusement compromis, mais c’est également l’histoire de deux clans radicalement opposés qui se joue dans la ville de St Andrews… Des conflits ancestraux sont en train d’émerger violemment… quelle en sera l’issue pour chaque camp concerné ?

Plus sombre que les précédents tomes…

Avec Accomplissement, on entre vraiment dans la partie surprenante et inattendue de l’intrigue. Le devenir d’Hannah est incertain, de même que ses pouvoirs récemment acquis. Elle possède désormais une part sombre qu’elle-même a bien du mal à assumer. Et c’est justement ici que les choses commencent à devenir intéressantes…

Le couple Leith-Hannah bat de l’aile (sans mauvais jeu de mot), mais ce n’est au final pas le plus crucial ni le plus important dans cette histoire. La question est plutôt de savoir quel camp va choisir Hannah, elle qui ne comprend toujours pas pourquoi elle devrait nécessairement en adopter un… Mais malgré tout cela, on ne peut s’empêcher de penser au désarrois d’Hannah, à la tendresse de Darius quand Leith décide de l’abandonner à sa nouvelle condition…

Je ne pourrais pas entrer beaucoup plus dans les détails sous peine d’en dire beaucoup trop, mais ce troisième tome est vraiment accrocheur. On découvre comme jamais les habitudes des fameux anges noirs rencontrés dans le précédent tome, et même on s’attache à eux.

Le personnage de la libraire un peu fofolle nommée Gwen est ici pleinement développé, et il était temps ! Nous ne l’avions pas assez vue pour l’apprécier pleinement, mais c’est une protagoniste pour le moins intéressante qui apporte un côté « culture ésotérique » indéniable à la saga. Et sa manière d’évoluer dans la saga n’est pas non plus pour déplaire…

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Ce troisième opus était franchement une véritable petite gourmandise littéraire, en particulier concernant la seconde moitié de l’ouvrage. Tout se précipite, devient captivant voir crucial… c’est comme si nous y étions ! Et le final de ce tome est encore plus impossible que le précédent ! Et oui, car Les étoiles de Noss Head n’est pas une trilogie… il reste encore deux tomes mouvementés pour Leith et Hannah, qui on l’espère réussiront à vivre enfin pleinement leur histoire…

Prochain tome à découvrir : Origines – Première partie (parution chez J’ai Lu le 15 juin 2016).

Chronique : Là où tombe la pluie

Là où tombe la pluieEt si la pluie ne tombait plus nulle part sur les Royaumes-Unis  sauf sur une petite propriété perdue dans la campagne anglaise ?

Catherine Chanter est une auteur anglaise, Là où tombe la pluie est son tout premier roman, il a été un véritable phénomène dans son pays d’origine. En France, ce sont les éditions Les Escales qui ont publié l’ouvrage en août 2015, il vient tout juste de sortir chez Le Livre de Poche.

L’histoire d’un couple en plein délitement qui cherche une bouffée d’air

Le couple que forment Ruth et Mark bat de l’aile. La vie londonienne ne leur convenant plus, ils décident de partir à la campagne pour changer leur façon de s’appréhender mutuellement, de vivre. C’est ainsi qu’ils emménagent à La Source, un magnifique endroit où tout semble plus beau, plus vivant, vert.

Mais un événement préoccupant survient : le pays subit une sécheresse sans précédent. Plus de pluie, plus d’eau nulle part. Peu à peu, les rationnements se mettent en place, mais la pénurie s’installe malgré tout. Et au centre de ce drame à l’échelle nationale, La Source. Ruth et Mark habitent le seul endroit du pays où tombe encore la pluie et où l’eau coule à flot.

Envie, jalousies, haine, ils vont être la cible des pires sentiments de l’humanité. Et La Source va également attirer d’étranges cercles de croyances et sectes diverses, y compris celle de La Rose de Jéricho. L’une de ses membres en particulier, Amélia, semble avoir une emprise particulière sur Ruth… Mais dans quel but ?

Et parmi tous ces événements sombres et anxiogènes, l’un d’entre eux, plus que tous les autres va gangrener Ruth : la mort de son petit-fils Lucien. Assignée à résidence, soupçonnée d’être une criminelle, harcelée et torturée par mille pensées, c’est ainsi que commence Là où tombe la pluie. Entre drame, roman psychologique et récit social.

Un récit aux idées excellentes mais à la mise en place lente et vaporeuse

L’idée de base du roman est très bonne, son développement également est bien fait, mais on se perd peu à peu dans les méandres de la culpabilité de Ruth.

La mort de son petit fils, ses interrogations, son assignation à résidence alors qu’on ne sait pas réellement si c’est elle qui l’a tué… Tout le panel de sentiments qu’elle attire également à cause du fait qu’elle possède La Source. Tout cela se mélange pour créer un portrait déstabilisant de Ruth.

Tantôt victime, tantôt initiatrice, elle semble avant tout plus perdue qu’autre chose. Et surtout, ses questionnements et hésitations la rendent extrêmement indécise et malléable.

Je dois avouer que c’est un personnage pour lequel j’ai eu du mal à avoir de l’affect car elle agace plus qu’autre chose à force de tergiversations. Et comme le roman tourne énormément autour de sa psychologie et de sa façon d’appréhender les événements, on peut vite s’irriter de sa façon d’être.

Alors, certes, le côté manipulation et troublé de l’intrigue est très bien fait. On se pose certaines questions jusqu’à la fin, l’histoire tenant plutôt bien le lecteur. Mais il y a de grosses lenteurs qui rendent éprouvante la lecture.

Catherine Chanter aurait encore pu développer plus l’évolution de la société anglaise face à la pénurie car ses idées étaient franchement bonnes. Mais comme l’histoire est écrite du point de vue de Ruth, on est vite limités, ce qui est normal vu son statut de prisonnière sous son propre toit.

Nous sommes donc dans un huis clos oppressant teinté de nombreux flash-back, et la présence de sœur Amélie n’arrange rien. Cette étrange femme ayant créé la secte de La Rose est persuadée que Ruth est une élue qui doit accomplir son destin… et l’entraîne à sa suite dans ses croyances singulières et étranges… Mais le tout reste extrêmement long à développer malgré des personnages réalistes et assez crédibles.

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Ce premier roman de Catherine Chanter est ainsi plein de bonnes idées mais traine beaucoup trop en longueur. Le sentiment d’oppression et de tension est bien là et parfaitement campé, mais ça ne suffit à en faire un grand roman. Trop de remplissage, une protagoniste trop malléable et peu attachante, ces faiblesses laissent un goût d’inachevé à ce roman nébuleux aux allures dramatiques.

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Chronique Jeunesse : Mémé Dusa

Mémé DusaSi votre famille vous cache votre grand-mère depuis de nombreuses années, c’est qu’il y a anguille sous roche… ou plutôt serpent !

Anne Schmauch, auteur jeunesse de son état, arrive dans la collection Pépix de Sarbacane avec Mémé Dusa ! Et pour illustrer le tout, l’illustratrice Katherine Ferrier est là également (c’est elle qui dessine les bd Hôtel étrange !).

Mémé Dusa, c’est l’histoire d’Hélène et de son grand frère Hector qui vont ENFIN rencontrer leur grand-mère durant les vacances… Mais il semblerait qu’elle ne soit pas très commode… et c’est le moins que l’on puisse dire !

Famille et mythologie ne font pas bon ménage

Quand ils prennent le train pour aller voir leurs grands-parents pendant les vacances, Hector et Hélène ne se doutent pas une seule seconde de tout ce qu’ils vont vivre. Personne à part eux ne pourra prétendre avoir passé pareilles vacances… Et pour cause, c’est en pleine Grèce Antique que nos deux héros vont débarquer ! Épopée mythique et folle garantie !

Mémé Dusa insideInattendu et fun !

A peine commencée, l’aventure nous prend pour nous emmener loin dans l’imagination d’Anne Schmauch et ne nous lâche plus. Vous croiserez pêle-mêle : Cerbère, Ulysse, un cyclope, Charon, Hadès… et autres personnages emblématiques de la mythologie grecque.

Tout cela sans oublier la fameuse grand-mère de nos deux héros : Mémé Dusa. Avouons que l’on peut décerner une mention spéciale pour la trouvaille du titre dont le jeu de mots est parfait (la couverture colle également à merveille).

En lisant ce nouveau Pépix, vous découvrirez la mythologie sous un jour inédit… et c’est ainsi que l’on découvre qu’Ulysse est un superbe lâche/menteur/manipulateur ! Et évidemment, Mémé Dusa est également un personnage de choix aux goûts pour le moins particuliers : outre l’art de la sculpture, elle adore les pizzas quatre fromages !

L’ambiance générale de l’ouvrage est top : on se sent tout de suite happé par l’histoire. Les dialogues sont amenés naturellement, de même que les très nombreuses vannes mutuelles entre Hélène et Hector.

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En somme, Mémé Dusa est un bon petit Pépix comme on les aime. Il recèle tous les éléments d’un bon roman jeunesse, et le tout fonctionne très bien. On pourrait se prendre à rêver d’un Pépix similaire avec la mythologie égyptienne… ce serait génial ! En tout cas, l’idée est là, et on la verrait bien déclinée dans le futur à d’autres mythes et légendes…

On espère donc revoir le duo Anne Schmauch/Katherine Ferrier pour de nouvelles aventures… épiques !

Interview de Victor Dixen pour sa saga Phobos

Phobos

Bonjour Victor, peux-tu te présenter aux lecteurs de La Bibliothèque de Glow ?

Victor Dixen : Je suis romancier et noctambule – la nuit est mon territoire d’inspiration, mon pays pour ainsi dire.

Phobos 1Comment est née la première idée de Phobos ?

Victor Dixen : L’effervescence de ces dernières années autour de la conquête spatiale en général et de Mars en particulier me fascine. Pour la première fois depuis que l’homme a marché sur la Lune, un autre monde est à portée de main humaine. Cela fait rêver – surtout la nuit, quand on regarde les étoiles.

Quelle était-elle ?

Victor Dixen : La première idée était très simple : la technologie actuelle permet de partir pour Mars, mais pas d’en revenir. Le rêve est donc en aller simple, sans espoir de retour – même s’il vire au cauchemar…

Combien de temps entre cette toute première idée et le résultat final ?

Victor Dixen : Une année, avec beaucoup de recherche sur l’astronomie et la technologie spatiale, pour donner à cette histoire toutes les couleurs de la réalité : le monde de Phobos, c’est déjà le nôtre.

Phobos 2 définitiveT’es-tu inspiré du projet Mars One et/ou du projet Mars 500 pour la psychologie de tes personnages ainsi que leur histoire ?

Victor Dixen : Plusieurs projets privés proposent en effet de prendre en charge la conquête de Mars, dont ces deux-là. Ils ont été moins médiatisés en France qu’à l’étranger. Reste que des dizaines de milliers de personnes ont postulé pour partir en aller simple. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à partir en abandonnant tout derrière lui ? Comment prend-on une telle décision ? Et surtout, qu’espère-t-on trouver à l’arrivée ? Ces questions sont au cœur de mon roman, et de chacun des passagers du Cupido.

Certaines télé-réalité t’ont-elles inspirées également ?

Victor Dixen : Je ne suis pas moi-même un gros consommateur de télé-réalité, mais même sans regarder ces émissions nous baignons dans la mise en scène permanente du réel et du soi. C’est le paradigme de notre époque, depuis les réseaux sociaux jusqu’aux selfies : il est impossible d’y échapper. Dans Phobos, j’ai poussé le curseur un peu plus loin – mais si peu !

Phobos origines

Comment ton texte est-il arrivé entre les mains de Glenn Tavennec ? (ndlr : responsable de la collection R)

Victor Dixen : J’ai pensé à la collection R en commençant à écrire Phobos, car ce roman me paraissait pouvoir s’y insérer parfaitement. Je connaissais Glenn et lorsque je lui ai parlé de cette histoire il a été emballé, ainsi que Constance et Fabrice avec qui il travaille.

 As-tu pu participer aux différentes étapes de réalisation de la couverture ?

Victor Dixen : J’essaye toujours de participer à l’élaboration des couvertures de mes livres, du choix de l’artiste à celui de la composition, car je considère que c’est comme l’affiche d’un film, le sourire d’un visage : le premier point de contact avec les futurs lecteurs.

En combien de tomes as-tu prévu cette saga ?

Victor Dixen : Phobos comportera 3 tomes… (mise à jour : il en comporté 4 au final + un préquel) si le programme Genesis ne m’élimine pas avant que j’aie eu le temps de dévoiler toute la vérité ! (ndlr : Le troisième tome de Phobos est à paraître pour le 24 novembre 2016).

Ma collection des quatre tomes de la saga Phobos, en effet, depuis l’interview il y a eu les fameux trois tomes d’écrits, et même un quatrième ! Il existe également un préquel avec Phobos Origines
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Chronique : Le Nexus du Docteur Erdmann

Le nexus du Docteur ErdmannUne science-fiction inattendue qui nous emmène aux confins de la conscience… dans une petite maison de retraite sans prétentions.

Voici une novella signée par la grande Nancy Kress, auteur américaine de science-fiction connue et reconnue pour ses écrits. En France, elle l’est encore trop peu, mais on peut citer certaines de ses œuvres parues chez nous : L’une rêve, l’autre pas (ActuSF), Après la chute (ActuSF) ou encore la présente novella. Les éditions Pocket et J’ai Lu la publiaient par le passé, mais ils ont depuis épuisé tous ses romans. Vous trouverez donc peu de ses ouvrages en France, mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’y intéresser !

D’étranges symptômes à l’échelle d’une maison de retraite entière

Au début, le Docteur Erdmann, grand physicien par le passé, pensait être le seul à sentir cette chose dans son cerveau. Cette présence inexplicable. Mais peu à peu, même les retraités les plus lambda ont eux aussi senti que quelque chose se passait…

Personne dans le corps médical n’arrive à trouver de quoi il s’agit malgré une collecte de témoignages et de nombreux examens. Et pourtant, ça s’approche, c’est presque là…

Prémices d’une apocalypse où les personnes du troisième âge ont un rôle crucial à jouer… mais lequel ?

J’ai découvert Nancy Kress grâce à cette novella, et j’avoue avoir été positivement surprise. Malgré quelques longueurs où l’on se perd un peu, c’est un texte intéressant et original. J’aime la sf qui fait réfléchir et cogiter. Vous savez, lorsqu’on a terminé un livre, mais qu’on y repense en se disant : « Et si… ». C’est justement ce qu’arrive à faire ici Nancy Kress.

Vous aurez beaucoup de questions mais pas autant de réponses, mais ça n’est pas important. Au contraire, garder une part de mystère peut se révéler intéressant… J’avoue que j’aurais voulu avoir une fin un tout petit peu plus développée, certes, mais se fait une raison et ça nous force à y réfléchir, y repenser.

Seul bémol pour moi, Nancy Kress fait beaucoup de digressions que je trouve parfois superflues. Elle aurait pu aller à l’essentiel plus rapidement. Elle a voulu prendre son temps. Installer ses personnages, leurs problématiques, etc. Cela les humanise, les rend plus réels, et l’élément sf de l’ouvrage n’en ressort que plus, alors… pourquoi pas ?

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Quoi qu’il en soit j’ai trouvé l’idée finale franchement bien pensée. Bien trouvée, inattendue, développée avec soin et discrétion pour nous amener à cette conclusion folle et terrifiante. A découvrir pour lire une science-fiction sociale, humaine et très ancrée dans notre réalité.

A réserver toutefois aux lecteurs habitués au genre. Le nexus du Docteur Ermann est le genre d’ouvrage qu’on lit quand on aime la sf. Quand on la découvre, il peut paraître frustrant, ce qui serait dommage.