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Chronique YA : Three Dark Crowns – Tome 1 – Three Dark Crowns

Le premier tome d’une fantasy sombre et envoûtante aussi dense que très surprenante. Si vous aimez les lectures qui vous transportent et vous font vivre une chute vertigineuse en fin de tome, c’est la saga qu’il vous faut !

Troisième roman de l’autrice américaine Kendare Blake à paraître en France, Three Dark Crowns (ou TDC pour les intimes) fait partie des ouvrages très remarqués de la fin d’année 2021.
Les éditions Leha frappent fort et comptent bien continuer sur leur lancée en écrasant tout sur leur passages avec quantité d’autres grosses séries de SFFF. Et avec TDC, les fans de fantasy sombre trouverons de quoi se repaître… La traduction est assurée par Hermine Hémon (elle traduit régulièrement et qualitativement pour les éditions Lucca ou encore ActuSF).

La série compte cinq tomes au total, plus un recueil de nouvelles.

Trois soeurs pour un seul trône

Bienvenue dans un monde autarcique où chaque reine donne naissance à des triplées, uniquement des filles, et chacune avec un pouvoir différent. Quand ces dernières sont assez grandes, la reine s’exile et laisse ses trois filles s’entretuer pour la couronne. C’est juste avant la cérémonie qui lancera la sanglante compétition que nous découvrons ce monde étrange et cruel…
Imaginez les Hunger Games avec de la magie et un trône à la clé ! Le tout sans oublier toute la complexité géopolitique de l’intrigue… Bien malin qui saura démêler le vrai du faux.

Une intrigue de haute volée

Il faut l’avouer, il n’est pas évident d’entrer d’emblée dans l’univers de TDC. L’autrice nous lance énormément d’explications (nécessaires) sur l’univers qu’elle a créé, ses intrigues, ses enjeux… C’est parfois un peu indigeste, surtout en début d’ouvrage. Mais une fois passé ce cap d’explications où le décor se pose doucement, on est lancé.

L’intrigue est maline, dense et très surprenante. TDC est une littérature YA exigeante, ce qui n’est pas un gros mot, mais un compliment. C’est bien écrit, avec un vrai style (que la traduction a su rendre au mieux) et on est loin de certains romans ados ultra simplistes. En fait, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un bon roman ado avec un peu de matière. Les trois quarts de la production sont si prévisibles et conditionnés pour un public type qu’il est impossible d’avoir un quelconque effet de surprise. De même pour le plaisir de lecture, c’est tout aussi rare.


Avec TDC, on demande au lecteur de faire en effet un effort, mais quelle récompense ensuite ! Une fois passées les cent premières pages, on comprend à peu près l’environnement dans lequel évoluent les trois sœurs. Et là, on se régale à découvrir les trahisons, complots et machinations qui se trament… Sans parler de malheureux hasards du destin !

C’est malin, très réussit et Kendare Blake a su garder un réel effet de surprise jusqu’à l’ultime page de ce premier tome. Mais quelle fin ! J’avoue que j’ai beaucoup regretté que le second tome n’ait pas encore été traduit quand j’ai terminé ce premier opus. Le final est tellement fou, c’est impossible de ne pas vouloir relire certaines scènes qui apparaissent sous un jour nouveau…

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été conquise malgré quelques débuts un peu lents pour moi. C’est sûr qu’à force de lire des romans aux phrases courtes et au vocabulaire simpliste, on oublie que parfois il faut faire un effort pour découvrir de nouveaux univers. Efforts très largement récompensés ! Alors, je lirais la suite avec beaucoup de plaisir, d’autant qu’en plus d’être bons à l’intérieur, les livres sont superbes à l’extérieurs.
Les couvertures sont les mêmes que la VO, et elles sont un régal pour les yeux…

Chronique jeunesse – Le gardien des tempêtes – Tome 1

Une magie celtique, des bougies aux pouvoirs insoupçonnés et de nombreux secrets de famille… le tout concentré en un seul endroit : l’île d’Arranmore.

Premier roman de Catherine Doyle à paraître en France; Le gardien des tempêtes est également le premier tome d’une série. Pour le moment, la série compte deux tomes dans sa langue originale. L’ouvrage est paru aux éditions Bayard en octobre 2019.

Un exil forcé sur une petite île irlandaise

Fionn et sa soeur Tara sont obligés par leur mère à aller vivre pour quelque temps chez leur grand-père, sur l’île d’Arranomre. Dès leur arrivée, des choses étranges se passent, et à chaque fois que Fionn essaye d’en savoir plus, il se fait méchamment rebuter par sa grande sœur. Elle semble savoir des choses, mais ne lui dévoile rien… Quand son grand-père commence à lui parler des légendes liées à l’île, Fionn comprend à peu que de nombreux enjeux entourent l’île et ses habitants…

Tout pour fonctionner, mais rien pour captiver…

C’est dommage, mais c’est mon ressenti général sur ce roman. L’histoire a beau être intéressante et assez originale (de la magie avec des souvenirs insérés dans des bougies, une très bonne idée !), ça n’a pas pris. Pourquoi ? Je ne saurais le dire, mais j’ai trouvé l’alchimie entre les personnages peu réussie. Ils sont tous facilement identifiables cependant, ce n’est pas de la faute de l’autrice, qui a très bien dépeint chacun d’entre eux.

Non, cela réside peut-être dans la façon de dérouler son intrigue, mais j’ai trouvé tout cela assez ennuyeux… Dès quelques chapitres, on comprend qui va être un danger pour Fionn et sa famille, qui va lui révéler des choses sur son passé, etc.

Évidemment, quand on est dans le lectorat cible de ce genre de roman (environ 10 ans), on ne verras pas les choses ainsi, et c’est tout à fait normal. Cependant, je n’ai pas trouvé que l’ouvrage assez loin dans son intrigue et son univers.

J’aurais aimé découvrir plus de spécificités quant à la culture irlandaise (bon, ils boivent beaucoup de thé dans le roman, mais c’est tout !), de même sur les légendes celtes…

Ainsi, la seule originalité plaisante réside dans ce système magique qui use des bougies qu’on allume pour revivre des souvenirs. Ainsi, le grand-père de Fionn possède-t-il des centaines de bougies correspondant à tout autant d’époques, de rencontres, de personnes…

En somme Le gardiens des tempêtes n’est pas un mauvais roman, mais il en existe tant d’autres dans le même style qu’il ne laisse aucun souvenir après sa lecture. Et c’est peut-être pire que de ne pas avoir aimé un ouvrage : l’oublier aussitôt qu’il est terminé.

Cette chronique a été rédigée initalement pour le website ActuSF.

La couverture du second tome de Gardiens des Tempêtes, pas encore paru en France : The Lost Tide warriors.

Chronique : DIX

Une réécriture à la sauce contemporaine du fameux roman Les dix petits nègres d’Agatha Christie… et ça le remet bien au goût du jour !

On connait déjà Marine Carteron grâce à son entrée remarquée ans la littérature ado avec la trilogie Les Autodafeurs (Rouergue). Depuis, elle a fait son chemin et a sorti d’autres livres comme la série Génération K (Rouergue) ou encore L’attaque des cubes.

Dix est paru en mars 2019 aux éditions du Rouergue, dans la très bonne collection ado Epik. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réécriture dépoussière bien l’original dont elle est inspirée…

Une télé-réalité mettant en scène des lycéens dans un décor de rêve…

Une villa grand luxe au large d’une île isolée. Ils sont dix. Trois adolescents accompagnés de trois adultes… et aucun n’est blanc comme neige… Et ce qu’ils ne savent pas encore, c’est qu’ils vont payer chacun leur tour pour le crime…

Un roman noir à dévorer

Que l’on soit un adolescent ou un adulte, on lira avec le même plaisir Dix. Plus qu’un roman issu des Dix Petit Nègres, c’est un nouveau souffle que Marine Carteron offre au roman le plus connu d’Agatha Christie. Et là où la cohérence manque parfois dans le roman d’origine (on ne peux pas user de déduction !), ici l’autrice nous sèmes de légers indices quant à la personne derrière cette terrible machination. Mais bien malin qui saura deviner quelle est la personne à l’origine de ce terrible jeu télévisé…

Le mieux pour savourer ce roman, c’est de commencer par Les dix petits nègres. Pour moi, ça donne vraiment corps au travail monumental qu’a réalisé l’autrice pour s’approprier ce classique. Et elle a réussi à faire un sans faute. Les phrases sont courtes, d’une efficacité rare, parfois même âpres ou saignantes… Il y a notamment une phrase marquante dans ce roman qui donne le ton entier du texte :

 » Elle tomba. Sans élégance. Comme la merde qu’elle était « .

C’est brutal et subtil à la fois, étrange mélange me direz-vous… Est-il seulement possible ? Et bien oui, puisqu’elle l’a fait !

Dix est donc un futur classique de la littérature ado. Il est à mettre juste à côté du roman d’Agatha Christie et c’est un véritable régal de lire les deux ouvrages à la suite. Je suis maintenant fortement tentée pour lire l’ouvrage de Pierre Bayard intitulé La vérité sur les Dix petits nègres aux éditions de Minuit…

Chronique : La péninsule aux 24 saisons

La péninsule aux 24 saisons - Mayumi InabaUn roman doux, tendre et contemplatif qui nous plonge dans un Japon rural et simple

Second roman de Mayumi Inaba à paraître en France, La péninsule aux 24 saisons est paru aux éditions Picquier en mars 2018.

Elle s’était déjà fait remarqué en France avec son précédent roman 20 ans avec mon chat.

Une ode à la nature dans ce qu’elle a de plus beau

Dans ce roman lent et doux, nous suivons le quotidien d’une femme qui décide de quitter la grande ville de Tokyo quelque temps. Elle est auteure, et peux donc travailler ailleurs qu’à son appartement. C’est ainsi qu’elle décide de partir sur une petite presque-île, où elle possède une petite maison tout ce qu’il y a de plus simple…
La voici partie à la (re)découverte d’elle-même et du rythme des saisons, qui sont bien plus nombreuses que les 4 que nous connaissons. Voici les 24 saisons, celles qui vont lui permettre de savourer le temps qui passe et tous les bienfaits que la nature nous apporte…

Une histoire agréable, mais parfois un peu trop contemplative

Comme souvent avec les roman nippons, on est dans la grâce de l’instant, de ses bienfaits. Ici, c’est exactement cette saveur du moment présent qui est retranscrite, mais tout au long du roman.

La narratrice conte l’écoulement lent de ses journée, ses relations avec ses voisins (dont certains ont une histoire, un vécu très intéressant voir touchant), ses petits rituels. Peu à peu, elle prend du recul face à son passé de femme citadine et pressée (ce qui donne d’ailleurs envie de faire de même !).

« Les journées que je passe dans la péninsule sont comme les blancs de ma vie. J’en ai par-dessus la tête des journées remplies du matin au soir de choses à faire. Je voudrais ici autant que possible des journées en blanc.« 

Mais malgré ce retour aux sources, j’ai trouvé que le roman avait quelques passages à vide assez longs. Mais je comprends tout à fait l’idée de l’auteure, qui a voulu nous signifier un écoulement du temps différent. Moins dans le vif, et plus dans la saveur de l’instant…

« Le sommeil vient au bout de quelques secondes, un sommeil dense comme le miel« .

Quoi qu’il en soit, l’écriture de Mayumi Inaba est un régal. A l’image de l’histoire de sa narratrice, elle est douce, belle, simple. Rien à redire là-dessus, c’est un texte réussi pour moi de ce point de vue.

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Cette lecture n’est malgré tout pas un coup de coeur, même si il revêt de très nombreux points positifs. J’ai eu beaucoup de mal à terminer l’ouvrage à partir des deux tiers, dommage.

Quoi qu’il en soit, le message de La péninsule aux 24 saisons est emprunt de positivité et ne donne qu’une se

ule envie : se trouver une maisonnette pour trouver enfin le temps de prendre soin de soi, et de ce qui nous entoure… Et rien que pour cela, c’est un bon roman.

La péninsule aux 24 saisons - Mayumi Inaba

Chronique : Le vertige des falaises

Un roman étrange prenant place sur une petite île loin de tout ou chacun à sa manière renferme un secret… parfois pesant.

Le vertige des falaises est le dernier roman en date de Gilles Paris, il est paru chez Plon en avril 2017. Il signe le retour de l’auteur après quelques années de pause. Le nom de Gilles Paris vous dit peut-être quelque chose ? C’est certainement grâce au roman Autobiographie d’une courgette (adapté au cinéma sous le même titre).

Il a également écrit les livres suivants : Papa et maman sont morts, L’été des lucioles, et Au pays des kangourous.

Marnie, une jeune fille bien solitaire…

Que cache le caractère indépendant, taciturne et parfois très dur de Marnie ? Elle a 14 ans, n’a jamais quitté son île, et veux mordre la vie à pleines dents… Mais son passé et son présent pèsent déjà énormément sur son existence. Son père est mort tragiquement dans un accident de voiture, et sa mère a un cancer en phase terminale…

On sent une ambiance extrêmement pesante sur l’île, est-ce seulement à cause de la famille de Marnie et de son lourd passé à chaque génération ? Ou les habitants gardent-ils autre chose au fond d’eux ?

Malaise sur l’île

Malgré une ambiance très bien campée, difficile de cerner clairement les tenants et aboutissants du roman Le Vertige des falaises… En effet, le roman a beau être sombre, il est également très naïf dans son développement. Certaines attitudes des personnages sont prévisibles, d’autres assez incompréhensibles ou gratuites… Cela donne un portrait global assez peu clair de l’œuvre.

Certes, il y a de nombreux secrets à découvrir : aussi bien concernant la famille de Marnie vivant dans son immense villa d’acier (nommée Glass) surplombant l’île, que chez les habitants. Certains sont même si insignifiants qu’on s’interroge sur l’utilité de les découvrir.

Je l’avoue, je n’ai pas réussi à être totalement transportée par ce roman dont les élans maritimes et solitaires auraient pu me plaire. Trop sombre sans justification, recelant assez peu de surprises, j’ai trouvé ce roman assez peu mature. J’ai eu du mal à m’attacher à Marnie, trop ambivalente, sauvage (même si c’est également sa plus grande force).

Certains passages laissent assez interrogatifs quant à leur but final. Gilles Paris exploite différentes matières de réflexion pour laisser lecteur songeur. Mais jamais il ne retraite de certains personnages ou de leurs actes étranges… Est-ce pour nous perdre ? Nous faire tomber dans une fausse piste ?

Je n’ai pas la réponse, mais c’est assez frustrant. C’est dommage car j’ai vraiment aimé l’ambiance, mais je m’attendais à une intrigue bien plus ample, plus dévastatrice en termes de révélations.

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En somme, pour moi, Le vertige des falaises est un roman très dispensable. J’aurais adoré aimer ce livre, mais ça a été finalement un rendez-vous manqué… Mais cela ne m’empêchera pas de découvrir de façon plus approfondie l’œuvre de Gilles Paris qui m’intrigue tout de même.

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Chronique : Nous les menteurs

Nous les menteursUn roman puissant et haletant

Il vient tout juste de paraître aux éditions Gallimard Jeunesse et promet d’être un bel incontournable de cet été. Nous les menteurs est une nouveauté surprenante et difficile à classer qui se dévore littéralement.

Pour ce qui est de son auteur, E. Lockhart, vous la connaissez peut-être pour son œuvre plus axée jeunesse : Roby Oliver (4 tomes aux éditions Casterman). Avec Nous les menteurs, elle signe une belle incursion en territoire ado. Il s’agit d’un ouvrage unique, pas de suite, c’est promis !

Les Sinclair, privilégiés parmi les privilégiés

Ils sont riches, ils sont blonds, ils sont beaux et vivent tout l’été sur une île qui leur appartient : bienvenue chez les Sinclair. Cadence Sinclair Eastman est l’une des petites filles de cette grande famille. Elle va sur ses 17 ans, mais depuis l’été 15 (elle nomme ainsi les étés avec ses cousins et cousines nés la même année) Cadence n’a plus toute sa mémoire.

Elle s’est teint les cheveux, a des maux de tête qui la rendent si faible qu’elle reste allongée sur le carrelage de la salle de bain. Parfois même, elle a des nausées telles que sa journée entière est perdue. C’est ainsi depuis l’été 15 et ses mystérieux événements.

Personne dans la famille Sainclair n’a le droit de lui dire ce qu’il s’est passé. Il vaut mieux que les souvenirs se rappellent lentement à Cadence disent les médecins. Fragmentées, incohérentes, parfois brutales, les réminiscences de la jeune femme la déstabilisent… mais pour la mener vers quelle vérité ?

Un page-turner insoutenable

En effet, la première des qualités de ce roman est la rapidité avec laquelle on dévore son texte. C’est si bien décrit et mis en scène que la lecture en devient presque trop rapide… Je m’explique. Nous les menteurs est un roman qui joue sur le ressort de l’amnésie de sa narratrice, Cadence. Les faits s’imbriquent parfaitement, l’auteur semant toujours un soupçon d’indice, mais jamais assez pour nous laisser entièrement deviner les faits. Et justement, cette tension omniprésente nous fait littéralement dévorer son roman.

Mais alors, est-ce bien de le lire aussi vite ? Aussitôt lu aussitôt oublié ? Justement non. E. Lockhart réussit à semer tant de petites choses pernicieuses, cachées, obscures, qu’une seconde lecture devient incontournable.

Ce n’est que lors de cette seconde lecture que l’on aperçoit la vue d’ensemble, que l’on décode les gestes, les signes avant-coureurs de la révélation finale (au passage terriblement bien maquillée).

Personnellement, j’adore ces ambiances de roman. Un été qui se déroule dans un endroit paradisiaque (en particulier une île), avec pour personnages principaux de riches adolescents à qui tout réussit et va sourire, de lourds secrets en suspend… Cette présentation n’est d’ailleurs pas sans faire penser à une saga dans le même genre : la trilogie Le Pacte de Jenny Han et Siobhan Vivian, qui est également très bien tournée.

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Je ne puis donc que vous conseiller cette lecture qui a un pouvoir particulier, celui d’en discuter passionnément avec ceux qui l’auront lu ! Maintenant, il ne vous reste plus qu’à le lire, construire vos hypothèses… et le relire. A conseiller dès l’âge de 14 ans environ.

Nous les menteurs map

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Chronique Jeunesse : Super Louis et l’île aux 40 crânes

Super Louis et l'île aux 40 crânesPour ceux qui aiment les histoires de bandits, de piratesses et d’îles étranges truffées de têtes de morts !

Nouveau roman dans la collection créative Pépix de Sarbacane, Super Louis et l’île aux 40 crânes est écrit par Florence Hinckel.

L’auteur est connue en littérature jeunesse pour nombre de ses ouvrages : Le Chat Pitre (Nathan), Théa pour l’éternité (Syros), Mémoire en mi (Mini Syros Soon), Quatre fille et quatre garçons (Talents Hauts)… L’année 2014 est très prolifique pour elle avec quatre romans à son actif !

Les illustrations sont réalisées par Anne Montel, elle travaille régulièrement pour la presse. Sa dernière parution est la bande-dessinée jeunesse réalisée avec Loïc Clément : Le temps des mitaines (Didier Jeunesse). On reconnaît aisément son trait doux aux couleurs pastels.

Jeune homme le jour, super-héros la nuit… voici Super Louis !

Louis est un garçon quasiment comme les autres, hormis le fait qu’il a une imagination débordante qui lui permet « d’écrabouiller les méchants » durant la nuit.

Le jeune homme vit donc son quotidien le plus normalement possible, ainsi y a-t-il dans sa classe la jeune demoiselle un peu rebelle prénommée Vanessa, la brute surnommée Brutus par Louis (au bon fond, mais on ne le sait qu’un peu plus tard) ainsi que ses sbires… Mais les préjugés de chacun vont avoir le cou tordu lorsqu’un bandit va interrompre un crucial combat de toupies et enlever les enfants pour les emmener sur l’île aux 40 crânes… il va leur falloir se serrer les coudes !

Moins mémorable que les précédents ouvrages de la collection

Comme habituellement dans la collection Pépix, le récit est entrecoupé de chapitres bonus tels que : « comment survivre quand ta grande sœur t’enferme dans les toilettes pas allumées » ou « comment confectionner un radeau quand on n’a pas de hache pour couper du bois et qu’on est pas en Amazonie et que donc y a pas de liane ».

Mais ce récit pour la jeunesse a beau réunir des codes qui fonctionnent auprès d’un jeune lectorat, j’ai trouvé ce roman beaucoup moins original et prenant que ceux qui composent la collection Pépix.

Il y a effectivement de l’aventure, mais le piquant et l’originalité n’y sont pas présents comme on aurait pu s’y attendre. En effet, hormis l’enlèvement et la brève rencontre avec la piratesse (dont on aurait aimé connaître plus amplement l’histoire), le récit manque d’un je-ne-sais-quoi qui l’aurait rendu plus fun, plus captivant.

L’histoire est certes là, mais pas assez développée pour devenir réellement séduisante, comme si elle avait été tronquée, on a l’impression que le récit ne nous est pas entièrement narré. C’est dommage car la lecture donne ainsi une impression de manque jusqu’à la fin. On ne rentre pas franchement dedans, et une fois terminé,  on commençait à peine à entrer dans le vif du sujet…

Il y a cependant un réel travail d’écriture : Florence Hinckel joue sur les expressions françaises en les écrivant comme un enfant pourrait les comprendre : un « préambule » devient un « pré en bulle », une « précaution » se transforme en « prêt de caution » ou encore « illico presto » en « Hélico pesto » ! Cette facette du roman le rend agréable à lire.

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Sympathique donc, mais pas indispensable : Super Louis et l’île aux 40 crânes est un roman adapté aux enfants dès l’âge de 9 ans. Quoi qu’il en soit, les illustrations d’Anne Montel sont très belles et donnent vie au récit de façon charmante.

Ceux aimant les histoires courtes, les bandits et l’héroïsme devraient toutefois trouver de quoi se divertir. Affaire à suivre avec une possible suite, le roman se concluant de façon très surprenante !

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Chronique : Le pacte – Tome 2 – Mensonges

Le pacte 02Plus méchant, plus machiavélique, l’étau se resserre sur le trio de demoiselles vengeresses…

Coécrit par Jenny Han et Siobhan Vivian – deux auteurs à succès aux Etats-Unis – le second tome de la trilogie Le Pacte est paru en mars dernier, toujours dans la collection Scarlett aux éditions Panini. L’intrigue se corse quand nous reprenons l’histoire où nous l’avons laissée, après l’incident du Bal. Les trois adolescentes sont en danger, ainsi que leur secret…

Surtout, rester discrètes

Suite directe de Vengeance, le roman Mensonges nous replonge dans la tourmente du Bal de fin d’année qui ne s’est pas franchement déroulé comme prévu… Lillia a été élue Reine du Bal, coupant l’herbe sous le pied de Rennie, ce qui n’était pas au programme, même si cela rend la vengeance encore plus accomplie. Mais le plus grave reste l’accident de Reeve : personne ne sait s’il pourra rejouer au foot un jour, et ça non plus ça n’était pas prévu.

En bref, la vengeance s’est quelque peu transformée en carnage en partie involontaire… et certaines personnes autant, voir plus sournoises que Lillia, Mary et Kat sont sur leur piste.

Plus mesquin et surtout beaucoup plus captivant

Avec Mensonges, on monte très vite en puissance en termes de suspense, de tension et de révélations. Les choses se précipitent à une vitesse folle, d’autant que certains membres du trio ne souhaitent pas en rester là… Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu et la vengeance va devenir plus ardue au fil des pages, en particulier pour l’une de nos narratrices.

On en apprend plus sur la personnalité et surtout le mode de vie de certaines d’entres elles, en particulier concernant Kat dont le passé n’est guère rose. En ce qui concerne Mary, des choses de plus en plus étranges se passent autour d’elle : sa tante a des réactions étranges en sa présence, et certains événements inexpliqués dans le premier tome trouvent enfin une réponse.

En fait, vous trouverez toujours autant de mauvais esprit, et même plus encore qu’avant. Nos trois anti-héroïnes ne sont pas les seules à faire de sales coups, et elles vont bientôt devoir répondre de certains  de leurs actes…

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Pour terminer cette chronique je dirais que ce second tome est très riche, beaucoup plus dense et enfin plus intéressant que le premier tome. En effet, dans Vengeance, on en était à un stade de « rodage », mais avec Mensonges, le potentiel du récit prend enfin de l’ampleur.

Ce second tome est plus vif, moins gentillet et surtout beaucoup plus incisif que le premier et il était temps d’y aller franchement. Alors délectez-vous bien de chaque phrase et cueillez le moindre indice que les auteurs on bien voulu nous laisser. Et surtout, restez bien assises quand vous atteindrez les dernières pages… vous risquerez d’avoir un choc !

Il va sans dire que le troisième et dernier tome est attendu avec une énorme impatience. Pas  encore de date de prévue en France, mais ça y est, je suis addict !

Chronique : Le Pacte – Tome 1 – Vengeance

Le pacte 01Jusqu’où sont-elles prêtes à aller pour venger leur image bafouée ?

Le pacte est une trilogie parue aux éditions Panini dans la collection Scarlett. Les auteurs de cette série pour ados sont toutes deux reconnues pour leur travail d’écrivain.

La première est Jenny Han, l’auteur de la série L’été où je suis devenue jolie (Wiz) qui fut un succès. La seconde est Siobhan Vivian, une auteur que nous ne connaissons en France que pour un seul roman, mais qui a su faire parler de lui : La liste (Nathan). Les deux auteurs se sont connues au lycée, à New York. Elles possèdent toutes deux un master en écriture créative. Le Pacte est leur premier travail à deux plumes.

A Jar Island, tout n’est pas aussi beau et calme qu’on pourrait le croire

Bienvenue sur une petite île : Jar Island. Il n’y a guère d’habitants en dehors de la période touristique, les gens qui y vivent de façon permanente se connaissent presque tous et sont pour la plus grande part très aisés financièrement… C’est ici que nous faisons la connaissance des trois narratrices du roman : Lillia, Mary et Kat. Toutes trois sont au lycée et elles ne le savent pas encore, mais elles vont conclure un marché qui les servira chacune tour à tour…

Lillia et Kat se connaissent mais ne se côtoient pas vraiment. Mary est quant à elle nouvelle sur le campus. Elle a tout fait pour terminer sa scolarité au lycée de Jar Island et n’y connaît personne… excepté une personne, et c’est pour elle qu’elle est venue.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Par un concours de circonstances qui relève du hasard, les trois jeunes filles vont ainsi se venger ensemble de trois personnes. Certaines sont leurs propres amis, mais le pacte ayant été conclu, chacune aidera l’autre à réaliser sa revanche…

Une jeune fille harcelée depuis des années qui a du suivre de longues séances psychologiques pour s’accepter, une qui veut venger l’honneur de sa petite sœur et enfin une qui veut faire plonger celle qui sème des mensonges sur elle depuis trop longtemps. Voilà le portrait des trois jeunes filles qui ont conclu le pacte.

Mais que vont-elles faire ? Jusqu’où veulent-elles pousser leur vengeance pour se sentir enfin libérées ? Leurs actes seront-ils à la hauteur de ce qu’elles ont subit ou pire encore ?

Entre la chick-lit et le thriller

Vengeance est un premier tome qui se lit très rapidement (d’autant que le corps des mots y est très gros). Chaque chapitre est centré sur l’une des trois adolescentes et écrit de leur point de vue : nous y retrouvons leur quotidien, découvrons leurs amis ainsi que leur passé. Les liens qui apparaissent entre tous les personnages se densifient au fur et à mesure de l’intrigue, rendant sa dimension plus intéressante mais également plus complexe (il arrive parfois que l’on confonde certains personnages).

Tout la cruauté du monde de l’adolescence avec ses amitié qui se font et se défont est retranscrite avec réalisme. On y retrouve des dialogues piquants, des scènes de la vie quotidienne au lycée qui sont relativement réalistes… Le tout étant au final réussit.

Le mélange entre suspense et littérature très féminine (on y parle beaucoup vêtement, look et apparences) est bien dosé. Les auteurs on su rendre le tout intéressant sans tomber dans les écueils de la chick-lit et en montant peu à peu la tension… Il y a également une interrogation que l’on peut soulever après lecture du premier tome, bien que les éléments soient extrêmement ténus : y a-t-il du fantastique dans la série Le Pacte ? La réponse n’est pas encore ici.

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Alors que penser de ce premier tome ? Loin d’être introductif, il nous plonge rapidement dans l’action. Les héroïnes vengeresses ne sont pas toutes attachantes de la même manière, celle attirant le plus d’empathie étant selon moi Mary. Les deux autres sont plus dans le stéréotype de la jeune fille belle et méchante et se révèlent moins. Vengeance ainsi est un bon roman qui donne très envie de découvrir toutes les intrigues qui se trament sur Jar Island. En effet, on attend tout de même une montée en puissance sur tous les plans, même si le chapitre final est efficace. Affaire à suivre avec Mensonges, le second tome de la série.

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Chronique Jeunesse : Les dragons de Nalsara – Tome 1 – Le troisième œuf

Les dragons de Nalsara 01Bienvenue aux plus jeunes en terre fantasy…

Publiée aux éditions Bayard, Les dragons de Nalsara est une série de premières lectures pour la jeunesse dès l’âge de 8 ans. On y retrouve tous les éléments clés d’une série de fantasy, le tout en mots simples et en histoires captivantes. Le troisième œuf – premier tome de la série – est sorti en 2008. Depuis, la série connaît un succès toujours grandissant et en est déjà au treizième tome.
Son auteure, Marie-Hélène Delval est notamment connue pour d’autres ouvrages pour la jeunesse tels que Les chats, Victor l’enfant sauvage, ou encore l’ogre qui avait peur des enfants. C’est également elle qui a fait la traduction du second tome de la saga Eragon : l’Aîné.
L’illustrateur, Alban Marilleau a quand à lui étudié à l’école supérieure d’Angoulême et illustre quantité d’albums et de bd chez de nombreux éditeurs.

Un mystérieux œuf trouvé près de l’eau…

Cham et Nyne vivent sur l’île aux dragons, le seul endroit où une fois tous les neuf ans,les dragonnes pondent quelques rares œufs sur les falaises… la mission du père des deux enfants est de prendre soin de ces œufs. Il doit les faire éclore et élever les dragonneaux pour le compte du Roi qui les fera mander une fois qu’ils seront prêts.
Mais sur les trois œufs trouvés, l’un est très mystérieux : sa couleur est différente de celle des autres, et la créature qui en sort est très étrange…

La jeune Nyne se prend d’affection pour la bizarre bête qu’elle nomme Vag tandis que son frère se passionne pour les deux dragonneaux qui viennent de naître… deux amitiés sont en train de se nouer pour longtemps.

Un récit envoûtant et poétique

Ce premier tome est parfait pour initier les jeunes lecteurs à la fantasy. Dès les premières pages, ont est pris par l’histoire du mystérieux œuf puis par le devenir des deux enfants et de leur dragons respectifs.

Les mots de Marie-Hélène Delval sont simples et emplis de poésie. La description du petit Vag le rend très vite très attachant aux yeux du lecteur…
Amitié et amour fraternel sont au centre de ce court récit, véhiculant de belles valeurs avec une pointe de rêve. Le tout étant très joliment illustré avec onirisme.

On ne peut que recommander cette série, car il n’y en a que trop qui sont de piètre qualité en fantasy pour cet âge. A lire tout seul ou avec ses parents, les chapitres sont courts. De quoi réconcilier parents et enfants avec le fantastique !

9/10