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Chronique : La petite boutique aux poisons

Sarah Penner est autrice américaine, La petite boutique aux poisons est son tout premier roman, et dès sa parution il fut remarqué aussi bien dans son pays d’origine qu’en France. Tout concoure à attiser la curiosité : un titre mystérieux, une couverture jolie et intrigante… et une histoire qui donne envie de s’y plonger !
L’autrice a également écrit, toujours chez Faubourg Marigny : Le cercle occulte des gentlemens.

Une vie bouleversée et à la croisée des chemins

Caroline Parcewell est une femme mariée, heureuse, du moins le croyait-elle avant de découvrir que son mari la trompe. Alors qu’ils devaient tous deux s’envoler à Londres pour leur anniversaire de mariage, la jeune femme décide de partir seule. Tout ce qu’elle a toujours souhaité dans sa vie : une maison, un travail stable, l’amour… est en train de voler en éclats. Et si ce voyage à Londres était l’ocassion de se poser les bonnes questions sur sa vie de couple et sur sa vie de femme ? Quels rêves a-t-elle mis de côté pour son couple ?

En parallèle, nous suivons l’histoire d’une petite boutique d’apothicaire, dans une ruelle sombre de Londres. Elle ne paie pas de mine, et seuls les initiés ont vent de son existence… Et pour cause, la boutique propose des « remèdes » un peu spéciaux, dont certains sont létaux. Et la clientèle de cette boutique est aussi particulière que sa propriétaire, pour en découvrir les secrets, il va falloir mieux comprendre son histoire…

Une lecture enrichissante et distrayante tout à la fois

J’adore les romans qui savent doser à la fois un peu de savoir et d’érudition avec une intrigue accaparante. C’est ici parfaitement le cas de bout en bout. L’autrice nous fait alterner les époques à chaque chapitre, ainsi navigue-t-on entre le 18ème siècle et notre ère. Et chacune à sa façon à quelque chose à nous apprendre et nous tien en haleine.

Du côté de Caroline, certes la jeune femme a de gros problèmes de couple, mais il n’y a pas que cela à narrer. Durant l’une de ses ballades dans la capitale, elle découvre un hobby londonnien étrange est passionnant : le mudlarking. Cette étrange passion consiste à draguer les fonds de la Tamise et y débusquer d’anciens objets que l’on peux conserver par la suite. En cela, le fleuve est un prodigieux conservateur des choses du passés, c’est ainsi que Carole va tomber sur une petite fiole étrange dotée d’une gravure intriguante… Qui va bouleverser sa vie et précipiter sa réflexion sur le sense de sa vie et sa vocation première : l’étude de l’Histoire.

Pour la partie se déroulant dans le Londres du 18ème, c’est tout aussi passionnant. Peu à peu, on en apprend plus sur la fameuse petite boutique perdue dans les méandres d’une ruelle peu fréquantée. La façon dont les clients font leur commande est en elle-même très secrète et on découvre peu à peu les stratagèmes mis en place par la propriétaire pour satisfaire sa clientèle sans se mettre en danger.
Vous apprécierez de découvrir toutes les herbes, poudres et autres ingrédients qui servent à la décoction des nombreux remèdes et poisons. Il y a même de la poudre d’insectes dans certaines compositions ! Tout est soigneusement rangé et catalogué, entrer dans les arcanes de la boutique est un vrai plaisir. A tel point qu’on apprend quantité de choses sans s’en rendre compte…

Mais quel lien y -a-t-il entre ces deux femmes que deux siècles séparent ? Il n’y a pas que le petit flacon trouvé dans les eaux boueuses de la Tamise, comme vous allez pouvoir le constater !
C’est en cela que la magie de Sarah Penner opère… elle nous offre des portraits de femmes fortes, courageuses et qui osent se confronter aux obstacles que la vie a mis sur leur chemin.

Bien que la moitié du roman soit ancré au 18ème siècle, il reste très actuel dans ses thématiques : sororité, féminisme, quête de sens et secrets teintés d’un soupçon d’étrange qui frise le merveilleux… Un mélange diablement efficace qui fait que les quatre cent pages qui composent l’ouvrage se dévorent en très peu de temps !

Pour celleux qui hésitent encore à découvrir ce très bon texte, sachez qu’une édition collector magnifique vient tout juste de sortir en ce début d’octobre 2025 :

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, son troisième roman sort également début octobre : La Malédiction des Sorcières de la Mer, toujours chez Faubourg Marigny.

Chronique : La double vie de Dina Miller

Zoé Brisby est une autrice française qui a déjà plusieurs romans à son actif, certains dans le genre feel-good, d’autres dans le genre féminin historique. La double vie de Dina Miller est paru en début d’année 2024.

De ses précédents romans, on peux citer : L’habit ne fait pas le moineau (Le livre de Poche), Plus on est de fous… (Le livre de Poche), Les égarés (Michel Lafon) ou encore Les mauvaises épouses (Le livre de Poche).

Une mission exceptionnellement longue…

Pour la première fois depuis qu’elle fait ce travail, Dina va devoir exécuter une mission de longue durée. Plus difficile encore, il n’est pas question de tuer rapidement et sans bruit un ancien nazi dans un hôtel sordide d’Amérique du Sud… Non, la nouvelle mission demande doigté, sang-froid et anticipation. Dina va devoir exfiltrer un ancien nazi de la ville américain de Huntsville, surnomée Huntsville à cause de son Centre Spatial.

Le but ? Faire qu’il soit jugé comme il se doit pour toutes les horreurs qu’il a commises… Le problème, c’est que l’homme semble être au-dessus de tout soupçon : médecin de profession, il est devenu un élément clé de la course à la conquête spatiale contre l’URSS. Ses travaux sont capitaux pour les Etats-Unis, guère regardants au passé de l’homme et l’ayant même recruté pour cela… De plus, il est marié à une femme aussi douce qu’innocente.

Comment Dina va-t-elle pouvoir tirer son épingle du jeu ou plutôt le nazi de la ville de Huntsville ?

Les crimes de guerre, outil pour de grandes avancées scientifiques ?

Les apparences concernant ce roman sont assez trompeuses, en voyant la couverture on pourrait s’attendre à un roman assez léger, ancré dans l’Histoire. Or, les sujets évoqués sont loin d’être légers : espionnage, exfiltration, crimes de guerre, expériences sur les juifs sous Hitler et sur les populations Noires et pauvres des Etats-Unis… Les U.S.A. étaient prêts à tout pour s’octroyer une avancée par rapport à l’URSS, et c’est cela que dénonce l’autrice dans ce roman. Facile à lire, plaisant, mais pas léger, donc.

Et justement, j’ai adoré ce contrepied (volontaire ?) de l’éditeur de nous offrir en apparence une histoire plutôt distrayante, Zoé Brisby ayant habitué son lectorat à des sujets plus légers. Mais son précédent roman, Les mauvaises épouses laissait déjà présager ce virage littéraire. Là aussi, il se déroulait durant la Guerre Froide, et là aussi, les femmes étaient les personnages centraux que l’Histoire oubliant à chaque fois de retenir… Femmes de soldats, femmes de scientifiques, elles ont tout autant oeuvré pour la nation que leurs maris en leur offrant amour, repas chauds et maisonnées accueillantes.
Zoé Brisby réussit à leur redonner corps et montrer à quel point ces femmes étaient importantes pour le moral de ces hommes qui oeuvraient pour leur patrie.

Mais plus important encore, au travers du portrait réussit de deux femmes qui se découvrent une profonde amitié, c’est l’histoire peu reluisante des avancées scientifiques qui est mise en lumière. En effet, Zoé Brisy s’est documentée pour ce roman, et cela se voit. C’est ainsi que l’on découvre que de grandes avancées scientifiques ont été faites par les scientifiques nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il est tellement plus facile de faire des découvertes sans déontologie et avec des millions d’âmes comme cobayes…

C’est ainsi que l’on découvre l’opération Paperclip, une mission d’exfiltration et de recrutement de plus de 1500 scientifiques nazis pour lutter contre l’URSS. Les avancées sur les psychotropes, les vaccins, la balistique ou encore les armes chimiques se sont faites durant cette période.

La réussite de ce roman tient à cela : le délicat équlibre entre intrigue captivante et Histoire. Et jamais l’un de ces genres ce prend le pas sur l’autre.

Alors, ai-je aimé ce roman ? Oui, car il m’a enrichie de quantité de connaissances et informations sur les dessous de la Guerre Froide, le tout avec une histoire qui tient la route. J’adore découvrir des faits pas nécessairement appris dans nos manuels d’Histoire, ça ne donne qu’une seule envie, lire des essais historiques pour en apprendre encore plus.
A l’image du roman Le Prix de Cyril Gely ou encore La dernière reine d’Ayiti d’Elise Fontenaille (Le Rouergue), ces livres ont l’excellente particularité de nous apprendre bien plus que ce qu’on a pu voir en surface à l’école. Ils illustrent à merveille le fait que la curiosité est primordiale pour mieux comprendre notre Histoire… et ne pas oublier. Jamais.

L’édition de poche, parue début 2025.
AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Une histoire des abeilles

Un magnifique roman initiatique qui nous fait traverser les époques au travers d’un thème central et vital : la (sur)vie des abeilles, mais également des hommes. 

Premier roman de la norvégienne Maja Lunde à paraître en France, Une histoire des abeilles est paru lors de la rentrée littéraire 2017. L’ouvrage est édité par Les Presses de la Cité.

Ce roman est un énorme best-seller en Norvège et en Allemagne et il est en cours de traduction dans une trentaine de pays ! C’est un véritable phénomène éditorial encore méconnu en France… mais qu’il faut absolument découvrir… Chronique d’un coup de cœur mémorable.

Trois personnages centraux, trois époques…

Le 19ème siècle en Angleterre, notre époque aux États-Unis et le futur en Chine, en 2098. Trois histoires qui n’ont font qu’une et dont le socle commun sont les abeilles. Une idée étrange ? Pas tant que ça quand on sait que la pollinisation que réalisent à longueur de temps les abeilles est la clé pour avoir des fruits et certains légumes… Sans elles, point de pollen qui circule, point de pollinisation et donc pas de fruit.

La question, c’est comment ces trois destins vont-ils être liés par Maja Lunde ? C’est là que la magie de l’auteure norvégienne opère… Préparez-vous  à être charmé !

… une histoire fédératrice et passionnante

Si vous recherchez un roman qui vous transporte, des personnages forts et attachants, une intrigue creusée… vous êtes au bon endroit.

A la fois fable écologie, roman d’anticipation, roman historique, Une histoire des abeilles traite de très nombreux sujets. Dans un style extrêmement fluide, avec des personnages tellement attachants qu’il est impossible de ne pas les aimer, on se plonge corps et âme dans cette histoire pas comme les autres.

On apprend énormément de choses sur les abeilles, leur mode de vie, leur fonctionnement… Par exemple, l’histoire de la fabrication des ruches telles que nous les connaissons aujourd’hui n’a pas été simple. Tout est histoire d’écartement (au millimètre) pour que les abeilles construisent leurs rayons d’une certaine manière et aucune autre… C’est passionnant.

Et cette histoire « du futur », en Chine où toute la population passe son temps à polliniser à la main les arbres avec un petit balai… Cela a déjà lieu dans certaines régions en Chine (même si ce n’est pas nécessairement dû à la disparition des abeilles, l’auteure a dû s’inspirer de ce fait relayé dans les médias). On les surnomme les « hommes/femmes-abeille », car ils passent leurs journées à faire le travail des abeilles… notamment dans le Sichuan (cf article du Monde : http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/23/dans-les-vergers-du-sichuan-les-hommes-font-le-travail-des-abeilles_4405686_3244.html).

…..

C’est ainsi que ce roman nous transporte : en créant avec un talent inouï une intrigue au travers de différents siècles ayant toutes en commun les abeilles. Plus qu’un roman, c’est une fable écologique et un récit initiatique mêlés…

C’est tout simplement mémorable. A mettre dans votre bibliothèque à côté des feel-good book et des romans emplis d’élan et de grandeur… Car Une histoire des abeilles a beau parler d’un sujet très sérieux et nous faire découvrir des personnages constamment mis à l’épreuve, on se sent bien en le lisant. Tout simplement.

Chronique : Le Premier

Ce roman est une véritable tuerie, dans tous les sens du terme !

J’ai découvert il y a peu Nadia Coste grâce à son roman Le premier, paru chez Scrinéo en 2015. Et franchement, je ne regrette qu’une seule chose : ne pas l’avoir lu avant ! Dans ce roman qui débute en pleine préhistoire, nous découvrons l’histoire de deux frères de sang que tout oppose… Cette haine va les amener à des actes d’une violence rares… et fascinante !

Depuis cette parution, Nadia Coste a écrit de nombreux romans : L’effet ricochet (Seuil Jeunesse), L’empire des Auras (Seuil Jeunesse), Les élémentaires (Castelmore). Elle a également écrit en 2014 Ascenseur pour le futur (Syros), qui est chroniqué ici sur le blog.

Une haine qui traversera les siècles…

Úrr est d’une jalousie maladive envers son frère Vaïn. Il a tout ce qu’il rêve d’avoir : il sera bientôt considéré comme un homme par le clan, il prendra bientôt la femme qu’ Úrr rêve d’avoir pour lui, il excelle à la chasse, tout le monde l’adore…

C’est ainsi que Úrr va suivre Vaïn lors de la chasse en solitaire qui doit faire de lui un homme… et le tuera. Mais Vaïn n’est pas vraiment mort et Úrr quant à lui devient autre chose qu’un homme… Ainsi commence l’histoire d’une haine ancestrale entre deux frères que tout oppose, et qui traversera les siècles…

Fascinant dans l’horreur et le sang

Dire que j’ai adoré Le Premier est un euphémisme. Ce roman a été une p***** de claque ! C’est plus qu’un coup de cœur, c’est un roman qui restera gravé dans ma mémoire tant je l’ai trouvé magnifique de noirceur…

Avec Le Premier, Nadia Coste nous propose sa version des origines de certains être surnaturels, et son imagination est florissante. Jamais Nadia Coste n’utilise les termes habituels tels que vampire ou loup-garou, et je trouve cela très intelligent. Car en effet, ces termes n’existaient pas à l’époque ou Vaïn et Úrr évoluent.

Elle ne nous épargne rien : ni les scènes sanglantes, ni les passages descriptifs et charnels… Son écriture est crue, violente, pure, comme  l’époque à laquelle tout commence. La façon dont elle nous entraine au fil des siècles jusqu’à l’époque de Rome est un beau tour de force. Alors que l’on pense que Úrr est le mal incarné, peut-être qu’une autre vision des choses viendra à vous au fil des chapitres.

C’est peut-être là le meilleur tour de force de l’auteure : nous faire détester et aimer les pires personnages possibles au travers de leurs quêtes personnelles.

……

Alors, si vous ne savez pas quoi lire en ce moment et que vous cherchez un bouquin qui vous prend aux tripes, Le Premier est ce qu’il vous faut. Ce roman est superbe, violent, intelligent, captivant…

Nadia Coste y mélange avec talent l’Histoire, la vraie, et fantastique… Dès 15/16 ans pour les ados, et parfait pour les adultes !

Chronique : Les agents de Mr Socrate – Tome 2 – La cité bleue d’Icaria

Une suite réussie pour Modo, l’espion britannique aux milles visages !

Second tome de la série Les agents de Mr. Socrate (lire la chronique du premier tome ici), voici La cité bleue d’Icaria. L’ouvrage est paru aux éditions MSK (la collection ado du Masque) en 2011.

Nous retrouvons le duo attachant que forment Modo et Octavia, et cette fois-ci, ils ne resteront pas sur le sol Britannique et traverserons l’océan… dans tous les sens du terme.

Une aventure qui nous emmène à New York et sur les côtes islandaises…

Après les aventures terribles qui ont failli amener la Confrérie de l’horloge à semer la terreur sur l’Angleterre tout entière, nous voici aux prises avec une nouvelle problématique.

Un espion de Mr Socrate ne donne plus de nouvelles depuis de nombreux jours, charge à Modo et Octavia de le retrouver et de découvrir ce qui l’a fait disparaître… Ils ne le savent pas encore, mais l’enquête va les emmener bien plus loin qu’à New York !

Une suite sympathique

Moins marquant que le premier tome, La cité bleue d’Icaria reste toutefois très intéressant et rempli d’imagination. On y lit la suite directe des aventures de Modo avec quelques éléments qui font bien avancer l’intrigue… Notamment en ce qui concerne le personnage de l’enfant jaune.

Voyez-vous de qui il s’agit ? Il est à peine mentionné au début du premier tome, par une simple et unique phrase. Mais dans cet opus, l’enfant jaune revient, et il est là pour servir la Confrérie de l’horloge… et il fait peur tout en attisant l’intérêt. Qui est-il ? Comment est-il devenu ce qu’il est ? Pourquoi est-il aussi instable ?

En ce qui concerne l’univers ici exploité, ce roman nous intéresse aux merveilles de la mécanique submersible… et de la vie sous-marine. On ne peut évidemment pas passer à côté des clins d’œil faits au monde de Jules Verne, encore une fois Arthur Slade se joue des classiques en les insérant dans ses livres…

De plus, les sciences sont encore une fois mises en avant avec quelques principes de physique tels que la pression exercée sur un corps sous l’eau, l’utilisation d’un sous-marin et ses nombreuses contraintes mécaniques. En cela, c’est très bien fait car les jeunes lecteurs apprendront tout en lisant une aventure qui les captive !

Et c’est avec plaisir que l’on découvre le peuple mystérieux et dangereux des Icariens, prêts à tout pour protéger leurs intérêts. Dans ce roman, c’est une ambiance en huis-clos oppressante qui vous attend ! Pas de toits sur lesquels sauter, ni de filature mais une attente angoissante à des dizaines de bars de pression.

……

Vous retrouverez ainsi ce mélange entre historique, étrange et espionnage qui a fait merveille dans le premier opus. A titre personnel, je l’ai légèrement moins apprécié que le précédent ouvrage, mais ce roman reste tout de même très sympathique à découvrir.

Que fomente encore la Confrérie de l’horloge ? Affaire à suivre puisqu’il reste encore deux tomes à découvrir chez Les agents de M. Socrate : Le peuple de la pluie (Tome 3) et L’île des damnés (Tome 4).

Chronique : Boudicca

Un roman historique qui nous fait découvrir la vie et le destin de la reine des Icènes : Boudicca. Fascinant, inattendu et d’une beauté rare… découvrez l’Histoire d’une autre manière avec la plume aérienne de Jean-Laurent Del Socorro !

Après avoir remporté en 2015 le prestigieux Prix Elbakin.net pour Royaumes de vents et de colères (éditions ActuSF/J’ai Lu) qui était son premier roman, Jean-Laurent Del Socorro revient !

Il vient tout juste de paraître aux éditions ActuSF, voici le second roman, très attendu de l’auteur avec Boudicca. Nous suivrons dans ce roman original la vie complète – de sa naissance à sa mort – de la reine Boudicca, qui a vécu vers 30 après J.-C.

Une figure de l’Histoire totalement méconnue

De Boudicca, je n’avais jamais entendu parler avant de découvrir cet ouvrage. Qui était-elle ? La reine des Icènes, c’est-à-dire du peuple qui occupait en partie ce qui est maintenant la Grande-Bretagne.

L’histoire de Boudicca, c’est celle d’une femme charismatique, courageuse et qui était prête à tout pour son peuple. Faisant front aux injustices là où les autres baissaient la tête, se battant quand tout le monde avait abandonné…

C’est l’histoire d’une femme que l’on a envie de suivre au bout du monde. Guerrière farouche et impétueuse, mais aussi mère aimante et amante douce envers son mari… Dans ce roman, nous la suivons à chacun de ses pas, dans ses erreurs, ses coups de sang, ses malheurs. Rien n’est oublié, et c’est peut-être pour cela qu’elle est aussi belle et attachante.

L’histoire d’une femme qui a marqué son temps par son courage

Ce roman, c’est pour moi un double tour de force. Premièrement, car je ne connaissais pas le personnage historique qu’était Boudicca et que le sujet en soi ne m’attirait pas nécessairement. Jean-Laurent Del Socorro a réussit non seulement à m’intéresser à une histoire, mais à l’Histoire.

Le second tour de force est la suite logique de cette réflexion : je connais très peu l’Histoire, la vraie, mais l’auteur a réussit à m’y intéresser à tel point que j’ai voulu en savoir plus après la lecture. J’ai appris une foule de choses en lisant un roman fluide, épique et magnifiquement écrit.

Ainsi, on découvre que l’un des César qui a régné sur Rome était bègue. Une tare qui à l’époque aurait dû l’éloigner du pouvoir à vie. On fait également la connaissance de Néron, le dernier empereur à avoir régné sur l’Empire Romain. La description qui est faite de lui dans le roman fait froid dans le dos tant il paraît dangereux, fourbe et instable.

Mais revenons-en à Boudicca. Dans ce roman fort bien construit, vous la suivrez de ses premiers pas jusqu’à son tout dernier soupir. Les chapitres sont relativement courts, et on avance vite dans le temps en faisant parfois des bonds de plusieurs mois ou années (normal, vu la contrainte du nombre de pages).

L’écriture de l’auteur fait des merveilles. C’est beau, fort, et d’une fluidité qui rend le tout remarquable. Pas un seul temps mort pour ce roman, que ce soit l’enfance de cette enfant/reine ou ses luttes guerrières rien n’est ennuyeux et tout est découverte émerveillée.

…..

Si vous voulez être surpris par une lecture atypique, transporté par des croyances en des dieux ancestraux où les druides avaient un immense pouvoir, ce roman est pour vous. Symboles forts, personnages charismatiques, élans héroïques… que de beauté brute dans ce roman ! C’est une pépite à découvrir très vite donc…

Chronique : Les agents de Mr Socrate – Tome 1 – La confrérie de l’Horloge

Une série à destination des adolescents sombre et captivante, en pleine ère Victorienne !

Connaissez-vous Arthur Slade ? Si non, il s’agit d’un auteur d’origine canadienne dont l’univers est aussi sombre que plaisant. En France, nous ne le connaissons que pour une seule série : Les agents de Mr Socrate (paru chez MSK, la collection pour ados du Masque), le reste de son œuvre n’ayant pas été traduite.

En France, cette saga fantastico-historique en quatre tomes est passée relativement inaperçue, et c’est fort dommage. L’univers de l’Angleterre Victorienne y est bien campé, et l’ambiance y est savoureuse…

Un orphelin au physique atroce mais aux capacités extraordinaires

Tout commence avec l’histoire de Modo, bossu, trapu et né avec une laideur si absolue qu’il a été vendu par l’orphelinat qui en avait la charge. A l’âge de 1 an à peine, il est balloté de ville en ville par des forains qui l’exposent dans leur musée des horreurs…

Mais ça, c’est avant que le mystérieux et très classieux Mr Socrate croise son chemin. Racheté pour une somme bien rondelette aux forains, Mr Socrate décide de prendre l’enfant sous son aile, mais ce n’est pas par altruisme…

Formé au combat, élevé par les meilleurs professeurs, Modo va peu à peu évoluer. Son intelligence n’a d’égal que sa laideur… Mais le bébé devenu jeune homme a un autre atout de taille que tous ignorent sauf Mr Socrate et quelques personnes triées sur le volet : Modo peu changer comme il le souhaite de morphologie et d’apparence. Un don extraordinaire quand on est voué à vivre de l’espionnage !

Un roman noir et captivant mélangeant fantastique et historique de main de maitre

Ce premier tome de saga commence très fort avec des personnages convaincants et bien campés. Si vous aimez comme moi les atmosphères sombres et teintées de mystères ésotériques, cette série est pour vous !

Dans La confrérie de l’horloge on trouve : du surnaturel, un savant fou qui ressemble étrangement au Docteur Moreau de H.G. Wells malgré son nom : Hyde (un autre clin d’œil fait à l’œuvre de Stevenson , L’étrange cas du Docteur Jekyll et Mr Hyde cette fois-ci). De même Modo nous fera penser au Quasimodo du Notre-Dame de Paris de Victor Hugo de par son nom et son infirmité.

Vous découvrirez également une étrange technologie mélangeant métal, vapeur et expérimentations (du bon steampunk en somme !), le tout arrosé de potions dangereuses aux effets étranges… Sans oublier l’ambiance si particulière et charmante de l’Angleterre Victorienne… et ses nombreux dangers ! Vous croiserez également des personnages historiques emblématiques de l’époque, comme le Prince Albert.

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Alors si les récits d’espionnage vous tentent, que les jeux de dupes vous attirent et que l’action vous fait vibrer, La confrérie de l’horloge sera le roman parfait ! A découvrir dès l’âge de 14 ans environ.

Chronique : England’s Lane

Tout le monde a ses petits secrets… et les habitants d’England’s lane ne font pas exception…

Écrivain anglais, Joseph Connoly nous offre le portrait coloré des habitants d’une rue commerçante du nord de Londres : England’s Lane. Entre ambiance surannée, intrigues et roman historique, les commerçants des petites boutiques on de bien nombreux secrets…

Si vous ne connaissez pas encore Joseph Connoly, voici une petite liste non exhaustive de ce qu’il a écrit : S.O.S, Embrassez qui vous voudrez, N’oublie pas mes petits souliers

Bienvenue à England’s lane…

…une petite rue commerçante où il ne se passe rien. Enfin, seulement en apparence. De la femme du quincailler, au boucher en passant par le vendeur de bonbons, chacun à son petit (ou très gros) secret… Et en cette année 1959, beaucoup de choses vont basculer pour les habitants de cette rue plutôt tranquille.

Une ambiance surannée agréable mais qui ne suffit pas à nous faire aimer littéralement ce roman

L’atout principal de ce roman aux élans historiques d’après guerre, c’est son atmosphère un tantinet vétuste. L’odeur de la paraffine dégagée par les chauffages, les coquets étalages de confiseries Cadbury… ce sont ces petits détails qui font tout l’esprit d’England’s lane. Mais, l’ambiance savamment dosée du roman ne suffit pas à créer une alchimie suffisante pour être accaparé par la lecture…

En effet, les personnages d’England’s lane sont trop stéréotypés, trop naïfs ou trop marqués par un unique trait de caractère. Le boucher respire la pédanterie et la suffisance de façon constante, Milly est le stéréotype de la femme débrouillarde et soi-disant indépendante (elle se décrit elle-même comme une « femme capable » à longueur de chapitres), le confiseur quant à lui fait preuve d’un manque de réaction flagrant à tous les niveaux de sa vie, il subit.

Pourtant, la lecture débutait bien. On découvre une petite rue aux allures un peu bourgeoises et définitivement british, des personnages anglais comme il faut, des intrigues et des secrets entre voisins… Toute une promesse était contenue dans ce roman et pourtant, ça s’arrête là. Outre les personnages très marqués du roman, l’histoire ne raconte rien de bien particulier, et c’est bien là que le bât blesse.

Ma dernière remarque concernera l’écriture, beaucoup trop décousue. En effet, on passe du point de vue d’un personnage à un autre avec seulement un saut de ligne ! On comprend parfois alors un peu tard qu’il ne s’agit plus du même narrateur… C’est très déstabilisant durant les premiers chapitres car très abrupt. De même, les tournures de phrases et la façon qu’ont les différents personnages de parler sont parfois maladroites. Ce n’est pas mal écrit, mais on entre vite dans la répétition et les lieux communs et il y a beaucoup de fioritures pour donner un style qui est au final inexistant.

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En somme, England’s lane est un roman qui recelait de nombreuses promesses à mes yeux mais qui n’en a tenu aucune au final… Dommage, mais il arrive qu’un roman et un lecteur se ratent.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2016 – Romans adulte

noel-2L’année 2016 a été très riche en sorties, mais parmi cette énorme production éditoriale, voici les lectures qui m’ont interpellée et qui sont pour moi des incontournables.

Au programme, de la littérature teintée de culinaire, un roman à suspense basé sur un fait divers sordide,  la découverte très approfondie de la magnifique ville de New York (avec cinq titres différents !) et un peu de hard-sf ! Sans oublier un roman policier et humoristique à la façon italienne…

la-patissiere-de-long-islandLa pâtissière de Long Island – Sylvia Lott – Editions Piranha :

C’était mon livre de l’été, je l’ai conseillé à tour de bras à la librairie où je travaille, et les clients ont adoré. La Pâtissière de Long Island est un roman frais, à la fois léger et sérieux qui mélange Histoire et romance. Il est écrit par une auteure d’origine allemande.

Ce roman nous conte l’histoire de Marie, une jeune allemande forcée d’allée vivre à New York avec ses frères car sa romance avec un petit professeur d’école ne plaît pas du tout à ses parents. Nous sommes dans les années 30, et nous découvrons comment était la ville à l’époque, comment la jeune Marie s’adapte à ce monde si nouveau et si grand pour elle… C’est également l’histoire de son amour vécu à distance que nous découvrons, car elle rêve de rejoindre son petit professeur… En parallèle, nous suivons également Marie de nos jours, visitée par une partie de sa famille qu’elle n’a pas revue depuis plus de 20 ans. Peu à peu, la lumière se fait sur son existence…

Il s’agit là d’un très beau et merveilleux roman. On est captivé du début à la fin par l’histoire de Marie et par ce New York fantasmé des années 30… Bref, je suis sous le charme, c’est à découvrir/offrir absolument si vous recherchez un bon et beau roman, à la fois léger et captivant !

La cuisinièreLa cuisinière – Mary Beth Keane – 10/18 :

Et nous revoici dans New York, mais cette fois-ci en pleine fin du 19ème. Vous découvrirez ici l’histoire d’une femme qui a réellement existé : Mary Mallon. Soupçonnée toute sa vie d’avoir transmis sciemment la typhoïde à ceux pour qui elle cuisinait, ce roman est l’histoire de son existence et de son combat contre la justice et les médecins.

Passionnant de bout en bout, vous découvrirez comment la médecine de l’époque « fonctionnait » et comment a vécu cette femme fascinante qu’était Mary Mallon. C’est ici un bon roman historique qui vous attend. Pas nécessairement joyeux, certes, mais passionnant.

Prête à toutPrête à tout – Joyce Maynard – 10/18 :

Pour écrire ce roman écrit comme une suite continuelle de témoignages, Joyce Maynard s’est inspiré d’un fait réel. Au bout de quelques pages, on est pris pat l’intrigue, et plus les témoignages s’enchaînent plus on veut savoir ce qu’il s’est réellement passé.

C’est malin, mené de main de maître et écrit de telle façon que l’on est immédiatement happé. L’histoire ? C’est celle de Suzanne Maretto, une jeune femme qui avait absolument tout pour être heureuse : une belle maison, mari aimant, l’avenir devant eux… Mais son mari a été brutalement assassiné à leur domicile. Qui a fait le coup et pourquoi, c’est ce que tout le monde brule de savoir, eux qui semblaient heureux et sans histoires…

manhattan-marylinManhattan Marilyn – Philippe Laguerre – Critic éditions :

Si vous cherchez un bon polar conspirationniste mené de main de maître, c’est par ici ! Bienvenue à New York, de nos jours, où nous suivons une ancienne militaire qui même si elle ne le sait pas encore, va se retrouver liée au mystère de la mort de Marilyn Monroe… et plus encore.

Voici un thriller efficace qui se dévore de bout en bout. Les chapitres s’enchainent vite, on ne les voit même pas passer tant on est parfaitement diverti. Action, rebondissement, écriture efficace, c’est pour moi le bon polar de cette année qui m’a permis de faire la découverte d’un roman ET d’un auteur !

Les éditions Critic ne sont pas encore largement connues, mais elles gagneraient à l’être car d’autres de leurs publications sont tout aussi excellentes que valables.

voici-venir-les-reveursVoici venir les rêveurs – Imbolo Mbue – Belfond :

Bienvenue (encore !) à New York en 2007, où cette fois-ci nous suivons une famille d’origine camerounaise qui veut vivre le rêve américain. Ils ont tout quitté et se saignent pour le vivre, mais cela peut-il durer sur le long terme ?

Dans ce roman lumineux et inoubliable, nous suivons Jende, qui fait tout pour que sa famille puisse s’épanouir pleinement aux États-Unis, quitte à travailler comme un fou. Il est embauché comme chauffeur pour l’un des grands patrons de la Lehman Brothers. Nous suivons également le parcours de Neni, sa femme, qui rencontre quantité d’embuches également… Ce roman est l’histoire de leur combat, de leur courage, et de leur persévérance.

Ils sont beaux, humains, terriblement attachants, y compris dans leurs erreurs, que ce roman restera pour moi l’un des grands romans de l’année 2016. A découvrir pour faire plaisir ou se faire plaisir !

cookie-monsterCookie Monster – Vernor Vinge – Le Bélial’ :

Et voici un peu de sf dans ce monde de brutes avec Cookie Monster ! Il s’agit d’une novella (très court roman) particulièrement réussie qui traite de messages cachés, d’itérations et de manœuvres d’envergure…

Tout commence avec un mail que Dixie Mae reçoit à son poste de travail. Un message si personnel, contenant des secrets si intimes qu’elle se doit de savoir qui l’a envoyé et pourquoi. C’est le début d’un jeu de piste savamment dosé et mené brillamment… Et les réponses risquent de ne pas plaire à Dixie Mae et à ses collègues !

Si vous recherchez une petite claque littéraire dans le domaine de l’imaginaire, c’est donc ce petit ouvrage que je vous recommande. Il est petit, peu cher, et la finition de l’ouvrage est très belle : rabat, pelliculage, couverture magnifique. Si vous recherchez d’autres ouvrages dans cette collection, son nom est Une heure-lumière, un nom tout particulièrement bien trouvé !

brooklynBrooklyn – Colm Tóibín – 10/18 :

Si vos envies vont vers un roman historique facile à lire et passionnant à la fois, Brooklyn est fait pour vous ! Entre romance et Histoire, on plonge avec délices entre l’Irlande et le New York des années 50. C’est à la fois merveilleux, suranné, beau et tendre…

Nous y suivons l’histoire d’Eilis, une jeune femme forcée de quitter sa terre natale qu’est l’Irlande pour trouver du travail à New York, dans le quartier populaire de Brooklyn. Vivant chez une logeuse et travaillant dans un magasin de vêtements, la jeune femme s’épanouit peu à peu dans sa nouvelle vie…

Il s’agit ici d’un magnifique roman. On en ressort à la fois heureux et mélancolique, car la vie d’Eilis est loin d’être facile. Sa famille prend une place importante dans sa vie, de même que ses nouvelles amitiés dans la grande ville de New York. Brooklyn, c’est l’histoire d’un tiraillement, d’hésitations, de cœurs brisés. Aussi magnifique que mémorable, c’est un ouvrage qui se dévore brooklyn-filmlittéralement, et qui ne s’oublie pas.

PS : L’ouvrage a été adapté de façon extrêmement fidèle au cinéma par John Crowley et Paul Tsan en 2015, et c’est une petite réussite. Il a été nominé 3 fois aux Oscars pour le meilleur film, le meilleur scénario et la meilleure actrice.

Cependant, si vous avez lu l’ouvrage, cela n’apporte rien de plus sinon que de retrouver des personnages que l’on a aimé suivre et que l’on veut découvrir autrement.

meurtres-a-la-pause-dejeunerMeurtres à la pause-déjeuner – Viola Veloce – éditions Liana Lévi

Dans le genre drôle, frais et assez surprenant, ce roman italien se pose. Tout commence avec un meurtre par strangulation dans une grosse entreprise milanaise… Sauf que, ce meurtre n’est que le premier d’une longue série, et qu’ils ont tous lieu dans la même entreprise…

Qui est le tueur et qui s’en prend à ces salariés tous employés par la même entreprise ? Nul ne le sait, mais Francesca qui y travaille dans le service planification, commence à sentir la lassitude et la colère monter en elle… Mais pas seulement à cause de ces étranges éliminations. En effet, elle n’a pas que des soucis d’ordre professionnel : ses parents veulent absolument la marier, et font absolument tout pour la caser… quitte à la rendre folle.

C’est donc une foule de soucis et de tracas que doit mener de front l’attachante et patiente Francesca… Mais les choses vont changer, et la jeune femme va prendre le taureau par les cornes quitte à mentir et à se mettre en danger de façon aussi cocasse qu’inconsciente !

Aussi drôle qu’excentrique, ce roman est absolument génial, y compris dans sa conclusion ! C’est inattendu, drôle, à la fois naïf et mordant par certains côtés… en un mot génial. Si vous voulez surprendre avec une intrigue aussi distrayante qu’efficace, c’est donc le roman parfait.

une-affaire-de-sorciersUne affaire de sorciers – George Chesbro – Rivages/Noir

Bienvenue dans l’univers étrange et fascinant de George Chesbro au travers de son héros Mongo le Magnifique. Détective privé de renom, Mongo a un passé de star de cirque, est ceinture noire de karaté et a la particularité d’être un nain. Cela fait beaucoup pour un seul homme me direz-vous, et pourtant… on se laisse transporter par les trois enquêtes que doit mener Mongo simultanément !

Dans le New York des années 70, Mongo doit démêler une sale histoire d’occultisme et de sorciers, faire libérer un homme soupçonné de meurtre et sauver la vie d’une fillette. Ces affaires bien que très disparates s’avèrent peu à peu avoir des liens entre elles… Mongo va devoir écumer les bas-fonds de la ville et rencontrer des personnages peu recommandables pour avancer dans sa quête de réponses. Mais c’était sans compter sur les (nombreux et dangereux) ennemis qu’il va se faire au passage.

Étrange, occulte, à la frontière du roman noir et du paranormal, George Chesbro nous offre ici une intrigue menée de main de maître. Mélangeant parapsychologie et croyances, aussi hypnotique que captivant, Une affaire de sorciers est un roman qui recèle une ambiance unique et inimitable. Pour moi, c’est une véritable révélation. Et les enquêtes de Mongo le Magnifique sont nombreuses, je vous laisse donc deviner ce que je vais demander à noël…

PS : Une affaire de sorciers est paru en mai 2016, mais il s’agit d’une réédition. Il est paru pour la première fois en France en 1990. Cette nouvelle édition est donc l’occasion de (re)découvrir une petite merveille !

Chronique manga : Arbos Anima – Tome 1

arbos-anima-1Un manga qui fait honneur aux sciences botaniques !

Kachou Ashimoto, l’auteure d’Arbos Anima n’en est pas à son premier coup d’essai, en effet, elle avait précédemment sorti en France la série de mangas Cagaster, aux éditions Glénat (6 tomes, série terminée).

Avec sa nouvelle série Arbos Anima, toujours chez Glénat, Kachou Ashimoto nous propose de découvrir le quotidien d’un surdoué des plantes : Noah. Il possède le pouvoir très spécial et unique de « lire » les plantes ainsi que leur passé…

Le monde des plantes au 19ème siècle

Plantes rares, trafics en tous genre, il était facile pour certains de se faire beaucoup d’argent avec des plantes rares ou des fleurs extrêmement recherchée. En tant que chasseur de plante, le jeune Noah est considéré comme un véritable surdoué. Il peut débusquer les spécimens les plus extraordinaires. Mais son don attire aussi bien de riches notables que des pirates et autres spéculateurs désireux de se faire de l’argent facile… Mais Noah met une chose au-dessus de toute autre, certes il respecte et fait tout pour satisfaire ses clients, mais le bien-être des plantes est fondamental pour lui…

Un manga sympathique, mais au démarrage un peu long

Bien que la trame de l’histoire soit assez simple, on a du mal à rentrer vraiment dans l’intrigue car on ne comprend pas franchement où veut nous emmener l’auteure dans ce premier tome. L’installation des personnages et de leurs caractères prend un peu de temps, sans que l’on ne s’attache particulièrement à l’un d’eux. L’intrigue reste ainsi un peu brouillonne, les enjeux restent flous, et le tout ne nous permet pas de bien cerner les protagonistes.

L’idée de créer une intrigue autour des plantes est cependant excellente, mais reste à savoir si la mise en œuvre sera assez efficace pour passionner le lecteur. En effet, la cible de ce shônen commence vers les 11 ans, mais je ne suis pas certaine que le sujet les intéresse franchement. Il y a beau avoir des pirates et des trafiquants en tous genres, cela ne suffira pas nécessairement à créer un sentiment d’addiction à cette nouvelle série.

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Affaire à suivre donc avec le second tome de la série qui vient tout juste de paraître en octobre 2016, car il est difficile de juger de la qualité d’un manga à la lecture de son premier opus… D’un point de vue graphique, Arbos Anima est un joli manga, et les dessins des fameuses plantes en particulier sont très détaillés.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :