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Chronique : Precious (Push)

Precious (Push)Un roman coup-de-poing à lire pour espérer, s’émouvoir, se révolter

Écrit en 1996, seul et unique roman de la noire-américaine Sapphire traduit en France, Push (renommé Precious lors de la sortie du film-cf vidéo ci-dessous) nous conte l’histoire de Precious, une jeune fille enceinte pour la seconde fois de son père, qui a abusé d’elle. Ce livre est son histoire, sa lutte pour sortir la tête hors de l’eau.
Push a rencontré un tel succès qu’il a été adapté au cinéma en 2009 et renommé sous le nom de Precious (voir la bande-annonce en fin d’article), pour ne pas apporter de confusion avec le film de science-fiction Push, sorti la même année. L’adaptation a d’ailleurs remporté deux oscars, celui de la meilleure actrice et celui du meilleur scénario.
Sapphire, auteur qui suit les trace de Toni Morrison, est une figure de la littérature noire-américaine engagée et féministe, elle vient de sortir un nouvel ouvrage aux Etat-Unis, qui se nomme The Kid.

Un récit qui prend aux tripes

Harlem : Precious Jones est enceinte, de son père. Sa mère, elle, considère que sa fille ne peut s’en prendre qu’à elle-même si elle est dans cette situation, sa fille lui a volé son mari, selon elle.
Battue, méprisée, maltraitée, Precious (prénom on ne peut plus paradoxal et cruel) est sollicitée par les services sociaux. Elle refuse de se rendre dans ces classes spécialisées pour « les filles comme elle », qui n’ont pas eu non plus de chance dans la vie, pas de famille pour les soutenir, les écouter. Mais sa rencontre avec la professeur Mrs Avers va changer la donne, Precious va découvrir cette envie qui lui faisait aussi cruellement défaut.
Et c’est la découverte d’un tout autre monde qui d’ouvre à elle : Precious se rend alors compte qu’elle peut prendre son destin en main, s’en sortit, subvenir à ses besoins et à ceux du bébé déjà né, ainsi que celui à venir.

L’écriture de Precious est très mauvaise, c’est normal, elle sait à peine lire et écrire, et c’est aussi cette faiblesse dans l’expression qui rend son témoignage si touchant, qui prend littéralement aux tripes.

Chaque scène brutale ne peut nous empêcher de nous perdre dans ce personnage bouleversant, criant de vérité. Les intérêts de Precious prennent tellement à parti le lecteur qu’il est ardu de se détacher de son personnage, de se dissocier d’elle et de son vécu.
Push se lit d’une traite, magnifique, mais très dur, certaines scènes de violence ne rendent pas ce livre accessible avant l’âge de 15-16 ans, mais il fait partie des indispensables.

Sapphire nous offre ici un portrait terrible de la société américaine vis-à-vis de la population noire et de son exclusion, il reste encore beaucoup de choses à faire. Et je suis convaincue que c’est avec ce genre d’œuvre que l’on peut changer les mentalités, le regard des autres.

Pour ceux qui souhaitent découvrir d’autres ouvrages du même genre qui font avancer et réfléchir, il y a L’œil le plus bleu de Toni Morrison (aux éditions 10/18) ou encore La couleur pourpre de Alice Walker (éditions Pavillon Poche), ou encore Racines, de Alex Haley (éditions J’ai Lu) pour retourner aux origines de la condition noire. Un roman coup-de-cœur et coup-de-poing de qualité, à lire d’urgence.

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Chronique Album Jeunesse : Maman Ourse a un gros ventre

maman ourse a un gros ventre

Il y avait une fois une maman Ourse qui avait un gros ventre… et ce gros ventre devenait de plus en plus gros. Pourquoi ?

Ce petit livre animé est génial pour expliquer la naissance aux tout petits, dès 3 ans. L’illustration est simple et belle avec des couleurs vives. Mais le mieux, c’est quand on arrive à la double page où un flap permet de savoir ce que la maman Ourse a dans son ventre… et c’est là que l’on voit deux petits ourson jumeaux. La suite est très mignonne, avec les bébés oursons qui ont un gros ventre aussi pour une curieuse raison….

Coup de cœur pour expliquer aux tout petits (de 2 à 4 ans) qu’ils vont bientôt avoir un petit frère ou une petite sœur.

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Intuitions

intuitionsUn très bon thriller psychologique pour ados.

Imaginez que vous pouvez connaître la date de mort de toutes les personnes que vous regardez dans les yeux. Un pouvoir terrible n’est-ce pas ? Et bien c’est celui que possède Jem, une adolescente dite « à problèmes » dont la mère est morte d’overdose, et qui a été trainée d’une famille d’accueil à une autre.

A cause de son pouvoir (qui fait beaucoup penser au manga Death Note), Jem fait tout pour ne pas s’attacher aux gens, voir la date de leur mort l’empêche de créer des liens, car elle sait que tout a une fin, comme pour sa mère. Mais un jour, un curieux garçon, Spider, un grand black dégingandé gentil, plein d’innocence, bien qu’il n’ait pas une vie facile non plus, va lever les barrières que Jem s’était juré de ne jamais abaisser. Mais elle va malgré tout s’attacher à Spider, même si la date de sa mort est prévue dans quelques mois à peine…

Mais ça n’est que le début de l’histoire, car en plus de tout ça, Jem va se retrouver pourchassée par la police avec Spider, uniquement parce qu’elle a remarqué que tout les gens autour d’elles portaient tous la même date de mort et qu’elle a fuit…

Intuitions est un roman vraiment très prenant dès les premières pages, même si il s’essouffle quelque peu au milieu lors de la course poursuite, la fin du roman rattrape largement ce défaut. Beaucoup d’action, de révélations, et un très beau passage chargé de passion qui m’a beaucoup plu.

Mais le passage magistral, c’est vraiment la fin ainsi que son épilogue : une fin ouverte aux questions, et l’annonce d’une suite…, (pourquoi pas, même si un seul livre aurait suffit au plaisir), en espérant qu’elle soit aussi passionnante que ce premier livre. En résumé, un livre pour adolescentes bien sympathique, malgré certains défauts, à ne pas élargir à un lectorat adulte, car un peu trop fleur bleue par certains côtés.

Ce roman est paru sous le titre original Numbers, qui je trouve fait un peu moins simplet qu’Intuitions, quand à la couverture, bien qu’elle soit esthétique, je trouve qu’elle fait un peu trop classique, dommage aussi.

Chronique : Brûlée vive

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L’histoire d’une femme, mais aussi celle de beaucoup d’autres

Un livre à lire, car il nous montre la réalité du monde, qui est partout : beaucoup de douleur et de violences, inutiles. Souad nous raconte ainsi son calvaire auquel elle a du faire face pendant des mois. Cachant son état de femme enceinte allant jusqu’à mettre de son sang sur ses culottes pour faire croire à des règles. Mais tôt ou tard, on s’en aperçois, et on la brûle à l’acide… à cause d’un homme qui l’a trahie, et s’est joué d’elle uniquement pour son plaisir physique. Ce livre m’a beaucoup marquée, on est changé quelque part après sa lecture.

C’est une histoire crue, mais qu’il faut lire, même si elle est très dure. On peut au moins se consoler de savoir que maintenant, Souad est heureuse, et vit comme vous et moi, de manière normale, et a même fondé une famille.

Souad est la seule survivante connue, victime directe de crime d’honneur, elle accepte aujourd’hui de témoigner pour que nous prenions conscience de l’horreur de ces crimes d’honneur impunis ; pour les filles victimes de cette atroce coutume.
Au risque de sa vie… si sa famille apprend que Souad est en vie, il lui faudra absolument la tuer, maintenant.