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Chronique : Divergente – Tome 2

Divergent 2Suite d’une saga qui avait su nous rendre addictifs dès le premier tome !

Premier écrit de Veronica Roth, Divergent est une trilogie dystopique ultra efficace. L’histoire est centrée à l’échelle d’une ville, nous y suivons la jeune Tris, qui se trouve être une Divergente, elle n’entre pas dans les cases créés par cette société du futur…

Après un premier tome extrêmement surprenant et ingénieux, dire que la suite était à lire d’urgence est un doux euphémisme !

De retour dans un monde aux dangers multiples

A la fin du premier opus, nous laissions Tris et Quatre avec beaucoup de questionnements quant à leur avenir, mais également leur monde à changer… Mais cela va-t-il réellement se réaliser ou d’autres obstacles vont-ils se dresser devant Tris et ceux qui la suivent ?

Efficace, mais légèrement en deçà du premier opus

Veronica Roth nous fait à nouveau explorer son univers et le développe peu à peu. On retrouve ce qui avait tant plus dans le premier tome : le système des factions, les hautes technologies qui manipulent l’esprit et la perception et surtout deux héros forts que l’on désire suivre jusqu’au bout du monde !

Dans ce second tome, l’auteur reprend les éléments qui ont si bien fonctionné dans le précédent, mais cela fait qu’il y a peu de nouveautés au final. On reste toutefois pris par l’intrigue, dont on veut connaître tous les tenants et aboutissants. Il y a plus de lenteurs, et moins de révélations, mais certaines scènes restes toutefois mémorables et extrêmement sous tension.

Et surtout, l’auteur réussit à nous avoir avec quelques beaux twists parsemés ça et là dans l’intrigue. Il faut absolument saluer le dernier chapitre de l’ouvrage absolument grandiose et qui nous laisse vraiment pantois. On ne brule que d’une chose après cette lecture, se ruer sur l’ultime tome de la trilogie !

Divergent 2 VOCe second tome est ainsi celui de la transition. On voit bien que Veronica Roth essaye de nous amener tout doucement vers quelque chose qui sera autre, différent, surprenant. Ce second tome n’est ainsi pas le plus saisissant de la saga, mais il reste nécessaire et efficace malgre quelques lenteurs.

On découvre d’autres facettes de nos personnages fétiches, l’univers de Divergente se dévoile jusqu’à nous laisser des interrogations auxquelles on brule d’avoir les réponses de le troisième et dernier opus ! Bref, c’est un joli tour que nous joue ici Veronica Roth, qui manie parfaitement l’art du suspense…

Chronique : Stone Rider – Tome 1

Une course mortelle dans le désert, de la gomme à user jusqu’à la ligne d’arrivée… ou la mort.

Premier roman de David Hofmeyr, Stone Rider est également le premier tome d’une trilogie post-apocalyptique. En France, ce sont les éditions Gallimard Jeunesse qui en assurent la publication, en version originale, il s’agit de Penguin.

Les droits d’adaptation cinéma pour Stone Rider ont déjà été acquis par la société Working Title Films.

La Base, le rêve d’une vie

Adam est un adolescent comme les milliers qui vivent sur cette terre : une vie de misère, une famille à laquelle il manque un ou plusieurs membres, la faim, la maladie…

La seule lueur d’espoir dans ce monde brutal, ce sont les courses de békanes, véritables promesse d’Eldorado pour ceux qui y participent. Le gagnant (ou la gagnante) se voit offrir le droit de vivre dans La Base, un lieu préservé de tout mal où il fait bon vivre. Les deux suivants à passer la ligne d’arrivée se voient offrir une coquette somme d’argent, et des points de Base, et l’occasion de retenter leur chose sur une autre course…

Mais la compétition est rude, et même mortelle, un gros pourcentage de participants est voué à la mort, un autre à la mutilation… Et pourtant, Adam ne rêve que d’une chose, participer et remporter la grande course de Blackwater. Il n’a plus rien à perdre et compte bien prouver sa valeur aussi bien à ses ennemis de toujours qu’à la belle et coriace békanicienne Sadie.

Un univers rude, aride et assez familier

A peine a-t-on vu la couverture et lu le résumé de Stone Rider, que l’on pense immédiatement à l’univers de Mad Max. Mais l’auteur avoue surtout avoir eu comme source d’inspiration pour son roman Marche ou crève de Stephen King.

Grosses bécanes (békanes dans le livre), cambouis, saleté, société misogyne où les femmes sont des proies faciles et rêvées, désert à perte de vue et ressources limitées… Mais l’histoire reste toutefois très différente, ici, il est question d’une longue course pour la rédemption, la liberté.

Nous suivons un trio qui s’est formé par les aléas et les dangers, en marge de la société et de ses nombreuses pressions. Chacun d’entre eux a perdu quelque chose d’important, ils sont prêts à tout… Et justement, c’est là que le bât blesse. Malgré les quelques révélations qui parsèment l’ouvrage, l’histoire reste cousue de fil blanc.

La psychologie des personnages reste assez basique, et l’intrigue ne réussit pas à nous transporter comme elle le devrait, ni à nous surprendre. Tout y est noir ou blanc, assez stéréotypé, très marqué, et sans nuances.

Certaines idées sont pourtant bonnes, je pense notamment au fait que chaque békane fusionne avec son propriétaire par le biais de son ADN. Qu’il est impossible de conduire la békane de quelqu’un qui n’est pas de la même famille que soi. Le tout n’est pas assez creusé. Il en est de même sur le fameux Code du Pilote mentionné avant qu’Adam ne se lance dans la course, on aurait aimé en découvrir des extraits par exemple.

Certains mots, inventés de toutes pièces par l’auteur pour son univers sont bien trouvés, mais tous ne sont pas expliqués, ce qui est dommage…

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En somme, Stone Rider est un premier tome sans surprises, qui perd assez vite son dynamisme. L’univers aurait gagné à être plus développé, un peu plus dense. Affaire à suivre en 2016 avec la suite : Blood Rider. Se lit à partir de 14 ans environ.

Les 8 ans de La Bibliothèque de Glow : Deux exemplaires du roman Mémoris, par Élodie Tirel à gagner

8 ans glowPour fêter les 8 ans d’existence du blog, les éditions Michel Quintin et La Bibliothèque de Glow s’associent pour vous proposer deux exemplaires de leur nouveauté : Mémoris.

Ce roman est le dernier-né de l’auteur française Élodie Tirel à qui l’on doit de très nombreux romans situés entre le fantastique, la science-fiction et l’anticipation. Elle écrit souvent pour la jeunesse et les adolescents, comme la série E-Den ou encore Luna, mais avec Mémoris, l’auteur s’adresse avant tout aux lecteurs adultes. Il s’agit d’un one-shot, donc pour une fois il ne vous sera pas nécessaire de patienter pour avoir la suite… tout est déjà là !

On vous laisse lire le résumé fait par l’éditeur pour ce roman qui a l’air pour le moins… alléchant. Et mention spéciale pour la couverture, superbe…

Jeu terminé, bravo à tribulus et à Séverine Piraut !

Mémoris TirelQuatrième de couverture :

2113.

Une jeune femme amnésique cherche à retrouver son identité. La jeune femme est recherchée et doit fuir. Au fil de ses recherches, il arrive malheurs à toutes les personnes qui lui viennent en aide. Entre manipulation génétiques et scientifique en quête d’immortalité, la vérité s’avèrera Impensable.

Pour participer :

Si ce livre vous tente et que vous souhaitez tenter votre chance, rien de plus simple ! Il vous suffit de commenter cet article entre le 20 et le 23 octobre inclus 2015 et votre participation sera prise en compte. Le gagnant sera tiré au sort et informé par mail, ainsi que cité sur les réseaux sociaux.

AUTEUR :
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Concours : Trois exemplaires d’Accelerando de Charles Stross à gagner

AccelerandoPeut-être connaissez-vous Charles Stross, auteur de sf incontournable qui a quelques beaux classiques à son actif. On lui doit notamment la saga des Princes-Marchands, le roman Palimpseste ou encore Le bureau des atrocités.

Et en cette année 2015, Charles Stross revient en force avec Accelerando aux éditions Piranha, dans la collection Incertain Futur (il s’agit du tout premier de la collection).

A l’occasion de cet événement, la Bibliothèque de Glow et les éditions Piranha vous proposent de gagner cet ouvrage ! Trois exemplaires sont mis en jeu.

Pour participer, rien de plus simple, il suffit de répondre à une question très simple en commentant l’article (tout en bas) : Dans quelle collection des éditions Piranha est publié Accelerando ?

Gagnants : Cathy Zanella, Shaya et Erwan D. Bravo à eux !

Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site des éditions Piranha ici : http://www.piranha.fr

Accelrando singularité schémaEnfin, dernière petite chose, sachez que l’ouvrage possède un beau petit lexique, un article très intéressant sur ce qu’est la Singularité, et un très beau schéma (passionnant) illustrant les œuvres qui traitent de la Singularité dans le paysage littéraire de la sf.

Quatrième de couverture : Dans un avenir proche, l’humanité connaît une expansion technologique vertigineuse grâce aux nano-machines auto-répliquantes.

À travers la famille Macx, le lecteur suit un siècle d’évolution de la Singularité sur fond de querelle familiale. Dans la première partie, Manfred, altruiste courtier en idées technologiques de pointe, élabore, grâce à ses réseaux professionnels, les fondations de la posthumanité de demain.

Dans la seconde partie, sa fille Amber, business woman de l’espace, un juge musulman, Sadeq Khurasani, et quelques amis créent des Copies d’eux-mêmes avant leur départ pour l’étoile Hyundai, lieu d’un signal extraterrestre. La troisième partie décrit la vie de Sirhan, petit-fils de Manfred génétiquement modifié, sur Saturne, au sein d’un système solaire complètement démantelé.

Chronique Jeunesse : Mirapolis – Tome 1 – Les ombres de la cité

Mirapolis 01Un univers d’anticipation très abstrait mais aux idées intéressantes

Hélène Montardre est une auteur française pour la jeunesse. On lui doit de très nombreux romans : L’Agenda (Rageot), Océania (Rageot), Terminus : Grand Large (Pocket Jeunesse) une grande partie des Histoires Noires de la Mythologie chez Nathan, c’est elle aussi !

Le premier tome de Mirapolis est paru en septembre 2014 aux éditions Magnard Jeunesse, dans leur toute nouvelle collection de romans à destination des 9-12 ans. Ce nouveau roman est empli de mystères : une cité du futur où tout semble parfait va connaître la rébellion sous une étrange forme : la culture.

Mirapolis : la cité du futur par excellence

Bienvenue dans une ville où tout est progrès et où le béton et l’acier sont omniprésents. Tout le monde y est épanoui, chacun se voyant attribuer un métier en parfaite corrélation avec ses compétences. Ici, point de place à une trop grande individualité. Chaque strate d’âge se voit attribuer une couleur différente, c’est ainsi que les jeunes travailleurs portent une tenue bleue.

C’est ici que vit Anguéo, un jeune homme bien sous tous rapport et parfaitement intégré à la société. Mais sa vie va être bouleversée à cause d’une simple porte grise (les couleurs régissent beaucoup de codes sociaux à Mirapolis) mal fermée et d’une curiosité trop grande…

La découverte d’un étrange objet rectangulaire vert sombre va ainsi changer le cours des choses pour Anguéo… et une foule d’autres personnes également. Ainsi, Mirapolis est-il vraiment le rêve ultime de tout homme ? L’absence d’arbres, de forêts est-elle naturelle ? Cette situation contente-t-elle réellement tous les habitants de cette cité entièrement artificielle ?

Un ouvrage à la créativité aussi étrange que plaisante

Même si on ne comprend pas immédiatement tous les tenants et aboutissants de l’histoire, Les ombres de la cité est un roman intriguant dont on rêve de percer les enjeux. Différents niveaux de compréhension se mettent à jour au fur et à mesure qu’Anguéo gagne en connaissances.

L’écriture d’Hélène Montardre est encore et toujours efficace : à la fois épurée mais non dénuée d’une certaine complexité. Ce paradoxe fonctionne très bien sur ce roman que l’on peut conseiller dès l’âge de 11 ans environ (le lire avant serait peut-être trop ambitieux car trop abstrait par moments).

Les descriptions faites de certains objets de notre quotidien sont parfois déstabilisantes. Et pour cause : Anguéo, notre jeune héros n’a jamais vu ces objets de sa vie tant son mode de vie est cloisonné. Les mots utilisés sont donc parfois étranges pour nous, et on se prend à vouloir deviner ce qui se cache derrière tel ou tel mot.

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En conclusion, Mirapolis est une série pour la jeunesse à l’univers étrange et séduisant. Il en ressort une ambiance de mystère indescriptible qui en fait tout le charme. C’est donc un bon tome introductif qui donne envie de connaître la suite de l’intrigue et qui pousse les lecteurs à s’interroger, le roman étant une continuelle ode à la curiosité.  Le second tome de la série est à paraître en février 2015.

Chronique : É-Den – Tome 1 – Les survivants

E-den 01Nouvelle série signée Élodie Tirel, E-Den – Les survivants est le premier tome d’une trilogie. A conseiller à partir de 13 ans environ, l’auteur nous plonge dans un univers post-apocalyptique se déroulant sous terre…

Élodie Tirel est l’auteur de très nombreux romans, elle a notamment écrit la série L’Elfe de Lune qui s’est vendue à plus de 100 000 exemplaires au Québec.

Un futur loin d’être radieux…

En l’année 3261, les choses ne sont pas au beau fixe : la surface de la Terre est devenue inhabitable et le peu d’êtres humains encore en vie survivent dans Renaissance. Immense cité souterraine, Renaissance porte très mal son nom car la majorité des gens qui y vivent sont tout sauf en train de renaître.

En effet, la cité est divisée en trois parties : le Cocon, le Grenier et la Cave. La majorité de la population vie dans la Cave : condamnée à travailler pour une misère et survivre dans des habitations sordides… La mort guette tout le monde à chaque coin de rue ici. Ceux du Cocon sont quant à eux préservés : ils font partie de l’élite sociale et n’ont aucun contact avec ceux du bas de l’échelle. Quant au Grenier, bien que son nom soit un indice, on ne sait rien dessus au début du roman…

Voici donc le décor posé. Maintenant imaginez-vous une jeune fille bien née au Cocon qui décide coûte que coûte de retrouver son père disparu. Et imaginez également un jeune garçon de la Cave qui vit de larcins pour manger quand le destin est clément avec lui… comment ces deux là pourraient-ils bien se rencontrer et changer l’avenir des habitants de Renaissance ?

Un univers impitoyable qui tient bien en haleine

E-Den est un roman qui satisfera tous les lecteurs ayant besoin d’action, en particulier si ils ont entre 12 et 14 ans. Pourquoi ne pas conseiller ce roman pour des plus grands ? Tout simplement car E-Den a beau être un roman post-apocalyptique aux lois dures, les dialogues sont eux beaucoup plus « jeunesse ». Ca n’est pas un mal, mais ce contraste entre le genre et les dialogues en fait un roman très accessible.

De bonnes idées, il y en a dans ce premier opus, en particulier sur l’univers de Renaissance et sa hiérarchie. Peu à peu, on découvre tous les secrets de la ville, ainsi que ses pièges… Vous ferez également la connaissance d’une créature très étrange : le racureuil (c’est lui sur l’épaule de la jeune fille en couverture !), mignon mais pas seulement…

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La grande force du récit réside dans sa capacité à nous emmener toujours plus loin dans l’histoire, et cela de façon très aisée. Nous qui commençons dans la Cave, nous passons par toutes les strates de la cité, allant même jusqu’à découvrir d’autres cultures et peuples qui en sont extérieurs. Chaque nouvelle péripétie apporte son lot de nouveaux personnages et d’enjeux renouvelés… En définitive, vous ne pourrez par vous ennuyer. A lire pour tous ceux qui aiment l’aventure sur fond de fin du monde ! A réserver à des lecteurs entre 11 et 13 ans environ.

Affaire à suivre avec le second tome de la saga qui vient de paraître en octobre 2014 : La Traque.

Chronique album jeunesse : OFF

OffUn album jeunesse sans texte pour sensibiliser les plus jeunes aux dangers du nucléaire…

Paru aux éditions du Seuil Jeunesse en octobre 2014, OFF est un ouvrage jeunesse qui n’entre pas dans les standards du genre. Son sujet est très sérieux puisqu’on y parle du nucléaire et de ses conséquences néfastes pour la santé de notre planète, surtout s’il est mal contrôlé…

Son auteur, Xavier Salomó est né en Espagne, dans la région de Barcelone où il vit encore aujourd’hui. Il a fait des études d’illustration à l’école Massana de Barcelone et a travaillé comme graphiste dans la publicité. Il est l’auteur d’une petite dizaine d’ouvrages pour la jeunesse.

Un océan de gris et de béton… à perte de vue

Voici le paysage familier et pourtant loin d’être naturel de l’héroïne sans voix de cet album. Débauche continuelle d’un mode de vie passé et dépassé : gravats, ruines, vestiges d’immeubles… la jeune fille avance sur le dos d’un cerf majestueux, véritable contraste vivant. Leur présence détonne dans ce lieu où la vie ne semble plus permise, et pourtant…

La jeune fille à la cape rouge et le cerf sont investis d’une mission, celle de rendre la nature à elle-même en éteignant chaque centrale nucléaire qu’ils croiseront sur leur chemin.

Off insideBeau, mélancolique, donnant matière à réflexion

Empli de symboliques, visuellement fort, OFF est un album qui ne laisse pas indifférent. Son auteur dit d’ailleurs de cet ouvrage qu’il s’agit de son projet le plus personnel, mais également risqué, aux vues de son sujet.

La catastrophe de Tchernobyl l’a marqué. Il n’avait que 10 ans, mais Xavier Salomó sentait que quelque danger planait… Et c’est après le drame de Fukushima que le besoin de parler du nucléaire dès le plus jeune âge s’est fait ressentir pour l’auteur.

En voyant ce majestueux cerf qui fait renaître la nature autour de lui, on ne peut s’empêcher de penser à l’œuvre d’Hayao Miyazaki, en particulier dans le film Princesse Mononoké. C’est d’autant plus fort et poignant qu’il n’y a pas de texte. Tout y est juste : des couleurs voulues sombres en passant par cette retenue tout en douceur…

On remarquera de menus petits détails qui méritent une relecture ou une attention particulière : lézard à six pattes, oiseaux-papillons étranges, écureuil-souris caché dans l’ombre… c’est discret mais bien là, et on aime !

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OFF est beau et saisissant d’une beauté simple que l’on appréciera quel que soit l’âge. Il est rare de rencontrer au détour de l’énorme production jeunesse des ouvrages aussi engagés pour un âge aussi jeune, cela doit donc être souligné. A lire dès l’âge de 4-5 ans environ.

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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : L’épreuve – Tome 1 – Le Labyrinthe

L'épreuve - tome 1Paru en France en octobre 2012, Le Labyrinthe (The Maze Runner) est le premier tome de la trilogie à suspense L’épreuve. Depuis sa parution, la série a su conquérir le public français tout comme elle s’est acquis le lectorat américain. La trilogie est maintenant au complet aux éditions Pocket Jeunesse.

Mais ce n’est pas tout : aux États-Unis James Dashner a écrit deux préquels dans le même univers que L’épreuve : The Kill order et The Fever Code. Forte de ce succès, la série est maintenant adaptée au cinéma, dont le premier volet est sorti le 15 octobre 2014 !

Bienvenue à ce qui ressemble le plus à un foyer : le Bloc

 A peine sorti d’un ascenseur qui le mène à la surface, Thomas doit vite reprendre pied avec la réalité… mais c’est sans compter sur sa perte de mémoire. De sa vie d’avant, il ne se souvient de rien hormis son prénom. Ses parents, sa famille, ses amis… il ne sait pas s’il en avait, c’est le néant. Et c’est le cas de tous les adolescents qui vivent ici, sans le Bloc.

Mais qu’est-ce que le Bloc ? Tout simplement le seul lieu de « vie » possible au cœur d’une construction terrifiante : le labyrinthe. Personne ne sait par qui ni pourquoi il a été construit, mais l’édifice semble être un passage obligé vers la liberté… et cette dernière a prix conséquent. En effet, loin d’être un simple dédale, la construction semble receler d’autres mystères…

L'épreuve - tome 1 tie inUn thriller qui se dévore !

Peu à peu, on découvre que le genre littéraire de ce récit n’est pas que le thriller, mais également l’anticipation, plus précisément le post-apocalyptique. Mais contrairement à la grande mode du moment, il ne s’agit pas ici d’une dystopie ! Ici, pas de société régulée comme une horloge pour le bien collectif au détriment de l’individu. Pas de révolution contre le système établi, mais juste un état des lieux de ce qu’il reste de notre futur… et il est fort sombre.

L’épreuve est un roman pour adolescents (et adultes) qui saura séduire tous ceux qui veulent découvrir une action dense et une intrigue sur le fil. Le suspense est omniprésent, les révélations distillées d’une telle façon que c’en est une torture… Entre les portes du labyrinthe qui ne sont ouvertes que le jour, les monstres étranges nommés les griffeurs qui sévissent à l’intérieur et le poison qu’elles distillent, le mystérieux sérum et les transformations… Et encore, ça n’est que la partie émergée de l’iceberg.

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On ne développera pas plus ici les enjeux de ce premier tome pour vous préserver toute la primeur de l’intrigue !

La conclusion est simple : Intelligent, empli d’énigmes, haletant… ce premier tome est une franche réussite qui ne nous donne qu’une seule envie, se procurer rapidement la suite !

Chronique : Dualed – Tome 2 – Divided

Dualed 02La lutte pour la survie ne s’arrête jamais…

Écrite par Elsie Chapman, la série Dualed n’est composée que de deux tomes et vient tout juste de se clore en octobre 2014. L’auteur est d’origine Canadienne (côté anglophone) et vit maintenant dans la banlieue de Tokyo.

Divided est un tome qui nous en apprend plus sur les mécanismes de la ville de Kersh, dernier endroit au monde où il est possible de vivre sans guerre… mais à un prix très élevé.

De retour dans le monde ces chasseurs

West Grayer est à peine accomplie (elle a réussi à éliminer son double, son Alt) qu’elle doit déjà reprendre du service dans le monde tamisé et dangereux des chasseurs… Mais cette fois, sa mission est du genre que l’on ne refuse pas.

En effet, alors que son ancien travail de chasseuse est totalement illégal, le Conseil fait appel à elle pour qu’elle effectue trois éliminations exceptionnelles. Le Conseil sait tout de West et de ses agissements et compte bien en profiter à son avantage.

Mais accepter ne semble pas le choix le plus évident pour West, elle qui est encore hantée par les missions qu’elle a accomplies par le passé. Sa culpabilité la ronge à un tel point qu’elle va régulièrement voir une psychologue qui l’aide à s’accepter de nouveau telle qu’elle est.

 Enfin, n’oublions pas de préciser qu’il est tout à fait impossible de refuser une proposition du Conseil sans s’y bruler les ailes au passage…

Le mythe de Kersh enfin dévoilé dans toute sa laideur

Plus qu’une histoire tournant sur le personnage aux multiples facettes qu’est West Grayer, Divided exploite enfin les origines troubles de la ville de Kersh. Son passé, ses secrets, les projets qui y ont étés faits, et son but.

Au fur et à mesure que West avance dans ses missions, on découvre peu à peu toute la trame qui a fait de la ville ce qu’elle est maintenant avec son système d’Alts, de culture de la survie et du combat… On comprend un peu mieux pourquoi la ville est ainsi faite, même si tout n’est pas toujours justifié de façon satisfaisante. Et surtout, les origines inavouables de la cité guerrière nous sont enfin contées. Mais malgré toutes ces nombreuses révélations (dont certaines captivantes), on aurait voulu en savoir énormément plus sur tout ce qui fait Kersh.

Certaines pistes et idées sont à peine esquissées : la stérilité des habitants depuis des générations, la mystérieuse grille électrifiée qui empêche quiconque de sortir par tous les moyens possibles… et c’est justement là que l’on aurait aimé avoir un réel développement du pourquoi et du comment.

La notion d’injustice sociale y est encore plus marquée que dans le premier tome car cette fois-ci,  nous pouvons voir ce à quoi à droit l’élite en termes d’entrainement par rapport à la population normale, voire pauvre. Cette vision de l’autre côté de la scène est très intéressante, même si elle est trop marquée bons/méchants selon moi. On aurait apprécié voir plus de nuances dans la façon dont sont traités tous les personnages, car il n’y a au final que West qui se balance des deux côté sans jamais réellement savoir elle-même où elle se situe.

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En conclusion ce second tome se lit très rapidement car très efficace, tout comme le précédent. Cependant, beaucoup de questions restent ouvertes… Est-ce pour qu’Elsie Chapman reprenne la plume dans l’univers de Dualed si l’envie l’en prend plus tard ? Peut-être, mais nous restons un peu sur notre faim au niveau des révélations. Quant à l’action, elle est bien là, et bien ficelée comme il faut.

Chronique cinéma : The Giver

Le passeur movieGrand classique de la littérature jeunesse et ado aux Etats-Unis, The Giver est une véritable référence culturelle dans son pays d’origine et dans les autres pays Anglo-saxons. En effet, le roman est prescrit et étudié dans les écoles anglaises et américaines depuis de nombreuses années… Mais c’est également le cas en France. Bien que beaucoup moins connu, Le Passeur est lui aussi étudié dans nos écoles, ce qui a contribué à sa notoriété chez nous.

Vingt ans après sa première publication (publié en 1993 aux États-Unis et en 1994 en France), l’adaptation au cinéma était pour le moins attendue à l’heure où les dystopies sont en vogue aussi bien en librairie que sur grand écran.  Réalisé par l’australien Philip Noyce avec un budget de 25 millions de dollars, The Giver a également un casting qui mérite d’être souligné.

Le rôle de Jonah est assuré par Brenton Thwaites dont c’est l’un des premiers rôles principaux au cinéma. Le Passeur est joué par le charismatique Jeff Bridges (True Grit, R.I.P.D. Brigade Fantôme…), Meryl Streep (La Dame de fer, La mort vous va si bien…) joue quant à elle le rôle de présidente de la communauté. Enfin, il ne faut pas oublier Katie Holmes (Batman Begins, Abandon), qui joue ici le rôle de la mère de Jonah, travaillant dans le département de la justice.

Le passeurMais qu’en est-il donc de la transition du livre au film ? Tout d’abord, l’idée de base du roman, où les couleurs se sont perdues au fil du temps est respectée. La moitié du film environ est en noir est blanc, et prend peu à peu des couleurs.

Le monde du film est plus marqué par les technologies que dans l’ouvrage, mais ça n’est pas gênant outre mesure. On retrouve les règles de vie de la communauté ainsi que leur rigidité, mais contrairement à l’ouvrage, elles sont personnifiées en la personne de la Doyenne jouée par Meryl Streep.

De la romance a été ajoutée à l’histoire, là où dans le roman elle est absente, mais cet ajout n’enlève rien à l’intrigue. Il la justifie et permet au film de sauter certaines étapes du livre. En une heure et demie, il est normal qu’il soit impossible de retranscrire tous les éléments qui font la spécificité de l’œuvre.

En termes de fidélité par rapport au livre, il y a de quoi être relativement satisfait, le jeu des couleurs (et de leur absence) étant le plus réussi et le mieux pensé. Cependant, on ne retrouve pas l’essence et la force du roman à travers l’adaptation. Peu de moments forts, hormis quelques légers passages quand le Passeur transmet ses souvenirs à Jonah… on aurait aimé en avoir plus.

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En somme, pour apprécier The Giver, il faut se détacher de l’œuvre originale et prendre le film comme une œuvre isolée. Une fois que l’on part de ce principe, le film devient agréable et plutôt distrayant. A voir pour les curieux. Les fans seront peut-être moins emballés.

The Giver movie banniere