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Chronique Jeunesse : Magic Charly tomes 1 & 2

La fantasy jeunesse française a de très beaux jours devant elle, Magic Charly en est la preuve !

En seulement deux tomes, la saga Magic Charly a réussit à s’imposer dans les rayons jeunesse saturés par une offre toujours plus grande. Ici, l’originalité est au rendez-vous et surtout une histoire et un univers riche vous attendent. A la croisée des genres entre Terry Pratchett et J.K. Rowling, le tout à la sauce française ! La preuve, si elle était nécessaire, que les auteurs français savent créer leurs propres mondes et sortir des sentiers battus… Charge aux éditeur de fouiller un peu plus dans les manuscrits francophones et de prendre parfois des risques (calculés bien sûr).

Audrey Alwett n’est pas une débutante même si vous ne la connaissez peut-être pas. Elle est autrice depuis de nombreuses années et a déjà écrit un roman Les poisons de Katharz. C’est également elle qui écrit les scénarios de la bd Princesse Sarah. Elle est également la directrice du label Bad Wolf chez ActuSF. Magic Charly est une série fantastique parue chez Gallimard Jeunesse, deux tomes sont disponibles… Et c’est ultra addictif.

Souvenirs à vendre

Vous ne le savez peut-être pas, mais le monde des magiciers existe, et c’est ce que va découvrir de façon assez abrupte Charly. C’est ainsi qu’il apprend que sa grand-mère fait peut-être partie de cette société mystérieuse… mais elle-même ne semble se souvenir de RIEN. Pourquoi les souvenirs de sa grand-mère ont-ils disparus et comment les retrouver ?

C’est ainsi que la porte d’un univers totalement inconnu pour Charly s’ouvre… il va devoir tout y apprendre : ses codes, ses dangers, sa hiérarchie écrasante… et son école pour magiciers !

Passionnant, foisonnant et tout simplement génial

En seulement un seul tome, Audrey Alwett a réussit à rendre accros quantité de lecteurs. Et en deux tomes, elle a réussit à avoir des fans. Maintenant, Magic Charly fait pour moi partie du fonds en littérature jeunesse et fera partie des ouvrages sur lesquels il faudra compter dans la prochaine décennie.

Cette série a tout des grandes sagas fantastiques : des personnages forts, aisément attachants et uniques en leur genre (je pense notamment à la géniale/insupportable Sapotille) ou encore à la mini-serpillère… Un système magique qui a ses propres codes et qui n’est pas calqué sur un quelconque univers déjà-vu/lu. Les magiciers ont un quota de magie à ne pas dépasser, et cela créé toutes sortes de problèmes.

Et surtout, un univers absolument foisonnant et original avec son propre vocabulaire : quiétons (pour ceux qui ne perçoivent pas la magie), citrolles (citrouilles de transport faisant l’objet de courses très prisées par les magiciers), des grimoires volants et indisciplinés, des tartes-chercheuses qui s’écrasent sur la figure d’une personne ciblée au préalable, des chips magiques à ne pas manger en trop grande quantité sous peine de faire des dégâts…

C’est pour cette richesse extraordinaire que je suis tombée en amour de cette saga. Pour cela et aussi pour l’écriture captivante d’Audrey Alwett qui sait en peu de pages nous faire voyager vers un ailleurs ou souffle la magie… Et j’avoue que mon personnage préféré est et restera la petite serpillère aussi discrète que très attachante qui adore qu’on la récompense avec un seau d’eau sale.

Je ne saurais donc que trop vous conseiller de découvrir la saga Magic Charly, les deux tomes déjà parus sont extraordinaires. Vous le savez en lisant mes chroniques, je suis assez difficile et il faut vraiment que ce soit peu commun pour que je m’emballe à ce point. Et chose rare, le second tome est encore plus captivant que le premier ! Et surtout… à quand la suite ? L’attente est presque insupportable ! (mais je suis prête à attendre des années si Audrey Alwett en a besoin pour conserver une telle qualité narrative). C’est fouillé, malin, et captivant. Vous pouvez y aller les yeux fermés… C’est plus de 900 pages de pur bonheur, et c’est peut-être là que réside toute la magie ?

PS : Saluons également les magnifiques couvertures réalisées par Stan Manoukian. Elles sont sublimes et habillent de la plus belle des façon la saga (qu’est-ce qu’ils sont beaux dans la bibliothèque !). Chaque début de chapitre est également illustré très joliment avec un petit détail spécifique à la série…

PS** : Pour vous convaincre de ce gros coup de coeur, j’ai pris une photo des ouvrages dans la librairie où je travaille avec mon petit mot <3

PS*** : Si Gallimard Jeunesse ou l’autrice voient cet article, je recevrais avec un IMMENSE plaisir Audrey Alwett dans la librairie où je travaille (à 30 min de Paris). J’ai vendu plus de 200 exemplaires des deux tomes en cumulés depuis leur parution… C’est dire à quel point je crois en cette saga !

Mini-chroniques jeunesse #3 – Des romans rafraîchissants pour l’été quand on est jeune lecteur et qu’on déteste les huîtres

Le monstre des glaces – David Walliams & Tony Ross – Albin Michel Jeunesse, collection Witty

Si vous ne connaissez pas encore l’œuvre de David Walliams, sachez qu’il est présenté comme étant le digne héritier de Roald Dahl. Chacune de ses sorties est un succès de librairie aussi bien en Angleterre qu’en France. Mais je dois avouer que le temps passant, je trouve que ses ouvrages baissent en qualité…
Malheureusement, Le monstre des glaces m’a confortée dans cette idée. Pour moi, David Walliams a perdu son petit grain de folie et de génie qui me faisait sourire dans ses premiers ouvrages.

L’histoire ici est celle d’un mammouth qui est retrouvé parfaitement conservé. Un savant un peu fou décide de le faire revivre pour des raisons plus ou moins avouables… Mais c’était sans compter sur Elsie, une petite orpheline courageuse qui n’a pas froid aux yeux !

La première partie du roman était assez sympathique, mais dès lors que le fameux mammouth est réveillé, l’histoire part dans tous les sens. C’est totalement ubuesque, décousu et pas très drôle…
Et j’ai ce sentiment persistant sur mes dernières lectures de David Walliams, à tel point que je ne pense pas en relire avant longtemps…

Je vous conseille cependant de lire ses premiers ouvrages, ils sont géniaux et méritent le détour. C’est d’ailleurs grâce à eux qu’il est désormais présenté comme l’héritier naturel de Roald Dahl. Présentation à nuancer, donc, mais pas totalement fausse…
Parmi ses meilleures titres (selon moi), lisez Joe Millionaire, Ratburger ou encore Monsieur Kipu. Ils valent le détour !

Les guerriers de glace – Estelle Faye & Nancy Pena – Nathan, collection Premiers Romans

Un super roman fantastique et français à destination des 8/10 ans, ça vous tente ? Bienvenue dans le petit village de Rosheim, où vivent Alduin et Léna, ils sont amis depuis toujours…

Leur vie est tranquille, sans aucune ombre au tableau sauf quand les Guerriers de glace réapparaissent au village pour enlever une jeune fille… Le village se réunit en secret et décide que ce sera Léna qui sera « offert » aux Guerriers pour préserver la paix. C’était sans compter sur la loyauté d’Alduin et le courage de Léna !

J’ai trouvé ce court roman jeunesse absolument parfait : écriture travaillée, univers original… En effet, il renouvelle gentiment le genre avec une histoire qui ne tombe pas dans un déroulement classique. Pour l’âge ciblé, c’est assez rare pour être souligné car nombre de romans usent d’une intrigue lue et relue…

Il faut dire qu’Estelle Faye est familière des histoires qui sortent des sentiers battus, et cela pour tous les âges (elle est surtout connue pour écrire à destination des adultes – Porcelaine aux Moutons Électriques, Un éclat de givre, Folio SF).

Après avoir terminé cet ouvrage, j’ai découvert que Les guerriers de glace est le premier tome d’une trilogie (et un quatrième tome est à paraître au moment où cette chronique est publiée) ! Il n’est pas indispensable de lire la suite pour que les enfants y prennent plaisir, mais si ils aiment… les deux suites ont de grandes chances de leur plaire !

Poules renards vipères – Tome 1 – Albin – Paul Ivoire – Poulpe Fiction

Dans la même tranche d’âge que les Pépix ou encore la collection Witty, Poulpe Fiction a réussi à se tailler une place de choix dans l’univers ultra-compétitif de la littérature jeunesse.

Ce premier tome d’une série qui en compte trois ravira tous les enfants amoureux d’aventure, de révélations et d’animaux ! On y suit trois personnages censés ne JAMAIS se rencontrer… et pour cause, il sont chacun d’une espère différentes dont les royaumes se font la guerre depuis toujours. Albin est un poussin, Célis est un serpent et Zora une renarde. A eux trois et grâce à leur rencontre fortuite, ils vont déjouer un complot terrible à l’échelle de leurs trois royaumes… Mais le chemin sera semé d’embuches et de dangers.

J’ai beaucoup apprécié cette petite lecture, les personnages y sont mignons (tant graphiquement que dans leur personnalité), l’histoire fonctionne à merveille même si c’est légèrement manichéen par moments.
L’idée de montrer aux lecteurs que tout n’est pas si évident et qu’il faut parfois remettre en questions les informations que l’on nous donne est maline. C’est sur ce chemin dangereux et incertain que va se lancer Albin avec ses amis… avec tous les risques que cela comporte.

En somme, c’est une petite réussite qui ravira les 8/10 ans fans d’animaux, c’est certain !

Comment j’ai changé ma soeur en huître (et une huître en ma soeur) – Emilie Chazerand & Joëlle Dreidemy – Sarbacane, collection Pépix

Soyons clairs, j’ai rarement lu un roman jeunesse aussi barré que celui-là. Rien qu’en lisant le titre, on devine que ça va être détonnant… mais franchement pas à ce point. C’est fou, totalement décalé et génial !

On découvre l’histoire d’un jeune homme prénommé Germain. Pour lui, tout va bien… à l’exception d’une ombre au tableau en la personne de sa grande sœur. Agaçante, désagréable, toujours en train d’appuyer là où ça fait mal… bref Judith est la grande sœur par excellence.


Alors quand Germain a l’opportunité d’échanger la personnalité de sa sœur avec celle d’une huître lors d’un dîner, il n’hésite pas une seconde ! Mais il va très vite le regretter… les huitres ont peut-être 2 de QI, mais elles sont dangereuses… méfiez-vous aux prochaines festivités de Noël.

« C’était mou et froid et visqueux mais avec quelques endroits plus solides et presque… caoutchouteux. Ça devait faire tchouin tchouin sous les dents ça, sûr. »

« – Moi, je veux pas être une huître ! Je suis allergique aux huîtres !

Bah, t’as qu’à t’auto-manger, idiot ! a dit une autre huître à l(huître allergique aux huîtres.« 

Voilà. Je pense que ces deux petits extraits sont assez explicites sur le ton de l’ouvrage : fou et génial.

Je ne puis que vous conseiller de découvrir ce roman parfait pour les enfants dès l’âge de 9 ans… que l’on aime ou pas manger des huîtres, c’est un régal !

Chronique : Gardiens des Cités Perdues – Tome 3 – Le Grand Brasier

gardiens-cites-perdues-3Une suite captivante et enlevée, à la hauteur des précédents tomes de la saga !

Nous voici de retour dans le monde merveilleux de la saga fantastique pour la jeunesse Gardiens des Cités Perdues. Nous en sommes au troisième opus sur les cinq prévus aux États-Unis (le cinquième sort en novembre 2016 en VO). Les retrouvailles avec les personnages nombreux et fouillés de la saga se fait facilement, même après une longue pause entre le tomes.

Shannon Messenger est l’auteur de cette belle saga fantastique pour la jeunesse, mais elle a également écrit une autre série nommée Let the sky fall, également en cours de parution aux éditions Lumen. Retenez bien son nom, car elle est très douée !

Le monde des elfes en plein bouleversement

Sophie avait découvert avec naïveté et émerveillement le monde si beau et parfait des elfes… Mais cette image s’effrite peu à peu à cause des nombreuses menaces qui planent sur la société elfique. Le contexte devient difficile, la menace constante.

La société des elfes elle-même si compréhensive et altruiste commence à se méfier de la talentueuse et belle Sophie. Une personne avec autant de dons dérange, surtout si elle n’est pas contrôlable…

Ce troisième tome est le signe de grands changements, mais pas nécessairement bons pour Sophie et ses amis.

Une intrigue qui s’obscurcit et gagne en densité

Après presque un an de pause, je retourne avec un plaisir fou dans le monde magique de Gardiens des Cités Perdues. La remise en mémoire des enjeux et des personnages et au final très aisée, chose que je n’aurais pas imaginée au départ… Mais ça se dévore, et sans mal !

Shannon Messenger nous fait le plaisir de nous fournir avec ce troisième tome plus de 600 pages de bonheur, et c’est en quelques jours à peine que l’on termine (déjà !) l’ouvrage.

L’intrigue gagne en noirceur, certains personnages et peuples encore jamais rencontrés font leur arrivée et gagnent peu à peu en importance. On en apprend encore un peu plus sur la magie qui entoure l’univers des elfes, mais également celui des ogres ! La pyrochinésie – cet art magique interdit – nous est ici pleinement développé dans toute sa dangerosité et donne d’ailleurs son nom à l’ouvrage. Les pouvoirs de Sophie quant à eux semblent n’avoir aucune limite, et on découvre avec émerveillement tout ce qu’elle peut réaliser…

Mais surtout, l’univers et la société elfe commencent à se déliter, devenir instables. Ce qui était au début de la light fantasy et de l’aventure se transforme en complots d’ordre politique et guerre secrète. Une nouvelle forme de société occulte fait d’ailleurs son apparition en plus du fameux Cygne Noir…

Disparitions inquiétantes, décisions politiques préoccupantes, morts prématurées… c’est un climat de guerre silencieuse qui règne sur le monde magique qui nous a été si merveilleusement dépeint par le passé.

Heureusement, on retrouve les personnages si attachants qui nous on tant fait rire et sourire précédemment. L’alicorne Silveny (et sa façon originale de dialoguer), mais aussi ce farceur de Keefe et le séduisant Fitz sont toujours de la partie. De même que l’un de mes personnages préférés au charisme fou et au charme très relatif : le gobelin de garde du corps de Sophie et ses manières brusques pour la protéger. Ce sera également l’occasion d’apprécier certains personnages vus précédemment mais plus développés dans cet opus-ci.

Nos jeunes héros vont devoir mûrir bien plus vite que prévu, on sent bien que ce tome est une passation vers l’âge adulte avec des enjeux d’un tout autre calibre…

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Si vous avez soif d’aventures, de révélations en chaine, de surprises et de magie à haute dose, Le Grand Brasier sera à la hauteur de vos espérances ! C’est un troisième tome explosif et passionnant dont on ressort émerveillé… avec une furieuse envie de se jeter sur la suite ! Et ouf, elle est déjà sortie (en juin 2016)…

Pour ceux qui n’auraient pas encore sauté le pas, j’espère que cette chronique aura su vous convaincre. Gardiens des Cités Perdues est à mettre dans votre bibliothèque, juste entre les Harry Potter de J.K. Rowling et La Croisée des Mondes de Pullman. C’est une des rares saga qui fait preuve d’autant de vie, de réalisme, et de magie tout à la fois.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Les Chroniques du marais qui pue – Tome 1 – La chasse à l’ogre

chroniquesmaraisquipue1.jpgCréé par Paul Stewart et Chris Riddel, les auteurs des Chroniques du bout du monde, voici maintenant les Chroniques du marais qui pue. Mais cette fois, le lectorat est plus jeune que dans les Chroniques du bout du monde, la série est donc adaptée pour les 9-10 ans, ce qui n’empêche pas les adultes de le lire, voila pourquoi il n’est pas dans la rubrique pour les enfants !

L’histoire ce passe donc dans un monde très odorant, comme l’indique assez explicitement le titre. Le jeune héros nommé Jean-Michel n’a en fait…rien d’un héros, mais malgré tout il réussira à prouver sa valeur. Ludique et amusant pour les plus jeunes, et franchement drôle pour les plus grands. J’ai beaucoup aimé ce petit Jean-Michel qui tombe dans un autre monde, faisant une analogie à Alice au Pays des Merveilles. Mais aussi le fameux baron cornu et sa femme qui veux des rideaux chantants… aaaah ce livre m’a beaucoup plu. Si vous voulez un extrait des rideaux chantants, le voici : « la la la« .

A suivre dans le tome 2 : La grotte du dragon

De plus, les illustrations de Chris Riddell sont toujours aussi belles et fines et sont donc un vrai plaisir pour les yeux et l’imagination !

 

Chronique Jeunesse : Le magicien d’Oz

Le magicien d'OzEh bien, honnêtement, je m’attendait à mieux de ce livre qui est un classique de la littérature fantastique. Je dois avouer avoir été assez déçue au final.

L’ouvrage a un a un côté poétique indéniable (notamment avec le bûcheron de fer-blanc en quête d’un cœur ou encore l’épouvantail à la recherche d’une cervelle…), c’est certain, mais je le trouve trop expéditif pour être vraiment passionnant. On saute d’une mini-aventure à une autre sans vraiment de passion selon moi.  Il y a un seul personnage qui est assez intéressant de mon point de vue, c’est le bucheron et sa quête, car elle cache une symbolique forte sur plusieurs niveaux.

Le Magicien d’Oz n’est donc pas l’une de mes lectures favorites, mais il fait partie des classiques à lire au moins une fois dans sa vie !