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Chronique : Filles de Lune – tome 2 – La Montagne aux Sacrifices

Filles de lune 02Un second tome qui met enfin en lumière le monde de la Terre des Anciens…

Écrite par Elisabeth Tremblay, la série Filles de Lunes est un grand succès au Canada et en France. Constitué de cinq tomes au total, l’histoire nous raconte la vie de Naïla, une Fille de Lune d’exception censée ramener la paix sur la Terre des Anciens pour racheter les fautes de ses lointaines aïeules…

Un début de tome au quart de tour

Nous reprenons le récit juste après la fuite de Naïla d’un endroit où elle a été violée pendant de longues semaines, et à l’issue desquelles elle attend maintenant un enfant… l’homme qui l’a forcée à avoir une nouvelle descendance se prénomme le Sire de Cannac, il s’agit du frère jumeau d’Alix (le protecteur désigné de Naïla).

Cette grossesse non désirée de la part de la Fille de Lune semble être pour le Sire de Cannac et sa sorcière maléfique Mélijna un moyen d’atteindre les trônes perdus de Darius et d’Ulphydius si l’on se fie à une ancienne prophétie.

Naïla, toujours aussi perdue dans ce monde de fous, est censée se rendre à la Montagne aux Sacrifices afin d’obtenir tous les pouvoirs dû à son rang de Fille de Lune (ses pouvoirs potentiels doivent être encore plus puissants que la normale à cause de son ascendance avec la lignée maudite…). Cette grossesse non désirée est un poids de plus pour elle dans cette quête qu’elle ne comprend qu’à peine…

Aventure, courses-poursuites, révélations, magie et nouveaux personnages sont au rendez-vous pour un second tome bien meilleur et plus passionnant que le premier.

Une construction narrative bien mieux ficelée

Dans ce second tome, point de temps mort. En effet, entre la fuite de Naïla, les multiples quêtes d’Alix et les nouvelles rencontres, il devient difficile de s’ennuyer.

On retrouve toujours quelques erreurs de langage plus ou moins dérangeantes ainsi que des répétitions, mais l’écriture est moins choquante que dans le premier ouvrage.

Il devient difficile de résumer tout l’ouvrage tant il y a de nouveaux éléments, mais nous allons tout de même parler des principaux.

Nous faisons la découverte de nombreux sorciers et sorcières, qu’ils soient bons ou mauvais. Leur apparitions apporte un vrai plus à l’univers, de même que celle de gnomes. Elisabeth Tremblay a réussi à s’approprier à sa façon ses créatures souvent utilisées dans les mondes de fantasy.

On découvre également de nouvelles créatures, telles que les protecteurs de la Montagne aux Sacrifices, ou encore les ravels, des oiseaux dont l’espèce à quasiment disparu, les deux derniers représentants existants appartenant à Mélijna, la terrible sorcière des Cannac, le second est à Wandéline, une sorcière qui a aide autant que possible Naïla dans sa quête.

Des mondes parallèles à découvrir

La Terre des Anciens n’est pas le seul monde à découvrir, en effet il en existe en six autres mondes en comptant Brume, la Terre que l’on connaît : Elfré, Golia, Bronan, Mésa, Dual. Et seules les filles de Lunes peuvent prendre les passages entre les mondes, qui sont eux-mêmes bien cachés…

Cette perspective offre de nombreuses possibilités, d’autant que l’on commence à entrevoir des liens entre différents personnages et certains de ces mondes.

Parfois, les révélations sont un peu énormes, car on découvre que certains personnages sont des Elus aux pouvoirs extraordinaires, ou encore qu’une prophétie existait les concernant… mais malgré cela, l’histoire réussi à ne pas perdre de son intérêt.

En somme, ce second tome de la série mérite une conclusion plus positive que le précédent ouvrage. Effectivement, Elisabeth Tremblay réussit à nous captiver grâce à un univers relativement original. Elle reprend certains éléments qui font les bases d’une fantasy traditionnelle mais y ajoute sa touche personnelle.

Malgré un problème persistant au niveau de Naïla, que je perçois toujours comme trop indécise et réagissant mal aux situations, force est de constater que l’on arrive à passer outre pour ne se concentrer que sur l’intrigue qui prend de l’ampleur au fil des pages…

Un second tome très correct donc. Affaire à suivre avec le troisième opus : Le Talisman de Maxandre.

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Chronique : Filles de Lune – Tome 1 – Naïla de Brume

Filles de lune 01Un premier tome long à poser les bases d’un nouvel univers…

Filles de Lune est une série de fantasy en cinq tomes écrite par Elisabeth Tremblay, originaire du Québec. De nombreux épisodes de la vie de l’auteure lui ont permis de transposer son vécu dans ses romans. La série a connu un très grand succès au Canada, puis en France où elle est tout d’abord paru aux éditions de Mortagne (en 2010) avant de paraître en poche chez Pocket depuis mars 2012. La série réunit maintenant plus d’une dizaine de milliers de lecteurs.

Un passé mouvementé et sombre…

Naïla est une jeune femme que la vie n’a pas épargnée. A à peine vingt-cinq ans, elle a déjà été mariée, eu un enfant… et tout perdu. Des suites d’une terrible maladie, sa très jeune fille Alicia est morte, et son mari n’ayant pas supporté cette perte ce dernier a décidé de quitter lui aussi cette terre, laissant Naïla seule avec un désespoir toujours grandissant.

Au bord du gouffre, l’héroïne en devenir est loin d’avoir repris goût à la vie… pour tenir le coup elle s’accroche à ce qui lui reste de famille : sa tante. Naïla aide cette dernière à refaire de fond en comble sa maison ; se noyer dans les cartons et les travaux de gros œuvre est une façon pour elle d’oublier…

Mais cette plongée à corps perdu dans les vieilleries va engendrer de curieuses découvertes pour Naïla, notamment concernant ses origines… une mystérieuse dague, un acte de naissance étrange… la jeune femme veut des réponses, mais elle ne se doute pas de la portée de ce qu’elle va mettre à jour.

Un rythme lent, parfois même lassant

On peut qualifier ce premier tome d’introductif sans hésitation : il pose les (trop) nombreuses bases de l’univers dans un style lent et peu palpitant.

Là où le bât blesse, c’est en particulier au niveau de l’écriture. Pas toujours très claire, et surtout peu fluide, on se retrouve parfois avec beaucoup d’informations sans trop savoir qu’en faire. On assiste également à de nombreuses répétitions de phrases tout au long de l’ouvrage.

Le personnage de Naïla est assez paradoxal : tantôt attachante grâce à son histoire et son vécu, elle peut également être extrêmement démunie, la rendant plaintive et même exaspérante aux yeux du lecteur. Jamais sûre d’elle, toujours en train de s’interroger, mais rarement sur les bonnes choses, Naïla n’a pas vraiment les qualités d’un personnage charismatique et mémorable…

La jeune femme découvre malgré tout qu’elle est une fille de Lune, et que cela implique beaucoup de choses, dont une en particulier, elle doit accomplir son destin. Ce dernier passe par un monde parallèle dénommé la terre des Anciens où couve une guerre d’envergure autour de trônes mystérieux. Naïla est ainsi censée réparer les torts de ses aïeules en arrêtant cette quête insensée des trônes qui dure depuis de nombreux siècles, mettant en danger de nombreux peuples issus de différents mondes…

On peut découper le roman en deux parties distinctes, la première moitié est la plus monotone, à l’image de la vie de Naïla, la seconde devient plus intéressante car on suit la jeune femme dans un monde dont elle ignore tout.

Ce voyage dans une autre dimension arrive à la moitié de l’ouvrage, et soyons honnêtes, c’est à partir de ce passage que l’histoire devient plus intéressante.

Un univers intéressant, mais développé trop rapidement

Le point fort de l’univers de filles de Lune est également sa faiblesse, en effet l’univers imaginé par Elisabeth Tremblay est intéressant mais elle nous inonde de tant d’éléments en peu de temps qu’il est malaisé de tout intégrer.

Il est donc difficile de s’attacher à ce nouvel univers, ce qui est dommage car les idées sont là, mais distribuées de façon éparses, sans réelle logique.

Dans la fameuse seconde moitié du roman, on découvre un des personnages secondaires qui va prendre de plus en plus de place au fil des tomes, il s’agit d’Alix, le protecteur désigné de Naïla. Rarement de bonne humeur, toujours désagréable avec Naïla, le jeune homme est un magicien accompli en plus d’être un très beau représentant de la gent masculine. Mais son rôle de protecteur (Cyldias est le terme exact) n’est pas clair, car il semble que le jeune homme n’en veuille pas, mais sans que le lecteur aie un début d’explication bien clair…

En conclusion, ce premier tome de la série Fille de Lune laisse très mitigé. D’un côté nous avons un personnage principal peu attachant dont la personnalité laisse perplexe à certains moments ; de l’autre nous découvrons univers qui même s’il n’est pas toujours bien développé donne vraiment très envie d’en savoir plus, en particulier à la fin de l’ouvrage où beaucoup d’éléments se bousculent. Affaire à suivre avec le second tome de la série : La Montagne aux Sacrifices.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF

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Interview : Rencontre avec Glenn Tavennec, créateur de la nouvelle collection pour adolescents : « R ».

   collection-r logo mini02Il est toujours intéressant de se positionner du point de vue de l’éditeur, notamment lorsqu’on assiste à la naissance d’une nouvelle collection. « R » est né officiellement en janvier dernier, lors de la sortie de son premier titre, La couleur de l’âme des anges, de Sophie-Audouin Mamikonian. Mais ce que l’on ne voit pas, c’est tout ce qui se déroule en amont. Du choix de la couverture en passant par l’achat de droits et les corrections des manuscrits, le travail d’éditeur est loin d’être de tout repos.

Glenn Tavennec a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions le temps d’une rencontre, et de nous illustrer à quel point le travail d’éditeur est un métier de passionné… et d’acharné.

Glenn Tavennec02Comment la création de la collection R s’est-elle faite ?

Depuis quelques années avec l’explosion de la série Uglies chez Pocket Jeunesse (Glenn Tavennec a travaillé plus de 7 ans en tant qu’éditeur chez Pocket Jeunesse), je me suis posé la question du public, il n’y avait pas de collection pour ados, c’était soit en adulte soit en Jeunesse… Alors, pour quel public est-ce ?
Nous sommes dans une époque du tout divertissement ; mais pas forcément dénué de fond, si des livres comme Uglies, Hunger Games ou encore Promise arrivent à toucher un autre âge et un public si large. On assiste à de plus en plus d’échanges de lectures au sein d’une même famille. Les parents lisent maintenant les livres de leur ados, soit par curiosité, soit pour en connaître le contenu.
Harry Potter, puis Twilight ont touchés et fédéré. Les familles se partagent de nombreux ouvrages entre eux. On assiste à la naissance d’une littérature pour tous, sans clivages.

Je me dis que c’est d’avantage par le plaisir que l’on peut pousser les gens hors de leur univers. J’ai commencé à lire avec Tolkien, et ce fut pour moi la découverte d’une autre littérature. Il faut également arrêter de dire que les ados ne lisent plus. Les ados lisent ! Nous n’avons jamais eu autant de lecteur ados depuis les deux dernières décennies.

Créer R, c’est aussi lutter contre ce sentiment d’injustice qui fait que la littérature ado est considérée parfois comme une non-littérature, uniquement « pour les jeunes ». Casser le tabou et les frontières est aussi une des raisons d’être de cette collection. Je ne voulais pas créer cette collection chez un éditeur jeunesse, je souhaitais marquer une réelle différence.

La couleur de l'âme des anges 01 miniLa fille de braises et de ronces 01 mini

Est-ce vous qui êtes venu vers l’éditeur ou l’inverse ?

Le contexte de la création de R se résume en un seul mot : dingue.
Après sept ans chez Pocket et un passage éclair chez le Seuil/La Martinière, j’ai demandé un rendez-vous avec le PDG de Robert Laffont, Mr Leonello Brandolini. Il m’a reçu dans les dix jours et après une heure de conversation et plus d’une quarantaine de pages de power point, l’affaire fut conclue, R allait naître (c’était en novembre 2010).

Concrètement, la collection R fut commencée en janvier 2011. Un an pour créer une collection, c’est très court, et une joyeuse traversée du désert, mais également le bonheur de faire quelque chose de différent.

A force de surproduire des ouvrages vaches à lait, on ne s’en sort plus. Un éditeur se doit de faire un réel travail sur les textes qu’il publie, et ce par respect pour les lecteurs. J’ai gardé mes traducteurs, ayant construit avec eux une relation de confiance, il en est de même avec les auteurs anglo-saxons et leurs traducteurs. Certains perdent de leur force en anglais, il faut donc les adapter, c’est un réel travail. On accompagne le livre jusqu’au bout, à la publication.
Le but étant d’offrir une littérature qui donne à voir et à rêver.

Sur les quatre ouvrages sortis pour le moment, deux sont des dystopies, est-ce un hasard ou souhaitez vous orienter vos publications sur ce genre bien particulier qui marche actuellement extrêmement bien avec Hunger Games ?

Je n’aime pas vraiment le terme « dystopie », trop marketing, je préfère le mot anticipation. Une anticipation que ne serait pas négative n’en serait pas une. Sinon ce serait une utopie. Ce genre littéraire est un véritable phénomène anglais dont ont doit les bases à Margaret Atwood, c’est elle qui en parlait avant tout le monde avec son roman La servante écarlate.

Pourquoi de si noires anticipations donc ? Car c’est quelque chose que nous sommes déjà en train de proposer à notre jeunesse : une dystopie. Ce que j’ai choisi d’éditer, ce sont des livres qui s’inscrivent sur une réflexion sur la société.
Les adolescents sont dans une période de leur vie où tout est possible, un véritable carrefour s’offre à eux, ces ouvrages leur permettent de se poser des questions sur leur avenir : Comment rêver mon quotidien ? Me projeter ? Aller de l’avant ?

Comment procédez-vous au choix de vos futures parutions ?

Tous les ouvrages publiés dans la collection R sont des coups de cœur de coups de cœur (voire, de coups de cœur). Je ne veux pas exploser le nombre de titres par an. Il ne faut pas se diluer dans du quantitatif. Les ados cherchent quelque chose qui soit différent. C’est encore plus de prise de risque pour moi et l’éditeur, mais c’est aussi plus excitant.
Je travaille d’abord avec F. Leroy qui doit atténuer mon enthousiasme ou le remonter ainsi qu’une équipe de lectrices rodées. Ensuite, il me faut convaincre le PDG de Robert Laffont, Leonello Brandolini.

Starters - tome 1La sélection mini

Allez-vous maintenir le rythme d’une parution par mois ?

Je vais toujours m’efforcer de garder ce rythme même si les suites de série impliqueront parfois plus. Suite de Starters, Le second et dernier tome de la couleur de l’âme des anges, la suite de la fille de braises et de ronces, etc…

Le graphisme des couvertures a une place de choix dans cette nouvelle collection, jusqu’à quel point décidez-vous de leur orientation ? Est-ce que toute traduction reprend nécessairement la couverture du pays d’origine ?

La couverture occupe bien plus qu’une grande place : l’impulsion d’achat se fait pratiquement au 3/4 au visuel. Il faut séduire et créer une histoire par le contact visuel, et surtout la quatrième de couverture ; ne pas trop en dire, mais aussi en dire assez pour interpeller le lecteur potentiel…
Les lecteurs sont toujours à la recherche de quelque chose de « plus nouveau ». Je suis le décideur sur les couvertures, je ne reprends pas nécessairement les couvertures étrangères. Les couvertures anglaises sont très universelles, parfois trop. L’idée est de mettre le livre à l’honneur et pas uniquement la tendance, c’est très important.
Par ex, pour Kaleb (sortie le 7 juin) et Phaenix (sortie en septembre) j’ai choisi vraiment de surprendre, de ne pas laisser indifférent, l’intérêt est de créer.

Night School 01 mini

Merci encore à Glenn Tavennec pour cette interview-conversation fort instructive d’un point de vue de libraire, mais également très intéressante pour les lecteurs, quels qu’ils soient. Nous n’avons plus qu’à espérer que cette nouvelle collection aura de beaux jours devant elle, ce qui semble pour le moment très bien parti, avec de beaux piliers en guise de base.

La naissance d’une collection, d’un éditeur (ou d’une librairie) étant toujours une heureuse nouvelle pour le monde de la culture.

Actualité éditoriale : Kit de presse de la Roue du Temps par Bragelonne, une opération marketing réussie.

blog Roue du temps kit de presseJ’ai reçu cette semaine un très beau cadeau de la part des éditions Bragelonne… il s’agit d’un magnifique kit de presse dédié à la sortie en grande pompe de la série La Roue du Temps. Comme dit dans le précédent article dédié à cette sortie, il s’agit d’une réédition retraduite et complètement retravaillée d’une des plus grandes séries de fantasy de tous les temps. Pour plus d’informations, vous pouvez donc allez sur ledit article. Car cette fois ci nous allons nous pencher sur l’opération marketing Bragelonne ainsi qu’au contenu de ce somptueux coffret (toutes les photos ici).

Fidèle à lui-même, l’éditeur fait ici une campagne marketing originale comme il en avait déjà fait pour d’autres sorties notamment Dr Who, Cthulhu, ou encore le comics Captain Swing. Première chose à souligner, la très belle finition du coffret, papier pelliculé, dorure sur les côté et le devant : Bragelonne ne fait pas les choses à moitié pour ce lancement qu’ils considèrent comme leur enjeu de l’année.

A peine ouvert, ce sont plein de petites surprises qui nous attendent dans ce coffret. Notre attention est tout de suite retenue par le DVD qui contient une interview de l’éditeur Stéphane Marsan ainsi qu’une interview du traducteur, Jean-Claude Mallé. Cette démarche qui va vers le pourquoi de l’œuvre et de sa refonte totale est très intéressante. Le travail colossal du traducteur y est ici expliqué (les traducteurs étant souvent les oubliés, il est plaisant de réparer ici cette injustice) avec tout le contexte particulier qu’inclue la traduction de cette œuvre. En effet, Robert Jordan ayant disparu, c’est sa femme qui aiguille ce dernier en essayant de retranscrire au mieux ce qu’aurait désiré son mari.

Ensuite, c’est la missive qui retient notre attention. Elle nous détaille tous ce qui se trouve dans le coffret…

blog Roue du temps kit de presse 02Nous trouvons ensuite deux documents : un axé « presse » avec argumentaire, ventes mondiales, campagne média etc…, l’autre axé sur l’œuvre et son contexte. Le plus intéressant étant le document concernant l’œuvre de Robert Jordan. On y retrouve un historique complet de la série, les raisons de son succès et un résumé de l’intrigue de fond. Suit alors une double page sur les visuels de couverture que vous pouvez voir ici, ainsi que les dates de sorties desdits ouvrages plus celle d’un comics prévu lui pour le 20 avril 2012.

Page suivante nous trouvons une courte biographie de Robert Jordan, suivie par celle de Brandon Sanderson (il a été désigné pour reprendre et terminer la série).

Enfin, ce très beau guide d’introduction à l’univers se termine par une présentation des personnages principaux et du contexte historique du monde de la Roue du temps. Pour conclure, le système magique (très dense) de l’univers nous est expliqué.

Ensuite viennent les surprises qui font plaisir ! Un T-shirt de la Roue du temps, et surtout, un très joli bijou (en édition limitée, tout comme le coffret) dont la forme est celle du logo de la série. En somme un très beau coffret de lancement qui ne donne qu’une envie, s’attaquer au cycle ! Et pour ça, rendez-vous le 23 mars en librairie.

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Actualité éditoriale : La Roue du temps chez Bragelonne, c’est pour mars !

 La Roue du temps 00 bragelonneCela n’est plus une surprise, l’éditeur l’annonçant depuis maintenant quelques semaines, le monumental cycle de fantasy la Roue du temps va renaître en mars chez Bragelonne. Au programme dès le 23 mars, les trois premiers tomes de la série, dont une préquelle : Nouveau Printemps.

Alors, quel est l’intérêt de cette réédition me direz-vous ? Il réside surtout dans deux faits : premièrement, le cycle va bénéficier d’une nouvelle traduction et elle sera assurée par Jean-Claude Mallé (il a déjà traduit nombres de cycles de fantasy tels que L’épée de vérité, La prophétie du Royaume de Lur, Les Rêveurs…).

Le second point positif est que pour une fois, une édition française va éviter le fatal « tronçonnage » auquel nombres de cycles ont droit… (ex : le Trône de fer : cinq tomes aux US et déjà treize en France, même chose avec l’Assassin Royal et d’autres encore). La roue du temps connaissant d’ailleurs toujours ce découpage aux éditions Pocket, le vingt-deuxième tome sortant en avril en poche. Bragelonne va donc respecter le découpage original, ce qui fera de très très gros livres, pas très transportables certes, mais fidèles à l’œuvre, soit « seulement » quinze tomes (avec le prélude). Ils seront directement en couverture souple.

D’ailleurs, ce prélude Nouveau Printemps n’est pas un inédit, il a été retravaillé par Jordan il y a quelques années et n’était jamais ressorti en France depuis sa première publication. L’affaire reste à suivre avec Brandon Sanderson (Fils-des-Brumes, Elantris), l’auteur désigné par la femme de Robert Jordan pour prendre la relève de son cycle. La série a encore de beaux jours devant elle…

La Roue du temps 01 bragelonneLa Roue du temps 02 bragelonne

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Chronique Jeunesse : Les dragons de Nalsara – Tome 1 – Le troisième œuf

Les dragons de Nalsara 01Bienvenue aux plus jeunes en terre fantasy…

Publiée aux éditions Bayard, Les dragons de Nalsara est une série de premières lectures pour la jeunesse dès l’âge de 8 ans. On y retrouve tous les éléments clés d’une série de fantasy, le tout en mots simples et en histoires captivantes. Le troisième œuf – premier tome de la série – est sorti en 2008. Depuis, la série connaît un succès toujours grandissant et en est déjà au treizième tome.
Son auteure, Marie-Hélène Delval est notamment connue pour d’autres ouvrages pour la jeunesse tels que Les chats, Victor l’enfant sauvage, ou encore l’ogre qui avait peur des enfants. C’est également elle qui a fait la traduction du second tome de la saga Eragon : l’Aîné.
L’illustrateur, Alban Marilleau a quand à lui étudié à l’école supérieure d’Angoulême et illustre quantité d’albums et de bd chez de nombreux éditeurs.

Un mystérieux œuf trouvé près de l’eau…

Cham et Nyne vivent sur l’île aux dragons, le seul endroit où une fois tous les neuf ans,les dragonnes pondent quelques rares œufs sur les falaises… la mission du père des deux enfants est de prendre soin de ces œufs. Il doit les faire éclore et élever les dragonneaux pour le compte du Roi qui les fera mander une fois qu’ils seront prêts.
Mais sur les trois œufs trouvés, l’un est très mystérieux : sa couleur est différente de celle des autres, et la créature qui en sort est très étrange…

La jeune Nyne se prend d’affection pour la bizarre bête qu’elle nomme Vag tandis que son frère se passionne pour les deux dragonneaux qui viennent de naître… deux amitiés sont en train de se nouer pour longtemps.

Un récit envoûtant et poétique

Ce premier tome est parfait pour initier les jeunes lecteurs à la fantasy. Dès les premières pages, ont est pris par l’histoire du mystérieux œuf puis par le devenir des deux enfants et de leur dragons respectifs.

Les mots de Marie-Hélène Delval sont simples et emplis de poésie. La description du petit Vag le rend très vite très attachant aux yeux du lecteur…
Amitié et amour fraternel sont au centre de ce court récit, véhiculant de belles valeurs avec une pointe de rêve. Le tout étant très joliment illustré avec onirisme.

On ne peut que recommander cette série, car il n’y en a que trop qui sont de piètre qualité en fantasy pour cet âge. A lire tout seul ou avec ses parents, les chapitres sont courts. De quoi réconcilier parents et enfants avec le fantastique !

9/10

Chronique : Comme des fantômes

comme des fantomesUn faux ouvrage posthume sauvé des flammes…

Fabrice Colin, auteur français très prolifique (surtout dans le domaine fantastique) notamment connu pour ses romans adultes : Confessions d’un automate mangeur d’opium, Le syndrome Godzilla, et également pour ses romans jeunesse : la série Les étranges sœurs Wilcox, ou encore le Projet oXatan.

Comme des fantômes, précédemment publié aux éditions des Moutons Electriques, et maintenant publié en poche aux éditions Folio SF, est une compilation d’idées, de nouvelles, dont certaines épuisées, et fait aussi office de faux ouvrage posthume.

Dans le monde foisonnant et déconcertant de Fabrice Colin

Difficile de parler de ce recueil si abondant de nouvelles et dont chacune a son univers propre. On passe du steampunk, à l’histoire vampirique tout en faisant un détour par le fantastique et la fantasy urbaine. On croise aussi de courts textes ainsi que des dialogues, réels et fictifs, sur la vie passée de Fabrice Colin, ses relations avec les autres auteurs, les éditeurs.

Beaucoup de genres et de styles se confondent pour donner un recueil intéressant et surtout très hétéroclite. Nous n’allons évidemment pas traiter de toutes les nouvelles contenue dans ce livre, car elles sont très nombreuses (plus d’une vingtaine), mais uniquement de celles qui sont, selon moi, les plus marquantes et les plus appréciables.

Intervention forcée en milieu crépusculaire est sans doute la plus poétique des nouvelles, mais aussi la plus étrange. Le lecteur se retrouve plongé dans un monde mourant, pourrissant, coincé avec le personnage principal dans une pièce où s’affrontent du regard deux hommes inspirés des héros de Jules Verne. Etrange, direz-vous… et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Passer la rivière sans toi, nouvelle aux échos féeriques très touchants séduira par son écriture intimiste. Elle nous raconte l’histoire d’une jeune femme vivant à New York qui a des ascendances féeriques. Tiraillée entre ses origines et le monde où elle a toujours vécu, la jeune femme trouvera un moyen de concilier (douloureusement) les deux. Magnifique.

Arnastapi, très belle nouvelle sur l’oubli et la maladie est aussi un beau clin d’œil à l’œuvre de Caroll, car la vieille Miss Liddell n’est autre qu’Alice, et son chat semant des sourires dans toute la pièce est bien plus qu’un simple matou… mais Miss Liddell a tout oublié, hormis certains épisodes de sa jeunesse.

Seul témoin de la longue descente d’Alice : le jeune homme qui la garde et qui prend soin d’elle et dont elle écorche en permanence le nom. L’écriture de cette nouvelle est simple, percutante, empreinte d’une triste et douce poésie.

« Je pose mes lèvres sur sa peau. J’ai l’impression d’embrasser un vieux livre ».

Vous l’aurez remarqué, ce recueil de nouvelles est rempli d’hommages à des classiques de la littérature, Alice au pays des merveilles, Jules Verne ou encore Peter Pan, Fabrice Colin se joue des codes et des références.

Mais vous trouverez aussi nombre de récits « originaux » tels que Retour aux affaires, une histoire de fantômes et d’arnaques bien tournée et d’autres histoires étranges dont une vampirique très réussie.

Alors, bien sûr, parmi la vingtaine de nouvelles que contient Comme des Fantômes, tout n’est pas bon à prendre, mais la majorité des écrits qui nous sont offerts ici sont plaisants et feront passer un très agréable moment à tout amateur de fantastique et de belle plume.

Cette chronique a été réalisée pour la site ActuSF

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Chronique : Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons

Moi jennifer strange derniere tueuse de dragonsDernier roman pour ados paru dans la collection Territoires paru en juin, Jennifer Strange est le petit dernier de l’auteur anglais et un peu fou Jasper Fforde.

L’écrivain, plus connu pour sa série pour adultes de cinq livres Thursday Next chez 10/18 avec l’affaire Jane Eyre ou encore Sauvez Hamlet !, s’essaye maintenant à la littérature pour un public plus jeune mais qui plaira tout autant aux plus grands.

Dans un monde où la magie se meurt…

Jennifer Strange, orpheline et directrice suppléante d’un des derniers établissements de magie l’Agence d’Arts Mystiques Kazam va voir son destin légèrement bouleversé. En moins d’une semaine, elle va connaître plusieurs demandes en mariages, aura des t-shirt et des mugs à son effigie, sera élue femme de l’année par Mollusque-Dimanche et bien d’autres choses encore…

L’univers dans lequel évolue notre héroïne ressemble beaucoup à celui que nous connaissons, à la différence près que la magie existe, même si celle-ci tend à disparaître.

Pour survivre, l’établissement que gère Jennifer est obligé d’effectuer des travaux de réparation par magie ou encore des livraisons de repas à domicile par tapis volant pour maintenir à flot l’Agence des Arts Mystiques, véritable refuge pour les derniers magiciens du pays.

C’est ainsi que dans ce monde des plus banals, l’existence et le sens de la vie de Jennifer vont changer grâce à une mystérieuse prophétie.

Délicieux, mordant, indispensable

Jennyfer Strange, dernière tueuse de dragons peu sembler très banal dans sa quatrième de couverture ou dans son illustration de couverture mais on est bien loin des classiques de la fantasy traditionnelle.

Jasper Fforde prend ici un malin plaisir à s’approprier les ficelles du genre tout en recréant un univers passionnant. A la fois critique de la société actuelle (pression et pouvoir des médias, guerre pour les richesses…) et parodie de la fantasy, Jennifer Strange est un petit bijou inattendu et rafraichissant.

Rempli de répliques cultes, telles que l’explication du nom de l’épée Exorbitus, ou la rencontre du sortilège centenaire de « l’élan transitoire », ou encore la découverte des Quarkon, créatures étranges et mystérieuses fort attachantes, il est difficile de ne pas être séduit par un humour aussi mordant et décalé.

Une chronique serait trop courte pour vous décrire la richesse de cet univers et son fonctionnement. Le mieux, c’est de le lire, de se faire son propre avis, car c’est un livre qui vaut le détour.

–          Comment as-tu été choisi pour Kazam ?
–          J’ai passé un examen avec cinq autres garçons, a répondu Grizz.
–          Et alors ?
–          Je l’ai raté.

Chronique Jeunesse : Alice au pays des merveilles – un Pop-up aux éditions du Seuil par Sabuda.

Alice Seuil

Fiche signalétique :

  • Edition : Seuil Jeunesse
  • Illustrateur : Robert Sabuda
  • Traduction : Henri Parisot (extraits)
  • Type : Album Pop-up, livre jeunesse.
  • Date de sortie : 2 novembre 2004
  • Prix : 30€
  • Isbn : 9782020678513

Voici le premier ouvrage qui ouvre le dossier consacré à Alice au pays des merveilles, et pour son côté exceptionnel, il méritait d’ouvrir le bal.

Ce livre pop-up d’alice au paux des merveilles est tout simplement un indispensable, que l’on soit fan d’alice ou non. Réalisé par Robert Sabuda, réputé pour ses magnifiques livres animés (les magnifiques pop-up de Peter Pan, du magicien d’Oz, ou encore l’encyclodino, c’est lui).

Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est un livre pop-up, c’est très simple, il s’agit d’un ouvrage qui quand il est ouvert, découvre une scène en volume (voir photos ci-dessous), faisant du livre un objet, une œuvre. On y trouve des pliages habillements travaillés, des animations à l’ouverture des pages (personnages qui bougent, mouvement des yeux, etc…).

alice seuil photos (4)Alors, bien entendu, il ne s’agit pas du texte intégral d’Alice, mais d’extraits adaptés au format pop-up assez contraignant : peu de pages et un livre rapidement épais. Ces extraits sont tirés de la traduction d’Henri Parisot. Un texte très court donc, mais qui n’est pas l’intérêt central du livre de toute manière, car évidement, c’est pour ses magnifiques pliages qu’il mérite le détour.

Chaque page contient un pop-up de grande envergure ainsi que des petits volets sur les côtés contenant le texte avec à l’intérieur de ces volets, de minis animations en pliages. De plus, certaines animations et personnages sont recouverts d’un fin duvet doux. Ainsi, le chat du Cheshire (photo ci-dessous) et d’autres personnages en sont recouverts.

Parmi les scènes animées marquantes, il y en a surtout deux à retenir : le moment où Alice est coincée dans la maison du lapin blanc quand elle est géante. Ce pop-up est extraordinaire à voir quand il se déplie pour rendre la scène dans son entier. On peux y voir les yeux d’Alice à travers les fenêtres, et même le papier peint à l’intérieur de la maison. La seconde « scène » incontournable de ce livre est le final : l’arc-en-ciel de cartes qui tourne autour d’Alice. Il y a moins de travail que sur la maison du lapin blanc, mais l’effet n’en reste pas moins saisissant et magnifique.

Adapté dès l’âge de sept ans, cette version d’Alice est à avoir dans sa bibliothèque, que l’on soit adulte ou non, pour sa beauté aussi bien au niveau des illustrations que des animations.

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Photos : Bibliothèque de Glow : tous droits réservés

Chronique : L’élu de Milnor – Tome 1 – La fuite

l'elu de milnor 01 - la fuitePremier ouvrage de l’auteur française Sophie Moulay, l’Elu de Milnor est un roman de fantasy destiné à la jeunesse publié aux éditions Oskar Fantasy en janvier dernier, et c’est un premier tome.

Destiné à des lecteurs âgés entre onze et quinze ans, on y trouve tous les éléments de base qui font d’un livre qu’il est efficace : personnages à la fois identifiables et très marqués, intrigue classique mais originale en même temps, un début prometteur…

Dans le royaume fantastique de Milnor…

Ici vit le jeune Almus, l’Elu découvert par les Sages il y a plus de onze années et désigné par l’Oracle. L’Elu, sur la foi d’une prophétie est le seul être à pouvoir affronter l’Ennemi, une entité inconnue et mystérieuse.

Almus vit donc dans un cocon où il doit ingurgiter le plus de livres concernant toutes les formes de magie, la faune et la flore du Royaume et une foule d’autres choses encore.

Mais tout ne va pas se dérouler selon les plans des Sages, quand, lors de la démonstration annuelle des pouvoirs de l’Elu, ce dernier est désigné comme un imposteur : Almus n’est pas l’Elu, il n’est rien. C’est ainsi que rejeté par sa famille d’adoption, Almus quitte tout ce qu’il a connu pour partir rejoindre sa famille qu’il a si peu connu…

Un roman à la fois traditionnel et nouveau

Il est évident que des histoires d’élu dans la fantasy (et d’autres genres d’ailleurs), ça n’est pas nouveau. Mais ce qui est cocasse ici, c’est que l’Elu de notre roman, voit dès le début son destin basculer, et est révélé comme n’étant rien d’autre qu’un jeune homme ordinaire.

Cette approche différente (et un peu narquoise ?) des ficelles du genre donne tout son intérêt au livre. Car là on un croyais assister à une énième histoire, on se retrouve avec un ex-Elu errant. Et c’est ainsi que l’on part d’aventures en incidents : voyages en mer, brigands de toutes sortes croisés en chemin, créatures dangereuses, mais aussi amitié avec des personnages tous très attachants.

Petit à petit, Almus arrive à s’entourer de personnes aux personnalités et aux compétences très diverses : il y a Pil, le jeune ex-voleur, Noir-Cœur, l’apprenti assassin à l’humour mordant, mais aussi Mira, une jeune voyante. Je trouve que le personnage de Noir-Cœur est le plus intéressant de tous, sa noirceur et sa personnalité à la fois agréable en font quelqu’un d’intriguant… et de séduisant. Le jeune Pil, empli de vulnérabilité, touche la corde de la tendresse que l’on ne peut qu’avoir en découvrant un jeune garçon ayant eu une vie aussi cruelle : il a été vendu comme esclave par ses propres parents. La jeune Mira, quand à elle, est une jeune fille capricieuse mais intéressante, seul petit bémol en ce qui la concerne, je trouve son entrée dans le groupe un petit peu trop « artificielle », tout comme celle de Noir-cœur d’ailleurs. Leur venue est justifiée, mais de façon un peu trop expéditive.

Hormis cette petite remarque, l’Elu de Milnor est un bon livre pour initier à la fantasy. L’histoire est sympathique : ni trop classique,  ni trop originale. Les personnages sont identifiables sans soucis, et surtout la conclusion de ce premier tome est très bien pensée. Un ouvrage à conseiller aux jeunes dès onze ans qui veulent tester une « première lecture fantasy », et à ceux qui aiment déjà le genre.

Le second tome devrait voir le jour dans pas si longtemps, déjà écrit, et maintenant en correction sur le bureau de l’éditeur ; à suivre bientôt donc !

AUTEUR :
EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE :