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Chronique Jeunesse : Ascenseur pour le futur

Ascenseur pour le futurVoyager à travers le temps grâce à un ascenseur, c’est possible !

Nadia Coste est une auteur française qui a commence à se faire un beau nom dans le monde des littératures de l’imaginaire. On lui doit la série Fedeylins (trois tomes aux éditions Gründ), ou encore Les Aiglons. Elle sort également un roman chez Scrinéo en avril 2015 sous le titre Le premier.

Ascenseur pour le futur est son tout premier récit à paraître dans la collection Mini Syros Soon.

Quand on est harcelé à l’école, fuir est parfois la seule solution possible…

Années 90 : Brett est un jeune homme à la vie normale, mais difficile. A la maison, tout se passe bien, mais à l’école c’est une toute autre histoire. Il est constamment harcelé, brimé et racketté par Jérémy et sa bande de gros bras.

Mais au lieu de se laisser faire une énième fois, Brett décide de fuir ses persécuteurs et s’engage dans une zone industrielle abandonnée. La voie est sans issue, et le bâtiment abandonné dans lequel il s’est réfugié ne le cachera pas longtemps… Mais un jeune garçon mystérieux débarque alors pour le sauver et l’emmène vers le futur grâce à un ascenseur. Que réserve l’avenir à Brett ?

Une histoire sympathique mais pas marquante

L’histoire d’Ascenseur pour le futur a beau avoir un début accrocheur, la suite est beaucoup plus classique. On découvre les affres du voyages dans le temps ainsi que ses dangereux paradoxes : ne pas se croiser soi-même, ne pas créer de paradoxe temporel, ne pas en savoir trop sur son futur sous peine de le modifier radicalement…

Tout cela fait partie des postulats classiques du voyage temporel. Mais comme l’ouvrage s’adresse à un jeune public, c’est une bonne idée d’aborder ces thèmes encore inconnus pour lui.

Ainsi, pas de réelle surprise dans le déroulement de l’intrigue qui est très courante. Brett va découvrir les merveilles du futur mais ne doit pas se mettre en danger par excès de curiosité, ce que bien sûr il fera dans une certaine mesure…

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Ça se lit vite et bien, ce qui est avant tout le but de la collection, de même que de faire découvrir un sous genre littéraire (rencontre avec des extraterrestres, mutations, voyages dans le temps) selon le thème. A lire pour faire découvrir aux plus jeunes lecteurs les voyages temporels et leurs dangers (on ne sait jamais !). Pour des lecteurs plus âgés, il faudra très rapidement passer à des livres plus étoffés.

Chronique : Tétraméron

TétraméronUn ouvrage aux symboliques foisonnantes mais au contenu déconcertant et dérangeant…

Peut-être connaissez-vous José Carlos Somoza, un auteur espagnol à l’œuvre surnaturelle et prolifique. On lui doit notamment : La théorie des cordes, Clara et la pénombre, La dame n°13, L’appât

Avec Tétraméron paru en février 2015, José Carlos Somoza signe un récit étrange et initiatique où la jeune Soledad va se retrouver confrontée à un groupe se contant des histoires très curieuses, et malsaines…

Disparue dès les premières pages

Soledad est une jeune fille solitaire. Pas de réels amis, mais pas d’ennemis non plus : elle est transparente, et c’est encore pire. Mais en ce jour de sortie scolaire Soledad est devenue tellement invisible qu’elle disparaît littéralement, y compris aux yeux de ses professeurs. Elle quitte son groupe et se rend dans les tréfonds de l’édifice qu’ils sont venus visiter.

Soledad descend une infinité de marches jusqu’à se retrouver devant une lourde porte qui cache un groupe de quatre personnes aux habitudes étranges. Elle ne le sait pas encore, mais elle est tombée sur le Trétraméron, et cette rencontre va changer définitivement son avenir.

De contes étranges en récits pernicieux

Quand on lit le résumé que fait l’éditeur de Tétraméron, on s’attend à un roman aux inspirations entre Les Mille et une nuits et Alice au pays des merveilles, c’est effectivement le cas, mais pas seulement.

En effet, ce roman de José Carlos Somoza est un récit à part dans tous les sens du terme : plein de bizarreries, d’étrangetés et de symboliques (trop), on nage dans les délires de chaque conteur et conteuse. Ils sont quatre, et chacun d’entre eux a deux histoires à raconter. Pour eux-même, mais aussi pour Soledad, afin de la faire grandir, l’initier… elle qui a disparu aux yeux du monde devient le centre de l’attention de ce cénacle.

Mais justement, qu’en est-il de ces fameux récits à la sémiologie singulière ? On passe d’un conte ayant pour personnage l’esprit de Marie Curie à une histoire extravagante où une famille entière est décimée à cause d’une photo… et autres joyeusetés incompréhensibles. On sent que José Carlos Somoza a inclus un nombre incalculable de symboliques dans ses courtes histoires qui font le roman, mais impossible au lecteur lambda de les saisir et encore moins de les comprendre.

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Trop élitiste, trop peu décryptable et surtout rempli de non-sens (voulus par l’auteur mais inaccessibles pour de simples mortels), il est extrêmement difficile d’apprécier Tétraméron. On comprend de façon générale qu’il s’agit d’un rite de passage à l’âge adulte pour Soledad, mais la façon dont elle s’en acquitte est énigmatique, de même que les contes du conclave sont sibyllins…

C’est fort dommage d’avoir un texte aussi peu abouti et nébuleux alors que l’ambiance gothique et mystérieuse est si magnifiquement installée dès les premières pages. La couverture illustre quant à elle parfaitement les étapes que va affronter Soledad. Le texte ne suit pas, c’est regrettable…

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : The Lying Game – Tome 6 – Pas vu pas pris

The lying game 6Ultimes révélations pour le thriller young-adult de Sara Shepard

Paru en juillet 2014 dans la collection Territoires, Pas vu pas pris est le dernier des six tomes de la série The Lying Game. Voici venu le temps des aveux pour tous ceux qui ont pris part de près ou de loin à la disparition de Sutton Mercer. Et les apparences ne sont pas nécessairement en faveur des coupables…

Les cadavres pleuvent sur Tucson

Dans ce dernier tome, ce ne sont pas moins de deux cadavres qui tombent sur le chemin d’Emma à travers son enquête. Leur découverte ne va pas franchement l’aider, bien au contraire car la police va très vite s’emparer de l’affaire.

Il semblerait que le temps soit venu de faire tomber les masques, et cela bien malgré elle… Elucider le mystère Sutton sera bientôt possible, mais à quel prix ?

Enfin, nous savons !

Pour tous ceux qui ont attendu avec impatience le mot de la fin, vous serez servi ! Vous aurez aussi bien le pourquoi que le comment de toute l’histoire. Les motivations de la personne ayant commis ces méfaits atroces que sont la torture psychologique, le chantage, et le meurtre passera bien assez vite à table…

Soyons honnêtes, il y a certains éléments de l’histoire qui ne tiennent pas franchement debout. Difficile de développer sans vendre la mèche, mais à partir du milieu du tome précédent, on peut déjà à voir une idée très précise de qui est derrière l’affaire. Et surtout, l’absence de certains réflexes par quelques personnages rallonge d’autant plus l’histoire.

Sara Shepard maîtrise peut-être l’art de faire durer une série, mais certainement pas celui de la rendre haletante aussi longtemps. En effet, là où il aurait été possible de faire la série en maximum trois tomes, l’auteur a décidé d’en faire six. C’est bien trop long pour le peu de matière qu’il y a au final. Surdéveloppé mais avec les mêmes ingrédients, passé le second tome, on comprend comment Sara Shepard construit ses romans.

Alors, lire les six tomes que comprend la série valait-il le coup ? Je reste assez mitigée sur ce fait. L’idée de base est intéressante, et même machiavélique, mais elle reste beaucoup trop à la surface des choses pour n’entrer dans le vif qu’à la toute fin.

Le monde de la superficialité apparente est très bien rendu avec une Emma plongée dans le monde du luxe sans préavis, elle qui n’a connu que les familles d’accueil souvent précaires. Mais ce qui justement se veut plus intense et plus sérieux sous la pellicule frivole reste au final bien léger… Sara Shepard aurait pu aller beaucoup plus sans pour autant retirer son éttiquette « littérature ado ».

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Cette saga est donc à réserver aux amateurs de romans à suspense assez légers, sans intrigue folle, ou à ceux qui sont susceptibles d’aimer la chick-lit. Le bon dans cette série, c’est qu’elle se lit très vite malgré tous ses petits défauts qui n’en font pas un œuvre mémorable.

Chronique : Gardiens des Cités Perdues – Tome 2 – Exil

Gardiens des cités perdues 02Toujours aussi magique, merveilleux, fabuleux…

Second tome de la saga fantastique Gardiens des Cités Perdues, Exil est paru en janvier 2015 aux éditions Lumen. Son auteur, Shannon Messenger, est actuellement en train d’écrire le cinquième tome de la série. Elle a également écrit une série fantastique/paranormale pour ados sous le titre Let the sky fall.

Retour en territoire merveilleux

Ce second tome est la suite directe de la fin du tome précédent : nous retrouvons Sophie dans sa famille elfique d’adoption avec toujours autant de créature merveilleuses à soigner… Mais la donne va changer suite à une découverte innatendue phénoménale de Sophie. Alors qu’elle pistait un sasquatch, elle a débusqué une alicorne (il n’y a pas d’erreur : l’alicorne est un cheval ailé muni d’une corne, une sorte de fusion entre un pégase et une licorne). Cette créature à l’intelligence et aux pouvoirs uniques va changer la donne à une échelle incalculable pour tout le peuple des elfes.

Mais les bonnes choses recèlent également leurs faces sombres, et cette belle trouvaille va mettre Sophie en danger : convoitises, menaces, pressions. La découverte de l’alicorne ajoute une nouvelle variable aux aventures déjà bien dangereuses de la jeune fille.

A tout cela il faut ajouter la nouvelle année de Sophie à Foxfire, son enquête sur la mystérieuse société secrète le Cygne Noir et d’étranges maux d’origine inconnue. En bref, la vie de Sophie Foster est encore une fois extrêmement mouvementée… et ça ne s’arrangera pas !

Un second opus qui confirme la qualité de la série

A peine commencé, il est très facile de se replonger dans la suite des aventures de Sophie et de ses amis prêts à tout pour l’aider. Le fil rouge de l’histoire qui reste la quête d’identité de Sophie à travers la résolution de ce qu’est le Cygne Noir est de plus en plus fascinant. Le peu de réponses apportées attise énormément l’intérêt.

Les nombreuses révélations sur le monde magique des elfes continuent de nous émerveiller. Cristaux aux différentes propriétés, pouvoirs mentaux à exploiter, miroirs magiques, nouveaux lieux… c’est dense et plein de bonnes idées. L’ouvrage a beau être moins concentré sur la scolarité de Sophie (ce sont mes scènes préférées), il est tout aussi captivant que le premier. Plus axé sur la politique du monde des elfes ainsi que ses risques on découvre certains des secrets les mieux gardés par le Conseil.

On commence également a percevoir des débuts de sentiments amoureux entre certains des personnages. Dex et Keefe sont parfois très attentionné auprès de Sophie… la suite nous dira à quoi s’en tenir…

Petite remarque : ce nom de Cygne Noir n’a pas été choisi à la légère par l’auteur (c’est du moins mon humble avis), il s’agit avant tout d’une théorie issue de philosophe Nassim Nicholas Taleb. Le postulat est simple : on appelle cygne noir tout événement imprévisible qui a très peu de chances de se produire. Si cet événement très improbable se réalise toutefois, il est censé avoir une portée non négligeable sur son environnement… à l’image de Sophie Foster ! (pour plus de renseignements, cf l’ouvrage Le signe noir : la puissance de l’imprévisible chez Belles Lettres).

J’aime l’idée que Shannon Messenger se base sur des faits et théories de notre monde pour inspirer son imaginaire, cela ne lui donne que plus de prise.

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La conclusion est bien simple, ce second tome signe une nouvelle réussite de Shannon Messenger. Sa série se confirme comme l’une des plus efficaces et prenantes des derniers temps en jeunesse. Plus sombre, plus enclin à la réflexion, ce tome vous plaira au moins tout autant ! Patience pour le troisième tome qui arrivera au dernier trimestre 2015.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditoriale : Les petites merveilles que nous réservent les éditions Super 8 pour 2015

Les éditions Super 8 souffent à peine leur première bougie d’anniversaire mais savent très bien attirer l’intérêt de ses lecteurs potentiels. Petit zoom sur leur parutions 2015 qui ont l’air le plus alléchantes selon moi…

Le dernier meurtre avant la fin du monde 1Le dernier meurtre avant la fin du monde de Ben H. Winters (parution en février 2015)

A quoi bon vouloir élucider un meurtre alors que l’on sait que l’humanité va être exterminée dans peu de temps ? Appelez cela de l’excès de zèle si vous voulez, mais Hank Palace ne compte pas lâcher l’affaire, même si personne ne lui sera reconnaissant à la fin de l’enquête…

Le concept simple est hallucinant de ce récit donne très envie de le découvrir. Alors, on a qu’une seule envie, y foncer pour voir ce que ça donne. Aux Etats-Unis, l’ouvrage s’intitule The Last Policeman et est suivi de deux autres ouvrages avec le même personnage. Espérons donc que la trilogie complète verra le jour en France !

Prime TimePrime Time de Jay Martel (parution en mars 2015)

La télévision n’est pas l’apanage des Terriens, loin de là… En réalité, nous sommes tous filmés pour le plus grand plaisir de la galaxie toute entière… Un show tourné à l’échelle mondiale, voilà ce que nous sommes. Toute ressemblance avec The Truman Show à l’échelle galactique serait tout à fait fortuite… on non !

Le titre en VO de l’ouvrage est Channel Blue, et ça lui va comme un gant. J’ai franchement hâte de découvrir ce roman présenté comme de la sf burlesque.

Il s’agit du tout premier roman de Jay Martel, auteur américain qui vit à Los Angeles. Il exerce le métier de scénariste, dramaturge ainsi que journaliste.

Le monde caché d'Axton HouseLe monde caché d’Axton House d’Edgar Cantero (parution en avril 2015)

Un jeune homme nommé A. hérite soudainement d’Axton House, une étrange propriété cachée dans les bois de Point Bless en Virginie. Entre surnaturel et enquête bien réelle, la vague de suicides qui déferle sur le domaine est-elle bien tout ce qu’il y a de plus « normal » ?

Si vous êtes fans d’ambiances gothiques et d’histoires de fantômes dans le plus pur style du genre, ce roman d’Edgar Cantero pourrait faire partie de vos futures lectures. L’ouvrage est également teinté d’une chasse au trésor pour le moins intrigante. Il s’agit du premier roman de l’auteur.

Une pluie sans finUne pluie sans fin de Michael Farris Smith (parution en mai 2015)

Un nouveau roman post-apocalyptique qui fait saliver… Imaginez toute une partie des Etats-Unis (de la Floride à la Louisiane) devenue une zone de non-droit à cause des intempéries continuelles sur la région. Reconstruire ne sert plus à rien, autant tout abandonner tant les catastrophes naturelles s’enchaînent. Tout y est permis, y compris les pires actes puisqu’il n’y a plus de justice ni un semblant de civilisation organisée.

C’est dans cette ambiance post-apocalyptique qu’évolue Cohen, un homme qui a tout perdu : sa femme enceinte, sa vie… Quand Cohen croise la route d’un convoi aux mœurs douteuses où certaines femmes et enfants sont esclaves d’un prédicateur, il décide de tout tenter pour les libérer et les amener vers la civilisation, au-delà de la frontière.

Le contrat SalingerLe contrat Salinger d’Adam Langer (parution en août 2015)

On sent les échos d’un Misery dans cette intrigue sombre où un homme richissime souhaite avoir l’entière exclusivité des écrits de certains auteurs. Présenté comme un thriller psychologique absolument unique par l’éditeur, il n’en faut pas plus pour attiser l’intérêt.

On ne demande plus qu’à voir ce que cet écrit à dans le ventre… et entre les lignes !

Chronique : The Lying Game – Tome 4 – Cache-cache

The lying game 4Trahisons et faut semblants, partie quatre

Nous continuons nos chroniques de la série de romans The Lying Game écrite par Sara Shepard avec le quatrième tome : Cache-cache. La série est éditée en France par Territoire, la collection ado de Fleuve Editions. Nous en sommes maintenant au quatrième tome sur six au total, et peu de pistes valables semblent mener vers l’assassin de Sutton Mercer…

Un nouveau coupable potentiel sur le devant de la scène ?

Nous reprenons où nous l’avons laissée la jeune Emma Paxton qui remplace sa sœur jumelle Sutton Mercer assassinée. Personne n’est au courant de cette imposture hormis son petit copain Ethan qui l’aide à enquêter. Emma étant constamment menacée par l’assassin de sa sœur, elle se doit d’être extrêmement prudente dans ses agissements et ses paroles…

Cette fois-ci, c’est un nouveau personnage que nous découvrons… et il se pourrait bien que cette personne ait un lien avec la disparition de Sutton. Nous l’avons déjà vue à travers de nombreuses descriptions du passé d’Emma, quand elle avait cinq ans : il s’agit de sa mère biologique, Becky. Quel rôle joue-t-elle dans ce nouvel opus ?

De nouvelles pistes s’ouvrent pour l’enquête

Ce quatrième tome est celui des révélations familiales. Sans en dire beaucoup plus sous peine d’exposer trop l’intrigue, sachez qu’ici la filiation va ici prendre tout son sens. Les relations qu’entretenaient Sutton avec sa famille adoptive sont bien plus tendues qu’il n’y paraît au premier abord… C’est donc une nouvelle piste qui s’ouvre avec pour fond les relations mère/fille.

Est-ce que ces nouvelles informations relèvent le piment général de la série ? Pas franchement. On commence à deviner le cycle général que fait prendre Sara Shepard à ses livres : nouveau personnage potentiellement accusé, puis accumulation de preuves contre lui, puis passage à un nouveau personnage, etc. Ce tome ne fait pas exception, et malgré l’arrivée fracassante de Becky, le tout est mené de façon très linéaire et semblable aux tomes précédents.

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Pour conclure, ce quatrième tome de la série The Lying Game tourne toujours autour des mêmes mécanismes. Peu de surprises, pas de grandes tensions. On reste curieux de connaître le mot de la fin, mais le tout traîne énormément en longueur… Dommage.

Chronique Jeunesse : Victor Tombe-Dedans chez les Trois Mousquetaires

Victor Tombe-Dedans chez les trois mousquetairesEt si vous aviez le pouvoir de rentrer dans les histoires que vous lisez… que feriez-vous ?

 Paru en novembre 2014 chez Sarbacane dans la très sympathique collection Pépix, Victor Tombe-Dedans chez les Trois Mousquetaires est le tout dernier titre en date de Benoît Minville.

Non content d’écrire des romans, Benoît Minville en vend également à travers l’un des plus beaux métiers du monde : libraire. On lui doit également un roman pour ados paru dans la collection Exprim’ : Les géants.

Les illustrations sont quant à elles signées de la main de Terkel Risbjerg, un artiste d’origine danoise qui travaille aussi bien dans les dessins animés que dans l’illustration pour enfants. Il a une petite dizaine de titres à son actif.

Un jeune héros téméraire à l’imagination débordante

Victor est comme tous les enfants de son âge : curieux, vif, intrépide et débordant d’imagination. Sauf que dans le cas de Victor, ses inventions de l’esprit peuvent être dangereuses… il suffit qu’il rêve devant son chocolat au lait pour risquer de se noyer dedans et de croiser un galion sorti de nulle part !

Alors imaginez un peu ce qu’il se passe quand le jeune garçon lit un livre. Et oui, il plonge littéralement dedans ! C’est ainsi que Victor débarque dans l’histoire des Trois Mousquetaires… pour le meilleur et pour le pire, l’aventure est lancée.

Un roman jeunesse léger et agréable

L’idée de pousser l’imagination d’un jeune héros jusqu’à ce que ses élucubrations mentales deviennent réalité est sympathique. Le roman fait même penser au récit La bibliothécaire de Gudule avec son héros qui voyage à travers les récits.

On découvre ainsi les fameux Trois Mousquetaires (qui sont quatre, attention !) à travers un œil neuf et drôle. C’est une bonne idée que de prendre un classique et de le présenter sous une forme originale et intelligente qui pourra peut-être leur donner envie de lire justement ces fameux incontournables de la littérature. Cependant, je ne trouve pas assez d’entrain ou de magie pour entrer totalement dans cette courte histoire.

Bien que l’histoire soit tout à fait construite, l’écriture assurée par le jeune Victor lui-même est parfois trop décousue, partant dans tous les sens. On sent que l’idée de l’auteur est de bien retranscrire l’enthousiasme du petit narrateur, mais malgré tout, c’est un peu trop désordonné.

Le côté positif de ce roman est certainement ses très nombreux clins d’œil fait à notre culture connectée. On y parle des grands yeux larmoyants du Chat Potté de Shrek, des Trois brigands de Tomi Ungerer… Ces références ne sont peut-être pas toutes comprises par les jeunes lecteurs, mais ça n’est absolument pas gênant.

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En somme, cet ouvrage pour la jeunesse est plaisant, mais pas non plus inoubliable. A lire dès l’âge de huit ou neuf ans environ pour tout fan d’aventure et de récit de cape et d’épée !

Chronique : Touch – Tome 1

Touch 01Un roman où les adolescents possèdent des supers-pouvoirs… mais pas toujours utilisés pour la bonne cause….

Premier roman de l’auteur américaine Jus Accardo à paraître en France, Touch est le premier tome du Cycle de Denazen. Il semblerait qu’un tome quatre et un tome cinq soient déjà en préparation (source : site Goodreads). En France, ce sont les éditions Albin Michel Wiz qui assurent la publication de cette nouvelle série fantastique où certains adolescents possèdent d’étranges supers-pouvoirs qui les dépassent…

Aux Etats-Unis, l’auteur a actuellement d’autres séries en cours, toutes dans le domaine de la littérature pour adolescents : The Darker Agency ou encore The Eternal Balance.

Un début de roman qui démarre en trombe…

Tout commence à la suite d’une soirée un peu arrosée : Deznee croise un jeune homme en fuite en rentrant chez elle. Son nom est Kale et il fait tout pour ne toucher aucun être vivant autour de lui sans que l’on sache pourquoi… Deznee décide de l’emmener chez elle pour qu’il se cache quelques heures (et surtout pour multiplier les actes de rébellion auprès de son père) mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu…

Alors que la jeune fille n’avait en tête que l’idée d’énerver une énième fois son père en invitant un inconnu à la maison, le résultat final va être bien différent. La rencontre va se solder par la fuite de Deznee loin de chez elle… accompagnée du mystérieux Kale.

En effet, le père de Deznee n’est pas du tout l’avocat sans scrupules qu’elle pensait connaître… Il n’est pas du tout avocat, mais il est effectivement sans scrupules… Outre les mensonges sur son métier réel, le père de Deznee semblerait avoir omis de lui préciser que sa mère était toujours vivante. Et tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg qu’est la société tentaculaire nommée Denazen et qui est gérée par le père de Deznee…

… mais une trame bien trop classique pour surprendre un minimum

Le thème principal de Touch est celui d’adolescents dotés de supers-pouvoirs. Ces derniers doivent apprendre à les maîtriser et surtout choisir leur camp : celui des exécutants obéissant au doigt et à l’œil à l’entreprise Denazen pour son propre profit ou bien celui de ses détracteurs, qui la combattent et tentent d’en percer les secrets.

Ecrire un roman ayant pour héros des ados aux dangereuses capacités est une bonne idée, à condition qu’elle sorte de la routine. Il y a un nombre incalculable de titres du même genre où des adolescents de notre époque se découvrent des pouvoirs surnaturels (Imposteur, Le cercle des 17, Gone, The Rook…).

L’exercice n’étant pas original en soit, il convient donc de bien le traiter dans ce cas. Or, Touch ne passe pas le test avec ce premier tome extrêmement classique et surtout, sans aucune surprise.

On y retrouve un triangle amoureux qui manque cruellement de piquant, quelques révélations qui font avancer l’intrigue dans un sens très prévisible et une héroïne principale pas assez charismatique pour séduire son lecteur. Pour le moment, nous en sommes donc réduits à observer une romance ayant pour fond une guerre dont les enjeux bien qu’expliqués, manquent de persuasion.

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Le tout donne donc une malheureuse impression de déjà vu et c’est bien dommage. Notons toutefois une couverture originale et bien plus jolie que celle proposée par la version originale américaine. Prochainement, la chronique du second tome de la saga : Toxic.

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Actualité éditoriale : Insatiable de Meg Cabot arrive chez Le Livre de Poche Fantastique

Insatiable 01Le 14 janvier prochain, les éditions Le Livre de Poche Fantastique sortent en poche Insatiable – Tome 1 de Meg Cabot. L’ouvrage était paru pour la première fois en France aux éditions Black Moon en 2011 avant de sortir dans la collection Le Livre de Poche Jeunesse en 2014. La série Insatiable est en deux tomes uniquement.

Sortir cet ouvrage dans la collection adulte de l’éditeur permettra d’élargir son lectorat et devrait plaire aussi bien aux adolescents qu’aux adultes férus de fantastique et d’une plume légère.

Meg Cabot est surtout connue pour ses romans de chick lit tels que Le carnet d’Allie, Miss la gaffe, Le Journal d’une princesse ou encore Blonde. Ses romans peuvent sembler superficiels au premier abord, mais il n’en est rien. Son écriture est légère, maline et sait attiser l’intérêt de son lectorat. A la fois drôle tout en parlant de sujets aussi actuels que divers, Meg Cabot est une auteur à l’œuvre très diversifiée.

Il est rare qu’elle fasse dans l’imaginaire, et avec Insatiable, elle fait donc une exception. Ce roman est présenté comme une réécriture actuelle du mythe de Dracula… mais avec un twist de fin !

Quatrième de couverture :

Vous en avez assez des vampires ? Meena Harper aussi. Et le paranormal, ça la connaît. La preuve : elle peut tout vous dire de votre mort prochaine. En revanche, tout ce qui la concerne, elle ne le voit pas venir. Du coup, elle ne pouvait pas imaginer : qu’elle allait rencontrer un beau brun ténébreux –légèrement obscur – et que l’heureux élu serait déjà mort. Pourtant elle finirait bien sa vie avec lui. Bref, voici venue l’heure de prendre son destin en main. Mais Meena en a-t-elle les moyens ?

Chronique : Personne ne te sauvera

Personne ne te sauveraOubliez tout ce que vous croyez savoir sur les vampires et leurs prétendus pouvoirs…

Fabrice Colin est un auteur réputé dans le monde de l’imaginaire français. Il a notamment écrit la  série Les vampires de Londres, la série Les Petits Monstres, Arcadia, ou encore Bal de givre à New York.

Fabrice Colin fait aussi partie des fondateurs de la maison d’édition Super 8 – créée en 2014  – spécialisée dans les thrillers et la littérature de l’imaginaire.

Son roman Personne ne te sauvera est tout d’abord sorti en poche, dans la collection scolaire Etonnantissimes chez Flammarion en 2012. L’ouvrage a ensuite été réédité dans la collection grand-format Tribal, destinée aux adolescents et toujours chez Flammarion.

Manon, adolescente, et peut-être déjà sa vie derrière elle

Quand on a 17 ans et que l’on découvre que l’on a un anévrisme qui peut nous faire mourir d’un instant à l’autre, impossible de prendre les choses avec philosophie. La décision de Manon est prise : plutôt que de se faire opérer et risquer sa vie sur une table d’opération, elle décide de dépenser l’intégralité de ses économies pour fuguer… à Las Vegas.

Elle qui a vu de nombreuses photos de ses parents dans la ville mythique située en plein désert a ressenti un mystérieux besoin de « retour aux sources ». Ses errances et ses rencontres dans Las Vegas vont être pour le moins surprenantes, en particulier quand Manon croisera la route de Dorian, un homme qui donne un spectacle où il raconte sa soi-disant vie de vampire… Et si Dorian était réellement ce qu’il prétend être durant sa représentation ?

Personne ne te sauvera scolaireLe mythe du vampire revu et corrigé par Fabrice Colin

Ici, la légende du vampire est esquissée et garde tout son ténébreux mystère. Le personnage de Dorian est fascinant et captivant, mais ne se livre jamais vraiment, au grand dam de Manon. Elle qui est atteinte d’un anévrisme, vous devez vous douter de l’intrigue de fond qui va être soulevée : Manon va-t-elle céder à l’attrait d’une possible vie éternelle ou risquer une courte vie sur le fil ?

Bien que les enjeux soient annoncés dès le début, ça n’est pas cela le plus important. Pour moi, tout réside dans l’ambiance si particulière de ce monde de la nuit dans la ville de Vegas. On a l’impression d’évoluer dans un monde parallèle au notre tant les gens et leurs comportements sont différents.

Du monde des vampires, vous saurez donc au final peu de choses tant Dorian est secret. On apprend cependant que le sang humain est plus une drogue qu’un réel moyen de sustentation pour eux, de même qu’ils ne sont pas vraiment immortels mais vivent plusieurs centaines d’années.

La narration est faite sous forme d’enregistrements audios réalisés par Manon tout le long du récit aux chapitres très courts. Le tout rend le récit très rapide à lire, et surtout vivant. Le roman fait à peine 150 pages en étant très aéré au niveau de sa typographie, on peut presque parler ici d’une longue nouvelle.

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Alors que penser de cet ouvrage étrange au goût doux-amer ? La conclusion de cette lecture est très positive, il s’agit d’un bon récit fantastique qui ne part pas dans de grandes intrigues. On découvre un imaginaire délicat très ancré sur des problèmes réels. L’immersion est plaisante, l’expérience agréable. Le texte est à la longueur parfaite pour nous laisser un petit goût d’inachevé qui n’est pas pour déplaire. Dès 14 ans.