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Chronique : Brexit Romance

Le nouveau Clémentine Beauvais est arrivé… et il est totalement crazy !

Comment parler d’un sujet aussi brulant d’actualité qu’est le Brexit (malgré plus de deux ans après le référendum, beaucoup de choses sont encore en tractations et en réflexions…) tout en mêlant humour et style déjanté ? Il n’y a que Clémentine Beauvais qui aurait pu réussir ce tour, elle, l’autrice française la plus Britannique ! Elle vit et travaille à York en tant que maître de conférence, elle traduit également de nombreux ouvrages, et aussi ce qui nous intéresse ici, elle écrit.

On luit doit déjà quelques pépites dans le monde de l’édition pour la jeunesse avec notamment : Les petites reines (bientôt adapté au cinéma et déjà au théâtre), Songe à la douceur (une réécriture en vers libres d’Eugène Onéguine de Pouchkine, rien que ça !) ou encore Comme des images (l’un de ses premiers romans, une véritable claque).

Avec Brexit Romance, elle nous propose un roman aux apparences légères, mais qui revêt de nombreuses réflexions sur notre époque et ses changements (sociaux, économiques…).

Mariage pluvieux…

Le Brexit a beau avoir été voté par la majorité des Britanniques, ils sont nombreux à vouloir se rebeller à face à cet état de fait. C’est ainsi que Justine, anglaise jusqu’au bout des ongles, décide de créer Brexit Romance (officieusement) alias Mariage Pluvieux (officiellement). Le but caché de cette entreprise ? Marier des anglais à des français qui ne se connaissent pas afin qu’ils ne perdent pas leur passeport Européen. Bref, un pur mariage blanc. Pourquoi cela ? Pour moult raisons, et la première étant : parce que. Pour le plaisir de savoir que l’on peux partir où on veux quand on veux, ou travailler ailleurs qu’en Angleterre… Cette liberté a été enlevée à tous les anglais quand le Brexit est arrivé.

Mais Justine n’est pas la seule protagoniste de cette histoire… Il y a également Marguerite, française, orpheline, qui a réussi à se hisser dans les plus hautes sphères grâce à sa sublime voix de soprano. Elle va à Londres pour une journée à l’occasion d’une représentation, accompagnée de Pierre, son professeur. Ils sont liés depuis tant d’années qu’une complicité unique s’est nouée entre eux, mais il n’est aucunement question de romance.

Ce qui importe ici, c’est comment Clémentine Beauvais va réussir à lier tout ce beau monde alors qu’ils n’ont rien en commun. Justine est une pure pragmatique, Marguerite une rêveuse, Kamenev est loin d’être un comique, et un certain Cosmo qui fait partie de l’élite anglaise va interférer avec les vies de tout le monde… mais comment ?

Mariage heureux ? 

Si vous avez envie d’un roman léger et drôle, Brexit Romance est fait pour vous. Plus que son histoire, c’est avant tout sa forme qui surprend et plaît. En effet, rempli d’anecdotes culturelles sur l’Angleterre, Brexit Romance vous offrira un dépaysement total !

Et surtout, Clémentine Beauvais est une artiste quand il s’agit de donner vie à des dialogues (cf photo ci-jointe).

Autre fait vraiment plaisant, elle traduit littéralement quantité d’expressions en français, car tous les personnages parlent en anglais. Ce qui donne « Enfer sanglant ! » pour « Bloody hell !« , ou encore pour « bullshit » dont je vous laisse découvrir la merveilleuse traduction littérale…

En ce qui concerne le cœur de l’intrigue, on passe un très bon moment, même si j’ai trouvé un peu longues les cinquante dernières pages.

On ne lit clairement pas Brexit Romance pour son intrigue, mais pour son ambiance délurée et un peu vaudeville. C’est une bouffée d’air frais, car pour moi ce roman a toute sa place aussi bien chez les ados dès 15 ans, que chez les adultes.

Il y a des références pour tous les âges, d’Instagram et Amazon en passant par la politique (on croise même Marine Le Pen lors d’une soirée) sans oublier pas mal de références culturelles, c’est un délice.

On appréciera également les très nombreuses références à Alice au Pays des Merveilles « Mais tout le monde est fou ici ! » ou encore le match de croquet en pleine campagne anglaise qui n’est pas sans rappeler une scène mythique du roman de Lewis Carroll…

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Alors, qu’attendez-vous pour militer vous aussi contre le Brexit ? Cherchez un anglais ou une anglaise grâce à l’application Brexit Romance et mariez-vous avec des lamas pour faire de belles photos (au cas ou l’immigration vérifierait…).

Vous l’aurez compris, Brexit Romance fait partie des incontournables de cette Rentrée Littéraire 2018 !

Chronique : Les évadés du bocal

Un roman absolument fou… où l’on suit une petite troupe d’évadés de l’asile psychiatrique qui décide de mettre à jour le complot d’ordre mondial qu’ils ont découvert ! Mais qui les croira et y arriveront-ils seulement ?

Bruno Lonchampt est un auteur français qui a déjà quelques ouvrage son actif, notamment un chez Sarbacane : Bloc de haine (en 2014).

Avec Les évadés du bocal paru en septembre 2016, on plonge dans un monde totalement fou… et c’est vraiment le cas de le dire !

Une évasion totalement improbable…

Tout débute lorsqu’on fait la connaissance de Sandro, Yves et Lisa. Tout barrés à leur manière, ils sont persuadés qu’il y a quelque chose de louche qui se trame dans leur hôpital… En effet, de nombreux patients on mystérieusement disparut et il semblerait qu’il y ait tout un système bien monté derrière tout cela. Ainsi, ils sont bien décidés à le prouver coûte que coûte ! Commence alors une escapade étrange, loufoque et totalement imprévisible…

Un récit trop décousu pour moi mais parfois très drôle

Les évadés du bocal ne sera pas forcément un texte évident à lire pour des ados avant l’âge de 15 ans (ou les autres d’ailleurs). Il faut suivre le fil (très décousu), comprendre les enjeux de chacun des personnages, et les problèmes particuliers que chacun rencontre dans sa petite tête !

En cela, la folie de chacun est d’ailleurs très bien exprimée.

Pour l’intrigue, le plus amusant est de voir l’histoire se dérouler jusqu’à ce que… l’on sache si le complot imaginé par nous trois fous est bien réel ou s’il s’agit une belle hallucination collective. On assiste par ailleurs à des scènes géniales, notamment celle où un chauffeur de taxi se prend de sacrées claques sur la tronche car… Sandro a une peur panique des chauves !

Pour le reste, je suis plus réservée sur cette lecture. J’ai passé un bon moment, c’est certain, mais pas au point de conseiller ce roman. En effet, après lecture, il me reste un sentiment très diffus où tout se mélange. C’est trop décalé et trop rapide pour moi, je n’ai pas su garder en tête précisément l’intrigue afin de vous en reparler dans cette chronique. Ce qui est dommage.

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Les évadés du bocal n’est pas un livre déplaisant, loin de là. Mais il est si fidèle à ses personnages qu’il est comme eux : fou, totalement décalé et hors-normes. A conseiller à des lecteurs avisés qui sont prêts à sortir totalement des sentiers battus ! Dès 15 ans.

PS : Mention spéciale à la couverture hyper flashy et magnifique ! Elle détonne, tout comme le texte dont elle s’inspire.

Chronique : Marquise

Un roman bien mystérieux qui aurait pu être génial, mais dont la conclusion n’a pas su être pleinement à la hauteur des attentes que j’ai placées en lui…

Joanne Richoux vient de débarquer dans la collection Exprim’ (Sarbacane) en mars 2017 avec Marquise. Il ne s’agit pas de son premier roman, mais je la découvre à travers cette nouveauté. Marquise, c’est l’histoire de deux jeunes paumés à qui la vie n’a pas décidé de sourire et qui décident de rebattre les cartes… mais est-ce pour un mieux ?

Une session de recrutement très étrange

Entre Charlotte et Billy, ça a toujours été une évidence. Ils ont toujours voulu s’évader de leur petite ville étriquée, de leur vie tristoune et déprimante… Non, ce qu’ils veulent, c’est vivre vraiment. Et c’est ainsi qu’ils s’en vont un jour, sans demander leur reste, abandonnant leurs familles respectives.

Le but ? Rejoindre Paris pour y passer un casting très spécial réservé uniquement à ceux qui en ont entendu parler par le bouche à oreille… Et manque de pot, ils réussissent toutes les étapes, jusqu’à être parmi les 8 gagnants qui ont le droit d’aller vivre avec Le Marquis, sur son île personnelle en Écosse.

Qu’est-ce donc que cet étrange mode de vie où tout le monde vit comme à l’époque du Roi Soleil ? Une secte ? Quel est le but réel du Marquis ? D’où lui vient une telle fortune pour faire vivre autant de gens à sa charge ?

Tout cela a beau être fort étrange, Charlotte et Billy plongent à corps perdu dans cette affaire un peu bizarre et carrément louche. Mais jusqu’où iront-ils pour plaire au fameux Marquis ?

Une accroche géniale mais dont le développement final n’a pas su me séduire

L’idée de départ de Marquise est génial : une société secrète qui recrute des gens selon des critères connus d’eux seuls. Cela à tout pour plaire : une bonne dose de mystère, une ambiance désuète due à l’époque chérie par Le Marquis… C’est tout de suite captivant.

Jusqu’à la conclusion. En effet, c’est la fin du roman qui m’a déplu et qui fait que je n’ai que moyennement apprécié l’ensemble. Tout est très bien décrit et campé dans ce roman, mais quand on découvre le pot aux roses, je m’attendais à quelque chose de beaucoup surprenant. La fin du roman a malheureusement un gout de déjà vu… Sans en dire plus (impossible, ce serait tout vous gâcher !), j’ai trouvé la fin trop rapide et quelque peu bâclée.

En effet, malgré l’écriture vive et accrocheuse, certains personnages sont trop stéréotypés, et même si l’issue n’est pas évidente au premier abord, elle n’en est pas pour autant surprenante.

J’ai particulièrement eu du mal avec l’héroïne, Charlotte. Beaucoup trop tête brulée à mon goût, toujours de mauvais poil, rebelle (même quand ce n’est pas nécessaire), elle manque beaucoup trop de sang froid. A tel point qu’elle en devient agaçante. Là où elle pourrait choisir le dialogue, elle choisi la confrontation ou un mur de silence. Systématiquement. Elle est trop indépendante pour moi, même si cela est également a force pour affronter ce qui l’attend.

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En somme, Marquise est un roman ado qui faisait de très belles promesses. Elles sont en partie tenues, mais la conclusion ne reste pas au niveau de l’histoire dans son ensemble ! C’est donc une réussite partielle, gageons que l’auteure nous fera découvrir son univers au travers d’autres romans puisque Marquise est son tout premier. Il faut bien débuter quelque part !

Chronique : Les petites reines

Les petites reinesMa dernière révélation littéraire en date, c’est ce livre. Malin, drôle intelligent, très actuel, à mourir de rire, captivant…

Les superlatifs manquent tant cet ouvrage m’a bluffée. Bien qu’il se destine aux ados (dès 14 ans), il faut absolument que les adultes le découvrent aussi ! Son histoire est si vraie, si universelle, si belle que vous aussi, vous l’aimerez. Bref, c’est un livre que je veux absolument partager avec VOUS.

J’ai toujours aimé les écrits de Clémentine Beauvais (Comme des images, Carambol’ Ange…), mais avec Les petites reines, elle est passée à un cran au-dessus. Ce n’est plus un bon livre ou un coup de cœur mais une révélation !

Trois jeunes filles élues boudins de l’année par leurs camarades de classe sur les réseaux sociaux

Le monde des adolescents est parfois cruel, et même pire. Ce qui arrive à Mireille, Hakima et Astrid est tout simplement révoltant. Elues respectivement boudin d’or, d’argent et de bronze, les jeunes filles sont effondrées. Enfin, surtout Hakima et Astrid, car Mireille Laplanche est quant à elle déçue de n’être que boudin de bronze !

Elle réussit à prendre la chose avec humour malgré le degré de hargne dont font preuve leurs camarades… Et mieux encore, Mireille décide d’emmener ses « boudinettes » dans un périple à vélo de Bourg-en-Bresse à Paris. Et chacune d’entre elles à une mission toute personnelle à accomplir là-bas qui les aidera peut-être à faire face. Accrochez-vous, ce roman se lit à 200 km/h et mêle le rire aux larmes sans aucune distinction.

Une expérience de lecture fabuleuse

Je vous promets une lecture merveilleuse de A à Z ! En effet, Les petites reines vous offrira une intrigue complète, de l’humour en barre, mais aussi une très belle réflexion humaine. C’est un sans faute pour ce roman destiné officiellement aux adolescents.

Personnellement, en tant que libraire, j’ai fais le pari de le mettre en pile dans le rayon littérature… et ça marche ! Les clients étaient interloqués par la couverture (c’est certain, elle change de ce qui se fait en littérature grand format adulte) et curieux de voir de quoi l’ouvrage traitait…

Et beaucoup ce sont laissés tenter. Résultat, les retours de lectures sont également arrivés par la suite, et ils ont été très positifs ! Voici la preuve si il en est que la littérature dite ado est une merveilleuse passerelle.

Enfin, Les petites reines, ce sont également des scènes mythiques, notamment celle de la compote de pomme (page 92), ou encore la scène finale, celle qui justifie le long voyage de nos trois boudinettes et qui se teinte de tristesse et de beauté… Tout cela sans oublier le magnifique poème concocté par notre chère Mireille Laplanche !

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En somme, si vous cherchez un roman frais, un roman vrai, c’est ici que ça se passe ! Je vous garantis que vous ne serez pas déçu(e) ! Et on a hâte de découvrir l’adaptation cinématographique.

Il est maintenant temps d’ouvrir les pages du tout nouveau roman de Clémentine Beauvais qui paraîtra le 25 août prochain et qui promet beaucoup lui aussi : Songe à la douceur. Et double originalité : il s’inspire librement du roman Eugène Onéguine de Pouchkine, et il est écrit… en vers !

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2015 – Romans ado

Voici la sélection que je vous ai concoctée pour les ados. L’année 2015 a été un très bon cru avec de belles révélations, de nouveaux auteurs, des univers que l’on a envie d’explorer… Bref, il y a de véritables incontournables à suivre de près dans les années à venir !

Adèle et les noces de la reine MargotAdèle & les noces de la Reine Margot – Silène Edgar – Castelmore :

A offrir dès l’âge de 12 ans, ce roman est la meilleure découverte dans la section imaginaire/historique. On se plonge corps et âme dans le monde d’Alexandre Dumas, on part à la rencontre de la Reine Margot mais aussi d’Ambroise Paré… Entre roman historique et voyage dans le temps et la littérature, Adèle & les noces de la Reine Margot est un récit qui transporte. L’histoire du Massacre de la Saint-Barthélémy, cette période extrêmement sombre de l’Histoire de France est également en toile de fond. En somme, c’est bien écrit, très documenté et franchement passionnant… c’est à ne pas rater Et si on est adulte, on aimera également, ne vous limitez pas à l’offrir, lisez-le ! La chronique sur le site est ici !

ResurectioResurectio (deux tomes, série en cours) – Amélie Sarn – Seuil Jeunesse :

Ce mythe du monstre de Frankenstein revisité à notre époque avec une adolescente pour héroïne est une franche réussite. Amélie Sarn nous propose un récit noir, très noir, comme on n’en voit pas assez souvent. On suit ainsi Marie, qui ne sait trop d’où elle vient, qui a d’étranges cicatrices mais qui a surtout des problèmes comme tous les autres ado : intégration, amitiés, amour… Tous les questionnements sont là. L’ambiance retranscrite par l’auteur est juste parfaite, et on se plonge immédiatement dans cette intrigue qui est tout sauf traditionnelle ! De belles surprises vous attendent… Lire la chronique sur le site ici.

La boîteLa boîte – Anne-Gaëlle Balpe – Sarbacane, Collection Exprim’

Si vous cherchez un roman original qui détonne et qui bastonne, procurez-vous donc La Boîte. C’est du pur roman d’action, dans un lieu imaginaire qui ressemble à un croisement entre la France et les États-Unis. L’affaire est simple : il y a une boîte et des gens paumés. Ils ouvrent la boîte, trouvent de l’argent, en veulent plus… et doivent rendre quelques menus services en échange. L’affaire n’est pas nette selon vous ? Attendez de voir la suite ! Totalement inclassable et déjanté, La Boîte est à conseiller vivement à ceux et celles qui aiment les romans noirs et vifs dont la trame et les personnages sont tout sauf classique… A découvrir dès 14 ans. Lire la chronique sur le site par ici.

Nous les menteursNous les menteurs – E. Lockhart – Gallimard Jeunesse :

C’était le roman de l’été en 2015, mais le lire pendant les froidures de l’hiver vous fera rêver à d’autres tropiques ! Nous les menteurs, c’est un jeu de dupes constant où la narratrice essaye désespérément de retrouver la mémoire, mais où tous se liguent contre elle. Imaginez une île paradisiaque où se retrouvent plusieurs familles toutes liées par le sang et les secrets : voici le théâtre où le drame s’est déroulé… Au fil des pages, on sent que la narratrice et nous mêmes sommes pris dans une toile tissée par la famille elle-même. Il ne faut pas parler de l’accident ni même y penser, ne pas poser de questions… L’ambiance est d’une dangerosité latente, les personnages bien pensés, bien tournés… Pour ceux aiment les fins aux chutes monumentales où la relecture offre de nouvelles perspectives, ce roman est parfait. A lire dès 13-14 ans environ. Lire la chronique sur le site par ici.

Plus de morts que de vivantsPlus de morts que de vivants – Guillaume Guéraud – Le Rouergue, DoAdo Noir :

Le roman le plus brutal et le plus sanglant de l’année ! Il se dévore comme on regarderait un bon film. Les dialogues sont vifs, percutants mais moins que le virus qui sévit… C’est un roman très trash qui séduira tous ceux qui ont besoin de sensations fortes à travers la lecture. Et puis, la fin ! Mais quelle fin réussie pour ce one-shot détonnant qui ne ressemble a aucun autre roman pour ados… A lire dès l’âge de 15 ans minimum pour cause de scènes avec des machoires qui se décrochent. Littéralement. Ouais. Lire la chronique sur le site ici.

Ma raison de vivre 1Ma raison de vivre (2 tomes, série en cours) – Rebecca Donovan – Pocket Jeunesse :

Terrible et fascinante, cette trilogie 100% réaliste vous plongera dans les horreurs du harcèlement moral et physique au sein d’une famille en apparence bien sous tous rapports. C’est absolument hypnotique, on se plonge dans le quotidien d’Emma, dont le moindre acte peut être sujet à des représailles. Ma raison de vivre est le genre de roman que l’on ne peut pas lâcher une fois débuté. A offrir à ceux et celles qui aiment les histoires ancrées dans le réel dont l’accent de vérité tord les tripes et travaille l’esprit. Dès 15 ans minimum. Lire la chronique sur le site ici.

In the AfterIn the After (2 tomes) – Demitria Lunetta – Éditions Lumen :

Voici une série en deux tomes très accrocheuse. Et pour une fois, ça n’est pas une saga à rallonge, et ça fait du bien. La Terre n’est plus telle que nous la connaissons, très peu d’humains y (sur)vivent encore… Non, la nouvelle espèce dominante ce sont Eux. D’où viennent-ils ? On l’ignore. Tout ce que l’on sait c’est qu’Ils possèdent une ouïe particulièrement développée et que la chair des humains est pour eux un délice… Plongez dans un univers post-apocalyptique extrêmement réussit, en particulier toute la première partie du premier tome qui se déroule sans aucun dialogue ! C’est une belle performance d’écriture qui a le mérite d’être soulignée. A découvrir dès l’âge de 14-15 ans. Lire la chronique sur le site par ici.

Chronique : La Boîte

La boîteDe l’action à foison, une écriture mouvementée qui nous entraîne dans une course folle… la boîte, ça déboite !

Petit dernier de l’auteur Anne-Gaëlle Balpe, La boîte est paru aux éditions Sarbacane dans la très bonne collection pour ados Exprim’.

Très prolifique, l’auteur a plus d’une vingtaine d’ouvrage à son actif, et cela pour tous les âges et dans tous les formats. Albums jeunesse, livres pour ados, recueil de nouvelles… elle fait de tout !

Avec La boîte, préparez-vous à vous lancer sans réserves dans une affaire qui va être pour le moins accidentée…

Une simple boîte source d’une foule de tracas

Tout commence avec une boîte toute simple, posée là sur un banc. Malt est Jen zonent comme à leur habitude dans leur ville de toujours, Edens. Plongée dans une misère sociale et culturelle profonde, la ville semble réunir les pires cas humains possibles. Alors quand le couple d’adolescents tombe sur cette boîte contenant un billet de 20€ c’est jour de fête.

Et quand peu après on leur propose 10 000€ contre service, il devient difficile de refuser une telle somme… Malt et Jen vont tout tenter pour goûter ne serait-ce qu’un court moment à une vie dorée. Quels que soient les risques.

Rythme effréné et deals glauques au rendez-vous

Bien que le récit commence avec insouciance qui frise l’inconscience, nos deux ados vont vite en baver dans tous les sens du terme. Des plus beaux quartiers de la capitale nommée Concorde aux pires lieux de perdition du Pays d’Olan, il n’y a aucun répit pour personne. Ça part dans tous les sens et ça empire au fil des pages, bref, on est aussi paumé que les « héros » de cette histoire de fous.

Dans certains romans réussis, il arrive que l’on croise des personnages que l’on adore maudire, haïr… c’est le cas avec Jen, amoureuse de tout ce qui brille, elle est superficielle au possible. Son rapport à l’argent la rend irrationnelle et détestable. Tout est disproportionné chez elle : ses réactions égoïstes, ses sautes d’humeur… bref, elle est aussi réaliste que

Ecrit par Mal lui-même, le récit qu’il fait de ses agissements est très vivant et parfois très drôle, y compris dans des situations critiques. Certaines de ses formulations sont étranges, mais ceux qui sauront lire entre les lignes comprendrons peut-être avant que le temps des révélations n’arrive. En tout cas, il est possible de se faire sa propre idée du scénario avant sa conclusion, et ça, c’est plaisant.

Il est à noter un élément original concernant l’ouvrage : le lieu de l’intrigue. En effet, le Pays d’Olan n’existe pas, de même que les villes citées tout au long de l’intrigue. Quand on voit la pauvreté et la misère qui sévissent dans les endroits décrits, on peut comprendre que l’auteur n’ait pas voulu situer dans le réel son intrigue. Personne ne voudrait reconnaître sa ville dans les lieus de perdition mentionnés.

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Ainsi, La boîte est un excellent roman d’action qui tourne à 100 à l’heure. Ses dialogues sont vivants, bien trouvés et percutants. Son intrigue est efficace et entre immédiatement dans le vif… En bref, c’est un excellent roman pour ados (dès 14 ans) avec des côtés glauques que j’adore.  À quand un autre récit se déroulant dans le même univers avec une prose tout aussi efficace ? Si l’auteur nous entend…

Enfin, je souhaiterais ajouter une petite mention spéciale à la couverture que je trouve très accrocheuse et totalement détonante comparé à la production littéraire actuelle.

Exprim’, cinq ans déjà pour la collection dédiée aux ados ! – Partie 2 – Les nouveautés et les coups de coeurs des libraires

bib glow exprim 002L'enfant nucléaire exprim

Tout en fêtant ses 5 années d’existence, cet événement était également l’occasion de présenter les nouveautés de la collection :

L’enfant nucléaire (Pica Morfal Boy) (Daph Nobody) : Une fois n’est pas coutume, le fantastique s’invite à table avec l’enfant nucléaire, mais toujours dans la lignée de ce qui fait Exprim’. Nous sommes aux Etats-Unis. L’histoire est celle d’un jeune homme qui peut ingurgiter tout et n’importe quoi. Il fait ainsi la tournée de restaurants au bord des routes pour montrer à tout le monde ce dont il est capable : il mange de la terre, du métal, du verre… rien ne lui résiste… et parallèlement à cette histoire, un convoi top-secret de déchets nucléaires fait son chemin à travers le pays… vous voyez où veut en venir l’auteur ? Un synopsis pour le moins intriguant, n’est-ce pas ?

Paris Inch’Allah ! (Kamel Hajaji) : Exploité par sa mère, notre héros est digne d’un personnage à la Dickens. Mais le plus beau, c’est que ce jeune garçon est intimement persuadé que si sa mère l’exploite, c’est par amour pour lui, pour le rendre plus fort.

Traverser la nuitTraverser la nuit (Martine Pouchain) : Ce roman à paraître au mois de mai. Dans un petit village de cinquante-sept habitants, quelqu’un vient d’être tué. Alors, qui est le meurtrier ? Le facteur ? Le boulanger ? Dans cette petite bourgade où tout le monde se connaît, difficile de mener une enquête quand ont est un jeune flic… est qu’on est amoureux de la fille de la victime. Mais peut-être est-ce une occasion de se rapprocher d’elle ? Un résumé qui donne fort envie !

Suite à cette présentation de nouveautés s’ensuivit une discussion sur la littérature ado et les difficultés de la définir.

Coup de cœurs de libraires pour Exprim’

Quatre libraires ce sont prêtés à l’exercice difficile de présenter un de leur coup de cœur devant un nombre important de personnes. Merci à eux pour leur courage, et leurs conseils.

Le premier coup de cœur concernait l’ouvrage 2 jours pour faire des thunes de Hamid Jemaï. La libraire qui nous l’a présenté a su le faire avec humour et passion, et personnellement, elle a fait mouche, j’ai été conquise par son argumentaire. Alors, vous aurez bientôt une chronique, soyez-en sûrs !

K Cendres exprimSecond coup de cœur par un homme libraire (les femmes étant en très grande majorité dans ce domaine, ça fait plaisir) pour le livre K Cendres d’Antoine Dole. Le titre est un jeu de mot sur le personnage mythologique de Cassandre qui voit dans l’avenir. Son héroïne est elle aussi affublée de cette malédiction et ne peut s’empêcher de dire la vérité, parfois horrible aux autres. Un roman qui dresse « un portrait au vitriol » du monde de la scène.

Le troisième coup de cœur est pour Le dévastateur de Rolland Auda. Un roman de super-héros à l’écriture pour le moins déstabilisante. Le libraire qui nous l’a présenté comme un roman explosif où les langues se mêlent : du Ouinche (mais qu’est-ce que c’est ?), un langage déstabilisant au début, mais pétillant et truculent au final.

Le quatrième coup de cœur concerne Les déchaînés de Flo Jallier. Ce roman a la particularité de retracer la vie de quatre générations d’une même famille. De la Martinique de 1872 à nos jours… un peu comme le roman Racines d’Alex Haley. Un récit de liberté et de combats continuels qui ne donne qu’une seule envie : le lire et s’émouvoir.

Les déchaînés exprimEnfin, un cinquième coup de cœur s’est ajouté, et il vient d’un apprenti libraire de l’INFL (Institut National de Formation de la Librairie). Ce dernier a été remarqué grâce à la chronique élogieuse et percutante pour le roman La mort, j’adore ! d’Alexis Brocas. La présentation était très bien faite, passionnée et enthousiaste. La mort, j’adore se découpe en trois saisons (trois tomes). Encore un ouvrage à ajouter dans la liste déjà longue des futures lectures.