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Chronique : L’étrange bibliothèque

Un roman encore plus étrange que ce à quoi nous a habitué Haruki Murakami !

Haruki Murakami est un auteur japonais que l’on ne présente plus. Il a notamment écrit Kafka sur le rivage, Le passage de la nuit, 1Q84 (trois tomes), Des hommes sans femmes (son dernier recueil de nouvelles en date).

Son univers est toujours à la frontière des genres et des mondes, et avec L’étrange bibliothèque, il ne fait pas exception ! Cette nouvelle est illustrée par l’allemande Kat Menschik, c’est la troisième fois qu’ils collaborent ensemble. Les deux fois précédentes, c’était pour les livres Les attaques de la boulangerie (deux nouvelles absolument géniales !) et Sommeil, toujours chez Belfond et 10/18.

Une exploration surnaturelle qui tourne mal

Tout commence lorsqu’un jeune garçon se rend à la bibliothèque… et qu’il demande à emprunter trois ouvrages… Qui ne sont consultables que sur place ! C’est ainsi que l’horreur commence !

Sous couvert de l’emmener dans une salle pour consulter les livres, le gardien de la bibliothèque l’emmène dans une cellule et l’enferme… avec une étrange jeune fille. Avec parfois un homme-mouton qui passe par là…

Une nouvelle franchement inquiétante

Pour avoir lu beaucoup de romans japonais et plus particulièrement ceux de Haruki Murakami, je sais que les auteurs nippons adorent l’étrange. Le bizarre, le malsain, le dérangeant. Mais j’avoue être quelque peu passée à côté de cette histoire par trop étrange et qui m’a semblé être sans queue ni tête.

Là où Les attaques de la boulangerie et Sommeil avaient un côté absurde, mais tangible, L’étrange bibliothèque part dans tous les sens sans vraiment nous révéler ses intentions. Cependant, il y a bien une chose que l’on ne peux pas retirer à cette histoire : c’est son ambiance hypnotique. On a envie de savoir où ça nous mène, ce qu’il va se passer…

Quant aux illustrations, elles sont magnifiques et méritent le détour. Elle fusionnent parfaitement avec l’atmosphère de la nouvelle.

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En somme, L’étrange bibliothèque est un roman inclassable et bizarre que je n’ai pas su apprécier. Mais je suis certaine que beaucoup de personnes l’apprécieront pour son ambiance unique et son histoire à faire peur…

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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Le royaume des cercueils suspendus

Un roman pour ados moins facile d’accès que la plupart, mais qui nous offre une histoire aussi belle que cruelle…

Paru en octobre 2014 dans la collection Epik (réunissant les livres de l’imaginaire à destination des ados) du Rouergue, ce roman de Florence Aubry est aussi poétique qu’inclassable.

Son auteur, Florence Aubry, est connue dans le domaine de la littérature à destination des adolescents. On lui doit notamment : Le garçon talisman, Biture express, Nola ou encore La main de l’aviateur.

Une société aux mœurs étranges et implacables

Les Bâas sont un peuple où les traditions prédominent, tout est rituel, croyances. L’une de leurs traditions les plus importantes étant la Cérémonie. Pour le groupe d’amis que forment Xiong, Huang, Lou-ki et Leï, il s’agit d’un tournant dans leur vie… Surtout pour l’un d’entre eux, car la Cérémonie va révéler qu’il n’est pas né Bâa, ne possède pas le Don, et qu’il n’a aucun droit de vivre parmi ce peuple.

Condamné à mort par ceux qu’il a toujours connus, Hang n’a jamais douté d’être un Bâa… Mais le voici juché à flanc de falaise avec une seule ration de nourriture et un cercueil suspendu qui l’attend sagement… Voici l’histoire d’amitiés indéfectibles, de jalousies funèbres, de haines entre les peuples… Quel sentiment prédominera dans cette histoire ?

Un roman étrange au rythme lancinant

Très inspiré de la culture asiatique par certains aspects, Le royaume des cercueils suspendus est un roman difficile d’accès. Il est plus complexe qu’il n’y paraît, mais si vous vous y accrochez assez longtemps, vous découvrirez une histoire magnifique qui en vaut la peine.

Il faut avouer que le rythme de départ est très lent, j’ai même faillit décrocher durant les cinquante premières pages. Mais peu à peu, on découvre les enjeux qui lient ce cercle d’amis…

L’histoire de Leï en particulier à su m’atteindre avec force. Quand on découvre peu à peu ce qui se trame autour de sa personne on se prend d’affection pour la jeune fille et son destin. Et on lit avec anxiété la suite de son histoire… pour la dévorer jusqu’à l’ultime page !

Florence Aubry a le don de l’intrigue, mais aussi du style. Son univers est beau, bien que âpre, fascinant tant il est empli de rituels… On aurait d’ailleurs aimé en apprendre encore plus sur le peuple des Bâas car on en sait très peu au final sur eux. Mais ce n’est pas grave, conserver une part de mystère dans ce genre d’univers littéraire reste un plaisir.

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C’est donc un bon roman à destination des ados qui nous est ici offert. Bien écrit, avec un peuple singulier, des destins croisés et une mythologie fouillée. A réserver à ceux et celles qui veulent découvrir un récit plus recherché que ce qu’offre l’édition pour ado en général. Il faut insister pour découvrir ce livre, et ça n’est pas forcément un mal ! Dès 14 ans environ.

Chronique : Les Décharnés – Une lueur au crépuscule

Ou comment une invasion de morts-vivants éveillera le meilleur (et surtout le pire) chez l’être humain…

Paul Clément est un jeune auteur français qui peu à peu creuse son trou dans le monde du roman fantastique, plus particulièrement dans la branche zombie. Pour le moment, il a deux romans à son actif, Les Décharnés et Creuse la mort, tous deux chez Post apo éditions.

Avec Les Décharnés, Paul Clément signe un roman efficace et très crédible sur le point humain… à faire froid dans le dos !

Une journée tranquille et ensoleillée en Provence…

…avant le bain de sang. Patrick, vieil agriculteur de métier et misanthrope par principe va assister à une scène aussi terrible qu’incroyable. Un immense carambolage mettant à feu et à sang la route passant près de sa propriété. Seul « bémol », les gens victimes de cet accident hors-norme n’en ont pas fini avec la vie et sont devenus des zombies assoiffés de sang…

La cause ? Nous l’ignorons, tout ce que l’on sait, c’est que Patrick est censé survivre dans sa petite maison de Provence alors qu’elle est entourée de plusieurs centaines de zombies. Mais il n’a pas que sa simple carcasse à sauver des dents pourries des zombies, il doit également protéger la fillette qu’il vient d’arracher à une mort certaine… Comment peuvent-ils s’en sortir ?

Efficace et happant !

Je dois avouer avoir eu du mal à rentrer dans le roman au niveau des 60 premières pages. Le huis-clos avec les zombies me semblait très long… limite insoutenable, mais on peut y voir la volonté de l’auteur. Donc, en cela c’est réussit.

Mais le plus intéressant survient après. Quand Patrick et la petite fille qu’il a sauvée réussissent à s’enfuir de la ferme. L’interaction avec d’autres êtres humains est inévitable… et dangereuse.

C’est surtout dans les relations et la psychologie humaine que Paul Clément révèle tout son talent. Voir Patrick se confronter à tout un panel d’hommes et de femmes a quelque chose de stimulant et de très intéressant. Quelles seront les réactions d’untel face à une remarque ? Qui représente la loi et l’ordre dans ce genre de situation où tout semble partir en lambeaux ? Qui résistera à la tentation de faire absolument tout ce qu’il veut ?

Pour l’écriture, j’avoue ne pas franchement aimer la façon dont parle Patrick. La narration étant à la première personne, c’est Patrick qui narre au lecteur ses aventures post-apocalyptiques. Alors, certes, c’est un homme qui commence à avoir de la bouteille, son langage est familier donc sa façon de parler/écrire est tout à fait logique, il s’agit juste d’une question de goût pour ma part.

Mais on peut facilement passer outre l’écriture car elle est surpassée sans problème par l’intrigue. C’est nerveux, sous tension, et on ne sait jamais comment chacun va réagir et quand la mort frappera… ni sous quelle forme. Les Décharnés a beau être violent et empli d’hémoglobine – roman de survie post-apo oblige – vous y trouerez également de beaux sentiments : l’amour, le courage existent encore, même si ils sont devenus extrêmement rares. Les sentiments humains sont au premier plan dans ce roman qui devrait plaire à tout amateur de roman impliquant une invasion zombie.

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Bref, une fois l’histoire lancée, ça ne s’arrête plus ! Si vous aimez les romans qui se dévorent (comme un cerveau !), les intrigues bien ficelées et même parfois cruelles, vous êtes au bon endroit. Les récits de ce genre sont habituellement l’apanage des auteurs américains, mais Paul Clément réussit à relever le défit avec adresse, et même mieux que certains. Bravo à lui !

Chronique Album Jeunesse : Dis-moi, maman !

dis-moi-mamanUne ode à l’automne et à l’amour filial… sous forme d’un album magnifique

Paru en septembre 2016 aux éditions Gallimard Jeunesse, voici un album lumineux et automnal ayant pour thème… l’amour maternel.

Le texte est écrit par Charlotte Zolotow (1915-2013), une auteur américaine dont le travail dans le domaine de la littérature enfant a été considérable. Non seulement elle a écrit près d’une centaine d’ouvrages pour la jeunesse, mais elle fut également une grande éditrice.

Le dessin est quant à lui réalisé par Charlotte Voake, une illustratrice anglaise née en 1957. Elle a illustré quantité d’ouvrages. En France, c’est Gallimard Jeunesse qui édite ses très ombreux titres…

Dis-moi maman !

Une petite fille et sa maman se baladent au gré des feuilles d’automne, dans un parc. Elles croisent un chaton, puis un chien, traversent une rivière… La beauté de l’automne est un prétexte parfait pour s’émerveiller de la beauté parfois éphémère des choses, mai également pour dire autrement ce qui compte vraiment…

dis-moi-maman-interieurUne merveille d’album

Cette découverte est un véritable coup de foudre pour moi. Que ce soit au niveau des couleurs lumineuses, du dessin inspiré, du thème choisi… tout concoure à faire de Dis-moi, maman ! un indispensable.

Le format de l’album participe à ce sentiment de beauté (il fait 25x28cm), quand on ouvre l’album, on en prend plein les yeux ! Les couleurs sont d’une extrême vivacité (on ne rêve que d’une chose, c’est de courir dans ces milliers de feuilles d’automnes orange, marron, jaune…) les dessins sont d’une beauté simple à couper le souffle…

Et si le trait de crayon de Charlotte Voake vous fait penser à un autre illustrateur jeunesse, c’est normal… Charlotte Voake a été l’étudiante de Quentin Blake (l’illustrateur de ROald Dahl !) au Royal College of Art !

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Difficile développer plus sur cet ouvrage au risque de se répéter : tout y est une réussite. Des couleurs en passant par le texte, son ambiance si belle et particulière à la fois… Les coups de cœur son rares, mais ils ne trompent pas : Dis-moi, maman ! fera maintenant partie des intemporels et indispensables de ma bibliothèque d’albums pour enfants… A lire aux enfants dès l’âge de 4 ans.

Chronique Jeunesse : La Sorcitresse

La SorcitresseUne fusion entre une super maitresse et une terrible sorcière… ça donne la Sorcitresse !

Elle vient tout juste d’arriver en librairie, elle est terrifiante, elle a mauvaise haleine, mais elle est aussi gentille et prévenante… voici la Sorcitresse ! A l’écriture, nous retrouvons Philippe Arnaud à qui on doit d’autres romans chez Sarbacane. Au dessin, découvre le coup de crayon de Joëlle Dreidemy qui a créé une sorcitresse aussi réussie qu’effrayante…

Deuxième-Chance, l’école où il ne fait pas bon être…

Bienvenue dans l’école de redressement pour enfants Deuxième-Chance, rebaptisée Double-Peine par tous les enfants. Elle possède son lot de surveillants aussi méchants qu’insipides, des élèves mauvais, des souffre-douleur… et de terribles professeurs !

Mais quand arrive une toute jolie et gentille maîtresse, la vie des élèves de Double-Peine va quelque peu s’adoucir… jusqu’à ce que la terrible sorcitresse la remplace une semaine sur deux !

Un univers et des dialogues accrocheurs

L’histoire de cette si gentille et adorable maitresse qui a les allures d’une princesse selon Charlotte et qu’elle qualifie de bellifique devient vite mystérieuse. En effet, avec une régularité confondante, la magnifique et si douce maitresse disparait. Lors de ces phases d’absence, c’est une terrible femme aux allures de sorcière qui la remplace : haleine atroce, ongles crochus à l’extrême, injuste au possible avec les bons élèves, presque douce avec les teignes… Autant dire que la remplaçante de la maitresse est très largement impopulaire !

L’univers créé par Philippe Arnaud est fort bien réussi. On s’immerge sans peine dans l’ambiance créée, et surtout les dessins de Joëlle Dreidemy sont parfaits, ils on tout pour plaire. Entre réalisme et merveilleux sur fond de quotidien de cour d’école, on se lance avec plaisir dans cette nouvelle aventure proposée par la collection Pépix.

L’histoire de cette sorcière aux allures ténues d’enseignante est entrainante pour des enfants dès l’âge de 9 ans. On appréciera particulièrement les dessins faits de la Sorcitresse. Ils sont franchement terribles (rien que la couverture donne une idée de sa repoussante allure…) et parfois effrayants. Pour la petite anecdote, les premières illustrations de la sorcitresse étaient bien plus épouvantables, tellement efficaces que l’illustratrice a du les remanier pour faire un peu moins peur aux lecteurs…

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En somme, vous l’aurez deviné, La Sorcitresse est un conte contemporain efficace qui a toutes les chances de plaire aux jeunes lecteurs. Entre humour et frayeurs, imaginaire et normalité le tout est rondement mené ! Cela sans oublier des dialogues bien sympathiques et de petits personnages fort attachants…

Chronique Album Jeunesse : Toile de dragon

Toile de dragonUne belle histoire ayant pour toile de fond l’Art dans sa plus grande pureté

Magnifique album jeunesse paru aux éditions Philippe Picquier en octobre 2014, Toile de dragon est écrit par Muriel Zürcher et dessiné par Qu Lan.

L’histoire est celle d’un jeune garçon passionné par le dessin… à tel point que même quand il n’a pas de papier, il se sert de supports très originaux.

Le nom de Muriel Zürcher vous dit peut-être quelque chose et c’est bien normal : il s’agit de l’auteur de la trilogie Le Tourneur de Page aux éditions Eveil et Découvertes.

L’illustratrice Qu Lan est d’origine chinoise et a déjà quelques ouvrages à son actif. On lui doit Aquarelles de Chine ainsi que l’album jeunesse Le chat bonheur.

Toile de dragon (3)Une passion du dessin hors du commun

Thong-Li est un petit garçon comme les autres à une exception près : il adore le dessin à un tel point qu’il dessine partout. Dans la poussière par exemple, il fait vivre tout un paysage grâce à sa passion qui le pousse à l’exercer partout.

Mais le jour où le jeune garçon reçoit en cadeau un bâton d’encre, une pierre pour l’écraser et un pinceau fin, sa vie va être bouleversée. Lui qui n’a jamais eu de papier va se servir de son coffret de dessin sur l’un des seuls supports qu’il a à disposition chez lui : les toiles d’araignées.

C’est ainsi qu’un jour l’Empereur entend parler de ce fameux garçon dessinant de magnifiques dragons sur les toiles d’araignées et décide de le faire venir à la demeure impériale. Il lui fixe alors un objectif presque impossible : dessiner dans chacune des milles pièces qui composent le palais un dragon par jour sur une toile d’araignée…

Si Thong-Li réussi, il sera couvert de richesses… sinon c’est la mort qui l’attend. L’empereur ne faisant pas dans la demi-mesure.

Toile de dragon (2)Une histoire mélancolique sublimée par des dessins de toute beauté

L’histoire de Toile de Dragon fait penser aux contes de fées, avec leurs héros auxquels ont donne des objectifs impossibles. Ici, le défi de peindre quotidiennement un dragon toujours plus beau que celui de la veille épuise Thong-Li que l’on voit perdre sa joie de peindre au fur et à mesure de l’histoire.

Pour nous narrer ce conte contemporain aux élans asiatiques, les illustrations de Qu Lan sont parfaites et prennent le pas sur l’histoire elle-même. Douces et fines, continuellement teintées de chagrin, on peut les scruter longtemps pour s’imprégner de leur beauté. Je pense en particulier à l’image représentant Thong-Li agenouillé avec déférence devant toute la majesté de l’Empereur, ou encore à l’ultime œuvre du garçon…

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En conclusion, cet album jeunesse d’une beauté triste mérite d’être lu et contemplé. Il laisse une impression douce-amère après la lecture, et donne l’opportunité de réfléchir, d’y repenser… tout en douceur. Un bel ouvrage à ne pas louper que l’on soit parent ou enfant. Les adeptes de l’Asie sous toutes ses formes (livre, roman, documentaire…) y trouveront également leur compte. Dès l’âge de 6 ans environ.

Toile de dragon (1)

Chronique : Nouvelles à chutes

Nouvelles à chuteSublimes et marquantes… une sélection de nouvelles à la qualité rare

Le format de la nouvelle n’est pas un genre des plus populaire, et pourtant c’est un exercice difficile qui quand il est réussi donne des œuvres absolument mémorables. Ce choix de nouvelles signées de différentes plumes nous est proposé par les éditions Magnard, spécialisées dans les livres à usage scolaire.

Ainsi trouverez-vous une nouvelle d’Anna Gavalda, Dino Buzzati, Julio Cortázar, Claude Bourgeyx, Fred Kassak et Pascal Mérigeau.

Certains n’ont que très peu écrit (je pense notamment à Pascal Mérigeaux) mais on réussi à toucher du doigt la perfection avec leur court récit. D’autres encore sont passés maîtres dans l’écriture d’histoires courtes, comme Dino Buzzati à qui l’on doit le magnifique recueil de nouvelles à chutes Le K.

Ici, plus que de « simples » nouvelles, vous allez découvrir le délicieux et terrible art de la nouvelle à chute : fascinante et remarquable dans toute sa beauté… et son horreur…

Le recueil contient les nouvelles suivantes :

  • Happy Meal – Anna Gavalda
  • Pauvre petit garçon ! – Dino Buzzati Continuité des parcs – Julio Cortázar
  • Lucien – Claude Bourgeyx
  • Iceberg – Fred Kassak
  • Quand Angèle fut seule… – Pascal Mérigeau

Nous allons ici nous attarder sur les nouvelles qui selon moi, sont absolument incontournables.

La première est Happy Meal, d’Anna Gavalda, magnifique nouvelle sur le sentiment d’amour, de petitesse aussi. Plus que dans la chute, cette nouvelle est emplie de force par les mots, d’une puissance incroyable. Une courte phrase émouvante semée, un dialogue simple et poignant, un détail… Anna Gavalda nous entraîne dans une belle relation que l’on aurait aimé découvrir plus longtemps encore tant elle est sublimée par son écriture juste et précise.

La seconde nouvelle à lire au moins une fois dans sa vie (plusieurs relectures permettent de l’apprécier encore mieux) est Pauvre petit garçon ! de Dino Buzzati. Son histoire nous raconte comment un petit garçon est chahuté par ses camarades, véritable victime de la méchanceté parfois cruelle des enfants.La chute est superbe et s’apprécie encore plus après relecture, car on ne peut s’empêcher de collecter les indices nous y amenant insidieusement. Grandiose et inoubliable.

La troisième et dernière nouvelle qui selon moi mérite le détour est Quand Angèle fut seule… qui nous raconte la vie d’une femme après la mort de son mari. Cette dernière ressasse sa vie avec celui qu’elle a aimé avant qu’il ne disparaisse.

Là aussi, une seconde lecture permet d’apprécier à sa juste valeur ce très court texte faisant à peine quatre pages. Une double lecture fascinante et sinistre à la fois qui sublime le point final de cette nouvelle.

En conclusion, ce court recueil est un indispensable à lire au moins une fois dans sa vie. Ici, pas de fantastique, hormis dans la nouvelle Continuité des parcs de Julio Cortázar, qui est assez étrange et déstabilisante. Ces textes prouvent qu’il est possible de faire des monuments littéraires en quelques pages à peine. Pour les plus curieux, il existe un second tome, sobrement intitulé Nouvelles à chutes 2 avec cette fois-ce des plumes telles que Ray Bradbury, Roald Dahl, Frederic Brown…

Chronique Jeunesse : J’aime pas mon nom

j'aime pas mon nomVoici un tout petit livre pour la jeunesse (dès 8 ans) fort sympathique publié aux éditions Oskar Jeunesse. C’est l’histoire d’un petit garçon que s’appelle Nicolas ; ça va Nicolas, c’est un prénom sympa, presque passe-partout, sauf que son nom c’est Chiche, et que ça c’est beaucoup moins banal et surtout très embêtant. Nicolas n’arrête pas de subir les moqueries de ses camarades, « espèce de pois chiche ! », « t’es pas chiche ! », et autres blagues de gamins… et même sa maîtresse se joue de son nom en l’appelant « Mooooossieur Chiche ! ».

Mais cette fois c’est décidé, Nicolas en a marre et ne va pas se laisser marcher sur les pieds, c’est ainsi que pour se défendre il va passer à l’attaque, et ça ne sera pas forcément pour plaire à ses parents.

Ce tout petit livre (96 pages) m’a beaucoup plus, il apprend aux enfants à aimer leur nom même s’il peut-être étrange mais aussi à s’intéresser à ses origines, ses racines qui ont amené ce nom. Mais plus encore « J’aime pas mon nom » est un livre sur la tolérance, la solidarité et l’amitié (parfois improbable) qui bien que court et simple véhicule des valeurs intéressantes à traiter avec un enfant et qui change des livres proposés pour cet âge là, Foot 2 Rue, Star Wars et autres séries dites licences, à succès pas toujours très travaillées.

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