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Chronique roman jeunesse : à la découverte de la série Lou Pilouface

Une série de romans pour la jeunesse à la fois originale et joliment réalisée

Il y a tellement de premières lectures à découvrir qu’il est parfois difficile de s’y retrouver dans l’offre pléthorique des éditeurs… Mais une chose est sûre, avec la série de romans Lou Pilouface, on ne peux pas se tromper !

Idéale à découvrir pour les 7/9 ans, cette collection écrite et illustrée par le talentueux François Place compte dix tomes au total, et il n’est pas nécessaire de les lire dans l’ordre de parution.

François Place est un auteur illustrateur français aux dessins très reconnaissables. On lui doit notamment : Le secret d’Orbae, Le prince bégayant, La reine sous la neige, La douane volante, Le vieux fou de dessin… et quantité d’autres ouvrages pour la jeunesse devenus des classiques !

Personnellement, j’ai découvert la série avec les titres Le fantôme de Monte-Cristo et Tempête sur l’Atlantique. Gageons qu’ils sont tous aussi sympathiques et distrayants à découvrir pour les jeunes lecteurs et lectrices !

De l’aventure, du mystère et l’air marin en toile de fond…

Lou Pilouface est une héroïne formidablement entourée ! Elle adore mener l’enquête et résoudre des mystères vieux de plusieurs décennies… En cela elle est aidée (ou plutôt entourée) de son oncle et de sa meilleure amie Anastasie (l’étrange jeune fille en robe jaune tout en os !). L’oncle de Lou est le capitaine du petit bateau nommé à juste titre Le Coriace.

Chaque tome se concentre sur une nouvelle aventure ou un nouveau mystère… Dans Tempête sur l’Atlantique, l’un des matelots du Coriace a le mal du pays. L’équipage va tout faire pour l’aider à surmonter son mal être mais cela ne va pas être sans croiser des dangers au passage. D’ailleurs, il n’y a pas que les héros qui sont récurrents dans les histoires de Lou Pilouface… Les affreux aussi reviennent régulièrement. Ainsi Gédéon Le Brutal sera également familier aux jeunes lecteurs qui se feront un plaisir de découvrir ses mésaventures !

Pour ce qui est du Fantôme de Monte-Cristo, la jeune Lou va tenter de percer le mystère d’une habitation désertée depuis très longtemps qui semble avoir un lien avec un fantôme…

Chaque tome apporte son lot d’étrangetés, d’aventure et de rires. En effet, cette série se veut résolument dynamique, positive mais sans être infantilisante. C’est le genre d’ouvrage où les jeunes lecteurs ne sont pas sous-considérés.

Il y a du vocabulaire, l’écriture y est assez travaillée pour les pousser à acquérir de nouveaux mots sans même y penser… En un mot, c’est malin.

Ainsi, si vous recherchez une série de romans parfaite pour des enfants de niveau CE2/CM1, Lou Pilouface est peut-être bien ce qu’il vous faut !

Chronique : Ce qui reste de nous

Une magnifique histoire d’amour au destin extraordinaire !

Roman paru en 2018 aux éditions Fleuve, Ce qui reste de nous est le genre de roman parfait pour qui aime se plonger dans une belle et poignante histoire d’amour.

Jill Santopolo est une autrice américaine qui a déjà écrit quantité de romans pour la jeunesse (la série Paillettes et compagnie chez PKJ).

Par ailleurs, un nouveau livre de cette autrice est paru à la fin du mois de mai : Un jour nouveau. Quant à Ce qui reste de nous, il est paru simultanément en poche.

Une rencontre forcée par le destin

C’est le terrible jour où les tours jumelles du World Trade Center se sont effondrées que Gabe et Lucy se rencontrent. Et immédiatement, c’est le coup de foudre… ils vont s’aimer, se quitter, chacun voulant vivre ses ambitions.

Treize années passent, le destin a décidé de les réunir à nouveau… pour combien de temps ?

Sortez les kleenex et dévorez ce livre !

Si vous aimez les belles histoires d’amours, les déchirements amoureux, les hésitations… Ce roman est fait pour vous. Parfois très fleur-bleue, découvrir la romance entre Gabe et Lucy est un véritable régal.

J’ai lu cet ouvrage il ya maintenant plusieurs années, d’où une chronique un peu diffuse. Mais j’en garde le souvenir d’avoir passé un superbe moment de lecture. En particulier quand la fin approche ! Mais toutes les parties du roman sont réussies, son début avec la chute des deux tours du World Trade Center est bouleversant.

Ainsi, quand arrive la fin, c’est un véritable déchirement que de quitter les personnages qui vous ont accompagné pendant presque 400 pages avec leurs problèmes, leurs petits bonheurs, des pans entiers de leur vie…  

Tout ce que je puis vous dire à propos de ce roman, c’est qu’il est poignant, difficile à oublier (je me souviens encore parfaitement de la fin des années plus tard) et qu’il se lit tout seul. Peu de temps morts et l’écriture fluide de Jill Santopolo font merveille…

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La danse du temps

Un roman sur l’écoulement de la vie qui peut être un long fleuve tranquille… jusqu’à ce que l’on se fasse rattraper par les imprévus à l’âge de soixante ans ! Et si c’était pour enfin vivre vraiment, justement ?

Anne Tyler est une autrice américaine a l’œuvre unique, La danse du temps, paru chez Phébus en 2019 est son dernier roman en date.

Elle a écrit notamment Vinegar Girl (coup de cœur ici !), Leçons de conduite (Prix Pulitzer), Une bobine de fil bleu ou encore Une autre femme. La majorité de ses romans sont publiés en poche chez 10/18.

La vie d’une femme américaine qui traverse les décennies

Quand La danse du temps débute, Willa a une dizaine d’années. Elle sait déjà ce qu’elle veut : une famille stable, ne pas ressembler à sa mère qui quittait le domicile pour un oui ou pour un nom laissant son père seul avec deux petites filles.

Et Willa va parvenir à cet idéal, car la première moitié du roman nous laisse découvrir en de cours épisodes les décennies qui s’écoulent… Willa semble avoir une vie parfaitement bien rangée. Il y a bien eu des difficultés pour elle, mais c’est surtout quand Willa atteint l’âge de soixante ans que le récit commence réellement. Le déclencheur ? Un coup de téléphone lui demandant de venir à Baltimore garder sa petite fille… sauf qu’elle n’a aucun petit enfant. Mais elle décide malgré tout de jouer le jeu…

Un roman lent et plaisant, comme la vie de Willa

C’est un peu triste de dire cela, mais la vie de Willa semble réellement commencer à soixante ans. Avant, dans chaque période de sa vie, elle n’a été que spectatrice. Subissant plutôt qu’initiant, ne se plaignant jamais, remplissant parfaitement son rôle de femme… Du moins celui qu’elle s’est imaginé. Willa se rend compte que vivre, ce n’est pas que pour rendre les autres heureux, c’est ainsi que sur un coup de tête, elle va à Baltimore s’occuper de sa soi-disant petite fille.

Et c’est là que commencent à apparaître les couleurs de la vie.

Ayant lu Vinegar Girl juste avant de passer à La danse du temps, j’ai été un peu déçue. Je n’ai pas retrouvé un plaisir de lecture aussi intense. Il est vrai que La danse du temps ne raconte pas grand chose en soi… Et pourtant, ce roman est malgré tout extrêmement touchant. Je pense qu’il est parfait à lire pour ceux et celles qui s’interrogent sur leur vie, leur but, sur ce qu’ils veulent vraiment.

Je crois que la force des romans d’Anne Tyler réside dans la réflexion qu’elle nous offre sur que l’on veut faire pour changer les choses à notre échelle. Comment s’accomplir, ne pas vivre avec des regrets… En tout cas, c’est comme cela que j’ai pris ce roman.

Bien que cela soit paradoxal, j’ai donc passé un bon moment avec Willa, l’héroïne de La danse du temps, même si il ne s’y passe guère de choses. Je n’ai pas vibré à cette lecture, mais il m’a apporté une sorte de paix intérieure bienvenue…

L’une des rares choses qui fasse vibrer Willa, ce sont les cactus saguaro. Elle ne se l’explique pas mais elle les aime de façon viscérale, d’où la photo ci-dessous.

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Chronique : Les filles de Roanoke

Un roman glaçant et addictif. Une histoire mystérieuse aux allures gothiques… vous ne reviendrez pas indemne de Roanoke…

Amy Engel est une auteure qui écrit aussi bien à destination des adolescents que des adultes. En France, sa série The Book of Ivy (deux tomes) est sortie en 2015 aux éditions Lumen.

Mais en août 2017, les éditions Autrement ont choisi de nous montrer une autre facette de cette auteure en publiant Les filles de Roanoke ; un ouvrage très surprenant, d’une finesse inattendue et d’une maîtrise diabolique…

Une lignée de femmes qui on souffert, souffrent et souffriront

Roanoke est plus qu’une maison, un lieu ou un nom de famille. C’est une identité dont il est impossible de se détacher, qui réside comme un poids sur les épaules…

Il y a des années de cela, c’est la leçon qu’a appris à ses dépends Lane, qui va s’est retrouveé à Roanoke par la force des choses… Le suicide de sa mère l’a conduite ainsi chez ses grands-parents, qu’elle n’a jamais connus. Étrangement, sa mère a toujours tenu à cloisonner les différents pans de sa vie…

Ainsi, quand Lane a débarqué à Roanoke elle y découvre tout : son étrange, froide et distante grand-mère, son grand-père toujours travailleurs et jovial… et sa cousine Allegra. Totalement folle et libre, Allegra n’en fait toujours qu’à sa tête. Enfin, avant, car maintenant elle est surtout portée disparue.

C’est ainsi que de nos jours, Lane, qui a tout fait pour fuir la touffeur épaisse et oppressante de Roanoke se retrouve à devoir y retourner… Pourquoi avoir fui il y a des années ? Qu’est devenue Allegra ? Que renferme Roanoke ? Pourquoi la lignée de la famille semble frappée d’une malédiction ?

Un roman merveilleux et terrible où passé et présent s’entremêlent

Dès les premières pages, nous sommes piégés. Comme Lane, on se retrouve à Roanoke sans vraiment comprendre ce qui nous tombe dessus. Et peu à peu, une idée voit le jour… terrible mais bien là. A-t-on raison de penser cela ? Nul ne sait, vous serez obligé de continuer à lire l’histoire de la lignée des Roanoke pour tout savoir et tout comprendre.

Le roman a beau être totalement réaliste, son atmosphère est si travaillée et unique, qu’on frôle le fantastique sans jamais y être. Paradoxal ? me direz-vous, mais c’est exactement ce qu’il s’y passe. Moiteur étouffante, sous-entendus glaçants, sentiments complexes, indicibles et anormaux… voici tout ce que Les filles de Roanoke va essayer de vous faire ressentir. Et bien plus encore…

Les chapitres alternent entre passé et présent sous les noms de : « Alors » et « Maintenant ». Le tout est entrecoupé de l’histoire de chaque fille Roanoke en maximum deux pages. Peu à peu, on découvre l’arbre généalogique de la famille… et ses secrets.

C’est un excellent roman qui nous entraîne dans les méandres d’une famille aisée et torturée. Si vous souhaitez lire un roman qui vous prend aux tripes, qui vous restera en mémoire, c’est LE livre qu’il vous faut. Impossible à lâcher, personnages extrêmement prégnants et mémorables (j’ai d’ailleurs comme Lane, un énorme faible pour Cooper l’un des plus fascinants personnages de cette histoire).

Et surtout, Amy Engel est si talentueuse qu’elle réussit à nous glisser quantité d’indices que l’on ne voit pas… mais que l’on redécouvre à la relecture ! Ils sont parfois extrêmement ténus, mais diablement bien placés. C’est si bien caché et disséminé qu’on se demande comment elle a fait pour nous les faire lire sans qu’on réagisse…

« Je me demande une nouvelle fois ce qu’il sait vraiment. Il a toujours été observateur, son regard dépasse ce que les gens sont disposés à dire. Et il a grandit dans les ténèbres, il sait ce qu’elles dissimulent au grand jour. Contrairement à la plupart des gens, il n’a pas peur des zones d’ombre ».

……

A la fois roman, thriller, reflet d’une société parfois abandonnée à elle-même dans les campagnes américaines, on ne peut que saluer le talent d’Amy Engel. Sa saga pour ados The book of Ivy était très bien, mais avec Les filles de Roanoke, elle nous offre un tout autre niveau d’écriture. C’est le genre de roman que l’on n’oublie jamais vraiment, qui vous colle à la peau et qui vous force à y repenser… MAGISTRAL.

Chronique : La Horde

Un roman fantastique qui nous fait peu à peu sombrer dans l’horreur et le glauque… Aussi terrible que beau dans son ignominie.

Sibylle Grimbert est une auteure française confirmée, avec plus d’une dizaine de romans à son actif. Elle écrit aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse, et cela dans de nombreux genres différents.

Avec La horde, paru chez Anne Carrière en janvier 2018, elle fait une incursion remarquable dans le domaine de l’horreur…

Le charme d’une enfant de dix ans

Quand on est une entité obscure qui couve depuis des millénaires à attendre son heure, tout paraît éphémère… Mais quand Ganaël découvre l’existence de Laure, dix ans, il sait qu’il pourra peut-être la faire sienne, la corrompre jusqu’à la lie… pour devenir avec elle quelque chose de terrible que personne n’a encore jamais connu.

Terriblement noir. Atrocement plaisant.

La horde est le genre de roman où l’on pense que l’auteur et ses personnages n’oseront jamais aller aussi loin dans la noirceur. Et pourtant… ils le font. Ils font même pire que ce que l’on ose imaginer, et c’est justement cela qui est savoureux. Cette imprévisibilité. Cette noirceur inattendue et délectable le tout servi par une écriture acérée.

L’histoire de La horde est prégnante, mémorable. Elle vous colle à l’esprit tant elle est bien pensée et écrite. Tout nous est conté du point de vue de Ganaël, l’esprit malfaisant qui a décidé d’élire domicile dans Laure. Peu à peu, il prend de plus en plus de place dans son corps et son esprit…

Au début, Laure ne comprend pas qu’elle est la seule personne à vivre cette expérience que l’on peut assimiler à une possession. Mais peu à peu, elle assimile ce que Ganaël lui inculque, son âme se noircit, ses idées s’obscurcissent. Elle devient prétentieuse, cruelle même. Jusqu’à quel point l’influence de Ganaël change-t-elle Laure ? Difficile à dire, mais terriblement passionnant.

L’histoire de cette possession ne dure que quelques semaines environ, dans un village de vacances où la famille de Laure a posé ses valises. Mais ce laps de temps suffira à changer à jamais Laure… et Ganaël. Le démon qui loge au plus profond de Laure va découvrir la vie humaine et y prendre goût d’une façon unique. De même que Laure va aimer le pouvoir que lui procure la présence de Ganaël même si ce dernier la manipule comme un jouet. Et surtout… la naïveté et l’innocence du démon est touchante. J’ai bien conscience que cet adjectif est totalement paradoxal : démon/naïveté. Et pourtant, c’est exactement l’effet qu’à réussit à insuffler si justement Sibylle Grimbert.

Que peux bien donc donner une telle union malsaine ? Qui prendra le pouvoir sur qui ? Que souhaite réellement Ganaël ? Tous les chemins et d’autres encore sont exploités avec talent par Sibylle Grimbert.

L’histoire qu’elle nous offre est aussi horrible que belle. Elle fait froid dans le dos et ose nous transporter dans un cauchemar éveillé d’une justesse confondante.

……

Dire que j’ai aimé La Horde est un doux euphémisme tant c’est original et détonnant. Beau, extrêmement sombre, inattendu… Si vous aimez les romans noirs aux élans fantastiques, ce livre est pour vous ! A mettre en haut de la liste dans le genre roman d’horreur français… Je n’avais pas eu un aussi grand coup de cœur depuis Le Premier de Nadia Coste.

Chronique : Os de lune

Un roman onirique et curieux à nul autre pareil. Entre New York et un monde surréaliste nommé Rondua. La quête étrange des os de lune commence…

Os de lune est devenu aux États-Unis un classique dans le domaine de l’imaginaire. Roman encensé par Neil Gaiman (dont il a d’ailleurs fait la préface), premier tome d’une saga qui en compte sept au total. Jonathan Carroll a déjà été publié en France aux éditions Pocket et Denoël, mais cette réédition d’Os de lune est l’occasion de faire la (re)connaissance d’un nouvel imaginaire.

Personnellement, c’était la première fois que j’entrais dans l’univers si particulier et pourtant fluide de l’auteur… et je n’ai qu’une envie, retourner à la frontière entre notre monde et Rondua…

Une vie agréable et paisible…

Cullen est une femme qui a la chance de pouvoir dire que sa vie est heureuse. Un mari génial et aimant, une petite fille adorable, un appartement au cœur de New York… Il y en a pour qui la vie est plus difficile. Après avoir vécu avec son mari en Italie quelque temps, les voici de retour à New York après avoir eu leur premier enfant… c’est alors que surviennent les rêves. Étranges, d’un réalisme inquiétant et d’une bizarrerie propre aux rêves, Cullen ne peux s’empêcher de trouver ses rêves excessivement réels. Comme si ils avaient une prise sur elle dans le réel à force de les retourner dans tous les sens…

Bienvenue à Rondua, un étrange monde où Cullen est en quête des Os de lune, affublée d’étranges personnages : un chien géant, un petit garçon nommé Pepsi, entre autres…

Un roman particulier que l’on ne souhaite pas quitter

Il faut l’avouer, malgré l’étrangeté (et peut-être même à cause) du roman tout du long, il est très difficile de quitter les personnages d’Os de lune.

Entre la partie réaliste et onirique, mes moments favoris sont pour moi ceux où Cullen est ancrée dans sa vie réelle. Les personnages sont tellement vrais ET attachants que l’on a qu’une envie, les découvrir plus encore…  Je pense notamment à Cullen elle-même, dont le parcours n’a pas été facile et qui devient de plus en plus étrange, mais également à son meilleur ami et voisin : Eliot. Il a pour moi quelque chose de fascinant dans sa façon d’être, ses répliques, son rôle au sein du roman. Je ne saurais l’expliquer clairement, mais Eliot a été mon personnage favori de ce merveilleux livre, plus que Danny le charmant mari de Cullen. Sans oublier un autre voisin de Cullen, beaucoup plus étrange et inquiétant… mais je vous laisse le découvrir.

Pour ce qui est de la partie onirique du roman, elle prend au fil des chapitres de plus en plus de place, textuellement et dans l’esprit de Cullen. Jonahtan a réussit à créer quelque chose d’aussi bizarre que logique dans son roman, jamais je n’avais lu de rêve aussi bien écrit. Je vous laisse juge de cet extrait, mais je trouve qu’il reflète parfaitement l’esprit fou/tangible de Rondua :

« Je regardai l’île qu’il m’indiquait. Etait-elle le Rondua d’un autre rêveur, ou une simple parcelle de terre au milieu d’un océan rose, où les rochers pleuraient et les nuages veillaient sur des vaches en métal à voix humaine ? »

Il faut dire également que la traduction réussie de Nathalie Duport-Serval et Danielle Michel-Chich fait merveille car le texte d’origine ne devait pas être aisé à traduire.

……..

Os de lune, c’est donc une histoire magnifique et surprenante sur tous les plans, qu’ils soient réalistes ou non. Jonathan Carroll sait fasciner son lecteur grâce à des personnages et une intrigue fortes. Je n’ai qu’une envie, en savoir encore plus sur Rondua et le devenir de Cullen, son mari et sa petite fille. Les derniers chapitres étaient si forts en émotions et en surprises de taille que je m’en rappelle encore… Aussi inclassable que génial.

Ce premier tome peut se lire de façon relativement indépendante car on nous propose une fin, mais je rêve de lire la suite !

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique jeunesse : L’écrivain abominable

Un auteur pour la jeunesse à succès est invité dans une école, d’après vous que va-t-il faire ? Parler de ses livres aux élèves ? Ou tenter de les kidnapper pour les emmener dans son étrange château ?

Très prolifique dans le domaine de la littérature jeunesse (et cela pour tous les âges), Anne-Gaëlle Balpe arrive avec son tout premier Pépix : L’écrivain abominable ! Et il est super, est-il besoin de le dire ? Les illustrations sont quant à elles assurées par Ronan Badel, également très (re)connu dans le monde de la jeunesse.

Un auteur irascible et détestable

C’est l’effervescence à l’école depuis quelques jours… le célèbre Roland Dale va venir dans la classe de Manolo pour parler de son œuvre ! Tous les camarades de classe de Manolo sont surexcités à cette idée, eux qui ont lu et adoré les livres de l’auteur à succès.

Sauf, que pour Manolo, la lecture ce n’est pas trop ça… En fait, il n’aime pas lire du tout même. Mais peut-être est-ce cela qui va le sauver car, quand Roland Dale arrive dans la classe, il est le seul à ne pas être subjugué, et même hypnotisé par l’horrible bonhomme… et ses plantes carnivores ! Mais qui est réellement Roland Dale ? Quel est le but de cette hypnose collective ?

Une idée originale menée avec dynamisme et humour… sans oublier une petite dose de frissons

Un Pépix qui fait rire ET un peu peur, c’est quand même sympa quand on a 8 ou 9 ans. Alors, si c’est ce que vous recherchez, ce livre sera parfait !

La première partie du roman est très mystérieuse, car on se demande quel est le but de Roland Dale, affublé qu’il est par deux plantes carnivores géantes. Et pour ajouter au suspense, d’autres éléments s’ajoutent à l’intrigue… mais je n’en dis pas plus.

J’ai trouvé ce Pépix très distrayant, vivant, drôle et surtout très original ! Et puis, le nom de cet auteur à succès, Roland Dale… ça ne vous dit rien ? Rien que pour le clin d’œil, j’ai trouvé ça génial. Ceux qui ont lu Sacrées Sorcières ou Matilda sauront…

L’idée de nous proposer un héros qui n’aime pas lire est franchement amusante quand on découvre que c’est justement ça qui va le sauver ! Et puis, un personnage de roman qui n’aime pas la lecture, c’est toujours cocasse.

Pour les illustrations, il faut avouer que Ronan Badel a fait très fort, notamment en ce qui concerne le méchant de cette histoire. Il est aussi moche que terrifiant (un peu comme la Sorcitresse de Joëlle Dreidemy) et correspond parfaitement à l’idée que l’on se fait de lui. C’est une réussite dans ce que la mocheté a de plus pur.

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Alors, si la question est « Est-ce que L’écrivain abominable est un bon roman pour la jeunesse ? », je suis dans l’obligation de vous dire oui ! Et ce n’est pas du tout parce qu’il y a deux plantes carnivores de la taille d’un homme prêtes à me dévorer par-dessus mon épaule…

Chronique : L’effet ricochet

Un roman d’anticipation qui mélange efficacement suspense et manipulation génétique

Il est sorti en février 2017 chez Seuil Jeunesse, voici l’un des derniers romans en date de la géniale Nadia Coste (j’ai perdu mon objectivité en lisant Le Premier chez Scrinéo).

L’effet Ricochet, c’est l’histoire de l’humanité qui a perdu le moyen de procréer naturellement et qui a du trouver une solution pour le moins extrême : le clonage.

Au cœur d’une famille des années 2074

Malou est une adolescente de 16 ans tout à fait normale. Comme tout le monde de nos jours (en 20174), elle est née grâce au clonage. Elle ressemble donc traits pour traits à sa mère, tout comme ses sœurs, dont elles sont également la copie conforme. Donc, tout se passe bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que… Malou se rende compte qu’il y a un petit grain de sable dans l’engrenage si parfait qui compose sa famille. En effet, elles ont toutes eue les mêmes accidents au même âge. Tout commence avec un bras cassé, mais d’autres « accidents » sont à venir. Il semblerait que les blessures et accidents corporels de leur mère se répercutent sur les trois sœurs, au même âge…

Comment expliquer ce phénomène, et surtout comment l’arrêter ? Les trois sœurs sont-elles les seules à subir cette anomalie ?

Une idée brillante mise au service d’une intrigue efficace !

Autant le dire d’emblée, L’effet ricochet est une petite réussite à mettre entre toutes les mains dès l’âge de 12 ans environ. Il y a tout pour plaire/captiver les lecteurs : de l’action, de la réflexion, de la documentation sur la génétique, les sciences, des personnages forts…

Encore une fois, Nadia Coste sait proposer un roman efficace et malin à ses lecteurs. Elle a toujours une idée de base très forte qu’elle réussit à développer très efficacement. L’effet ricochet ne fait donc pas exception et tient toutes ses promesses.

La seule remarque je pourrais faire serait à propose de la conclusion, que j’ai trouvé légèrement trop rapide. Comme si l’auteure n’avait plus le temps (la place ?) de clore correctement son roman.

En dehors de cela, c’est un sans fautes. C’est une lecture parfaite pour les ados et les préados, ça donne matière à réflexion, c’est intéressant… Et ça ferait même une super idée pour un film sous haute tension je trouve ! (oui, je m’emballe, mais l’idée est si bien trouvée et traitée que ça mérite qu’on s’y penche).

Malou est une ado du futur très crédible, aux sentiments forts, on s’attache très vite à elle et à son étrange destin génétique.

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Si vous recherchez pour vous (ou à offrir) un roman jeunesse et ado qui propose une histoire originale et bien traitée, L’effet ricochet est le roman parfait. C’est à découvrir dès l’âge de 12 ans environ, peut-être même avant pour ceux qui aiment la lecture.

Je vous laisse, je vais maintenant me pencher sur un autre roman de la même auteure (chez le même éditeur) : L’Empire des auras, j’espère qu’il est tout aussi bien !

 

PS : Je dois avouer avoir vraiment eu du mal à apprécier la couverture, que je trouve trop rébarbative. L’idée du visuel dupliqué est très bonne, mais l’illustration, les couleurs choisies ne donne pas quelque chose d’avenant. Quand ont sait à quel point le visuel est important (encore plus en jeunesse), c’est dommage… Mais cela reste mon avis très personnel.

Chronique : La mère des eaux

Un thriller fantastique et fou qui tire ses origines dans ce que la magie vaudou a de plus sombre…

Après Les enfants de Peakwood, Rod Marty revient ! Auteur français découvert par les éditions Srcinéo, La mère des eaux est son second roman. On y sent plus d’assurance et de maturité que dans le premier. Plus de noirceur également. Je vous laisse aviser, mais pour moi, c’est un véritable coup de cœur.

Il était une fois… dans une petite ville isolée de Louisiane : Lamarre

Emily et Chris forment un couple idéal. Ou presque. Leur manque d’enfant commence à peser, en particulier pour Emily qui a perdu tout espoir à force fausses-couches à répétition… Pour Emily, qui est fille adoptive, c’est encore plus difficile à accepter que pour d’autres…

Alors, quand arrive une lettre en provenance de la ville de Lamarre et qu’on lui annonce qu’elle hérite de la propriété de sa mère, Emily veux y aller immédiatement. Surtout que sa mère biologique n’est pas décédée, mais bien vivante ! Une surprise de taille pour la jeune femme. Mais sa mère est totalement vidée, il n’y a plus d’âme en elle, uniquement une enveloppe qu’il faut nourrir et changer… Emily doit donc s’occuper d’elle maintenant, et peut-être rester à Lamarre ?

Les habitants y sont si accueillants, gentils, prévenants… pourquoi ne pas rester vivre dans cette douce petite ville à l’écart du stress de la grande ville ? Surtout que peu à peu, on commence à promettre à Emily l’idée qu’un enfant d’elle puisse naître dans cette ville aux caractéristiques uniques. Comment ? Pourquoi ? Beaucoup de questions s’amoncellent aux portes de Lamarre… oserez-vous les franchir ?

Un roman sombre comme il faut…

Lire ce roman, c’est se retrouver dans un autre endroit, et même un autre siècle. Lamarre est une ville si isolée de tout qu’on dirait que le temps s’y arrêté. Ce qu’on y découvre est bien loin de ce qu’on aurait pu imaginer au premier abord.

Je m’attendais toutefois à un récit sombre, et j’ai justement adoré La mère des eaux pour cela. Ça fait du bien de lire un roman dont l’atmosphère est proche du récit horrifique. Sous tension constante, parsemé de visions étranges, violentes, parfois érotiques… Emily se perd peu à peu dans les méandres de la petite ville de Lamarre.

L’ambiance est lente, lancinante, invasive… on sent réellement le mal-être qu’engendre peu à peu la ville sur le couple. Rod Marty a gagné en maturité au niveau du développement de son décor. Beaucoup plus fin, efficace que dans son précédent roman. C’est délectable !

Et surtout, on en apprend énormément sur la magie vaudou. Dans ce roman, il est question de Mami Wata, la Reine des eaux. Elle peut vous donner beaucoup si vous la servez comme il se doit… sinon elle reprend tout, et pire encore. Si vous commencez d’ailleurs à chercher un peu qui est Mami Wata sur le net, vous trouverez énormément de sites web dédiés au vaudou (haïtien, africain…). J’avoue avoir tellement aimé que j’aurais voulu en savoir plus cette culture magique si bénéfique et dangereuse à la fois.

J’ai adoré découvrir le mythe pensé par Rod Marty pour expliquer les origines de la ville de Lamarre. Dans le roman, on alterne entre notre époque et une autre, une centaine d’années avant. Tout est bien ficelé pour nous amener jusqu’à la conclusion parfaite concoctée par Rod Marty.

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En conclusion, La mère des eaux est un roman parfait si vous aimer vous faire peur, être captivé par une ambiance étrange, malsaine et fascinante à la fois.

Rod Marty se révèle enfin avec ce roman de qualité qui plaira aux fans d’horreur et de fantastique !

PS : Petite mention spéciale pour la couverture que je trouve absolument parfaite pour le roman. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser à un autre roman d’horreur qui utilise la couleur verte comme base, avec une petite chapelle en fond… ça vous parle ?

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Chronique : Comme un poison entre nous

Ou comment un voisinage peut devenir peu à peu toxique et dangereux…

Paru aux éditions Scrinéo en février 2016, voici le tout premier roman de Monica Rattazzi. Entre roman policier et suspense domestique, découvrez une vie de famille normale et bien sous tout rapport… Jusqu’à ce qu’insidieusement, le mal s’installe.

Un couple qui bat de l’aile et une vie de famille à assurer

Vu de loin, vous admirez un tableau idéal : une petite vie famille heureuse, un petit pavillon dans la banlieue… le bonheur parfait. Mais, le verni semble se craqueler depuis un moment, et peut-être qu’il suffit d’une pichenette pour que tout bascule… A moins que tout allait mal avant ?

Et si, Hadrien, le fils de la voisine était l’élément déclencheur qui allait tout compliquer ?

Un thriller diaboliquement efficace et lancinant

Ce roman a beau débuter lentement, peu à peu la tension monte. Pour les adeptes de thrillers domestiques, ce sera absolument parfait. Le délitement du couple que forment Pierre et Julie semble inévitable… Et au fil des pages, on ne peut s’empêcher d’être frustré face aux réactions de Pierre, qui semble constamment fermer les yeux sur ce qui l’entoure.

En quoi Hadrien, le fils de cette voisine est-il si dangereux ? Au début, rien ne laisse présager du danger qu’il représente pour la petite famille. Sa mère travaille comme infirmière, elle est souvent absente ou débordée. Pierre aime bien prendre Hadrien sous son aile et l’invite régulièrement à la maison. Parfois sans demander son avis à Julie… Mais rien de bien grave en soi. Cependant, Hadrien est parfois bizarre et vicieux malgré sa jeunesse. Mais ne serait-ce pas Julie qui se fait des idées ? Elle qui a du mal à s’entendre avec Pierre depuis quelques mois déjà, peut-être qu’Hadrien n’est qu’un prétexte pour se quereller avec lui ?

La mise en doute est constante dans ce roman. Parfois, on ce dit que c’est peut-être nous qui voyons le mal partout, que notre réalité est biaisée par ce que pense Julie. Mais est-ce elle le problème ? Son mari Pierre ? Ou le fameux garçon, Hadrien ? Difficile de savoir réellement… jusqu’au dernier tiers du roman, qui commence à révéler sa teneur !

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En somme, Comme un poison entre nous (dont le titre est absolument parfait) est un thriller psychologique brillamment mené. Ceux qui aiment le suspense et les histoires sous tension qui se déroulent à l’échelle de quelques personnages devraient apprécier. C’est simple, diabolique, efficace. Saurez-vous deviner l’issue de cette histoire qui s’obscurcit de plus en plus vite au fil des pages ?

Personnellement, je ne suis pas habituée à ce genre de lecture, mais j’ai lu ce roman à une telle vitesse qu’il est impossible de nier son efficacité ! A réserver toutefois aux fans du genre, je pense.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :