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Chronique : Le vertige des falaises

Un roman étrange prenant place sur une petite île loin de tout ou chacun à sa manière renferme un secret… parfois pesant.

Le vertige des falaises est le dernier roman en date de Gilles Paris, il est paru chez Plon en avril 2017. Il signe le retour de l’auteur après quelques années de pause. Le nom de Gilles Paris vous dit peut-être quelque chose ? C’est certainement grâce au roman Autobiographie d’une courgette (adapté au cinéma sous le même titre).

Il a également écrit les livres suivants : Papa et maman sont morts, L’été des lucioles, et Au pays des kangourous.

Marnie, une jeune fille bien solitaire…

Que cache le caractère indépendant, taciturne et parfois très dur de Marnie ? Elle a 14 ans, n’a jamais quitté son île, et veux mordre la vie à pleines dents… Mais son passé et son présent pèsent déjà énormément sur son existence. Son père est mort tragiquement dans un accident de voiture, et sa mère a un cancer en phase terminale…

On sent une ambiance extrêmement pesante sur l’île, est-ce seulement à cause de la famille de Marnie et de son lourd passé à chaque génération ? Ou les habitants gardent-ils autre chose au fond d’eux ?

Malaise sur l’île

Malgré une ambiance très bien campée, difficile de cerner clairement les tenants et aboutissants du roman Le Vertige des falaises… En effet, le roman a beau être sombre, il est également très naïf dans son développement. Certaines attitudes des personnages sont prévisibles, d’autres assez incompréhensibles ou gratuites… Cela donne un portrait global assez peu clair de l’œuvre.

Certes, il y a de nombreux secrets à découvrir : aussi bien concernant la famille de Marnie vivant dans son immense villa d’acier (nommée Glass) surplombant l’île, que chez les habitants. Certains sont même si insignifiants qu’on s’interroge sur l’utilité de les découvrir.

Je l’avoue, je n’ai pas réussi à être totalement transportée par ce roman dont les élans maritimes et solitaires auraient pu me plaire. Trop sombre sans justification, recelant assez peu de surprises, j’ai trouvé ce roman assez peu mature. J’ai eu du mal à m’attacher à Marnie, trop ambivalente, sauvage (même si c’est également sa plus grande force).

Certains passages laissent assez interrogatifs quant à leur but final. Gilles Paris exploite différentes matières de réflexion pour laisser lecteur songeur. Mais jamais il ne retraite de certains personnages ou de leurs actes étranges… Est-ce pour nous perdre ? Nous faire tomber dans une fausse piste ?

Je n’ai pas la réponse, mais c’est assez frustrant. C’est dommage car j’ai vraiment aimé l’ambiance, mais je m’attendais à une intrigue bien plus ample, plus dévastatrice en termes de révélations.

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En somme, pour moi, Le vertige des falaises est un roman très dispensable. J’aurais adoré aimer ce livre, mais ça a été finalement un rendez-vous manqué… Mais cela ne m’empêchera pas de découvrir de façon plus approfondie l’œuvre de Gilles Paris qui m’intrigue tout de même.

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Chronique : L’éducation de Stony Mayhall

De la difficile condition de mort-vivant

Daryl Gregory est un auteur de science-fiction et d’imaginaire qui nous vient des Etats-Unis. Plusieurs de ses romans sont déjà parus en France : Nous allons tous très bien merci (Le Bélial’), After party (Le Bélial’) et enfin L’éducation de Stony Mayhall qui vient de paraître chez Pocket.

Avec L’éducation de Stony Mayhall, Daryl Gregory signe un roman unique et inclassable sur le statut de mort-vivant et ce qu’il implique d’un point de vue social. Intrigué ?

Stony, un bébé pas comme les autres

Les circonstances de la naissance de Stony Mayhall restent floues. De même que la façon dont il a grandit. En effet, Stony n’est pas un enfant comme les autres… il est né zombie. Caché, choyé, aimé par une famille profondément unie, Stony va se construire à travers le prisme d’êtres totalement vivants et normaux. Quel avenir attend Stony ? Comment lui-même se perçoit-il à travers ces référents si différents de lui ? Un magnifique roman spéculatif sur la condition de zombie…

Un roman inattendu et inclassable dont on se souviendra longtemps

Si vous en avez assez des romans post-apocalyptiques où le mot zombie est synonyme d’invasion, d’hécatombes et d’explosions et de tirs à tout-va, ce roman est fait pour vous. Tous les stéréotypes du roman de survie vous seront ici épargnés. L’éducation de Stony Mayall est une sorte de roman/essai sur la condition de mort-vivant. Comment se faire accepter des vivants ? Comment les « convertir » au mode de pensée zombie ? Peut-il y avoir une conciliation entre le monde des vivants et celui des non-vivants ?

Le schéma narratif du roman est lui aussi surprenant. On ne sait jamais où veux nous emmener Daryl Grégory. Impossible de savoir ce qu’il a décidé pour son héros aux chairs mortes ainsi que pour ses camarades zombies.

C’est un roman touchant qui saura vous atteindre grâce à ses histoires dans l’histoire. Profondément humain, drôle parfois, souvent déroutant, vous ne resterez pas indifférent. Stony est incroyable, et les différentes parties du roman qui recoupent sa vie sont aussi différentes que percutantes. Sa façon d’être est également très attachante, notamment quand il se force à manger pour faire croire à sa famille qu’il aime les plats qu’on lui prépare… ! Vous découvrirez aussi bien une enfance heureuse au fin fond d’une ferme isolée, qu’une terrible prison sans oublier une « vie de cavale »… Stony a de multiples vies, et elles sont toutes passionnantes.

Vous y trouverez également tout un pan politique et religieux aussi intéressant qu’inattendu. En effet, les zombies de Daryl Gregory ne se cantonnent pas à mordre. Ils réfléchissent, argumentent, on des opinions politiques sur leur condition et leurs possibilités d’évolution. Cette facette du roman y est extrêmement développée et bien traitée.

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L’éducation de Stony Mayhall, c’est de la philosophie version zombie, mais également de la très bonne littérature. Un roman absolument inclassable qui nous offre une histoire merveilleuse, humaine, triste parfois, mais inoubliable assurément. A lire pour découvrir une autre façon de traiter le thème surexploité des mort-vivants et s’émerveiller de découvrir que tout n’a pas encore été fait, la preuve !

Chronique : Nos années sauvages

Nos années sauvagesUn beau roman sur l’amour filial, les sciences comportementales et… la vie qui suit son cours, tout simplement

Il vient tout juste de paraître aux éditions Presses de la Cité, voici Nos années sauvages, le second roman de l’américaine Karen Joy Fowler à paraître en France. Son premier ouvrage, Le club Jane Austen avait connu un certain succès à sa sortie, il sortira d’ailleurs en poche chez 10/18 dès septembre 2016.

Ce second roman est une ode à l’amour, au partage, à l’empathie, et à l’amour des sciences, y compris sous leur forme la plus… inattendue. Vous découvrirez ici l’histoire d’une famille blessée qui peu à peu voit ses membres s’éloigner les uns des autres…

Tout commence par le milieu

Comme le dit si bien notre narratrice Rosemary, tout commence par le milieu. En effet, tout devient plus facile pour elle à raconter en commençant par la moitié de son récit… Ainsi découvrons-nous le quotidien d’une jeune femme un peu paumée qui ne semble ni spécialement drôle ni attachante, plus suiveuse qu’initiatrice. Tout ce que l’on sait d’elle, c’est que la vie l’a déjà pas mal cabossée avec une sœur disparue et un grand frère fugueur et évanescent.

C’est ainsi, qu’au fil des pages on découvre quelque chose de plus profond et intéressant que cette ado un peu perdue ayant du mal à se faire des amis. Son passé est autrement plus intéressant et… spécial. Voici l’histoire de Rosemary et de son étrange famille, mais également celle de toute une branche de la science…

Nos années sauvages VO We-are-all-completely-beside-ourselvesUn roman touchant, drôle et inattendu

Si vous pensez avoir déjà lu ce genre de livre, ce n’est qu’une impression qui se dissipera assez vite. Nos années sauvages est un roman aussi fort que doux, aussi original qu’étrange. Certes, il ne s’y passe pas tant de choses que ça, mais certains moment de l’ouvrage sont tout simplement mémorables.

L’une des toutes premières scènes, se déroulant dans la cantine universitaire est touchante de vérité, de réalisme et de ponctualité. La suite peu parfois sembler nébuleuse, mais il n’en est rien car… la page 99 change toute notre perception du roman. Ce passage-clé du roman est un beau tour de force qui laisse coi pendant quelques bonnes secondes/minutes. Rien que pour le bel effet de surprise, ce roman vaut le coup.

Mais heureusement, Nos années sauvages, ce n’est pas juste un magnifique twist au premier tiers du roman. C’est aussi une ambiance, des réflexions et des personnages originaux et très humains. On se sent proche d’eux, ils sont aussi forts que faibles, normaux et extraordinaires… Ils aiment sans préjugé, et c’est ça l’essentiel.

On découvre par la même occasion quelques pans des sciences (dans le domaine de la psychologie et du comportemental) qui nous sont méconnus et extrêmement intéressants. Je pense notamment au phénomène de la vallée dérangeante, entre autres choses.

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Ce roman nous conte ainsi une belle histoire de famille, où quand l’amour des sciences prend peu à peu toute la place dans une fratrie jusqu’à la diviser. Parfois, le tout nous mène partout et nulle part à la fois, et pourtant… c’était un très beau moment de lecture. Je garde une sensation de plaisir diffus au souvenir de cette lecture sans pour autant pouvoir la détailler précisément. A découvrir pour faire la découverte d’une autre forme de roman.

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Chronique : La vie rêvée des plantes

La vie rêvée des plantesLe végétal comme idéal de vie, et même comme mantra

Écrit par l’auteur coréen Lee Seung-U, La vie rêvée des plantes est l’un de ses ouvrages les plus connus en France, il enseigne la littérature coréenne à l’université de Chosun. En France, d’autres romans de lui sont parus, même si ils sont encore peu nombreux : Ici comme ailleurs (Folio), Le vieux journal (Serge Safran éditeur), ou encore Le Regard de Midi.

Une histoire familiale trouble et torturée

Dans ce roman assez inclassable, entre histoire de famille, rivalités amoureuses et jalousies, nous découvrons le jeune Kihyon, qui nous conte à la première personne son histoire.

Toute l’histoire commence avec l’histoire du frère de Kihyon, qui était l’enfant adulé de la famille avant de perdre ses jambes à l’armée. Mais même depuis cette perte irréparable, tout le petit monde de Kihyon tourne autour de son frère… Kihyon l’a toujours envié : sa façon d’être, sa vie, son appareil photo… et même sa petite amie Sunmi.

Mais depuis la création de sa petite entreprise, Kihyon se voit dans l’obligation d’espionner sa propre mère. Et ce qu’il va découvrir sur sa famille et ses secrets est très… surprenant.

Un récit étrange, merveilleux et d’une douce noirceur où l’amour gouverne tout

Difficile voir impossible de vous faire un résumé de cet ouvrage aussi plaisant que troublant. L’univers et la prose de Lee Seung-U possède un charme indescriptible et enjôleur qui est et restera unique.

Entre ce père qui ne vit que pour ses plantes, cette mère qui par amour, est prête à porter son fils sur son dos pour l’emmener voir des prostituées et Kihyon qui malgré ses obsessions cède à l’amour filial, l’histoire nous mène sur des chemins insoupçonnés.

Tout ce que l’on puis dire, c’est qu’il y a beaucoup d’amour dans ce roman. Un amour fou, sans bornes ni limites qui entraîne nos personnages au-delà de leurs limites connues. C’est beau, et d’un incroyable onirisme.

La façon dont l’auteur parle des plantes et de leur relationnel presque érotique à l’homme est juste merveilleuse. On se sent autre en lisant ses lignes, en particulier vers la dernière partie du roman.

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Si l’histoire que je vous présente n’en dit pas assez pour vous, tentez cette lecture pour sa douce latence, son écriture épurée. Cet ouvrage est une belle introduction à l’œuvre de Lee Seung-U et à la littérature coréenne plus largement. Ça ne donne qu’une seule envie, découvrir d’autres ouvrages dans le même univers et dans un style similaire…

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Chronique : Ender – Préludes

Ender - PréludesUn recueil de cinq nouvelles autour de l’univers d’Ender

Paru en février 2015 dans la collection Nouveaux Millénaires, Ender – Préludes est un recueil de cinq nouvelles qui se déroulent avant ou pendant La Stratégie Ender.

L’auteur, Orson Scott Card est connu pour deux cycles majeurs : un en science-fiction (La Stratégie Ender) et un en fantasy : Les chroniques d’Alvin le Faiseur. Mais on lui doit de très nombreuses autres œuvres avec comme dernières en date : Espoir-du-Cerf, la série Pisteur (toujours en cours), ou encore Père-des-pierres (qui se veux comme une introduction aux Mages de Westil, mais peux se lire indépendamment).

Des histoires dans l’Histoire de la saga Ender

Cinq nouvelles pour approfondir l’univers de la Stratégie Ender, voici ce que nous propose Orson Scott Card. Le recueil contient les nouvelles suivantes : Mazer en prison, Joli garçon, Le tricheur, Un cadeau pour Ender et Une guerre de dons. Elles sont de qualité inégale, mais il y en a tout de même trois qui sortent du lot.

Mazer en prison : Cette nouvelle se situe entre l’entrée d’Ender à l’Ecole de guerre et la seconde bataille contre les doryphores. Le sauveur de l’humanité, Mazer Rackam, a été mis dans un vaisseau se déplaçant à une vitesse très proche de celle de la lumière. Le but ? Que cet homme qui a sauvé la Terre soit toujours vivant et disponible pour la prochaine attaque des doryphores. Si ce n’est pour faire cette nouvelle guerre, ce sera au moins pour former celui qui la mènera…

La nouvelle nous conte les nombreux échanges par ansible qu’on eu Rackam et Graff. Et c’est ainsi que l’on se rend compte que le sort a tenu à très peu de choses… et que Graff est un homme à la psychologie très pénétrante, de même que Rackam. Dialogues et jeu de dupes, ce court récit nous montre des personnages importants du premier tome de la saga sous un jour surprenant et très intéressant !

Joli garçon : Voici l’histoire de l’enfance de Bonito, alias Bonzo que l’on connaît pour son rôle de commandant dans La stratégie Ender ainsi que sa personnalité très dure, sans merci basée sur l’honneur. Ici, nous découvrons un tout jeune Bonito, encore innocent et plein d’amour.

Alors que le petit Bonito aime ses deux parents à la folie, un événement inattendu va bouleverser la vision qu’il avait d’eux. Mais surtout, cette découverte va être décisive dans sa façon d’être dans le futur, notamment pour son choix d’entre à l’école de guerre. Lui qui était empli de si bons sentiments…

Même si elle n’apporte pas beaucoup de données supplémentaires, la nouvelle est sympathique et permet de découvrir un autre Bonzo.

Tricheur : Cette nouvelle est parue pour la première fois dans la revue Solaris en France. Quand entrer dans l’Ecole de guerre devient un enjeu si vital que tous les moyens sont bons pour y entrer… Mais le tricheur n’est pas celui que l’on croit. Cette courte nouvelle d’une trentaine de pages nous montre un petit garçon très doué, mais jamais assez pour son père qui veut tout faire pour que son fils « réussisse ». Le tout se déroule dans une culture très asiatique et pour cause, Tzu est d’origine Chinoise.

Cette courte histoire d’une trentaine de pages n’apporte que très peu de choses en soi, si ce n’est que l’on découvre l’enfance de Han Tzu (surnommé Hot Soup) et comment s’est faite son entrée à L’école de guerre. Il s’agit d’un personnage récurent dans la saga d’Ender.

Les deux nouvelles restantes, Un cadeau pour Ender et Une guerre de dons apportent une réelle dimension au roman La stratégie Ender. On découvre comment la famille Wiggins vit l’absence d’Ender, notamment à la période de Noël. Le personnage de Peter, son frère machiavélique et brutal est toujours aussi retors qu’au début du premier tome.

Une guerre de dons nous montre encore une fois le talent d’Ender à gérer les conflits différemment, à sa façon. Ce n’est pas la meilleure des nouvelles selon moi, mais c’est la plus en lien avec La Stratégie Ender.

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Ender – Préludes est ainsi un recueil de nouvelles sympathique qui apporte des éclairages nouveaux sur certains personnages de la saga. Il faut cependant réserver cet ouvrage aux fans d’Orson Scott Card et de son œuvre, car il risque d’être trop pointu pour un public plus novice.

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Chronique : Le cycle d’Ender – Tome 1 – La Stratégie Ender

Le cycle d'Ender 01Une véritable claque littéraire

Écrit par Orson Scott Card, La Stratégie Ender est un incontournable de la science-fiction, à classer dans les monuments qui ont fait le genre. Ce roman a notamment raflé deux prix très prestigieux lors de sa sortie, et pas des moindres, il s’agit des Prix Hugo et Prix Nebula. L’exploit fut d’ailleurs réitéré par l’auteur avec la suite de La Stratégie Ender : La voix des morts.

La Stratégie Ender était avant tout une nouvelle (sous le même titre) avant de se transformer en roman, puis en cycle.

En 2012, la collection Nouveaux Millénaires de J’ai lu ressuscite ce classique de la science-fiction et lui offre une nouvelle traduction signée par Sébastien Guillot (à qui l’on doit déjà les traductions des rééditions de Blade Runner de Philip K. Dick ou encore de la Terre Mourante de Jack Vance).

 La Stratégie Ender bénéficie de plus actuellement d’une médiatisation toute particulière grâce à son adaptation par Gavin Hood qui vient de sortir au cinéma le 6 novembre dernier avec Harrison Ford.

Le cycle d'Ender 01 tie inSur une Terre où la population est régulée, il ne fait pas bon être Troisième…

La Terre dans le futur : la technologie a évolué et l’homme aussi. Mais l’humanité n’a pas fait que des découvertes bénéfiques. En effet, les Doryphores, espèce extraterrestre ressemblant à des insectes, ont déjà attaqué la Terre et ont essuyé une défaite… mais de peu. L’humanité ne doit son salut qu’à une seule chose : un chef militaire de génie. Et alors que la menace doryphore se profile à nouveau des décennies plus tard, il faut trouver à nouveau un individu plus doué et extraordinaire encore que cet ancien chef d’exception, une personne qui n’aura pas peur d’exterminer son ennemi, à n’importe quel prix.

C’est dans ce contexte que nous faisons la connaissance d’Andrew Wiggins, troisième né de sa famille. Cette caractéristique fait de lui une cible facile dans son école, mais aussi au sein de sa propre famille : son grand frère Peter est une menace constante sur son existence, malgré la bienveillante protection de sa sœur Valentine.

Le jeune Ender est alors désigné pour s’envoler pour l’école de guerre à la suite d’une très grande batterie de tests : ses aptitudes à réagir dans l’urgence, sa ténacité et sa froide intelligence sont peut-être les éléments clés d’une victoire contre les Doryphores qui approchent… Mais les années s’écouleront-elles assez lentement pour permettre à Ender d’être formé comme il se doit ?

Ender's Game 01 us 1Un chef-d’œuvre sur la nature humaine et ses circonvolutions

Ce qui pourrait passer pour de la « simple » science-fiction militaire se transforme au fil des pages en quelque chose plus grand, de plus impliquant avec une stratégie à tous les niveaux. Ender pense de façon cartésienne, méthodique avec tout ce qui l’environne : professeurs, autres élèves, jeux…

Tout y est jeux de pouvoirs, faux-semblants et manipulations : des instincts les plus bas de l’homme à ses détours les plus subtils.

Les meilleurs passages du roman (et ils sont nombreux) sont sans aucun doute les combats dans les salles en apesanteur : alliant stratégie et descriptions épiques, on s’immerge dans des scènes de combat que l’on aime à se repasser après leur lecture. Mais d’autres étapes du roman sont également mémorables et réservent de très nombreuses surprises et même twists.

Ender's Game 01 us 2On se surprend à être fasciné par les prodiges d’intelligence dont fait preuve Ender à l’âge de seulement six ans. Son évolution rapide dans le corps de l’armée est également captivante, à la fois irréelle et saisissante, on s’attache à ce héros qui brise les codes habituels par une personnalité à la fois très sombre et attachante. Ce dernier culpabilisant énormément à cause des actes qu’on le pousse à faire pour le futur bien de l’humanité.

Un magnifique page-turner comme on aime à les appeler. La Stratégie Ender fait partie de ces romans incontournables dont le succès est mérité, et dont on aime à partager la lecture autour de nous. Alors, si ce n’est déjà fait, précipitez-vous sur ce bijou de lecture à lire, à relire sans limites.  Si vous avez aimé, vous pouvez lire la suite – qui est dans une tout autre atmosphère : La Voix des morts, second tome du cycle d’Ender, qui compte quatre volumes au total.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Les Héros de la Vallée

Les Héros de la ValléeUn roman épique en écho aux grandes légendes des temps anciens

Jonathan Stroud, auteur désormais connu pour sa série Bartiméus, revient avec un roman indépendant destiné à un lectorat plus adulte, plus mûr, avec Les Héros de la Vallée. Publié tout d’abord aux éditions Albin Michel dans la collection Wiz en 2009, l’ouvrage vient de sortir chez Le Livre de Poche collection Fantasy en octobre 2011.

Pour les fans de la précédente série de l’auteur, attendez-vous à un changement qui ne sera pas forcément des plus plaisants. L’humour mordant et l’écriture vive à laquelle nous avait habitués Stroud sont ici remplacés par un univers fruste et un genre d’écriture beaucoup plus lent, plus brut également.

Dans la Vallée vivaient douze Héros…

La Vallée est un lieu mystérieux divisé en douze contrées appartenant à douze maisonnées. Ces maisonnées doivent leurs noms aux Héros, des hommes qui ont sauvé il y a des générations le peuple de la Vallée des Trâles. Mais que sont les Trâles ? Ce sont des monstres terrifiants dont on ignore tout ou presque. Ils surgissent de terre aux heures les plus noires pour enlever des habitants… mais depuis la fameuse bataille du Roc, le peuple de la Vallée n’a plus rien à craindre : les corps des Héros veillent, et les Trâles ne peuvent plus franchir la limite des cairns (empilement de pierres funéraires).

C’est donc dans ce monde relativement protégé que vit le jeune Halli, descendant de Svein, un des Héros. Et ce dernier ne rêve que d’une chose : accomplir les mêmes faits héroïques que son aïeul quitte à mettre en danger l’honneur de sa maisonnée, et même sa propre vie.

Un récit initiatique plaisant mais…

Jonathan Stroud s’essaye ici à l’exercice difficile de conteur de légendes, créant un univers aux croyances et traditions bien ancrées. On se plonge facilement dans cette société semblable à celle des peuples celtiques.

Dans une ambiance rustique et familiale, nous suivons les pas du jeune Halli, du haut de ses quatorze ans, dans sa quête de grandeur. L’univers construit ici est réussi et très plaisant à découvrir ; on retrouve quelques échos à l’œuvre de Tolkien : Bilbo le Hobbit dans les nombreuses et malheureuses péripéties de Halli. Le côté nains et elfes en moins, ici il n’y a que des hommes… et des Trâles.

Jonathan Stroud a une affection toute particulière pour les personnages impertinents et rebelles, comme il nous l’a déjà prouvé avec ses précédents écrits. Mais là où le bât blesse, c’est dans la personnalité des personnages, en particulier celle du « héros », Halli. Sa personnalité capricieuse et inconséquente a parfois le don d’agacer par son manque de crédibilité.

En plus de cela, le récit rencontre quelques passages à vide où l’intérêt s’essouffle à force de descriptions trop développées. On se demande parfois où l’on veut nous emmener au final. Un final d’ailleurs abrupt qui laisse un peu au dépourvu, mais qui est assez bien tourné, laissant une fin ouverte au lecteur libre d’en penser ce qu’il veut.

En somme, Les Héros de la Vallée n’est pas un mauvais livre, mais il est tout de même assez déstabilisant pour ceux qui connaissaient Jonathan Stroud pour ses précédentes œuvres. Le plaisir de cette lecture résidera surtout dans sa similitude avec les contes épiques narrés par les bardes itinérants au coin du feu d’une auberge…

GENRE : Fantasy
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Chronique : Peter Pan

peter panUn livre sympathique mais sans plus, peut-être beaucoup de déception car j’ai vu le dessin animé et le film avant d’avoir lu le livre. En tout cas, ça a le mérite de se lire assez bien car c’est tout de même intéressant, car quand on a vu le film et le dessin animé, on peut comparer et voir tout ce qui a pu être éludé.

En tout cas le concept a le mérite d’être original, il fallait y penser.

Chronique Jeunesse : Charlie et la chocolaterie

Charlie et la chocolaterieUn excellent livre qui nous montre que ce qui est remarquable n’est pas forcément (du moins ceux qui essayent de se faire remarquer ne sont pas toujours les personnes qui sont le plus exceptionnelles). C’est ce qu’essaie de nous montrer Roald Dahl dans l’histoire de Charlie et d’autres enfants de son âge : Violette, Mike, Augustus et Veruca avec chacun son petit travers, enfin, « petit » est ici un euphémisme.

J’aime beaucoup la visite de la chocolaterie Wonka qui nous montre les bonbons que l’on aimerais bien avoir dans une réalité proche (annonce aux producteurs de bonbons).

Comme par exemple des chew-gum qui constituent un repas complet, ou des chew-gum qui ne perdent jamais leur goût, et le meilleur selon moi, le stylo plume qui ce suce, une idée très astucieuse de Willy Wonka qui permet ainsi aux elèves de manger un bonbon pendant leur cours… Chaque section de l’usine est en fait un test, mais aucun des enfants ne le sait et ne s’en rend compte, ce sera au dépend de certains.

Une leçon de Dahl qui veux peux être nous donner une leçon d’éducation parentale ? Si c’est cela, les éditeurs se sont trompés de cible, ils auraient dû l’adresser aux parents !

Charlie et la chocolaterie filmNote sur l’adaptation de Tim Burton :

Ce livre, vous devez sûrement le savoir, a été adapté au cinéma il y a peu. L’acteur qui joue Willy Wonka est Johny Depp et il incarne très bien le style du personnage, une sorte de savant fou avec toujours de nouvelles idées, le genre de personnes qui n’aura pas assez d’une vie pour mettre en pratique sa créativité.

La musique est signée Danny Elfman, ce qui veux dire que la réalisation est de… Tim Burton, bien entendu. Le plus de ce film est qu’il est assez fidèle au livre, (même si au début le décor m’a donné un avis mitigé) et que Tim Burton a ajouté au personnage de Willy Wonka une histoire, très belle qui de plus se tient sans problème et aurait venir de Dahl. Génial !

Chronique Jeunesse : Matilda

MatildaLe personnage de Matilda est vraiment très attachant, d’autant plus que sa famille la déteste alors qu’elle est extraordinaire, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle n’a pas leur amour.

C’est ainsi que l’on découvre une famille très atypique, comme je n’en ai jamais vue et comme j’espère ne jamais en voir… ils ont un tel manque de savoir vivre. Les parents et le frère de Matilda passent le plus clair de leur temps à regarder la télévision quand ils ne font pas d’autres oisivetés. Et attention si la jeune fille a le malheur d’aller à la bibliothèque ! Il ne manquerait plus qu’elle se cultive alors qu’il y a la télé à disposition à la maison…

En fait, ce livre nous raconte deux histoires : celle de Matilda petite surdouée, mais aussi celle de sa maîtresse qui a eu elle aussi une enfance difficile et qui n’a pas eu beaucoup de chance dans sa vie pour le moment. C’est très beau, car on voit leur complicité naître entre elles, mais aussi, elles ont une peur commune : La directrice de l’école. Car celle-ci est une personne très mesquine qui aime voir la peur quand elle passe.

Un super livre de Roald Dahl, qui vous fera pensez que tout est normal au début et qu’il n’y a pas d’imaginaire, mais détrompez-vous ! Matilda a plus de qualités que vous ne le croyez, car même si elle est surdouée et à appris de lire avant de marcher, elle exceptionnelle par d’autres côtés, je vous laisse découvrir…