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Chronique : Les héritiers de Brisaine Tome 1 & 2

Une incursion parfaite pour faire découvrir de la bonne fantasy francophone !

David Bry est un auteur français dont le crédo est l’imaginaire. Il écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes. Il fit une entrée remarquée en littérature avec son roman Que passe l’hiver aux éditions de L’homme sans nom en 2017 mais il écrit depuis plus d’une quinzaine d’années.

Depuis, il a écrit d’autres romans, tous concourant à asseoir son statut d’étoile montante de l’imaginaire : La princesse au visage de nuit (Pocket), Le garçon et la ville (Lynks), Le chant des géants (L’homme sans nom), la série jeunesse Les héritiers de Brisaine (trois tomes déjà parus chez Nathan).

Un royaume qui a perdu sa magie et ses créatures fantastiques….

Bienvenue dans le monde de Fabula, plus précisément dans la contrée de Trois-Dragons. C’est royaume relativement paisible, mais dont le passé récent est assez houleux. Guerre de pouvoir, vol d’un artéfact extrêmement puissant et disparition de la magie, voici les éléments clés de l’Histoire proche de Trois-Dragon et du royaume de Fabula.

C’est dans cette ville que vivent trois enfants qui ignorent encore leur destin : Aliénor, Grégoire et Enguerrand. Pour eux ainsi que pour tous les habitants du village, la magie est morte. Mais Brisaine, une vieille amie du trio va leur expliquer qu’il n’en est rien. Et que la brume qui s’échappe du Bois d’Ombres est liée à cette fameuse magie ténue qui subsiste.

Une nouvelle série jeunesse pour découvrir le genre fantasy

Si vous avez dans votre entourage des lecteurs entre 9 et 10 ans, cette série sera idéale pour eux. Il y a dans Les héritiers de Brisaine tous les codes de la fantasy avec des ressorts efficaces et bien utilisés. Mais David Bry réussit tout de même a créer quelques surprises dans cet univers créé de toutes pièces. Ses jeunes héros subissent des épreuves, mais ce sont surtout celles du quotidien qui les malmènent, en particulier le jeune Grégoire orphelin et serviteur au Château du seigneur Josserand.
L’aventure est quant à elle une véritable bouffée d’air frais et d’adrénaline pour le trio dont le quotidien n’est pas facile. Ils prennent des risques, mais savent que ce qu’ils font sert Brisaine et sa juste cause.

Pourquoi disais-je que cette série jeunesse est une parfaite introduction à la fantasy ? Tout simplement parce qu’on y retrouve une grande quête, des créatures fantastiques, de la magie et un destin incroyable semé d’embûches. Dans les deux premiers tomes, on découvre ainsi trolls, loups bicéphales, phénix, ondines et autres créatures fantastiques.
Lesdites créatures sont d’ailleurs toutes répertoriées dans le fabuleux grimoire que rempli peu à peu le jeune Grégoire, passionné de légendes et de lecture. Chacune a droit à son dessin et à un descriptif rapide en en fin d’ouvrage.

Et je ne vous ai pas encore parlé des très jolies illustrations de Noémie Chevalier, elles sont parfaites et habillent à merveille l’histoire de David Bry. Il n’y en a pas beaucoup, mais juste assez pour rassurer les enfants lecteurs qui ne veulent pas lire de trop gros livres le tout avec encore quelques images.

Ainsi, les deux premiers tomes de cette série de fantasy sont parfaits pour initier les jeunes lecteur.ices au genre. L’auteur use des codes habituels pour nous offrir une intrigue efficace et non dénuée d’intérêt. Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est la parfaite porte d’entrée pour faire découvrir d’autres choses par la suite… !

La saga Les héritiers de Brisaine n’est pas terminée, un troisième tome est paru et un quatrième est à paraître pour le mois de septembre 2022.

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Chronique Jeunesse : La Cité des livres qui rêvent

L’un des ouvrages les plus étranges et mystérieux que j’ai pu lire… mémorable !

Connaissez-vous Walter Moers ? Véritable star outre-Rhin, en France son œuvre est beaucoup plus confidentielle. Il a écrit le roman Les 13 vies et demie du Capitaine Ours Bleu (Albin Michel Jeunesse, collection Wiz), et surtout le livre dont nous allons parler maintenant La cité des livres qui rêvent.
L’ouvrage est paru aux éditions Les Grandes Personnes en 2012 et vient tout juste d’être reprit en poche chez Folio Junior. Il a été traduit par François Mathieu et Dominique Taffin-Jouhaud. Mais avant, il a été traduit du zamonien par Walter Moers lui-même ! Les illustrations magnifiquement détaillées sont également assurées par Walter Moers.

Une histoire nébuleuse et atypique…

Voici l’histoire d’un jeune dragon prénomé Hildegunst Taillemythes (en portrait sur la couverture) de 77 ans qui décide de partir en quête. Quel genre de quête ? Celle de l’auteur du manuscrit parfait qu’il a eu la chance de lire.
Notre cher Hildegunst souhaitant par-dessus tout être le plus grand écrivain du pays, rencontrer cet auteur exceptionnel serait pour lui une chance inouïe.

C’est ainsi que le jeune dragon et auteur aspirant part à Bouquinbourg afin de retrouver la piste du mystérieux écrivain.

… comme une ode à l’émerveillement

J’ai lu cet ouvrage il y a plus de six ans maintenant, alors faire une chronique claire sur des points précis m’est difficile.

Je peux cependant parler de mon ressenti, des merveilleux souvenirs que j’ai grâce à cette lecture… Et de ses magnifiques illustrations !

Avant toute chose, La cité des livre qui rêvent est un livre qui parle de livres pour les amoureux des livres. Il n’en a peut-être pas l’air, mais c’est un ouvrage extrêmement exigeant, dense, parfois complexe mais toujours passionnant.
Il regorge de références littéraires, de clins-d’oeil, d’humour et d’étrangetés.

C’est véritablement un énorme roman fantastique et initiatique qui plaira à tous ceux et celles qui aiment les ouvrages atypiques, bizarres, étranges et inclassables. Ce roman réunit tout cela et plus encore. De plus, si vous aimez les livres-objet, le grand-format est une merveille, il est épuisé, mais il est encore possible de le trouver d’occasion.

Vous l’aurez compris, ce roman est pour moi une « petite » merveille qui comblera tous les amoureux des livres. L’équilibre parfait entre fantastique et étrange tout en faisant la part belle à la littérature sous toutes ses formes !

L’ouvrage est suggéré à partir de 13 ans, mais je ne saurais dire si c’est le bon âge. Alors le mieux, c’est de tenter et de voir.

Chronique Jeunesse : L’héritier des Draconis – tome 1 & 2

Une nouvelle série pour la jeunesse entraînante qui devrait plaire aux jeunes lecteurs !

L’héritier des Draconis est une série fantastique pour la jeunesse qui comprend cinq tomes en tout, initialement parus chez Gulf Stream Editeur. Les deux premiers opus de la saga viennent de sortir en poche dans la collection Pocket Jeunesse.

Carina Rozenfeld est une autrice reconnue pour la jeunesse, elle a désormais presque une trentaine d’ouvrages à son actif. Parmi son oeuvre foisonnante on peut citer : Les portes de Doregon (magistral et méconnu paru chez L’Atalante il y a 10 ans), Zalim (deux tomes chez Scrinéo), ou encore La quête des Livres-Monde (trilogie chez L’Atalante également)…

Bienvenue… chez nous

Vous pensiez commencer l’histoire dans un monde imaginaire extraordinaire avec un royaume à sauver et quantité de dragons ? Et bien… pas au début de cette histoire, qui commence sur notre bonne vieille Terre.

On y suit un jeune garçon prénommé Elliott, il est tout ce qu’il y a de plus normal, à l’exception que sa vie a commencé avec moins de chance que celle de la plupart des enfants. Elliott est orphelin de père et de mère. Il a souvent été changé de famille d’accueil, soit par malchance, soit à cause de ses crises de colères… Mais cette fois, Elliott se sent bien dans sa famille d’accueil, et il va tout faire pour contrôler ces étranges crises qui changent jusqu’à la couleur de ses yeux…

Mais, il y a d’autres choses étranges qui s’agglutinent au quotidien d’Elliott, outre ses yeux changeants, il a également l’impression d’être suivit du regard par toutes les représentations de reptiles (dessins, sculptures…). Elliott se croit dangereux, anormal, et essaye le plus possible de ne pas faire de vagues tant il a peur de perdre le peu qu’il a : une famille, des amis et même un ennemi juré à l’école.

C’était sans compter sur une étrange météorite qui va le faire basculer dans un autre monde par procédé inexplicable. Elliott se retrouve projeté à Draconia avec ses deux meilleurs amis Tamara et Gédéon. Et il va aller de surprises en surprises… et surtout, sa vie si étrange depuis sa naissance va enfin trouver une explication.

Une saga qui va plaire aux jeunes lecteurs, c’est certain !

Tous les ingrédients sont réunis pour que la sauce prenne immédiatement : des personnages attachants, reconnaissables, une intrigue simple qui se densifie peu à peu… Et surtout, toute une mythologie draconique originale !

En effet, plus on en apprend sur Elliott, et plus c’est l’histoire de Draconia et de ses dragons disparus que l’on découvre… Impossible de vous en dire plus, mais sachez que l’histoire autour de ces dragons est bien amenée et se développe efficacement.

Evidemment, dans ce genre de roman, on échappe que difficilement aux écueils tels qu’un retour de l’enfant prodigue, et c’est effectivement ce qui se passe. Mais c’est assez bien fait pour qu’on ne soit pas lassé, et les jeunes lecteurs devraient adorer dès les premières pages.

Dans ces deux tomes, l’autrice sait donc apporter assez de surprises et de bonnes idées pour ne pas lasser ses lecteurs. Ainsi, Draconia (premier tome) et La Sculptrice de dragons (second tome) se lisent-ils avec fluidité. De plus, pour ce que l’on en a lu pour le moment, la qualité des ouvrages augmente au fil de l’intrigue. Le premier opus est très classique, mais le second sait apporter plus d’originalité et de suspense. C’est donc un très bon début de série qui se profile…

Pour les plus impatient.e.s, la suite de la saga est d’ores et déjà disponible aux éditions Gulf Stream ! (cinq tomes).

A la découverte des Chroniques de Zi

Une saga de fantasy pour la jeunesse ambitieuse et qui fonctionne de façon originale

Débutées en 2017, Les chroniques de Zi viennent de voir paraître en février 2020 le cinquième et dernier tome de la saga. Jean-François Chabas signe ici une intrigue menée de main de maitre, se jouant de références de l’imaginaire mélangée à sa propre créativité.

Pour ceux qui ne connaissent pas cet auteur, sachez qu’il a écrit quantité de textes pour la jeunesse, et cela pour tous les âges : Aurélien Malte (Le livre de poche), Les lionnes (L’école des Loisirs) ou encore La colère de Banshee (Casterman).

Le début d’une épopée épique

Tout commence avec un terrible enlèvement. Celui d’un prince qu’une sorcière décide de s’approprier. De lui, nous ignoreront tout pendant une quinzaine d’années au moins…

Dans le temps présent, nous suivons le jeune Phelan, un garçon brave bien que peu doué pour l’art du combat. Il s’est mis en tête de quitter père et mère pour sauver une princesse disparue depuis quelques jours dans les terribles Monts Jaunes. Terribles pourquoi ? Car les Monts Jaunes sont habités depuis des millénaires par un terrible Ogre. Rien ni personne n’a réussit à le faire disparaître… mais ce n’est pas ça qui arrêtera Phelan, tombé amoureux de cette fameuse princesse en un seul échange de regards.

C’est ainsi que débutent les étranges Chroniques de Zi… Qui est Zi ? Mystère absolu… pour le moment !

Une intrigue qui prend son temps pour se développer…

Au premier abord, on pourrait croire que cette saga est une énième série de fantasy pour les 12/14 ans à sortir régulièrement dans le paysage éditorial. Et bien oui… et non !

Les chroniques de Zi sont bien plus qu’elles ne le paraissent au premier abord. En effet, il y a tant d’indices semés sur la route, tant de références (petites ou géantes) aux contes de fées que très rapidement, on est pris dans les aventures de Phelan et de son ami Turi.

En effet, le premier tome met un peu de temps à démarrer, mais une fois qu’on est ferré, c’est un véritable régal de lecture ! La première partie est d’ailleurs géniale à lire, et le changement de ton dans la seconde fait perdre un peu le rythme, mais on s’y retrouve vite.

Chaque tome se concentre plus particulièrement sur un des personnages de la saga et nous permet d’en apprendre plus sur chacun d’entre eux… Et peu à peu, les mystères s’éclaircissent, mais pas toujours. Quoi qu’il en soit, on sent que l’auteur a beaucoup travaillé l’histoire de ses personnages en amont. Rien n’est laissé au hasard, et c’est plaisant.

On n’échappe pas à certains stéréotypes tels que ceux d’une princesse forcément sublime et désirable – bien que celle-ci soit débrouillarde – mais on lui pardonne ces quelques maladresses. Pourquoi ? Car tout ça fonctionne, et diablement bien qui plus est !

Dans les deux premiers tomes, c’est assez linéaire, vous aurez droit à une suite de péripéties certes intéressantes mais assez classiques. Dans le troisième opus cependant, on passe à un autre niveau. Que ce soit en termes d’intrigues ou de développement d’univers, on sent que l’auteur s’approprie vraiment son univers à partir de ce volume… Il se fait plaisir avec quantité de bonnes idées et nous transporte avec lui.

Ainsi, vous avez d’un côté le pays des Mille Lacs, qui ressemble à notre Moyen-Âge occidental tel que nous le connaissons. De l’autre, vous avez le Royaume des Trois Vagues qui semble s’inspirer de la culture Maori (l’auteur a créé tout un vocabulaire très dense pour épaissir le réalisme de ce peuple créé de toutes pièces). C’est original et très réussit, notamment lorsque l’on découvre enfin le Royaume des Trois Vagues de façon concrète et non plus par les on-dit…

C’est ainsi que peu à peu, la trame se tisse et nous offre une épopée de fantasy qui a su s’émanciper des classiques du genre. A la fois familier mais original, Les chroniques de Zi est une bonne saga à découvrir. En tout cas, ses trois premiers tomes sont un vrai régal de lecture… et gageons que la suite le soit aussi !  

Chronique jeunesse : Mimi et le dragon des montagnes

Une histoire d’amitié autour du thème des dragons pour les enfants dès l’âge de six ans environ.

Michael Morpurgo est un auteur britannique à l’œuvre très large. Nombre de ses romans sont prescrits dans les écoles anglaises et françaises. Parmi ses très nombreux romans, on peut citer : Le royaume de Kensuké, Le roi Arthur, Cheval de guerre (dont il y a eu une adaptation cinématographique)…

Avec Mimi et le dragon des montagnes (paru chez Gallimard Jeunesse), l’auteur nous offre un petit conte de son cru à lire aux enfants qui savent lire… ou non !

L’histoire d’une amitié inattendue

Mimi est une jeune fille qui vit dans un petit village tout ce qu’il y a de plus calme. Attention toutefois à la terrible dragonne qui vit en haut de la montagne ! Elle est aussi dangereuse que terrible, et il serait totalement suicidaire d’aller la déranger…

Mais quand Mimi découvre dans l’étable de sa ferme un bébé dragon endormi, elle décide immédiatement de le ramener à se maman, au risque d’encourir son terrible courroux !

Mignon, parfait pour les enfants qui souhaitent une petite histoire de dragons

L’histoire de Mimi et du dragonnent qu’elle découvre est très courte, elle peut se lire en une nuit ou deux pour les parents qui souhaiteraient en faire la lecture à haute voix. Sinon, des enfants de CE2 pourront s’y essayer sans aide.

Dans son traitement, l’histoire étant courte, il n’y a guère de développement. C’est aussi simple qu’efficace. Les illustrations d’Helen Stephens sont adorables, en particulier quand on voit le dragonnet recroquevillé en train de dormir !

En somme, c’est une histoire, mignonne. Pas certaine qu’elle soit mémorable, mais on passe un agréable moment de lecture. C’est un bon mélange entre fantastique et aventure !

Chronique Jeunesse : Les Royaumes de Feu – Tome 1 – La prophétie

Une nouvelle saga de fantasy pour la jeunesse très ambitieuse mettant en scène différentes peuplades de dragons autour d’une étrange prophétie !

Les Royaumes de Feu est une saga dont le premier tome de la série est paru en janvier 2015 chez Gallimard Jeunesse. Depuis, nous en sommes déjà au septième tome en France et le succès ne se dément pas !

Tui T. Sutherland est une auteure d’origine américaine, elle écrit sous de très nombreux noms de plume. Elle est notamment l’une des deux auteurs de la série à succès La guerre des clans (grande série de fantasy animalière mettant en scène des chats).

Cinq dragons, une prophétie

Un jour viendra, les Dragonnets du destin décideront de l’avenir de Pyrrhia, le royaume des dragons. Actuellement, l’empire est totalement déchiré. Depuis le décès de la reine des Ailes de Sable, la succession se passe mal. Les trois sœurs héritières s’arrachent le trône du royaume de sable, chacune usant de tous ses pouvoirs pour se l’octroyer…

Le problème, c’est que leur lutte de pouvoir n’est pas intestine et met à feu et à sang toutes les peuplades de dragons… Comment cinq dragons à peine sortis de l’adolescence pourraient-ils changer la donne ? Ils sont l’objet d’une prophétie mais ne savent même pas ce qu’ils sont censés faire…

Un début de saga ambitieux…

Quand on sait que la saga compte actuellement dix tomes aux Etats-Unis, on peut qualifier la série de très audacieuse ! Reste à savoir si elle tiendra sur la durée, quoi qu’il en soit le premier tome nous transporte facilement…

Dans ce premier tome, on découvre le quotidien âpre des dragonnets de la prophétie. Enfermés dans une grotte avant même que leurs œufs aient éclos, ils ne savent rien de l’extérieur… Ils n’ont même jamais senti le souffle de l’air sous leurs ailes ! Mais tout cela va brutalement changer. Et c’est ainsi que commence la saga, qui démarre au quart de tour.

Si vous recherchez pour des enfants de 9/11 ans une série de romans denses, remplis d’aventure et d’imagination, Les Royaumes de Feu sera idéal. Difficile d’en dire plus sur le contenu de ce premier tome, mais outre le démarrage rapide, l’intrigue prend vite de l’ampleur.

On en profite pour découvrir tout particulièrement deux types de dragons dans ce tome-ci : les Ailes du Ciel et les Ailes de Boue. Chaque espèce est extrêmement différente, aussi bien au niveau de leurs aptitudes que de leur culture et leurs habitudes vis-à-vis des autres dragons.

C’est absolument passionnant, et on brûle d’en savoir plus sur les autres, car on se doute bien que ce n’est que le début…

…….

En somme, ce premier tome d’une longue série rempli parfaitement son office, et même plus. La Prophétie use de ficelles habituelles, mais c’est si bien réalisé qu’on en redemande. Tui T. Sutherland sait surprendre ses lecteurs avec de bonnes révélations !

Affaire à suivre avec le second tome : La princesse disparue, qui nous fera découvrir le monde feutré des Ailes de Mer…

Chronique jeunesse : Princesse Henriette – Tome 1 & 2

Un livre entre le roman et la bande-dessinée qui dépoussière les romans d’aventures !

Les deux premiers tomes de la série Princesse Henriette sont chroniqués dans cet article, il s’agit du tome 1 – Princesse au bois mordant et du tome 2 – Le bal des douze souris.

Princesse Henriette est une toute nouvelle série de romans pour la jeunesse. Il y a du texte, certes, mais la part d’images est également très importante. Les deux premiers tomes sont sortis en août 2017, et le troisième vient de sortir en mars 2018. Au États-Unis, il y a déjà 6 tomes de parus ! En France, ce sont les éditions Milan qui publient la série.

Une princesse à la rescousse !

Princesse Henriette de la Grignote est loin d’être une princesse comme les autres. Elle déteste les cours de maintien, préfère une bonne épée à un thé entouré de biscuits et adore faire des courses de caille… Autant dire que l’on est très loin de l’image stéréotypée de la princesse à sauver !

Et ce n’est que le début. Car sachez que la Princesse Henriette a été victime d’une terrible malédiction qui tant qu’elle ne sera pas réalisée la rend immortelle. Alors elle s’en donne à cœur joie : plongeons à des hauteurs vertigineuses, combats à l’épée, sauvetages de princesses et de princes… Henriette est une véritable casse-cou.

C’est ainsi qu’un royaume en danger a besoin de son aide, et qu’elle va se jeter à corps perdu dans l’aventure…

Drôle et inattendu, un futur incontournable de la littérature jeunesse

ENFIN un roman jeunesse qui s’assume et qui est explicitement féministe ! Rien que pour cela, j’adore Princesse Henriette. Elle sauve des princes et des royaumes entiers, elle n’a pas froid aux yeux et se bat pour ses idéaux… en bref, elle me plait.

L’autre point fort de cette série jeunesse (j’ai lu les deux premiers tomes pour le moment), c’est qu’elle se joue des contes de fées. Ursula Vernon utilise tous les grands contes pour enfants et les refait à sa façon pour nous offrir un dépoussiérage fabuleux.

Dans le premier tome, c’est le conte de La belle au bois dormant qui est revu et corrigéet qui devient Hamster au bois mordant. Dans le second, c’est Le bal des douze princesses (un conte de fées allemand un peu moins connu) qui se transforme en Le bal des douze souris.

Mon dernier argument en faveur de cette série, c’est son aisance à la lecture. Les chapitres sont très courts, le texte aéré, les dessins nombreux… de quoi rassurer ou motiver les jeunes lecteurs et lectrices !

……

La conclusion est bien simple : la série Princesse Henriette est un véritable coup de cœur. Les histoires sont dynamiques, drôles, sont bourrées de références (aussi bien pour les enfants que pour les adultes – notamment quand on voit un personnage lire Fée Actuelle).

Et autre point très positif, les ouvrages sont magnifiques ! Dans un format intermédiaire, couverture cartonnée et brillante (il y a quelques paillettes), la collection est superbe et très robuste. De quoi les lire, et les relire… !

J’ai donc hâte de lire le troisième tome de la série : Ratponce. Je vous laisse deviner de quel conte s’inspire ce nouvel opus…

Chronique Jeunesse : La terrifiante histoire et le sanglant destin de Hansel et Gretel

La terrifiante histoire et le sanglant destin de Hansel et GretelUne nouveauté à réserver aux nostalgiques des contes de fées revisités dans une version… sanglante !

Paru au mois d’octobre 2014 aux éditions Hachette, La terrifiante histoire et le sanglant destin de Hansel et Gretel est un livre de contes contemporains.

L’ouvrage se base sur le conte traditionnel des frères Grimm, Hansel et Gretel. Mais l’auteur, Adam Gidwitz, va ici beaucoup plus loin en leur créant toute une fresque d’aventures teintées plus ou moins de sang… mais après tout, les contes originaux ne sont jamais bien tendres. Ils ont étés aseptisés par notre culture populaire, mais il n’empêche que les récits de base ne sont pas à écouter par toutes les oreilles… Si vous avez moins de 12 ans ou que les récits sanglants vous effrayent, passez votre chemin !

La terrifiante histoire et le sanglant destin de Hansel et Gretel insideUne réécriture des contes de fées

Écrit par Adam Gidwitz, ce premier tome retrace les aventures incroyables de Hansel et Gretel. Tout avait l’air de commencer bien pour eux : enfants princiers, ils avaient tout pour être heureux sauf que… leur père a peut-être compromis le bonheur familial en leur tranchant la tête pour sauver son fidèle serviteur.

Et c’est ainsi qu’en une petite dizaine de chapitres, vous aurez droit à toutes les aventures inédites des deux enfants qui recherchent désespérément des parents dignes de ce nom. Ceux qui leur montrerons affection, amour et qui surtout ne tenterons pas de leur trancher la tête.

Sympathique, mais à ne pas mettre entre toutes les mains

Alors, cette réécriture a-t-elle un intérêt à la lecture ? Oui, car elle remplit son office, à savoir distraire efficacement. Les histoires sont au bon format pour ne pas être trop courtes ou trop longues.

L’écriture est simple, sans fioritures. Petite originalité à soulever toutefois : l’auteur se permet de s’immiscer dans ses propres histoires. En effet, le texte est en rouge quand il nous parle directement, et c’est souvent pour nous prévenir que ça va… saigner !

En ce qui concerne les illustrations, elles sont très belles, toutes en ombres chinoises. Uniquement en bichromie avec du noir et du rouge. Extrêmement graphiques, elles ont été réalisées par Nancy Peña et Joseph Vernot.

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La terrifiante histoire et le sanglant destin de Hansel et Gretel inside 2En conclusion, ce livre est sympathique à lire le soir à haute voix ou pour soi tout seul. L’ouvrage est un très beau livre à la couverture cartonnée avec quelques dorures qui fera très bien dans la bibliothèque. Dès 12 ans minimum.

Espérons maintenant que les éditions Hachette publieront les deux autres tomes de la série : In a glass Grimmly et The Grimm conclusion où il semblerait que d’autres contes populaires s’immiscent dans le cycle.

Chronique Jeunesse : Malenfer – Tome 1 – La forêt des ténèbres

Malenfer 1Une nouvelle série fantastique arrive pour les jeunes lecteurs férus de dragons, trolls et autres créatures mythiques

Malenfer est une trilogie fantastique issue de l’imagination de l’auteur française Cassandra O’Donnell et d’une classe entière de CM1, et de CM2 ! En effet, cette série destinée à la jeunesse a également été créé par de jeunes lecteurs. La série est éditée aux éditions Flammarion.

Avant d’écrire pour la jeunesse, Cassandra O’Donnell est avant tout connue pour sa série adulte Rebecca Kean chez J’ai Lu.

Une horrible forêt qui dévore ceux qui y pénètrent…

Un nouveau monde empli de créatures fantastique et de lieux étranges s’ouvre à vous… mais nous sommes loin d’être dans un endroit idyllique. En effet, depuis quelque temps déjà, la forêt de Malenfer avance, dévore les distances et englouti tout sur son passage. Lentement, insidieusement, mais sûrement.

C’est ainsi que la maison de Gabriel et Zoé devient terriblement proche de la forêt maléfique. Les parents des deux enfants sont partis il y a quelques semaines pour trouver une solution afin de la stopper… mais le temps commence à être long et Gabriel et Zoé vont devoir quitter leur maison s’ils ne reviennent pas rapidement. En effet, Malenfer n’est qu’à quelques dizaines de mètre désormais !

Et ce n’est pas la seule source d’inquiétude pour Gabriel et Zoé, dont l’école semble elle aussi cacher de lourds et dangereux secrets. Des professeurs intrigants et la disparition inquiétante d’un élève n’ont en effet rien pour rassurer… !

Incursion en territoire fantastique pour lecteurs amateurs d’imaginaire

Pour débuter dans le genre fantastique quand on a une dizaine d’année, Malenfer peut s’avérer parfait. Il y a absolument tous les ingrédients pour plaire à des enfants pour la simple et bonne raison qu’ils ont eux aussi participé à la réalisation de l’histoire ! Ils y sont allés de leurs suggestions et ont fait le listing de tout ce qu’ils voulaient voir dans l’histoire de leurs rêves : dragons, sorciers, nains, forêt qui dévore les gens… Cassandra O’Donnell a ainsi donné vie aux nombreux souhaits des enfants, alors, ça ne pourra que leur plaire !

En ce qui concerne l’histoire, elle est rondement menée et intéressante. On aimerait bien en savoir plus sur la mystérieuse Malenfer, mais ce premier tome est avant tout centré sur le mystère qui plane autour du lac de l’école.

Seul bémol, je trouve parfois que certaines répliques ou phrases sont un peu trop didactiques, ou artificielles. Pour le reste, tant au niveau des personnages que du reste, c’est efficace.

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Voilà le paysage fantastique dans lequel nous plongeons : il s’agit d’un univers entraînant, particulièrement quand on a dans les environs de 9 ans ! Le second tome étant déjà paru, nous allons nous empresser de le lire bientôt pour vous le chroniquer. En ce qui concerne le troisième tome, il n’est pas encore paru, donc patience chers lecteurs, patience…

Chronique : Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons

Moi jennifer strange derniere tueuse de dragonsDernier roman pour ados paru dans la collection Territoires paru en juin, Jennifer Strange est le petit dernier de l’auteur anglais et un peu fou Jasper Fforde.

L’écrivain, plus connu pour sa série pour adultes de cinq livres Thursday Next chez 10/18 avec l’affaire Jane Eyre ou encore Sauvez Hamlet !, s’essaye maintenant à la littérature pour un public plus jeune mais qui plaira tout autant aux plus grands.

Dans un monde où la magie se meurt…

Jennifer Strange, orpheline et directrice suppléante d’un des derniers établissements de magie l’Agence d’Arts Mystiques Kazam va voir son destin légèrement bouleversé. En moins d’une semaine, elle va connaître plusieurs demandes en mariages, aura des t-shirt et des mugs à son effigie, sera élue femme de l’année par Mollusque-Dimanche et bien d’autres choses encore…

L’univers dans lequel évolue notre héroïne ressemble beaucoup à celui que nous connaissons, à la différence près que la magie existe, même si celle-ci tend à disparaître.

Pour survivre, l’établissement que gère Jennifer est obligé d’effectuer des travaux de réparation par magie ou encore des livraisons de repas à domicile par tapis volant pour maintenir à flot l’Agence des Arts Mystiques, véritable refuge pour les derniers magiciens du pays.

C’est ainsi que dans ce monde des plus banals, l’existence et le sens de la vie de Jennifer vont changer grâce à une mystérieuse prophétie.

Délicieux, mordant, indispensable

Jennyfer Strange, dernière tueuse de dragons peu sembler très banal dans sa quatrième de couverture ou dans son illustration de couverture mais on est bien loin des classiques de la fantasy traditionnelle.

Jasper Fforde prend ici un malin plaisir à s’approprier les ficelles du genre tout en recréant un univers passionnant. A la fois critique de la société actuelle (pression et pouvoir des médias, guerre pour les richesses…) et parodie de la fantasy, Jennifer Strange est un petit bijou inattendu et rafraichissant.

Rempli de répliques cultes, telles que l’explication du nom de l’épée Exorbitus, ou la rencontre du sortilège centenaire de « l’élan transitoire », ou encore la découverte des Quarkon, créatures étranges et mystérieuses fort attachantes, il est difficile de ne pas être séduit par un humour aussi mordant et décalé.

Une chronique serait trop courte pour vous décrire la richesse de cet univers et son fonctionnement. Le mieux, c’est de le lire, de se faire son propre avis, car c’est un livre qui vaut le détour.

–          Comment as-tu été choisi pour Kazam ?
–          J’ai passé un examen avec cinq autres garçons, a répondu Grizz.
–          Et alors ?
–          Je l’ai raté.