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Chronique jeunesse : Hôtel Heartwood – tome 1 – Une maison pour Mona

Un roman jeunesse empli de mignonitude et d’aventures… un régal !

Hôtel Heartwood est une série en quatre tomes destinée à la jeunesse. Le premier est paru en octobre 2018 aux éditions Casterman. Désormais, elle est entièrement traduite et disponible en librairie. L’histoire est signée Kallie George et les illustrations tendres sont de la main de Stephanie Graegin.

Une petite souris en errance…

Mona est une souris orpheline qui vit dans la forêt : elle a tout perdu suite à une inondation, sa petite maison, ses maigres affaires… il ne lui reste plus rien hormis sa valise en coque de noix ornée d’un cœur gravé. C’est ainsi qu’elle cherche un abri qui pourrait devenir sa nouvelle maison… et elle tombe sur le magnifique (et caché) Hôtel Heartwood ! Et c’est tout un monde de joie et de douceur qui s’ouvre à elle, dommage qu’elle ne puisse y rester que pendant l’automne, à la saison pleine, l’hôtel n’a pas besoin de mains supplémentaires en hiver… ce n’est donc que du temporaire pour la malheureuse souris… mais c’est déjà ça !

De la tendresse et de la bienveillance en quantité

Lire Hôtel Heartwood, c’est un peu comme de se couvrir d’un plaid tout doux, s’installer confortablement dans son fauteuil préférée et savourer une délicieuse boisson chaude… C’est doux, apaisant… on est dans une petite bulle de plaisir ! Je ne puis que vous conseiller ce merveilleux début de saga pour les enfants. On y trouve à la fois de l’aventure, de l’humour, un peu de suspense, et beaucoup de beaux sentiments (sans tomber dans le niais, ce qui n’était pas facile !).

Mona, l’héroïne de la série.

Il se peut que vous détestiez Tilly, la petite écureuil, mais le temps passant, vous réussirez certainement à l’apprécier malgré les apparences, qui sont contre elle… Pour les autres personnages, ils ont tous un petit quelque chose qui vous fera les aimer : Mr Heartwood et sa manie de parler tout le temps en rimes, Mme Prickles la cuisinière avec ses fameux palets aux graines exquis, le pic qui donne l’alerte en cas de danger, Ted l’ours (jeu de mot en VO avec Teddy Bear, ourson en peluche)…

On a une seule envie en refermant le premier tome des aventures de Mona à l’Hôtel Heartwood, c’est d’y retourner ! Et quelle chance, c’est possible puisqu’il y a encore trois autres tomes à découvrir… Le second se déroule pendant l’hiver (à la Saint Édredon) et s’intitule Un hiver si doux.

Chronique : Pickpocket

PickpocketLa descente aux enfers d’un artiste de la subtilisation dans le Tokyo d’aujourd’hui

Pickpocket fut le premier roman du japonais Fuminori Nakamura à paraître en France. Son second roman, Revolver est paru il y a peu aux éditions Picquier. La spécialité de l’auteur est le roman policier, il a d’ailleurs remporté le prix Kenzaburō Ōe pour son roman Pickpocket.

Un quotidien de voleur des rues

Il subtilise sans efforts, et sans même se souvenir de tout ce qu’il a dérobé dans la journée… voici un personnage et atypique : le pickpocket.

Si le vol de passants était un art reconnu, ce personnage en en serait très certainement le maître tant sa dextérité et son aisance sont belles. On découvre son quotidien très décousu, qui se fait au gré des portefeuilles trouvés et des rencontres. Jusqu’au jour où le pickpocket fait la rencontre d’un petit garçon qui par nécessité doit voler sa nourriture dans les supermarchés. Ses mouvements sont trop lents, ses actes trop visibles… si il ne l’aide pas, le garçonnet ne s’en sortira pas tout seul. La compassion n’est pas inconnue à notre voleur des rues et c’est ainsi qu’une belle et étrange relation se tisse entre l’enfant et lui… Mais certaines variables incontrôlables vont s’immiscer dans cette routine en marge de la société…

Un bon roman à tendance policière

Comme dans de nombreux récits asiatiques, on ne sait gère où l’auteur veut mener ses personnages et le lecteur qui le suit… et c’est appréciable. En effet de pérégrinations en rencontres imprévues, notre détrousseur nippon fait face à beaucoup de situations déroutantes.

Chantages, cambriolages, gang de yakuzas, l’engrenage inextricable est lancé pour le meilleur et pour le pire…

L’ambiance du début du roman n’est pas sombre, mais très en demi-teinte, mélancolique, triste aussi. Mais plus on avance dans l’histoire plus on se rend compte que les rencontres que font ce gentil pickpocket (oui, il est très doux, très attachant malgré son étrange métier, d’ailleurs, il a pour principe de ne détrousser que les riches) ne sont pas toujours pour son bien. Et cette mère qui profite de son enfant pour voler notre « héros » n’est qu’une toute petite partie de ces rencontres de trop…

On s’attache énormément au narrateur au fil des chapitres très courts du récit (qui sont écrits au présent, à la première personne). Le rythme est à la fois lent et très rapide. En effet, on s’attache à quelques menus détails, on découvre le rythme de vie de notre héros, et puis tout se précipite. Les rencontres se densifient, la malchance prend ses aises… et on suit la spirale dans laquelle plonge à corps perdu ce personnage détonnant et original.

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En somme, Pickpocket est un roman unique et très bien rythmé. On se laisse prendre au jeu des hasards et des accidents qui parsèment la vie du narrateur. Le danger est omniprésent, et c’est plaisant à lire… A découvrir pour lire un roman très gracieux, qui peux aussi bien se classer en policier ou en littérature généraliste.