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Chronique : La dame en blanc

La dame en blanc librettoL’ère victorienne dans toute sa splendeur à travers un classique insoutenable et sublime…

Grand classique de la littérature britannique, La dame en blanc a été écrit par Wilkie Collins. Il a été publié pour la première fois sous forme de feuilleton en 1859 dans le journal de Charles Dickens All the Year Round (Angleterre) ainsi que dans le Harper’s Weekly (Etats-Unis).

Grand ami de Dickens avec qui il a écrit quelques ouvrages (L’abîme ou encore Voie sans issue), Wilkie Collins est l’auteur d’une œuvre aussi vaste que fascinante dans le plus pur style victorien. On lui doit notamment Le secret, La pierre de lune ou encore La robe noire. Avec La dame en blanc, Wilkie Colins ne signe pas moins que le tout premier roman à suspense de l’histoire.

Les prémices d’une histoire d’amour impossible et d’une terrible machination

« Voici l’histoire de ce que peut supporter la patience d’une femme et ce que la résolution d’un homme peut accomplir. » Ainsi commence l’histoire de La dame en blanc, dont le début est narré par Walter Hartright. Professeur de dessin de son état, le jeune homme vit en faisant étudier l’art de la peinture sous toutes ses formes à ses élèves.

Mais ses jours tranquilles à Londres sont sur le point de prendre fin en la personne d’une étrange femme entièrement vêtue de blanc. Hartright est à la veille de partir pour la campagne, dans le manoir de Limmeridge House situé dans le Cumberland afin d’y enseigner. Et sa rencontre avec la mystérieuse femme en blanc va bouleverser sa vie à tout jamais à cause du seul hasard de cette rencontre…

Très rapidement, les cours de dessin que prodiguera Hartright à ses deux élèves que sont Marian et Laura va l’amener à des sentiments totalement inappropriés à son rang vis-à-vis de l’une d’elles. Celle dont il est tombé sous le charme est promise à un autre, issu du même niveau social qu’elle. Ce début de romance qui n’aurait jamais dû être va faire basculer les plans de certains. Et c’est ainsi que l’on aperçoit ce qui va devenir une intrigue aux milles visages où le mal n’est pas nécessairement là où on le pense… Complots d’ordre juridique, machinations, mensonges, harcèlement… tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins.

La dame en blancUn classique encore méconnu à découvrir

Les quelques huit-cent cinquante pages qui font le récit de La dame en blanc sont fort efficaces. On y découvre tour à tour de la romance empruntée et timide, puis un énorme complot juridique ou encore des histoires de famille. Si l’on ne voit pas tout de suite où souhaite en venir Wilkie Collins, on n’en lit pas moins avec intérêt son récit divisé en trois parties : Premières époque, Deuxième époque et Troisième époque.

On se glisse avec une curiosité et un plaisir croissants dans les secrets d’une famille bourgeoise de l’époque victorienne. Tout en retenue et allusions, on se glisse dans un roman qui était un contemporain précurseur de son époque. Présenté comme le tout premier roman à suspense de l’histoire, La dame en blanc réunit déjà toutes les ficelles encore utilisées de nos jours.

L’écriture très chargée de l’époque est un pli à prendre qui se fait sans trop de difficultés. Seules certaines pages avec des triples négations peuvent laisser le lecteur dans l’incompréhension (vite dissipée). De même, certaines phrases font presque une demi-page avant de se clore. Ça n’est pas évident au début, mais rien d’insurmontable. C’est alors avec plaisir que l’on se lance dans l’intrigue après avoir passé outre ces petits désagréments de lecteur contemporain que nous somme.

On ne vous en dira pas plus sur l’intrigue générale du roman qui outre la romance interdite aborde bien d’autres faits et intrigues de foyer. Il vous suffira de savoir que certains sont prêts à tout pour obtenir un pécule qu’ils n’ont absolument pas mérité… quitte à détruire au passage plusieurs existences.

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Ce roman écrit dans la plus pure tradition de l’époque est à ne pas manquer. Si vous aimez les écrits de Jane Austen ou des sœurs Brönte, ou plus largement les récits qui on trait à l’aristocratie anglaise celui-ci devrait vous plaire. En plus, l’ouvrage est disponible en poche.

TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditoriale : Les petites merveilles que nous réservent les éditions Super 8 pour 2015

Les éditions Super 8 souffent à peine leur première bougie d’anniversaire mais savent très bien attirer l’intérêt de ses lecteurs potentiels. Petit zoom sur leur parutions 2015 qui ont l’air le plus alléchantes selon moi…

Le dernier meurtre avant la fin du monde 1Le dernier meurtre avant la fin du monde de Ben H. Winters (parution en février 2015)

A quoi bon vouloir élucider un meurtre alors que l’on sait que l’humanité va être exterminée dans peu de temps ? Appelez cela de l’excès de zèle si vous voulez, mais Hank Palace ne compte pas lâcher l’affaire, même si personne ne lui sera reconnaissant à la fin de l’enquête…

Le concept simple est hallucinant de ce récit donne très envie de le découvrir. Alors, on a qu’une seule envie, y foncer pour voir ce que ça donne. Aux Etats-Unis, l’ouvrage s’intitule The Last Policeman et est suivi de deux autres ouvrages avec le même personnage. Espérons donc que la trilogie complète verra le jour en France !

Prime TimePrime Time de Jay Martel (parution en mars 2015)

La télévision n’est pas l’apanage des Terriens, loin de là… En réalité, nous sommes tous filmés pour le plus grand plaisir de la galaxie toute entière… Un show tourné à l’échelle mondiale, voilà ce que nous sommes. Toute ressemblance avec The Truman Show à l’échelle galactique serait tout à fait fortuite… on non !

Le titre en VO de l’ouvrage est Channel Blue, et ça lui va comme un gant. J’ai franchement hâte de découvrir ce roman présenté comme de la sf burlesque.

Il s’agit du tout premier roman de Jay Martel, auteur américain qui vit à Los Angeles. Il exerce le métier de scénariste, dramaturge ainsi que journaliste.

Le monde caché d'Axton HouseLe monde caché d’Axton House d’Edgar Cantero (parution en avril 2015)

Un jeune homme nommé A. hérite soudainement d’Axton House, une étrange propriété cachée dans les bois de Point Bless en Virginie. Entre surnaturel et enquête bien réelle, la vague de suicides qui déferle sur le domaine est-elle bien tout ce qu’il y a de plus « normal » ?

Si vous êtes fans d’ambiances gothiques et d’histoires de fantômes dans le plus pur style du genre, ce roman d’Edgar Cantero pourrait faire partie de vos futures lectures. L’ouvrage est également teinté d’une chasse au trésor pour le moins intrigante. Il s’agit du premier roman de l’auteur.

Une pluie sans finUne pluie sans fin de Michael Farris Smith (parution en mai 2015)

Un nouveau roman post-apocalyptique qui fait saliver… Imaginez toute une partie des Etats-Unis (de la Floride à la Louisiane) devenue une zone de non-droit à cause des intempéries continuelles sur la région. Reconstruire ne sert plus à rien, autant tout abandonner tant les catastrophes naturelles s’enchaînent. Tout y est permis, y compris les pires actes puisqu’il n’y a plus de justice ni un semblant de civilisation organisée.

C’est dans cette ambiance post-apocalyptique qu’évolue Cohen, un homme qui a tout perdu : sa femme enceinte, sa vie… Quand Cohen croise la route d’un convoi aux mœurs douteuses où certaines femmes et enfants sont esclaves d’un prédicateur, il décide de tout tenter pour les libérer et les amener vers la civilisation, au-delà de la frontière.

Le contrat SalingerLe contrat Salinger d’Adam Langer (parution en août 2015)

On sent les échos d’un Misery dans cette intrigue sombre où un homme richissime souhaite avoir l’entière exclusivité des écrits de certains auteurs. Présenté comme un thriller psychologique absolument unique par l’éditeur, il n’en faut pas plus pour attiser l’intérêt.

On ne demande plus qu’à voir ce que cet écrit à dans le ventre… et entre les lignes !

Chronique : Les Brumes de Grandville

Les brumes de Grandville 01Un luxueux domaine dans la France de l’après-guerre où un amour singulier va naître…

Premier roman de Gwendoline Finaz de Villaine, Monotropa Uniflora inaugure une nouvelle série en trois tomes… chez un tout nouvel éditeur. En effet, l’ouvrage est le premier paru chez B. Éditions et se destine à un lectorat de jeunes adultes.

L’auteur a un parcours très artistique : participations à des comédies musicales, travail d’auteur-compositeur, et maintenant écrivain. A l’occasion de la sortie du livre, un clip a été réalisé par l’auteur sous le nom Mort ou vivant interprété par Sacha Tran que vous pouvez retrouver ici sur le site You Tube (à vous de juger si vous le trouvez à votre goût, mais personnellement, je ne suis pas une férue de comédies musicales). Les paroles et la composition de cette chanson sont signés par l’auteur elle-même.

L’histoire est celle d’une romance impossible entre une jeune femme et un jeune homme inaccessible de par son rang, mais également à cause de son état… entre deux mondes.

Un immense domaine bourgeois, des domestiques à profusion et une nouvelle professeure de musique

Quand débute le récit, Apollonie franchit les portes du domaine de Grandville. Orpheline élevée chez les sœurs, la jeune femme excelle dans le domaine de la musique qu’elle a appris toute jeune. Piano, chant classique, solfège… Apollonie à de nombreuses cordes à son arc. Quand elle débarque à Grandville grâce aux recommandations de sa tante qui y travaille également, Apollonie découvre un univers tout en retenue et en faux-semblants. Les sœurs jumelles dont elle doit faire l’éducation musicale sont tout sauf dociles et sont bien décidées à lui compliquer autant que possible sa tâche…

Tout cela sans parler du retour du fils prodigue revenu tout juste de la guerre : le bel Hector. Troublant, charismatique, toutes les femmes tombent sous son charme… y compris Apollonie.

Jeu de dupes et surnaturel… dans une ambiance superbement retranscrite

Peu après que l’environnement de Grandville ait été décrit avec adresse, Apollonie se retrouve confrontée au fantastique : une voix venue d’elle ne sait où lui parle quand elle s’apprête à aller dormir. Ce fantôme lui veut-il du mal ou cherche-t-il autre chose ?

C’est à partir de ce moment que tout bascule : Apollonie se découvre une affection particulière pour cet esprit qui communique avec elle. En parallèle à la partie imaginaire du roman, la vie au sein du domaine est également de plus en plus intéressante. On y découvre les différents valets, cuisinières, et autres petites mains au service de la Comtesse, le tout nous offrant une belle fresque. Ceci n’est pas sans faire penser à l’ambiance de la série Downtown Abbey (se déroulant presque à la même époque à 8 ans près) ou plus largement à ces romans où la domesticité prend une place importante dans l’histoire.

Les travers de chacun rendent l’histoire plus prégnante, plus réelle, et c’est avec plaisir et curiosité que l’on se plonge dans cette époque révolue mais qui fait toujours rêver.

Plus on avance dans l’intrigue et plus le côté fantastique de l’œuvre prend de la place, une romance impossible s’installant entre Apollonie et le fameux esprit qui hante le domaine… C’est parfois un peu trop fleur bleue à mon goût, mais on se laisse malgré tout prendre au jeu des sentiments et des personnalités si différentes créées par l’auteur. C’est ainsi une romance réussie sur de nombreux plans.

Ainsi, même si certains revirements sont attendus, le tout reste extrêmement plaisant à lire.

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Donc, si vous avez envie de lire une belle histoire d’amour avec un soupçon de surnaturel à l’époque des Années Folles avec une forte influence de la Belle Époque… c’est le roman idéal. Dès l’âge de 14 ans environ.

Et pour ceux qui se demandent ce que signifie le mystérieux titre Monotropa Uniflora, je vous conseille de jeter un œil sur le nom latin d’une certaine plante… Le second tome de la série est actuellement en préparation, et ici, nous l’attendons avec impatience !