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Chronique jeunesse : A la découverte de la collection de romans Drôles d’aventures

Entre le roman et le documentaire, voici une collection concoctée par Folio Junior qui savait captiver ses lecteurs tout en les abreuvant d’informations passionnants ! Si vous en trouvez d’occasion, saisissez cette chance de les faire lire à vos enfants…

Dans les années 2000, Folio Junior a créé la collection Drôles d’aventures. Une série de très courts romans – à peine 100 pages – qui alliaient enquête et connaissances. De nombreux sujets ont été traités dans cette série : le monde de la cuisine, le métier de nez et de créateur de parfum ou encore celui de scientifique pour lancer des fusées Ariane et une foule d’autres encore !

Les ouvrages de la collection sont désormais épuisés, et cela depuis de très nombreuses années. Mais il est tout à fait possible de les trouver sans trop de difficulté d’occasion. Brocantes et vente en ligne peuvent vous aider à vous en procurer à faible coût, les ouvrages de cette collection n’étant pas rares ni prisés. Pourtant, ils ont beaucoup de qualité, à l’image des Romans-Doc de Bayard Jeunesse, qui sont l’équivalent contemporain actuel de la collection Drôles d’aventures. A ceci près que les romans Bayard s’attardent sur des destins exceptionnels alors que la série Drôles d’aventures n’est dotée que de héros et d’héroïnes de l’âge des lecteurs.ices.

Mais le point commun de ces deux collections, c’est leur but final : transmettre aux enfants par un biais ludique des faits historiques, scientifiques ou autres.

Il y a de nombreuses années, j’avais lu avec plaisir quelques ouvrages de la collection, mais je n’en avais plus guère de souvenir. C’est ainsi que je me suis replongée dedans pour voir si les romans valaient toujours le détour. La réponse est oui, mais je pense qu’il faut vraiment que le sujet de base intéresse l’enfant lecteur, car sinon il se peut qu’il ne s’immerge pas totalement dans l’intrigue. En effet, la collection a parfois un côté didactique un peu trop développé, ce qui se fait au détriment de l’intrigue… un léger petit déséquilibre entre narration et apprentissage.

C’est ainsi que j’ai lu Les pommes Chatouillard du chef de Lorris Murail et Michel Politzer, se déroulant dans l’univers sans pitié de la cuisine. C’est l’ouvrage de la collection qui m’a le plus déstabilisé car doté de peu de morale et dont la conclusion est un brin trop rapide… On y suit un jeune commis de cuisine qui veux tout faire pour aider son chef. Ce dernier vient de subir une fermeture administrative de son restaurant pour cause de nombreuses négligences (dates de péremption dépassées, hygiène de la cuisine douteuse…). Jamais le chef cuistot ne se remet en question, et pire, il accuse les autres de tous ses maux !

Certes, le héros réussit à s’émanciper de ce personnage toxique en fin d’ouvrage, mais à aucun moment son attitude n’est soulignée comme néfaste. Cela m’a quelque peu dérangée. Mais l’ouvrage était intéressant pour découvrir ce qu’est un Meilleur Ouvrier de France ou ce que sont des pommes de terre à la façon Chatouillard.

Ensuite, je me suis attaqué à mon titre préféré des trois lus dans la collection : Parfum volé de Nathalie Daladier, Philippe Caron et Iris Pallida. C’est pour moi le plus équilibré des trois, il mélange à la perfection la dose d’intrigue nécessaire tout en inculquant des faits passionnants sur le monde extrêmement pointu et feutré de la parfumerie. Il fonctionne à merveille, et même nous, adultes, en apprenons beaucoup sur comment fonctionne le métier de nez, si étrange et passionnant tout à la fois. Ce roman est une vraie réussite.

Le dernier que j’ai eu l’occasion de lire est Ariane, mission accomplie de J.C. Djian, Philippe Willekens et Philippe Biard. Nous sommes en Guyane Française, et nous allons découvrir comme se déroule un projet de lancement de satellite au travers de la base de lancement située à Kourou. Au travers de cette histoire scientifique se détache également une intrigue policière qui se termine en course-

poursuite. Le tout est assez efficace même si certaines ficelles sont parfois un peu grosses. Il n’est pas évident de tenir une intrigue parfait en moins de cent pages tout en y insérer quantité de détails scientifiques. L’exercice est délicat, et les auteurs s’en sortent au final très bien.

Notez que dans chaque ouvrage, on découvre des double-pages illustrées expliquant de détails importants d’un métier ou d’un fait historique. Et c’est là la plus grande qualité de la collection : semer quantité d’informations culturelles tout en offrant une bonne intrigue. Le tout passe beaucoup mieux par ce biais que si c’était un simple documentaire !

Ainsi, si vous avez envie de découvrir cette petite collection, n’hésitez pas. Les romans Drôles d’histoires sont nombreux et faciles à trouver d’occasion à petit prix. Ils sont adapté dès l’âge de 9 ans jusqu’à 12 ans environ, et brassent quantité de thématiques : le dessin, le monde de la pêche, l’équitation, le Tour de France… etc.

Comme le dit si bien la collection : « Le plaisir d’une histoire, le goût du savoir« .

Chronique beau-livre : Le Larousse insolite

Un beau-livre pour découvrir toutes les curiosités qui ont traversé les différents ouvrage que publie Larousse depuis plus de 170 ans ! Un livre curieux qui recèle des mots étranges et de belles illustrations surannées…

Difficile de chroniquer un beau-livre, mais je vais tenter cette acrobatie. Le Larousse Insolite est avant-tout un beau livre-objet pour les férus de curiosités et d’histoire. Beaucoup d’anciennes gravures et illustrations y sont présentes, de même que des définitions peu ou plus usitées. Certaines orthographes ont changé, de même que des expression.

Après, la question à se poser est celle-ci : cet ouvrage nous fait-il découvrir ou apprendre des choses ? La réponse est oui, mais il faut la nuancer. En effet, j’ai trouvé ce Larousse insolite plus axé sur le visuel que sur les définitions. Pour une page pleine d’une dizaine dessins, vous n’aurez grand maximum que trois ou quatre définitions.
Ce n’est donc pas pour ses définitions – guère nombreuses – qu’il faut découvrir l’ouvrage, mais bien pour ses visuels étranges, curieux et parfois assez incroyables.

Mais mes parties préférées restent quand le visuel et la définitions sont présents, cela met en avant tout le cocasse et le bizarre de l’objet en question ! Par exemple, saviez-vous qu’un domino était un vêtement également ? J’ai découvert aussi un Dolmon, mais sans aucune définition (que je n’ai pas trouvée non plus sur le net), j’ai été passionnée par le Douk Douk (cf image ci-dessous)…

Certaines images n’ont bien entendu pas besoin de définition, mais c’est passionnant de voir les usages de l’époque notamment l’écorçage. J’ai découvert que le mortier avait un autre nom : égrugeoir. Ou encore que les sèche-linges étaient encore moins écologiques à leurs débuts que maintenant !

Ce dictionnaire est donc intéressant, oui. Mais à réserver aux personnes passionnées de curiosités et surtout de belles images à l’ancienne (gravures, anciens dessins d’archives, etc.). Il y a peu de définitions si on compare au nombre de visuels, et ce déséquilibre m’a quelque peu dérangée. Mais cela reste un très beau livre à découvrir pour qui aime l’étrange et les belles illustrations !

GENRE : Documentaire
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Fières d’être sorcières !

Une sorte de version Harry Potter de l’ouvrage jeunesse Histoire du Soir pour filles rebelles… une jolie réussite !

A paraître le 24 octobre 2019 chez Gallimard Jeunesse, voici un album destiné aux fans absolu.e.s de la saga Harry Potter. Au programme, des portraits uniques de ces femmes sorcières qui ont transformé le monde magique, et parfois même celui des moldus et plus encore…

Un bel album documentaire dans le plus pur style Harrypotteresque

Si vous êtes un.e fan absolu.e de la saga Harry Potter, bien évidemment ce livre est fait pour vous ! Au programme, un développement approfondit de certains personnages parfois « oubliés » dans la saga, sans oublier également les plus connus.

Et chose intéressante, il n’est pas uniquement question des personnages « gentils » ici, et tout un pan de l’ouvrage est dédié aux personnages maléfiques avec notamment Vinda Rosier (que l’on voit dans Les Crimes de Grindevald) ou encore Nagini ou Pansy Parkinson, pour ne citer qu’elles.

Une pleine page pour le fascinant personnage qu’est Luna Lovegood.

Pour découvrir le reste de ce que cache cet ouvrage… le mieux est encore d’admirer les quelques photos qui en dévoilent un peu plus !

Et parmi certaines oubliées, Nagini n’est ici pas en reste !

Quoi qu’il en soit ce beau-livre de fin d’année est édité à un prix fort attractif, puisqu’il est à 13.90€. Pour ce que c’est, je trouve que c’est très honnête et je ne peux que vous le recommander chaudement ! C’est un cadeau de fin d’année facile à faire et un nouvel indispensable à tout fan de Harry Potter.

Une section est même réservée aux stars du monde des sorciers !

Chronique album jeunesse : Sisyphe – Le bousier qui en avait assez de rouler sa boule

Un très bel album documentaire pour découvrir l’intérêt primordial des bousiers pour nos campagnes !  

Lucca éditions est un tout petit éditeur qui voit les choses en grand. En effet, c’est ambitieux (et bienvenu) de parler d’écologie et de préservation de l’environnement aux enfants dès l’âge de 4/5 ans environ. Mais quand c’est fait avec talent, le tout accompagné d’illustrations graphiques de toute beauté, le message ne peut que passer ! L’histoire est écrite par Elisabeth Ludes, c’est son premier ouvrage destiné aux enfants. L’illustratrice, Mona Leu-Leu n’en est pas à son premier coup d’essai : elle a travaille régulièrement avec l’édition pour créer de nouvelles illustrations/designs.

Un bousier qui en a marre de que personne n’estime son travail à sa juste valeur…

Sisyphe est un bousier comme les autres : tous les jours, il forme des boules de bouse pour les transporter jusqu’à son terrier. Problème, personne ne se rend réellement compte à quel point son travail est indispensable pour le bien être de la communauté…

C’est ainsi que Sisyphe décide de faire grève, afin que chacun comprenne son importance au sein de la chaine… Il est petit, mais sa présence est vitale. Et à peine a-t-il cessé de travailler, que ça devient la catastrophe dans le pré…

Un album instructif et esthétique !

L’album possède des pages qui se déplie, ça donne une belle frise une fois déployé.

Parfait à lire aux enfants dès l’âge de 3/4 ans, Sisyphe est un album qui raconte une histoire intéressante, mais qui en plus fait office de documentaire. En effet, c’est l’utilité des bousiers que l’on découvre à travers cette histoire !

Moi-même, j’ignorais à quel point ce petit insecte était à ce point indispensable pour nos champs, nos récoltes, nos animaux. Sans le bousier, on marcherait littéralement dans les déjections.

Ils font un travail invisible mais vital pour la planète, et aucun autre animal ou insecte ne peux le faire à part eux… Dans cette histoire, des fourmis ou encore des taupes et des faucons s’y sont essayé, mais aucun n’a réussi à faire le travail de Sisyphe.

En somme, c’est l’album parfait pour initier de façon concrète les enfants aux sciences naturelles. Et pourquoi pas aller faire un tour dans un champ pour peut-être croiser ces insectes discrets et indispensables… ?

Chronique album jeunesse : Qui est le coupable ? – Le manoir

Un concept de livre-enquête absolument génial dans sa mise en œuvre ! Entre le jeu Qui est-ce et l’album policier pour les enfants dès 8 ans.

 La collection Qui est le coupable ? publiée chez Milan arrive avec son quatrième titre, et cette fois rendez-vous dans un manoir !

Écrit par Pascal Prévot et illustré par Aurore Damant, voici donc 15 enquêtes à découvrir avec à chaque fois son coupable… Saurez-vous le démasquer grâce aux cases de la couverture qui s’ouvrent et se ferment à volonté ?

Une idée de livre géniale, inventive et motivante !

Alors que le premier ouvrage de la collection Qui est le coupable ? est paru en octobre 2015, ce n’est que maintenant que je découvre cette série d’ouvrages ! Et pour avoir testé celui qui vient de sortir sur le thème du manoir (ave fantômes, vampires, armures hantées et monstres à la clé), je peux vous assurer que c’est absolument génial.

C’est inventif, malin, ludique, très bien mis en œuvre. J’ai testé toutes les enquêtes, et elles sont vraiment bien réalisées ! En une double-page seulement, vous découvrez une enquête complète : un mystère à élucider, et des témoins qui peu à peu vous aident à éliminer les suspects… jusqu’à ce qu’il ne vous reste qu’un seul coupable potentiel ! La conclusion de chaque mystère vous révèle enfin le coupable, pour vérifier que vous êtes bien sur le bon personnage.

Qui est le coupable – Couverture avec les petits volets amovibles.

Il y a des traces de pas dans la boue… cela ne peux donc pas être un fantôme, mais peut-être est-ce l’armure ? Vous voyez comment ça fonctionne ? C’est simple, on fait appel aux capacités de réflexion et de déduction des enfants pour trouver le fautif.

……

En somme, Qui est le coupable ? est une série d’albums interactifs géniaux. Il faut absolument que vous découvriez ces livres. Ils sont très malins, donnent envie de lire et attisent la curiosité des jeunes lecteurs ! C’est dès l’âge de 7/8 ans environ, et il y a d’ores et déjà quatre ouvrages avec quatre thèmes différents : L’école, le manoir, le château, et les pirates !

Un grand bravo aux auteurs pour cette série de livre, pour mois, c’est un véritable coup de foudre. Je ne me lasse pas de les conseiller à la librairie depuis que je les connais, et les clients en sont très contents, que demander de plus ? D’autres albums dans la même série !

Chronique album jeunesse : Paris, un livre-jeu

Un livre original et très prenant pour jouer, chercher et découvrir Paris en s’amusant !

Paru en mai 2016 chez Père Castor, voici Paris, un livre-jeu ! Illustré par Martin Débat et conté par Jeanne Boyer, voici un livre à nul autre pareil… C’est un mélange entre le cherche et trouve, le livre animé (avec un flap à chaque page) et le documentaire. Et c’est drôlement bien réalisé…

Paris ensorcelé

C’est la folie ! Une sorcière s’est emparée de la capitale en l’ensorcelant : animaux devenus chimères, la Tour Eiffel emprisonnée dans une boule à neige géante, gargouilles de Notre-Dame prenant vie… Il n’y a que VOUS qui pourrez retrouver la sorcière et l’empêcher de perpétrer ses méfaits, mais encore faut-il la trouver… 36 parcours possibles : un seul chemin est le bon !

Un excellent album entre distraction et apprentissage

Cet album jeunesse est un véritable coup de cœur, autant sur le fond que sur la forme. L’aventure commence à la BNF, la Bibliothèque Nationale de France. Il faut commencer par dénicher les trois loups qui se cachent parmi une foule de personnages de contes libérés des ouvrages… Ensuite, il vous faudra décider activement du parcours : vous voulez aller à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris ? Ou plutôt au zoo ?

Et c’est ainsi que l’on se retrouve emporté par l’histoire ! Vous découvrirez ainsi lu Musée d’Orsay, L’aquarium de Paris, La Roseraie à Boulogne, L’opéra Garnier, la Grande Galerie de l’évolution, la Cité des Sciences… Chaque double-page vous proposera un choix, jusqu’à ce que vous trouviez enfin la sorcière !

Personnellement, je ne l’ai pas trouvée tout de suite, j’ai dû faire trois essais avant de la dénicher, mais justement tout l’intérêt de l’ouvrage. On essaye, et on réessaye, on découvre de nouveaux lieux en fonction de nos choix…

A chaque lieu découvert, vous avez un flap (ou volet) à soulever, vous faisant découvrir une notion liée à l’endroit. A l’opéra, vous découvrirez comment on appelle les jeunes danseurs, à la grande brasserie c’est le nombre de restaurants qui est révélé… etc. Les infos sont très succinctes, mais ajoutent une autre facette à l’apprentissage de ces lieux emblématiques de Paris.

…….

Cherche trouve, documentaire, livre animé, histoire aux élans d’aventure… cet album regroupe toutes les qualités requises pour en faire un beau coup de cœur ! Paris, un livre-jeu est à découvrir dès l’âge de 7 ans minimum pour en profiter pleinement.

Je n’espère qu’une seule chose maintenant, qu’ils en fassent d’autres dans la même collection avec pourquoi pas d’autres villes de France ou d’autres capitales du monde ?

Interview des éditions Issekinicho

Issekinicho logoIssekinicho, ce mot vous dit quelque chose ? Il s’agit du nom d’une toute petite maison d’édition extrêmement qualitative et unique qui nous vient d’Alsace. Spécialisée dans la photographie et l’Asie, tous les ouvrages créés par cette maison sont des bijoux. Ils ne sortent que deux ouvrages par an en moyenne, et on comprend pourquoi quand on voit les finitions et le détail apporté à chaque ouvrage.

C’est une de mes maisons d’édition coup de cœur, je les suit depuis plusieurs années, et j’ai aujourd’hui la chance de pouvoir vous les présenter à travers cette interview. Foncez chez votre libraire pour voir/admirer/feuilleter leurs ouvrages ! Que l’on soit fan de l’Asie, du Japon ou de la Corée, peut importe, la qualité des ouvrages transcende le sujet lui-même… Parole de libraire.

La bibliothèque de Glow : Pourriez-vous présenter les éditions Issekinicho ?

Éditions Issekinicho : Oui bien sûr, c’est une maison d’édition qui a maintenant presque 3 ans, spécialisée dans le livre photo, graphique et bande dessinée sur le Japon, nous avons 8 titres au catalogue.
En plus de notre site de vente en ligne, de la présence sur des salons du livre et des conventions « Japon », nous sommes diffusés et distribués en grandes librairies, librairies indépendantes et librairies en ligne.

Issekinicho 2La bibliothèque de Glow : Quel est votre ligne éditoriale ?

Éditions Issekinicho : Faire des livres avec comme toile de fond le Japon, mais qui peuvent aussi bien intéresser des fans du Japon que des gens qui ne s’y intéressent pas particulièrement.
Nous cherchons à proposer des livres avec plusieurs portes d’entrée, des livres qui peuvent intéresser des gens différents pour des raisons différentes.
Nous ne faisons pas d’achat de droits, mais uniquement des créations originales. Deux de nos titres ont été traduits à l’étranger, « Neko Land – une vie de chat au Japon » en allemand et « Saisons du Japon – coloriages zen & haïkus » en vietnamien.

La bibliothèque de Glow : Est-ce que le mot Issekinicho signifie quelque chose ?

Éditions Issekinicho : Oui, c’est une expression japonaise, prononcé « issé ki ni tcho » Isséki signifie « une pierre » et nicho signifie « deux oiseaux ». En anglais il y a la même expression « one stone, two birds ». C’est l’équivalent de notre expression « D’une pierre, deux coups »

Issekinicho kokekokkoLa bibliothèque de Glow : Combien êtes-vous à faire tourner cette petite maison d’édition ?

Éditions Issekinicho : Et bien, deux, comme l’expression Issekinicho l’indique ^_^
Pour ma part (Alex), en plus d’être auteur de certains titres, je travaille à temps plein sur la maison d’édition, la recherche de projets, la mise en page, le suivi de fabrication, la vente en ligne, la communication, les relations presse, la présence sur les salons, répondre aux interviews comme celle-ci ^_^…  Bref, toutes les tâches nécessaires au bon fonctionnement d’une maison d’édition.

Delfine n’est pas à temps plein sur la maison d’édition, elle y consacre environ 1/4 de son temps. Elle s’occupe de la communication, de la vente en ligne et des salons avec moi. Elle est partie prenante dans tous les choix éditoriaux. Les autres 3/4 de son temps, elle continue à travailler comme illustratrice pour des éditeurs jeunesse.

Sinon nous avons un comptable qui s’occupe des choses trop complexes pour nous (bilan, compte de résultat, TVA…)

Issekinicho 4La bibliothèque de Glow : Vous faites très peu de titres par an, mais ils sont d’une finition absolument parfaite sur tous les plans, avez-vous une formation spéciale dans l’édition ou êtes vous autodidacte ?

Éditions Issekinicho : Merci, Delfine et moi avons une formation de graphiste. J’ai travaillé quelques mois en agence de communication avant de me mettre à mon compte en illustrateur freelance et Delfine m’a rejoint à la fin de ses études d’illustration.  Nous avons travaillé avec beaucoup d’autres éditeurs en temps qu’illustrateurs. Même si la maison d’édition n’a que 3 ans nous baignons dans le milieu du livre depuis 13 ans.
Nous apprenons le métier d’éditeurs au fur et à mesure des titres que nous publions. Un livre photo demande un travail irréprochable, de la prise de vue à sa mise en page, du choix du papier au choix des techniques d’impression et de fabrication. Pour ça, il faut connaitre parfaitement le potentiel de l’imprimeur avec qui on travaille. Nous profitons de chaque nouveau projet pour expérimenter des techniques d’impression et de nouveaux papiers. Publier un livre est aussi l’occasion d’apprendre, c’est important pour nous.

Issekinicho 5Étant seul (Alex) sur la partie mise en page, suivi de fabrication et souvent auteur de certains titres, nous ne pouvons pas produire plus de titres par an.

Comme je l’ai dit, nous ne faisons pas d’adaptations en français de titres japonais. Il nous faut donc trouver des idées de livres suffisamment intéressantes à réaliser, et cela prend plus de temps.

Issekinicho CoréeProduire peu par an, c’est aussi prendre d’énormes risques car le marché du livre actuel préfère la rotation rapide en librairie avec des livres de qualité moyenne, qui coutent moins cher à fabriquer et qui ont un plus fort potentiel de rentabilité. Produisant peu, nous avons besoin que nos livres restent longtemps en librairie, que le libraire les recommande régulièrement. Malheureusement les libraires ne gardent les livres que très peu de temps. En gros, nous sommes à contre-courant de ce que le marché du livre demande actuellement…

Le marché du livre va trop vite pour installer un titre en librairie, surtout pour des structures comme la nôtre qui ne peuvent pas avoir accès facilement aux médias, plateaux TV ou se payer de la pub. Ça prend donc plus de temps pour que les gens découvrent nos titres. Nous ne rentrons pas dans le cercle  « lancement / promo > ventes pendant 3 mois > retour des invendus > destruction des invendus > on passe à un autre livre »

Issekinicho 7 nipponLa bibliothèque de Glow : Pouvez-vous actuellement vivre de votre passion pour l’Asie à travers la publication de ces ouvrages ?

Éditions Issekinicho : Non. Pour développer un peu cette réponse : nous ne perdons pas d’argent, ce qui est déjà une très bonne chose. Malheureusement l’argent qui rentre grâce aux ventes ne nous permet pas de nous verser de salaire.

L’argent repart dans le financement de nouveaux projets, les frais de fonctionnement, les charges sociales, les taxes et impôts. Il faudrait que nos ventes soient multipliées par 2 pour pouvoir se payer un SMIC (et je parle d’un SMIC pour une seule personne…)

Issekinicho neko landLa bibliothèque de Glow : Souhaitez-vous développer plus encore votre maison d’édition ?

Éditions Issekinicho : Ça dépend de ce que l’on entend par « développement »…
Si c’est : plus de publications par an, non, nous ne le voulons pas vraiment. Nous espérons garder un rythme de 2 BONS titres par an, afin de pouvoir garder une qualité et un vrai suivi de la promotion du titre en librairie.

Ce que nous souhaitons développer, c’est notre communication et nos liens avec les libraires (pas mal de libraires ne nous connaissent pas encore), avoir une meilleure mise en avant par les médias et toucher plus de lecteurs.
Nous préférons continuer à publier 2 titres par an et faire de bonnes ventes que de devoir multiplier les titres avec des ventes moyennes.

Je sais que l’on aime bien entendre parler de croissance, de développement, on aime bien les « success-stories »…Nous, nous voulons juste continuer à faire de bons titres. Si l’année prochaine nous n’avons qu’un seul titre à proposer, nous ne nous forcerons pas à sortir plus et n’importe quoi.

Issekinicho 6 saisonsLa bibliothèque de Glow : Quelle est la publication pour laquelle vous avez le plus d’affect ?

Éditions Issekinicho : Nous mettons autant d’énergie dans chacun de nos titres. Chaque nouveau titre est l’occasion de tester de nouvelles choses en fabrication, vernis, marquage à chaud, reliure papier. Donc j’ai de l’affect pour tous, mais pour des raisons différentes.
Et puis je suis auteur de certains titres donc c’est très étrange de dire que l’on aime son travail ^_^

Mais s’il faut parler d’un livre, je veux bien parler du livre Saisons du Japon de Nancy Peña. Ses illustrations sont magnifiques et d’un niveau bien supérieur à ce qui est sorti en livre de coloriage sur le Japon. On est très fiers d’avoir ce livre dans notre catalogue.

La bibliothèque de Glow : Avez-vous des anecdotes à nous raconter autour de certaines de vos publications ?

Éditions Issekinicho : Toujours sur Saisons du Japon une anecdote malheureuse : les libraires boudent ce livre, le placement en librairie a été plus que moyen, alors que ce livre va plus loin que le simple livre de coloriage ( c’est aussi un recueil de Haïkus ). Les libraires se contentent d’un présentoir des livres de coloriage Hachette et ne s’intéressent pas aux publications bien meilleures que peuvent sortir d’autres éditeurs. Une façon pour eux de se débarrasser du problème « livre de coloriage ». Pendant ce temps, les lecteurs qui trouvent ce titre par d’autres réseaux de vente (en ligne ou lors des salons) sont ravis de ce titre. Un bon livre n’est pas forcement synonyme de succès de librairie.

La bibliothèque de Glow : De nouvelles publications sont-elles à venir ?

Éditions Issekinicho : Oui ! Notre dernier titre, le roman Le Fantôme de la tasse thé est sorti en octobre 2015 et nos 2 prochains titres sortiront en octobre 2016. Un an sans nouveauté comme vous pouvez le voir, les création demandent du temps.

Le premier est  un livre photo sur les singes du Japon : Saru – Singes du Japon.
Je viens de terminer 3 voyages au Japon (automne, hiver et printemps) pour prendre toutes les photos dont j’ai besoin. Les textes du livre seront écrits par deux primatologues qui ont étudié les singes au Japon. C’est un livre grand public, avec des explications sur les comportements des singes ainsi qu’une partie carnet de route que j’écrirai.
Je publie actuellement chaque semaine sur notre chaine YouTube des vidéos « carnet de route » sur ce projet.

Le deuxième est une bande dessinée qui s’intitulera Onibi (qui signifie Feu-follet), c’est un récit qui se déroule bien évidemment au Japon, plus précisément à Niigata et qui mélange autobiographie et histoire fantastique. Il est réalisé par Cécile Brun et Olivier Pichard, plus connus sous le nom « Atelier Sento ».

Issekinicho 3 singe

Chronique Album Jeunesse : De plus en plus haut

De plus en plus hautUn album graphique pour découvrir les plus belles et les plus grandes constructions du monde… pas toujours modelées par la main de l’homme !

Paru en juin 2014, cet album est édité aux éditions de La Martinière Jeunesse. L’illustration y est assurée pat Mikhail Mitmalka et le texte par Justine de Lagausie (elle a déjà écrit quelques documentaires aux éditions du Seuil). En quelques pages, plongez dans l’infiniment grand… en commençant tout doucement avec 1.30 mètre, qui correspond à la taille d’un enfant de 10 ans.

Esthétique et graphique, une belle façon de découvrir le monde et ses grands symboles

Entre l’album jeunesse et le documentaire, découvrez un livre atypique qui fait grimper des hauteurs vertigineuses… Du petit garçon, nous passons à la girafe africaine qui fait 5.50 mètres, puis aux fameuses Statues de l’Île de Pâques qui mesurent 10 mètres, puis à l’Obélisque de Louxor (23 mètres) qui se situe à Paris… Mais jusqu’où va-t-on aller ?

Plus on tourne les pages et plus la hauteur devient vertigineuse, et les monuments de Dame Nature ne sont pas en reste. Des Chutes Victoria (108 mètres) en passant par le séquoia à feuille d’if en Californie (115.55 mètres), la Terre n’a rien à envier à l’homme.

On appréciera les annotations succinctes présentant le monument tout en bas de la page. Vous trouverez de plus amples détails sur les deux premières et dernières pages intérieures où sont référencés et présentés tous les bâtiments et autres présentés de l’album. Vous en apprendrez ainsi plus sur son histoire ou le contexte qui l’a vu naître. Ainsi, l’histoire de la Sagrada Familia à Barcelone est fascinante !

De plus en plus haut insideEnfin dernière chose mais pas des moindres, les illustrations de Mikhail Mitmalka sont épurées et extrêmement graphiques. On reconnaît avec aisance et simplicité les constructions qui sont le symbole de certaines parties du monde. Elles sont toutes réussies, et cela sans fourmiller de trop de détails… une belle réussite.

A conseiller pour tous ceux qui souhaiteraient faire découvrir le monde à leurs enfants de façon originale et design ! Dès l’âge de 6 ans environ.

Chronique documentaire : L’encyclopédie du fantastique

L'encyclopédie du fantastiqueUn ouvrage de référence sur le fantastique sous toutes ses formes

 Jacques Baudou est un spécialiste des littératures de l’imaginaire. Il est membre du jury du festival des Imaginales et a notamment écrit un Que Sais-je sur la fantasy ainsi qu’une Encyclopédie de la fantasy aux éditions Fetjaine en 2009.

Et en octobre 2011, Jacques Baudou vient de publier l’encyclopédie du fantastique également aux éditions Fetjaine, véritable mine d’or illustrée et très documentée indispensable à tout amateur des littératures de l’imaginaire.

Quand le surnaturel s’invite à table

Jacques Baudou se propose ici de nous faire découvrir le fantastique à ses origines les plus lointaines, en passant par les mythes et légendes, les superstitions jusqu’à nos jours avec des auteurs et films contemporains.

Découpé en sept grandes parties, on découvre les origines littéraires du genre sous toutes ses formes : le mythe des vampires, les loups-garous, les monstres tel la créature de Frankenstein… mais bien loin de nous parler uniquement de ce que nous connaissons déjà, Jacques Baudou va plus loin en nous faisant découvrir des textes obscurs et souvent méconnus.

Ainsi pour Bram Stocker, même si il s’agit de l’auteur ayant eu le prestige de populariser le mythe vampirique, il est loin d’être le premier à en parler.

Les légendes et croyances populaires ayant déjà contribué à la création de cet être décrit comme « un homme mort dont le corps n’est pas soumis à la décomposition tant qu’il se protège de la lumière du jour, et qui sort de ses cachettes la nuit pour aller sucer le sang des vivants ».

Vous trouverez également des dossiers sur l’imaginaire du monde entier, Amérique du sud, Allemagne, Italie, Russie etc. Mais ce qui rend cette encyclopédie aussi complète, c’est le fait d’avoir croisé culture littéraire et cinématographique au fil des époques.

 Le tout étant agrémenté de plus de plusieurs centaines d’illustrations de tous types : photographies, captures de films, couvertures, lithogravures, peintures… la mise en page du livre est très travaillée, motifs décoratifs, fond différent à chaque double page… la consultation de cet ouvrage est plaisante à tous points de vues.

La culture encyclopédique de Jacques Baudou est tout simplement incroyable, aussi bien sur le plan historique que sur les plus récentes œuvres de l’imaginaire. Cette Encyclopédie du fantastique fait partie des références durables et indispensable à tout passionné et connaisseur du genre mais aussi pour les néophytes ayant soif de découvertes !

Cet article a été rédigé pour le site ActuSF.

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Chronique Album Jeunesse : Le livre des Créatures

Le livre des créatures

Un magnifique bestiaire qui fascinera aussi bien les jeunes lecteurs que les passionnés de mythes… dont certains fort méconnus.

L’œuvre que je vous présente ici est destinée aux enfants : C’est le livre des créatures. Son auteur, Nadja, écrit de nombreux livres pour les enfants créant souvent des histoires extraordinaires pour les petits, tout en baignant ses écritures de ses peintures, qui sont ma fois très jolies et qui transportent dans un monde différent du notre, attirant par ses bizarreries. On lui doit notamment le grand classique Chien Bleu.

Dans le livre des créatures, elle parle de monstres que l’on connait déjà : fantômes, dragons, sorcières, lutins, feu follets… Mais aussi de créatures moins connues telles que l’akalakui mangeur d’hommes, du drac, ou encore du Vodianoï, une créature des marais de Russie…

Pour chaque créature, Nadja nous fait une description détaillée, et une belle peinture de sa main. On apprend aussi son origine, certaines sortent de la mythologie grecque, d’autres du Japon, de la Russie… Le livre des créature instaure vraiment une ambiance particulière, il est tout en noir, la couverture noire, les pages noires aussi, avec les peintures de Nadja, sombres aussi instaurent une ambiance dangereuse et inquiétante, comme si les créatures du livre n’étaient pas loin, tapies sous l’ombre d’une table ou d’un lit…

Bonne lecture de ce magnifique livre, le premier livre fantastique que j’ai ouvert quand j’étais jeune, est ma bible. Il s’adresse à tous, petits et grands régalez-vous !

Le Liéchi

La parisette

La mandragore