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Chronique jeunesse : Où sont les filles ?

Un nouveau Pépix surnaturel… et si les filles avaient TOTALEMENT disparu de notre planète ? Comment serait le monde ? Et à cause de qui une telle chose deviendrait possible ?

Claire Renaud est une autrice française qui a déjà à son compte aussi bien des romans jeunesse, que pour ados ou adultes. Elle a ainsi écrit chez Sarbacane dans la collection Exprim’ Les Quatre Gars. Pour les adultes, on lui doit Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères (Les Escales) ou encore Déboutonnage (Stock). Où sont les filles ? est son premier Pépix, il est paru en janvier 2018.

Comment comprendre les garçons quand on est entouré de filles à la maison ?

Ondine est une jeune fille normale : école, maison, dodo. Tout roule. Elle vit avec sa soeur Marine, sa mère Océane et sa grand-mère Pélagie.

Mais un beau jour, à l’école, Ondine croise un jeune garçon de son âge qui lui plaît beaucoup. Beaucoup. Mais elle ne sait pas quoi faire pour l’aborder ou tout simplement qu’il s’intéresse à elle… C’est ainsi qu’elle formule à haute voix un souhait saugrenu : celui d’être entourée de garçons qui lui expliqueraient comment ça fonctionne dans leur tête.

Le seul problème, c’est que son fameux souhait va se réaliser… mais pas seulement à l’échelle de sa petite maison, mais dans le monde entier ! Ondine est la SEULE et unique fille de la terre ! Comment inverser la vapeur ? A quoi est due cette magie ?

Distrayant, sympathique, et un peu fou !

J’ai passé un agréable moment avec ce Pépix à l’idée de base originale, il faut l’avouer. Comme tous les titres de la collection, il sera parfait à découvrir dès 9 ans environ.

L’histoire se déroule à merveille, Ondine est une héroïne forte, et têtue (heureusement pour elle et l’humanité d’ailleurs !) et on prend plaisir à découvrir son histoire. Même si ce Pépix n’est pas dans mes préférés, il reste toutefois très bien.

En fait, ce qui m’a un peu déplu, c’est le magicien Misteress Smith, celui par qui tous les problèmes arrivent. Il n’explique au final pas réellement pourquoi il exauce le souhait d’Ondine en particulier. On comprend qu’il est totalement mégalo et imbu de sa personne, mais ça sonne malgré tout un peu creux tout ça… Il aurait fallu (selon moi) étoffer le personnage de Misteress Smith. Il est chaotique, ne fait que ce qu’il veut, mais il lui manque un petit quelque chose qui le rendrait crédible.

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En dehors de cela, rien à signaler. C’est drôle, toujours original, décalé et très prenant. En bref, les jeunes lecteurs seront ravis de découvrir Ondine et ses tentatives de sauvetage du monde !

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Chronique Jeunesse : Rufus le fantôme

Un roman pour la jeunesse totalement génial et inattendu où le héros est un fantôme qui a déjà trouvé ce qu’il veut faire dans la mort !

Rufus le fantôme est un roman à classer à part, aussi bien en jeunesse que dans la collection Pépix elle-même. C’est un livre destinée à la jeunesse osé, malin et drôle à la fois.

L’auteur, Chrysostome Gourio, a déjà écrit plusieurs ouvrages, mais jamais en jeunesse. Il a déjà écrit pour les adultes, notamment dans le genre de la science-fiction.

Rufus, fantôme de son état

Bienvenue dans le merveilleux cimetière de Rufus et Octave ! Rufus est un jeune fantôme, Octave un mort-vivant un peu difficile à comprendre, mais adorable. Il fait bon vivre dans leur cimetière, on y croise des vampires, des morts-vivants, des fantômes… Vous y trouverez tout ce qui est nécessaire à la vie en communauté : une  cervellerie, des caveaux…. et une école !

C’est ici qu’étudient tous les enfants du quartier… et quand l’institutrice demande à tous de faire un exposé sue le métier de leur rêve. Rufus et Octave savent déjà quel sera leur sujet… la Mort. Et oui, récolter les âmes est un véritable travail qui mérite qu’on s’y intéresse. Mais l’explosé va vite se transformer en stage d’observation et de pratique… au plus grand déplaisir des parents de Rufus.

La Mort, un métier d’avenir !

Rufus le fantôme est un roman génial… et osé. Parler de la mort avec humour à des enfants d’environ 9 ans, c’est complètement fou et super à la fois !

Je suis ravie de voir que Sarbacane publie ce genre de roman, si il y a bien un éditeur qui a le cran de proposer TOUS types d’ouvrage, c’est bien eux.

Ainsi, dans ce roman, on découvre Rufus, fantôme de son état, qui veut travailler dans la mort. Et son meilleur ami Octave lui veut être son Ankou (c’est l’assistant de la mort, il porte la charrette pour y entreposer les corps dans la mythologie bretonne et celtique).

Mais pour se faire, ils vont devoir combattre les préjugés et découvrir le monde du travail, qui est loin d’être simple. La société La Mort Inc. A en effet décidé d’être plus efficiente et force ses salariés à accélérer la cadence…

Les lecteurs découvriront alors ce qu’est une grève, un syndicat et tout ce qui fait le dialogue dans le monde du travail !

……..

Lire Rufus le fantôme, c’est aussi l’occasion de découvrir un peu de mythologie : outre l’Ankou (peu connu), on y traite également des Moires (celles qui tissent le fil de votre destin dans la mythologie grecque). Et puis, j’ai adoré le nom du big boss de La Mort Inc. : DCLXVI (je vous laisse déchiffrer la signification de ces chiffres romains, mais c’est hyper bien trouvé).

Dernier point, les illustrations d’Eglantine Ceulemans sont magnifiques. Simples mais douces, elles sont de toute beauté. Douces et pures à la fois, elles sont tout simplement parfaites pour ce roman. J’espère revoir ses dessins dans d’autres romans Pépix !

Bref, je manque de superlatifs pour partager avec vous ce roman tant il m’a plu. Il est la preuve (vivante) que l’on peut traiter de tous les sujets avec les enfants pour peu qu’ils soient amenés avec intelligence.

PS : Je termine cette chronique pour parler comme Octave, « égniéuperommeiivre ! ».

Chronique Jeunesse : Super Vanessa et la Crique aux fantômes

Un roman pour la jeunesse dans l’ambiance d’un des meilleurs épisodes de Scooby Doo !

Florence Hinckel, l’une des auteurs de la série ado emblématique U4 revient à la jeunesse avec Super Vanessa et la crique aux fantômes, dans la collection Pépix. Elle avait déjà écrit dans la même collection Super Louis et l’île aux 40 crânes en 2014.

En jeunesse, on lui doit également la série Le Chat Pitre (Nathan), Mémoire en mi (Syros), et une foule d’autres romans chez Rageot, ou encore Oskar.

Il se trame des choses étranges dans la petit ville de Cygne-sur mer…

Bienvenue dans une ville typique et charmante dont même le nom est source de curiosité : Cygne-sur mer. C’est ici que vie la jeune Vanessa, mais également Louis, Brutus, et une foule d’autres enfants.

Depuis l’annonce d’un tournage très important du réalisateur renommé Marc Oreille, la bourgade est en ébullition… et des événements étranges surviennent : apparitions, voix surnaturelles, etc… A quoi sont dues ces manifestations qui terrifient peu à peu la crique ? Vanessa va mener l’enquête, aidée par ses amis Louis (surnommé ici Loulou), Gus, surnommé Brutus, Marius-la-ficelle et Adam-le-Roux !

Drôle, bien ficelé, le tout avec une ambiance GÉNIALE

De l’ambiance en passant par l’intrigue et la façon dont sont campés les personnages, tout fonctionne à merveille dans ce roman.

On (re)découvre Louis, le même que dans l’ouvrage Super Louis et l’île aux 40 crânes, mais aucune obligation pour le lecteur de le lire pour apprécier et comprendre pleinement Super Vanessa et la crique aux fantômes. J’ai d’ailleurs préféré l’histoire de Vanessa à celle de Louis, et de loin !

Ici, vous aurez donc une histoire sur fond d’esprits, de fantastique et de mystère… Vous découvrirez également une amitié naissante entre deux personnes qui se détestent absolument, mais qui grâce à une simple phrase, vont réussir à se découvrir.

Quant à l’ambiance Scooby Doo dont je vous parlais en phrase d’accroche, je trouve qu’il n’y a pas mieux pour décrire en peu de mots ce roman. Tout y est : le mystère, le côté surnaturel, un duo de malfrats, une histoire d’argent et d’héritage… et une supercherie mise au grand jour !

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En somme, c’est avec enthousiasme que je vous conseille cet ouvrage pour les enfants à découvrir dès l’âge de 9 ans environ. On découvre le monde du spiritisme et du cinéma (et de ses horribles castings), tout en s’amusant. Garçons ou filles, peu importe, ils auront un plaisir fou à découvrir cette histoire !

PS : Mention spéciale à l’illustratrice, Caroline Ayrault. Ses petits fantômes à chaque début de chapitre (tous différents !) m’ont beaucoup fait sourire. En particulier les fantômes qui ont peur… ça fait peur !

Chronique Jeunesse : Lola et la machine à laver le temps

Un roman pour la jeunesse débridé, drôle et temporellement instable !

Rolland Auda est un auteur pour les adolescents et la jeunesse. Lola et la machine à laver le temps est son premier roman pour la jeunesse. Avant cela, il a écrit trois romans destinés aux adolescents, tous chez Sarbacane : L’équipée volage, Le dévastateur et Gringo shaman.

Avec ce nouveau roman, Rolland Auda signe son entrée – réussie – en littérature dite jeunesse.

Comment sauver l’avenir de son papa du passé ?

Tu ne comprends pas le sous-titre de cette chronique ? Soyons plus clairs. Lola a un papa de génie qui a créé une machine à voyager dans le passé. Enfin, une machine à laver qui voyage dans le passé plus exactement. Mais suite à la pression d’un certain gouvernement l’avenir de la machine est menacé, de même que Lola elle-même… Alors pour sauver les meubles (enfin, la machine à laver et Lola), la jeune fille se doit d’aller dans le passer prévenir son papa… âgé de 10 ans !

Un très bon Pépix !

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu un roman Pépix avec autant de plaisir ! Cette nouveauté me permet de renouer avec la collection, et ça fait du bien.

Lola est une petite fille dynamique, un peu folle et extrêmement attachante… de même que son papa du passé ! Et on adorera son petit côté entremetteuse… L’écriture de Rolland Auda est tout aussi caractéristique : vive, drôle, enlevée… Les adjectifs ne manquent pas pour décrire sa plume.

L’histoire tient bien la route, l’écriture est vivante, les personnages bien campés et décrits (le petit robot Dialectus est adorable)… Et les bonus qui entrecoupent le roman sont bien trouvés ! Le quatrième bonus en particulier était fort bien traité…  Et oui, que se passerait-il si Lola était transportée 34 ans dans le futur ? Alors ?

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Cette lecture est donc un petit coup de cœur. Tant au niveau de la créativité que de l’humour, Rolland Auda fait un carton plein avec ce roman adapté aux lecteurs dès l’âge de 9 ans. Alors, un quand un nouveau Pépix ? Si vous êtes trop pressé, vous pouvez toujours tenter de bidouiller vous aussi votre lave-linge… !

PS : Mention spéciale pour les titres de chapitres fort biens trouvés : Morgane de toi, Au 117, Boulgourkyia ne répond plus. Certains sont de jolis clins d’œil !

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2016 – Romans Jeunesse

noel-2Si il y a bien une catégorie qui arrive toujours à se renouveler et à être créative, c’est bien celle des romans pour la jeunesse ! Ceux que je vous propose ici sont de véritables coup de cœur. Vous aurez droit à : De la magie (sombre ou lumineuse selon le roman que vous choisissez), de l’aventure, et du suspense !

J’ai fait une petite entorse sur cette sélection en choisissant une série qui a été débutée en 2014 (et qui vient de se terminer début 2016), mais elle est d’une telle qualité qu’il ne faut vraiment pas que vous passiez à côté.

le-monde-des-ferals-1Le monde des Ferals – Jacob Grey – Pocket Jeunesse :

Saga jeunesse sombre et teintée de fantastique, Le monde des Ferals est assez original pour que l’on prenne le temps de parler de lui. En effet, rarement l’atmosphère d’un roman jeunesse est aussi bien travaillée, oscillant entre ténèbres et décadence dans une ville de style gothique.

Nous y suivons Crow, qui a l’étrange don de parler avec les corbeaux. Il vit seul, ses parents l’ayant abandonné il y a de cela de nombreuses années… Crow vivote en fouillant les poubelles et ne voit aucun avenir pour lui sinon celui de continuer ce qu’il a toujours fait : survivre. Mais le destin va en décider autrement, et c’est tout un pan de son passé qu’il découvrira en même temps qu’un univers où il est loin d’être le seul à parler aux animaux.

Premier tome d’une série qui en comportera trois, Le monde des Ferals est un très bon roman. Dense, riche, avec des personnages bien campés (y compris ceux qui ont le mauvais rôle), où les mondes se chevauchent. Les enfants dès l’âge de 11 ans passeront un excellent moment de lecture. Le second tome paraîtra en février 2017.

gardiens-des-cites-perdues-04Gardiens des Cités Perdues – Shannon Messenger – Lumen éditions :

Cette année 2016 a vu paraître le quatrième tome de la saga fantastique Gardiens des Cités Perdues. Pourquoi en parler alors que la série a été débutée il y a plus de 2 ans ?

Tout simplement parce que la qualité est toujours au rendez-vous, voir meilleure au fil des tomes. Pour tous ceux qui ont aimés les sagas fantastiques bourrées de magie comme A la croisée des mondes ou encore Harry Potter, cette saga en est le digne héritier !

Pour le moment, ce sont déjà quatre tomes de parus en France, et le cinquième arrive en février 2017. Dire que je l’attends avec impatience est un bel euphémisme… A découvrir dès l’âge de 11 ans.

Esther Mandragore 1Esther et Mandragore – Sophie Dieuaide et Marie-Pierre Oddoux – Talents Hauts :

Un nouveau duo aussi sympathique que drôle a vu le jour en 2016, il s’agit d’Esther et Mandragore, une série adaptée pour les 8/10 ans. Deux tomes sont parus cette année.

L’histoire est simple, mais menée efficacement : la jeune Esther a remporté à son école de magie le Prix de curiosité, et sa récompense est d’aller dans le monde des humains, notre monde ! De gaffes magiques en erreurs, la jeune Esther découvre notre univers avec ses coutumes étranges… de même que son chat Mandragore ! Son félin est pour moi le plus drôle du duo : toujours ronchon, capricieux, de mauvais poil, il y a toujours quelque chose qui ne va pas avec lui ! (la scène du coussin rose vaut le détour).

En bref, si vous recherchez une série jeunesse drôle, 100% française, maline et amusante, c’est ici que ça se passe !

La drôle d'expéditionLa drôle d’expédition – Séverine Vidal et Marion Puech – Sarbacane :

Après La drôle d’évasion avec les évadés d’Alcatraz, le jeune Zach revient cette fois-ci avec l’histoire du premier alunissage ! Pour découvrir cette aventure, pas de besoin absolu de lire la précédente, c’est à la convenance du lecteur.

A découvrir dès l’âge de 8 ou 9 ans, c’est frais, vivant, bourré d’humour et on apprend tout un tas de chose sur l’histoire de la conquête spatiale ! (Vous saurez par exemple d’où vient le nom de Buzz l’éclair dans Toy Story). On valide donc, pour les garçons OU pour les filles, peu importe, c’est super et puis c’est tout.

le-sultan-toufouLe sultan Toufou – Louis Thomas – Didier Jeunesse :

Bienvenue dans une histoire totalement barrée, un peu dans l’esprit des Contes des Milles et unes nuits, mais il s’agit d’une création contemporaine.

Le sultan Toufou porte très bien son nom, sa raison est en train de se faire la malle à force de frustration… En effet, à chaque fois que les dattes de son dattier son mûres, elles sont volées ! Il n’a jamais pu en goûter une seule… Il décide alors de faire garder son dattier par son fils ainé, mais ça ne marche pas, puis c’est son autre fils qui s’en charge, mais ça ne réussit pas non plus, puis son autre fils… etc.

A découvrir dès l’âge de 8 ans, ce court roman jeunesse est aussi drôle que réussit. Les chapitres sont courts, il y a encore pas mal d’illustrations pour rassurer le jeune lecteur, et chose rare, elles sont en couleur. Gros coup de cœur pour ce livre pour son originalité et son style d’écriture.

les-fausses-bonnes-questions-1Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket – Lemony Snicket – Nathan :

Il est des romans ou des séries de livres qui sont parfois géniaux, mais que l’on a « raté » lors de leur parution. Et puis, quand on les découvre sur le tard, c’est LA REVELATION. C’est exactement le sentiment que j’ai eu quand j’ai découvert cette année la série Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket.

Initialement parue en 2014, la saga vient de se clore en avril 2016. J’avais donc un peu de retard sur l’actualité, et mon seul regret sera de ne pas avoir lu ces livres plus tôt pour les conseiller aux jeunes lecteurs.

les-fausses-bonnes-questions-2Dans cette série en 4 tomes, tout ce qui fait un excellent roman pour la jeunesse est là : de l’action, un suspense maîtrisé jusqu’au dernier tome, des personnages originaux et mémorables, chacun à sa manière, un scénario bien ficelé… Et une ambiance absolument maîtrisée et unique.

Bienvenue à Salencre-sur-mer, autrefois célèbre et florissante pour son industrie de l’encre. Maintenant, la commune est presque désertée de ses habitants et de tout ce qui fait la vie d’une ville…

Nous y découvrons le jeune Lemony Snicket, fraichement recruté comme apprenti dans une mystérieuse organisation. Supervisé par la notoirement incompétente S. Théodora Markson, le jeune homme les-fausses-bonnes-questions-3va mener de front plusieurs enquêtes fort ardues. Statuettes dérobées, machinations, enlèvements, incendies criminels… Salencres-sur-mer recèle de très nombreux secrets. Il faudra quatre (excellents) tomes à Lemony Snicket pour en venir à bout !

Si vous ne devez retenir qu’un seul titre parmi cette sélection de coups de cœurs de l’année, prenez Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket. Cette série est absolument géniale.

les-fausses-bonnes-questions-4Son atmosphère entre le roman noir et le récit d’aventure est menée de main de maître… L’écriture est extrêmement originale et distrayante à la fois, tout en sachant garder un part d’étrange, un dosage difficile mais extrêmement réussit ici.

On se plonge immédiatement dans l’ambiance délétère de la ville de Salencre-sur-mer et de ses très nombreux mystères. A faire découvrir dès l’âge de 11 ans.

Chronique Jeunesse : Popy la tornade

Popy la tornadeElle est vive, un peu fofolle et surtout attachante : voici Popy la tornade ! Ecrit par Stéphanie Richard (à qui l’on doit J’aime pas la danse ou encore Carnet de route d’un chasseur de lutins), il s’agit de sa première incursion dans la collection Pépix.

Au programme, un peu de folie et pas mal de pouvoirs extraordinaires… dont un détenu par la très dynamique (et un peu capricieuse) Popy. A l’illustration, retrouvons Joëlle Dreidemy que nous connaissons déjà pour ses dessins de La Sorcitresse. Elle a également réalisé nombre de dessins pour la collection Ratus chez Hatier notamment.

Une gamine presque comme les autres !

La vie de Popy est un peu complexe. Elle a deux maisons, deux chambres, un papa, une maman, et tout un tas de belles-mères ! Et surtout, elle a un secret… qui risque d’être éventé à force de trop en user. Et oui, il faut savoir doser tout, y compris les pouvoirs magiques !

Un roman qui démarre rapidement, mais qui se tempère par la suite…

L’idée de départ de ce roman jeunesse est fort sympathique, on est emballé par Popy et son univers un peu fou (et surtout sa famille très atypique). Mais peu à peu, j’avoue avoir eu moins d’affect pour cette petite héroïne et son histoire fantastique… Pourquoi ?

J’ai trouvé qu’il y avait un certain manque de cohésion quant à la façon dont l’histoire est développée. De plus, les instants de « récréation » (habituellement nommés Bonus dans la collection Pépix) n’apportent guère à l’histoire.

Par contre, l’un des points positifs pour moi est que ce roman parle de l’homoparentalité, et comme c’est encore très rare, cela mérite d’être souligné ! En effet, la maman de Popy a une copine, et la jeune fille le vit de façon tout à fait normale, décomplexée, y compris à l’école. Quand on lui fait des remarques sur sa maman et ses préférences, elle répond : « Oui, et alors ? ». La réponse parfaite en somme !

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En fait, le ton du roman, les dialogues et son ambiance sont sympathiques, mais cela ne suffit pas à apprécier l’histoire dans son ensemble. Pour moi, il manque un petit quelque chose qui aurait pu rendre l’histoire de Popy plus captivante, plus trépidante et aussi plus attachante. L’histoire de Popy est ainsi une demi-réussite, même si son univers était intéressant. En tout cas, les dessins de Joëlle Dreidemy sont toujours aussi merveilleux et mettent parfaitement dans l’ambiance !

A découvrir dès l’âge de 9 ans, pour les enfants qui aimeraient voir le monde de la magie mélangé à celui de la cour d’école.

Chronique Jeunesse : La Sorcitresse

La SorcitresseUne fusion entre une super maitresse et une terrible sorcière… ça donne la Sorcitresse !

Elle vient tout juste d’arriver en librairie, elle est terrifiante, elle a mauvaise haleine, mais elle est aussi gentille et prévenante… voici la Sorcitresse ! A l’écriture, nous retrouvons Philippe Arnaud à qui on doit d’autres romans chez Sarbacane. Au dessin, découvre le coup de crayon de Joëlle Dreidemy qui a créé une sorcitresse aussi réussie qu’effrayante…

Deuxième-Chance, l’école où il ne fait pas bon être…

Bienvenue dans l’école de redressement pour enfants Deuxième-Chance, rebaptisée Double-Peine par tous les enfants. Elle possède son lot de surveillants aussi méchants qu’insipides, des élèves mauvais, des souffre-douleur… et de terribles professeurs !

Mais quand arrive une toute jolie et gentille maîtresse, la vie des élèves de Double-Peine va quelque peu s’adoucir… jusqu’à ce que la terrible sorcitresse la remplace une semaine sur deux !

Un univers et des dialogues accrocheurs

L’histoire de cette si gentille et adorable maitresse qui a les allures d’une princesse selon Charlotte et qu’elle qualifie de bellifique devient vite mystérieuse. En effet, avec une régularité confondante, la magnifique et si douce maitresse disparait. Lors de ces phases d’absence, c’est une terrible femme aux allures de sorcière qui la remplace : haleine atroce, ongles crochus à l’extrême, injuste au possible avec les bons élèves, presque douce avec les teignes… Autant dire que la remplaçante de la maitresse est très largement impopulaire !

L’univers créé par Philippe Arnaud est fort bien réussi. On s’immerge sans peine dans l’ambiance créée, et surtout les dessins de Joëlle Dreidemy sont parfaits, ils on tout pour plaire. Entre réalisme et merveilleux sur fond de quotidien de cour d’école, on se lance avec plaisir dans cette nouvelle aventure proposée par la collection Pépix.

L’histoire de cette sorcière aux allures ténues d’enseignante est entrainante pour des enfants dès l’âge de 9 ans. On appréciera particulièrement les dessins faits de la Sorcitresse. Ils sont franchement terribles (rien que la couverture donne une idée de sa repoussante allure…) et parfois effrayants. Pour la petite anecdote, les premières illustrations de la sorcitresse étaient bien plus épouvantables, tellement efficaces que l’illustratrice a du les remanier pour faire un peu moins peur aux lecteurs…

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En somme, vous l’aurez deviné, La Sorcitresse est un conte contemporain efficace qui a toutes les chances de plaire aux jeunes lecteurs. Entre humour et frayeurs, imaginaire et normalité le tout est rondement mené ! Cela sans oublier des dialogues bien sympathiques et de petits personnages fort attachants…

Chronique Jeunesse : Carambol’ Ange – L’affaire Mamie Paulette

Carambol' ange - affaire Mamie PauletteAttention, ça dépote, alors accrochez vouuuuuuuuuuuuus !

Il est paru en avril 2015, voici l’un des petits derniers de Clémentine Beauvais, paru simultanément avec Les petites Reines. En effet, les éditions Sarbacane ont pris l’habitude de faire des doubles parutions en simultané d’un même auteur en Pépix et en Exprim’.

Précédemment, nous avions fait la connaissance de Clémentine Beauvais sur le blog il y a de cela un an, à travers son superbe et incisif roman Comme des images. Cette auteur est incroyable, elle est née en 1989 et a déjà une dizaine de romans à son actif… dont certains sont parus en anglais. Actuellement, elle poursuit son doctorat à Cambridge.

Avec Carambol’ Ange, nous voici partis pour une aventure loufoque entre une mamie… et son ange gardien !

Mamie Paulette monte au ciel… avec son caractère bien trempé en prime !

Quand la mission de Nel commence, Mamie Paulette est pour lui une énième personne à emmener au purgatoire. Mais les événements vont vite lui montrer que cette chère Mamie Paulette n’est pas n’importe qui, et qu’il est dans son intérêt de lui obéir… Et qu’importe que cela soit contre les lois des anges !

Et oui, cette personne âgée n’est pas comme les autres et surtout, bien loin d’être grabataire. Déjà, Paulette souhaite insister : les circonstances de sa mort sont très très bizarres. Mais ce n’est pas tout, Jessica, la seule personne gentille avec elle dans l’hospice des Jonquilles Jaunissantes a disparu mystérieusement. Mamie Paulette refuse d’aller au Purgatoire ou n’importe où ailleurs tant que le mystère n’est pas élucidé…

Bonne chance à Nel, car le voyage et l’enquête vous s’avérer infernaux, surtout quand on a une mamie dirigiste et bavarde qui adore donner des surnoms à tout bout de champ !

Carambol' ange - affaire Mamie Paulette intérieurSuper fun, malin, irrévérencieux à souhait… mais aussi délicat

Quand on lit Carambol’ Ange, on se rend compte d’une chose : Clémentine Beauvais est aussi douée pour les romans ados que les récits pour la jeunesse. Son ton est drôle, enjoué et surtout, il accapare très vite le lecteur. On se sent tout de suite à l’aise dans son univers, et l’envie de l’explorer immédiate.

Préparez-vous à énormément de jeux de mots et autres petits clins d’œil autour de la langue française. Mais ce n’est pas tout, le texte de Clémentine Beauvais est aussi très doux et poétique par moments.

« Amel suçait son pouce à la lumière de la petite étoile suspendue au-dessus de son lit (Amel déteste dormir dans le noir). L’étoile commençait à faiblir ; bientôt elle s’effondrerait sur elle-même, créant un minuscule trou noir qui avalerait d’un coup l’oreiller d’Amel. »

C’est le genre de phrase qui fait fondre je trouve… Alors entre ça et le code de la Route version Ciel, mon cœur balance entre éclats de rire et sourires.

Bon, l’écriture est géniale, et qu’en est-il de l’histoire alors ? Et bien sachez qu’elle est très intéressante et sait captiver son lecteur : entre le mystère de la mort de Mamie Paulette et les nombreuses courses-poursuites, pas le temps de lézarder au paradis ! Saluons également les très vives et esthétiques images signées Eglantine Ceulemans qui donnent corps au récit de façon très parlante !

 

Voilà, vous savez tout ce qu’il est nécessaire de connaître pour avoir envie de lire ce roman qu’on ne sautait que vous conseiller. Il est top et il se lit dès l’âge de 9 ans. En route !

Enfin petit détail qui a peut-être son importance, Carambol’ Ange bénéficie d’un sous-titre : L’affaire Mamie Paulette… cela veux-t-il dire qu’il y aura d’autres affaires ? On aimerait bien en tout cas !

Chronique jeunesse : Sacrée Souris

Sacrée sourisSi vous pensiez connaître la petite souris, détrompez-vous… voici sa vraie histoire… Et elle est carrément géniale !

 Vient de paraître le 5 mars 2014 l’un des deux romans lançant la collection Pépix de Sarbacane : Sacrée souris (l’autre étant L’ogre au pull vert moutarde). Ecrit avec malice par Raphaële Moussafir, vous les adultes la connaissez peut-être de nom pour sa pièce de théâtre/roman/bande-dessinée/film Du vent dans mes mollets.

Avec Sacrée Souris, elle s’essaye à la littérature jeunesse avec humour et sans complexes. Il s’agit là de son second ouvrage.

A tous les petits édentés… ce livre est pour vous.

Quand commence notre histoire, nous apprenons très rapidement que la narratrice exclusive de Sacrée Souris se prénomme Léonore et qu’elle est également la souris la plus minuscule de tout le royaume des souris. Elle est un peu moquée à cause de sa petite taille, mais beaucoup moins que la souris verte ou encore Fulberte, la seule souris (fille) à barbe du royaume.

Tout a l’air d’aller bien au royaume des souris, les rats – la seule menace qui les effraie – sont tenus à bonne distance par leur chère reine grâce à son Autorité Naturelle (et oui, ça ne s’apprend pas, certains l’on, d’autres pas). Mais tout va changer suite à la disparition tragique de cette dernière qui voulait trouver le meilleur pain pour célébrer son anniversaire avec ses sujets…

Ainsi plus de reine à l’Autorité Naturelle et donc la menace des rats devient de nouveau palpable… mais c’était sans compter sur Léonore et son excellent idée. Et oui, notre héroïne a beau être un peu fainéante sur les bords, ça fuse là-dedans !

Seul problème, pour réaliser cette idée de génie, il va falloir aux souris beaucoup de dents, un paquet de dents, une énormissime quantité de dents… mais où vont-elles bien pouvoir trouver cela ? Et voilà comment peu à peu, nous découvrons la version revisitée de la légende de la petite souris… !

Sacrée souris pépix insideUn humour implacable plein de connivence avec ses petits lecteurs

Sacrée souris est un excellent roman car il ne prend pas les enfants de haut et surtout sait leur parler sans créer un sentiment d’écriture « artificielle ». Il semble peut-être à première vue facile d’écrire un roman destiné aux enfants tout en étant à leur niveau, mais il n’en est rien.

De nombreux ouvrages pour la jeunesse manquent justement de cette complicité que les jeunes lecteurs recherchent parfois sans le savoir. Roald Dahl était d’ailleurs passé maître dans cet art : se situant entre finesse et humour, ses écrits sont drôles, accessibles et universels. Et surtout, il parle directement au travers de ses personnages à ses lecteurs. C’est cet esprit si particulier que Raphaël Moussafir a su insuffler à son roman, et rien que pour cela bravo, car c’est un exercice difficile.

Le roman est donc concentré sur Léonore et ses aventures, mais ça n’est pas tout ! Comme dans l’autre roman de la collection Pépix, vous trouverez également des « Leçons », que l’on peut assimiler à des bonus (elles se situent entre certains chapitres).

Ainsi les enfants pourront-ils apprendre grâce à Léonore à rendre leurs parents chèvre, à ne pas gaspiller, ou encore à ranger leur chambre (on peut toujours espérer !), je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous mettre un extrait de ce bonus :

« Des forces mystérieuses bordélisent mystérieusement ta chambre mystérieusement bordélique (voir « vandalisme » dans le glossaire. Comment se débarrasser de ces forces mystérieusement bordélisantes ? Il faut d’abord comprendre ce qu’est le bordel. »

 Outre ces magnifiques bonus, les enfants trouveront également un glossaire en fin d’ouvrage pour certains mots et références faits dans le livre : Glossaire, époisses, pieux mensonge, acide nitrique… autant de mots que les petits édentés découvriront.

La définition de la Comtesse de Ségur n’est qu’un exemple des magnifiques explications que vous y trouverez : « C’est une dame qui écrit des livres charmants dans lesquels les enfants prennent un nombre de fessées incroyable ».

Pépix (8)Sacrément recommandable

 Vous l’aurez vite compris, je n’ai pas aimé Sacrée souris, j’ai littéralement adoré ce livre. Il regroupe pour moi tout ce qu’il faut pour qu’un livre jeunesse ne soit pas bon, mais excellent. De l’humour à bonne dose, une histoire simple mais qui tient la route, une écriture assurée qui n’a pas la langue dans sa poche…

Et surtout, il ne faut pas oublier les très belles et efficaces illustrations de Caroline Ayrault qui sans leur présence n’auraient pas donné le même esprit au livre. Elles complètent à merveille le ton malicieux et coquin de Léonore. C’est beau, empli d’innocence et paradoxalement d’espièglerie…

L’équilibre texte-illustration est parfait pour ne pas décourager les jeunes lecteurs qui veulent se lancer dans de « vraies » histoires.

En somme, la conclusion sera courte : vous êtes un adulte ? Offrez Sacrée souris à un enfant de votre entourage ! Tu es un enfant âgé entre 8 et 11 ans ? Précipite-toi chez ton libraire pour te procurer ce livre qui mérite le détour…