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Chronique Fantasy : La Guerre du pavot – Tome 1

Rebecca F. Kuang est une autrice américaine d’origine chinoise. Elle a fait ses études à Cambridge, et elle a par ailleurs fait sa thèse sur la littérature de propagande en Chine durant la seconde guerre sino-japonaise. Et justement, on a beau être dans un univers de fantasy, l’autrice s’inspire énormément de l’histoire de la Chine et du Japon au travers d’un prisme guerrier. Accrochez-vous, c’est le genre de roman qui marque et qui réussit à surprendre ses lecteurs.ices.

Une héroïne d’une force mentale rare

Rin est une jeune femme qui en a bavé depuis sa plus tendre enfance. Elle vit avec son oncle et sa tante depuis presque toujours, maltraitée, parfois affamée par ces derniers. Son rêve : intégrer la prestigieuse école de guerre du pays, Sinegard. Mais pour cela il faut beaucoup d’argent ou alors des compétences et un savoir exceptionnel. Savoir qui justement ne peux s’obtenir qu’en ayant les plus coûteux précepteurs… et donc il faut de l’argent.
Comment Rin va-t-elle pouvoir amasser autant de connaissance en travaillant jour et nuit pour son oncle qui l’exploite ? Tout cela sans parler du fait qu’elle est sans le sou…

C’est ainsi que l’on découvre une héroïne qui part de rien et qui va tout dévaster sur son passage… pour notre plus grand plaisir.

Un roman flamboyant et incroyable

Dès les premières pages, on sent que l’on trempe dans un roman à la fois sombre et cru. L’écriture de R.F. Kuang (et l’excellente traduction de Yannis Urano) ne nous épargne aucun détail sale de la guerre ni tous les sacrifices que va consentir Rin (bienvenue dans la grimdark fantasy). Rien que la scène d’ouverture vous donnera un bon aperçu de la teneur du roman : brutal, magnifique et incroyable.

Si vous avez envie d’épique, de batailles et de magie (latente, étrange et incontrôlable) c’est le roman parfait. Bien que l’ouvrage s’intitule La guerre du Pavot, cette dernière n’a lieu qu’à partir de la seconde moitié de l’ouvrage. Les trois cent premières pages étant dédiées à la formation de Rin ainsi qu’à celle de ses camarades.

L’autrice a fait preuve d’une incroyable créativité dans son histoire, ce qui réussit à la rendre vraiment unique. Dans la première partie de l’ouvrage, vous avez toute la cession « formation » des élèves. Les entrainements, l’intégration (ou non) de Rin parmi les autres, l’apprentissage difficile et injuste qui mène à l’art de la guerre… Et seulement ensuite, vient la fameuse guerre du pavot.

J’ai adoré les deux parties du roman, même si j’ai toujours eu une préférence pour les phases d’apprentissage et de transmission (que ce soit dans les romans ou dans les films). Mais ici, même la partie martiale du roman m’a plu. On y parle stratégie, manipulation, coups de génie, horreurs de la guerre…
L’autrice s’étant directement inspiré de l’histoire de la Chine et du Japon pour son roman. Nous sommes cependant bien dans un monde créé de toute pièce, le royaume de Rin étant le Nikara et le pays de l’ennemi se nommant Mugen (il s’agit d’une petite île face aux grandes terres du Nikara).

L’ouvrage fait presque six cent pages, mais il se dévore à une vitesse ahurissante. D’ailleurs, c’était une si bonne lecture que j’ai vraiment tout fait pour en ralentir le rythme… je ne voulais pas quitter Rin et ses coups de folie bravaches, ni même sa verve et son panache. J’ai vraiment tout aimé dans ce premier tome très complet et magnifique…

Je ne puis que vous conseiller de lire ce premier tome de la trilogie de la Guerre du Pavot. L’ouvrage a paru en 2020 en grand format, et est depuis disponible en poche chez Babel, la collection de poches d’Actes Sud. Cependant, une ombre plane sur ce magnifique roman… l’éditeur n’a toujours pas annoncé la publication de la suite. Alors, Actes Sud Exofictions a-t-il toujours les droits pour sortir la suite de la saga ? Rien n’est moins sûr… (MAJ les livres ne sont plus dispos chez Actes Sud, qui a perdu les droits d’exploitation. Réédition du premier tome en mai 2025 chez De Saxus)
Une chose est certaine cependant, c’est que l’ouvrage n’a pas nécessairement rencontré un public aussi large qu’il aurait dû. Cette couverture n’est pas inesthétique, mais elle ne donne pas non plus envie de se précipiter sur le roman. Je la trouve trop sombre, pas assez épique comparé au contenu de l’ouvrage. Actes Sud n’est clairement pas un éditeur pour ce type d’ouvrage, ou alors ils auraient dû « casser » cette image élitiste qu’on associe immédiatement à la maison d’édition…

Ainsi donc, la suite possible en France de La guerre du pavot reste pour le moment en suspend… Peut-être pourrait on espérer qu’une autre maison d’édition se penche sur le sujet ? Après tout, R.F. Kuang va bientôt être publiée chez De Saxus pour son roman Babel. On peux toujours rêver d’une reprise et d’un redémarrage de sa trilogie chez eux (MAJ bis, cette chronique écrite en mai 2024 était prémonitoire). Clairement, cette saga mérite d’avoir une seconde chance en France, elle est trop exceptionnelle pour être abandonnée !

La magnifique couverture de la réédition du premier tome de La Guerre du Pavot prévue pour mai 2025 chez De Saxus. Cette publication va être épique : en plus de la quantité limitée, le papier sera de qualité supérieure et la couverture a été choisie par l’autrice elle-même comme étant sa favorite parmi toutes les publications qu’a connu ce titre.
AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Le rapport chinois

Premier roman de Pierre Darkanian, ce dernier commence fort avec Le rapport chinois. L’éditeur le compare à La conjuration des imbéciles de Toole à la sauce française. Comparaison assumée jusqu’au choix même de la couverture qui a des similitudes avec une ancienne édition parue chez 10/18 il y a de nombreuses années.
N’ayant pas lu ce classique de la littérature, je me rabats uniquement sur l’excellent moment de lecture que j’ai passé pour vous en parler.

Un cabinet aux salariés triés sur le volet

Tugdual est un sacré veinard, il n’a que très peu d’expérience mais ça ne l’a pas empêché d’être repéré par un chasseur de têtes. Ce dernier le recrute pour le prestigieux Cabinet Michard, une entreprise de conseil qui rédige des rapports aidant de grosses entreprises à prendre des décisions d’envergure.

C’est ainsi donc que Tugdual est recruté par le Cabinet Michard pour sept-mille euros par mois. Et le plus beau dans tout ça ? C’est qu’on ne lui demande même pas de travailler… Tugdual reste ainsi des heures à son bureau à ne rien faire. Comment est-ce possible pour un cabinet aussi prestigieux qui a pignon sur rue ?

La quintessence de l’absurde

Lire Le rapport chinois, c’est accepter de plonger tête la première (comme cet homme en couverture) en absurdie. Le travail de Tugdual est étrange, ses rares collègues le sont encore plus et on comprend de moins en moins comment un tel incapable peut gagner autant en faisant si peu (rien, le néant).
Et pour couronner le tout, Tugdual est un personnage à la fois attachant et… très détestable par certains aspects. Il est d’un paternalisme insupportable avec sa bien-aimée Mathilde dont il rebat les oreilles de ses faits de gloire au travail. Travail où il n’a rien à faire…

Et pour sublimer ce rien qui entoure de façon constante la vie de Tugdual, l’écriture de Pierre Darkanian est parfaite. Drôle, caustique, travaillée et d’un style génial. Impossible de ne pas sourire (au minimum) à ses envolées lyriques autour de choses infinitésimales.

« L’idée était excellente. Les mini-viennoiseries étaient à la fois meilleures et moins chères, et s’écouleraient en grande quantité. Tugdual conclut son avant-projet de pré-rapport par des termes qui allaient peut-être faire date dans l’histoire des relations franco-chinoises : « L’avenir de la Chine passe par la mini-viennoiserie. » Relot n’allait pas en revenir ».

Vous sentez poindre l’absurde de la situation et de ce fameux rapport chinois dont on ignore quasiment tout ? et pourtant au fil des chapitres il va devenir un véritable monument. Un dossier d’une ampleur telle qu’il va faire trembler les institutions… Il y est à la fois question de finances de haute volée et de secrets d’entreprise bien gardés… le tout servi par une histoire labyrinthique.

Par un savant mélange d’humour et de savoir, Pierre Darkanian arrive à construire un roman d’une cohérence rare. En effet, sous couvert d’absurde et parfois d’étrange, Le rapport chinois est diabolique. Fort bien mené, pensé à l’extrême, son déroulement sait surprendre. On est loin des romans cousus de fil blanc où toute l’histoire est déjà lue et relue. Ici, vous aurez un style délectable et un intrigue qui l’est tout autant.

Ainsi, Le rapport chinois est pour moi l’un des incontournable de cette rentrée littéraire 2021. Un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) labyrinthique qu’il vous faut connaître si vous avez envie de fraîcheur et de nouveauté. Chose pas toujours aisée à trouver en littérature blanche francophone. Alors, régalez-vous.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Mini-Chroniques #7 : Un anniversaire royal à gâcher, une figure de l’Histoire au parcours inspirant, une dystopie chinoise à faire froid dans le dos et une femme trompée….

Pour une fois, il n’y a vraiment AUCUN rapport entre les livres présentés. Si ce n’est qu’ils ne nécessitaient pas une chronique complète. Mais ils ont tous leur petite particularité, même si je ne les ait pas tous pleinement aimés…

Le premier défi de Mathieu Hidalf – Christophe Mauri – Folio Junior

Cela fait extrêmement longtemps que j’ai lu ce premier tome des aventures de Mathieu Hidalf. Il ne m’en reste donc qu’un souvenir diffus bien que très positif, la mini-chronique semble donc tout indiquée.

Pour faire simple, cette histoire m’avait fait penser à du Harry Potter version délurée, décalée et originale. Le jeune Mathieu Hidalf prenant chaque année un malin plaisir à gâcher la fête d’anniversaire du roi. Et cette année, il va devoir faire encore plus fort que les années précédentes car un complot contre le roi s’organise…

C’est une lecture drôle, qui ne se prend pas au sérieux une seule seconde et qui recèle beaucoup d’imagination. On sent que ce n’est que le début d’une grande saga jeunesse (dont le succès s’est d’ailleurs amplifié au fil des tomes). Et en plus, c’est français ! Ce qui ne gâche rien, bien au contraire.

La révolte – Clara Dupont-Monod – Stock

La seconde partie de vie de l’incroyable Aliénor d’Aquitaine vue par son fils, Richard Cœur de Lion nous est ici magnifiquement romancée par Clara Dupont-Monod. L’autrice du roman Le roi disait que j’étais diable revient sur le sujet d’Aliénor, qu’elle n’a apparemment pas fini d’exploiter de façon romancée… Et c’est une réussite !

On plonge dans l’Histoire, la vraie, comme jamais. Et bien entendu, il y a quelques inexactitudes historiques, Clara Dupont-Monod le sait bien. Mais comme elle le dit si bien, elle n’est pas historienne mais romancière. Alors, si elle souhaite par exemple faire tenir une fourchette (ce qui historiquement n’est pas possible) à Aliénor, rien ne l’en empêche.

Pour ceux et celles qui aiment les purs romans historiques, c’est l’ouvrage parfait. On est transporté par le destin de cette femme qui s’est mariée au Roi de France, en a divorcé (impensable pour l’époque !) et puis s’est remariée avec le Roi d’Angleterre ! Ici, c’est tout particulièrement la seconde partie de sa vie que nous allons découvrir. Sa tentative de retournement du pouvoir en Angleterre, ainsi que sa captivité…

Un paradis – Sheng Keyi – Editions Philippe Picquier

Présenté comme La servante écarlate version chinoise, Un paradis avait tout pour me plaire. Une dystopie chinoise, ce n’est pas tous les jours qu’on en découvre une ! Mais très vite, j’ai été assez perplexe et déçue.

Je n’ai pas aimé l’écriture, même si elle se justifie tout naturellement car l’ouvrage est narré par une jeune femme un simple d’esprit qui ne comprend pas tout ce qu’on lui impose. Elle a été mise dans une sorte de clinique clandestine à bébés. Inséminée, on attend ensuite qu’elle accouche pour vendre le nourrisson, et on recommence jusqu’à ce que son corps s’épuise. Et comme elle est simple d’esprit, elle n’est même pas rémunérée, considérée uniquement comme un ventre fécondable, contrairement aux autres femmes qui elles sont venues par nécessité, elles sont payées par chaque bébé viable qu’elle « fournissent ».

Notre jeune narratrice se fait régulièrement abuser, agresser, tout étant écrit de son point de vue, rien n’est crument dit, mais on comprend qu’il se passe quelque chose de terrible. C’est une enfant dans un corps d’adulte qui nous raconte son calvaire…

Le roman est clairement dérangeant et c’est voulu, mais je n’ai pas réussi à adhérer à cette dystopie, bien trop terrible (et peut être trop réaliste ?). On appréciera les jolies aquarelles en couleur réalisées par l’autrice pour la version française de son roman. Elles sont superbes.

Martine est sur Gleeden – Martine S. – Editions de La Martinière

Peu mémorable, mais certes sympathique sur le moment. On y suit les « aventures » d’une femme d’une cinquantaine d’année dont le couple bat de l’aile. Son mari la trompe, elle décide de se venger en allant voir ailleurs elle aussi… mais ce n’est pas comme ça que les choses vont se passer.

Avec des noms de chapitres tels que « Martine va au sex-shop », « Martine à la piscine » ou encore « Martine Reporter », on ne peux s’empêcher de penser à la célèbre série pour enfants version salace… Mais ici, rien de cru, c’est plus une réflexion sur le couple quand on passé le cap de la cinquantaine. Je me suis sentie très éloignée de Martine pour de nombreuses raisons, mais avant tout parce que l’histoire est assez plate malgré une écriture drôle et vive. Lecteurs curieux, passez votre chemin…

Chronique : Âpre cœur

Roman phénomène aux Etats-Unis, Âpre Cœur de Jenny Zhang a débarqué en France aux éditions Picquier. Plébiscité par la critique – française et étrangère – il est également optionné pour une adaptation cinématographique. A la découverte d’un roman atypique qui mêle humour noir, vécu romancé et vérité sociale sur les immigrés chinois installés au Etats-Unis.

Jenny Zhang est une essayiste, poétesse et autrice américaine d’origine chinoise. Elle est née à Shanghai et vit désormais à Brooklyn. Fille d’immigrés chinois, elle base l’essentiel de son oeuvre sur cette double appartenance à deux cultures très différentes. Âpre Cœur en est l’illustration parfaite.

Entre le roman et le recueil de nouvelles qui se recoupent pour former un ensemble cohérent, Âpre Coeur est un ouvrage qui nous fait découvrir une facette méconnue des Etats-Unis au travers d’une population qui ne s’exprime que rarement.

L’ouvrage va être adapté prochainement au cinéma.

Un recueil de nouvelles aux points communs diffus mais bien présents

Pas évident d’appréhender au début la lecture d’Âpre Coeur, à la fois roman et recueil de nouvelles assez longues. Mais ces dernières elles sont toutes liées entre elles, même si le lien qui les unit est extrêmement ténu parfois.

Personnellement, j’ai trouvé plus facile d’approcher l’ouvrage en me disant que je lisait un recueil d’histoires plutôt que comme un roman linéaire. Je ne me suis ainsi pas sentie obligée de toujours faire le point pour retrouver le contexte dans lequel on se trouve (quelle famille, que lien les unis, etc.).

Quoi qu’il en soit, chacune de ces histoire nous conte la difficulté et le bonheur croisés d’être enfant d’immigré chinois aux Etats-Unis. La misère que ça implique pour voir peut-être ses enfants réussir…

Jenny Zhang, la jeune autrice du percutant roman Âpre coeur.

Des tranches de vies prises sur le vif

Comme une photographie de l’instant, les nouvelles sont très vivantes, on y croit immédiatement. Et pour cause, Jenny Zhang s’est nécessairement inspirée de son vécu et de son histoire familiale pour créer Âpre Coeur.

Voici la liste des nouvelles contenues dans l’ouvrage : Crispina, on t’aime, La vide le vide le vide, Nos mères avant eux, Mes jours et mes nuits de terreur, Pourquoi jetaient-t-ils des briques ?, Tu es tombée de la rivière et je t’ai sauvée !.

Parmi les histoires qui m’ont le plus marquée, la toute première m’a particulièrement touchée. Tous les sacrifices innombrables qu’ont fait ces parents pour que leur fille ait un avenir meilleur. La misère, les déménagement de trous pourris et insalubres en appartements délabrés, les collocations avec d’autres immigrés chinois fraîchement débarqués… La décision difficile de leurs parents pour offrir le meilleur à Christina, une fille sensible, bizarre et attachante. Elle souffre de démangeaisons atroces qui la font se gratter jusqu’au sang la nuit. Ils sont si pauvres qu’ils volent la poudre aromatisée des nouilles dans les magasins pour accommoder leurs restes…

« Après ma pneumonie, j’avais beaucoup de mal à ne pas régurgiter mes aliments, et parfois, mon papa ramassait à la cuillère ce que j’avais vomi et le mettait dans sa bouche pour ne pas gaspiller la moindre parcelle de nourriture […]« .

Autre nouvelle touchante et triste à la fois : Mes jours et mes nuits de terreur. L’histoire d’une jeune fille, Mandee, dont les parents ont tout le temps peur pour elle. Systématiquement. Comme elle ne ferme plus les yeux très fort quand elle a un vaccin, ses parent sont persuadés qu’elle se drogue… C’est à la fois drôle et tragique… Et quand on découvre que le prénom de cette jeune fille a été inspiré aux parents par un magasin de vêtements quand ils venaient d’arriver aux U.S.A., on ne peux s’empêcher de sourire de tristesse… Leur histoire concentre pour moi toute l’abnégation et la force de caractère de ces familles qui ont tout fait pour rester aux Etats-Unis, mais également le cruel manque de connaissances qui les ont empêché de s’intégrer pleinement malgré leurs efforts maladroits…

 » Tu devrais être dans la classe des surdoués. Tu devrais être avec les meilleurs. Ne pas échouer, ce n’est pas un exploit.

– Je suis désolée

– Ne sois pas désolée, sois meilleure « 

Certaines nouvelles oscillent entre la Chine d’il y a 20 ans et celle d’aujourd’hui. On comprend un peu mieux les raisons pour lesquelles ils sont partis en Amérique (dénonciations, climat de suspicion), pourquoi d’autres repartent malgré tout…  

 

La couverture en version originale d’Âpre coeur.

On comprend également ce besoin viscéral de réussite pour leur enfants (on surnomme ces femmes qui poussent leur enfants à tout faire dans l’excellence jusqu’à l’excès des mères tigre, elles souhaitent les élever à la dure pour qu’ils aient le meilleur avenir possible. On peut citer comme référence aux Etats-Unis l’ouvrage de Amy Chua, elle même enfant d’immigrés chinois aux États-Unis  : L’hymne de bataille de la mère tigre, gros succès Outre-Atlantique à sa sortie).

Assez inclassable mais malgré tout poignant, Âpre Coeur est un roman que l’on oublie pas car il contient quelques scènes mémorables. Mais c’est surtout l’humanité de ses personnages ainsi que leur passé et leur vie difficile que l’on retient…

L’ouvrage est en cour d’adaptation au cinéma, je me demande bien ce que cela pourra donner sur grand écran, car c’est un ouvrage fort difficile à mettre en image, ne serait-ce que pour sa narration tranchée, vive et parfois décousue.

Je conclurais avec une belle punchline que l’on peut trouver dans la nouvelle Mes jours et mes nuits de terreur :

« En cours d’algèbre, j’avais entendu dire qu’elle « bouffait de la chatte comme si la fin du monde était pour demain » « 

ou encore dans Pourquoi jetaient-ils des briques ?

« Je prie pour que des colibris me crèvent les yeux et laissent leurs excréments dans mes orbites vides plutôt que de revivre ce crève-cœur« .

Chronique : Le jeu du chat et de la souris

Un roman chinois qui nous conte l’histoire d’un jeune homme qui ne se découvre aucun but dans la vie… Tellement désœuvré et seul qu’il décide de tuer.

Premier roman de l’auteur chinois A Yi à paraître en France, Le jeu du chat et de la souris nous propose de découvrir la psychologie d’un tueur avant son passage à l’acte, puis dans sa fuite. L’ouvrage est initialement paru aux éditions Stock, dans la collection La cosmopolite (elle est dédiée à la littérature étrangère), puis il est a été édité en poche chez Points.

Avant d’être auteur, A Yi a été policier, puis il a décidé de tout quitter pour se lancer dans le journalisme et l’écriture.

Un roman social noir dérangeant

Nous voici dans la tête d’un jeune homme dont nous ignorerons le nom jusqu’à la fin. Pourquoi ? Peut-être parce que rien ne le dissocie de ses milliers de semblables. Il est seul, se sent inutile, n’a aucun but dans la vie… C’est ainsi que germe en lui l’idée de tuer quelqu’un. Pour vibrer et se sentir vivant ? Il y a certainement de cela… Mais comment peut-on en arriver à un tel point de solitude pour penser à tuer afin d’être remarqué ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit d’après moi… ce jeune homme ne vit pas et désir avoir enfin une existence aux yeux des autres. Et si pour cela il doit tuer, il le fera.

C’est ainsi qu’il prépare méthodiquement son plan macabre afin de piéger une camarade de classe qu’il apprécie…

Une ambiance inimitable !

Difficile de donner un avis sur ce roman qui se laisse difficilement cerner. A la fois critique des mégalopoles impersonnelles et écrasantes, et satyre de notre société qui perd tout sens, Le jeu du chat et de la souris est un inclassable.

J’ai aimé découvrir ce roman, mais pas totalement. La partie où notre étrange personnage prépare son crime est très intéressante (plus selon moi que la seconde, où il fuit les autorités). On découvre les mécanismes qui l’on mené dans cette situation sans pour autant les comprendre. Mais on se rend compte qu’à aucun moment il n’est déséquilibré… et c’est peut-être cela le plus inquiétant… Plus que comme un polar, il faut prendre cet ouvrage comme un roman noir car le cadre et la narration sont plus importants que le crime en lui-même. 

People are seen on a street in smog during polluted day in Shenyang, Liaoning province, China, December 18, 2016. (Photo by Reuters/Stringer) – Cette photo illustre parfaitement l’ambiance de l’ouvrage pour moi. Entre saleté, densité urbaine et paradoxalement, solitude.

L’ouvrage est donc rythmé, assez captivant, mais j’aurais aimé en apprendre plus sur cette Chine glauque et cachée qui nous est à peine esquissée… En apprendre plus sur cette société aux mœurs si différentes des nôtres et aux problèmes de sociétés auxquels elle fait face.

Même si c’est un roman difficile à proposer, il est intéressant. Peut-être pas assez creusé à mon goût, mais cette première incursion dans la Chine contemporaine était fascinante. A découvrir si vous êtes curieux la société chinoise et de sa culture.

PS : J’ai trouvé intéressante la note de fin de l’auteur qui s’adresse directement à nous, lecteur. C’est un peu étrange, mais je crois avoir perçu un tout petit peu de ce qu’il a voulu dire à propos de son œuvre…

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Chronique : Coup de foudre à Pékin

Une histoire d’amour touchante ayant pour toile de fond la Chine d’aujourd’hui

Peut-être connaissez-vous Chloé Cattelain, grande spécialiste de la Chine, sur laquelle elle a rédigé un mémoire et où elle a vécu.

Elle nous avait déjà fait le plaisir d’écrire le fabuleux roman Ma vie à la baguette, sur un ado franco-chinois. L’autrice de talent récidive avec cette fois-ci une adolescente française qui part vivre en Chine avec sa mère… et on s’y croirait.

Tout quitter pour aller vivre en Chine ? OUI !

Voici l’histoire de Clémence, une jeune française qui part vivre en Chine avec sa mère qui a été mutée. Et pour l’adolescente, c’est un rêve qui se réalise… Elle qui apprend le chinois depuis de nombreuses années va enfin pouvoir mettre en pratique ses acquis !

En parallèle, nous suivons le jeune Yonggui, un adolescent Chinois qui fait partie des meilleurs de sa classe et même de son école. Et rien ne pourra le distraire de son but : être le meilleur en tout pour s’assurer un avenir meilleur à lui et à sa famille…

Comment ces deux là vont-ils pouvoir se rencontrer et peut-être s’aimer ? Vous le saurez en plongeant à cœur perdu dans Coup de foudre à Pékin !

Une douceur de roman… 

Chloé Cattelain est pour moi une de mes autrice préférées en seulement deux romans. Pourquoi ? Car elle nous dépeint la Chine de manière unique et nous la fait aimer comme personne. Elle est si passionnée qu’elle ne peut que nous transmettre le « virus » de la Chine à travers des personnages vrais et sincères… Ainsi, après Ma vie à la baguette, ce second roman ado est une réussite.

Cette romance franco-chinoise fonctionne en tout cas à merveille (sans une once de guimauve), tant au niveau des deux protagonistes principaux qui sont très attachants, qu’au niveau narratif. L’humour est très présent, mais ça n’empêche pas Chloé Cattelain de traiter de sujets plus difficiles : le divorce, le côté très hermétique de la société chinoise, le travail à la chaine qui frise l’esclavage…

……..

Que dire de plus, sinon qu’il vous faut lire les livres de Chloé Cattelain, ce sont ce que j’appelle des livres-doudous. On s’y sent bien, on passe un excellent moment, et on n’a absolument pas envie des les quitter… A découvrir dès 13 ans environ.

Chronique : Une histoire des abeilles

Un magnifique roman initiatique qui nous fait traverser les époques au travers d’un thème central et vital : la (sur)vie des abeilles, mais également des hommes. 

Premier roman de la norvégienne Maja Lunde à paraître en France, Une histoire des abeilles est paru lors de la rentrée littéraire 2017. L’ouvrage est édité par Les Presses de la Cité.

Ce roman est un énorme best-seller en Norvège et en Allemagne et il est en cours de traduction dans une trentaine de pays ! C’est un véritable phénomène éditorial encore méconnu en France… mais qu’il faut absolument découvrir… Chronique d’un coup de cœur mémorable.

Trois personnages centraux, trois époques…

Le 19ème siècle en Angleterre, notre époque aux États-Unis et le futur en Chine, en 2098. Trois histoires qui n’ont font qu’une et dont le socle commun sont les abeilles. Une idée étrange ? Pas tant que ça quand on sait que la pollinisation que réalisent à longueur de temps les abeilles est la clé pour avoir des fruits et certains légumes… Sans elles, point de pollen qui circule, point de pollinisation et donc pas de fruit.

La question, c’est comment ces trois destins vont-ils être liés par Maja Lunde ? C’est là que la magie de l’auteure norvégienne opère… Préparez-vous  à être charmé !

… une histoire fédératrice et passionnante

Si vous recherchez un roman qui vous transporte, des personnages forts et attachants, une intrigue creusée… vous êtes au bon endroit.

A la fois fable écologie, roman d’anticipation, roman historique, Une histoire des abeilles traite de très nombreux sujets. Dans un style extrêmement fluide, avec des personnages tellement attachants qu’il est impossible de ne pas les aimer, on se plonge corps et âme dans cette histoire pas comme les autres.

On apprend énormément de choses sur les abeilles, leur mode de vie, leur fonctionnement… Par exemple, l’histoire de la fabrication des ruches telles que nous les connaissons aujourd’hui n’a pas été simple. Tout est histoire d’écartement (au millimètre) pour que les abeilles construisent leurs rayons d’une certaine manière et aucune autre… C’est passionnant.

Et cette histoire « du futur », en Chine où toute la population passe son temps à polliniser à la main les arbres avec un petit balai… Cela a déjà lieu dans certaines régions en Chine (même si ce n’est pas nécessairement dû à la disparition des abeilles, l’auteure a dû s’inspirer de ce fait relayé dans les médias). On les surnomme les « hommes/femmes-abeille », car ils passent leurs journées à faire le travail des abeilles… notamment dans le Sichuan (cf article du Monde : http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/23/dans-les-vergers-du-sichuan-les-hommes-font-le-travail-des-abeilles_4405686_3244.html).

…..

C’est ainsi que ce roman nous transporte : en créant avec un talent inouï une intrigue au travers de différents siècles ayant toutes en commun les abeilles. Plus qu’un roman, c’est une fable écologique et un récit initiatique mêlés…

C’est tout simplement mémorable. A mettre dans votre bibliothèque à côté des feel-good book et des romans emplis d’élan et de grandeur… Car Une histoire des abeilles a beau parler d’un sujet très sérieux et nous faire découvrir des personnages constamment mis à l’épreuve, on se sent bien en le lisant. Tout simplement.

Actualité éditoriale : Ces romans à paraître en fin d’année 2017 qui me tentent énormément… – Partie II

Voici la suite de ma liste d’ouvrages ultra tentants de la rentrée 2017 ! J’ai déjà pu lire et découvrir un bon tiers de la liste que vous ai proposée précédemment. Mais il en reste tellement à découvrir ! Encore une fois, on mélange les genres histoire de tenter tout le monde… Et il y a aussi bien des nouveautés pures que des sorties poches qui vous sont présentées ici !

Ma fille – Jane Shemilt – Pocket

Dans le genre du thriller pur, Ma fille semble être le roman sous haute tension parfait. Tout commence avec la disparition très inquiétante une ado de 15 ans. Plus le temps passe, et plus l’enquête piétine… Mais la mère de la jeune disparue décide de remonter elle-même les fils de l’intrigue.

La quatrième de couverture (ci-dessous) est extrêmement simple, mais suffit déjà à créer une curiosité ! Donc, quand il sortira, je l’achèterais, d’autant que ce sera un poche alors pas de quoi se priver.

« Bristol, 2009. Naomi a quinze ans et une vie de lycéenne tout ce qui a de plus normal. Jusqu’au soir où elle ne rentre pas. La panique, l’angoisse et la mobilisation policière n’y changeront rien. Un an plus tard, Naomi est toujours portée disparue. Sa mère, Jenny, envisage tous les scénarios possibles. Dévastée par le chagrin, elle ne renonce pas et cherche encore. Pour comprendre, elle doit tout apprendre de sa fille. Jenny décide alors à rebours de remonter le fil de cette vie qui prenait son envol loin d’elle. Découvrant peu à peu qu’elle ignorait beaucoup. Dont ces choses qu’elle aurait préféré ne pas savoir… ».

Amaz – Lisa Goldstein – Hélios

Voici un direct poche à surveiller de près à sa sortie en octobre 2017 ! (un direct poche est un ouvrage qui n’est pas sorti en grand format au préalable). Ce roman semble s’inspirer des élans et de la chaleur envoûtante de l’Orient, le tout teinté d’imaginaire, bien entendu.

La collection Hélios (pour ceux qui la découvriraient) est issue d’un collectif entre ActuSF, Les Moutons électriques et Mnémos. Dans le cas d’Amaz, ce sont les Moutons électriques qui assurent la publication. Ils ont également publié en grand format un autre ouvrage de la même auteure cette année : Sombres cités souterraines.

« Pour le Dr. Mitchell Parmentier, orientaliste américain venu passer un an dans la grande ville orientale d’Amaz pour y étudier une ancienne épopée dont il a retrouvé le manuscrit, comme pour son épouse et ses deux filles, c’est un séjour plein de promesses qui s’annonce. Presque des vacances. Mais Amaz, où s’interpénètrent l’univers magique des Mille et Une Nuits et le climat conflictuel du Moyen-Orient contemporain, n’est pas une ville de tout repos.

Les rues semblent y changer le tracé d’un jour à l’autre, les nouvelles se transmettent par l’intermédiaire de jeux de cartes divinatoires, une guerre séculaire oppose secrètement les partisans de deux types d’écriture… »

Les derniers jours de l’émerveillement – Graham Moore – Le Cherche-midi

Alors, ce n’est pas très rationnel, mais le titre et la couverture de ce roman m’ont tout de suite attirée. Et après avoir découvert le résumé, j’ai compris pourquoi… il y a TOUT ce que j’aime dans ce livre, du moins dans sa présentation. L’histoire m’a d’ailleurs fait un peu penser au roman Le Prestige de Christopher Priest dans l’accroche.

L’époque est celle des grandes avancés scientifiques (la fin du 19ème siècle), le sujet est une lutte de pouvoir sur fond de suspense… ça a donc absolument tout pour plaire. L’ouvrage sort le 7 septembre prochain en librairie et fait d’ores et déjà partie des mes prochaines lectures !

« Après son Oscar pour le scénario de The Imitation Game, Graham Moore nous conte le formidable duel de deux inventeurs de génie qui ont transformé notre vie quotidienne.

New York, 1888. Les lampadaires à gaz éclairent les rues de la ville, l’électricité en est à ses balbutiements. Celui qui parviendra à en contrôler la distribution sait déjà qu’il gagnera une fortune considérable et sa place dans l’histoire. Deux hommes s’affrontent pour emporter la mise : Thomas Edison et George Westinghouse. Tous les coups sont permis. Lorsqu’un jeune avocat, Paul Cravath, aidé par le légendaire Nikola Tesla, se mêle à ce combat homérique, il va bientôt se rendre compte qu’autour de lui toutes les apparences sont trompeuses et que chacun a des intentions cachées.

À la façon d’Erik Larson, Graham Moore s’est appuyé sur des documents historiques peu connus pour nous livrer un récit d’une incroyable efficacité, qui se lit comme un thriller, tout en offrant une profondeur passionnante à ces personnages qui ont façonné notre modernité. Une formidable histoire où l’on constatera que la réalité dépasse toujours la fiction. ».

L’hôtel – Yana Vagner – Mirobole

Alors, déjà, je tiens à souligner que j’adore les choix graphiques des éditions Mirobole. Dès que l’on a de leurs ouvrages entre les mains, on sait que c’est eux qui l’ont réalisé. Et en plus de proposer des ouvrages détonants et de prendre une réelle prise de risque à chaque parution, ils font de magnifiques objets-livres.

Donc, L’hôtel a la qualité première d’être une nouveauté des éditions Mirobole. Sa seconde qualité, c’est d’avoir un résumé totalement alléchant dans le genre huis-clos flippant ! Je pense que ce roman a tout le potentiel pour un futur coup de cœur…

J’ai découvert au passage qu’il ne s’agit pas du premier roman de cette auteure. Elle a déjà deux romans parus chez Pocket (parus chez Mirobole au préalable) : Vongo Zero et Le Lac.

« Dans la neige, une femme tente de regagner le chalet où elle voit ses amis boire et discuter tranquillement. A deux doigts de la porte salvatrice, elle trébuche et se fait poignarder.

Ce n’est que le début d’un huis-clos angoissant dans une maison, « l’Hôtel », située en altitude et accessible en seul téléphérique. Neuf Russes – quatre hommes, cinq femmes – membres d’une équipe de tournage s’y sont retrouvés pour un séjour d’une semaine. L’endroit est pourvu de nourriture et de bois de chauffage en quantité. Mais les portables n’y captent pas de réseau. Et bientôt une tempête glacée endommage le réseau électrique. La découverte du cadavre de Sonia provoque un choc parmi les personnages, surtout quand ils réalisent que le meurtrier se trouve forcément parmi eux. ».

Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue – Pocket

Attention, parution d’un IMMENSE COUP DE CŒUR de la rentrée précédente ! J’avais tellement aimé ce premier roman que le voir sortir enfin en poche me mets du baume au cœur. Je vais enfin pouvoir le conseiller facilement à tous mes clients ! Je vous laisse découvrir la chronique de l’ouvrage parue l’année dernière sur le blog. L’ouvrage est paru à l’origine aux éditions du Cherche-Midi.

« Ils ont traversé l’Atlantique pour vivre leur rêve, le vrai, l’américain.

Originaire du Cameroun, Jende Jonga sait que le sort de sa famille repose sur l’obtention d’un visa de travail. Des études pour sa femme, Neni, un avenir pour son fils, Liomi… Après plusieurs petits boulots clandestins, Jende croit enfin tenir sa chance : un job de chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier de Manhattan. Mais nous sommes en 2007, et la crise des subprimes réserve, à tous, un réveil brutal… Choc des cultures et quête du bonheur : le rêve que l’on poursuit n’est pas toujours celui qu’on croit… ».

La maison des Turner – Angela Flournoy – Les Escales

Présenté comme le roman qui renoue avec la belle tradition du roman américain, La maison des Turner traite de la famille, de ses attaches, des sentiments, de secrets… Il est joliment mis en valeur grâce à une couverture aussi sobre qu’éclatante.

J’en ai beaucoup entendu parler sur les réseaux sociaux, et je pense qu’il pourrait parfaitement me convenir, moi qui ai envie de trouver un bon et beau roman américain. Celui-ci pourrait bien être ce qu’il me manque… Il a par ailleurs été finaliste du National Book Award, un prix littéraire très prestigieux aux États-Unis.

« Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d’un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d’une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.

Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n’a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.

Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l’avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s’il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l’avenir des Turner et de leur maison ? ».

Si la Chine était un village – Liang Hong – Picquier

Tout premier roman de l’auteure chinoise Liang Hong, Si la Chine était un village raconte l’histoire de sa ville natale qu’elle a quittée plus jeune. Quand elle y est revenue des années plus tard, le petit village n’était que désolation… A la fois roman et vécu se mélangent dans cet ouvrage ambitieux retraçant le destin de milliers de villages chinois à travers le pays…

Ce roman a reçu de nombreux prix littéraires en Chine depuis sa parution en 2010.

« De retour dans son village natal après 10 ans, l’auteure comme une anthropologue enquête sur l’habitat, les différents lignages, les relations entre les clans, les familles, les mariages et les naissances. Au cours d’entretiens avec des compagnons d’autrefois et des parents proches, elle comprend les transformations de son village, les joies et les souffrances vécues. »

Soufre – José Luis Peixoto – Seuil

J’avoue qu’avec la présentation de cet ouvrage, je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre. Peut-être que j’adorerais, ou que je détesterais Soufre. Je pense que c’est typiquement le genre d’ouvrage à double-tranchant où tu n’es jamais certain d’apprécier ou de détester ce que tu viens de lire. Mais sa couverture magnifique et le résumé ont su me tenter… alors affaire à suivre !

« Non loin du village de Galveias, dans le sud du Portugal, une étrange météorite s’abat sur un champ, emplissant les lieux d’une insupportable odeur de soufre. Des pluies incessantes succèdent à une chaleur suffocante, le pain et la farine prennent un goût exécrable. Autour du cratère se rassemblent bientôt les habitants, dont la vie et les secrets sont peu à peu dévoilés, soudain mis à nu au contact du mystérieux phénomène agissant tel un révélateur. Sans que sa vieille mère le sache, le facteur a fondé depuis plus de vingt ans une famille en Guinée, où il a fait son service militaire; désireuse de répandre son savoir, la maîtresse d’école voit son établissement saccagé et sa chienne éventrée ; la tenancière du bordel est aussi une habile boulangère brésilienne ; les chiens errent et vivent de drôles d’aventures ; les existences se déroulent et s’entrecroisent, heureuses ou malheureuses, les rancœurs des uns et des autres ressortent, profondément humaines. Dans un style imagé, José Luís Peixoto nous livre un roman qui décrit une réalité froide, tour à tour belle et laide, parfois blessante comme la vie. »

Chronique album jeunesse : Les raisins sauvages

Un joli conte chinois à découvrir !

Les raisins sauvages est un classique contemporain écrit par Ge Cuilin qui nous vient tout droit de Chine et qui date de 1956. Ce conte a connu là-bas un immense succès, mais reste absolument méconnu, notamment en France.

C’est ainsi que les éditions Fei se proposent d’en faire découvrir la teneur aux enfants français. Le texte est d’origine, mais les illustrations réalisées par Wu Jinglu l’ont été pour l’occasion !

L’histoire de la bonté incommensurable d’une petite gardeuse d’oies

Voici l’histoire d’une petite fille réputée pour sa beauté qui gardait des oies. Elle avait une tante très cruelle et une cousine aveugle… Sa tante était si jalouse de sa nièce et de sa réputation qu’elle la rendit aveugle… Mais au lieu de se lamenter, la petite gardeuse d’oie alla chercher une solution au fin fond de la montagne…

Une belle histoire à l’illustration extrêmement soignée

La première chose que l’on remarque quand on ouvre cet album pour enfant, c’est la qualité de l’ouvrage. Que ce soit le papier, les couleurs, les dessins, tout y est soigné.

Les dessins de Wu Jinglu sont d’une finesse incroyable. La façon qu’il a de capter les expressions sur les visages qu’il dessine est incroyable. Les dégradés de couleur y sont à tomber !

En ce qui concerne l’histoire, comme de nombreux contes, elle est à la fois belle, triste, mélancolique, mais très positive également. On retrouve tous les ingrédients d’un conte traditionnel : une tante atroce, une héroïne harcelée ou haïe, mais également une quête et une bonté sans bornes. Et il faut avouer que le tout fonctionne à merveille.

…..

C’est une excellente initiative que d’éditer des ouvrages comme Les raisins sauvages pour que les enfants découvrent d’autres contes traditionnels que ceux issus d’Europe. Ici, c’est tout un pan méconnu de la Chine qui s’ouvre à nous et donne envie de découvrir d’autres classiques comme celui-ci…

Je ne puis que vous conseiller de vous procurer ce conte pour vos enfants, dès l’âge de 5 ans minimum. Tout y est pour satisfaire les jeunes lecteurs : une belle histoire servie par une illustration magique, c’est une petite réussite !

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique album jeunesse : La poupée de Ting-Ting

Tendre, touchant et mélancolique… voici un album pour les enfants qui restera inoubliable !

Voici un magnifique album jeunesse ayant pour thème la perte, le souvenir, l’amour… La poupée de Ting-Ting est paru en janvier 2015 aux éditions du Seuil Jeunesse.

Les illustrations sont assurées magnifiquement par Régis Lejonc (qui est illustrateur pour la publicité et l’édition jeunesse). Il a notamment illustré Le bestiaire fabuleux ou encore Quelles couleurs ! pour lequel il a reçu le grand prix de l’illustration de Moulins. Quant au texte, qui est une création, il a été écrit pat Ghislaine Roman.

Une petite poupée cause d’un grand souci

La jeune Ting-Ting tient énormément à sa poupée, confectionnée avec affection et amour par son papa avant sa disparition… Alors, quand un matin elle n’arrive plus à remettre la main dessus, Ting-Ting est soudain prise d’une peur-panique, mais aussi d’une grande tristesse….

Où est donc passée sa petite poupée ? Est-ce sa mère qui l’aurait emmenée par mégarde avec toutes les autres poupées qu’elle tente de vendre au marché ? Ting-Ting aurait-il perdue pour toujours sa magnifique poupée, celle qui lui ressemble tant comme disait son père ?

Un album subtil et tout en beauté

Pour les amoureux des belles histoires sublimées par un dessin extraordinaire, c’est donc avec cet album que ça se passe. La poupée de Ting-Ting est à la fois doux, poétique, vivant, vrai… tout simplement magnifique.

Pour tous les fans de belles histoires et d’Asie en général (et de Chine en particulier car le prénom Ting-Ting est d’origine chinoise), cet album devrait pouvoir vous contenter, vous et vos enfants. Bien que mélancolique, il ne faut pas hésiter à la lire à des enfants dès l’âge de 5 ans environ.

Découvrir cet album, c’est également l’occasion de faire la connaissance avec le travail d’un illustrateur remarquable : Régis Lejonc. Le soin apporté aux détails et expressions est tout simplement bluffant. Je pense en particulier aux yeux des personnages qui prennent vie au fil des pages. Il y a une telle profusion de petits détails pour les faire vivre que c’en en bluffant.

C’est si travaillé que l’on ne dirait pas des dessins parfois, mais de réelles photographies retouchées pour donner l’illusion qu’il s’agit d’un dessin…

……

Ainsi, vous l’aurez compris : La poupée de Ting-Ting est à découvrir d’urgence pour aborder divers thèmes auprès des petits : la perte, le rappel du souvenir, l’affection, l’attachement, l’espoir… Bref, que de beaux sentiments. A lire aussi simplement pour découvrir un bel album jeunesse au travail indéniable. A quand un autre album dans le même style d’univers ?

TRANCHE d´ÂGE :