
Une enquête policière menée par un duo de moustiques désabusés par de trop nombreuses affaires. Partez à la découverte de la brigade moustiquaire et de l’univers passionnant et dangereux des insectes, et de leurs prédateurs…
Katia Astafieff est une autrice et conférencière spécialisée dans la vulgarisation scientifique. Biologiste de formation, elle allie aujourd’hui ses deux passions : l’écriture et le voyage.
Elle a déjà écrit deux autres ouvrages, mais pour les adultes : La fille qui voulait voir l’ours (Arthaud, 2022) ainsi que Mauvaises Graines (Dunod, 2021). Elle travaille actuellement au Jardin botanique de Nancy.
L’illustration de ce roman original est quant à elle assurée par Gilles Macagno, qui est également professeur de sciences et vies de la terre. Il a déjà publié deux ouvrages : Mauvaise réputation et Je t’aide, moi non plus chez Delachaux et Niestlé.
Encore du pain sur la planche pour la brigade moustiquaire…
Bienvenue dans le monde méconnu et pourtant passionnant des insectes, mais aussi de leurs (très nombreux) prédateurs. Perrick le moustique se voit coller deux affaires de disparition bien opaques. A lui de trouver ce qui est arrivé à Esmeralda, une mignonne petite mouche, ainsi qu’à Elvis, un moustique artiste.
Les affaires ne sont pas liées et les possibilités très nombreuses dès lors qu’il s’agit d’insectes portés disparus. Surtout quand il va découvrir avec son coéquipier que la liste des suspects s’allonge à cause d’un congrès faisant venir de loin des plantes… carnivores.
Extrêmement original, drôle et instructif
J’ai adoré lire ce roman policier bourré d’humour et de références qui possède différents niveaux de lecture ! Beaucoup de titres de chapitres sont des références à la culture populaire, les enfants ne les verrons pas, mais les adultes oui : La mort aux mousses, Les dents de la tourbière ou encore Le barbecue était presque parfait. Et encore, le texte en lui-même est également rempli d’autres références qu’un oeul adulte savourera.
Quant aux jeunes lecteurs, ils dévorerons l’intrigue efficace et extrêmement originale de ce roman. Créer un roman policier pour faire découvrir les plantes carnivores aux enfants, il fallait y penser ! Certaines fin de chapitre ont ainsi quelques informations sur lesdites plantes carnivores (leur provenance, leur mode de « chasse », l’origine de leur nom, etc.). J’ai beaucoup apprécié ces encarts documentés, à tel point que j’aurais aimé en avoir beaucoup plus dans le roman (note aux auteurs et à l’éditeur, si vous faites un second tome).
Outre l’intrigue policière, classique bien que chez les insectes, on appréciera la complémentarité des illustrations de Gilles Macagno. Ses dessins sont indispensables pour mieux comprendre les plantes carnivores et leur fonctionnement à part. Elles sont d’une créativité sans bornes quand il s’agit de piéger une proie : goutelettes séduisantes à l’apparence de l’eau, odeur entêtante qui attire les insectes, parois glissantes dont il est impossible de remonter…
Ainsi, oui j’ai adoré ce roman qui se lit très vite, dont les chapites sont courts et efficaces et à la thématique géniale. C’est malin, drôle, décalé, rempli de suspense. Un livre idéal à faire découvrir dès l’âge de 10/11 ans minimum, puis sans restrictions car il y a très peu voir aucun roman jeunesse sur ce sujet qui pourtant passionne les enfants ! Ils adorent le bizarre et l’étrange, ça tombe bien, la nature en regorge !
Petit plus : Cette chronique est pour moi l’occasion de souligner le travail exceptionnel de la petite maison d’édition qu’est Lucca. Elle fait tout pour que les sciences soient accessibles et attrayantes. En un mot, ludiques, pour le jeune public. Ce livre en est le parfait exemple, de même que mon coup de coeur absolu chez ce même éditeur : Lucy et le chien de l’espace. Mélanger sciences et bonne intrigue n’est pas chose aisée, et Lucca y réussit parfaitement en publiant très peu, mais très bien.



