Chronique : Le joueur de cartes

Le joueur de cartes

Un livre surréaliste où l’on croise avec plaisir nombre d’œuvres de notre enfance…

Premier roman de Daniel Henocq publié en février 2011 aux éditions Volpilière dans la collection d’un monde à l’autre (collection dédié aux lectures de l’imaginaire), qu’il inaugure. Le joueur de cartes nous conte l’histoire d’une jeune fille un peu trop curieuse prénommée Sophie. Son roman n’est pas sans faire penser à Alice au pays des merveilles et à d’autres œuvres qui ont posés les bases de la littérature fantastique.

Un étrange mal touche un navire…

Edimbourg, en Ecosse, durant l’hiver 1899, à quelques heures du passage vers le nouveau siècle. Un bateau inconnu s’approche des côtes et a hissé le pavillon jaune, signe d’une maladie grave à bord.

C’est alors que Mr Doyle, le fameux écrivain et créateur du personnage de Sherlock Holmes est appelé, car il semblerait que l’équipage du navire ait été décimé par un étrange mal… ce dernier accepte, mais à la condition expresse d’être accompagné par Mr McLaughlin, le père de la jeune Sophie.

La jeune fille ne peu les suivre, mais elle va tout faire pour découvrir ce qu’ils ont trouvé sur ce bateau et aller au devant de bien des dangers à cause de sa curiosité dévorante…

Tombée par « L’Escalier-qui-fuit-sous-les-pas »

Sophie est bien loin de se douter qu’elle va passer de la vile d’Edimbourg à un lieu tout à fait inconnu et inexplicable. Cet endroit est tellement étrange qu’elle-même le baptisera « Nowhereland ». Elle y est d’ailleurs entrée comme une sorte de nouvelle Alice au pays des merveilles, en tombant encore et encore jusqu’à arriver dans un monde complètement illogique et fou où les animaux parlent et ont toujours le dernier mot.

Mais le joueur de cartes est bien loi de n’être qu’un ouvrage qui s’inspire ouvertement de l’œuvre de Carroll, c’est en fait bien plus que cela. Bien entendu on retrouve les classiques animaux anthropomorphes et le côté déjanté et sans queue ni tête de l’œuvre originale, mais une grande partie du roman est une vraie création de la part de l’auteur qui laisse aussi flotter quelques échos du Magicien d’Oz, en particulier à la fin du roman.

Daniel Henocq nous entraîne dans son propre monde, peuplé de nains bavards et joyeux amoureux de bière, de sorcières ayant perdu la mémoire et de hiboux présomptueux qui pensent avoir réponse à tout. On ne peut que se plaire dans ce monde à la fois si familier et nouveau.

Une écriture fluide et plaisante

Dialogues sans queue ni tête mais qui possèdent en fait un réel sens, rencontres étranges en tout genre, vous ne serez pas au bout de vos surprises avec cet ouvrage. On appréciera surtout les bons jeux de mots et autres traits d’esprits qui sont la caractéristique principale de l’œuvre.

Pour les amoureux de l’Angleterre en général et de la période du 19ème siècle en particulier, la plume de Daniel Henocq leur plaira certainement. Le style est très recherché et l’ouvrage est très bien écrit, peut-être même trop si on souhaite le faire lire à un enfant ? Reste à savoir pour quelle tranche d’âge est destiné cet ouvrage, je trouve qu’il conviendra parfaitement à des adultes ayant envie d’un peu de fantaisie dans leurs lectures et qu’il sera adapté au niveau du vocabulaire à des jeunes dès l’âge de 13-14 ans.

En sommes, le joueur de carte est une très belle façon de découvrir un auteur ET un éditeur. A offrir et à lire pour se faire plaisir et quitter notre monde parfois absurde pour un autre qui ne l’est peut-être pas tant que ça…

7/10

Une réflexion au sujet de « Chronique : Le joueur de cartes »

  1. Daniel H

    Bonne nouvelle ! La suite est en cours, même si l’éditeur aura changé.

    « Quatre Dames pour un Roi »

    Londres, printemps 1905. Tandis que Henry McLaughlin supervise une nouvelle campagne de fouille en Egypte, Conan Doyle a accepté de veiller sur Sophie, la fille de son ami. Les évènements vont s’accélérer lorsqu’un jeune gamin du East End, Timothy Barnes, va confier à l’écrivain une terrible nouvelle : le retour de l’automate diabolique. Cependant, un autre quidam s’intéresse de près au Joueur de Cartes. Après une escapade qui vire au drame dans les docks de Londres, Sophie est sauvée de justesse par le mystérieux inconnu. Il est temps pour eux de coopérer. Suite aux rêves prémonitoires de la jeune Lady, Doyle organise une séance de spiritisme pour élucider la source de ces mystérieux appels au secours. De retour en Ecosse, l’auteur de Sherlock Holmes est persuadé de trouver, dans le journal de bord du capitaine Fletcher, les indices pour mettre à mal les plans de la machine. De leurs côtés, Sophie et son bienfaiteur s’embarquent pour Paris à la rencontre d’un magicien des temps modernes. Un illusionniste qui semble détenir la clé du monde imaginaire et loufoque où les enfants oubliés attendent le retour de celle qui leur doit une promesse.
    Entourée de Quatre Dames, Sophie parviendra-t-elle à enrayer la mécanique infernale de celui qui dirige à présent ce pays d’une main de fer…
    Un retour en Nowhereland où les secrets les mieux gardés vont voler en éclats…

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