Chronique : Le pacte des vierges

Le pacte des viergesLa version romancée d’un fait divers qui a fait grand bruit aux États-Unis

Actuellement journaliste politique au Monde, Vanessa Schneider est une auteure française qui a maintenant quatre romans à son actif, tous parus aux éditions Stock.

Le dernier en date est le pacte des vierges, sorti à la rentrée littéraire 2011. Il nous conte l’histoire de 17 adolescentes qui ont décidé de tomber enceintes en même temps. Ce récit à quatre voix, est tiré d’un fait divers qui a également inspiré le cinéma français : l’adaptation sort le 14 décembre 2011 et s’appelle 17 filles.

Gloucester, une petite ville tranquille du Massachusetts

C’est ici que vivent les jeunes filles dont la vie va être bouleversée par un pacte qu’elles ont fait entre elles : tomber enceintes en même temps et élever ensemble dans une grande maison les enfants qui découleront de ce pacte. Mais évidemment, la vraie vie n’est pas aussi simple, est c’est un vrai déferlement qui va tomber sur la petite ville après la découverte de ce mystérieux et incompréhensible pacte entre les adolescentes.

Certaines voient leur parents les renier, d’autres sont chouchoutées jusqu’à l’adoration, d’autres encore (la majorité) voient leur parents complètement paumés, se demandant ce qu’ils ont raté dans l’éducation de leur fille. Mais toutes les strates sociales sont touchées par ces grossesses : des familles sans histoires, catholiques, noires-américaines ou encore au passé douloureux.

Les jeunes filles sont très sollicitées par les médias et se refusent à tout commentaire, mais acceptent de se confier à Vanessa Schneider, qu’elles trouvent inoffensive bien qu’un peu curieuse (les a-t-elle réellement rencontrées ? on ne sait pas).

C’est ainsi que Lana, Kylie, Sue et Cindy se livrent à elle et aux lecteurs sur leur envies, leur aspirations, et leur ressenti sur ces grossesses collectives à un âge aussi jeune.

Une écriture crue et très intime nous plonge immédiatement dans ce roman au sujet pour le moins polémique.

Des faits,  mais peu d’explications

Malgré une histoire très intéressante, le pacte des vierges possède un gros défaut : une absence totale d’explications. On ne peut qu’essayer de comprendre les motivations de ces 17 adolescentes mais sans grandes certitudes.

On sait qu’elles avaient l’utopie d’élever toutes ensembles leurs bébés pour en faire de « bonnes personnes », qu’elles souhaitaient créer une sorte de société dans la société. Mais très vite, ce rêve se brise et chacune s’enferme dans sa propre grossesse avec sa propre famille, quand il leur en reste une.

La jeune Lana passe pour la commanditaire de cette folie, voire même pour celle qui a « forcé » les autres jeunes filles à la suivre et à quitter le fameux « droit chemin ». Son témoignage plein d’espoir et de rage explique en partie ses motivations, mais les récits des trois autres jeunes filles sont plus réservés. Ou s’arrête la réalité ? ou commence la fiction ? Au lecteur démêler ces témoignages et de se faire son propre avis sur la question.

C’est donc une lecture magnifique et terrible d’un point de vue social, mais un texte très frustrant du point de vue de sa conclusion qui ne parle que très peu de l’après accouchement et du retour à la vraie vie pour ces jeunes filles.

Il aurait été intéressant d’avoir un témoignage plus axé sur l’après et sur la façon dont elles assument leur enfants nés, c’est dommage.

Un livre intéressant donc, mais qui n’effleure que la surface d’un sujet de société hautement d’actualité. C’est dommage, d’autant que l’écriture de Vannessa Schneider sait impliquer son lecteur en le prenant par les sentiments.

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