Chronique BD : Horologiom – Tome 6 – Le ministère de la peur

Horologiom tome 06Une bd au récit futuriste et merveilleusement original d’une qualité certaine

 Sixième opus de la saga Horologiom paru en septembre dernier aux éditions Delcourt, Le ministère de la peur est un tome à part qui ne nécessite pas d’avoir lu les précédent pour comprendre et apprécier cet univers si particulier. Le scénario et le dessin sont signés par Fabrice Lebeau, la colorisation Florence Breton.

Cette suite apparaît après plus de dix ans d’absence dans le monde de la bd, et c’est un très beau retour. L’éditeur a d’ailleurs profité de le cette nouveauté pour rééditer les cinq autres ouvrages.

Dans le monde mécanique et parfait de la cité d’Horologiom

La cité d’Horologiom est hors du temps et vous un culte au « Grand Rouage ». Ainsi commence l’œuvre où en deux pages est expliquée aux néophytes et aux connaisseurs la façon dont fonctionne cet univers.

L’émotion n’a pas droit d’existence, et pour que chaque habitant soit le plus efficient possible dans le travail qui lui a été attribué, une clef lui a été implantée dans le crâne (comme les clef des jouets mécaniques) ; mais pour qu’il n’y ait pas de déviance dans ce monde parfait, chacun doit faire remonter régulièrement sa clef, pour cela il y a des « remonteurs ». Et plus la clef d’un individu a une rotation rapide, plus son rôle dans la hiérarchie d’Horologiom est élevé.

Mais malgré cette perfection et cette peur du dérèglement, certaines déviances n’ont pu être maîtrisées. Pendant la nuit, il y a eu un meurtre dans la ville, et c’est au major Meursy d’élucider les problèmes et les mystères qui vont en découler…

La recherche de perfection n’est-elle pas pire que ce contre quoi elle lutte ?

Cette bd futuriste nous montre tous les travers possibles d’une société qui devrait normalement être parfaite. La cité d’Horologiom est une véritable utopie, ou du moins s’y essaie avec plus ou moins de succès, mais c’est en creusant un peu que l’on se rend compte que la peinture si parfaite, s’écaille.

Les hommes, même mécanisés, sont faillibles et possèdent les mêmes faiblesses que ceux auxquels ils essayent de ne pas ressembler. Dans cette aventure en un tome, c’est une faille du système lui-même qui va le mettre en danger (on retrouve certains échos d’une nouvelle de Philip K. Dick ; Rapport Minoritaire). Et l’on s’immerge dans cette intrigue politique, policière et philosophique avec enthousiasme.

Horologiom tome insideUn dessin caractéristique à la hauteur d’un univers aussi singulier

Fabrice Lebault a la chance d’être aussi doué sur le plan scénaristique que graphique, nous offrant un ouvrage de qualité tout en beauté.

Les traits anguleux et stricts (parfois sévères et sans émotions) des personnages sont en accord parfait avec le régissement du monde d’Horologiom où tout est calculé pour être parfait, et où chacun à un rôle bien défini.

Les dessins sont foisonnants de petits détails, de particularités graphiques fort intéressantes. Tous les robots, téléphones, chaises, et autres objets du quotidien ont l’étrange spécificité d’être anthropomorphes. Chose amusante quand on voit que l’humain essaye à tout prix de  se rapprocher de la machine, comme s’il cherchait une symbiose avec cette dernière, mais ne l’aurais pas encore atteinte.

Pour conclure, cet ouvrage est parfait pour découvrir le monde fascinant et curieux d’Horologiom, car pour ma part, c’était ma première incursion. Ce dernier opus donne très envie de découvrir les précédents. A lire d’urgence, que l’on soit un amoureux de la bande-dessinée ou non.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

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