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Chronique : Le Puits des mémoires – Tome 2 – Le Fils de la Lune

Le puits des mémoires 02Le temps des révélations est arrivé… et elles font mal !

Second tome de la trilogie Le Puis des Mémoires, Le fils de la lune est le roman charnière de la série, il est paru en 2012 aux éditions Scrinéo. C’est dans ce tome-ci que les informations les plus intéressantes sur le trio en vadrouille sont enfin révélées…

Ecrite par Gabriel Katz, cette série est une belle preuve que la bonne fantasy est loin d’être réservée aux seuls auteurs anglo-saxons.

Fuir Hélion pour débarquer à Woltan… au plus près de l’ennemi qui les traque

Le trio quo forme Nils, Karib et Olen poursuit sa quête d’identité en même temps que sa fuite en se cachant là où on les attend le moins… au cœur même du royaume qui les traque. Bars, marchés, tavernes glauques…ils passent partout sans être reconnus et sont ratés de peu par les troupes de l’albinos qui les poursuivent depuis tant de semaines.

De pistes fumeuses en indices ténus, nos anti-héros font de curieuses rencontres et d’incroyables  découvertes sur eux ainsi que leur entourage (famille, amis…)… mais difficile de vous en dire plus sur leur teneur sans vous spoiler.

Palpitant et très bien ficelé

Ce second volume du Puits des Mémoires est un vrai régal après un premier livre très introductif : nous découvrons enfin qui sont réellement au moins deux des personnages que l’on suit depuis le début. Et on peut dire que leur identité est pour le moins surprenante et surtout inattendue.

Suite à ces révélations, c’est un mélange entre tensions et situations cocasses et parfois même drôles qui s’invitent. En effet, nos personnages on beau avoir retrouvé leur identité, leur mémoire n’est pas revenue pour autant, et cela va leur créer de nombreux désagréments…

Tout au long du roman, leurs pérégrinations sont improbables et tout ce qu’ils entreprennent a furieusement l’air d’être de l’improvisation constante. Normal, c’est effectivement le cas, mais c’est aussi ce côté perpétuellement aléatoire qui rend le récit à la fois sérieux, palpitant, tout en jouant parfois sur le ton humoristique.

Outre les belles révélations qui parsèment l’intrigue, on appréciera encore une fois les dialogues fleuris et naturels des trois compagnons de route, plus naturels que jamais. Dans un environnement guerrier de fantasy, Gabriel Katz maîtrise les codes du genre avec simplicité et efficacité, sans fioritures ni digressions.

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Pour conclure, Le Fils de la Lune est un très bon volume de la trilogie, certainement le meilleur : il regorge de retournement de situations, et cela jusqu’à l’ultime phrase… Ça se lit vite et ça se lit bien ! A conseiller à ceux qui veulent tester le genre fantasy et qui ont peur de se perdre dans des univers trop denses. A partir de 14 ans environ, mais sans limite d’âge.

AUTEUR :
GENRE : Fantasy
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Cœur d’Acier – Tome 1

Coeur d'Acier 01Encore une belle claque littéraire faisant hommage aux comics.

Dernier roman en date de Brandon Sanderson, Coeur d’Acier est le premier tome d’une nouvelle trilogie intitulée The Reckoners en langue originale.

Loin de la fantasy qu’il affectionne tant et dans laquelle il excelle – il nous l’a prouvé avec sa série Fils-des-Brumes ou encore en prenant la relève de Robert Jordan pour son cycle de la Roue du Temps – l’auteur nous entraîne cette fois-ci dans un monde de super-héros… ou plutôt de surhommes aux intentions toutes sauf bonnes. Accrochez-vous, ce nouvel univers est encore une fois aussi efficace que surprenant !

Cœur d’Acier, ou « l’homme » à abattre

Dans Cœur d’Acier, il faut partir d’un postulat très simple : depuis ce que l’on appelle la Calamité, il y a les épiques, des surhommes ayant des pouvoirs inimaginables : invincibles, contrôlant la lumière du jour ou le feu, pouvant se rendre invisibles, avoir un don de prescience… et puis il y a les autres, nous : les gens normaux, telles des fourmis.

A l’heure où débute notre histoire, David est encore un enfant avec ses rêves, ses espoirs, ses héros, dont fait partie le légendaire Cœur d’Acier. Quand sa vie est en passe de basculer, il est dans une banque avec son père lorsqu’un épique du nom de l’Exécuteur débarque et tue froidement la majorité des personnes présentes… jusqu’à l’arrivée de Cœur d’Acier. C’est à ce moment précis que les rêves de David éclatent en mille morceaux : Cœur d’Acier n’est pas là pour les sauver, mais pour montrer à tous sa puissance : aucun épique ne fait la loi à Newcago, car c’est Sa ville.

Le jeune David a ainsi assisté impuissant à la mort de son père par Cœur d’Acier, celui auquel il croyait depuis toujours. C’est ainsi que commence le long cheminement de la vengeance pour David : comment tuer l’épique le plus puissant parmi tous ? Lui qui est à l’épreuve des balles, qui peut voler, transformer tout ce qu’il souhaite en acier et une foule d’autres pouvoirs encore…. Un seul espoir : trouver l’unique faiblesse qui rend un épique aussi normal qu’un humain, mais ça peut-être absolument tout et n’importe quoi…

Coeur d'Acier 01 usUn roman aux scènes épiques et immersives

L’unique but de la vie de Daniel est donc devenu d’éliminer Cœur d’Acier ; et la foule d’hypothèses qu’il échafaude dans ce but est impressionnante. Notre jeune héros dont le seul pouvoir est une obsession sans faille a réuni une masse impressionnante de notes, carnets tournant autour de son idée fixe. Loin d’être un surdoué, David est surtout un acharné, un obsessionnel. Ah, et pour l’anecdote, il est médiocre pour faire la moindre métaphore, comme vous pourrez le constater très rapidement.

L’intrigue se déroule sur un fond post-apocalyptique et fait tout de suite penser à une ambiance dans le plus pur style des comics. Mais à la différence des codes habituels : pas de supers-héros dans ce roman, uniquement des surhommes aux sombres dessins. Confluence, Fortuité, Réfraction, Rougefeuille, Pleins Feux… autant de noms d’épiques aux pouvoirs spécifiques qu’il va vous falloir apprivoiser.

Si vous rêviez de combats fantastiques entre Epiques, vous ne les trouverez pas vraiment (je ne vous en dirais pas plus) : il est plutôt question de plans, pièges, stratégies pour les faire tomber, la force ne fonctionnant jamais contre eux.

Pour l’atmosphère du roman, vous serez là aussi servis : la ville de Newcago ne voit plus la lumière du soleil depuis des années à cause d’un des acolytes de Cœur d’Acier : Maître-Nuit. Nous sommes donc plongés dans une ville des plus sombres, vaste en apparence, mais qui l’est encore plus en profondeur : une cité sous la ville regorgeant de secrets, de clans et autres choses peu recommandables. Une foule de tunnels, rues souterraines, conduits, dont certains inachevés font le bonheur de la pègre d’en bas, mais aussi des mystérieux Redresseurs.

Les Redresseurs sont les rares êtres humains à se rebeller contre la force incommensurable des Épiques… et leur méthodes sont pour le moins efficaces, bien que jamais frontales (ces quelques caractéristiques ne sont d’ailleurs pas sans rappeler par certains côtés Fils-des-Brumes).

 Dernier très bon point pour ce roman : les dialogues savoureux et parfois emplis de non-sens. David n’est pas très loquace, mais ça n’est pas le cas de certains de ses acolytes, notamment Megan ou encore le génial Cody aux faux accents écossais et aux origines troubles.

  •  «  – […] Bonne chose que j’aie apporté mon trèfle à quatre feuilles sur cette opération.
  • Un trèfle à quatre feuilles ? répéta Megan en ricanant.
  • Ben oui. Il vient de not’ patrie.
  • C’est chez les Irlandais, Cody, pas les Ecossais.
  • Je sais, répondit Cody sans se laisser démonter. J’ai dû tuer un Irlandais pour obtenir le mien. »

 Ce premier tome se lit à une vitesse folle : David, dont nous suivons le parcours (écrit à la première personne) est d’un culot incroyable : repoussant les limites du possible en termes d’audace et de cran. Son courage ou plutôt son inconscience vont donner des sueurs froides à de nombreux lecteurs. Encore une fois, les personnages décrits sont d’une efficacité redoutable et on s’y attache inexorablement.

 Lire Cœur d’Acier, c’est comme voir un film à grand spectacle : on imagine sans mal les effets visuels décrits par l’auteur et l’intrigue est d’une efficacité sans failles, captivante. En bref, c’est encore une fois un roman de Brandon Sanderson brillant, à croire que tous les genres littéraires lui réussissent. Un seul conseil, si vous voulez un livre auquel vous serez agrippé jusqu’à la fin et rempli de twists, courrez donc chez votre libraire vous procurer Cœur d’Acier !

Suite prévue aux Etats-Unis en automne 2014 sous le titre Firefight. Une nouvelle se déroulant entre le premier et le second tome est également parue en langue originale sous le titre Mitosis.

Actualité éditoriale : Lumen, lancement d’un nouvel éditeur pour la jeunesse et les ados débarque !‏

Lumen logoUne nouvelle collection d’ouvrages à destination de la jeunesse et des adolescents arrive sur la scène éditoriale le 6 mars prochain : Lumen.
Aux vues de la présentation faite par l’éditeur, la collection tablera sur des publications destinées à des lecteurs d’au moins 11 ans jusqu’à beaucoup plus. Pour 2014, ce sont déjà 16 titres de prévus, dont 10 nouveautés.

Un beau et très ambitieux programme de parution dont nous vous communiquons aujourd’hui quelques informations.

Dualed 01 VODualed – Tome 1 – L’initiation de Elsie Chapman :

Dans le futur, toute personne qui naît possède un double, élevé dans une autre famille. Mais une fois un certain âge atteint dans la société, un seul des deux peut survivre. Remporter ce combat signifie pour le gagnant un bon travail, un mariage, en somme la vie.


Le résumé est tentant : entre roman d’anticipation et thriller, le tout est fort engageant, on a hâte de le lire et de vous en faire la chronique.
Dualed est une série en deux tomes, rendez-vous le 6 mars prochain pour le découvrir en librairie.


King's Game 01King’s Game – Tome 1 de
Nobuaki Kanazawa :

Tout droit venu du Japon, King’s Game est avant tout un ketai roman, c’est à dire un livre qui a été écrit à partir d’un téléphone portable, comme c’est la mode au pays du soleil levant.
L’ouvrage a ensuite été adapté en manga sur cinq tomes qui sont d’ailleurs parus en France aux éditions Ki-oon, le dernier arrivant le 13 février prochain.
Pour patienter avant la sortie du roman par lequel tout a commencé, il faudra attendre jusqu’au 15 mai 2014. En attendant, voici la quatrième de couverture du manga.

Quatrième de couverture : Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange sms qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. Le mystérieux expéditeur du message prétend que la classe entière participe à un “King’s Game”. Jour après jour, les défis se succèdent, et les lycéens sont bien obligés de se rendre à l’évidence : ils ont 24 heures pour s’exécuter et la sanction en cas de désobéissance est la mort . Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? Où qu’elles soient, quoi qu’elles tentent pour s’échapper, la mort vient trouver ses jeunes victimes, infaillible. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à découvrir la vérité avant qu’il ne s’abatte ? King’s Game… 1 classe, 32 élèves, 24h pour obéir. Une seule sanction : la mort.

Lumen plaquette (6)

 

Les parutions Lumen :

Lumen plaquette (1)Voici pour les parutions à venir et nous avons déjà des titres qui nous font les yeux doux, en particulier King’s Game et Gardiens des Cités Perdues (dont la couverture est magnifique) ou encore le tout nouveau roman d’Andrea Cremer, Le secret de l’inventeur

Chronique : Les 100 – Tome 1

les 100 01Un roman de science-fiction destiné aux adolescents qui démarre fort… !

Les 100 est le premier roman de l’américaine Kass Morgan. Paru en septembre 2013 aux Etats-Unis, l’ouvrage de science-fiction post-apocalyptique est déjà l’objet d’une adaptation en série télévisuelle dont le premier épisode sera diffusé le 19 mars 2014 sur la chaîne CW.

En ce qui concerne l’ouvrage, c’est dans la collection R qu’il paraîtra le 23 janvier prochain, nous ne savons pas encore combien de tomes comportera la série au total.

La vie dans l’espace se fait au prix de nombreux sacrifices… et de vies

La Terre dans le futur : radioactive, inhabitable à cause de l’homme, ce dernier a dû s’exiler dans l’espace où il survit plus qu’il ne vit vraiment. Mais la vie est plus douce pour certains, tout dépend de quel côté de la barrière vous vous trouvez : en effet, la station spatiale regroupant le dernier espoir de l’humanité a été divisée en trois parties : Walden, Arcadia et Phoenix.

Phoenix est favorisée et connaît peu le rationnement tandis que les des autres parties de la colonie – Walden et Arcadia ne vivent elles qu’au rythme des rares fois où il y a de l’eau et de l’électricité, cette situation créé évidemment de nombreuses tensions…

Les règles qui régissent la colonie sont extrêmement rigides : le moindre impair conduit à la peine de mort directe, ou à l’Isolement pour ceux qui ont moins de 18 ans jusqu’à ce qu’ils soient rejugés. Une façon comme une autre de réguler la population dans un environnement extrêmement restreint…

Le Chancelier de la colonie va cependant changer les règles préétablies en envoyant 100 adolescents condamnés à l’isolement sur la Terre. Objectif : voir si la planète est toujours mortelle pour l’homme, et pour se faire, peu importe que les parias de la société meurent.

C’est dans ce contexte que nous découvrons Clarke, Wells, Bellamy et Glass : quatre adolescents au passé déjà bien sombre et à l’avenir plus qu’incertain. Certains d’entre eux vont tout faire pour fuir cette mission-suicide, tandis que d’autres vont tout tenter pour en faire partie…

Un suspense haletant dans les étoiles… et sur Terre

Les 100 est un roman atypique aux personnages forts et biens campés qui savent provoquer l’attachement. Chaque chapitre est dédié à un des quatre protagonistes en particulier : Clarke, Wells, Bellamy ou Glass. Chacun d’eux a un parcours et des motivations très différents les rendant uniques en leur genre. Certains sont empreints de sentiments nobles, mais d’autres sont prêts à tout pour parvenir à leur fins : lâches, menteur, meurtriers… rien ne les arrête.

Chaque chapitre, centré sur l’un des personnages, est également composé de flash-back, le plus souvent sur des phases déterminantes de leurs vies. Plus nous avançons dans l’intrigue et plus ces révélations s’avèrent cruciales et même terrifiantes (notamment les faits passés de Wells…).

L’intrigue se déroule environ pour moitié sur Terre avec les 100 ; l’autre partie dans la colonie, où les choses n’évoluent pas forcément dans le bon sens. L’humour de la situation pourrait bien faire des 100 des héros bien malgré eux…

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Alors que penser de ce premier tome de façon globale ? Il est efficace : les antihéros que nous suivons tout du long ont ce petit quelque chose qui ne les rend pas « plats ». Nous sommes dans un univers de sf, et Kass Morgan joue de ses codes avec facilité (rationnement, Terre dévastée, règles drastiques pour permettre à l’humanité de survivre, etc.), sans perdre le lecteur dans des faits complexes. En cela, Les 100 est un parfait roman pour faire découvrir le genre à partir de 14 ans.

Tous les ingrédients qui font un bon roman sont ainsi réunis pour nous donner un premier tome efficace et haletant. Peu léger sur le fond, il pousse le lecteur à voir ce que faire de pire l’homme quand il s’agit de sauver sa peau… ou paradoxalement, d’aider son prochain. On attend avec impatience la suite !

Chronique : Les Variants – Tome 1

Les variants 01Écrit par l’auteur américain Robison Wells, les Variants est une courte série en deux tomes parue aux éditions MSK qui vient de se conclure en octobre 2013. Les deux romans constituent ses premiers écrits publiés.

Aux Etats-Unis, Robison Wells vient de publier son tout nouveau roman intitulé Blackout qui nous raconte l’histoire d’adolescents qui deviennent possesseurs de super-pouvoirs malgré eux… le phénomène se développant comme un virus. L’histoire est également prévue en deux tomes, comme les Variants.

Pour l’anecdote, sachez que son frère aussi est écrivain et que certains de ses ouvrages sont aussi parus en France, en particulier dans le domaine des polars. Il s’appelle Dan Wells et vient de sortir le roman Partials en France, dans la collection Wiz d’Albin Michel.

Dans une école aux méthodes atypiques…

Quand Benson Fisher passe la belle et grande grille de la Maxwell Academy, il ne se doute pas que c’est de façon définitive. A peine débarqué, il se retrouve pris à parti par deux adolescents qui lui disent de ne pas croire une parole d’Isaiah et d’Oakland. Ça démarre en trombe, l’ambiance est immédiatement oppressante, autant dire que le décor brièvement posé fonctionne parfaitement.

A peine quelques pages tournées et l’on comprend que la Maxwell Academy n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler un établissement traditionnel. Alors qu’il semblait élitiste et exceptionnel au premier abord, Benson va vite se rendre compte de quelques singularités fort dérangeantes.

Premièrement, il n’y a pas de professeurs : ce sont les élèves eux-mêmes qui gèrent les cours entre eux. Ensuite, chaque élève fait obligatoirement partie d’un gang, avec chacun un crédo et une façon différente d’appréhender leur vie quotidienne au sein de l’école. Ainsi Benson devra-t-il faire très rapidement son choix entre le Chaos, la Société ou les Variants…

Et chose étrange, on dirait que tous les élèves recruté par l’école n’ont plus aucun lien social normal, comme si ils ne manqueraient à personne…

Un établissement ? Une prison ? Ou autre chose ?

Benson n’est pas vraiment quelqu’un qui « rentre dans le rang » et va très rapidement devenir une source d’ennui pour tous : les gangs, mais aussi ceux qui gèrent l’établissement à distance.

A force de poser des questions dérangeantes et d’agir inconsciemment, l’adolescent va se faire une foule d’ennemis… à commencer par les chefs de gangs. Mais il est également vrai que les questions soulevées par notre antihéros ne sont pas sans pertinence.

Là où certains appliquent les consignes (parfois injustes et arbitraires) à la lettre et aveuglément, il vaudrait peut-être mieux s’interroger plus. Pourquoi n’y a-t-il aucun représentant de l’établissement ? A quoi servent les séances de paint-ball imposées par l’école ? Les choses sont en passe de bouger à la Maxfield Academy, et Benson Fisher en sera l’instigateur, parfois malgré lui.

Les points forts de ce premier tome sont nombreux : l’intrigue est captivante dès les premières pages, sans jamais ou presque retomber. Les personnages notables sont au nombre d’une dizaine, bien décrits, et impossibles à confondre grâce à des descriptions simples et efficaces.

Le meilleur dans ce livre reste tout de même son ambiance ; oppressante à souhait, glauque, sombre… on éprouve un plaisir teinté de peur à parcourir l’étrange établissement (parfois au cœur de la nuit, dans de mystérieux couloirs…). On appréciera enfin un excellent twist au milieu du livre qui nous fait revoir toute notre interprétation de l’histoire dans son ensemble. La conclusion de ce premier volume nous laisse ainsi avides de connaître la suite, bravo Robison Wells, vous maîtrisez les tensions à tous les niveaux.

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En conclusion, les Variants est un très bon premier tome : à la fois addictif et de qualité. Il réunit tout ce que l’on aime trouver dans un livre : une bonne histoire, et un épais mystère… Alors si en plus l’intrigue se déroule dans une école ancienne perdue au beau milieu d’une forêt, c’est parfait. Affaire à suivre avec la suite et fin : Les Fuyants.

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Chronique : La planète des singes

La planète des singesLa planète des singes est un roman de l’auteur français Pierre Boulle, véritable symbole de la science-fiction mondiale. Publié en 1963, ce texte est et restera le plus connu (avec Le pont de la rivière Kwaï) de cet auteur au parcours atypique. Né en 1912, Pierre Boulle est détenteur d’un diplôme d’ingénieur à l’école supérieure d’électricité. Il partit ensuit vivre en Extrême-Orient où il fut planteur d’hévéas, puis il intégra les Forces Françaises libres et combattît les troupes japonaise en Chine. Il fut prisonnier mais réussit à s’évader et regagna la France.

 La planète des singes est devenu bien plus qu’un livre depuis sa sortie, il y eu tout d’abord le film de Franklin J. Schaffner en 1968, puis une série télévisée en 1974. Tim Burton s’est également essayé à l’exercice en 2001. Enfin plus récemment, nous avons eu droit à un film imaginant les origines de ces singes plus intelligents avec le film La planète des singes : Les origines ; une suite est d’ailleurs prévue pour 2014 : La planète des singes : L’affrontement.

Une série de bande-dessinées autour de l’univers de la Planète des singes est sortie aux éditions Emmanuel Proust, signée par Daryl Gregory. Un coffret intégral est d’ailleurs prévu pour mars 2014, en édition limitée. L’univers de Pierre Boulle continue donc de prospérer après plus quarante ans d’existence et nourri l’imaginaire de nombreux cinéastes et auteurs en tous genres… et d’un public toujours plus large.

« Jinn et Phyllis passaient des vacances merveilleuses, dans l’espace, le plus loin possible des astres habités. »

Notre histoire commence ainsi, avec des voyageurs de l’espace profitant à loisir de leur temps rien qu’à eux, mais il va être troublé par la découverte d’une bouteille flottant dans l’espace et contenant d’étranges écrits.

La personne ayant rédigé le texte de la bouteille se dit journaliste et s’appelle Ulysse Mérou : il prétend avoir fait un voyage spatial en l’an 2500, dans le système de Bételgeuse, accompagné d’un professeur et de son second. Leur voyage les entraina sur une planète dont les caractéristiques la rendait habitable… et en effet, ce qu’ils vont découvrir va confirmer leur espoirs au-delà du possible…

La planète est bien habitée… par des singes intelligents au même titre que les humains. Mais ça n’est pas tout, il y a également des hommes, mais eux semble justement avoir l’intelligence d’animaux, réagissant à l’instinct, et ne communiquant que par grognements. C’est le cauchemar et la torture qui commencent pour Ulysse, devenant un objet d’étude fascinant pour ces singes plus savants que l’homme…

La planète des singes pkjD’une diabolique simplicité et pourtant porteur de nombreux questionnements

Pierre Boulle nous entraine avec facilité dans une science-fiction au postulat simple et abordable pour tous. Loin des romans aux théorèmes compliqués, La planète des singes peut expliquer son succès grâce à une histoire basique mais pas simpliste, bien au contraire.

On y trouve une dimension philosophique certaine qui nous remet à notre juste place : le singe est-il l’avenir de l’homme ? En est-il sont évolution logique ? Ce que nous faisons subir aux animaux pour nos divers tests est-il « humain » ? Quelle est la frontière entre l’homme et l’animal ?

Sans temps morts, on découvre la suite d’infortunes d’Ulysse : une chasse à l’homme dès l’atterrissage, une captivité suivie d’expériences scientifiques s’apparentant parfois à de la torture…

Le développement du relationnel entre Ulysse et Zira, une scientifique chimpanzé avant-gardiste est très bien fait, au rythme de ses nombreuses découvertes scientifiques, une amitié improbable naît. De même, le lien forcé qu’il va avoir avec une humaine locale (et donc sous-évoluée) prénommée Nova au gré des expériences évolue en autre chose qui pourrait s’apparenter à de la tendresse…

On suit avec inquiétude et intérêt les découvertes de plus en plus terribles d’Ulysse sur cette planète et ses habitants, jusqu’à l’avant dernier chapitre du roman, où la dernière phrase nous achève littéralement.

L’écriture de Pierre Boulle est efficace et sans fioritures, accessible à tous. Le vocabulaire utilisé y est totalement intemporel, rendant les technologies décrites toujours d’actualité.

La planète des singes est ainsi un superbe roman, un classique parmi les classiques de la littérature de genre, mais pas seulement. Pierre Boulle réussit à nous offrir une histoire intemporelle et universelle. Un classique à lire… et à relire absolument !

Chronique : Le Puits des Mémoires – Tome 1 – La Traque

Le Puits des Mémoires 01Un premier tome aux allures de récit initiatique…

Paru en mai 2012 aux éditions Scrinéo, La Traque est le premier tome de la trilogie de fantasy Le Puits des Mémoires. L’écriture est assurée par Gabriel Katz, un auteur français au parcours atypique, et pour cause : il a écrit de nombreux ouvrages en tant que nègre… mais vous ne saurez évidemment pas lesquels !

Depuis la parution du premier tome, la trilogie complète du Puits des Mémoires est disponible ; et le 9 janvier 2014 paraîtra un nouvel ouvrage dans le même univers : Maîtresse de guerre, qui se déroulera quant à lui beaucoup plus au sud. Enfin, la série a remporté le prestigieux Prix des Imaginales 2013 dans la catégorie Roman Francophone.

Quand amnésie rime avec danger de mort…

La traque commence étrangement… des hommes sont enfermés dans des sortes de cercueils, et ne peuvent absolument pas bouger. De mémoire, ils n’en ont plus, de conscience d’eux-mêmes non plus… même leur prénom leur est inconnu. C’est dans ce contexte que le chariot les transportant s’effondre dans une crevasse, eux-mêmes ne s’en sortant qu’in-extremis.

N’ayant aucun souvenir d’eux-mêmes ou de leur passé, les trois hommes rescapés s’attribuent au hasard des noms : Nils, Olen et Karib. Ils l’ignorent encore, mais chacun d’eux recèle des trésors insoupçonnés…et cela à de nombreux points de vue. La traque commence alors pour eux, et ils n’en sont pas les chasseurs…

Un univers à la fois épuré et efficace

Ce premier volume met en place tous les éléments qui serviront à l’intrigue de la série par la suite. On y découvre ses quelques particularités : sa magie (qui est  toutefois assez peu présente dans ce premier volume), ainsi que la façon dont le pouvoir y est exercé.

Tous les éléments classiques d’une intrigue de fantasy sont là, et ils sont assez savamment dispensés pour ne pas tomber dans la caricature. Évidemment, la petite équipée de nos trois amnésiques réunit certains archétypes, mais on est en droit de se dire que c’est quasiment inévitable dans un tout premier roman de fantasy.

Ainsi nos trois héros au passé trouble réunissent-ils un bagage très usuel, mais fort sympathique. Le tout étant rondement mené avec des dialogues efficaces et souvent teintés d’humour un peu sombre. L’écriture est quant à elle extrêmement soignée et qualitative à souhait.

On découvre peu à peu le pourquoi de leur traque à l’échelle de plusieurs royaumes sans toutefois être rassasié d’informations. Lentement distillées, les révélations se font rares sans pour autant nous faire perdre de notre intérêt pour l’intrigue. A charge de revanche pour le second tome, car on a envie d’en connaître la teneur ! La Traque est un tome introductif qui se suffit parfaitement à lui-même.

Des champs de bataille à la douce et luxueuse cour du Roi en passant par les villes et villages des gens du commun, nos héros seront bringuebalés, maltraités et devront s’adapter comme jamais, et nous avec eux… pour notre plus grand plaisir.

 Ce roman est la preuve qu’il est possible de faire un bon roman de fantasy sans se lancer dans de nombreux détails et délires imaginaires. Une intrigue efficace et des personnages bien campés font parfois meilleure impression qu’un univers dense et trop développé. La preuve si il en est besoin que la fantasy française a encore de quoi surprendre de nombreux lecteurs.

Rendez-vous donc pour la chronique du second tome de la série : Le fils de la Lune.

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Chronique : Paroles empoisonnées

Paroles empoisonnéesUn drame d’une puissance narrative inouïe

Paru en début d’année 2013 aux éditions J’ai Lu, Paroles empoisonnées et le dernier roman en date (en France) de l’espagnole Maïté Carranza. Elle est notamment connue pour sa trilogie fantastique le Clan de la Louve parue chez Pocket Jeunesse.

Dans ce roman loin du genre fantastique, l’auteur nous a concocté un thriller diaboliquement efficace basé sur un fait divers qui l’a inspirée, celui de Natascha Kampusch (jeune femme autrichienne qui fut enlevée et séquestrée pendant plus de huit ans avant de réussir à s’enfuir). L’ouvrage a d’ailleurs reçu le prestigieux Edebé de littérature pour la jeunesse (attention, le livre s’adresse bien à des adolescents, pas moins).

Paroles empoisonnées est avant tout l’histoire de Bárbara Molina, une jeune fille disparue il y a de cela quatre ans. L’affaire est restée irrésolue jusqu’au jour où… l’enquête bascule à cause d’un simple coup de fil, capturant le lecteur dans une toile psychologique dont il devient impossible de s’extraire…

Une affaire qui piétine et en passe d’être oubliée

Quand nous commençons ce roman, c’est l’ultime jour de travail du sous-inspecteur Salvador Lozano, un homme qui a pris l’affaire Bárbara Molina à cœur. Oubliant parfois jusqu’à sa vie privée, l’homme a montré un investissement sans faille sur cette affaire. Mais la retraite arrive, et il est tant de passer l’affaire et des dizaines d’autres à un nouveau et fringuant sous-inspecteur : Toni Sureda.

Ce dernier est jeune, fringuant et ne montre apparemment pas l’intérêt qu’il faudrait sur l’affaire Bárbara Molina. Comment lui en vouloir ? L’enquête piétine depuis des années sans aucun nouvel élément. Les deux principaux suspects vivent leur vie, la disparition de Bárbara n’est plus vraiment au cœur des préoccupations, hormis pour ses proches.

Sa mère, Nuría Solis est devenue un fantôme depuis le drame, elle ne vit que parce qu’il le faut, mais tout juste. Sans opinion, sans vie, sans âme, elle erre et est devenue un poids pour sa famille tout entière. Son mari Pepe quant à lui a tout fait pour faire retrouver leur fille, combatif, tenace, parfois même trop, il a largement contribué à ce que l’enquête reste ouverte.

Les jumeaux, frères de Bárbara, ont quant à eux appris à ne pas faire de l’ombre à la peine de leurs parents.

PREMI CUBIERTA PALABRAS ENVENENADAS + 148 p3.inddUne narration qui ne laisse pas de place à l’ennui

Paroles empoisonnées est un roman à quatre voix, celle de la mère de Bárbara (Nuría Solis), celle de Bárbara elle-même, celle du sous-inspecteur presque retraité et celle d’Eva, l’ancienne meilleure amie de Barbara.

Ainsi, quand ces voix très différentes s’expriment, ont découvre peu à peu tous les non-dits, les blessures cachées et les plaies de chacun. Le voile qui pèse sur l’affaire se soulève peu à peu, mais pas au point de nous faire deviner très rapidement qui est le coupable. Des indices aux accusations divergentes fusent, et le lecteur se fait lui aussi embarquer dans des suppositions toutes plus folles les unes que les autres.

Avec ces points de vue différents sur l’histoire, on se rend compte que même si il y a un véritable coupable, tous ont à un moment ou un autre on failli à leur manière : en fermant les yeux, en étant jalouse, en ayant trop la tête dans le guidon sur l’affaire… Terriblement humains, là a été leur seule faute.

Ainsi Maïté Carranza manie avec art une plume très sensible, qui fonctionne par évocations et sous-entendus. Elle a su tisser avec bien peu une histoire cohérente qui sait nous tenir en haleine.

« Elle rate parfois des occasions de se taire et lâche des paroles empoisonnées dont le venin court dans les veines et arrive jusqu’au cœur, et fini par tuer, telle une tumeur maligne. […] La coupe était amère et elle l’a avalée seule, comme toujours. »

Pas de dialogue ici, tout est écrit au style indirect : déstabilisant au début, on s’habitue très rapidement à ce mode d’écriture pour le moins inhabituel. Pas de tiret de dialogues  à aucun moment de l’ouvrage, ni même de guillemets. On se retrouve alors avec de grands pavés de texte, mais qui se dévorent.

Pour conclure, Paroles empoisonnées est un véritable roman coup de poing. Traitant de la violence faite aux femmes, qu’elle soit passive ou bien visible, Maïté Carranza met en avant un sujet qui lui tient à cœur, et elle y excelle. Attention, âmes un peu trop sensibles s’abstenir, bien qu’il n’y ait aucun passage explicite, ce roman reste très dur.

Quoi qu’il en soit, impossible de ne pas s’immerger dans un roman d’une telle force, alors allez-y si vous êtes amateur de thriller, ce roman est pour vous. Dès l’âge de quinze ans, minimum.

Chronique : La Fille-Sortilège

La fille-sortilègeSorti en mars dernier dans la collection ado du Pré aux Clerc nommée Pandore, La Fille-Sortilège est un roman de fantasy à l’univers accrocheur et à l’histoire bien construite. Le livre vient d’ailleurs de recevoir le prix Elbakin 2013 du meilleur roman fantasy français jeunesse.

Son auteur, Marie Pavlenko, est française et commence à se faire un nom dans le monde de l’imaginaire français. Elle a commencé à faire parler d’elle à la sortie de son premier roman : Le livre de Saskia (chez Scrinéo Jeunesse), qui fait partie d’une trilogie. A la mi-octobre, Marie Pavlenko va d’ailleurs clore son cycle de Saskia.

La Cité des Six, une belle utopie… pour qui y vit bien

Plantée en plein désert se trouve la Cité. Magnifique, prolifique, magique… les superlatifs ne manquent pas pour décrire la Cité des Six dont les origines légendaires sont connues de tous. Elle regroupe six clans au savoir-faire unique et nécessaire aux autres, leur équilibre est la source de leur harmonie.

Ainsi trouve-t-on les clans suivants : Les Planteurs, Les Sourciers, Les Dresseurs, Les Façonniers, Les Coutelliers et les Guérisseurs. Chacun utilise une magie particulière connue uniquement des membres dudit Clan. Les bases d’un univers sont posées.

Les habitants des Clans n’ont guère à se plaindre de leur mode de vie. Leur seul devoir étant de fournir à la ville les objets ou savoir-faire demandés pour le bien-être de tous, en contrepartie la ville leur fourni nourriture, vêtements, etc.

Mais dès que l’on sort de l’univers bien propret des Clans, nous découvrons aux abords de la Cité des Six les habitations des Orklas : des gens qui n’ont pas de clan et qui sont considéré comme des moins que rien. C’est dans ces quartiers peu recommandables que vit Erine, notre héroïne.

Quand commence notre histoire, nous somme en pleine nuit, suivant les pas feutrés d’Érine. Dans un cimetière, cette dernière déterre des cadavres. Pourquoi ? Elle-même l’ignore. La seule chose qu’elle sait, c’est qu’elle est payée pour cela, alors hors de question de faire la fine bouche. Bien payé mais risqué, le travail d’Érine est éreintant.

Mais sa tâche nocturne n’est rien comparé aux dangers qui vont lui tomber dessus sous peu : chantage, poursuite, cavale, complots… la jeune Erine va devenir le centre d’une tornade sociale et magique dont elle ignore la portée…

La fille-sortilège propositionUne fantasy originale qui donne un souffle d’air frais au genre

Difficile de décrire et de résumer un univers aussi dense et prolifique que celui imaginé dans la Fille-Sortilège. Tant de nuances et de paramètres entrent en ligne de compte que vous les décrire serait fastidieux.

Mais ce que l’on peut en dire de façon certaine c’est que l’on a affaire à un très bon roman dans le style fantasy. Loin des stéréotypes du genre (ici point de dragons et autres créatures habituelles), Marie Pavlenko nous offre son imaginaire sur un plateau avec son propre bestiaire et sa magie bien à elle. Le fait d’avoir implanté son univers dans une sorte de monde oriental est également plaisant, on aime à sentir le souffle chaud du désert entre les lignes…

On y parle de thèmes forts, universels, tels que l’injustice sociale, l’amitié qui fait tomber beaucoup de barrières, notamment quand nous n’avons plus rien à quoi nous raccrocher… La souffrance est là, omniprésente, qu’elle soit physique ou morale, mais elle nous fait découvrir les forces cachées de nos protagonistes. On y voit également leur beauté à travers ces nombreux maux qu’ils traversent.

Érine, que l’on suivrait les yeux fermés est belle par sa force et sa persévérance. Ne se laissant jamais aller à la facilité, cette dernière nous transporte dans son univers, à la fois cruel et fascinant. On y découvre aussi celui qu’elle a pris sous son aile : Arkadi, un jeune homme encore en plein dans l’adolescence, son histoire est encore plus cruelle que celle d’Erine. On ne peut que se sentir intime avec des personnages dont l’histoire passe par des sentiments vrais et forts.

Bien que paru dans la collection Pandore (destinée principalement aux adolescents), ce roman s’adresse selon moi avec plus d’efficacité encore à des adultes… mais la frontière devient bien mince entre les deux lectorats.

Atypique, captivant et remarquable, la Fille-Sortilège ne vous fera pas passer un bon moment, mais vivre une très belle expérience de lecture. On en vient presque à regretter que ce roman soit un one-shot, mais c’est aussi ce qui fait son charme. En bref, un roman qui marque !

Chronique ado : La brigade des fous – Tome 1 – Blackzone

La brigade des fous 01Une équipe complètement barrée pour faire front aux plus grands problèmes écologiques mondiaux

Blackzone est le premier tome de La brigade des fous, paru chez Rageot, dans la collection Thriller. La série est écrite par Philip Le Roy, un auteur déjà bien connu dans son domaine : le thriller.

Pour les adultes, il a notamment écrit les romans suivants, tous chez Points : La dernière arme, Le dernier testament ou encore, Couverture dangereuse.

Avec La brigade des fous, il s’essaye au roman pour adolescents.

Des adolescents en marge de tout

Tout commence avec un meurtre et un adolescent autiste qui semble violent et renfermé sur lui-même. Il a été trouvé près de son père tué. Est-ce lui le coupable ? Sa force surhumaine et son comportement semblent le désigner selon la police, mais c’était sans compter sur l’avis du Docteur Anton Sheffer… Notre jeune s’appelle Diego, et il vient d’être recruté par une mystérieuse association…

La brigades des fous est en marche : elle comprend six adolescents aux talents bien particuliers. Petit génie de l’informatique, jeune fille totalement désinhibée, une autre qui n’a peur de rien…

Ils ont étés rassemblés par le Docteur Sheffer au cours de ses travaux, et maintenant, ils vont passer à l’action. Le nom de leur première mission : Blackzone. Leur but ? Mettre à jour un immense trafic en allant dans le fief même du principal suspect. Ainsi commence l’aventure, qui ressemble fort à une mission suicide. En effet, comment six jeunes sans éxpérience sur le terrain vont-ils pouvoir se débrouiller face à des professionnels mafieux surentraînés ?

Un roman qui se lit comme on regarde un bon film d’action

Si vous aimez les romans où l’action démarre au quart de tour et où le rythme est soutenu, Blackzone sera un roman parfait. Aucun temps mort. Beaucoup de tension et de surprises.

Les adolescents sont des antihéros parfaits, et loin des stéréotypes que l’on aurait pensé pouvoir croiser. Ils sont complètement sur une autre planète, et ils s’en fichent. Leur réactions et répliques sont très souvent imprévisibles, tellement parfois qu’elles en deviennent drôles. Je pense notamment à Laurie, qui ne semble jamais avoir connu le sentiment de peur. Elle effraye tout le monde par son manque total de peur, la mort, la douleur, rien de tout cela ne la fait sourciller, bien au contraire : ça la fascine.

Sans vous en dire trop, sachez que leur mission, bien élaborée au départ va devenir comiquement catastrophique. Tout part dans tous les sens, rien ne se passe comme prévu… et on a droit à de belles surprises en retour.

Ce premier tome de la série est un très bon départ. La collection Rageot Thriller promet toujours à ses lecteurs de l’action et du suspense, mission accomplie. Blackzone est un bon page-turner qui donne envie d’en savoir plus sur cette brigade des fous qui ne se livre pas tant que cela au final dans ce premier opus. Affaire à suivre de près donc avec le second tome de la série, Red Code, paru en juin dernier.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.