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Interview de Chris Bradford pour sa série Bodyguard

Bodyguard 1 - L'otageLa Bibliothèque de Glow : Comment l’idée originale de Bodyguard vous est-elle venue ?

Chris Bradford : « Le meilleur garde du corps, c’est celui que personne ne regarde » : c’est une phrase que j’ai entendu à la radio, et c’est elle qui m’a donné l’idée de la série. Donc, les ados peuvent être d’excellents gardes du corps. Et encore plus lorsqu’on est une fille ! Personne ne s’attend à ce qu’une adolescente soit garde du corps…

D’ailleurs, quand on est une femme garde du corps, on gagne beaucoup plus que les hommes. Certains se demanderont si les femmes sont assez fortes pour ce travail, et quand je visite les écoles, j’aime prouver aux élèves que c’est effectivement le cas.

Les techniques décrites à l’intérieur de mon roman existent et fonctionnent réellement. Quand j’ai fait des recherches pour mes livres, j’ai suivi un entraînement professionnel de garde du corps. En tant que garde du corps, il faut toujours avoir une conscience aiguë de son environnement. Mes personnages doivent ainsi savoir repérer des systèmes de surveillance cachés. (ndlr : L’auteur nous montre alors que depuis le début de l’interview il nous a filmés à notre insu grâce à une fausse cannette de Coca-Cola. L’œil de la caméra est minuscule !).

Chris BradfordLa Bibliothèque de Glow : Pouvez-vous nous parler des prochains titres de la série à paraître ?

Chris Bradford : Le second tome de la saga Bodyguard se nomme La rançon et sortira en septembre 2015 en France. En VO, c’est Penguin Books qui édite mes romans. Dans le deuxième titre de la série, vous pourrez découvrir de nouvelles techniques de combat.

Dans le troisième tome, qui s’intitule Embuscade (ndlr : titre provisoire) le sujet est la protection des enfants d’un ambassadeur français en Afrique.

Les histoires de Bodyguard sont tout à fait indépendantes, mais il y a tout de même une intrigue transversale. Les actions décrites sont plausibles, réalistes et j’ai fait le maximum de recherches possibles pour coller le mieux possible à la réalité. De même, mes personnages sont très travaillés, tout est fait pour les rendre vrais.

Bodyguard 1 voLa Bibliothèque de Glow : Comment avez-vous construit vos personnages ainsi que leur tempérament ?

Chris Bradford : Il faut savoir que je m’inspire beaucoup de personnes que je connais pour construire mes personnages. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses, ils faut qu’ils soient très complets dans leur façon d’être afin d’être les plus vrais possibles.

Pour moi, le personnage de Charlie est une sorte de modèle. Il est mystérieux et on a très envie de découvrir son passé (ndlr : le personnage de Charlie est en chaise roulante). Vous aurez d’ailleurs toutes les réponses le concernant dans le quatrième tome.

Chaque tome de la série est centré sur un personnage et son passé en particulier. Le second tome est ainsi axé sur Lin, la jeune chinoise. De plus, vous en apprendrez plus sur l’organisation des Bodyguard ainsi que sur le Colonel… Car il ne faut pas oublier que recruter des enfants en tant que gardes du corps revêt un aspect immoral.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous déjà en tête l’intrigue générale des six tomes de la série ?

Chris Bradford : Quand je trouve une bonne idée, je l’exploite jusqu’au bout. Mais uniquement si cette dernière vaut le coup, il faut qu’elle soit excellente. Cependant, la fin ne sera peut-être pas exactement telle que je la prévois dans mes idées, mais y ressemblera fortement. C’est uniquement lorsque l’idée est bonne que j’ai une idée générale.

Enfin, il ne faut pas oublier que j’insère des éléments importants au fil des tomes, et que certains seront très important beaucoup plus tard… Je dois donc me rappeler absolument de tout ce que j’insère dans mon histoire. Si je donne un gadget à l’un de mes héros, il ne faut pas que j’oublie de l’en débarrasser si je veux rendre le tout intéressant.

Bodyguard 2 voLa Bibliothèque de Glow : Où se situe votre série dans le temps ?

Chris Bradford : Vous l’aurez constaté, le président américain est d’origine latino. On peut donc s’imaginer dans un futur très proche. J’ai avant tout fait ce choix car je ne souhaitais pas mettre la famille Obama dans mon histoire. Tout le monde se demande si le prochain Président des Etats8unis sera blanc ou noir, un homme ou une femme… j’ai donc choisi de prendre un président d’origine latino.

La série est très proche de notre présent, elle imagine ce qui pourrait potentiellement se passer. Mes idées concernent souvent un danger qui rôde, que l’on sent venir. Quand le livre paraît, il arrive que le danger soit déjà là, en l’occurrence avec les attaques terroristes qui viennent de survenir (ndlr : l’auteur fait référence aux attentats de Charlie Hebdo).

La Bibliothèque de Glow : Comment se déroule une journée-type pour vous ?

Chris Bradford : J’écris sur mon pc de façon quotidienne de Huit heures du matin à six heures du soir. Il faut absolument que j’aie terminé le chapitre avant la fin de la journée. La plupart du temps, pendant toutes ces heures de travail, je suis assis et je réfléchi et je me regarde le nombril, ce sont uniquement dans les deux dernières heures que j’écris.

Bodyguard 3 voLa Bibliothèque de Glow : Combien de temps avez-vous vous mis à écrire le premier tome de la série ?

Chris Bradford : J’ai eu l’idée il y a quatre ans. Il a tout d’abord fallu que je termine ma série Young Samuraï (Collection Baam). J’en ai profité pour faire beaucoup de recherches et puis j’ai fait ce stage de trois semaines de formation de garde du corps. Comme il s’agissait du premier roman de la série, il m’a fallu faire deux mois de recherches supplémentaires, un mois pour fixer l’idée générale de la série et puis six mois pour l’écrire.

En général, j’écris un livre par an, tout en faisant des tournées dans les classes, de la promo etc (Je passe 2/3 mois par an à faire des tournées).

La Bibliothèque de Glow : Pourquoi avoir voulu absolument obtenir ce diplôme de garde du corps ?

Chris Bradford : C’était important pour moi en tant qu’auteur. Quand je vais dans les écoles, que je parle et que je fais des lectures d’extraits, je veux que les enfants croient vraiment en moi. Je ne veux pas qu’ils pensent que l’ouvrage n’est pas réaliste, ou qu’ils croient que je ne sais pas de quoi je parle.

En dehors de cela, cette formation était tout simplement passionnante : elle a beau être courte (trois semaines), elle a fondamentalement changé ma façon de vivre. Par exemple, je ne me positionne plus de la même façon dans un restaurant ou une pièce, je réfléchi à l’endroit le moins dangereux où se placer. Je regarde de façon automatique où se trouvent les sorties, etc. Mais je ne suis pas paranoïaque, je sais aussi m’amuser !

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous déjà d’autres projets en cours ?

Chris Bradford : Alors oui… et non. En fait, j’ai deux autres nouvelles idées, mais je dois avant toute chose terminer la saga Bodyguard. La première idée est celle d’un scénario. La seconde est un projet de trilogie dont l’idée de départ est venue grâce à un titre de livre écrit par quelqu’un d’autre.

Pour ma série Young Samouraï, elle a été directement inspirée de mon expérience. Je fais des arts martiaux depuis l’âge de huit ans et j’ai toujours rêvé d’être un samouraï ou un ninja.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous des projets d’adaptation au cinéma ou à la télévision pour Bodyguard ?

Chris Bradford : Effectivement, il y a un projet de série télévisée en cours de réflexion. Pour le moment, rien n’est encore concret, il faut donc croiser les doigts !

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous un art martial de prédilection ?

Chris Bradford : Tout à fait, il ‘agit du Ninjutsu. Si vous êtes une femme, je vous conseille d’essayer le Jujitsu, vous pouvez retourner la force de l’ennemi contre lui-même. C’est ça qui est bien dans les arts-martiaux, c’est fait pour tout le monde et vous pouvez vous protéger et protéger les autres, comme un… garde du corps !

Chronique : The Lying Game – Tome 5 – Croix de bois, croix de fer

The lying game 05L’étau se resserre doucement sur l’assassin de Sutton…

Paru en février 2014, Croix de bois, Croix de fer est le cinquième et avant-dernier tome de la série policière et un soupçon surnaturelle The Lying Game. Suite directe du précédent tome, nous suivons toujours l’histoire narrée par le fantôme de Sutton Mercer, qui ne lâche pas sa sœur jumelle enquêtant sur son meurtre. Le titre de l’ouvrage fait référence au mot de passe qu’utilisent les filles du Jeu du Mensonge pour jurer que ça n’est pas un mauvais tour qu’elles jouent à leurs amies.

Sara Shepard est une auteur américaine connue pour ses romans ados avec notamment la série Pretty Little Liars, les livres ont étés adapté en série télé, tout comme The Lying Game.

L’investigation solitaire d’Emma à Tucson se poursuit…

Suite directe du précédent tome, nous retrouvons Emma avec ses derniers questionnements en date sur la disparition de Sutton. Leur mère biologique est-elle à mettre en cause ? Est-ce quelqu’un de l’entourage de Sutton qu’elle a trop blessé avec une de ses énièmes blagues cruelles ? La tension mon te doucement au fil des petites révélations qui se font au sein de ce tome…

Les mêmes processus que dans les tomes précédents, mais avec un peu plus de matière

Sara Shepard renouvelle peu sa formule mais sait ajouter un peu d’intérêt à l’intrigue à travers ce cinquième opus. L’auteur nous sème quelques petits indices qui permettent de déterminer qui est le potentiel tueur – ou tueuse – de Sutton.

De nouveaux personnages font leur entrée, avec notamment Céleste, une adolescente aux allures éthérée croyant dur comme fer au surnaturel. Sa venue à Hollier, dans le lycée de Tucson est gênante pour Emma car Céleste veut tout faire pour s’intégrer en faisant sa loi… Et Emma est bien loin de la distance hautaine qu’entretenait si bien sa sœur jumelle Sutton.

Outre ces quelques nouveautés, l’enquête d’Emma et de son petit ami Ethan se poursuit et avance plus concrètement que jamais, et il faut avouer qu’il était grandement temps ! Impossible d’en dire plus sans spoiler, ce sera donc à vous de découvrir les avancées en la matière…

Un point gênant à noter au niveau du contenu du livre : comme tous les autres tomes de la série, le roman contient énormément de citations de marques. Tellement que s’en est invasif par moment, d’autant qu’il s’agit de marques de luxe totalement inconnues pour qui n’est pas à la pointe de la mode.

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En conclusion, cet avant-dernier tome relance quelque peu l’affaire mais ne suffit pas à enlever cette impression de sur-place général. On a une seule hâte, enfin savoir qui est derrière tout ça, mais guère plus…

Chronique : Esprit d’hiver

Esprit d'hiverUn huis-clos étouffant à la période soi-disant magique de Noël…

Dernier ouvrage en date de Laura Kasischke, Esprit d’hiver est paru au format poche en octobre 2014. Véritable roman à suspense dans une ambiance des plus étranges, on découvre ici un conte de Noël contemporain aux allures de thriller… Ce roman a reçu le Grand Prix des Lectrices Elle.

Laura Kasischke est une auteur américaine à l’œuvre désormais connue. On lui doit notamment A suspicious river, Les revenants, Un oiseau blanc dans le blizzard ou encore A moi pour toujours. Certains de ses romans ont également étés adapté au cinéma.

Noël n’est pas nécessairement une journée festive…

Tout commence lors du matin de Noël : Holly a dormi plus que de raison et s’est mise en retard pour le repas de Noël. Sa fille Tatiana dort encore, son mari est parti chercher les invités à l’aéroport, d’autres sont en route vers la maison… mais c’est sans compter sur le puissant blizzard qui se lève.

Ce qui devait s’annoncer comme une journée de célébration et de cadeaux en famille va se transformer peu à peu en un huis clos glaçant mélangeant souvenirs lointains et présent. En effet, Holly et sa fille adoptive Tatiana ont une foule de choses à se dire, et les vieilles rancœurs ressurgissent.

Rancœur et désillusions, le duel psychologie mère-fille ne fait que commencer

Que l’on soit adoptée ou non, la relation entre une mère et sa fille est toujours complexe, c’est ici ce que nous dépeint Laura Kasischke avec une grande justesse. Illogisme, jalousies, reproches, cette journée de Noël est un véritable enfer glacé pour Holly.

Mais cette journée de Noël n’est pas la seule qui nous est contée ; nous découvrons également toutes les embûches qu’Holly et son mari ont du affronter avant d’avoir le droit d’amener Tatiana. Ils se sont rendus jusqu’en Russie, par deux fois il y a quinze ans avant d’avoir l’autorisation nécessaire pour emmener leur fille adoptive aux États-Unis.

On découvre également le parcours du combattant des autres familles américaines qui tentent leur chance à l’orphelinat Pokrovka n°2. Certaines scènes sont d’une tristesse qui prend à la gorge.

L’écriture de ce récit atypique est juste parfaite et nous plonge dans une atmosphère des plus singulières. On frise la paranoïa avec des phrases de plus en plus étranges concernant cette journée qui vire doucement au cauchemar. Et vous n’aurez pas de répit : aucun chapitre ne découpe le texte qui se trouve être un bloc compact dont le but est de vous oppresser (ainsi qu’Holly par la même occasion).

Alors quel est le but de Laura Kasischke à travers ce conte de Noël qui n’a rien de magique ? Vous le ressentirez plus que vous ne le saurez, au fil de votre lecture. C’est insidieux, de plus en plus malsain et les hypothèses se multiplient au fil des mystères et incohérences de la narration (coups de fils étranges, mémoire défaillante, culpabilité démesurée concernant des futilités…). Mais c’est pour mieux nous perdre, jusqu’à l’ultime vérité où tout nous est dévoilé abruptement.

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En somme, Esprit d’hiver est un roman court à ne rater sous aucun prétexte. Les dialogues, les descriptions, l’ambiance… tout y est fort, efficace. Ce récit qui se déroule sur une seule journée est lugubre au possible, et ça n’est pas pour déplaire. Si vous aimez les histoires où le lecteur est balloté en tout sens et où la psychologie y a une part importante, n’hésitez plus.

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : The Lying Game – Tome 3 – Action ou vérité

The lying game 3Suite du thriller chic pour ados où l’étau se resserre… à peine

La série de romans The Lying Game est composée de six tomes, tous parus dans la collection Territoires, la collection ado des éditions Fleuve Noir.

Son auteur, Sara Shepard, est spécialisée dans les séries pour ados très féminines contenant toujours une bonne part de mystères et de secrets inavouables… Elle est ainsi connue également pour sa série Pretty Little Liars. Ses deux séries de livres ont étés adaptées en série télévisée.

Suite de l’enquête d’Emma Paxton sur sa sœur jumelle, Sutton Mercer

On continue là où nous l’avions laissée Emma ainsi que son investigation autour de sa jumelle tuée dans de mystérieuses circonstances. Les recherches d’Emma piétinent, et le nombre de suspects ne baisse pas d’un iota…

La jeune fille doit pendant ce temps mener de front une vie d’adolescente « normale » tout en remplaçant sa sœur disparue et en enquêtant sur son meurtre… sans commettre de bévue.

Le fantôme de sa sœur Sutton la suit toujours malgré elle, comme si une sorte de force cosmique l’empêchait de se détacher de sa jumelle. Et comme dans les précédents tomes, le fantôme de Sutton ne peut entrer en contact avec aucun vivant et ne se souvient pas de qui a bien pu la tuer…

Une suite qui se laisse lire sans difficultés mais qui a du mal à renouer avec le suspense

De retour à Tucson en Arizona avec les personnages familiers de l’intrigue, il ne vous sera pas difficile de reprendre l’histoire où vous l’aviez laissée. En effet, Sara Shepard a pensé au long laps de temps entre les parutions et aux lecteurs qui mettraient du temps entre les tomes. Ainsi, la reprise est facile, la narratrice réexplique certains contextes potentiellement oubliés, etc.

On ne confond ainsi pas les différents personnages qui sont faciles à cerner et à retrouver grâce à des traits de caractères assez disparates.

Cependant, même si la reprise de la série est facile et reste plaisante, l’intrigue à quant à elle beaucoup plus de mal à convaincre. Cela est dû au simple fait qu’elle commence à tourner en rond de façon flagrante. Emma a toujours les mêmes suspects sur sa liste (même si elle réussi à en éliminer un) et les rouages sont les mêmes que sur les deux tomes précédents. Les doutes quant à la personne qui a fait le coup redeviennent vite les mêmes.

Pour faire simple, l’histoire de The Lying Game tourne en rond dans ce troisième tome.

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En somme, ce tome-ci nous fait très peu avancer dans l’intrigue, les révélations y étant vraiment rares. On est toujours curieux de savoir qui est derrière cette diabolique machination consistant à remplacer une jumelle tuée par celle qui est encore vivante, mais l’auteur va devoir jouer serrer pour rendre le tout attrayant. Comment Sara Shepard va-t-elle se renouveler alors qu’il reste trois tomes et surtout va-t-elle y parvenir ? La suite dans la chronique du quatrième tome de la série The Lying Game : Cache-cache.

Chroniques des autres titres de la série (cliquez sur l’image) :

The lying game - 01The lying game - 02

Chronique Jeunesse : Mirapolis – Tome 1 – Les ombres de la cité

Mirapolis 01Un univers d’anticipation très abstrait mais aux idées intéressantes

Hélène Montardre est une auteur française pour la jeunesse. On lui doit de très nombreux romans : L’Agenda (Rageot), Océania (Rageot), Terminus : Grand Large (Pocket Jeunesse) une grande partie des Histoires Noires de la Mythologie chez Nathan, c’est elle aussi !

Le premier tome de Mirapolis est paru en septembre 2014 aux éditions Magnard Jeunesse, dans leur toute nouvelle collection de romans à destination des 9-12 ans. Ce nouveau roman est empli de mystères : une cité du futur où tout semble parfait va connaître la rébellion sous une étrange forme : la culture.

Mirapolis : la cité du futur par excellence

Bienvenue dans une ville où tout est progrès et où le béton et l’acier sont omniprésents. Tout le monde y est épanoui, chacun se voyant attribuer un métier en parfaite corrélation avec ses compétences. Ici, point de place à une trop grande individualité. Chaque strate d’âge se voit attribuer une couleur différente, c’est ainsi que les jeunes travailleurs portent une tenue bleue.

C’est ici que vit Anguéo, un jeune homme bien sous tous rapport et parfaitement intégré à la société. Mais sa vie va être bouleversée à cause d’une simple porte grise (les couleurs régissent beaucoup de codes sociaux à Mirapolis) mal fermée et d’une curiosité trop grande…

La découverte d’un étrange objet rectangulaire vert sombre va ainsi changer le cours des choses pour Anguéo… et une foule d’autres personnes également. Ainsi, Mirapolis est-il vraiment le rêve ultime de tout homme ? L’absence d’arbres, de forêts est-elle naturelle ? Cette situation contente-t-elle réellement tous les habitants de cette cité entièrement artificielle ?

Un ouvrage à la créativité aussi étrange que plaisante

Même si on ne comprend pas immédiatement tous les tenants et aboutissants de l’histoire, Les ombres de la cité est un roman intriguant dont on rêve de percer les enjeux. Différents niveaux de compréhension se mettent à jour au fur et à mesure qu’Anguéo gagne en connaissances.

L’écriture d’Hélène Montardre est encore et toujours efficace : à la fois épurée mais non dénuée d’une certaine complexité. Ce paradoxe fonctionne très bien sur ce roman que l’on peut conseiller dès l’âge de 11 ans environ (le lire avant serait peut-être trop ambitieux car trop abstrait par moments).

Les descriptions faites de certains objets de notre quotidien sont parfois déstabilisantes. Et pour cause : Anguéo, notre jeune héros n’a jamais vu ces objets de sa vie tant son mode de vie est cloisonné. Les mots utilisés sont donc parfois étranges pour nous, et on se prend à vouloir deviner ce qui se cache derrière tel ou tel mot.

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En conclusion, Mirapolis est une série pour la jeunesse à l’univers étrange et séduisant. Il en ressort une ambiance de mystère indescriptible qui en fait tout le charme. C’est donc un bon tome introductif qui donne envie de connaître la suite de l’intrigue et qui pousse les lecteurs à s’interroger, le roman étant une continuelle ode à la curiosité.  Le second tome de la série est à paraître en février 2015.

Chronique : Les anges de l’abîme

Les anges de l'abîmesÂmes sensibles, s’abstenir.

Paru en octobre 2014, Les anges de l’abîme est le second ouvrage du Suédois Magnus Nordin à paraître en France. Son premier roman, La princesse et l’assassin, avait reçu en 2003 le prix du meilleur thriller pour la jeunesse en Suède. Les deux ouvrages de l’auteur sont parus aux éditions du Rouergue, dans la collection Doado Noir.

Une professeure qui utilise des élèves comme appâts pour prédateurs sexuels…

L’idée vous fait sourciller ? Et si c’était la seule solution possible pour confondre certains des monstres qui sévissent dans nos villes ? nos écoles ? C’est en tout cas le parti pris de Molly Zetterholm qui a décidé de tout faire pour coincer les pires prédateurs sexuels. Aidée en cela par Alice, Hannes et Samira qui sont d’actuels ou anciens élèves triés sur le volet, Les Anges de l’abîme sont nés.

Leur première mission est un véritable succès, ils ont coincé un maître de chorale connu à l’échelle nationale pour la qualité de ses spectacles. Ce dernier en profitait pour privilégier l’une ou l’autre de ses chanteuses en lui promettant un avenir radieux…

Mais cette première mission commando à beau être une réussite, les Anges de l’abîme devraient prendre garde à ne pas se brûler les ailes en s’en prenant à plus fort qu’eux…

Du danger des réseaux sociaux et de ses perversités

La place des réseaux sociaux est prépondérante tout au long de l’intrigue : ce sont eux qui permettent aux prédateurs sexuels de s’approcher d’une adolescente parfois trop naïve. Fausse identité, adresse bidon, nom inventé… tous les moyens sont bons pour amener sa proie jusqu’à un point précis.

Les traquer demande beaucoup de patience et d’acharnement, car les Anges ne font pas justice eux-mêmes : ils cherchent des preuves évidentes qui permettent de confondre définitivement le coupable pour ensuite le livrer à la police… Un travail ingrat et dangereux car la police ne voit pas d’un bon œil cette association de bienfaiteurs.

Loin de vouloir se positionner en donneur de leçon, Magnus Nordin veut toutefois ouvrir les yeux aux lecteurs sur une réalité horrible mais bien présente : celle des violeurs et pédophiles qui écument le web à la recherche de leur prochaine victime.

Pas de répit pour qui que se soit

Malmené, vous le serez certes moins que les acteurs de ce thriller sur le fil, mais rien ne vous sera épargné. Des scènes crues d’efficacité et d’horreur, des dialogues à faire froid dans le dos, des pensées inavouables que l’on lit en voyeur… L’auteur sait ménager ses effets et nous plonger dans la répulsion la plus totale.

On se pose en tant que spectateur impuissant où les personnages eux-mêmes sont pieds et poings liés (dans tous les sens du terme). C’est aussi captivant que révulsant pour nous lecteur, et sa fonctionne excessivement bien pour peu que vous ne soyez pas trop sensible. En effets, certaines scènes ne cachent rien de leur horreur.

Pour la construction des personnages, l’auteur a réussi à nous les rendre attachants et sympathiques pour les Anges, monstrueux pour d’autres. Le passé de chacun influe sur l’histoire présente avec plus ou moins d’ardeur. Aucun des Anges n’a une vie toute noire ou toute rose, chacun vient avec un bagage assez lourd, et bien développé tout au long de l’histoire pour mieux la servir.

Seul bémol sur ce thriller qui se dévore à la vitesse de l’éclair : sa conclusion qui vient un peu trop rapidement comparé au rythme général du roman. Mais c’est presque parfait.

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En conclusion, Les Anges de l’abîme est un bon thriller comme les Nordiques en ont le secret. C’est simple, efficace et ça prend aux tripes tant on se sent concerné par ces horreurs cybercriminelles qui pourraient arriver à n’importe qui d’un peu naïf… A lire dès 15 ans.

Chronique : L’épreuve – Tome 1 – Le Labyrinthe

L'épreuve - tome 1Paru en France en octobre 2012, Le Labyrinthe (The Maze Runner) est le premier tome de la trilogie à suspense L’épreuve. Depuis sa parution, la série a su conquérir le public français tout comme elle s’est acquis le lectorat américain. La trilogie est maintenant au complet aux éditions Pocket Jeunesse.

Mais ce n’est pas tout : aux États-Unis James Dashner a écrit deux préquels dans le même univers que L’épreuve : The Kill order et The Fever Code. Forte de ce succès, la série est maintenant adaptée au cinéma, dont le premier volet est sorti le 15 octobre 2014 !

Bienvenue à ce qui ressemble le plus à un foyer : le Bloc

 A peine sorti d’un ascenseur qui le mène à la surface, Thomas doit vite reprendre pied avec la réalité… mais c’est sans compter sur sa perte de mémoire. De sa vie d’avant, il ne se souvient de rien hormis son prénom. Ses parents, sa famille, ses amis… il ne sait pas s’il en avait, c’est le néant. Et c’est le cas de tous les adolescents qui vivent ici, sans le Bloc.

Mais qu’est-ce que le Bloc ? Tout simplement le seul lieu de « vie » possible au cœur d’une construction terrifiante : le labyrinthe. Personne ne sait par qui ni pourquoi il a été construit, mais l’édifice semble être un passage obligé vers la liberté… et cette dernière a prix conséquent. En effet, loin d’être un simple dédale, la construction semble receler d’autres mystères…

L'épreuve - tome 1 tie inUn thriller qui se dévore !

Peu à peu, on découvre que le genre littéraire de ce récit n’est pas que le thriller, mais également l’anticipation, plus précisément le post-apocalyptique. Mais contrairement à la grande mode du moment, il ne s’agit pas ici d’une dystopie ! Ici, pas de société régulée comme une horloge pour le bien collectif au détriment de l’individu. Pas de révolution contre le système établi, mais juste un état des lieux de ce qu’il reste de notre futur… et il est fort sombre.

L’épreuve est un roman pour adolescents (et adultes) qui saura séduire tous ceux qui veulent découvrir une action dense et une intrigue sur le fil. Le suspense est omniprésent, les révélations distillées d’une telle façon que c’en est une torture… Entre les portes du labyrinthe qui ne sont ouvertes que le jour, les monstres étranges nommés les griffeurs qui sévissent à l’intérieur et le poison qu’elles distillent, le mystérieux sérum et les transformations… Et encore, ça n’est que la partie émergée de l’iceberg.

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On ne développera pas plus ici les enjeux de ce premier tome pour vous préserver toute la primeur de l’intrigue !

La conclusion est simple : Intelligent, empli d’énigmes, haletant… ce premier tome est une franche réussite qui ne nous donne qu’une seule envie, se procurer rapidement la suite !

Chronique : Chambre 507

Chambre 507Assez fou pour ne pas être jugé ou trop lucide pour ne pas être épargné ?

 Paru au mois d’août 2014, Chambre 507 est un thriller psychologique paru aux éditions Super 8, dirigées par l’écrivain français Fabrice Colin. L’ouvrage est coécrit par Jordan Wiesman et J.C. Hutchins.

Vous connaissez peut-être déjà Jordan Wiesman grâce à la trilogie pour adolescents Cathy’s Book qui avait fait grand bruit lors de sa sortie en France aux éditions Bayard Jeunesse. Le livre était rempli de nombreux indices placés dans une pochette et de nombreux sites internet et numéros de téléphone avaient étés créées pour l’occasion.

En ce qui concerne J.C. Hutchins, il s’agit de son premier ouvrage à paraître en France. Il est journaliste et écrivain. Son œuvre la plus connue Outre-Atlantique est 7th Son.

Brinkvale, la maison de fous par excellence

Bienvenue dans l’hôpital psychiatrique de Brinkvale, à New York, ici se trouvent de nombreux cas à la psychologie vacillante. Parmi les patients étranges abrités par l’établissement se trouve un « client » un peu spécial qui séjournera à la Brink pour une semaine seulement : Martin Grace. Pourquoi un laps de temps aussi court ? Car son jugement approche à grand pas, et il est crucial de déterminer si ce patient est fou ou non… Seul hic(s), Grace refuse de coopérer avec quiconque, il pense être poursuivit par une entité qu’il nomme la Tache d’encre (ou l’Homme sombre) et ce supposé criminel en puissance est totalement… aveugle.

Voici un court tableau décrivant le pétrin dans lequel va s’embourber Zachary Taylor sans le savoir. Il est jeune, mais cela ne l’empêche pas d’être le meilleur art-thérapeute de Brinkvale. Zachary fait appel à la créativité de ses patients afin de découvrir leurs troubles les plus profonds ; à lui de trouver la voie par laquelle il pourra percer à jour Martin Grace, mais cela ne se fera pas sans heurts.

Zachary ne le sait pas encore, mais son enquête va le mener beaucoup plus loin que prévu, et sur une pente glissante, très glissante. Le danger rôde, et il n’est pas que dans Brinkvale…

Bien mené, mais pas assez exploité

Le début du roman est d’entrée très tentant, et continue de l’être tout au long de la lecture. Notre narrateur prend un plaisir fou à percer les secrets de Grace quitte à prendre sur son temps personnel pour mener à bien sa mission. Il va même plus loin en essayant de toucher du doigt la folie de son patient en enquêtant d’un peu trop près sur certains aspects de sa vie, quitte à se bruler les ailes au passage.

Mais ce n’est pas tout, cette affaire semble être le point de départ d’une foule de problèmes pour Zachary Taylor : secrets de famille qui remontent, visions étranges… l’affaire Grace va le changer à jamais.

La lecture de Chambre 507 est au final très aisée, et l’intrigue se suit très facilement, l’écriture y est percutante, incisive… Zachary Taylor est entouré d’une petite amie geek qui l’aide dans ses recherches (le pistage informatique n’a pas de secrets pour elle) et d’un frère casse-cou à ses heures (tel un Yamakasi) le tout donne l’image d’une petite équipe prête à tout pour décrocher des réponses.

Et des réponses, justement, nous n’en avons au final pas assez. Le roman à beau être bien mené, de nombreuses interrogations soulevées durant l’intrigue n’ont toujours pas été résolues à la fin de la lecture. Pire : certaines ont même été balayées par l’auteur en une seule phrase en fin de roman. C’est fort dommage car même si l’on sent une volonté de laisser planer le doute sur le côté fantastique ou non du roman, certains points auraient mérité un éclaircissement (coups de téléphones mystérieux, la Tâche Noire….).

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C’est donc un bon roman dans l’idée et le déroulement, mais sa conclusion est selon moi trop vite bouclée. La fin est telle que l’on peut venir à se demander si il n’y aura pas une nouvelle aventure de Zach Taylor tant il y a de pistes à explorer. Pour le moment, il s’agit d’un roman unique, et si cela le reste, ce sera fort dommage. Si un autre opus est prévu à l’avenir, cela pourrait changer la donne de cette chronique. Pour le moment, il n’y a aucune suite aux Etats-Unis, mais une préquelle est toutefois sortie sous le titre Sword of blood avec le personnage de Zachary Taylor.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : King’s Game – Tome 1

King's Game 01Tout commence et finit par un sms…

 Paru en mai dernier dans la collection de romans des éditions Ki-oon, King’s Game est un thriller pour adolescents issu du japon. Il s’agit du premier roman de l’auteur Nobuaki Kanazawa, qui l’a écrit sur téléphone portable (c’est la grande mode au Japon, de nombreux succès littéraires ayant été écrit par ce procédé nommé le keitai shosetsu).

Suite à la parution de ce roman au Japon, c’est un véritable engouement qui s’est développé autour de l’œuvre, cette dernière comprenant 5 tomes au total. Le tout fut suivi d’une adaptation en manga, puis en film (sous le nom d’Ōsama Game). En manga, il existe une suite à la série sous le nom de King’s Game Extreme. Une préquelle a également été sortie au Japon, qui explique les origines du Jeu du roi…

C’est donc un univers riche et captivant qui vous attend si vous décidez de vous lancer dans cette nouvelle aventure littéraire ! Et à l’aube où des romans tels que Battle Royal, Hunger Games, L’élite ou encore L’épreuve rencontrent un franc succès, il est clair que cette nouvelle série a toute sa place.

« Toute votre classe participe à un jeu du roi. Les ordres du roi sont absolus et doivent être exécutés sous 24 heures »

Voilà comment l’ambiance est donnée dès le début du roman : la classe de Nobuaki Kanazawa (le roman est écrit à travers son point de vue, et c’est également le nom de l’auteur !) est choisie pour participer à un jeu du roi. Les règles sont cruellement simples, de même que les punitions si les élèves ne jouent pas le jeu. Tous les élèves reçoivent un sms les notifiant chaque jour d’un nouveau défi à relever, cela peut concerner toute la classe d’un coup, ou seulement un ou deux élèves. Quand le jeu du roi commence, les élèves sont au nombre de 32, mais cette donnée va vite être revue à la baisse…

Tout commence avec un défi simple : deux élèves de la classe doivent s’embrasser, s’ils ne le font pas, ils aurons un gage (dont on ignore encore la teneur), puis le second défi demande à ce qu’un élève lèche les pieds d’une autre. Jusque là, il n’y a pas mort d’homme, même si les requêtes du roi sont de plus en plus sordides. Mais quand le quatrième ordre arrive sur les téléphones portables, l’amusement malsain de certains se transforme en terreur pour tous…

King's Game 01 mangaUne suite d’actions captivantes, mais pas toujours très crédibles ou expliquées

Il faut bien le reconnaître, King’s Game est de ces romans qui sait nous happer du début à la fin. Cependant, tout n’est pas clairement expliqué quant au contexte, le tout donnant lieu à des situations peu crédibles. De même, aucune explication ou début d’explication n’est donné quant à la façon dont le roi s’y prend pour exécuter ses ordres.

Par exemple, à un certain moment dans le livre, un des camarades de classe de Nobuaki décède alors qu’ils ont passé la soirée ensemble. La police est évidemment appelée, une mort par strangulation ne laissant personne indifférent. Mais ce qui est gênant, c’est que Nobuaki réussi malgré tout à aller tranquillement en classe sans rater un seul cours le matin, alors qu’il a dormi dans la même pièce que son camarade mort… un peu léger.

De même, aucun éclaircissement n’est donnée sur le roi lui-même et sa façon d’en savoir autant sur chacun des membres de la classe. C’est dommage que l’intégrité de l’intrigue n’ait pas été plus creusée, cela nous empêchant en tant que lecteur de tenter de deviner qui est le roi de ce terrible « jeu ».

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Le roman est donc un bon récit à suspense, mais ne laissant guère de moyens au lecteur d’enquêter lui-même sur l’affaire de cette classe nippone qui se fait décimer au fil des défis de plus en plus fous du roi…

Cependant, malgré ce manque de cohérence tout le long du récit, on ne peut s’empêcher de dévorer les pages et de vouloir arriver le plus vite possible à la conclusion. Et étant donné la fin de ce premier tome, il nous reste une foule de choses à apprendre sur le terrible jeu du roi et ses origines. Espérons donc que la suite saura répondre aux nombreuses questions soulevées par cette ouverture ! A lire dès 15 ans.

Si vous avez aimé, alors essayez :

Dualed 01

Chronique : Zen City

Zen CityUne vie parfaite programmée pour vous

Grégoire Hervier est un écrivain français qui a pour le moment deux romans à son actif, son dernier est Zen City, paru en poche en mars 2013. Son autre récit est Scream Test, paru en 2006 aux éditions Le Diable Vauvert.

Ses récits sont souvent emprunts d’un regard critique sur notre société et son évolution constante en matière de technologies. Alors, jusqu’où êtes-vous prêts à être manipulé pour faire partie intégrante de la société 2.0 parfaite ?

Zen City : la ville parfaite nouvelle génération

Dominique Dubois est un homme à la vie fade, même son nom est confondant de banalité. S’il devait exister une personne représentant les statistiques moyenne du citoyen lambda, Dominique Dubois serait cette personne. Il est tellement dans la moyenne qu’il ne sort jamais du lot par une quelconque spécificité. Mais alors qu’il avait un travail lui donnant des satisfactions basiques mais bien réelles, Dominique Dubois va se faire licencier à cause d’une malheureuse erreur d’expéditeur concernant son sms.

Ce sera finalement un mal pour un bien, du moins dans un premier temps. Pour une fois dans sa vie, on lui offre l’opportunité de faire partie de quelque chose de grand, quelque chose que beaucoup de gens convoitent : faire partie de Zen City. C’est ainsi que Dominique Dubois découvre son tout nouveau travail dans une ville magnifique : criminalité au taux frisant le 0%, ultramoderne et pourtant proche de la nature ariégeoise, propre et belle… vivre dans un tel lieu est un rêve.

Ville high-tech où tout est simplifié : la consommation y règne en maître, mais de façon insidieuse… ainsi êtes-vous un acheteur consentant mais aveugle à Zen City, même quand on travaille dans le service marketing de la ville. Après tout, qu’y a-t-il de mal à voir son frigo se remplir tout seul en fonction de nos goûts ?

Zen City gfLa technologie RFID au service d’un marketing poussif

La clé de l’intrigue réside dans le pistage des habitants de Zen City. Tous ceux qui y vivent ont obligatoirement une puce RFID (Radio Identification ou Radio Frenquency Identification en anglais). Cette minuscule puce de la taille d’un grain de riz permet de suivre à la trace la personne qui en est dotée. Ainsi, il est aisé d’avoir encore plus de données en termes de consommation, d’habitudes, de comportements, tout cela alimentant la grosse machine marketing qu’est Zen City.

L’homme peut-il subir autant de pression sans devenir au bas mot dingue ? Grégoire Hervier nous propose ainsi un roman futuriste allié à un thriller le tout sans oublier une part d’humour. Le personnage de Dominique Dubois est aussi fascinant qu’insignifiant : il est le rouage qui montre ce que nous pouvons tous devenir comme lui. Manipulables, mais pas seulement…

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Zen City est un thriller futuriste à l’avenir dangereusement proche. Toutes ces études comportementales et marketing sont déjà bien en marche, Grégoire Hervier les a seulement réunies au sein d’une ville en y ajoutant une petite partie avant-gardiste. A lire d’urgence pour se faire peur et plonger dans un bon roman, tout simplement.