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Chronique essai scientifique : Le théorème d’hypocrite

L’un est un ancien statisticien de l’INSEE, doctorant à l’EHESS sur l’usage des mathématiques en théorie politique, l’autre est essayiste de métier. A eux deux, ils vont faire trembler le fondement de vos certitudes sur quantité de chiffres et calculs dits basiques, comme les pourcentages. Mais tout est affaire de perception, comme ils le démontrent dans cet ouvrage indispensable pour le développement de la pensée critique.

Les maths, le meilleur allié pour qui est factuel ?

C’est ce que l’on pourrait se dire : j’aime les chiffres, je suis factuel.le. Ou encore : Les chiffres de mentent jamais ! Oui, mais ceux qui les emploient les manipulent avec un art digne de la prestidigitation. Ainsi, une inflation monstrueuse peux passer pour une légère augmentation. Ou encore la façon dont on calcule une moyenne… la moyenne arithmétique est désavantageuse ? Pas de problème, utilisons la moyenne géométrique !
Tout est donc bien affaire de perception, de recul et de questionnements dès qu’on nous parle de chiffres, qu’on nous présente un joli graphique ou autre…

Passionnant de bout en bout

Les deux auteurs nous offrent une plongée fascinante dans l’histoire des nombres et leur manipulation ainsi que la façon de les percevoir sous leur meilleur jour. C’est terrible, parfois très dérangeant, mais toujours passionnant. J’ai appris énormément de choses grâce à cet essai, et ça m’a d’ailleurs donné envie de creuser encore plus le sujet. Il y a en effet quantité d’ouvrages pour développer son esprit critique, celui-ci en est un. Mais justement pour avoir du recul, il faut je pense en lire plusieurs, les compulser, y réfléchir et en discuter avec notre entourage.

On parle ainsi dans cet ouvrage aussi bien de Pythagore et ses merveilleuses avancées dans les mathématiques que des IA qui prédisent les crimes. Ca semble merveilleux à première vue : un logiciel qui vous dit où et quand il y a le plus de chances qu’un crime se produise ! Oui, mais… l’IA est aussi maline que très manipulable. Et cet outil qui permet à la base de déceler les crimes va peu à peu se transformer en véritable bombe politique pour qui veut s’en servir à mauvais escient. En effet, l’IA va creuser encore plus les inégalité en fonction des quartiers et des surveillances policières. Je ne peux pas développer tout cela dans cet article mais ce fait gênant a déjà été rapporté, notamment par le Youtubeur spécialisé en mouvement des foules : Fouloscopie. Deux sources valent mieux qu’une, n’est-ce pas ?

Il y a tellement d’autres sujets dans cet ouvrage qu’il est impossible de les lister, mais parmi les plus intéressants, on trouve : La manipulation des tests de CO² émis par les voitures Wolswagen, Les pyramides de Ponzi, les moyennes harmoniques, le taux de parité de pouvoir d’achat et plein d’autres choses.

En somme, cet ouvrage est parfait pour qui veut explorer les nombres et leurs manipulations. Les auteurs aident ainsi à y voir un peu plus clair dans ce monde gouverné par les chiffres qui se joue de nous à chaque instant. Ils conseillent et citent d’ailleurs d’autres ouvrages sur le sujet : La gouvernance par les nombres d’Alain Supiot. Ou encore Algorythmes, la bombe à retardement de Cathy O’Neil.

Mini-chroniques jeunesse #6 : Des enfants très normaux bien qu’uniques et un chat vraiment très particulier

Voici quatre romans jeunesse que j’ai pu découvrir il y a quelque temps, ils ne sont pas tous bons ni même originaux, mais certains feront passer un bon moments aux enfants ! Pour les autres, passez votre chemin…

Kid Normal – Tome 1 – Greg James & Chris Smith – Poulpe Fiction

Kid Normal est l’histoire d’un jeune homme extraordinaire par sa… normalité. Pourquoi un tel surnom ? Tout simplement parce que Murph, le fameux garçon dont il est question dans cette histoire a intégré une école bien spéciale. Sur un terrible malentendu, sa mère a réussit à l’inscrire dans une école qui forme les futurs supers-héros. Sauf que Murph n’a aucune cape (nom des super-pouvoirs) et ne va pas faire illusion bien longtemps… En parallèle à son histoire, nous allons faire la connaissance d’un homme malfaisant qui va faire une grande et terrible avancée scientifique…

Ce premier tome de Kid Normal est bien sympathique, j’ai tout particulièrement apprécié la première partie du roman. Ensuite, c’est beaucoup plus prévisible mais ça reste agréable à lire. Mais l’idée de base du roman est très plaisante et c’est fort dommage d’ailleurs que les éditions Poulpe Fiction n’aient pas publié la suite de la série en France… Cela n’a pas du fonctionner assez pour la sortir, à tel point d’ailleurs que ce premier tome lui-même est épuisé. Vous ne le trouverez que d’occasion. C’est fort dommage, pour une fois qu’il y a une série jeunesse qui sort un peu du lot à mes yeux… La surproduction est telle qu’il y a beaucoup d’histoires qui se ressemblent, celle-ci avait le mérite de détonner légèrement.
Si vous avez l’occasion de tomber dessus, c’est adapté dès l’âge de 9/10 ans environ.

Le power contrôler – David Baddiel – Seuil Jeunesse

Et si une manette de jeux-vidéo permettait de contrôler totalement quelqu’un de le rendre super doué en combat ou en foot ? C’est le cas du mystérieux Power contrôleur, que Fred et Ellie vont recevoir chez eux. Ils découvrent rapidement tous les pouvoirs qu’elle peut leur octroyer et décident de changer ce qui leur déplaît chez eux… Mais jusqu’à quel point ? Et est-ce encore eux une fois qu’ils sont « upgradés » par le power contrôleur ?

J’aurais pu classer cet ouvrage dans le mini-article dédié aux enfants impertinents, mais je me suis finalement ravisée. En effet, ils sont d’une familiarité terrible avec leurs parents, j’ai trouvé ça assez dérangeant. Ils leurs parlent mal, et surtout, ne les appellent que par leurs prénom. Jamais de « papa » ou de « maman », et je trouve ça franchement bizarre et déplaisant. Je n’ai toutefois pas mis ce roman dans la thématique enfants impertinents car ils n’ont qu’assez peu d’interactions avec leurs parents. Le roman est surtout concentré sur leur scolarité, leurs amis, leurs ennemis et les problématiques que l’on rencontre à cet âge. Ce n’est donc qu’un petit aspect de l’ouvrage qui les rend impertinents.

L’aventure que vivent Ellie et Fred est sympathique et à le mérite de montrer une jeune fille qui aime les jeux-vidéos et qui y excelle, et ça fait plaisir. C’est Ellie qui est au commande car elle est bien meilleure que son frère dans la maîtrise de la manette ! L’idée de la manette pour contrôler les gens (avec leur accord) est sympathique, mais l’auteur n’a pas su la transformer en quelque chose de captivant. Ainsi, l’histoire est des plus classiques et un brin trop manichéenne… C’est dommage, car ça partait plutôt bien ! Encore un livre qui densifie l’offre sans rien lui apporter réellement. Dès 10 ans.

Le creux des maths – Christine Avel – L’école des Loisirs, collection Neuf

Paru en 2012, Le creux des maths est un court roman très attendrissant et original. On y suit le jeune Abel, qui contrairement à tous les membres de sa famille n’aime pas les mathématiques. Pire, il n’y comprend rien. Sa mère vient d’avoir la médaille Fields (sorte de Prix Nobel de mathématiques décerné tous les quatre ans – pour information, il n’existe pas de Prix Nobel dans les sciences mathématiques), ses frères sont des génies des maths alors qu’ils sont plus petits que lui…
D’ailleurs, en parlant de ses frères, c’est grâce (ou à cause, tout dépend) à eux qu’Abel va avoir le droit de voyager une semaine entière en Finlande. Il va avoir l’opportunité d’échanger avec l’un des plus grand mathématiciens au monde. Bonne chance à lui pour donner le change… Il fait semblant d’être abonné au magazine Tangente, fait croire au scientifique qu’il est extrêmement au fait des mathématiques, mais il devient difficile de donner le change.

J’ai beaucoup aimé ce très court roman destiné aux 9/10 ans. Il est à la fois amusant et assez original. On y découvre la Finlande et ses nombreux attraits au travers des yeux d’un enfant. Et surtout… cette histoire est assez surprenante, on ne sait quel tournant l’autrice va faire prendre à son roman, et c’est très bien trouvé !
Mais d’où vient donc cet étrange et joli titre ? Là où toute la famille d’Abel a la bosse des maths, le jeune homme a tellement peu de capacités dans cette matière qu’ils disent qu’il a un creux des maths. Bien trouvé, n’est-ce pas ?

Je vous conseille donc vivement ce roman, parfait pour découvrir une histoire d’amitié improbable et qui fait comprendre qu’il est nécessaire de trouver sa propre voie. Et pas celle que les autres voudraient que vous empruntiez… !

Wondercat – Tome 1 – Un chat bleu très très spécial – Audren – Albin Michel

Voici l’histoire d’un chat bleu qui a élu domicile dans une famille qui ne se lasse pas de ses nombreuses particularités… Outre son étrange couleur qui semble ne pas vouloir partir malgré de nombreux bains, il semblerait que ce chat aie des pouvoirs. C’est ainsi que le nom de Wondercat lui est donné ! Mais quels sont ses pouvoirs ? Si je vous dis qu’il peux envoyer des sms par la pensée vous y croyez ?

Wondercat est le premier tome d’une petite série jeunesse parue il y a de nombreuses années chez Albin Michel Jeunesse. Je dois avouer ne pas avoir été particulièrement touchée ni intéressée par les aventures de ce « super chat ». L’écriture ne m’a pas emballée, et surtout, ce chat est assez agaçant et loin d’être attachant pour moi. Malgré son côté petit dictateur, la famille qui s’en occupe l’adore et va vivre un folle aventure pour le garder !
Personnellement, ça n’a pas pris du tout, que ce soit au niveau de l’histoire ou du style, les aventures de Wondercat n’ont tout simplement pas su me plaire… Dès 8 ans.

Chronique jeunesse : Sophie Germain, la femme cachée des mathématiques

Une merveilleuse biographie féministe et subtile d’une grande dame oubliée des mathématiques, l’effet Matilda a encore frappé… Mais heureusement Sylvie Dodeller nous offre une pépite : historique, scientifique et humaine qui se dévore comme un roman. Impossible à lâcher.

Paru tout récemment en février 2020, cet ouvrage s’adresse aux enfants dès l’âge de 10/11 ans environ. Mais il peut être lu pour toutes et tous car on en apprend tellement sur l’époque et sur l’évolution des sciences au XVIIIème et au XIXème siècle qu’il serait dommage de s’en priver.

Sylvie Dodeller n’en est pas à sa première biographie puisqu’elle a déjà écrit celle de Molière, de Jean de La Fontaine et de Léonard de Vinci, tous à l’Ecole des Loisirs.

Les fameuses figures de Chladni

Un coup de foudre immédiat pour les mathématiques

Sophie Germain avait 13 ans, en pleine Révolution française, quand elle découvrit les merveilleuses mathématiques. Elle dévora tous les livres de la maison sur le sujet jusqu’à comprendre tous leurs secrets…

Ce que ses parents prenaient pour une lubie commencèrent à s’inquiéter et tentèrent de l’empêcher de faire des mathématiques. Elle y travaillait jusque tard le soir, tant elle était passionnée. Mais quand ils virent qu’elle était prête à travailler sans bougie ni couverture, en plein froid, pour faire ce qu’elle aimait, ils n’ont plus jamais empêché leur fille de réaliser sa passion.

C’est ainsi que seule, Sophie Germain commença sa formation aux mathématiques… Et ce n’est que le début d’un fascinant destin qu’elle a réussit à se forger pour elle-même et toutes ces femmes scientifiques qui ont suivi après elle… Les barrières semblent encore infranchissables quand on pensait qu’à l’époque, l’excès de mathématiques est dangereux pour le cerveau féminin. Et oui…

Pour voir comment « fonctionnent » ces figures de façon concrète, rendez-vous en bas d’article.

Passionné, enivrant et tout simplement indispensable !

Si l’on réussissait à intéresser à l’Histoire tous ceux qui y sont réfractaires (moi la première) avec des romans comme celui-là, je serais beaucoup plus calée.

Tout l’attrait de cette biographie, c’est qu’elle se lit comme un roman à suspense : Sylvie Dodeller distille quelques informations. Des questions dont on brûle de connaître la réponse.

Elle sème quelques indices sur le futur de Sophie Germain : comment va-t-elle être la première femme a intégrer Polytechnique alors que l’école était interdite aux filles ? En quoi son travail a-t-il fait avancer les mathématiques ? Que sont ces étranges figures de Chladni et en quoi Sylvie Germain a-t-elle résolu leur mystère ? Pourquoi a-t-elle été oubliée par l’Histoire des sciences, elle qui a tant fait dans sa quête de réponses ?

C’est tout bonnement passionnant de bout en bout. De plus, il n’y a pas que l’histoire de Sophie Germain que l’on découvre ici, mais également quelques anecdotes sur les scientifiques qui ont marqués l’histoire (notamment Archimède avec ses fameux cercles à ne pas déranger juste avant sa mort.).

Et puis… on découvre tant de curiosités mathématiques : les figures acoustiques de Chladni notamment vont marquer des années de la vie Sophie Germain. Elle va s’évertuer à trouver la formule permettant de prédire leur forme en fonction de l’amplitude sonore émise sur la plaque en métal. Pour plus de clarté, je vous laisse découvrir en fin d’article deux vidéos fascinantes qui illustrent parfaitement ce que sont ces étranges figures.

Vous l’aurez compris, c’est un COUP DE CŒUR ABSOLU que ce roman. Premièrement car il parle de mathématiques, et cela de façon intelligente, ludique. Pas besoin d’être bon en maths pour apprécier, il suffit d’être curieux.se.

Deuxièmement, c’est un roman historique qui nous fait découvrir tout un pan méconnu des sciences et de l’Histoire. Et c’est toujours réjouissant d’élargir ses connaissances…

Troisièmement, on fait la rencontre des plus grandes rock-stars scientifiques de l’époque : Gauss (et sa fameuse courbe), Delambre, Lagrange (et son équation différentielle)… et ils sont encore nombreux.

Quatrièmement, il est le symbole d’une époque non révolue où les femmes doivent encore prouver qu’elles sont tout autant capables que les hommes. Que les sciences ne sont pas un apanage masculin. Et que non, ça ne fait pas mal à la tête de réfléchir et ça ne rend pas le cerveau féminin plus faible ou tout autre chose du même acabit…

Cinquièmement, faites-moi confiance, tout simplement.

Chronique : Unremembered – Tome 1 – Inaccessible

Unremembered 1 - InaccessibleUne adolescente amnésique repêchée en pleine mer suite à un accident d’avion dont elle est la seule survivante… et une foule de questions à élucider…

Unremembered est le nom de la trilogie young-adult écrite par l’américaine Jessica Brody. Après des études d’économie et de français, l’auteur a travaillé quelques années avant de tout quitter pour vivre son rêve : l’écriture.

Jessica Brody n’en est pas à son premier roman et a déjà signe de nombreux ouvrages à destination des adolescents et des adultes. En France elle a déjà publié Confidentialité assurée (Pocket) ou encore En toute discrétion (Fleuve Noir). En ce qui concerne la trilogie Unremembered, les droits d’adaptation ont étés vendus et sont actuellement en cours d’exploitation pour un film. En France, le second tome, Inoubliable est prévu pour avril 2016, et le troisième, pour 2017.

Repêchée en pleine mer et le néant pour tout souvenir…

La jeune fille qui a été repêchée au beau milieu de l’océan est la seule survivante d’un crash aérien. Elle n’est pas sur le listing des passagers et ne se rappelle de rien : le néant, même son prénom lui est inconnu… et elle est introuvable sur les bases de données via ses empreintes pour le moment. Elle est belle et a des yeux d’un violet profond, c’est ainsi que le prénom de Violette lui est attribué. Mais le mystère autour d’elle reste entier…

Le monde entier veut en savoir plus sur Violette et son passé, d’autant que personne ne se manifeste pour qu’elle retrouve sa famille… Que s’est-il donc passé pour Violette ? D’où vient-elle ? Que faisait-elle au beau milieu dans l’océan ? Pourquoi les médecins veulent la garder en observation alors qu’elle semble aller très bien ? Qui est le mystérieux jeune homme qui lui rend visite à l’hôpital quand les infirmières sont ailleurs ? Les réponses risquent de vous surprendre, mais pas autant que Violette.

De bons ingrédients pour débuter une trilogie

Inaccessible est un premier tome qui si lit extrêmement rapidement tant les éléments se bousculent et s’enchaînent rapidement. Les chapitres sont courts, efficaces et leur conclusion donne envie de passer immédiatement au suivant.

Chaque nouveau chapitre apporte son petit lot de révélations et de questions encore plus nombreuses… En effet, notre héroïne montre des aptitudes de plus en plus inattendues au fil du temps, qu’elles soient physiques ou mentales, tout ce qu’elle accompli est exceptionnel.

Ainsi découvre-t-on peu à peu les origines de « Violette », ses motivations avant de perdre la mémoire, et une foule d’autres choses. Scientifiques aux projets fous, longs voyages et complots à l’échelle internationale… voilà une partie de ce qui vous attend. Les sciences en général sont omniprésentes (biologie, physique, mathématiques…), mais elles auraient pu être encore plus creusées pour plus de réalisme, car on reste au final très en surface sur de nombreux points.

Pour ceux qui ont l’habitude de lire des romans young-adult et fantastiques en général, l’intrigue et ses ficelles risquent d’être très rapidement comprises, mais cela ne retire rien à l’efficacité du récit.

 ….

En somme, ce premier tome de la trilogie Unremembered est réussit. Aussi classique qu’efficace, il devrait faire mouche auprès des jeunes adultes car il réunit tous les ingrédients du succès. Une héroïne surdouée en tout mais amnésique, un beau ténébreux qui se cache dans ses souvenirs mais dont on ne connaît pas les motivations et une firme tentaculaire aux buts inavouables… que demander de plus ? A lire dès l’âge de 14 ans environ.

Chronique : Humains

HumainsA peine arrivé en librairie, Humains fait déjà beaucoup parler de lui. Gros succès aux Royaume-Unis et en Allemagne, c’est au tour de la France de découvrir le talent narratif de Matt Haig.

Le nom de l’auteur vous dit peut-être quelque chose ? C’est normal. Matt Haig a précédemment écrit le roman Les Radley (Le livre de Poche) ou encore l’ouvrage jeunesse La forêt interdite (Bayard Jeunesse). Il a également écrit pour des journaux tels que The Guardian, The Face, ou encore The Sidney Morning.

Il s’agit de son tout premier roman à destination des adolescents à paraître en France, mais Humains ne se cantonne pas uniquement à ce lectorat…

Un mathématicien d’Oxford remplacé par un mystérieux extraterrestre

Le professeur Andrew Martin est sans conteste le mathématicien le plus brillant du monde, mais personne ne le saura jamais. En effet, à peine a-t-il résolu la plus grande énigme mathématique du siècle qu’il a été supprimé et remplacé par un extraterrestre.

Humains formule zêta Riemann

Ce Graal des mathématiques, c’est l’Hypothèse de Riemann, une conjecture qui permettrait de trouver une suite logique aux nombres premiers. Et alors me direz-vous ? Et alors cela changerai le monde pour toujours, et l’extraterrestre le sait. Supers-ordinateurs, voyages dans l’espace… l’humanité possèderait alors un pouvoir qui la dépasse.

Aussi a-t-il pour mission d’éliminer toutes les personnes qui savent ou soupçonnent ce qu’à découvert Andrew Martin… L’humanité ne doit pas savoir, elle n’est pas prête et elle dangereuse pour elle-même.

Humains VOLes humains sont étranges, illogiques, déconcertants… mais attachants

Notre extraterrestre narrateur conte ainsi ses nombreux déboires en tant qu’apprenti humain. Il commence fort en se passant de vêtements, la pudeur étant pour lui un concept complètement étranger. Son incompréhension de notre monde est d’une logique implacable quand on se met de son point de vue… mais il passe surtout pour un fou aux yeux des autres.

La tâche d’éliminer les humains au courant de la prouesse mathématique d’Andrew Martin va être plus dure à accomplir que prévu. Entre son mariage avec une humaine qui voit sa vie de couple s’effondrer depuis des années et un fils complètement étranger… la mission s’avère corsée. Et d’autant plus que depuis qu’il a couru nu sur le gazon, il est presque prêt pour entrer dans une maison de fous…

Maladresses, incompréhension, bourdes, échanges sociaux ratés, notre hôte lointain est loin de faire illusion auprès des humains, mais ses pouvoirs de persuasion vont lui permettre de mener à bien sa mission. Et pourtant, malgré l’absurdité de notre existence, ce dernier commence peu à peu à trouver les humains moins laids, et même à apprécier certaines de leurs créations telles que la musique ou les poèmes d’Emily Dickinson. Par contre, il est consterné de découvrir notre journal du 20h00 qu’il appelle « Le journal de la guerre et de l’argent »… en même temps, il n’a pas tort.

Humains couverture allemande« Léonard de Vinci n’était pas des vôtres. Il était des nôtres. »

Le gros point fort de ce roman pour le moins atypique, c’est son écriture, et surtout le point de vue à partir duquel c’est écrit. Matt Haig a réussi le joli tour de force de décrire la nature humaine sans artifices et avec une énorme dose d’humour. C’est de l’humour en barre face au sérieux déconcertant de notre narrateur. Il est drôle malgré lui, et pour notre bonheur de lecteur, il ne s’améliore guère dans la compréhension de notre espèce mortelle et ennuyeuse.

« Space Oddity, de David Bowie, ne t’apprend rien sur l’espace, mais ses motifs musicaux sont très plaisants pour l’oreille. »

« Ton espèce compte beaucoup d’idiots. Beaucoup, beaucoup. Tu n’en fais pas partie. Ne lâche pas le terrain. »

Des citations du même genre, vous en trouverez des centaines, toutes plus drôles les une que les autres ! On appréciera particulièrement le moment de terreur absolue que ressent notre extraterrestre face à la fameuse formule mathématique résolue.

Le passage où il donne un cours magistral (et magistral) sur l’équation de Drake (elle permet de calculer les probabilités que l’humanité a de rencontrer un jour une forme de vie extraterrestre intelligente avec laquelle elle pourra entrer en contact). Cette scène est excellente et permet de nous initier aux sciences actuelles avec passion !

En somme, que vous aimiez les sciences ou non, Humains saura vous intéresser par son intrigue efficace. Les situations grotesques et/ou cocasses s’enchaînent et ne se ressemblent pas ! A lire pour rire de nous, de nos problèmes d’humains, mais également pour s’émerveiller de ce que nous sommes et de e qu’il nous reste encore à découvrir… Alors levons la tête vers les étoiles et rêvons…

Humains équation de Drake artist view

Chronique Jeunesse : Les illuminations d’Albert Einstein

Les illuminations d'Albert EinsteinVoici un petit nouveau aux éditions Petits Platons ; après être passé par la philosophie avec Kant et Socrate, nous partons à la découverte de la science avec Albert Einstein. L’auteur, Frédéric Morlot, a fait ses études à l’école Polytechnique, quand à l’illustratrice, Anne-Margot Ramstein, elle a fait les Arts Décoratifs de Strasbourg.

Une initiation aux principes fondamentaux mis en scène de façon originale

Tout commence à la foire de Munich où Albert Einstein et sa soeur Maja ont pour mission d’illuminer à 10h00 pile la baraque Schottenhamel ; un immense chalet en bois de plus de trois cent mille kilomètres de long. Mais Albert et Maja se sont confrontés à un problème de taille… les ampoules ne s’éclairent pas toutes à 10h00 pile, celles du fond ne s’allument qu’à 10h00 et une seconde, ce qui est intolérable pour le propriétaire qui leur demande de recommencer à 11h00. Albert et Maja vont donc tenter de comprendre par le biais d’expériences concrètes le pourquoi du comment.

La physique pour les plus jeunes

La collection des Petits Platon s’adresse en général aux enfants dès l’âge de 9 ans, mais pour ce titre il vaut mieux attendre 11-12 ans. Le principe de la vitesse constante de la lumière ou encore la célèbre formule e = mc2 qui explique la relation entre énergie et masse sont difficiles à appréhender avant cet âge. Mais la mise en scène des expériences est bien pensée et assez simple.
Quand à l’illustration de l’ouvrage, elle est superbe, épurée et fine, un vrai plaisir des yeux.

La collection des Petits Platon confirme donc son statut de maison d’édition de qualité et nous signe ici un très bel ouvrage à mettre entre toutes les mains dès douze ans, pour s’initier aux principes qui ont fait la physique d’aujourd’hui et pour les plus grands afin de se replonger avec fascination dans le monde des sciences.

Chronique bd : Histoire des sciences en bd

Histoire des sciences en bd 01Ou comment expliquer des choses compliquées de façon simple

Voici un coup de coeur que je souhaitais partager avec vous depuis longtemps : l’histoire des sciences en BD chez Casterman ; série documentaire en 5 tomes très joliment illustrés.

Les deux auteurs ce cette petite merveille sont coréens, on peu d’ailleurs le ressentir dans la « patte » du dessin très typé manga et films d’animations asiatiques.

Le principe de cette série de qualité est simple mais monumental : retracer l’histoire des sciences de la préhistoire à aujourd’hui pour un jeune public (dès 9-10 ans), des premières techniques scientifiques en pleine préhistoire jusqu’à nos jours.

Le premier tome commence par une petite définition de ce que sont les sciences, et veut surtout rassurer les lecteurs : les maths et la physique, ça n’est pas compliqué et  ça peut même être fascinant !

Nous partons donc à la rencontre des hommes préhistoriques et de leur techniques de taillage, de chasse, puis en Mésopotamie pour découvrir la méthode de fabrication du papier par les égyptiens ainsi que leur système d’écriture : les hiéroglyphes. Mais les autres peuples ne sont pas en reste : les Incas et leur calendrier sont expliqués de façon abordable.

Enfin la dernière partie de ce premier volume concerne la Grèce antique et ses nombreux scientifiques : mathématiciens, théoriciens, philosophes… où l’on part à la découverte des balbutiements des théories concernant l’univers et la naissance des premiers principes mathématiques et physiques.

Histoire des sciences en bd 02Le second tome réunit toute la période des romains jusqu’au moyen-âge en Europe, mais aussi en Inde : on y apprend comment les hommes de l’époque ont réussi à calculer le diamètre de la Terre. L’évolution des mathématiques et de la chimie y sont aussi expliqués ainsi que les divergences éternelles entre la science et la religion, quel que soit le peuple.

Le troisième tome recouvre la période entre le moyen-âge et la renaissance. Il répond à de nombreuses questions telles que : Pourquoi les chiffres arabes ont-ils remplacé les chiffres romains ? Qu’est-ce que le rasoir d’Occam ? et une foule d’autre encore. Toujours aussi bien fait, on continue notre épopée historique et scientifique.

Histoire des sciences en bd 04Le quatrième tome retrace en particulier la physique et l’astronomie au XVIIème siècle. Cette période en particulier recèle toute une réflexion sur le lien entre le corps et l’esprit et les différents courants de pensée relatif à ce thème : passionnant.

Le cinquième tome (et dernier) débute à la fin du XVIIème siècle pour aller jusqu’au XVIIIème. On y découvre les avancées fabuleuses de la science dans l’étude du corps humain en particulier et de la biologie en général. D’autres domaines sont abordés tels que la trigonométrie , l’étude des spectres lumineux ou encore la chimie.

Vous l’aurez compris, cette série ludique et passionnante mérite d’être découverte, que ce soit pour les petits férus de sciences ou les récalcitrants ces livres conviendront dès 9-10 ans jusqu’à beaucoup plus grand…eh oui, nous adultes avons encore beaucoup de choses à apprendre !

Pour ceux qui ont aimé ou pour les plus grands : Le Labo – Tome 1 aux éditions Dupuis. A lire dès l’âge de 13 ans.

Pour découvrir la même chose sur l’histoire de France : L’histoire de France en BD (3 tomes) chez Casterman, dès 8-9 ans.