Enfin un roman jeunesse qui me faire, sourire, rêver, m’évader ! Partez à
l’aventure avec Le club de l’Ours Polaire, vous ne serez pas déçu.e.s…
Paru chez Gallimard Jeunesse en 2018, le premier tome du Club de l’Ours Polaire a bénéficié d’un fabuleux bouche à oreille… C’est ainsi qu’il fut l’un des succès de l’année dans les rayons jeunesse de nombreuses librairies ! Le second tome est quant à lui paru en juin 2019 en France… Le troisième opus est d’ores et déjà sorti en V.O. mais il faudra être patients pour le lire chez nous car Gallimard Jeunesse n’a pas encore annoncé sa sortie…
Un roman enlevé, et empli d’une imagination débordante
Nous voici partis pour une expédition un peu folle où les filles n’ont pas
le droit de participer car c’est dans le règlement du Club de l’Ours polaire
depuis toujours… Mais le père de Stella Flocus Pearl va faire pencher la
balance en sa faveur !
C’est ainsi que la jeune fille accompagne son père pour une aventure haute
en couleurs sous le signe de la magie, de l’amitié et du danger… Un combo
gagnant mais risqué quand on sait ce qui attend nos héros…
La créativité d’un monde enchanteur au service d’une histoire captivante !
Si vous aimez les univers à la Harry Potter ou Gardiens des Cités Perdues,
cette série est pour vous. On y retrouve les qualités extraordinaires d’un très
bon roman jeunesse : un soupçon de magie, des inventions un peu folles, des
créatures étranges et de furieuses bonnes idées.
Une fois lancé, impossible de lâcher ce premier tome à l’efficacité
redoutable. Même les personnage détestables… ont les adore. Et surtout, Alex
Bell a su insuffler de la vie à son univers. C’est magique, tout fonctionne et
en même temps on s’évade en peu de pages. Elle a réussit à concocter un mélange
de choses mignonnes (je pense aux Compagnons Polaires qui accompagnent Stella
et qui donnent constamment le sourire) et créatives !
Et surtout, elle a su créer un univers mêlant magie et aventure qui sans
être complexe sait être assez dense pour accaparer son lecteur. Tout
fonctionne, de la guilde des explorateurs (composée de quatre factions à
découvrir : L’ours polaire, le Chat de la Jungle, le Calmar Géant et le Chacal
Doré, à l’image des maisons de Poudlard) avec chacune son règlement en passant
pour une mythologie poussée.
Il y a même quelques références à certains contes de fées disséminées dans
le roman, ce qui le rend encore plus plaisant selon moi !
Pour une fois qu’il est possible de lire un roman jeunesse sans trouver
qu’il est trop classique ou une pâle copie d’un autre, c’est assez rare pour
s’y intéresser.
En somme, si vous n’êtes pas encore allé chez votre libraire pour découvrir
cette merveille, il est grand temps… Surtout que le premier tome est paru en
Folio Junior, donc à prix assez réduit. Vous ne serez pas déçus, je vous en
fait la promesse. Adapté dès l’âge de 9 ans pour ceux qui lisent déjà beaucoup,
sinon dans l’idéal 10 ans.
Les magnifiques couvertures du second tome (couverture bleue) et du troisième tome (non encore paru en France).
Vous avez des tonnes de livres à la maison, mais ça ne vous empêche pas de lorgner les prochains que vous achèterez ? Cette nouvelle rubrique est faite pour vous !
Pourquoi I want these books
comme titre de rubrique ? Tout simplement parce que c’est le nom du fichier que
j’ai créé il y a des années sur mon pc, et où j’enregistre tous les visuels
d’ouvrages qui me tentent. Quand je pérégrine sur les réseaux sociaux,
notamment Instagram (le mal absolu), j’enregistre l’image pour ne pas perdre
les références… ce qui fait que j’en ai plus de 1000 !
Voici donc une petite liste de 7 titres qui me tentent tout
particulièrement ce moment parmi la foule de possibilités…
Le plongeur – Stéphane Larue – Points
Un roman québécois qui parle des bas-fonds de la ville de Montréal (en
a-t-elle seulement ?), le tout se déroulant dans l’univers de la cuisine… Il
y a TOUT ce que j’aime lire et plus encore ! Le plongeur semble être
un roman extrêmement atypique et je pense qu’il pourrait beaucoup me plaire. De
plus, je trouve sa couverture sublime !
L’ouvrage est paru initialement aux éditions Le Quartanier, qui sont
québécoises. Il vient de paraître il y a peu de temps aux éditions Points,
alors c’est l’occasion de se faire plaisir… Je ne vais pas résister longtemps.
Présentation de l’éditeur : Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Lovecraft, le métal, les comic books et la science-fiction. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans un tourbillon qui menace d’engouffrer sa vie entière : c’est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe. Il se retrouve à bout de ressources, isolé, sans appartement.
C’est à ce moment qu’il devient plongeur au restaurant La Trattoria, où il
se liera d’amitié avec Bébert, un cuisinier expérimenté, ogre infatigable au
bagou de rappeur, encore jeune mais déjà usé par l’alcool et le speed. Pendant
un mois et demi, ils enchaîneront ensemble les shifts de soir et les doubles,
et Bébert tiendra auprès du plongeur le rôle de mentor malgré lui et de flamboyant
Virgile de la nuit.
Compartiment pour dames – Anita Nair – Le livre de poche
Ce n’est clairement pas une nouveauté, l’ouvrage est sorti il y a longtemps
de cela aux éditions Picquier avant d’être repris il y a quelques mois par Le
livre de poche.
Il avait l’air génial, coloré, vivant. Et j’en ai entendu beaucoup de
bien… Et puis, ça me semblait assez dépaysant en termes de littérature. Je
connaît extrêmement mal la littérature indienne, et ce titre au succès non
démenti depuis de longues années me paraît parfait pour mettre un premier pied
dans cette culture !
Présentation de l’éditeur : Akhila est employée aux impôts. Eternelle célibataire, cette quadragénaire n’a jamais été libre de mener sa vie comme elle l’entendait : toujours la fille, la soeur, la tante de quelqu’un, celle qui fait vivre la famille. Sur un coup de tête, elle prend un aller simple pour Kanyakumari, une petite ville balnéaire du sud de l’Inde. Dans l’intimité du sleeping – le fameux « Compartiment pour dames » – qu’elle partage avec cinq autres compagnes, Akhila ose leur poser la question qui la hante depuis longtemps : une femme a-t-elle vraiment besoin d’un homme pour être heureuse et épanouie ?
Compartiment pour dames est le best-seller qui a révélé Anita Nair. Un
roman délicieux, chaleureux, tendre, qui nous ouvre le coeur de ces femmes
indiennes dont nous sommes finalement si proches. Un beau voyage à la
découverte de soi qui éveillera des résonances en chacun de nous.
Lucky Jim – Kingsley Amis – Points
Celui-là me tente énormément pour la simple raison qu’il est souvent cité
comme étant l’un des premiers « campus novel ». Il est la référence du
genre, et comme j’adore cet univers universitaire et british/américain à la
fois, ce livre me semble idéal !
Quelques campus novel de référence
Si vous ne connaissez pas ce sous-genre si particulier voici quelques
titres qui font figure d’exemple : Stoner de John Williams, Le
roman d’Oxford de Javier Marías, ou encore Le maître des illusions
de Donna Tartt (qui paraît-il est magistral).
Présentation de l’éditeur : « Dixon avait une idée particulièrement juste de ce que valait son article. Cette valeur, il pouvait l’exprimer par un seul gros mot en cinq lettres. » Chargé de cours dans une université provinciale, Jim Dixon peine à obtenir les faveurs de Welch, son référent, pour être enfin titularisé. Malgré ses efforts, ce médiéviste enchaîne les mésaventures. Le fond du gouffre est atteint lorsque, invité à un week-end mondain, Jim se dispute avec le fils prodigue de Welch. Et les femmes n’arrangent rien ! La collante Margaret, la si désirable Christine et la rusée Carol… Perdu dans un imbroglio amoureux, notre attachant raté trouvera-t-il sa place au sein cette petite société anglaise ?
Les tempêtes – Meg Little Reilly – Harper Collins
L’éditeur américain Harper Collins tente de s’implanter depuis quelque
temps en France et sort des titres assez intéressants… dont Les
tempêtes. Malheureusement, ils ne sont pas encore très connus des
lecteurs, et leurs titres ont beau être très attrayants, ils ne sont pas assez
visibles selon moi… que ce soit sur les réseaux sociaux ou en librairie.
Avec Les tempêtes, l’autrice se propose de nous conter l’histoire d’un
couple qui part de New York pour se mettre au vert dans le Vermont. Mais la
saison des tempêtes approche, et elle risque de faire basculer le couple à tout
points de vue.
C’est typiquement le genre de roman américain que j’aime, pour peu que ce
soit bien fait ! Alors, oui je vais certainement bientôt craquer pour Les
tempêtes en espérant de tout cœur ne pas être déçue.
Présentation de l’éditeur : Ash et Pia ont choisi de mener une vie différente. Quitter leur petit confort de Brooklyn, ce quotidien de trentenaires arty. Acheter une jolie maison dans le Vermont. Rêver ensemble à de nouveaux projets devant des paysages à couper le souffle.
Mais leur greendream s’annonce de courte durée, menacé par l’annonce « des Tempêtes », un événement climatique sans précédent. Face à ce réveil de la nature, plus indomptable et imprévisible que jamais, les réactions humaines sont aussi variées que les caractères. Et devant l’inéluctabilité d’une catastrophe écologique, dans l’attente d’une possible fin du monde, l’union de Ash et Pia, peu à peu, se désagrège.
Ancienne du gouvernement Obama, Meg Little Reilly livre ici une ode à la
nature, interrogation sur un futur pas si improbable, et magnifique radioscopie
du couple.
La très jolie photo que l’éditeur avait publié pour donner envie… et ça fonctionne !
Les chroniques de St Mary – Jodi Taylor – Hervé Chopin éditions
Plusieurs personnes autour de moi n’arrêtent pas de me parler des
Chroniques de St Mary, alors à force… on a envie de lire la saga ! En France,
ce sont déjà 5 tomes de parus, et ce n’est pas terminé… Et il semblerait que
la qualité soit toujours au rendez-vous au fil des volumes, un vrai plus
surtout vu la taille de la saga. Et puis, ça parle de voyages temporels, alors
forcément… c’est ultra tentant.
Donc, il y a de grandes chances que je me laisse tenter bientôt.
J’ajouterais une légère remarque sur les couvertures que je trouve magnifiques,
toutes en esthétisme.
Présentation de l’éditeur : À l’institut St Mary de recherche historique, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent.
Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a
été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une
méthode de travail tout à fait particulière : ils » étudient ‘en temps
réel’ les événements majeurs de l’Histoire « . En se faisant passer pour
d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui
n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au
risque d’en mourir.
Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son
ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de
son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui
s’offrent à elle…
De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale,
du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie,
la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements. Alors qu’au sein
de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…
Mortal song – Megan Crewe – Le chat noir
Un roman fantastique chez un petit éditeur qui mélange Japon moderne et
anciennes croyances ? Où est-ce qu’on signe ? Mortal Song semble réunir
les univers que j’aime tant… le Japon, de l’onirisme, de l’aventure, une
intrigue basée sur un grand mensonge… Voilà de quoi donner envie. Et si en
plus c’est chez un petit éditeur, c’est encore mieux.
Et je pense ne pas être la seule à aimer ce genre d’univers, alors…
Présentation de l’éditeur : La vie de Sora était remplie de magie, jusqu’au jour où elle découvrit que tout ça n’était que mensonges. Héritière du royaume des esprits du Mont-Fuji, Sora n’aspire qu’à une chose : accomplir son devoir au sein des dieux, les Kami. Mais une armée de spectres envahit la montagne le jour de sa cérémonie d’anniversaire. Échappant de peu à l’ennemi, la jeune fille apprend alors qu’elle n’a rien d’une divinité. Elle est un changelin humain, un leurre pour protéger la véritable descendante, cachée dans le Tokyo moderne. Tout en faisant face à sa nouvelle condition de mortelle, Sora entame un long voyage pour retrouver l’élue, celle de la prophétie, la seule à pouvoir sauver son monde du chaos. Ce monde qui n’était finalement pour elle qu’une vaste illusion…
Comment ne pas être charmé par une si belle photo (trouvée sur Instagram)
Le cirque des rêves – Erin Morgenstern – Pocket
Cela fait des années que j’ai envie de lire ce roman qui paraît-il est
merveilleux. Ce serait peut-être l’occasion avec la sortie du tout nouveau
roman d’Erin Morgenstern qui arrivera chez Sonatine en avril 2020 : La
mer sans étoiles (qui me fait de l’œil depuis des mois en V.O.).
Quoi qu’il en soit, commencer par celui-ci me paraît déjà très bien pour
découvrir l’œuvre de cet auteur !
Présentation de l’éditeur : « Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les réverbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors qu’hier il ne l’était pas. » Sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc, c’est une expérience unique, une fête pour les sens où chaque visiteur peut se perdre avec délice dans un dédale de nuages, flâner dans un luxuriant jardin de glace, s’émerveiller de la souplesse de la contorsionniste au tatouage et se laisser enivrer par les effluves de caramel et de cannelle qui flottent dans l’air. Bienvenue au Cirque des Rêves. Cependant, derrière la fumée et les miroirs, la compétition fait rage.
Deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s’affrontent, rivalisant
d’audace et d’imagination, dans une sorte de combat magique, pour lequel ils
sont entraînés depuis l’enfance par leurs étranges et lunatiques professeurs.
Mais chacun ignore qu’il risque ainsi sa vie… Or, Celia et Marco s’aiment, et
la compétition devient alors une merveilleuse collaboration. Sans connaître
l’issue fatale du jeu, ils cèdent à leurs sentiments. Leur amour profond,
passionné et envoûtant va ébranler tout leur univers et la vie de tous ceux qui
les entourent… A la fois magique et séduisant, Le Cirque des Rêves est
une ensorcelante et universelle histoire d’amour.
Une magie celtique, des bougies aux pouvoirs insoupçonnés et de nombreux
secrets de famille… le tout concentré en un seul endroit : l’île d’Arranmore.
Premier roman de Catherine Doyle à paraître en France; Le gardien des
tempêtes est également le premier tome d’une série. Pour le moment, la série
compte deux tomes dans sa langue originale. L’ouvrage est paru aux éditions
Bayard en octobre 2019.
Un exil forcé sur une petite île irlandaise
Fionn et sa soeur Tara sont obligés par leur mère à aller vivre pour
quelque temps chez leur grand-père, sur l’île d’Arranomre. Dès leur arrivée,
des choses étranges se passent, et à chaque fois que Fionn essaye d’en savoir
plus, il se fait méchamment rebuter par sa grande sœur. Elle semble savoir des
choses, mais ne lui dévoile rien… Quand son grand-père commence à lui parler
des légendes liées à l’île, Fionn comprend à peu que de nombreux enjeux
entourent l’île et ses habitants…
Tout pour fonctionner, mais rien pour captiver…
C’est dommage, mais c’est mon ressenti général sur ce roman. L’histoire a
beau être intéressante et assez originale (de la magie avec des souvenirs
insérés dans des bougies, une très bonne idée !), ça n’a pas pris. Pourquoi ?
Je ne saurais le dire, mais j’ai trouvé l’alchimie entre les personnages peu
réussie. Ils sont tous facilement identifiables cependant, ce n’est pas de la
faute de l’autrice, qui a très bien dépeint chacun d’entre eux.
Non, cela réside peut-être dans la façon de dérouler son intrigue, mais
j’ai trouvé tout cela assez ennuyeux… Dès quelques chapitres, on comprend qui
va être un danger pour Fionn et sa famille, qui va lui révéler des choses sur
son passé, etc.
Évidemment, quand on est dans le lectorat cible de ce genre de roman (environ 10 ans), on ne verras pas les choses ainsi, et c’est tout à fait normal. Cependant, je n’ai pas trouvé que l’ouvrage assez loin dans son intrigue et son univers.
J’aurais aimé découvrir plus de spécificités quant à la culture irlandaise
(bon, ils boivent beaucoup de thé dans le roman, mais c’est tout !), de même
sur les légendes celtes…
Ainsi, la seule originalité plaisante réside dans ce système magique qui
use des bougies qu’on allume pour revivre des souvenirs. Ainsi, le grand-père
de Fionn possède-t-il des centaines de bougies correspondant à tout autant
d’époques, de rencontres, de personnes…
En somme Le gardiens des tempêtes n’est pas un mauvais roman, mais il en existe tant d’autres dans le même style qu’il ne laisse aucun souvenir après sa lecture. Et c’est peut-être pire que de ne pas avoir aimé un ouvrage : l’oublier aussitôt qu’il est terminé.
Tout simplement une merveille d’imagination comme rarement on en lit !
Série en deux tomes parue aux éditions Lumen, Le faiseur de rêves est une saga d’une rare originalité.
Laini Taylor est américaine, et elle nous avait déjà fait voyager avec délices à Prague dans sa trilogie La marque des anges. Cette série m’a marquée durablement et m’a même donné l’envie d’aller à Prague (ce que j’ai fait), et je l’ai lue il y a de très nombreuses années, dommage que Gallimard n’ai jamais sorti le troisième tome… Mais rien ne vous empêche de la découvrir avec les deux premiers tomes en français et le troisième en anglais.
Cela faisait donc de nombreuses années que rien n’était sorti en France de
cette autrice… et son retour fut une – nouvelle – claque littéraire pour moi.
Un univers unique et un personnage que l’on suivrait au bout du monde…
Lazlo Lestrange est un jeune homme insignifiant. Passionné, mais totalement
insignifiant. Il a réussit à s’enfuir de la vie étriquée que lui offraient les
moines en le recueillant bébé, et travaille désormais dans l’une des plus
grandes bibliothèques du royaume. Rouleaux poussiéreux, codex antiques et
rouleaux suffisent au bonheur de Lazlo.
Mais si il travaille dans cette bibliothèque, ce n’est pas seulement par
amour des livres, mais pour retrouver les traces d’un souvenir indélébile dans
son cerveau. Celui d’une ville disparue, aux légendes flamboyantes et aux
mythes incroyables. Mais Lazlo semble être le seul à avoir un souvenir vivace
de l’existence de cette cité de légende et il cherche depuis des années des
preuves, si maigres soient-elles dans les ouvrages de la bibliothèque… Et
puis un jour, tout va s’accélérer pour Lazlo et sa quête de toute une vie…
En parallèle, nous suivons également Saraï, une jeune femme mystérieuse à
la peau bleue qui semble fort tourmentée par quantité de problèmes parasites. Quel
lien a-t-elle avec notre histoire ?
Une citation de l’ouvrage souvent reprise par ses fans.
Un roman merveilleux où l’on plonge à corps perdu
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un tel roman, une telle
richesse dans un univers créé de toutes pièces. Laini Taylor a réussi à créer
quelque chose d’extrêmement cohérent et captivant, et cela dès les premières
pages.
Tout est motif à s’émerveiller dans ce livre : les personnages (Lazlo et
Saraï certes, mais pas seulement), l’atmosphère qui nous plonge dans une sorte
de 1001
nuits version fantasy et alchimie mélangés, la mythologie foisonnante
qui nous est offerte, la magie unique que l’on découvre au fil des chapitres. Dans
cet univers, l’alchimie prend une part importante de l’intrigue. Comme dans
notre monde par le passé, la transmutation du plomb en or est devenu une quête chronophage
pour beaucoup d’alchimistes, une sorte de quadrature du cercle version
alchimiste.
Magnifiques illustrations du graphiste français ayant travaillé sur de potentielles couvertures pour Le faiseur de rêves. Elles ont finalement été utilisées pour la promotion des ouvrages, mais pas en tant que couverture. Celles de la version originale ont été finalement conservées. Son site : http://latetedanslalune.net/aidez-un-graphiste/
« L’alchimie reposait sur la croyance en l’azoth, l’essence secrète
inhérente à toute matière. Les alchimistes pensaient que sa distillation leur
permettrait de maîtriser les structures sous-jacentes au monde physique. De
transformer le plomb en or, de distiller un solvant universel, voire même un
élixir d’immortalité« .
Et dans l’intrigue magistrale qui se tisse peu à peu, un nouvel élément
alchimique encore plus important que l’or va occuper tous les esprits : le
mésarthium. « Impénétrable, inattaquable. On ne pouvait le couper ni le percer.
Personne n’avait jamais réussit ne serait-ce qu’à l’érafler ».
Tout est un prétexte à continuer de lire. Si ce n’est pas la partie avec
Lazlo, ce sera celle avec la mystérieuse Saraï qui semble enfermée et libre à
la fois, comment une telle chose est-elle possible ? Si ce n’est pas Saraï, ce
sera la quête impossible de Lazlo qui vous tiendra en haleine… ou sa relation
extrêmement houleuse avec l’un des alchimistes les plus prisés du royaume.
Je ne puis développer plus sur les qualités intrinsèques du roman, mais
sachez que les derniers chapitres sont terriblement réussis. Laini Taylor
réussi à regrouper toutes les énigmes qui s’amoncelaient peu à peu depuis le
début pour nous offrir une fresque finale magistrale. Et ce n’est que le
premier tome… Et il est quasiment impossible de ne pas se précipiter sur le
second tant le final est terrible.
Conclusion : Le faiseur de rêves est l’une de mes meilleures
lectures de cette année 2019. Et le second tome est tout aussi génial bien que
très différent, je vous parle donc très bientôt de La Muse des cauchemars
!
Cela confirme le talent inouï de Laini Taylor pour créer des univers
magistraux.
La suite des aventures que vivent les exilés Kelen, Rakis et Furia… pour
le meilleur et pour le pire !
Sorti en France il y a maintenant plus d’un an, le second tome de l’Anti-magicien est paru aux éditions Gallimard Jeunesse sous le titre L’ombre au noir. Depuis, les tomes trois et quatre sont parus en librairie, et la saga n’est pas encore terminée…
Le moment de faire le point ?
Kelen a fuit sa patrie à la fin du premier tome, chose que nous n’aurions
pas pu imaginer… Et maintenant que c’est chose faite, il faut à Kellen
trouver un but à son existence tout en restant pour toujours un paria.
Recherché par les plus puissants mages Jan’Tep, le jeune homme n’a pas fini de
fuir les problèmes… et il en arrive de nouveaux durant son exil sous la forme
d’une charmante jeune femme…
Une saga aux personnages toujours aussi truculents
La qualité première de cette saga de fantasy atypique – outre son univers –
ce sont ses personnages hauts en couleurs que l’on suivrait au bout du monde.
En particulier Furia l’indépendante Argosi et Rakis le terrible chacureuil. Ce
sont eux qui font l’âme de cette saga, plus encore que son héros, Kellen qui
parfois suit simplement le mouvement.
La couverture française est très belle, mais celle en version originale n’a rien à lui envier…
Grâce à ce trio détonnant, on passe un merveilleux moment de lecture entre
action, suspense et magie, sans oublier l’humour, pierre angulaire des romans
de la saga. C’est ainsi que l’on découvre le nom véritable de Furia : Chemin de
la Pâquerette Sauvage, ça en jette carrément… non ? Rakis n’a pas fini d’en
rire en tout cas…
L’intrigue est encore une fois parfaitement menée, nous entraînant sur des
chemins insoupçonnés et intéressants pour la suite de l’histoire… dans une
ville ou sévit une épidémie d’Ombre au noir (impossible d’en dire plus !).
Sébastien De Castell semble savoir où il va et comment y aller, ce qui nous
donne une intrigue de grande ampleur parfaitement cohérente.
On en apprend un peu plus également sur ce que c’est qu’être un Argosi,
sans pouvoir en dévoiler plus, leur rôle m’a fait penser à celui d’un
personnage important dans l’Assassin Royal, une phrase en particulier
notamment.
De plus, il y a un soupçon de romance parfaitement dosé qui correspond
parfaitement aux premiers émois amoureux…
Mais ce que j’aime le plus dans cette saga, c’est que tous les codes sont
cassés. Rarement un héros ado est autant malmené par son auteur, et c’est
d’autant plus appréciable car on ne peux prédire la suite. Et c’est ce que l’on
demande à un roman, non ? Nous transporter et nous surprendre…
Affaire à suivre de très près donc avec le troisième tome de la saga : L’ensorceleuse.
Un album jeunesse unique… et pour cause vous ne pourrez le lire qu’une
seule fois ! Sauf si vous arrivez à prononcer la formule magique avant qu’il ne
se ferme définitivement…
Écrit par François Hanozet et illustré joliment par Grégoire Mabire, Délivre ce livre est paru aux éditions Mijade en mai 2019. Et dès qu’on le voit en librairie, il a un petit je ne sais quoi qui fait qu’on le remarque. Peut-être est-ce grâce à sa couverture au fond noir ? (plutôt rare en albums jeunesse), ou grâce à l’expression paniquée du magicien sur la couverture ?
Toujours est-il que c’est un album génial à découvrir.
Un livre qui ne se lit qu’une seule fois ?
Incroyable mais vrai, ce livre que le lecteur a à peine commencé est
destiné à se refermer POUR TOUJOURS. Il n’y a qu’une seule solution : aider le
magicien à trouver le bon livre qui contient la formule magique pour le rouvrir
avant la fin…
Écrit sous forme d’histoire participative – à l’image du Roi est occupé ou encore de Chhht ! pour ne citer que les grands classiques du genre – on prend plaisir à lire l’histoire aux enfants. En effet, à presque chaque double-page, on va leur demander de trouver quelque chose pour continuer l’histoire, ou les faire dire une formule magique. Et ça fonctionne très bien !
De plus, les dessins sont très beaux : à la fois colorés, dynamiques et
rassurants. On a qu’une seule envie, plonger dans l’histoire et y rester tant
on y est bien… Cette ambiance graphique et ce style de bibliothèque
poussiéreuse et étrange m’a beaucoup fait penser à un roman destiné aux adultes
: La Cité des livres qui rêvent aux éditions Les Grandes Personnes. Il y a dans
ces deux ouvrages destinés à deux publics différents une atmosphère livresque
surannée qui se dégage… et c’est extrêmement plaisant.
En somme, si vous cherchez une idée d’album pour les enfants dès l’âge de 4
ans, Délivre ce livre sera absolument parfait ! Nous vous le conseillons
vivement.
Une nouvelle série fantastique pour ados qui s’annonce sous les meilleurs auspices !
Premier roman d’une saga qui en contiendra six, L’anti-magicien est un roman qui s’adresse à la jeunesse pour les 11-15 ans. Le tout premier volume est paru en 2018, le second en septembre.
Si vous ne connaissez pas l’auteur canadien Sébastien De Castell, sachez qu’un de ses romans fantastiques est précédemment paru en France, il s’agit des Manteaux de Gloire, chez Bragelonne en 2015.
La magie, un tremplin social indispensable
Dans le monde de Kelen, 16 ans, la magie fait partie intégrante de la société. En fonction du pouvoir que concentre votre famille, vous êtes plus ou moins bien placé dans l’échelle de la société…
La famille de Kelen est très bien placée dans la société grâce aux pouvoirs importants que possède ses deux parents, en particulier son père, Ke’heops. Il pèse d’une influence considérable tant magiquement que politiquement. La soeur de Kelen quant à elle possède également une magie extrêmement prometteuse… Mais qu’en est-il du jeune homme lui-même ? Le roman débute au moment d’une épreuve de magie très importante, et c’est ainsi que l’on découvre que Kelen ne possède AUCUNE magie. Il existe sept formes de magie différentes, et le jeune homme n’arrive même pas à faire étinceler en lui la première…
Va-t-il devenir un paria ou un Sha’tep (un esclave dénué de magie) ? Ou la magie va-t-elle se révéler à lui comme jamais étant donné la puissance des membres de sa famille ? Pourra-t-il enfin être un Jan’tep, un vrai magicien ?
Un premier tome engageant, dynamique et toutefois assez original
Il y a tant d’ouvrages fantastiques qui sortent pour la jeunesse et les adolescents qu’il devient difficile d’apprécier un roman pour son originalité. Mais l’Anti-magicien réussi à être à la fois classique (dans son déroulement initiatique pour Kelen), mais très original dans le fonctionnement de son univers.
En effet, Kelen est un anti-héros, certes, mais on découvre très rapidement qu’il l’est à un point rarement atteint. Là où beaucoup de héros se découvrent être des sortes d’élus, ou d’être uniques aux pouvoirs cachés colossaux, Kelen n’est rien d’autre que lui-même. Sans magie, juste sa malice et son intelligence. Et cela fait une différence de taille dans cette histoire où la magie est primordiale.
Comment va-t-il tirer son épingle du jeu ? Se faire respecter ? Ne pas se faire bannir de l’école pour cause d’absence de magie ?
Et puis, le jeune homme n’est même pas le plus intéressant et le plus attachant des nombreux personnages de cette histoire. Il y a surtout une femme étrangère, nommée Furia apporte son lot d’ennuis et de dialogues piquants ! Comme elle dit « Une femme, c’est un homme en plus malin et avec plus de couilles » pour vous donner une image du langage du personnage !
Tout cela sans oublier le génial et dangereux chacureuil (oui, c’est bien un mélange entre un chat et un écureuil !).
Ainsi, le premier tome de cette série est très prometteur. Il nous propose une intrigue fournie, qu sort assez des sentiers battus pour plaire à son lectorat. L’univers est dense, sa mythologie également, et on sent que l’on est loin d’avoir tout découvert sur son fonctionnement…
Et surtout, Kelen va traverser beaucoup d’épreuves du feu pour notre plus grand plaisir. Et rien que pour cela, ça vaut le coup.
La couverture du premier tome en version originale.
Un roman jeunesse très étrange, presque trop, même si vous aimez le bizarre et l’inclassable !
On ne présente plus (si ?) Bertrand Santini, le papa du Journal de Gurty, de Hugo de la nuit, ou encore du Yark. Il revient cette fois-ci avec un conte plongé dans le Paris du début du XXème Siècle… mais en fait pas du tout ! Mais qui est donc Miss Pook ? Quel est son but ? Qui sont les enfants de la lune ? Quel est cet étrange dragon chinois en couverture ? L’ouvrage est paru aux éditions Grasset Jeunesse en novembre 2017.
Une gouvernante merveilleuse
Les parents d’Élise sont à la recherche de LA gouvernante parfaite, celle qui remplira son rôle et plus encore. Et Miss Pook remplit parfaitement cet office, elle est compétente, drôle, apporte de la fraicheur et de la vie dans leur morne quotidien… en bref, c’est une perle !
Jusqu’à ce qu’elle décide de manigancer et de faire croire des choses saugrenues et même terribles à Élise et ses parents… tout ça l’amenant à partir sur la lune ! Comment ? Pourquoi ? N’ayez crainte, tout vous sera expliqué dans ce premier tome de la série Miss Pook.
Un roman extrêmement original, parfois même un peu trop
Se plonger dans le Paris du XXème Siècle, c’est un rêve. L’ambiance, les habits de l’époque, les coutumes, tout concoure à nous émerveiller. Surtout quand le talent de l’auteur nous dépeint avec talent l’époque et son ambiance.
Alors, pourquoi Miss Pook et les enfants de la lune partait très bien mais qu’il m’a finalement semblé trop déluré ? Parce que ça part littéralement dans tous les sens. Sans vous dévoiler toute l’histoire, j’ai trouvé l’histoire trop foisonnante et décousue : on part sur la lune, on croise des faunes, des sorcières, on découvre des choses terribles, on rencontre également des extraterrestres… C’est franchement trop.
Même si Bertrand Santini réussit à justifier tout (assez bien je dois dire), j’ai trouvé que c’était bien trop brouillon. C’est dommage car l’ambiance de départ m’a énormément plu, mais ce qui est fait en milieu de roman enlève beaucoup de son intérêt à l’histoire.
La fin sauve un peu le tout, l’auteur trouvant effectivement une parade qui fonctionne, mais qui est trop rapidement développée. J’ai par contre beaucoup aimé la fin qu’il propose pour l’héroïne qu’est Élise.
C’est là que réside la force des écrits de Bertrand Santini, il s’autorise toutes les libertés pour malmener ses héros. Les rendant très sombres, désespérés même (comme dans Hugo de la nuit), et ça, c’est très plaisant car non consensuel.
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Alors, Miss Pook et les enfants de la lune est pour moi un roman intéressant même si il se perd franchement en milieu d’intrigue. C’est dommage car cette ambiance de début à la Mary Poppins me plaisait énormément, mais oubliez le côté gentil et merveilleux ! Place plutôt au bizarre et à l’étrange… sans oublier un soupçon de choses horribles. Le mélange fonctionne, c’est juste un peu trop fourre-tout et débridé comme roman. Il manque un liant qui aurait donné une vraie consistance à l’histoire selon moi. A découvrir dès l’âge de 10 ans (minimum).
Un roman très court certes, mais original qui vous fera un passer un moment unique (et ultime) en compagnie de sorcières…. !
Paru en 2015 dans la petite maison d’édition Oskar, voici Le dernier bal des sorcières par Erin Ardfeel. Il s’agit du premier roman de l’autrice, mais il est très prometteur…
Être sorcière, un métier qui tire sa source dans le mal
Pour la mère de Falbala, sorcière de renom, impossible que sa fille ne soit pas mauvaise… Et pourtant, la jeune fille n’a que faire de sorcellerie. Elle ne rêve que d’une chose, de normalité et d’amitié, chose impossible pour sa mère.
C’est ainsi que la demoiselle est forcée d’apprendre les pires sorts possibles pour rendre sa mère fière d’elle face à ses consœurs.
Mais ça, c’était mal mesurer à quel point le besoin de normalité et de bienveillance est prégnant… Pour cela, la jeune fille est prête à tout, y compris à apprendre les pires sorts ! Paradoxal, trouvez-vous ? Pas tant que ça…
Un roman court mais parfait en tous points
L’ouvrage a beau ne faire que quatre-vingt dix pages, il est parfait du début à la fin. L’histoire ne traine pas en longueur, on va à l’essentiel et surtout… l’autrice réussit à nous surprendre !
En effet Falbala est tiraillée par l’attrait qu’a le quotidien des humains normaux et le fait de pouvoir épater ses nouvelles amies grâce à la magie… Que choisira la jeune sorcière en devenir ?
Falbala est une petite fille attachante et très imaginative quand il s’agit de parvenir à ses fins…
J’ai tout particulièrement apprécié la fin sans concessions qu’a trouvé Erin Ardfeel pour son roman. Bien amenée, drôle et originale, le tout se tient à la perfection.
Bien écrit, dynamique, efficace, cela à beau être son tout premier roman, cela présage du bon pour la suite si l’autrice décide de continuer à écrire.
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Je n’ai rien à ajouter, sinon que je garderais un excellent souvenir de cette courte lecture et que vous pouvez la proposer à des enfants dès l’âge de 10 ans environ.
Premier roman de l’américaine Chloé Benjamin à paraître en France, Les Immortalistes inaugure également l’arrivée des éditions Stéphane Marsan. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c’est celui de l’un des fondateurs des éditions Bragelonne. Stéphane Marsan souhaitai proposer de la littérature dite « blanche ». Les éditions Bragelonne étant bien trop marquées imaginaire, il a ainsi créé sa maison d’édition qui ne proposera que des romans d’ordre généraliste. Pour le moment, ce sont cinq ouvrages qui sont parus chez ce nouvel éditeur à la charte graphique élégante.
Et en ce qui concerne Les Immortalistes, c’est une petite pépite assez inclassable à découvrir…
L’histoire d’une fratrie juive sur plusieurs décennies…
Tout commence à New York, quand quatre frères et sœurs décident de se faire un peu peur en allant voir une voyante. La rumeur raconte qu’elle change régulièrement d’adresse, et que l’on ne peut la trouver que grâce au bouche à oreille… C’est ainsi que par une chaude journée d’été, Simon, Klara, Varya et Daniel vont chez cette diseuse de bonne aventure pas comme les autres. En effet, cette femme a une particularité, elle ne vous racontera pas votre vie, ou votre avenir mais uniquement une chose : la date de votre mort. Magie réelle ou non ?
Tout ce que l’on sait, c’est que la connaissance de cette date va profondément influencer la vie de chacun des membres de cette fratrie…
Quatre histoires belles et mémorables qui s’entremêlent
Une fois n’est pas coutume, l’ouvrage est découpé en quatre parties bien distinctes, les unes à la suite autres. Ici, pas de chapitres qui alternent les points de vue des personnages, tout est en un seul bloc. Ainsi, on va suivre chaque frère et chaque sœur jusqu’à sa mort ; de la fin des années 70 à l’an 2000. Correspondra-t-elle a ce qu’à prédit la voyante ? Ou le libre-arbitre peut-il se faire une place dans cette mécanique infernale ? C’est là toute la difficulté de la question où chacun pourra se faire sa propre idée de la réponse, s’il y en a une…
C’est ainsi que l’on va tout d’abord suivre Simon, qui part avec Klara sur un coup de tête à San Francisco. Une ville pétillante et pleine de vie où le jeune homme va se révéler à lui-même et devenir l’homme qu’il n’aurait jamais pu être à New York, entouré de sa famille. Là-bas, il va pouvoir vivre au grand jour son homosexualité et se découvrir une passion insoupçonnée pour la danse. Mais, malgré tous ces bonheurs accumulés, il va brûler la chandelle par les deux bouts et vivre une vie totalement désinhibée et folle… mourra-t-il à la date prédite par la voyante ?
Ensuite, c’est sa sœur Klara que nous suivons, la plus intéressante et étrange de la famille. Versée dans la magie et l’occultisme, elle croit du comme fer à ce que lui a dit la femme à propos de la date de sa mort. Sa vie va être extrêmement mouvementée et fascinante. Jamais au même endroit d’une semaine sur l’autre, toujours en vadrouille et en tournée pour faire des spectacles… Klara est aussi instable que fascinante, elle entend des choses que personne d’autre ne perçoit, décode des messages dans des objets frappés à un rythme qu’elle seule comprend. Sa psychologie est complexe, mais c’est justement ce qui la rend attrayante, mystérieuse… Et sa fin est l’une des plus belle et terribles de la fratrie (à en pleurer)…
Il y a ensuite Daniel, l’autre frère. Devenu médecin militaire, il semble être passé à côté de sa vie et avoir beaucoup de regrets. Sa partie à lui est assez triste, on dirait qu’il n’a jamais vraiment osé vivre…
Quant à Varya, c’est la scientifique de la famille. Elle essaye depuis des années de trouver un protocole pour allonger la vie de chimpanzés (et donc des hommes par la suite) en limitant leur apport en calories… Ses recherches sont difficiles, et même cruelles, car les singes ont toujours faim. Mais son désir d’allonger la vie est si vif qu’elle est prête à tous les sacrifices pour y parvenir. Elle n’a jamais eu d’enfant, ni eu de vie de couple, entièrement consacrée qu’elle est à sa tâche. Comme quoi, malgré son esprit factuel de scientifique, les dires de la voyante l’ont entièrement façonnée…
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Voici donc un aperçu de ce fabuleux roman qu’est Les immortalistes. Délectez-vous de cette merveille littéraire et totalement inclassable. C’est un grand et beau roman aux personnages forts qui vous feront vibrer. De plus, Chloé Benjamin a l’art et la manière de laisser planer des interrogations, des étrangetés, des indices….
Alors, est-ce que ce sont les événements qui nous forgent ? Ou nous qui forgeons les événements ? La question reste ouverte quand on referme l’ouvrage, mais on y trouvera de magnifiques pistes de réflexions. Ce livre est une pépite, rien de moins.