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De l’avenir des librairies indépendantes, les blogs, les booktubeurs et les éditeurs ont tous un rôle à jouer !

Aujourd’hui, j’ai décidé non pas de faire une chronique ou un article de présentation, mais de parler de la librairie, de son potentiel avenir, et de l’influence que les blogs et les booktubeurs et les éditeurs peuvent avoir dessus.

On voit souvent des statuts comme « j’ai craqué sur Amazon et je me suis acheté ….. ». Et voilà, encore une perte pour la librairie indépendante. C’est ce type de statut lu une fois de trop aujourd’hui qui a déclenché cette colère en moi…

Certes, tout le monde n’a pas la chance d’habiter en région parisienne où il y a une forte densité de librairies. Beaucoup n’ont pas de maisons de la presse ou de librairie près de chez eux, et c’est là que l’achat sur Amazon se déclenche…

Mais certains ne se rendent pas compte de l’influence néfaste que de tels statuts peuvent avoir sur la librairie indépendante française… Quand on habite en France, que l’on dévore des livres et que l’on est suivit par des milliers, voir des centaines de milliers de personnes, il est important de songer à avoir une attitude responsable.

Amazon n’est pas l’avenir de la culture. Bien au contraire. Les frais de ports à 0,01€ augmenteront le jour où l’entreprise aura écrasé tous ses concurrents. Et il faut donc dès maintenant adopter les bons réflexes.

Tu veux un « craquer » sur un livre ? S’il te plaît, commande-le sur Decitre, Chapitre, la Fnac, Gibert Joseph si tu veux une grande structure qui te rassure quant à la sécurité/qualité de ton achat. Au moins, ils payent leurs impôts en France et n’écrasent pas les éditeurs pour leur soutirer une remise odieuse que les libraires n’auront jamais, même dans leurs rêves les plus fous…

Après, il y a également le site Place des libraires (https://www.placedeslibraires.fr)  qui est une référence. Tu souhaites voir quelle librairie possède l’ouvrage qui t’intéresse ? Il suffit de mettre ton adresse, le site te trouve la librairie indépendante la plus proche ! Pratique tout de même !

Truc encore plus fou, le libraire indépendant peut commander l’ouvrage que tu souhaites avoir ! Pour les délais, c’est en moyenne trois ou quatre jours ouvrables. Avoir un bouquin dans les 48h n’est peut-être pas une question de vie ou de mort… si ?

Et puis, quand il y a un problème de fabrication sur l’ouvrage, ton libraire peut l’échanger. « Les autres aussi ! » me diras-tu. Oui, mais c’est tout de suite plus compliqué, il faut prendre une photo, trouver le mail du SAV… Alors qu’en tant que libraire, on m’appelle, je me rappelle qu’on a bien vendu ce livre et hop, je le recommande immédiatement et on l’échange. C’est réglé en un coup de fil ou en un passage du client.

Et gare aux petits malins qui ramènent des livres achetés sur le net pour les échanger en librairie, ils tentent leur chance, mais ça ne fonctionne pas ! Et c’est hyper tordu je trouve… Sans parler de ceux qui viennent pour des conseils, prennent les livres en photo et… ne reviennent jamais ! Cela arrive assez régulièrement et c’est aussi un phénomène inquiétant.

En librairie, j’ai également régulièrement le cas de figure de « ils ne peuvent pas l’avoir sur Amazon ou la Fnac, alors je viens vous voir »… Oui, le petit libraire se casse la tête pour avoir votre livre, et vous le savez, la preuve vous venez. Même quand il s’agit d’ouvrages découpé au laser et fabriqué en Italie mais écrits en français (cas vécu il y a quelques semaines). Les gros comme Amazon ne se plient pas en quatre pour vous quand vous cherchez quelque chose de très spécifique, et c’est là et seulement là que certains ont le réflexe d’aller voir leur libraire. L’idéal, ce serait d’avoir le réflexe d’aller d’abord voir votre libraire, et ensuite, si il ne peut rien pour vous, d’aller sur des sites tels qu’Amazon.

A la remarque, « Oui, mais c’est des livres en anglais et les libraires n’en font pas ! ». Cela dépend des librairies, mais beaucoup peuvent vous avoir des ouvrages en anglais, et cela pour un délai raisonnable (une semaine environ). Sinon, il y a des librairies anglaises situées en France qui peuvent vous livrer si vous ne pouvez pas venir jusqu’à eux ! Oui !

Pour exemple, je pense à http://marentreetresclasse.fr/nos-boutiques qui représente deux librairies qui sont à même de vous livrer. Elles peuvent vous fournir des livres en italien, chinois, allemand, anglais, espagnol…

Il y a donc un énorme champ des possibles pour peu que l’on recherche un peu autour de soi. La réponse automatique « Je n’ai pas de libraire près de chez moi donc Amazon c’est ma seule solution » peu se transformer en « J’ai trouvé une super librairie indépendante qui livre et en plus j’ai le conseil qui va avec ! ».

Vous vous sentirez heureux de participer à la chaine du livre française, et cela de façon responsable. C’est uniquement grâce un changement de comportement d’achat que l’on s’en sortira.

Attention, les prescripteurs importants que sont les blogs, les booktubeurs et booktubeuses ne sont pas les seuls à devoir montrer la bonne attitude ! Quand on voit que certains éditeurs donnent le lien d’achat Amazon sur Twitter, on comprend qu’il y a également beaucoup de travail à faire de ce côté-là. Oui amis éditeurs, s’il vous plaît, pensez aux libraires en redirigeant vos lecteurs vers des librairies… Surtout que certains ouvrages sont extrêmement diffusés et qu’ils sont trouvables partout/facile à commander !

Et n’oubliez jamais : le prix du livre français est UNIQUE. Il ne peut-être bradé, il ne peut-y avoir que 5% de fait dessus, mais c’est la seule remise possible. Donc un petit libraire ne vous coûtera guère plus cher, d’autant que certains font les fameux 5% quand ils le peuvent financièrement.

Alors, chers blogueurs qui dévorez, allez chez des libraires, prenez des photos des librairies pour donner envie à d’autres d’y aller. Nos rayons sont concoctés avec amour et ferveur. Nos coups de cœur écrits de notre main, et nos yeux s’illuminent quand on vend un de nos coups de cœur. Et on fait de magnifiques paquets cadeaux. Oui.

 

Parce que nous ne comptons pas nos heures, parce que les libraires se décarcassent pour faire venir les auteurs qu’ils ont envie de porter, parce qu’ils sont habités par leur métier, parce qu’ils n’ont pas de pression quant à leur choix éditoriaux, parce qu’une librairie est un merveilleux lieu d’échange et de rencontre. Venez nous voir.

Vous ne serez jamais jugé sur vos lectures (ceux qui le font ne devraient pas être libraires, vous avez le droit de lire ce que vous souhaitez sans vous prendre un seul regard de travers !) et vous prenez seulement le risque de découvrir un nouvel auteur préféré ou une nouvelle saga fantastique !

Chronique : The Memory Book

the-memory-book Un roman touchant de simplicité qui vous rendra ému… jusqu’aux larmes

Paru en mai 2016 aux éditions Lumen, The Memory Book est un roman de l’américaine Lara Avery. Il s’agit d’un one-shot (comprenez par-là qu’il n’y aura pas de suite). C’est son tout premier ouvrage à paraître en France.

Une maladie comme ennemi et l’espoir pour le vaincre

Sammie est une ado comme tant d’autres, avide de vivre, riant, partageant ses secrets avec ses ami(e)s… Mais quand la maladie de Niemann-Pick de type C s’annonce, c’est quelque chose qu’elle veut garder pour elle. Sammie ne veut pas de traitement de faveur ou de regards emplis de pitié. seule sa famille le sait et l’entoure… et commence déjà à penser au « pire ».

Mais, ce que Sammie veux, c’est finir major de sa promotion et entrer à l’Université, à New York, et rien, pas même cette maladie ne l’en empêchera. Mais les quelques signes ténus du mal qui la ronge font peu à peu leur place dans son quotidien et entravent l’objectif de la jeune fille. Sammie combattra-t-elle son mal ? Sa famille l’aidera-t-elle dans ses rêves d’université et de nouveau départ ? L’amour pourrait-il l’aider à trouver un point d’encrage vers la guérison ? Voici le journal de Sammie, celui qu’elle écrit pour ne pas oublier, celui qu’elle dédie à son « futur moi ».

Un roman sous forme de journal intime qui nous fait passer par tout un éventail d’émotions

Quand on lit ce genre de livre, il ne faut pas être trop à fleur de peau. C’est le genre de roman qui touche, viscéralement. De plus, les chapitre étant extrêmement courts, on lit à une vitesse phénoménale cette histoire captivante. Et on assiste impuissants aux différents symptômes de cette maladie fort méconnue qui s’installe peu à peu en Sammie.

Le côté journal rend la narration très vivante, Lara Avery a réussit à rendre son héroïne réelle, vibrante. On a vraiment la sensation de vivre sa vie à travers les lignes, on se sent totalement impliqué, investi. C’est extrêmement réussi.

La façon dont l’auteur traite l’évolution de la maladie par rapport au quotidien et aux objectifs de Sammie est parfaite. En particulier la scène où elle doit présenter sa partie argumentaire lors d’un concours de débat (les débats, c’est la passion de Sammie… et elle doit faire bien entendu appel à sa mémoire). Mais le passage qui m’a le plus marquée est celui où elle doit se rendre à une fête… je n’en dit pas plus.

Les personnages sont au final très peu nombreux dans ce roman, ce qui aide encore plus à s’y attacher, à les aimer. J’ai un petit faible pour l’un d’entre eux, à l’image de Sammie.

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En somme, The Memory Book est un superbe roman. Loin du pathos et du misérabilisme ; on est dans le vrai, avec la vie ses tracas, ses erreurs… en bref, c’est un livre plein d’humanité. C’est aussi un roman remarquable qui permet de découvrir et de se sensibiliser à une maladie fort méconnue, et cela, c’est très bien également.

Je vous le conseille vivement si vous voulez un roman frais, drôle et sérieux à la fois et si vous n’avez pas peur à l’idée de verser quelques larmes… ou un torrent. A lire dès l’âge de 14 ans.

Pour aller plus loin : Pour en savoir plus sur la maladie de Niemann-Pick de type C (très différente des types A et B), je vous conseille les sites Orphanet et Wikipédia.

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Chronique : Enclave – Tome 1

Enclave 1Une nouvelle trilogie dystopique à suivre de près… ou l’avenir de l’humanité survit dans les entrailles de la terre.

Enclave est une trilogie dystopique parue à l’origine chez Black Moon (nommée The Razorland Trilogy en VO), les éditions Le Livre de Poche Jeunesse prennent la relève pour la parution en petit format. La saga est écrite par Ann Aguirre, une auteur de nationalité américaine, elle a écrit plus d’une vingtaine d’ouvrages fantastiques et futuristes pour les adolescents. En France, il n’y a que la trilogie d’Enclave qui est parue pour le moment.

Un univers extrêmement sombre et dangereux

Tout ce que l’on connaissait de notre planète est devenu caduc. Pire même, il s’avère que la surface n’est même plus viable. Le peu de survivants qui ont réussi à échapper à l’apocalypse ont élu domicile dans les égouts, un vestige peu reluisant de l’humanité. C’est dans ce monde sombre et sale que vit notre héroïne, qui n’a même pas de nom au début du récit, juste un numéro : Fille 15 (on perd si facilement les bébés de ce monde… à quoi bon leur donner un nom ?). Elle est en passe de devenir Chasseuse, un poste aussi prestigieux que dangereux qui implique de sortir de l’Enclave.

Mais malgré tout ce qu’elle a beau faire pour son peuple, les règles de vie sont extrêmement strictes dans l’Enclave et tout peu basculer rapidement… comme va nous le prouver la suite des événements. Bienvenue dans un univers âpre et terriblement accrocheur, le monde de l’Enclave, des souterrains glauques et des monstres qui y sévissent…

Une nouvelle saga efficace et convaincante

Malgré le nombre toujours croissant de dystopies et autres romans d’anticipation, Ann Aguirre  réussit à signer un roman somme toute original. Bien plus ténébreux que la plupart des romans qui font juste semblant de l’être, Enclave nous entraîne dans un monde aussi aléatoire que lugubre.

L’auteur a fait l’effort de nous proposer son lot de créatures créées spécialement pour l’occasion, une espèce en particulier est aussi attachante qu’étrange.

De même, le système de castes qu’elle a créé est très bien pensé, mais également très dur, même pour ceux qui s’y investissent corps et âme comme Trèfle (Chasseuse) ou encore Sable (Géniteur). Le système est si perfectionniste et pernicieux qu’un enfant naissant avec la moindre malformation, même bénigne se voit tué sur le champ. Il existe également une troisième caste, celle des Ouvriers.

En ce qui concerne ce côté très incertain quant au déroulement de l’intrigue, il nous permet de prendre un réel plaisir à la lecture. On ne sait pas à l’avance tout ce qu’il va se passer (bien entendu il y a quelques scènes et idées attendues, mais pas seulement), et c’est tant mieux. Rien de tel qu’une histoire qui n’est pas cousue de fil blanc…

Dernier point très positif, l’histoire de Trèfle se dévore, littéralement. Lue en deux jours à peine, on ressort de cette lecture avec un souvenir plaisant. C’est le genre d’ouvrage qui prouve que tout n’a pas été fait dans le monde de la dystopie !

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Ainsi, le monde de Trèfle et Del la beau être implacable, on le découvre avec plaisir et curiosité. Je ne pourrais développer plus sous peine de vous en dire trop et de vous empêcher de découvrir pleinement par vous-même ce roman.

Alors, que dire de plus sinon que le premier tome d’Enclave est une petite réussite ? On a hâte de lire la suite et, ça tombe bien, elle vient tout juste de paraître en poche ! Affaire à suivre très bientôt… A découvrir dès l’âge de 15 ans.

Chronique : Stone Rider – Tome 1

Une course mortelle dans le désert, de la gomme à user jusqu’à la ligne d’arrivée… ou la mort.

Premier roman de David Hofmeyr, Stone Rider est également le premier tome d’une trilogie post-apocalyptique. En France, ce sont les éditions Gallimard Jeunesse qui en assurent la publication, en version originale, il s’agit de Penguin.

Les droits d’adaptation cinéma pour Stone Rider ont déjà été acquis par la société Working Title Films.

La Base, le rêve d’une vie

Adam est un adolescent comme les milliers qui vivent sur cette terre : une vie de misère, une famille à laquelle il manque un ou plusieurs membres, la faim, la maladie…

La seule lueur d’espoir dans ce monde brutal, ce sont les courses de békanes, véritables promesse d’Eldorado pour ceux qui y participent. Le gagnant (ou la gagnante) se voit offrir le droit de vivre dans La Base, un lieu préservé de tout mal où il fait bon vivre. Les deux suivants à passer la ligne d’arrivée se voient offrir une coquette somme d’argent, et des points de Base, et l’occasion de retenter leur chose sur une autre course…

Mais la compétition est rude, et même mortelle, un gros pourcentage de participants est voué à la mort, un autre à la mutilation… Et pourtant, Adam ne rêve que d’une chose, participer et remporter la grande course de Blackwater. Il n’a plus rien à perdre et compte bien prouver sa valeur aussi bien à ses ennemis de toujours qu’à la belle et coriace békanicienne Sadie.

Un univers rude, aride et assez familier

A peine a-t-on vu la couverture et lu le résumé de Stone Rider, que l’on pense immédiatement à l’univers de Mad Max. Mais l’auteur avoue surtout avoir eu comme source d’inspiration pour son roman Marche ou crève de Stephen King.

Grosses bécanes (békanes dans le livre), cambouis, saleté, société misogyne où les femmes sont des proies faciles et rêvées, désert à perte de vue et ressources limitées… Mais l’histoire reste toutefois très différente, ici, il est question d’une longue course pour la rédemption, la liberté.

Nous suivons un trio qui s’est formé par les aléas et les dangers, en marge de la société et de ses nombreuses pressions. Chacun d’entre eux a perdu quelque chose d’important, ils sont prêts à tout… Et justement, c’est là que le bât blesse. Malgré les quelques révélations qui parsèment l’ouvrage, l’histoire reste cousue de fil blanc.

La psychologie des personnages reste assez basique, et l’intrigue ne réussit pas à nous transporter comme elle le devrait, ni à nous surprendre. Tout y est noir ou blanc, assez stéréotypé, très marqué, et sans nuances.

Certaines idées sont pourtant bonnes, je pense notamment au fait que chaque békane fusionne avec son propriétaire par le biais de son ADN. Qu’il est impossible de conduire la békane de quelqu’un qui n’est pas de la même famille que soi. Le tout n’est pas assez creusé. Il en est de même sur le fameux Code du Pilote mentionné avant qu’Adam ne se lance dans la course, on aurait aimé en découvrir des extraits par exemple.

Certains mots, inventés de toutes pièces par l’auteur pour son univers sont bien trouvés, mais tous ne sont pas expliqués, ce qui est dommage…

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En somme, Stone Rider est un premier tome sans surprises, qui perd assez vite son dynamisme. L’univers aurait gagné à être plus développé, un peu plus dense. Affaire à suivre en 2016 avec la suite : Blood Rider. Se lit à partir de 14 ans environ.

Chronique : U4 – Koridwen

U4 KoridwenUn virus, un MMORPG, et une quête entre réalité et légende…

U4, c’est la saga pour adolescents à ne pas louper lors de cette rentrée 2015. A l’écriture, vous retrouverez 4 auteurs majeurs de la littérature de l’imaginaire français : Yves Grevet, Carole Trébor, Vincent Villeminot et Florence Hinckel.

Chacun développe son personnage à travers un roman, et ce dernier interagira avec les trois autres créés, le tout sur fond post-apocalyptique. Un travail titanesque pour les quatre auteurs, mais pour nous lecteurs, ça promet d’être une lecture très intense !

Enfin, il vous faut savoir deux choses : il n’y a pas d’ordre de lecture pour U4, et chaque ouvrage possède une vraie fin, unique et différente des trois autres tomes.

Vous connaissez peut-être déjà Yves Grevet pour ses sagas Méto et Nox, toutes deux d’une terrible efficacité. L’un de ses derniers ouvrages en date s’intitule Celle qui sentait venir l’orage.

Ainsi, vous pouvez commencer indifféremment par Jules, Koridwen, Stéphane ou Yannis. Nous avons personnellement décidé de débuter par l’héroïne d’Yves Grevet, d’origine bretonne : Koridwen, dont l’histoire est teintée de folklore et de légendes celtiques.

Des cendres de l’humanité ne restent que des adolescents, seuls survivants du virus U4

Le virus U4 a fait des ravages à travers le monde en extrêmement peu de temps. Les seuls survivants de cette pandémie sont les adolescents. Adultes, enfants, personnes âgées… ils ont tous succombé de façon expéditive.

Les ados survivants sont soit isolés, comme Koridwen (elle se trouve dans la campagne Bretonne), soit en bandes plus ou moins organisées et dangereuses. Les grandes perdantes de ce bouleversement étant les jeunes femmes : le patriarcat fait très rapidement des ravages dans cette nouvelle société. Les filles se doivent de trouver un protecteur si elles ne veulent pas subir de nombreux harcèlements… ou bien être très fortes et s’imposer.

C’est le cas de Keridwen, forte tête, qui pour le moment a réussi à survivre en autosuffisance avec ses vaches et ses provisions. Elle est la dernière survivante de son hameau et a enterré tous ses voisins, morts les uns après les autres.

Mais la donne va changer lorsque qu’elle va recevoir un étrange mail, juste avant que l’électricité ne soit coupée en tout lieu. Ce message provient du jeu Warriors of Times, auquel elle était accro avant que le virus ne se propage, sa signification a beau être étrange, elle motive Koridwen comme jamais. La lettre que lui a laissée sa grand-mère avant de mourir est également très nébuleuse et semble avoir un lien avec la pandémie et Koridwen. Elle a un destin, et elle se doit de l’accomplir. C’est ainsi qu’elle récupère son cousin Max, prend le tracteur familial et décide de se rendre sur Paris. Un long voyage dangereux et semé d’embuches commence…

U4 LogoStressant et haletant, un récit dont on ressort essoufflé

Du pur roman de survie, voilà ce qu’est U4. Avec le personnage de Koridwen, on découvre ce que c’est que d’avoir peur pour sa vie à chaque rencontre, chaque coin de rue, à chaque naissance d’une amitié…

La tension est constante, elle vous environne sans jamais vous lâcher… et les rencontres que va faire la jeune femme ne vont pas aider à la tranquillité d’esprit… A qui faire confiance sur la route ? Qui éviter ? Ou même tuer ?

Rationnement, gestion drastique du quotidien, prévoyance, psychologie, être une survivante solitaire est certainement ce qu’il y a de plus dangereux dans le nouveau monde de Koridwen. Tiraillée entre les événements tangibles auxquels elle fait face et les croyances ancestrales dont sa grand-mère l’a bercée, la jeune femme est aussi déterminée que perdue. Elle voit des signes dans tout ce qu’elle voit et entend. Prend-elle ses désirs pour des réalités ou y a-t-il réellement quelque chose ?

Quoi qu’il en soit, il est difficile voir impossible de ne pas s’immerger entièrement dans les ressentis et sensations de Koridwen. On se laisse emporter immédiatement par l’urgence des très nombreuses problématiques qui se posent…

Et l’écriture à quatre mains dans tout cela ?

Etant donné qu’il s’agit de ma première lecture dans la saga U4, il n’est pas aisé de se rendre compte de tous les efforts mis en œuvre par les quatre auteurs. Cependant, on voit les indices concernant la mise en place de certains personnages et situations, et c’est intelligemment amené. De plus, le calendrier mis en place comme chapitrage est une bonne façon de remarquer les crossover. Il pourrait être intéressant de lire deux passages se déroulant à la même date, mais de deux points de vue différents, voir trois… ou quatre ! Ce n’est qu’en lisant toute la saga que l’on pourra réellement se rendre compte du travail monstrueux que cela a impliqué.

Plus on avance dans l’œuvre, plus Koridwen interagit avec les autres : Yanis, Stéphane et Jules. On sait ce qu’elle pense d’eux, et on n’a qu’une hâte découvrir leur psychologie de l’intérieur à travers les trois autres romans !

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Cette première incursion dans l’univers dévasté de U4 était très intense. La lecture se fait sans heurts, d’une fluidité telle qu’il peut quasiment se lire d’une traite. La fin de l’histoire de Koridwen se suffit à elle-même, mais pousse également le lecteur à vouloir découvrir l’issue qui attend les trois autres héros de la saga. Alors, c’est parti pour une nouvelle descente en enfer avec Stéphane.

Chronique : La religieuse

La religieuseLa religieuse, certainement un des textes les plus controversés écrit par Diderot. Il met en scène la jeune Suzanne Simonin, promise depuis sa naissance à passer sa vie à servir Dieu dans un couvent pour expier les fautes de sa mère.

Il faut le savoir, ce roman était tout d’abord une farce de Diderot envers l’un de ses amis, le marquis de Croismare. Diderot envoya ces lettres soi-disant écrites par Suzanne Simonin qui lui demande son aide, la plus infime soit-elle. Mais il s’agit en réalité d’une plaisanterie de l’écrivain afin de faire revenir son ami à Paris, afin qu’il quitte sa campagne. Les correspondances entre la fausse religieuse et le marquis furent ainsi nombreuses, ce dernier s’étant attaché à elle.

Par le biais de cet ouvrage, Diderot prône la liberté et la socialisation, lui qui pense que l’homme ne peux s’épanouir qu’avec ses semblables et non pas dans l’isolement, qu’il soit volontaire ou non. La religieuse est également une « Effrayante satire des couvents », comme le dit l’auteur lui-même. L’ouvrage fut publié à titre posthume.

Ce roman a été adapté de nombreuses fois au cinéma, le dernier film en date qui s’en inspire est celui réalisé par Guillaume Nicloux, en 2012, qui reprend mot pour mot des passages entiers du texte original.

Parmi les œuvres notables de Denis Diderot, nous pouvons citer : Jacques le Fataliste, Supplément au voyage de Bougainville, le Neveu de Rameau ou encore l’Encyclopédie – ou Dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers (la première en France).

Une succession de misères

Suzanne Simonin est promise à Dieu depuis sa naissance. Elle n’aura pas le droit au jolies choses que possèdent ses sœurs, pas même à leur amour. Alors quand arrive pour elle le  temps de prononcer ses vœux, c’est avec une fausse résignation qu’elle s’y engage, avant de tout faire pour les résilier.

Mais il est plus difficile de sortir d’un couvent que d’y entrer… ainsi débutent les successions de malheurs de Suzanne, une bonne religieuse, mais sans passion aucune pour Dieu.

De son parcours, nous sauront tout. Le roman est écrit à la première personne et Suzanne n’épargne rien des sévices qu’elle subira lorsqu’elle refusera de se soumettre aux ordres (il fut prouvé que les sévices cités par Diderot ne relèvent malheureusement pas tous de la création littéraire).

Cet enfermement, nous ne pouvons que le vivre avec force au travers des lignes écrites par Suzanne. Poignante, jamais misérabiliste, cette dernière nous happe par sa force de caractère, sa volonté de lutter contre tous et surtout contre sa condition. Diderot a ici créé un héroïne forte, qui s’aura s’entourer d’alliés efficaces même s’ils sont peu nombreux.

En conclusion, sans vous faire une analyse du roman, ce dont je ne serait tout simplement pas capable, la religieuse est un magnifique texte. Son écriture est fluide, extrêmement accessible, et surtout très intéressante. Le nombreuses péripéties qui marqueront la vie de Suzanne ne cessent de nous happer, pour nous amener à une conclusion qu’on a à la fois peur et très envie de connaître. On y parle de souffrance, de quête de soi et de liberté, mais aussi de relations controversées entre femmes au sein même d’un établissement religieux.

Il s’agit également d’un beau portrait historique qui nous montre qu’à l’époque, le libre-arbitre était encore un luxe dans certaines situations. En effet, on promettait souvent l’un de ses enfants à l’Eglise… et cela sans que ce soit une véritable vocation de la part du futur religieux. A lire pour découvrir un incontournable du XVIIIème siècle, mais aussi pour s’émerveiller de la richesse des textes classiques…

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GENRE : Littérature
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Chronique : Le combat d’hiver

le combat d'hiverUn magnifique livre sur les idéaux, l’oppression, la révolution.  

Voici l’histoire de 4 adolescents : ils vivent dans un orphelinat-prison, ils ne savent pas pourquoi mais depuis leur plus tendre enfance ils ne connaissent du monde que les quatre murs de leur établissement. Ils ont le droit de sortir uniquement quatre fois pendant deux heures dans l’année et ce uniquement pour voir leur Consoleuse (femme qui n’est pas leur mère mais dont la présence est là pour les réconforter, les soutenir quand la vie devient difficile à l’orphelinat).

Mais la donne va changer le jour où Helen et Milena croisent sur la route des Consoleuses Bartoloméo et Milos deux jeunes garçons de l’orphelinat voisin. Ils décident alors de garder contact secrètement entre eux par un moyen connu seulement des pensionnaires. Mais alors qu’Helen reviens de chez sa Consoleuse quelque chose d’inattendu va venir changer le cours de son existence et sa raison même de vivre…

Je ne peux vous résumer plus l’histoire sans vous spoiler alors mon conseil : lisez ce livre.

L’ambiance y est si particulière qu’elle en devient indescriptible, les personnages ont une force de caractère qui les rend inoubliables. Leur quête de vérité et de justice va les mener beaucoup plus que ce qu’ils imaginaient, et pour cela on les aime, on les admire. Beaucoup de sentiments imprègnent le lecteur au fil de l’histoire, la surprise, la tristesse qui devient poignante par moment, la révolte : rares sont les livres à faire passer autant d’émotion.

L’autre force de ce roman c’est sa frontière non définie qui balance entre notre société actuelle et un univers différent. Ainsi on fait la découverte des Hommes-chevaux et des Hommes-chiens, des créatures étranges et attachantes.

Voilà pour ce magnifique roman de Jean-Claude Mourlevat (le premier que je lis de cet auteur français, et certainement pas le dernier). A lire dès 13-14 ans sans limite d’âge tant c’est sublime et universel.

Par ailleurs, sachez qu’une adaptation cinématographique est en cours de production et est prévue pour le courant de l’année 2016 !

Chronique : Lancedragon – Tome 49 – Une âme bien trempée

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Je ne sais comment vous présenter ce qui est pour moi le meilleur livre de la série des Lancedragon et pas seulement… Retenez bien les noms des deux auteurs : Margaret Weis et Tracy Hickman.

Il nous est présenté un des personnages les plus importants de la saga Raistlin Majere, mais aussi son frère jumeau Caramon Majere. Ils ne se ressemblent pas du tout, n’ont pas du tout les mêmes centres d’intérêts, l’un est fort, l’autre n’a que son intelligence… Raistlin se tourne ainsi tout naturellement vers la magie, car il préfère la subtilité et les mystères à la force brute. C’est ainsi que vous assistez aux états d’âme d’un des plus grands magicien de Krynn, que vous le verrez passer l’Epreuve des sorciers (ceux qui échouent meurent). Et vous comprendrez ainsi mieux les premiers tomes de la saga.

Un conseil, il vaut mieux commencer la saga des Lancedragon par ce tome-ci, qui est le numéro 49 mais qui chronologiquement est le meilleur pour commencer. Ainsi, vous passerez au tome 53, « Les Frères d’armes » qui est la suite logique de ce tome. Et ensuite, vous pourrez commencer le début de la saga, avec les tomes 1,2,3 puis 4,5,6 qui correspondent à deux séquences passionnantes bien distinctes.

Franchement merveilleux ce livre est à lire de toute urgence, pour tout les fanas de Fantasy, mais aussi pour les autres personnes qui voudraient s’essayer à la fantasy avec un personnage maladif mais extrêmement charismatique.

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