Archives du mot-clé littérature française

Chronique : Les étoiles de Noss Head – Tome 1 – Vertige

Les étoiles de Noss Head 1La romance fantastique française a de beaux jours devant elle avec des ouvrages comme Les étoiles de Noss Head !

Initialement paru aux éditions Rebelle, la série Les étoiles de Noss Head est celle qui a révélé l’auteure française Sophie Jomain. Depuis, elle est publiée régulièrement aussi bien chez J’ai Lu que chez Rebelle éditions et tout récemment chez Pygmalion. Les étoiles de Noss Head est une trilogie, elle comporte aussi plusieurs deux autres tomes qui font office de préquels.

Si vous souhaitez découvrir un univers situé entre le surnaturel et la romance, celui de Sophie Jomain pourrait bien vous séduire… !

Des vacances « prometteuses »… dans la petite bourgade perdue de Wick, en Écosse.

Elle a bientôt 18 ans, la vie devant elle, et surtout les vacances d’été pour s’amuser ! Sauf que ses parents ont décidé qu’Hannah les passera à Wick (à l’extrême nord de l’Écosse) et non pas à Paris… Ennui et pluie en perspective donc pour l’adolescente qui ne se doute pas encore que sa vie et son destin seront bouleversés définitivement dans les semaines à venir… Tout cela à cause d’une rencontre inattendue avec un bel inconnu aux yeux verts…

Les étoiles de Noss Head 1 rebelleDe la romance fantastique à l’état pur

N’étant pas une grande lectrice de romance, j’avoue avoir débuté la lecture de cet ouvrage avec un brin de scepticisme. Je craignais de tomber sur une énième histoire d’amour, quelque chose de trop fleur bleue, de ne pas être portée par l’ambiance… Mais ça, c’était avant de pousser un peu plus loin que les apparences, car je suis rapidement tombée sous le charme de cet ouvrage.

Une ambiance toute particulière propre aux petites villes, des paysages sauvages, l’odeur de la mer qui nous éveille, de la magie et de nombreux mystères… le décor laisse rêveur. Et ce n’est que le début : une intrigue mâtinée de secrets de famille, de mystères et de mythologie (très bien développée et mélangeant légendes réelles et créations de l’auteur), voici ce qui vous attend.

Et puis… on est captivé par l’histoire, fort bien maniée par l’auteur. Ce n’est pas tant l’intrigue (assez facile à prévoir) que la façon dont elle est traitée qui en fait l’efficacité. Entre sensualité et retenue, on retrouve les sens qui s’enflamment de l’adolescence au travers du personnage innocent d’Hannah. Cette lecture a l’étrange propriété qu’ont certains romans : ils sont captivants, efficaces, purs… et se dévorent. Cela faisait un long moment que je n’avais pas ressenti un tel plaisir de lecture (dans le domaine de la romance fantastique), attendant avec impatience de retrouver les personnages.

Enfin, j’adresse une mention spéciale à la couverture du poche (même si celle du grand format est tout aussi magnifique), parfaite vis-à-vis de l’esprit du livre, et en accord complet avec l’histoire. En effet, le joli flacon que l’on voit en couverture a toute sa place dans l’intrigue… Les couleurs sont par ailleurs belles et harmonieuses, c’est un succès.

Un de mes rares regrets concernant cet ouvrage concerne les corrections et relectures. J’ai pu constater la présence d’une demi-douzaine de coquilles. Quelques erreurs de frappe, et une faute de conjugaison. Pour une réédition poche et une aussi grande maison d’édition qu’est J’ai Lu, on est en droit de s’attendre à un texte parfait. Dommage sur ce point.

De même, je n’ai pas toujours accroché à l’écriture de la narratrice, qui est parfois très orale. Nous sommes dans la tête d’une adolescentes, certes, mais sa façon d’écrire la rend parfois franchement agaçante et naïve, ce qui la dessert.

 ….

Quoi qu’il en soit, Les étoiles de Noss Head – Vertige est une belle romance fantastique, on s’évade, on retourne parfois même à l’état sauvage. On sent l’odeur des embruns et de cette nature féroce au travers du personnage mystérieux de Leith…

On retombe avec délices dans les affres de la passion telle qu’elle se vit quand on est adolescente : pleinement et avec exaltation, quelles que soient les conséquences ! Autant dire que la lecture de la suite ne tardera guère… c’était si bon que l’on en redemande !

Chronique : Calixte

CalixteUn planet opera plaisant à découvrir

Paru en novembre 2014 aux éditions du Net, Calixte est un court roman de SF écrit par Dominique Marie. L’humanité y découvre une planète habitable semblable à la terre en toutes choses… ou presque.

L’humanité n’est pas nécessairement l’espèce dominante

C’est en tout cas ce que l’on découvre très rapidement dans Calixte. En effet, la planète découverte par le vaisseau Calixte est extrêmement ressemblante à notre belle planète bleue : on y trouve des loups, des corbeaux et… des humains !

Mais cette grande découverte qui ouvre un champ d’hypothèses incroyables recèle un côté moins reluisant… Les hommes découverts durant cette expédition sont loin du niveau d’intellect des hommes de la Terre et semblent être traités comme du bétail. Parqués, déplacés au gré des besoins des loups et des corbeaux, les humains ne semblent même pas doués de libre arbitre… ont-ils ne serait-ce qu’une conscience propre ?

Que vont faire de cette information les scientifiques de l’expédition ? L’humanité de la Terre doit-elle agir ou laisser cet ordre naturel ?

Le jour où l’homme découvre qu’il n’est pas le maître de l’univers

Difficile à croire et pourtant, il existe une planète où les animaux dominent l’homme sur tous les plans : physique, moral et intellectuel. Ainsi débute une nouvelle ère pour les hommes des deux planètes. Car personne sur Terre ne se résout à laisser ses semblables dans les conditions décrites par l’expédition…

Politique, déontologie, sociologie, théologie et une foule d’autres sciences sont ici abordées. Calixte est ce que l’on peut ainsi appeler un planet opera. En effet, nous y découvrons une planète ainsi que sa faune, sa flore, son écosystème…

Et si vous vous demandez pour les personnages ont tous des noms composés étranges tels que Dana-Scott ou Yacine-Dominique, c’est l’astucieuse idée de l’auteur pour illustrer la mondialisation à tous les niveaux dans le futur. De même, il n’y a plus que trois langues en usage sur la Terre du futur dépeinte par Dominique Marie. Et pour ce qui est des entreprises, là aussi, la mondialisation a fait son œuvre… mais est-ce réellement pour le mieux ?

Plaisant, Calixte a beau être rapide à lire, il n’en est pas nécessairement aisé. En effet, la fin abrupte vous obligera peut-être à relire certains passages ou à mettre en perspective quelques lignes de texte.

Calixte n’est pas un texte donné « clés en main », et c’est tout aussi bien comme cela. Cette lecture apporte une réelle réflexion une fois le récit terminé. On ne peut s’empêcher d’y repenser et de prendre plaisir à « décrypter » les intentions de l’auteur dans ses nombreux non-dits (rien d’insurmontable je vous rassure).

…..

Dominique Marie signe ici un récit de sf abordable et intéressant que l’on aurait aimé découvrir encore plus en profondeur tant l’écriture nous emporte facilement. Cette étrange planète n’a pas dévoilé tous ses secrets potentiels, et c’est avec un peu de regret que l’on quitte son univers. Le futur de l’humanité (ainsi que certains de ses travers) est très bien décrit et semble surtout plausible, c’est ce qui rend le tout si intéressant.

A lire pour s’initier au planet opera sans se perdre dans une multitude de variables et personnages. C’est juste parfait pour débuter dans ce sous-genre de la sf !

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Des ados parfaits

Des ados parfaitsUn court roman d’anticipation sur le danger d’être trop parfait…

Yves Grevet est professeur et également un auteur français spécialisé dans la littérature fantastique pour la jeunesse et les ados. Il est notamment connu pour sa trilogie Méto, sa série en deux tomes Nox ou encore Seul dans la ville entre 9h et 10h30.

Avec le roman court Des ados parfaits, l’auteur inaugure la nouvelle collection de Syros : les Mini Syros Plus. Plus denses que les Mini Syros, ils sont environ deux fois plus épais mais s’adressent toujours à des lecteurs de 10 ans environ.

La perfection serait-elle un vilain défaut ?

Là où vivent Anatole et Célia, tout est aseptisé, formaté. Tous deux font partie d’un petit groupe d’élèves très sérieux en classe… trop pour certains. Ils ne s’intègrent pas aux blagues que se font les ados entre eux, sont plutôt pince sans rire, sont toujours à l’heure, obéissent aux règles au doigt et à l’œil… Pour certains, c’en est trop. C’est ainsi que différents moyens de pression sont exercés sur eux… mais dans quel but ? Qu’on-t-il fait de répréhensible eux qui n’ont rien à se reprocher ? Pourquoi leurs parents respectifs sont aussi fuyants et aux aguets depuis quelque temps ?

De l’anticipation à petite dose pour entretenir le suspense

Sans aller très loin dans l’intrigue (le format de la nouvelle ne le permet pas), l’idée d’Yves Grevet est aussi simple qu’efficace.

Dans un monde où l’on peut modifier certaines de ses erreurs telles que l’éducation de ses enfants (par des moyens peu orthodoxes), pourquoi se gêner ? Poussez cette idée avec des moyens futuristes et vous obtiendrez une histoire qui donne matière à réfléchir. Préféreriez-vous quelqu’un de parfait et de plat à quelqu’un qui fait des erreurs mais qui est spontané dans sa façon d’être ?

Malgré cette idée de base fort intéressante, il y a peu à se mettre sous la dent. La fin en particulier retombe un peu à plat après l’arrivée crescendo de nombreuses petites révélations et indices… lettres anonymes, exclusion sociale, haine inexpliquée…

 ….

En conclusion, bien que ce titre soit loin d’être aussi percutant que les autres écrits de l’auteur, il faut toutefois se rappeler qu’il s’agit d’une nouvelle. Sympathique, mais pas mémorable, c’est donc le sentiment que l’on retire de cette lecture… Dès 10 ans.

Chronique : Le liseur du 6h27

Le liseur du 6h27Un court roman qui met à l’honneur de la littérature sous toutes ses formes, sans prétentions et sans complexes…

Paru en mai 2014 aux éditions au Diable Vauvert, Le liseur du 6h27 est le premier roman de Jean-Paul Didierlaurent. Sa sortie a été très médiatisée et a créée un véritable petit succès de librairie. Il s’agit du premier roman de l’auteur, mais se dernier a déjà vu une de ses nouvelles publiée.

Au service de l’horrible de Zerstor 500

Guylain Vignolles est un homme tout ce qu’il y a de plus commun, hormis peut-être son nom qui peut devenir une malheureuse anagramme. Il se lève très tôt le matin pour prendre son RER de 6h27 afin de se rendre à son travail où il broie des livres à longueur de journée…

Pour lui qui est amoureux des mots, il n’y a pas pire métier que de transformer des livres en pâte à papier. Et c’est là que Guylain Vignolles devient à nos yeux une personne beaucoup moins plate qu’il n’y paraît : il récupère les feuilles rescapées dans les entrailles de la Zerstor 500 (qu’il nettoie quotidiennement) et en fait la lecture à voix haute dans la rame du RER de 6h27. Les extraits n’ont aucun rapport entre eux, et c’est justement ça qui les rend intéressants, vifs, savoureux.

C’est devenu le rendez-vous quotidien de nombreux usagers du RER, leur petite touche de soleil dans le morne de leur journée grise. Ainsi commence l’histoire aussi incroyable qu’ordinaire de Guylain Vignolles.

Des morceaux de vie qui tournent autour de l’amour des lettres

De la petite vieille amoureuse des lectures de Guylain Vignolles dans le RER, en passant par Yvon, le collègue de Guylain fou de bon vers à déclamer sans oublier Giuseppe qui recherche ses jambes broyées  dans la Zerstor 500 en rachetant les livres issus de la pâte à papier qui contient ses deux membres… tout est écrit par et pour l’amour des livres.

L’histoire de Guylain est aussi belle que simple, on apprivoise facilement son univers quotidien et la façon qu’il a de fuir son travail de bourreau des livres.

Et si vous êtes romantique, vous aimerez certainement la tendre histoire d’amour qui se profile au milieu du roman en l’objet d’une toute petite clé USB.

En ce qui concerne l’écriture de Jean-Paul Didierlaurent, elle est facile mais pas simpliste. On est rapidement emporté par l’histoire de chacun des personnages aussi charismatiques que normaux de cette histoire. S’immerger dans cette petite bulle littéraire est aisé. Si vous êtes un amoureux des lettres sous toutes leurs formes, vous serez servis dans ce court roman où tout est une référence à nos classiques littéraires.

 ……

A lire pour se faire plaisir, pour découvrir une nouvelle plume et voir une nouvelle façon de « vivre livre ». L’histoire de Guylain Vignolles donne envie d’aller dans le RER déclamer quelques pages au hasard le temps de quelques stations… Une jolie découverte qui se dévore !

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : David Creem – Tome 1 – La confrérie de l’invisible

David Creem 01Un début de série qui nous plonge dans l’univers étrange de la parapsychologie

Écrite par Richard Taleman, La confrérie de l’invisible est le premier opus d’une nouvelle série fantastique aux éditions J’ai Lu : David Creem. Vous ne connaissez pas Richard Taleman et vous pensez que c’est un petit nouveau dans le monde de l’écriture ? Détrompez-vous : sous ce mystérieux pseudonyme se cache le nom d’Olivier Descosse, un auteur appartenant à la Ligue de l’Imaginaire (qui regroupe entre autres Maxime Chattam, Henri Lœvenbruck ou encore Franck Tilliez).

On doit à Olivier Descosse des romans qui prennent leur source dans le suspense et le thriller, tels : La liste interdite, L’ordre noir ou encore Les enfants du néant. Avec sa série David Creem paraissant chez J’ai Lu dans la collection Semi-Poche Imaginaire, l’auteur se lance dans le surnaturel et le paranormal…

Une université Californienne aux matières étranges

Quand débute le roman, nous nous retrouvons à la période de la rentrée, où nous suivons David, très pressé de tout découvrir sur la parapsychologie et d’autres matières tout aussi inclassables. En effet, le jeune homme est persuadé d’avoir des capacités spéciales ne relevant pas du domaine tangible. Cette idée ne lui ait pas venue toute seule, il a été persuadé en cela par son grand-père disparu qui croyait dur comme fer aux pouvoir de son petit-fils.

C’est ainsi qu’une rentrée très spéciale et mouvementée s’annonce pour David, qui ne se doute pas encore de tout ce qui l’attend… Bienvenue dans le département de parapsychologie dirigé par l’éminent professeur Wiseman ayant des allures de grand sage.

C’est là que David espère pouvoir trouver les réponses à ses très nombreuses interrogations. Est-ce que ses cauchemars auraient un lien avec ses possibles pouvoirs paranormaux ? Et si oui, pourraient-ils l’aider à retrouver son grand-père que tout le monde pense mort ? David est persuadé qu’il n’a pas réellement disparu et qu’une entité maléfique est certainement en cause… les travaux secrets de son aïeul seraient-ils en rapport avec tous ces événements ?

Une présentation accrocheuse, et pourtant…

La présentation du roman ainsi que son apparence sont attractifs. Le visuel de couverture est parfaitement choisi, le blason présenté donnant une ambiance de campus et de société secrète… Personnellement, c’est ce qui a motivé ma lecture de l’ouvrage en plus de son résumé. Et pourtant, autant le contenant est beau, autant le contenu est beaucoup moins attrayant.

Premièrement au niveau des personnages : il apparait très rapidement que David est un individu assez plat. Sans réel charisme, cela ne donne pas spécialement envie de s’intéresser à lui et à ses problématiques De même, le personnage du jeune gosse de riche un peu déluré incarné en la personne de Robert ne convainc pas. Il y a également la jolie Alice et Louise, une jeune femme en fauteuil roulant.

La petite équipée va ainsi vivre des aventures hors du commun, la poussant à améliorer leurs capacités psychiques (et autres) très rapidement en un temps très court. L’entité mettant en danger David n’ayant pas l’air de faire dans la dentelle, ils sont tous potentiellement en péril…

C’est ainsi que commence la formation de ces étudiants un peu spéciaux. Les rendez-vous surnaturels s’enchaînent, la frontière entre science et mysticisme devenant ténue.

 …..

David Creem 02Qu’apporte donc ce premier tome ? La conclusion est bien simple, peu de choses pour le moment. L’univers est développé, peut être trop, au détriment de l’intrigue qui semble pour le moment bien simple et sans réel ressort. De plus, le fait d’avoir des personnages enfermés dans des clichés empêche de se plonger sans bornes dans ce nouvel univers. Humour, références culturelles nombreuses, fantastique et campus américain, voici les éléments de base de la série, qui nous convainc pas pour le moment. Le second tome est à paraître le 22 octobre prochain sous le titre L’Entrevie.

A lire dès l’âge de 14 ans environ, sans limite d’âge.

Chronique : Coup de Meltem

Coup de meltemParu en avril 2014 aux éditions La Joie de Lire dans la collection Encrage, Coup de Meltem est un ouvrage signé par l’auteur française Sigrid Baffert. Elle est déjà connue pour certains de ses écrits, notamment Blue Cerise saison 1 et 2 (coécrit avec trois autres auteurs).

Virgil, un héros battu pas les vents

On peut décrire Virgil comme un adolescent américain normal, sans problèmes particuliers. Il fait de la natation à un niveau soutenu, poussé fortement par son père dans toutes les compétitions possibles. Virgile n’est pas un féru de natation, mais il fait le nécessaire pour être ce que l’on attend de lui.

Mais ça, c’était avant que l’on découvre son problème au cœur… Virgil est atteint d’une maladie génétique extrêmement rare : la maladie du cœur de verre. Les parois de son cœur s’épaississent avec le temps, jusqu’au jour où elles deviendront trop denses… A ce moment là, le cœur de Virgile cessera tout simplement de battre.

Et comme un problème n’arrive jamais seul, c’est à cette occasion que Virgile découvre que cette maladie génétique lui a été transmise par un donneur de sperme. En effet, le père de Virgile n’est pas son père biologique… et ce donneur malade a semble-t-il revendu ses gènes à bon nombres de sociétés médicales d’aide à la procréation…

Alors, quel sursis pour Virgile ? Aucune idée, chaque cas est unique en termes de temps : certains partent vite, d’autres moins… il n’y a pas de justice ni de logique là-dedans, mais la vie l’est-elle ? Combien de demi-frères et demi-sœur possède Virgile ? Est-il possible de tous les retrouver afin de les prévenir de ce qui les attend potentiellement ? La chasse aux réponses est lancée…

Mais qu’est donc Meltem dans tout ça ?

Suite à ces révélations en chaîne, Virgil fait la découverte d’un réseau nommé le RIAD – Registre des Inséminés Avec Donneur où certains enfants issus d’un même donneur (le père de Virgil s’appelle GCP136) peuvent se contacter. C’est ainsi que le jeune homme fait la connaissance de Meltem, une jeune femme incroyable de fraîcheur (Meltem signifie vent du nord violent en termes météorologiques). Un peu folle, complètement impertinente, cette dernière ne se pose pas autant de questions que Virgile… elle fait tout pour vivre à fond ce qu’elle fait et ne cherche pas à retrouver ce père au legs génétique mortel.

Le sujet du don de sperme et de ses pièges est un thème pour le moins original et inexploité en littérature (ado ou autre). Sigrid Baffert soulève des problématiques que nous ne connaissons pas nécessairement, d’autant plus que la législation change selon les pays (tout cela est très bien expliqué en fin d’ouvrage). Le business de la procréation assistée que l’on entraperçoit à de quoi effrayer, surtout s’il n’est pas contrôlé.

Pour ce qui est de la maladie du cœur de verre, ne la cherchez pas sur Internet, elle n’existe pas ! L’auteur s’est en partie inspiré de la cardiomyopathie hypertrophique mais a préféré rester dans la métaphore pour ne pas rentrer dans des termes trop techniques.

….

Alors ce roman fonctionne-t-il ? Convainquant, certes, on aurait cependant aimé avoir plus d’explications sur les problèmes inhérents aux dons de sperme et le « trafic » qui y est associé, notamment aux Etats-Unis, où se déroule l’intrigue. Cette thématique n’y est au final pas assez creusée à mon goût. L’histoire se centre avant tout sur le héros, ses ressentis, ainsi que sa façon de percevoir sa nouvelle famille élargie. L’acceptation de la maladie y prend également une grande place.

Un roman sympathique donc, même si il ne fait pas de réelles étincelles. Coup de Meltem a le mérite de soulever une problématique inhérente à notre époque. Maladies génétiques détectées trop tard et transmise à des centaines de descendants, incestes fortuits qui peuvent en découler… le problème commence a réellement inquiéter les américains. Dès 14 ans.

Pour aller plus loin : Un article du Huffington Post (en français)traitant du sujet – Une américaine découvre qu’un donneur de sperme a engendré plus de 150 enfants.

Chronique : Zen City

Zen CityUne vie parfaite programmée pour vous

Grégoire Hervier est un écrivain français qui a pour le moment deux romans à son actif, son dernier est Zen City, paru en poche en mars 2013. Son autre récit est Scream Test, paru en 2006 aux éditions Le Diable Vauvert.

Ses récits sont souvent emprunts d’un regard critique sur notre société et son évolution constante en matière de technologies. Alors, jusqu’où êtes-vous prêts à être manipulé pour faire partie intégrante de la société 2.0 parfaite ?

Zen City : la ville parfaite nouvelle génération

Dominique Dubois est un homme à la vie fade, même son nom est confondant de banalité. S’il devait exister une personne représentant les statistiques moyenne du citoyen lambda, Dominique Dubois serait cette personne. Il est tellement dans la moyenne qu’il ne sort jamais du lot par une quelconque spécificité. Mais alors qu’il avait un travail lui donnant des satisfactions basiques mais bien réelles, Dominique Dubois va se faire licencier à cause d’une malheureuse erreur d’expéditeur concernant son sms.

Ce sera finalement un mal pour un bien, du moins dans un premier temps. Pour une fois dans sa vie, on lui offre l’opportunité de faire partie de quelque chose de grand, quelque chose que beaucoup de gens convoitent : faire partie de Zen City. C’est ainsi que Dominique Dubois découvre son tout nouveau travail dans une ville magnifique : criminalité au taux frisant le 0%, ultramoderne et pourtant proche de la nature ariégeoise, propre et belle… vivre dans un tel lieu est un rêve.

Ville high-tech où tout est simplifié : la consommation y règne en maître, mais de façon insidieuse… ainsi êtes-vous un acheteur consentant mais aveugle à Zen City, même quand on travaille dans le service marketing de la ville. Après tout, qu’y a-t-il de mal à voir son frigo se remplir tout seul en fonction de nos goûts ?

Zen City gfLa technologie RFID au service d’un marketing poussif

La clé de l’intrigue réside dans le pistage des habitants de Zen City. Tous ceux qui y vivent ont obligatoirement une puce RFID (Radio Identification ou Radio Frenquency Identification en anglais). Cette minuscule puce de la taille d’un grain de riz permet de suivre à la trace la personne qui en est dotée. Ainsi, il est aisé d’avoir encore plus de données en termes de consommation, d’habitudes, de comportements, tout cela alimentant la grosse machine marketing qu’est Zen City.

L’homme peut-il subir autant de pression sans devenir au bas mot dingue ? Grégoire Hervier nous propose ainsi un roman futuriste allié à un thriller le tout sans oublier une part d’humour. Le personnage de Dominique Dubois est aussi fascinant qu’insignifiant : il est le rouage qui montre ce que nous pouvons tous devenir comme lui. Manipulables, mais pas seulement…

 ….

Zen City est un thriller futuriste à l’avenir dangereusement proche. Toutes ces études comportementales et marketing sont déjà bien en marche, Grégoire Hervier les a seulement réunies au sein d’une ville en y ajoutant une petite partie avant-gardiste. A lire d’urgence pour se faire peur et plonger dans un bon roman, tout simplement.

Chronique : Le puits des mémoires – Tome 3 – Les Terres de Cristal

Le puits des mé moires 03Suite et fin d’une bonne saga de fantasy française

Dernier tome de la trilogie du Puits des Mémoires paru aux éditions Scrinéo en mars 2013, Les Terres de Cristal est écrit par Gabriel Katz. Auteur montant dans la littérature imaginaire française, son dernier roman en date est Maîtresse de Guerre paru en janvier 2014, également chez Scrinéo. Il se déroule dans le même univers que Le Puits des Mémoires, mais dans un endroit beaucoup plus chaud et Saharien.

Enfin, Gabriel Katz a déjà écrit de nombreux autres ouvrages en tant que nègre… nous n’en sauront donc pas plus, mais certains de ses écrits ont déjà du croiser notre chemin !

Le dernier affrontement arrive et les masques tombent

Suite à la découverte de leurs surprenantes identités respectives, nos trois comparses aux allures de antihéros commencent à déranger ceux qui avaient si bien tiré les ficelles au début de la série. Leur machiavélique plan pour faire des marionnettes de Nils, Karib et Olen commence lentement mais sûrement à se retourner contre eux.

Ainsi commence une lutte de pouvoirs qui émerge des sombres secrets d’alcôve pour se transformer peu à peu en guerre officielle et violente, et ce sur tous les fronts.

Une bonne fin, mais un récit moins captivant que dans les tomes précédents

Dans ce troisième tome, nous retrouvons tout ce qui nous a donné le plaisir de lire cette série, mais il y a moins de surprises et de dialogues piquants et si bien faits que précédemment. On entre dans une action qui suit un cours logique allant jusqu’au prévisible pour certains passages, même si le tout reste parsemé de quelques découvertes attisant l’intérêt.

C’est dommage car après un second tome qui n’arrêtait pas de nous surprendre, on se retrouve avec un dernier opus qui reste bien, mais qui est plus dans l’action brute que dans les révélations et les rebondissements.

 …..

La conclusion est bien simple, Le Puits des Mémoires est une belle série d’action à découvrir, elle nous prouve que la France est loin d’être en reste en termes d’imaginaire (s’il fallait encore fournir ce type de preuve), et elle permet de découvrir un nouvel auteur qui fait son chemin. Loin des stéréotypes du genre, cette fantasy ancrée dans un monde réaliste bien que teinté de magie séduira par sa force brute.

Dans sa globalité, cette série est donc très bien, on aurait juste apprécié un troisième tome à la conclusion plus retentissante, à l’image du ton donné dans les précédents ouvrages.

D’autres chroniques sur le même genre :

Le Puits des Mémoires 01Le puits des mémoires 02L'héritière du tempsLe dernier royaume 01

Chronique jeunesse : L’ogre au pull vert moutarde

L'ogre au pull vert moutardeAttention…les ogres existent vraiment, ils nous ressemblent, ils sont juste très laids et ont tous un gros nez…sauf celui de cette histoire !

Paru le 5 mars 2014, L’ogre au pull vert moutarde est l’un des deux romans (avec Sacrée souris de Raphaëlle Moussafir) qui lance la toute nouvelle collection Pépix. Créée par les éditions Sarbacane, Pépix se destine à un lectorat entre huit et onze ans tout mêlant humour, malice et aventure… le tout avec de nombreuses illustrations. Tous les romans de la collection sont créés par des auteurs et illustrateurs français, pas de traduction, ce qui donne une vraie bouffée d’air frais à la littérature jeunesse…française ! Cocorico !

L’auteur, Marion Brunet en est à son second roman avec son ogre au drôle de pull vert moutarde… son premier ouvrage était Frangine, paru dans la collection pour adolescents Exprim’, chez Sarbacane en 2013.

L’illustrateur est Till Charlier, il a déjà participé à la mise en image de nombreux ouvrages pour la jeunesse : Huit farces pour collégiens, Uik le cochon électrique, La boulangerie de la rue des dimanches

Un foyer pour enfants en danger…

Tout commence dans un foyer, avec Abdou (notre narrateur à la prose malicieuse) et Yoan, son meilleur ami. Nous sommes en pleine nuit et tous les jeunes habitants du foyer se doivent de dormir… sauf qu’ils n’en n’ont absolument pas envie. Ainsi nos deux jeunes malicieux vont tout faire pour sortir du dortoir en douce… mais ils vont tomber sur le nouveau veilleur de nuit, et il n’est pas commode ! D’autant plus que… c’est un ogre, un vrai, et qu’il a super faim !

Et quoi de mieux qu’un foyer pour enfants afin de se nourrir ? Ils ne manqueront à personne ces enfants ! Abdou et Yoan vont donc se lancer dans un long dialogue pour négocier ou au moins gagner du temps, afin de ne pas se faire dévorer…

Entre désillusion et humour, un équilibre fin et maîtrisé !

Bien que se déroulant dans un foyer pour enfants, le ton est clairement dans celui de l’humour : preuve s’il en est que l’on peut parler de tout aux enfants, il suffit d’y mettre les formes ! Abdou est un petit malin, et malgré une enfance pas facile (comme tous les enfants du foyer), ça ne l’empêche pas de voir les côtés positifs de la vie. Il est toujours le premier à user de malice pour parvenir à ses fins.

Vous trouverez d’ailleurs des petits chapitres « bonus » qui entrecoupent le roman sans en gêner la lecture : Comment marcher sur des œufs (cf extrait ci-dessous), ou encore comment faire des yeux de merlan frit par Abdou…

« S’ils disent (les adultes) : « Nous devrions éviter d’entretenir une tendance déjà prononcée pour la violence »

Il faut entendre : « Mercredi après-midi, oublie la boxe : ce sera poterie »

Comme traduction, tu peux donc tenter : « Tu sais Yoan, modeler de la terre, c’est bon pour la concentration… un peu comme la méditation avant un combat, j’ai vu ça dans un film ! »

Alors, comment nos jeunes héros ordinaires vont-ils faire pour échapper à un ogre des plus affamés et des plus laids ? (ben oui, il a un petit nez, et quand tu es un ogre, c’est la honte d’avoir un petit nez et ça n’est pas un attribut très sexy chez les ogres…).

Je vous laisse le découvrir, mais ce premier roman de la collection Pépix est très engageant pour la suite, sympathique, drôle, on y trouve l’esprit et la malice que l’on demande à tout livre destiné à la jeunesse… C’est vif, c’est frais et c’est français, preuve s’il en est que nous avons de la ressource !

Actualité éditoriale : Pépix, la nouvelle collection d’ouvrages jeunesse 100% française

Logo_PepixQuand une nouvelle collection arrive en librairie, la moindre des choses est de fêter dignement cet événement ! Et c’est ce que nous faisons en vous présentant la collection Pépix, le nouveau bébé de Sarbacane qui a tout pour plaire aux jeunes lecteurs et qui recèle quelques avantages de poids. La collection débarque en librairie le 5 mars prochain avec deux premiers ouvrages… alors soyez prêts, en attendant, présentation !

Pépix 44Les deux premiers ouvrages de la collections paraissent en mars il s’agit de Sacrée souris de Raphaële Moussafir (auteur du roman Du vent dans mes mollets) et de L’ogre au pull vert moutarde de Marion Brunet (auteur de Frangine chez Exprim’).

Le premier point fort de la collection Pépix réside en la personne même des auteurs : ils sont français, et c’est un vrai engagement (parfois difficile pour les éditeurs) que de faire de l’édition avec des auteurs made in france . En effet, quand on fait de la traduction, la prise de risque est bien moindre, l’éditeur ayant pu voir le succès de la série dans son pays d’origine.

Le second point fort qui nous séduit tout autant est que Pépix tend à avoir un ton dans le style des livres anglo-saxon (sans tomber dans la simple imitation) tout en gardant une un ton français au niveau de la malice et du ton.…….

Pépix (3)Troisième élément de poids, chaque ouvrage regorgera de nombreuse illustrations en noir et blanc (une quarantaine en moyenne par livre) pour rassurer le jeune lecteur tout en le faisant entrer dans un « vrai » roman à l’intrigue plus longue que ce qu’il a déjà pu lire avant.

Enfin, les couvertures des livres sont belles, attractives et, absolument séduisantes pour les jeunes lecteurs : tout est réunit pour être sous le charme. De plus, chaque ouvrage possède de jolis rabats, les rendant plus beaux et qualitatifs. Ce sont de véritables petits livres-objets qui sauront faire aimer le livre en tant que tel aux jeunes lecteurs.

Pour vous faire patienter et vous présenter au mieux la collection voici les résumés des deux premiers ouvrages à paraître en mars :

Sacrée sourisSacrée souris de Raphaële Moussafir :

Comment Léonore, une petite souris – mais vraiment supra-minus –, est devenue LA petite souris, celle qui te refile un billet contre une dent de lait. À l’origine, Léonore n’était pas la plus travailleuse des souris : elle était même super douée dans l’art de faire semblant de débarrasser la table. Elle vivait avec ses parents et sa soeur dans le Grand Grenier du Château Grandiose, comme tout son peuple… mais le jour où la Reine des souris meurt, les laissant toutes à la merci des RATS, il faut bientrouver une solution.

La solution : un palais fortifié. Un palais bâti… avec des dents de lait !

….

L'ogre au pull vert moutardeL’ogre au pull vert moutarde de Marion Brunet :

Abdou et Yoan vivent dans un foyer pour enfants. Oui, ces enfants dont personne ne veut… ceux qui n’ont « pas d’avenir », comme le répète l’horrible Directeur du foyer. Heureusement, les deux copains ont de la ressource ; et quand ils découvrent que le nouveau veilleur de nuit, ce bonhomme énorme, très très costaud et très très laid, est un OGRE, ils ripostent. Pas question de se laisser croquer comme des cookies !

Et puis, au fait : qui sait si cet ogre n’a pas quelques points communs avec eux ?

Pépix (8)