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Chronique : Darkwind – Tome 1 – Mécanique infernale

Un roman ado à l’ambiance énigmatique entre steampunk et époque victorienne.

Ecrit par Sharon Cameron, Darkwind est une saga historico-fantastique en deux tomes parus chez Bayard Jeunesse. Les deux tomes sont d’ores et déjà parus et disponibles en France. Sharon Cameron est une auteure américaine, il s’agit de sa première saga traduite en France, elle a cependant écrit deux autres ouvrages.

Un oncle fou et étrange dont l’argent est l’objet de convoitise

Angleterre, 19ème siècle. Nous découvrons la jeune Katharine au sortir de l’adolescence. Elle vit avec son atroce et vénale tante, qui est également sa tutrice, ses parents étant décédés. La tante de Katharine décide de se servir d’elle pour soutirer de l’argent à un parent éloigné : l’oncle Tulman.

L’objectif donné à Katharine est simple : passer une semaine au manoir de Darkwind et faire constater la folie de son oncle afin de le diagnostiquer incapable. Ce qui permettrait à la tante de la jeune fille de jouir pleinement et impunément de la fortune familiale…

Mais ce que va découvrir Katharine à Darkwind est beaucoup plus compliqué que ce qu’elle croit. Manipulée, tantôt choyée tantôt malmenée, Katharine va découvrir quelque chose d’incroyable et de fou à Darkwind… Sa décision décidera de l’avenir du manoir et des personnes qui y travaillent. Quel choix la jeune femme fera-t-elle ?

Un récit intéressant même si trop nébuleux par certains côtés

L’histoire de Katharine semble bien simple au premier abord, mais assez vite, les enjeux vont gagner en intensité… mais aussi parfois en complexité. Difficile de comprendre ce qu’il se passe au manoir de Darkwind avant d’avoir terminé le premier tome. Certes, c’est une volonté de l’auteure, mais ce manque de précisions tout au long du roman est parfois plus un handicap qu’une façon de captiver le lecteur…

L’intrigue de fond de Darkwind est ainsi relativement intéressante, mais bien trop lente à se développer. L’intérêt le plus remarquable du roman est selon moi son mélange d’Angleterre victorienne et de steampunk, où l’on découvre des automates doués de vies… On en sait au final très peu sur ces automates, leurs origines et leur fonctionnement, mais ils sont centraux dans l’histoire.

De même, le personnage de l’oncle Tulman a beau être important, il reste très en marge et plein de mystères, y compris pour Katharine. Katharine quant à elle est une héroïne sympathique mais qui ne transcende pas le lecteur. Elle ne nous donne pas envie de la suivre au bout du monde (ou au-delà de la Manche)… Elle a un passé difficile et fait tout pour s’en sortir, mais malgré tout cela, elle n’est pas plus attachante.

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En somme, Darkwind – Mécanique infernale est un roman introductif à double tranchant : très mystérieux, attisant la curiosité, mais également trop long à s’imposer. L’histoire est assez intéressante, mais pas au point de vouloir absolument découvrir la suite… On trouve tous les ingrédients qui font qu’un roman ado fonctionne potentiellement (intrigue, fantastique, soupçon de romance…), mais ça ne prend pas ! Dommage.

Dédicace : Romina Russell en signature exceptionnelle à la librairie Royaumes !

Incroyable… mais vrai ! L’auteure américaine Romina Russell sera en signature exceptionnelle à Paris, dans la Librairie Royaumes (13ème arrondissement) le jeudi 22 juin 2017 en fin de journée (vers 18h00). Si vous ne la connaissez pas, c’est l’occasion de découvrir une très bonne saga de science-fiction pour les adolescents… mais aussi les adultes.

Romina Russell a écrit une trilogie de sf intitulée Zodiaque. Les trois tomes de la saga sont parus et sont tous aux éditions Michel Lafon. Le premier tome de la saga est d’ailleurs paru au format poche pour ceux qui souhaiteraient la découvrir à moindre coût.

Je vous laisse découvrir la présentation du premier tome ainsi que les sublimes couvertures de la saga !

Présentation de l’éditeur :

SEULES LES ÉTOILES DÉTIENNENT LA VÉRITÉ

Sur la planète du Cancer, comme dans le reste de la constellation du Zodiaque, l’astrologie régit la vie quotidienne. Pas de place pour les imprévus, et encore moins pour une catastrophe. Pourtant, Rhoma, jeune étudiante Zodaï, est hantée par de terribles visions. Personne ne la croit mais l’impensable se produit brutalement : une des lunes du Cancer explose. Raz-de-marée, pluies de météorites, tout l’univers de la jeune fille est plongé dans le chaos.
Aidée de son mentor, le flegmatique Mathias, et d’Hysan, l’excentrique émissaire du signe de la Balance, Rhoma se lance alors dans une course contre la montre au travers de la galaxie pour prévenir les autres civilisations de la menace ancestrale qui plane sur elles. Car les douze signes du zodiaque étaient à l’origine treize… et, dans l’ombre, le dernier attend son heure. Celle de la destruction.

 

Chronique : Les agents de Mr Socrate – Tome 2 – La cité bleue d’Icaria

Une suite réussie pour Modo, l’espion britannique aux milles visages !

Second tome de la série Les agents de Mr. Socrate (lire la chronique du premier tome ici), voici La cité bleue d’Icaria. L’ouvrage est paru aux éditions MSK (la collection ado du Masque) en 2011.

Nous retrouvons le duo attachant que forment Modo et Octavia, et cette fois-ci, ils ne resteront pas sur le sol Britannique et traverserons l’océan… dans tous les sens du terme.

Une aventure qui nous emmène à New York et sur les côtes islandaises…

Après les aventures terribles qui ont failli amener la Confrérie de l’horloge à semer la terreur sur l’Angleterre tout entière, nous voici aux prises avec une nouvelle problématique.

Un espion de Mr Socrate ne donne plus de nouvelles depuis de nombreux jours, charge à Modo et Octavia de le retrouver et de découvrir ce qui l’a fait disparaître… Ils ne le savent pas encore, mais l’enquête va les emmener bien plus loin qu’à New York !

Une suite sympathique

Moins marquant que le premier tome, La cité bleue d’Icaria reste toutefois très intéressant et rempli d’imagination. On y lit la suite directe des aventures de Modo avec quelques éléments qui font bien avancer l’intrigue… Notamment en ce qui concerne le personnage de l’enfant jaune.

Voyez-vous de qui il s’agit ? Il est à peine mentionné au début du premier tome, par une simple et unique phrase. Mais dans cet opus, l’enfant jaune revient, et il est là pour servir la Confrérie de l’horloge… et il fait peur tout en attisant l’intérêt. Qui est-il ? Comment est-il devenu ce qu’il est ? Pourquoi est-il aussi instable ?

En ce qui concerne l’univers ici exploité, ce roman nous intéresse aux merveilles de la mécanique submersible… et de la vie sous-marine. On ne peut évidemment pas passer à côté des clins d’œil faits au monde de Jules Verne, encore une fois Arthur Slade se joue des classiques en les insérant dans ses livres…

De plus, les sciences sont encore une fois mises en avant avec quelques principes de physique tels que la pression exercée sur un corps sous l’eau, l’utilisation d’un sous-marin et ses nombreuses contraintes mécaniques. En cela, c’est très bien fait car les jeunes lecteurs apprendront tout en lisant une aventure qui les captive !

Et c’est avec plaisir que l’on découvre le peuple mystérieux et dangereux des Icariens, prêts à tout pour protéger leurs intérêts. Dans ce roman, c’est une ambiance en huis-clos oppressante qui vous attend ! Pas de toits sur lesquels sauter, ni de filature mais une attente angoissante à des dizaines de bars de pression.

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Vous retrouverez ainsi ce mélange entre historique, étrange et espionnage qui a fait merveille dans le premier opus. A titre personnel, je l’ai légèrement moins apprécié que le précédent ouvrage, mais ce roman reste tout de même très sympathique à découvrir.

Que fomente encore la Confrérie de l’horloge ? Affaire à suivre puisqu’il reste encore deux tomes à découvrir chez Les agents de M. Socrate : Le peuple de la pluie (Tome 3) et L’île des damnés (Tome 4).

Interview de Christophe Lambert pour son roman Soul Breakers

Autour de quelques questions choisies, Christophe Lambert répond à propos de son tout dernier roman en date : Soul Breakers.

L’histoire nous plonge à l’époque de la Grande Dépression (aux États-Unis), où nous suivons Teddy, un jeune homme prêt à tout pour sauver sa petite sœur d’une mystérieuse malédiction… La chronique complète ici.C’est un roman captivant aux allures de road-trip sur fond de fantastique.

La bibliothèque de Glow : Vous êtes-vous beaucoup documenté sur la Grande Dépression pour écrire ce roman aux allure de road-trip fantastique ?
Christophe Lambert : Les recherches ont été moins importantes que pour Swing à Berlin ou Lever de rideau sur Terezin car la partie historique est vraiment à l’arrière-plan du récit… Ma principale source documentaire a été Une histoire populaire des Etats-Unis par Howard Zinn. Pour se mettre dans l’ambiance des années 30, rien de tel que les photos de Dorothea Lange (photo à droite).

Concernant la séquence se déroulant dans les abattoirs de Chicago, ma principale source d’informations était un roman très documenté : La jungle de Upton Sinclair. A côté de ce roman, Germinal ressemble à Disneyland…

La bibliothèque de Glow : Pourquoi avoir choisi cette période et ce pays en particulier ?
Christophe Lambert : Je suis un grand admirateur de John Steinbeck, John Fante (mon Duca Moreno ressemble beaucoup à son Bandini), etc. Je voulais écrire sur cette période depuis longtemps, mais je n’avais pas encore trouvé d’angle d’attaque… Et puis j’ai pensé à une troupe de forains maléfiques et tout s’est enclenché…

La bibliothèque de Glow : Quel personnage avez-vous pris le plus de plaisir à faire vivre à travers votre plume ?
Christophe Lambert : Duca, parce qu’il est exubérant et attachant (du moins, je l’espère)… Le méchant (Sirius) est classique mais c’est toujours amusant à écrire, ce genre de personnage… Ah, si, j’ai un petit faible pour le vieux shérif « red neck » ; il a quelques bonnes réparties…

La bibliothèque de Glow :  Combien de temps vous a pris l’écriture de ce roman de presque 600 pages ?
Christophe Lambert : Une année scolaire, c’est à dire dix mois… Mais comme je faisais d’autres choses en même temps, on va dire cinq mois à temps complet !

Chronique : Soul Breakers

Un road-trip mystique et captivant dans l’Amérique de la Grande Dépression !

Christophe Lambert est un auteur bien connu dans le paysage de la littérature fantastique, jeunesse et ado (à ne pas confondre avec l’acteur du même nom !). En janvier 2017, il est revenu avec un beau pavé de presque 600 pages paru chez Bayard Jeunesse : Soul Breakers. Le thème : une épopée formidable à travers les États-Unis des années 30 où nous suivons Teddy, prêt à tout pour sauver sa petite sœur… Original et dépaysant !

Pour ceux qui voudraient en savoir encore plus sour la génèse de l’ouvrage et les recherches de l’auteur pour l’écriture de son roman, vous pouvez découvrir ici l’interview de Christophe Lambert.

Un roman d’aventure aux allures de récit initiatique

Teddy est un jeune homme qui vit seul avec son père et sa sœur. Ils parcourent les routes poussiéreuses à la recherche de travail comme des milliers d’autres américains suite à une crise économique sans précédent qui s’appelle la Grande Dépression.

Alors, quand un soir un groupe de forains débarque pour distraire les pauvre ères, c’est avec joie que Teddy emmène sa petite sœur à leur spectacle. Mais il y a quelque chose d’inquiétant chez ces gens du voyage : une femme semble avoir des tatouages qui prennent vie, et leur chef a une allure très inquiétante.

Au lendemain du spectacle, le doute n’est plus permis : ces forains on fait quelque chose d’étrange à la sœur de Teddy durant le spectacle. Elle ne parle plus, ne bouge plus, c’est une coquille vie qu’il faut forcer à alimenter.

Dès lors, Teddy n’a qu’un objectif : sauver sa petite sœur des griffes des forains. Ou plutôt, l’âme de sa petite sœur… Abandonnant sa famille, il décide de partir en chasse de la troupe au travers des Etats-Unis. La route va être rude et longue pour le jeune homme qui va apprendre brutalement la vie… mais qui fera aussi de magnifiques rencontres.

Les années 30 comme si vous y étiez

C’est un magnifique portrait des États-Unis qui vous est offert dans ce roman ! Le tout servi par une intrigue qui captivera le lecteur. Entre historique et fantastique, c’est avec délices et parfois appréhension que l’on découvre l’épopée de Teddy.

Pour sauver sa petite sœur, il va trimer : dans les mines et leurs innombrables dangers, mais aussi dans l’un des plus grands abattoirs de Chicago (où les conditions de travail sont absolument insoutenables) pour gagner sa croute et continuer sa route…

L’univers de Soul Breakers est dur, parfois sale et brut, empli de misère. Certaines scènes apportent leurs lots de cruauté. Mais tout cela est contrebalancé par une douceur amenée avec des personnages aussi inattendus qu’attachants. Notamment celui qui deviendra son meilleur ami : Duca, l’écrivain en devenir, ou encore la douce et muette Mary Jane, mais aussi d’autres que vous découvrez au fil des pages. J’ai notamment adoré Chef, l’indien, un personnage immédiatement attachant que l’on apprécie avant le héros lui-même.

Les personnages sont une dizaine au total à être d’importance. Ils sont tous bien présentés et décrits avec précision, il vous sera impossible de les confondre !

L’histoire est captivante jusqu’à la fin. Soul Breakers nous pousse à découvrir un pays fascinant à une époque qui est très rarement exploitée en jeunesse (ou chez les ados). Et on a qu’une seule envie, approfondir nos connaissances sur cette époque qui fut si dure pour des milliers d’américains mais si riche d’un point de vue culturel.

De plus, la partie surnaturelle de l’intrigue est très bien menée et n’interfère jamais sur la réalité des faits historiques. Nous n’avons pas toutes les réponses sur cette « magie » qui habite certaines personnes, mais c’est si bien fait, que je préfère rester un peu sur ma faim que d’en savoir trop. Gardons une part de mystère à cette histoire…

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En somme, Soul Breakers est un véritable coup de cœur. Plaisir de découvrir une histoire mais également une époque bien précise, avec une intrigue qui cimente parfaitement le tout.

Que vous soyez ou non féru d’imaginaire, vous pourrez aimer ce roman d’aventure tant il est ancré à merveille dans l’Histoire, la vraie ! On y traite de très nombreux thèmes : exploitation de l’homme, religion, harcèlement, amitié… C’est à lire/découvrir sans modération à partir de 14 ans puis sans restriction aucune, d’autant que c’est un one-shot pour une fois, donc très appréciable !

PS : Bravo à l’illustrateur de couverture Raphaël Gauthey. Cette dernière est magnifique et correspond parfaitement à l’ambiance du roman avec cette grande ombre qui menace les deux héros. Elle est magnifique !

Chronique : J’ai avalé un arc-en-ciel

Un roman assez drôle et frais sur l’adolescence… et les milliers de questions qui traversent l’esprit à cet âge là !

Erwan Ji est un auteur français. Non, en fait, il est même plus que ça : il est Breton ! Il s’agit de son tout premier roman et il vient de paraître en mars 2017 chez Nathan. Avec cet ouvrage, vous allez découvrir la vie d’une adolescente normale dans un campus aux États-Unis : ses amitiés, ses amours, ses questionnements… la vie tout simplement !

Bienvenue chez Puce !

Ou Capucine. Car en fait, Puce n’aime pas vraiment qu’on l’appelle Capucine, car elle n’est pas « une plante herbacée » mais une « homo sapiens femelle de dix-sept ans ». Elle vit aux Etats-Unis, dans un cadre scolaire très privilégié (ce dont elle est consciente) et profite de la vie à 100%. Car quand on est en plein dans l’adolescence, il y a une foule de chose qui occupent l’esprit !

Ce roman, c’est l’histoire d’une fille positive, vivante, nature et drôle et de ses nombreux questionnements sur la vie.

Un roman drôle et efficace

Si vous cherchez un roman ado simple et qui se lit aisément, c’est le livre parfait. Ecrit sous forme de journal intime au jour le jour, nous découvrons le blog de Puce, que personne dans son entourage ne connaît puisqu’elle le rédige en français !

Puce étant franco-américaine, elle est donc bilingue, et cela se ressent dans sa narration aux très nombreux anglicismes. Parfois c’est utile et intéressant, et parfois, ça fait un peu trop donneuse de leçons… J’ai eu un peu de mal avec cette forme narrative qui se veut bilingue, car il donne parfois un air suffisant à Puce alors que ça ne lui ressemble pas dans sa psychologie et sa façon d’être.

Outre la narration, ce blog/journal intime recèle de très bons passages où l’on ne peut s’empêcher de sourire, sinon de rire. Certaines scènes sont franchement mémorables, d’autres sont emplies d’émotions. Car oui, J’ai avalé un arc-en-ciel, c’est aussi un roman sur l’amour, quelle qu’en soit la forme, et Puce, elle a beaucoup de questions qui se bousculent dans sa tête sur qui elle aime !

Si vous deviez lire ce roman, ce n’est pas pour son histoire se déroulant dans un campus pour ados américains privilégiés. A nous français, ça ne nous parle que très peu, malgré les nombreuses séries et films qui nous abreuvent de ce mode de vie « rêvé ».

Non, ce roman est à lire pour la façon dont il aborde les questions sur l’orientation sexuelle, et l’amour en général… Tous ces thèmes qui sont vraiment épineux à l’adolescence et dont on n’a pas nécessairement envie de parler à ses parents ou même à ses amis. C’est le genre de livre qui rassure, tout simplement, qui offre une ouverture sur le monde pour ne pas s’emprisonner dans un carcan et réfléchir, tout simplement.

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J’ai avalé un arc-en-ciel est ainsi un roman agréable, sans prétentions, qui fait passer un excellent moment malgré son manque cruel de réalisme. En effet, on est plus dans une adolescence rêvée à la façon américaine avec campus privé, bal de promo et grosses fêtes le week-end que dans la vraie vie.

Toutefois, si vous le prenez pour ce qu’il est, J’ai avalé un arc-en-ciel est un roman ado qui vous fera passer un excellent moment entre humour et journal de la vie de tous les jours ! Et surtout, il traite des questions de l’homosexualité et de l’adolescence avec justesse : sans jugement ou parti pris, et rien que pour cela, ça vaut le coup.

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PS : Malgré les élans assez féministes du roman, j’avoue ne pas avoir aimé découvrir que Puce passe « en mode dragon » quand elle a ses règles… Cela conforte les gens dans l’image négative de : femme qui a ses règles = insupportable. C’est dommage car l’auteur a en général tout fait pour ne pas alimenter ces généralités dans son roman, mais n’a pas su éviter cet écueil.

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Chronique : Le royaume des cercueils suspendus

Un roman pour ados moins facile d’accès que la plupart, mais qui nous offre une histoire aussi belle que cruelle…

Paru en octobre 2014 dans la collection Epik (réunissant les livres de l’imaginaire à destination des ados) du Rouergue, ce roman de Florence Aubry est aussi poétique qu’inclassable.

Son auteur, Florence Aubry, est connue dans le domaine de la littérature à destination des adolescents. On lui doit notamment : Le garçon talisman, Biture express, Nola ou encore La main de l’aviateur.

Une société aux mœurs étranges et implacables

Les Bâas sont un peuple où les traditions prédominent, tout est rituel, croyances. L’une de leurs traditions les plus importantes étant la Cérémonie. Pour le groupe d’amis que forment Xiong, Huang, Lou-ki et Leï, il s’agit d’un tournant dans leur vie… Surtout pour l’un d’entre eux, car la Cérémonie va révéler qu’il n’est pas né Bâa, ne possède pas le Don, et qu’il n’a aucun droit de vivre parmi ce peuple.

Condamné à mort par ceux qu’il a toujours connus, Hang n’a jamais douté d’être un Bâa… Mais le voici juché à flanc de falaise avec une seule ration de nourriture et un cercueil suspendu qui l’attend sagement… Voici l’histoire d’amitiés indéfectibles, de jalousies funèbres, de haines entre les peuples… Quel sentiment prédominera dans cette histoire ?

Un roman étrange au rythme lancinant

Très inspiré de la culture asiatique par certains aspects, Le royaume des cercueils suspendus est un roman difficile d’accès. Il est plus complexe qu’il n’y paraît, mais si vous vous y accrochez assez longtemps, vous découvrirez une histoire magnifique qui en vaut la peine.

Il faut avouer que le rythme de départ est très lent, j’ai même faillit décrocher durant les cinquante premières pages. Mais peu à peu, on découvre les enjeux qui lient ce cercle d’amis…

L’histoire de Leï en particulier à su m’atteindre avec force. Quand on découvre peu à peu ce qui se trame autour de sa personne on se prend d’affection pour la jeune fille et son destin. Et on lit avec anxiété la suite de son histoire… pour la dévorer jusqu’à l’ultime page !

Florence Aubry a le don de l’intrigue, mais aussi du style. Son univers est beau, bien que âpre, fascinant tant il est empli de rituels… On aurait d’ailleurs aimé en apprendre encore plus sur le peuple des Bâas car on en sait très peu au final sur eux. Mais ce n’est pas grave, conserver une part de mystère dans ce genre d’univers littéraire reste un plaisir.

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C’est donc un bon roman à destination des ados qui nous est ici offert. Bien écrit, avec un peuple singulier, des destins croisés et une mythologie fouillée. A réserver à ceux et celles qui veulent découvrir un récit plus recherché que ce qu’offre l’édition pour ado en général. Il faut insister pour découvrir ce livre, et ça n’est pas forcément un mal ! Dès 14 ans environ.

Dédicace : Christelle Dabos en signature à la Librairie Royaumes !

Oui, vous avez bien lu, la mirifique/extraordinaire/ géniale auteure qu’est Christelle Dabos va venir en signature ! à la Librairie Royaumes (Paris 13ème).

Quand cela ? Le samedi 25 mars 2017 à partir de 15h00, et ce jusqu’à 18h30 environ.

Où cela ? A la librairie Royaumes, au 42 rue de Tolbiac – 75013 Paris. Pour s’y rendre vous avez le RER C (Bibliothèque François Mitterrand) ou encore la ligne 14 du métro (Olympiades ou Bibliothèque François Mitterrand). En bus, vous avez la station Patay-Tolbac avec les bus numéro 62, 64, 132 et 27.

Que faire si vous avez déjà les deux ouvrages ? Vous n’êtes absolument pas obligés de les racheter, bien entendu. Tout ce que nous souhaitons idéalement, c’est qu’il il y ai un achat, même petit, sur place afin de soutenir la librairie. Nous vous proposons un vaste choix d’ouvrages, que ce soit en imaginaire ou dans un autre genre littéraire. Nous avons également beaucoup de cartes postale et marques pages.

Pour aller plus loin :

Chronique : Sang-de-lune

Une dystopie aussi sombre que cruelle qui pourra éveiller les consciences

On ne vous présent plus Charlotte Bousquet, auteure française moult fois interviewée et chroniquée sur le site. Elle écrit énormément, et cela pour tous les âges. Elle écrit des dystopies, des romans historiques, du fantastique, de la fantasy noire…

Avec Sang-de-Lune, elle signe son second roman dans la très bonne collection ado Electrogène, chez Gulf Stream (son premier s’intitulait Là où tombent les anges).

Un système castrateur pour les femmes

Bienvenue dans une société qui écrase ses femmes. Elles n’ont droit de rien. Ne peuvent parler que si un homme les y autorise, ne choisissent pas leurs maris et peuvent même être répudiées par ce dernier si elles n’arrivent pas à enfanter. Cette atroce société, on ne sait pas vraiment où ni quand elle s’épanouit, tout ce que l’on sait, c’est que la jeune Gia commence à remettre en question les préceptes qu’on lui a toujours inculqués. Le déclencheur ? Une étrange carte et une idée folle de sa petite sœur Arienn…

Un roman coup de poing qui pousse à la réflexion sur notre société d’aujourd’hui

Une bonne dystopie à la française, cela faisait un moment que ça n’était pas arrivé, et ça fait du bien d’en découvrir une ! Sous couvert de nous proposer une dystopie, Charlotte Bousquet tente de nous choquer, nous réveiller avec une véritable claque littéraire.

Tout est choquant dans la ville d’Alta. Ses préceptes, sa culture, sa religion qui lapide les femmes de façon légitime… Tout contribue à heurter le lecteur pour le pousser à la réflexion et l’introspection.

Et surtout… comment en est-on arrivé là ? La réponse risque de vous déranger ! Mais elle est bien trouvée.

L’univers que Charlotte Bousquet a créé autour de son histoire est joliment développé. On découvre une société vivant sous terre, sombre, mal éclairée. Des créatures mortifères dangereuses, visqueuses et létales y vivent… J’ai adoré l’ambiance que revêt Sang-de-Lune ; si sombre, si déliquescente qu’elle en devient délectable. On aurait en apprendre plus sur le bestiaire si particulier créé pour ce roman, mais le fait qu’il garde sa part de mystère est un bien en soi.

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L’histoire de Sang-de-Lune est intéressante, et on se lance sans retenue dans le voyage insensé de Gia et Arienn. La trame du roman reste classique, mais la façon dont l’intrigue est traitée l’est beaucoup moins. Âpre, dur, cruel, cuisant, c’est un roman qui ne vous laissera pas indifférent(e). A découvrir dès l’âge de 15 ans minimum.

Chronique : Memorex

A la découverte de la réécriture d’un classique de la littérature fantastique by… Cindy Van Wilder !

Le nom de Cindy Van Wilder vous dit peut-être quelque chose, si oui, c’est que vous avez déjà dû entendre parler de sa saga historique et fantastique Les Outrepasseurs.

Mais si cette fois nous vous parlons de cette auteur belge de plus en plus prolifique, c’est pour vous présenter son tout nouveau roman pour ados et jeunes adultes : Memorex. L’ouvrage est paru en mai 2016 dans la détonante et emblématique collection Electrogène, chez Gulf Stream Editeur.

Sans vous en dévoiler plus, nous vous diront simplement que l’auteure reprend à son compte l’écriture d’un mythe de la littérature fantastique… ! Mais lequel ?

Un étau se resserre peu sur la vie de Réha

En apparence, Réha a tout pour être heureuse. Elle évolue dans un monde privilégié, élitiste, étudie dans un établissement très prestigieux. Issue d’une famille très riche dont la fortune se base sur des avancée scientifiques très poussées, la jeune femme semble avoir tout pour elle… mais de nombreuses blessures se cachent sous ce masque de bonheur… qui se fissure.

La mère de Réha est décédée il y a peu lors d’un attentat, elle-même aurait pu voir sa vie s’interrompre brutalement. De plus, depuis cet atroce événement, Réha n’a jamais été aussi éloignée de son frère jumeau adoré qui est devenu très froid et distant avec elle…

C’est donc un flot de malheurs qui s’abattent sur Réha et sa famille, et cela ne semble pas vouloir s’améliorer : l’adolescente est depuis peu tourmentée par un mystérieux harceleur qui semble en savoir bien trop sur elle… et sa famille. Qui est-ce donc et que veut-il ?

Un roman bien tourné, assez efficace, mais trop aisé à pressentir…

Cindy Van Wilder est une auteure qui nous avait beaucoup surpris par la qualité de son écriture. Très aboutie, littéraire, belle, sa plume vaut le détour. Dans Memorex, elle a voulu mettre en avant l’action et le côté thriller et huis-clos (très réussit ici), plus que l’écriture et ses caractéristiques esthétiques. Et ça fonctionne. Cependant… on voit trop rapidement où elle veut nous emmener.

En effet, Memorex est un thriller fantastique et scientifique qui mélange tous les éléments nécessaires à un bon roman young-adult. Mais les réactions et les enjeux de chaque personnage sont trop évidents (et parfois trop stéréotypés) pour nous permettre de se lancer corps et âme dans la lecture.

On aurait apprécié en savoir encore plus sur l’histoire de la société créée par le père de Réha. Tout est expliqué, mais un développement plus poussé aurait été un plus non négligeable, peut-être un côté plus aléatoire et imprévu également, plus sombre encore.

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Ainsi, Memorex a beau réunir tous les composants nécessaires à un roman efficace, il ne réussit pas à nous satisfaire pleinement car trop facile à anticiper. Il remplira toutefois son office, à savoir distraire des lecteurs avides d’action et d’idées futuristes… A découvrir dès l’âge de 14 ans.

Si le thème abordé dans Memorex vous tente, vous pourrez peut-être vous penchez sur un roman qui avait su nous surprendre il y a de cela un an : Resurectio, d’Amélie Sarn.