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Chronique : Night School – Tome 1

Night School 01Entrez dans l’école privée la plus huppée et mystérieuse d’Angleterre… et découvrez une série à l’ambiance baroque tout à fait fascinante… et menaçante.  

Night School est une série de thrillers psychologiques qui comptera cinq tomes au total. Le premier tome est sorti en France en mai dernier dans la collection R de Robert Laffont. Le second tome est même paru en avant-première en France en novembre dernier.

L’auteure de la série, C. J. Daugherty, est de nationalité anglaise, et c’est dans son beau pays que se déroule l’intégralité de sa série. Elle a su retranscrire avec justesse l’ambiance d’un établissement privé perdu en plein milieu de la campagne anglaise… isolée et impénétrable. Cette série est issue de la fascination de C. J. Daugherty pour les sociétés secrètes et leur pouvoir sur les grandes décisions de ce monde… attention, si vous pénétrez dans Cimmeria, votre vision des choses pourrait bien en être changée radicalement.

Une nouvelle école pour une nouvelle vie

Allie Sheridan était une élève plutôt normale et heureuse jusqu’à la disparition brutale de son grand frère. Depuis ce terrible événement, elle est traînée d’établissements en établissement, menant la vie dure à ses professeurs et se souciant peu de son avenir…

Allie vient encore une fois de se faire renvoyer de son nouvel établissement. Pour ses parents, il devient impossible de la gérer, et ils trouvent une solution aussi efficace que singulière : la mettre en pension à Cimmeria. Vous n’avez jamais entendu le nom d’un tel établissement ? C’est normal, Cimmeria est réservé à l’élite de la société, tous pays confondus. Seuls les meilleurs et les plus riches y ont accès, et encore faut-il montrer patte blanche.

Les parents d’Allie sont loin d’être riches, ils sont tout simplement dans la moyenne, et Allie est loin d’être une élève douée au point d’être intégrée par l’établissement. Et pourtant, les portes de Cimmeria lui sont grandes ouvertes… étrange.

Amitiés, rivalités et faux-semblants… un nouveau quotidien difficile pour Allie

Cimmeria a tout pour plaire : magnifique cadre à la fois désuet en empli de charme mystérieux à l’image de ses élèves ; la bâtisse est l’image même d’écoles à l’architecture prestigieuse telles qu’Oxford, ou encore Cambridge.

Et franchement, Allie détonne dans cet établissement aux traditions ancrées depuis plusieurs générations. Elle qui n’a connu que des écoles de banlieue, sa découverte d’un univers aussi austère et exigeant va être semée d’embûches.

Fausses amitiés, trahisons, clans et autres cercles vont se croiser pour nous dresser un premier portrait déroutant et fascinant de l’ambiance qui règne à Cimmeria. La psychologie des personnages étant bien faite, leur réalisme n’en est que plus frappant… et même inquiétant pour certains d’entre eux, notamment dans le cercle d’amis proches d’Allie qui se forme au fil des pages…

Mais pourquoi la série s’intitule-t-elle Night School et non pas Cimmeria ? La Night School, sans vous en dire trop, réuni en réalité des cours avancés destinés aux meilleurs élèves de Cimmeria… dont Allie ne fait évidement pas partie. Les enseignements qui y sont prodigués sont secrets et ceux qui ont la chance d’en bénéficier ont pour interdiction d’en parler aux non-initiés…

Ce premier opus de la saga est une très belle ouverture à un univers feutré, sibyllin et fascinant. Nous sommes plongés rapidement dans les méandres d’une intrigue qui nous dépasse de loin, pour notre plus grand plaisir. On n’a qu’une seule envie, passer au second tome, pour voir d’un peu plus haut le portrait d’ensemble qui semble se dessiner entre les lignes…

8/10

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Chronique : Nina Volkovitch – tome 1 – La lignée

Nina Volkovitch 01Le souffle froid et vivifiant de la Russie souffle sur la littérature pour ados !

La lignée est le premier tome de la trilogie Nina Volkovitch, paru aux éditions Gulf Stream en septembre dernier. On y découvre la Russie du milieu de XXème  siècle (du temps de Staline) à travers une héroïne à l’histoire difficile et au caractère fort : Nina Volkovitch.

Pour poser le décor, l’auteure, Carole Trébor est la mieux placée, en effet, historienne de métier, elle a réalisé sa thèse de doctorat autour des échanges artistiques entre la France et l’URSS (1945-1985), dont son roman est très fortement inspiré. Mais en plus d’une forte influence historique et artistique, la série voit peu à peu le fantastique s’insinuer dans l’intrigue…

Une chose est certaine, la Russie est un pays peu exploité dans la littérature jeunesse et ado, et c’est avec émerveillement et délice que l’on découvre une nouvelle culture…Nina nous voilà !

Moscou, 1948

Les deux parents sont des ennemis de la Patrie : d’oabord son père, qui a disparu depuis de nombreuses années vers la France mais dont elle n’a plus de nouvelles ; puis sa mère, accusée de propagande antisoviétique pour avoir défendu des artistes occidentaux.

C’est ainsi que Nina est envoyée dans un orphelinat avec d’autres enfants dans le même cas qu’elle, issus d’ennemis du Parti. Elle va y apprendre à apprécier son pays à sa juste valeur et à porter les convictions du Parti… on du moins faire semblant.

En effet, peu avant son envoi dans l’orphelinat, la mère de Nina lui a laissé certains indices la poussant à se rebeller discrètement contre ce que l’on lui inculque de force : la bravoure de Staline, surnommé le Petit père peuples, des pans d’histoire entiers effacés car ils ne conviennent pas au Parti, etc.…

Le but de Nina devient vite clair : s’échapper au plus vite de l’orphelinat pour retrouver la trace de sa famille éparpillée, et enfin découvrir ses mystérieuses origines la rendant si particulière…

Une histoire rapidement captivante à l’univers culturel riche

L’histoire de Nina Volkovitch, commence de façon assez « traditionnelle », avec un orphelinat, une héroïne quelque peu rebelle cherchant à retrouver la trace de ses parents, etc. Mais le roman possède deux points forts : premièrement le lieu où il se déroule et son époque : la culture que l’on découvre ici est extrêmement peu traitée pour le lectorat jeunesse et adolescent. Ainsi découvrons-nous des traditions, mais surtout la politique terriblement oppressive du pays : une partie de l’Histoire qui mérite que l’on s’y attarde.

Second point fort, l’ambiance qui imprègne l’orphelinat, oppressante pour Nina (qui a quinze ans, mais qui parait toujours cinq de moins) qui a un grand mal à s’intégrer, le fait pour elle de toujours avoir sa poupée à son âge n’aidant en rien…

Le jeu de piste qui se dessine au fil des chapitres dans la première partie du livre est tout simplement très bien écrite et surtout prenante, donnant envie de sauter d’indices en clins d’œil (la plupart faisant référence à des œuvres, décryptées par l’auteure).

Mais quelle place au fantastique dans tout ça ? Vous ne le rencontrerez qu’à la seconde partie du roman, et cela de façon très ténue, mais suffisante pour un roman introductif.

En effet, il se passe tant de choses dans ce premier tome qu’il aurait été dommage d’y incorporer du fantastique en masse dès le début. Son installation est donc lente mais bien présente et nous amène vers le second tome, que l’on pressent initiatique, et beaucoup plus imprégné d’imaginaire.

En conclusion, Nina Volkovitch est une très belle découverte littéraire, à conseiller dès 14 ans. Bien écrit, sans fioritures, Carole Trébor mène son lecteur de main de maître. A découvrir pour s’émerveiller et découvrir un nouvel univers : celui de la Russie ainsi que la passion de la peinture le tout avec un soupçon de magie…

La suite des aventures de Nina vient d’ailleurs de paraître le 10 janvier dernier sous le titre : Le Souffle. Le troisième tome est quand à lui prévu pour mai 2013.

Nina intégrale trilogie

Chronique : BZRK – tome 1

BZRK - Tome 1Bienvenue dans le monde incroyable et repoussant du corps humain à l’échelle nano…

 Nouveau roman événement de Michael Grant, BZRK est une trilogie dont le premier tome vient de paraître aux éditions Gallimard Jeunesse en septembre dernier. Michael Grant est un auteur mondialement connu pour sa série pour adolescents Gone (cinq tomes, série en cours, Pocket Jeunesse), il est le mari de l’auteure K. A. Applegate, avec qui il a écrit la série de sf pour la jeunesse Animorphs (Folio Junior) et Everworld (Gallimard Jeunesse).

Au programme, des nanotechnologies capables de prendre le contrôle de votre corps : un œil comme porte, et les nanobots font leur office en manipulant les nerfs de votre matière grise pouvant même aller jusqu’à vous rendre totalement fou…

Et pour ceux qui se le demandent, BZRK signifie berserk, une référence à la mythologie nordique (désigne des guerriers qui rentrent dans une fureur telle qu’elle les rend invincibles), on en sait guère plus à ce propos hormis que c’est sous ce nom que se regroupe ceux qui sont du bon côté de la barrière.

Mais c’est quoi les nanotechnologies exactement ?

Pour ceux qui ne sont pas familiers des sciences, une petite explication de ce que sont les nanotechnologies s’impose. En voici une définition : la nanotechnologie regroupe la recherche sur les principes et propriétés existant à l’échelle nanométrique, c’est-à-dire au niveau des atomes et des molécules (source : http://www.actu-environnement.com). Un des objectifs principaux des nanotechnologies est de créer des nanomachines.

Une fois ce postulat intégré, nous pouvons nous attaquer au monde créé par Michael Grant autour de ces technologies. Dans BZRK il existe deux types de robots, les nanobots (issus d’éléments biologiques) et les nanobots (issus de la pure mécanique). Ces machines sont le nerf d’une guerre à l’échelle mondiale.

En effet, le groupe BRZK lutte pour le libre arbitre et l’initiative individuelle alors que leur ennemi, les jumeaux Armstrong prônent une pensée unique et veulent créer un « homme nouveau » en manipulant le maximum d’individus par le biais des technologies nanos.

Un renouveau dans le young adult ?

Avec cette nouvelle série, Michael Grant frappe fort en nous proposant un tout nouvel univers. En effet, le thème des nanotechnologies n’a été que très peu utilisé en littérature mais on peut tout de même citer Isaac Asimov avec le voyage fantastique, ou encore destination cerveau.

L’univers nano qui nous est ici offert est violent, d’ailleurs, le corps s’appelle la viande pour les lignards, ceux qui manipulent les nanorobots, et cela quel que soit leur camp.

Si renouveau il y a, il réside uniquement dans la thématique abordée, car malheureusement, BZRK ressemble franchement trop à une énième lutte entre le bien et le mal. D’un côté, un mégalo richissime (les jumeaux peuvent-être considérés comme une seule personne car ils sont fusionnés) qui veut contrôler le monde et les pensées, de l’autre un regroupement d’irréductibles qui savent ce qui se trame en secret et luttent jusqu’à la mort.

C’est fort dommage, mais je n’ai pas l’impression qu’il y ait plus de profondeur derrière cette intrigue développée dans le premier tome. Cela est d’autant plus fâcheux que certaines scènes du roman restent mémorables, je pense notamment à celle de l’avion au tout début du roman, digne d’un film d’action, les images défilent dans la tête du lecteur pour donner une magnifique impression en fin de chapitre.

Au niveau des personnages, malgré un effort de développement, certains manquent tout de même de profondeur, notamment le fameux Bug Man, l’ado le plus doué pour manipuler un nombre de nanorobots impressionnant. Ses motivations, bien qu’expliquées, restent tout de même nébuleuses.  Il en est de même pour le jeune Noah Cotton, nouvelle recrue du BZRK, on comprend ses motivations, mais sans être totalement emballé.

En somme, ce premier tome de la série BZRK donne un tableau très mitigé. Le début était vraiment explosif et captivant, mais on glisse vite vers un terrain beaucoup plus connu, en particulier au niveau de la trame principale de l’histoire.

C’est très dommage aux vues de ce qu’aurais pu faire Michael Grant d’un univers encore vierge de toute œuvre du même genre ou presque… Affaire à suivre malgré tout avec le second tome, mais nous avons le temps, car il n’est pas prévu avant octobre 2013 Outre-Atlantique…

Chronique : Version Bêta – Tome 1

Version Beta 01Un futur aussi sombre que captivant… entrez dans un univers où le clonage humain est devenue chose commune…

Paru le 29 novembre dernier, version Bêta est la dernière publication en date de la collection R. Il s’agit d’une série contre-utopique prévue en quatre tomes écrite par Rachel Cohn. Ayant suivi des études politiques, puis souhaitant devenir journaliste, Rachel Cohn s’est petit à petit tournée vers l’écriture en s’inspirant des personnes de son entourage, c’est ainsi que son premier roman, Gingerbread, est paru…

Résolument futuriste, Version Bêta nous illustre les travers terribles d’une société où le clonage humain est possible… on y imagine aisément les pires dérives possibles pour ces fameux clones qui n’ont aucune existence légale aux yeux du monde, uniquement des devoirs envers leur possesseurs, et aucun droit…

Demesne : une île paradisiaque pour tous… ou presque

Elysia vient de naître, ou plutôt de se réveiller ; en effet, elle est un clone et a déjà l’apparence d’une jeune femme de dix-huit ans. Comme tous les clones, son original est le corps d’une personne morte, car il est impossible de créer un clone à partir d’un être vivant.

De plus, c’est une version bêta, un des premier modèles de clones adolescents, un véritable pas dans l’avenir du clonage qui à terme aimerais fournir des enfants clonés… Elysia est donc l’une des premières d’une nouvelle génération.

Comme les autres, elle est parfaitement éduquée, formatée, et ne peux ressentir aucune émotion, qu’elle soit positive ou négative. Elle n’existe que pour servir d’autres être humains. Mais la révolte gronde dans différents camps…

Un récit aux nombreuses surprises

Version Bêta use les ficelles bien connues du récit futuriste : haute technologie banalisée, îles artificielles ou tout est contrôlé (jusqu’à la couleur de l’eau et l’atmosphère)… les clones sont une spécificité de l’île de Demesne. Ils n’ont aucune existence légale ailleurs que sur ce petit bout de terre.

Tout au long du roman, nous suivons Elysia, et l’évolution de ses sentiments (qui ne devraient pas exister). De soumise et agréable, la jeune clone va commencer à avoir une opinion personnelle de sa condition et de celle des autres clones. Cette prise de conscience ne se faisant pas sans heurt, et la pression de sa famille adoptive se faisant de plus en plus oppressante…

Version Bêta prend ainsi peu à peu des allures de thriller, où il vaut mieux ne rien laisser paraître, sous peine d’être éliminée sans que personne ne sourcille face à une telle injustice.

De chutes en rebondissements, ce premier tome nous offre la joie de dévorer et non pas de lire. L’attente sera très longue pour l’arrivée du second tome, qui n’est pas encore paru non plus aux États-Unis.

Chronique : Vampire Academy – tome 6 – Sacrifice Ultime

Vampire Academy 06Un final majestueux comme ont les aime…

Richelle Mead est l’auteur de la série à succès Vampire Academy, mais pas seulement. Elle a également écrit la série Cygne Noir qui en est déjà à son quatrième tome en France dans la collection de poche Milady. Sa série Succubus n’est également pas en reste avec un sixième tome paru en juillet dernier chez Bragelonne. De plus, en octobre dernier sortait le premier tome de la série spin-off de Vampire Academy : Bloodlines, dont l’héroïne est cette fois-ci l’alchimiste Sydney.

Beaucoup d’actualité donc, pour cette auteure de bit-lit qui est loin d’avoir dit son dernier mot…

Un début explosif…

Quand nous commençons ce premier tome, Rose est derrière les barreaux… pour le meurtre de la Reine Tatiana. Les preuves l’accablent, qu’il s’agisse d’éléments matériels ou de témoignages. La machine de la justice est en marche et elle détruira Rose sur son passage.

Pour éviter la prison ou pire, la peine de mort, il n’y a qu’une seule solution : l’évasion. C’est ainsi que notre héroïne va se retrouver en cavale malgré elle, ses amis ayant tout orchestré dans le moindre détail.

…et un enchaînement de chapitres qui l’est tout autant

Dans ce dernier tome, peu de temps morts. Toutes les scènes ou presque sont imprégnées d’une tension et d’une vie presque palpable.

De chutes en révélations, difficile de ne pas lire à un rythme effréné cet ultime tome, partagés entre l’envie de tout découvrir le plus vite possible et le besoin de conserver encore un peu ces personnages et cet univers auxquels nous nous sommes attachés.

On peu qualifier ce dernier tome de magistral grâce à ses enchaînements et surtout sa montée en puissance au fil des lignes.

Certaines révélations peuvent être qualifiées de faciles, mais d’autres sont très surprenantes. De plus, les relations entre les personnages se complexifient encore plus, si c’est possible. C’est en particulier le cas pour le triangle amoureux Adrian/Rose/Dimitri… qui en sera la victime  collatérale ?

A plus grande échelle, Sacrifice ultime est aussi une conclusion concernant la politique des vampires Moroï après la mort de leur reine. Vont-ils suivre ses pas entre rigueur et équité ? ? Céder à la pression d’un petit nombre de puissants qui considèrent les dhampirs comme des moins que rien nés uniquement pour les protéger ?

Richelle Mead sait poser les bonnes questions et nous offre une série aux rouages universels. Car bien plus qu’un roman de bit-lit nouant avec romance et action, Vampire Academy est un cycle qui pousse à la réflexion son lecteur, l’obligeant à prendre en compte de nombreuses données. Des ficelles simples, mais diablement bien tirées sur les six tomes ! Un must read.

9/10

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Chronique ado : Jack Spark – Tome 1 – Eté mutant

Jack Spark 01

Vous allez devoir mettre à jour tout ce que vous pensiez connaître sur certaines créatures « merveilleuses »…

Écrit par l’auteur français Victor Dixen, Jack Spark est une saga fantastique assez déstabilisante. Empruntant à la fois aux codes historiques et fantastique que l’on connaît tout en en créant de nouveaux, vous n’aurez pas fini de redécouvrir ce que vous pensiez savoir. Ce livre a remporté le Grand prix de l’Imaginaire pour la catégorie Jeunesse Français en 2010.

Adaptée dès l’âge de quatorze ans, la saga est toutefois difficile à cerner… et donc à identifier dans un genre précis. On y retrouve un peu du Passage de Louis Sachar (dans l’ambiance) assemblé à de l’action, du fantastique, et une foule d’autre choses encore…

Composite mystérieux et étrange, une chose est sûre Jack Spark ne vous laissera pas indifférent…

Redrock : un camp de vacances pas comme les autres…

Quand nous commençons à suivre les pas du jeune Jack Spark, on se rend très vite compte que ses problèmes d’insomnie lui gâchent la vie. Vivant en marge de sa vie d’adolescent, il ne peut guère profiter de ce qui fait les plaisirs de son âge… sans compter son intolérance au soleil.

Pour remédier au mode de vie de Jack, ses parents ont la riche idée de l’inscrire dans un camp de vacances un peu spécial où sa passivité et son laisser-aller ne seront bientôt plus que de l’histoire ancienne : Redrock. Mais c’est sans compter sur l’étrangeté des dirigeants de ce camp on ne peut plus spécial… en particulier le Docteur Krampus…

Et choses étrange, le jeune Jack voit son corps se transformer et adopter d’étranges propriétés depuis qu’il est sur le camp… est-ce lié ?

Une ambiance à l’image d’une chape de plomb

Au fil des chapitres, l’atmosphère sur le camp est de plus en plus étrange, lourde de secrets et de non-dits. Les étranges et nouveaux « pouvoirs » de Jack commencent à lui faire peur, l’obligeant à parfois limiter ses rapports avec les autres… de plus, ses cheveux commencent à bleuir… mais qu’est-il en train d’arriver à Jack ? Difficile de croire qu’il ne s’agit que d’une évolution d’adolescent normal.

En parallèle à ces étranges mutations, Jack va tout de même se lier d’amitié avec quelques personnes au sein du camp qui vont prendre peu à peu une grande place dans sa vie et dans son cœur, il y a tout d’abord la belle Sinead, naturelle, courageuse, forte, elle incarne une femme en devenir dans toute sa splendeur. Ensuite, il y a Josh et Ti-Jean, deux ados qui vont constituer le noyau dur du cercle d’amis de Jack au fil des chapitres.

Mais le gros point  fort de ce premier opus, c’est le mystère qui entoure le camp. Victor Dixen dissémine avec art de nombreux indices où le lecteur cernera certains éléments sans en saisir le puzzle entier. Ainsi le mystère de la bassine de thérapie s’épaissit, de même que l’absence de sel dans tous les repas du camp…

Autre atout qui m’a personnellement convaincue, le fait de mélanger des personnages ayant réellement existé pour appuyer la mythologie monstrueuse crée par l’auteur. Ainsi découvrirez-vous au gré des pages ce que faisait réellement le scientifique Faraday avec sa fameuse cage de… Faraday, pourquoi l’Absinthe est-elle appelée la Fée Verte et ce que sont réellement les changelins.

En conclusion ce premier tome est une véritable réussite : original, sachant maintenir le suspense et revisitant complètement la mythologie merveilleuse, Le Cas Jack Spark est un véritable coup de cœur ! (hormis la couverture que je trouve peu engageante… il faut passer outre !).

 

Chronique : Nosferas – Tome 1

Nosferas

Des vampires qui manquent cruellement de mordant…

Premier roman de l’auteur allemand Ulrike Schweikert paru en France, Nosferas est sorti en début d’année aux éditions Albin Michel dans la collection Wiz. Il s’agit du premier tome d’une série mêlant historique et vampirisme.

Discorde au sein des clans

La race des vampires menace de s’éteindre si les dissensions persistent entre les différents clans, chacun venant de tous horizons de l’Europe. Pour survivre, ces derniers devrons faire preuve de patience, mais aussi de respect les uns envers les autres, ce qui est loin d’être gagné.

Entre les clans hautains qui se comportent comme des princes et ceux plus modestes dont le mode de vie est plus simple, il y a tout un monde, et surtout une grande incompréhension.

Pour leur survie, les différents clans décident alors de s’associer. Un jeune vampire de chaque communauté est alors envoyé à Rome pour parfaire leur éducation et surtout développer leur sens de la survie… Mais c’est sans compter sur le mystérieux cercle des Masques Rouges, une société secrète qui sévit à Rome dans le but d’exterminer tous les vampires.

C’est dans cet univers qu’évolue la jeune vampire Alisa avec ses autres compagnons. Une histoire aux allures de cour d’école pour jeunes vampires sur fond de secrets politiques et religieux…

Un roman peu immersif qui manque de rythme

Nosferas ne fait malheureusement pas partie des romans qui marquent. L’écriture, bien que sympathique ne réussit pas à nous immerger dans le monde d’Alisa. L’intrigue quand à elle met un temps trop long à se mettre en place, laissant la place de grosses longueurs.

Certaines idées étaient cependant intéressantes : les cours à destination des vampires pour fuir les pouvoirs des objets sacrés de l’Eglise, comment attraper une proie sans qu’elle ne se souvienne de quoi que ce soit…

Mais malgré les nombreux efforts de l’auteur, les personnages, trop nombreux, ne parviennent pas à devenir attachants : trop peu caractérisés, au tempérament assez terne, on ne parvient pas à s’attacher assez pour les considérer autrement que comme des personnages.

En conclusion, Nosferas est un (trop) long roman qui s’essouffle rapidement à cause de son manque d’originalité et de piquant. Il ne saura séduire que difficilement son lecteur, dommage, l’idée était séduisante…

3/10

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Chronique : Quelques minutes après minuit

Quelques minutes après minuit

Une œuvre bouleversante est sublime qui offre une autre vision de la maladie.

Patrick Ness est un auteur pour ados qui a déjà connu un franc succès avec sa trilogie Le chaos en marche (Gallimard Jeunesse/Pôle Fiction). Quelques minutes après minuit a une histoire particulière, les circonstances de sa création étant différentes de ce qu’elles auraient dû être.

En effet, l’idée de ce roman vient de l’auteure anglaise Siobhan Dowd. Cette dernière, emportée par le cancer n’a pas eu le temps de développer son œuvre. Ses personnages étaient déjà créés, elle avait déjà une ébauche d’histoire… Cet ouvrage aurait été son cinquième. C’est dans ces circonstances que Patrick Ness s’est vu proposé l’écriture du roman en faisant un hommage à cette auteure hors du commun dont les œuvres ont influencé les lecteurs anglais…

Ce roman est donc l’occasion de découvrir à la fois la magnifique plume de Patrick Ness, mais aussi une auteure à l’œuvre fascinante (tous ses ouvrages ont étés traduits en France). Les illustrations aussi sublimes qu’inquiétantes sont quand à elles signées Jim Kay. Son travail est grandement influencé par son expérience passée dans les Jardins botaniques royaux de Kew.

 La vie est un cauchemar…

Jeune sans histoires, Connor est un garçon qui voit la vie s’acharner sur lui sous toutes ses formes possibles : la séparation de ses parents, le harcèlement à l’école, la maladie à la maison… en effet, la mère de Connor est atteinte du cancer.

Ainsi, chaque journée est un combat aussi bien pour sa mère que pour lui. Surprotégé par ses professeurs, Connor en ressent une injustice maladive, lui qui voudrait être traité de la même manière que tout le monde.

Mais une nuit, sa vie se retrouver bouleversée par une rencontre aussi extraordinaire qu’inattendue. A minuit sept, le monstre arrive, sorte d’arbre humanoïde. Connor n’a pas eu peur, il était plutôt curieux. En effet ce monstre expose rapidement une requête très étrange au jeune homme : il lui racontera trois histoires, à l’issue desquelles Connor devra raconter la sienne : la vérité.

Connor ne voit pas du tout de quoi veux parler le monstre de branches, ou du moins fait semblant de ne pas comprendre. Mais inexorablement, au fil des nuits qui passent, le monstre lui conte ses trois histoires à la morale étrange… viendra bientôt le moment pour Connor de conter la sienne…

Un conte contemporain sublime et poignant

Loin de laisser indifférent, la descente aux enfers de Connor ne peux que toucher son lecteur avec un récit de vie aussi cruel que réaliste.

Les contes du monstre et leur sens caché sont singuliers par leur beauté et leur conclusion étrange pour qui ne lit pas entre les lignes. Car ces histoires étranges sont au final une façon de nous montrer que le bien et le mal ne sont que très rarement dissociables, tout comme va nous le montrer l’histoire de Connor.

Les personnages qui vivent sous la plume de Patrick Ness sont d’une humanité extrême, leurs faiblesses n’en étant que plus belles. De la mère de Connor, souriante mais « un peu fatiguée par ses traitements », à sa grand-mère, que l’on pourrait prendre une femme tyrannique et détestable mais qui est juste aussi perdue que Connor, voir plus.

Enfin, la façon qu’a le fantastique de s’immiscer dans le normal le plus sordide et le plus déprimant est absolument extraordinaire. Le tour de force étant certainement d’avoir créé un conte contemporain qui trouve sa solution dans la vie de tous les jours…

En conclusion, Quelques minutes après minuit est plus qu’un indispensable, c’est un futur classique qui a de quoi marquer des générations de lecteurs adolescents et adultes par sa force et sa simplicité. Un roman sur le courage et l’acceptation qui s’inscrira dans la durée. Sublime.

Quelques minutes après minuit inside 01

Chronique : Starters – tome 1

Starters - tome 1

Une dystopie effrayante où la location de corps est aussi courante que celle de voitures…

Petit nouveau dans le monde de la dystopie, Starters a été écrit par l’américaine Lissa Price, scénariste de métier. Elle a écrit des programmes pour la jeunesse et la télévision. Starters a été son premier travail d’écriture destiné aux jeunes adultes.
Paru en France en mars dernier dans la collection R (collection de Robert Laffont destinée aux jeunes adultes), la série comptera deux tomes au total.

Prime Destination : l’entreprise qui vous fera retrouver votre jeunesse grâce à celle des autres…

Suite à la propagation d’un virus mortel, la population n’a vu survivre que ses extrêmes : les jeunes et les plus âgés, créant par la suite une société plus sombre que la précédente…
Les plus jeunes sont nommés les Starters, les plus anciens, les Enders. C’est dans ce nouveau monde que vit la jeune Callie. Jeune est synonyme de pauvre dans ce monde où les Starters n’ont aucun droit : ni celui de travailler, ni celui de voter. Si ils veulent « gagner leur vie » ils doivent travailler en passant par des systèmes souterrains et non officiels jusqu’à atteindre enfin leur majorité… s’ils y parviennent.
C’est ainsi que Callie a décidé de louer son corps à Prime Destination, pour gagner beaucoup d’argent en peu de temps et ainsi mettre à l’abri son fragile petit frère.
Mais les termes du contrat signé par Callie sont flous, trop pour qu’elle puisse savoir à quoi s’attendre à la suite de la location de son corps…

Un thriller futuriste au rythme effréné

La pression constante à laquelle sont soumis les Starters pousse les lecteurs à regarder tous les personnages que croise Callie come des ennemis potentiels. Tout est hostile dans cette nouvelle société américaine de l’après-guerre, en particulier devant les plus démunis.
Cependant, certains éléments qui sont la base même de cette nouvelle société sont un peu flous. Lissa Price n’explique que très vaguement pourquoi les Starters on aussi peu de droits au regard de la loi comparé à leurs aînés. La persécution des Starters n’est quand à elle pas du tout expliquée, laissant un trop gros flou dans l’intrigue qui s’avère gênant par certains moments.

Hormis ce point noir, l’intrigue est menée de main de maître. On sent l’expérience de scénariste de Lissa Price dans les enchaînements d’actions et de révélations. L’écriture est vive, haletante, comparable à un véritable film d’action dans ses enchaînements. On s’imagine facilement une adaptation sur grand écran de l’œuvre.

En conclusion, Starters est un très bon roman young adult qui pourra plaire à un très large public. Il conviendra aussi bien aux amateurs d’action et de suspense qu’aux fans de dystopies diaboliques. On y retrouve des personnages forts, bien campés auxquels on s’attache rapidement. Et retenez bien une chose, le monde ultra technologique de Starters n’est pas ce que vous croyez… il est pire.

Enfin, si vous avez une tablette numérique, vous pourrez lire en exclusivité et gratuitement la nouvelle inédite liée à Starters : Portrait d’un Starter, elle est notamment sur le site de vente en ligne Amazon.

Chronique : Phænix – Tome 1 – Les cendres de l’oubli

Phaenix 01Un triangle amoureux sur fond de musicalité et de mythologie…

Carina Rozenfeld est une auteure française dont les écrits ont toujours un lien avec le fantastique. Elle a notamment écrit la trilogie Les portes de Doregon (L’Atalante Jeunesse), Les clés de Babel (Syros) et La Quête des livres-monde (L’Atalante Jeunesse). Elle écrit également régulièrement des scénarios de dessins animés pour la jeunesse.
Publiée dans la collection R (collection destinée aux ados de Robert Laffont), sa nouvelle série Phænix comptera deux tomes et reprend de façon contemporaine le mythe d’Eros et Psychée.

Un quotidien parsemé de petites touches d’étrange…

Anaïa Heche viens de quitter Paris pour le sud de la France… une nouvelle vie s’annonce pour elle. Ses parents viennent de reprendre la maison familiale à la suite de la disparition de ses grands-parents. La reprise de la maison familiale implique non seulement un déménagement pour Anaïa, mais aussi un changement profond de mode de vie.
Ainsi la jeune fille va-t-elle faire la rencontre de nouvelles têtes. Elle va retrouver une amie d’enfance, se nouer d’amitié avec un garçon aussi beau que Chris Hemsworth (acteur qui joue le rôle de Thor) et en rencontrer un autre aussi désagréable que mystérieux et attirant…

En parallèle à cette nouvelle vie, Anaïa voit sa vie se parsemer de petites touches subtiles de surnaturel peuplé des rêves étranges, et de grains de beauté mystérieux…

Une atmosphère unique, ou musicalité et sensualité se nouent…

Anaïa a la particularité d’être une violoncelliste de grand talent, son art va ainsi l’amener à intégrer un groupe de rock composé d’amis de la fac. Et c’est dans ce groupe que joue également le sombre Eidan : taciturne, secret, mais aussi fascinant, Anaïa ne sait que penser du jeune homme… d’autant que son opposé sur tous les plans, le très beau Enry est également très attirant.

Petit à petit, les affinités se créées, se développent et la musique aidant, Anaïa va s’épanouir en découvrant une nouvelle façon d’aimer son art. En effet, avant de rencontrer Eidan, Anaïa n’avait jamais songé à faire autre chose que de la musique classique, cantonnée qu’elle était à son art dans sa version la plus traditionnelle.
C’est ainsi que l’on découvre la magie simple et extraordinaire de la musique à travers des chansons telles que : I’m in here et Breathe Me de Sia, ou encore You are mine de Mute Math. Les descriptions des chansons sont d’une justesse rare, les sentiments de magnificence et d’amour trouvant leur place naturellement.
Le ressenti de la narratrice, et par extension de l’auteure (qui a fait pendant de longues années de la musique) sur certains morceaux est transposé avec passion, de quoi donner envie de découvrir ces magnifiques morceaux si ça n’est pas déjà le cas (Il y a d’ailleurs une playlist de chansons et musiques citées à la fin de l’ouvrage, à écouter ans modération durant la lecture !).

En conclusion, le triangle amoureux qui nous est décrit dans Phænix a beau être très classique, il est efficace grâce à son ambiance et son atmosphère feutrée. Carina Rozenfeld use encore une fois de sa plume à la fois lyrique et efficace pour nous transporter vers d’autres mondes, parfois très proches du notre…

8/10

Pour les petits curieux qui trouveraient la couverture magnifique et qui voudraient en savoir plus, la photographie est signée par le photographe français Olivier Valsecchi et est tirée d’une série de tirages s’intitulant très justement Dust.