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Actualité éditoriale : Les nouveautés de fin d’année de la collection Exprim’

L’éditeur pour adolescents Exprim’ nous proposera à la rentrée trois nouveautés ; petit zoom pour voir ce qui nous attend…

No man’s land de Loïc Le Pallec :no man's land

Des robots au programme ? Pourquoi pas ! En tout cas, l’éditeur nous promet un roman inoubliable avec une conclusion en forme de twist, alors, forcément nous sommes tentés. Affaire à suivre de près prochainement sur le site !

Quatrième de couverture : Après la catastrophe qui a annihilé l’humanité, ils se sont retrouvés dans cette petite ville déserte, berceau de leur origine commune. Hier encore, ils n’étaient que des robots ; mais ils se découvrent capables de penser et même… de ressentir des émotions. Que vont-ils bien pouvoir faire sur cette Terre désertée ?

S’interroger, bien sûr, à propos de ce qu’ils croient éprouver, car un robot peut-il prétendre échapper à sa programmation ? Peut-il apprendre à vivre en communauté, créer, rire et qui sait ? à aimer ?

C’est toutes ces questions que vont se poser Archi, le robot biblio qui tient le journal des événements, le turbulent Meph, Domo le colosse, Nobel, Cérébro, Eliza et les autres. Qui sont-ils et pourquoi se trouvent-ils réunis dans cette agglomération oubliées au milieu des terres dévastées ?

Je suis sa filleJe suis sa fille de Benoît Minville :

Quatrième de couverture :

 » – Hugo, si on racontait notre histoire, on dirait quoi ?

– Faudrait d’abord parler de ton père, Joan. Ce mec qui t’a élevée sur fond de hard rock et de westerns. Et puis de ce que le Grand Capital l’a poussé à faire – braquage foiré et hosto entre la vie et la mort.

– Oui, et ensuite… de ce que j’ai décidé de faire. Tuer le grand patron.

– Avec ton meilleur ami pour compagnon de voyage. Allez simple Pontoise-Nice sur la Nationale 7, à bord d’une Ford mythique. Une arme, terrifiante, dans la boîte à gants.

– On raconterait ça : notre road-trip aux couleurs de cette vie bizarre, la France du JT, l’aventure, la vraie, l’amour qui débarque sans frapper.

– Hey Joan, n’ayons l’air de rien, et vivons ! « 

Zelda la rougeZelda la rouge – Martine Pouchain

Ce nouveau roman de Martine Pouchain (qui avait déjà écrit La ballade de Sean Hopper, Traverser la nuit ou encore Chevalier B. chez Exprim’) nous semble prometteur. Sur fond de vengeance et de remords, une histoire d’amour balbutie…

Quatrième de couverture : Deux sœurs habitent une grande maison avec des colocs. Zelda, 16 ans, est en fauteuil roulant depuis qu’une voiture l’a renversée, enfant ; l’aînée, Julie, veut la venger. Ne pense qu’à ça – retrouver le chauffard. Zelda, pleine d’énergie et de passion, se destine à la politique. Julie, elle, a sacrifié ses études, se joie de vivre, pour subvenir à leurs besoin. Aide-soignante dans une maison de retraite, elle a parfois des visions prémonitoires et les morts viennent lui parler.

Et puis Baptiste s’immisce dans leur paysage. Charmant, prévenant, il se rend indispensable dans leur cohabitation libre et foldingue. Julie, qui n’a fait que lui manifester son agressivité, s’aperçoit qu’elle est irrésistiblement attirée par lui. Mais comment vivre – vivre un amour – dans la vengeance ?

Actualité éditoriale : Les nouveautés Bayard Jeunesse pour la fin d’année 2013

L’éditeur Bayard est moins connu pour ses publications destinées aux adolescents, et pour cause : comparé aux éditeurs tels qu’Hachette, Gallimard et autres, Bayard en publie beaucoup moins. Cela n’empêche pas l’éditeur d’avoir une collection pour adolescents reconnue (Millézime), aux titres peu nombreux mais très qualitatifs. L’éditeur publie également de nombreux romans pour les 10-13 ans sans nécessairement les regrouper sous une collection particulière.

Ainsi, allons nous vous présenter une toute petite partie du programme de fin d’année de l’éditeur, et de jolies choses sont à venir… et cela pour tous les âges.

Mystères à chaque étage 01 usMystères à chaque étage – Patrick Carman – Bayard, collection Estampille

L’auteur des séries interactives pour adolescents Skeleton Creek et Trackers revient avec cette fois-ci une série pour les jeunes lecteurs entre 9 et 12 ans dans un registre policier. Pour le moment, deux tomes de la série sont parus aux Etats-Unis (Floors en V.O). Le troisième tome sortira là-bas en septembre prochain.

Pas d’autres informations pour le moment, mais c’est avec plaisir que nous attendons au tournant cet auteur qui se lance sur une tranche d’âge plus jeune.

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Le faux prince 01 ukLe faux prince – Tome 1 – Jennifer A. Nielsen

Premier tome d’une nouvelle série en trois tomes, (The ascendancy trilogy), le Faux Prince nous emmène dans un univers moyenâgeux. Intrigues de cour sur fond de fantasy, nous découvrons un royaume qui vient de perdre son roi, sa reine… et leur héritier, le prince. Plusieurs jeunes garçons vont devoir se concurrencer pour remplacer le jeune prince mort, tout cela dans le plus grand secret. Les plus ressemblants au défunt prince vont se vouer une lutte sans merci aux aspects parfois cruels…

Ce roman à l’intrigue accrocheuse donne envie d’en savoir plus, et notre curiosité sera assouvie dès octobre prochain !

Le faux prince est un coup de cœur des éditions Bayard, et l’éditeur en reparlera très certainement très prochainement. Une option a même été posée pour une possible adaptation au cinéma par le producteur de la série télé à succès Game of Thrones.

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A midsummer night's screamUn nouveau roman de R.L. Stine pour les ados…

L’auteur de la série à succès Chair de Poule revient en force, mais cette fois-ci avec un roman destiné aux adolescents, dès 14 ans environ.

Son titre original : A midsummer night’s scream, référence à l’œuvre de Shakespeare A midsummer night’s dream (Le songe d’une nuit d’été en français), le titre du roman en français n’est pas encore annoncé.

Tout ce que l’on peut en dire (et deviner), c’est que l’auteur retourne à ses sujets de prédilections mélangeant horreur et suspense….

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Wunderkind couverture photoWunderkind – La pièce d’argent – D’Andrea G.L.

Cette nouvelle série mérite une attention toute particulière pour plusieurs raisons : tout d’abord il s’agit d’un premier roman (cela arrive régulièrement, certes), traduit de l’italien (fait plus original), et enfin, il appartient au genre de la dark fantasy (intrigué ?).

L’éditeur ne conseille pas avant l’âge de 16 ans l’ouvrage, c’est dire s’il est sombre. On découvre un Paris très différent de celui que l’on connaît : sombre, inquiétant, allant même jusqu’au glauque. C’est dans la capitale que se trouve le Dent de Nuit, un quartier mystérieux…

Les monstres font parti du quotidien dans ce nouvel univers, vous ferez ainsi la connaissance des vermoulus : faits de pain rassis, d’ailes de mouches et de moisissures, leur baiser est fatal. Les phobiques : sortes de cadavres qui ont le pouvoir d’altérer la réalité, et une foule d’autres créatures encore ; Calibans, Cagoulards…

Wunderkind 02 itSortie en librairie le 19 septembre prochain, soyez prêts…

Quatrième de couverture : Une lutte brutale et sauvage contre les forces du mal dans un quartier parisien (le Dent de Nuit) mi-fantastique, mi-réaliste où coexistent d’horribles monstres et des hommes prêts à tout pour protéger Caius le Wunderkind.

Chronique : Ferrailleurs des mers

Ferrailleurs des mers 01Second roman de l’auteur américain Paolo Bacigalupi traduit en France, Ferrailleurs des mers (Ship Breaker en langue originale) est une série en deux tomes destinée aux adolescents. Le roman a remporté de prestigieux prix Young-Adult Outre-Atlantique dont le Prix Hugo et le Prix Nebula. Le second et dernier opus sortira en novembre 2013 sous le titre Les cités englouties.

Le premier roman de Paolo Bacigalupi, la Fille Automate avait fait grand bruit sur la scène sf en remportant également de nombreux prix littéraires d’importance.

Une ère d’ossements de métal et de misère… 

 Nous sommes à la fin du XXIème siècle, et le monde ne ressemble plus à rien de connu suite à une pénurie de pétrole et de nombreuses catastrophes naturelles. Dans ce monde post-apocalyptique, Nailer est un ferrailleur, il travaille jusqu’à l’éreintement à arracher d’anciens câblages sur des squelettes de pétroliers. Les compagnons de Nailer sont comme  lui : fatigués, souvent affamés et en proie aux quotas et délais toujours plus difficiles à tenir.

 Tous ne rêvent que d’une chose, d’être un jour Lucky Strike, un homme qui a trouvé par hasard assez de pétrole pour devenir le maitre de la plage et s’élever au-dessus de sa condition… Mais ces rêves d’opulence et de confort sont pénibles à atteindre, comme Nailer ne va pas tarder à le comprendre le jour où il pense devenir lui aussi un Lucky Strike en découvrant un riche voilier échoué… A qui faudra-t-il faire confiance pour récupérer cette fortune qui dort sans éveiller les soupçons ?

SHIP-BREAKER-riUn univers sombre, sale et cruel

Ferrailleurs des mers est un roman âpre et dur, à l’image d’un futur où la société voit ses écarts sociaux plus marqués que jamais. Nous n’avons que la vision de la partie démunie de cette société, et elle est atroce. La misère pleine de rouille que nous dépeint Paolo Bacigalupi prend de nombreuse formes : maladie, alcool, drogue, exploitation, pressions en tout genre, c’est à la loi du plus fort…

On est oppressé par la tension constante d’un univers où tout peu basculer d’une seconde à l’autre selon les lubies de certains individus louches et dangereux… Sans savoir réellement où nous nous rendons, nous suivons donc Nailer, notre héros qui ne sait pas lui-même de quoi il part en quête… du moins au début du roman !

Bien que décrit avec efficacité, l’univers de Ferrailleurs des mers reste assez flou. On comprend les grandes lignes qui régissent cette société délitée, mais elles restent ténues. J’espère donc que le second tome saura répondre à toutes les questions sous-jacentes du premier.

 

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un bon livre, fouillé, y compris au niveau des prénoms des personnages (nailer veut dire clou en anglais) et dont la grande force réside dans la pression constante à laquelle est soumise le lecteur. On appréciera également les nombreuses références au monde de la piraterie, qui collent parfaitement à l’ambiance dépeinte tout le long du roman.

A conseiller dès 14 ans, pour tous les amateurs du genre post-apocalyptique, mais aussi les autres !

Actualité éditoriale : Les sentinelles du futur, le nouveau roman de Carina Rozenfeld à découvrir le 5 septembre prochain !

Les sentinelles du futur (couverture provisoire)Carina Rozenfeld a une actualité très dense en 2013, la preuve avec la sortie d’un nouveau roman de sa plume en septembre : Les sentinelles du futur.

A paraître aux éditions Syros dans la très qualitative collection Soon, il s’agit d’un one-shot de science-fiction destiné aux lecteurs dès l’âge de 13 ans environ. Voyages dans le temps et modifications temporelles sont au programme, et on a hâte ! En voici déjà la couverture (encore provisoire, mais ça donne une idée du style graphique, original et esthétique).

Quatrième de couverture : 2359. La Terre est à l’agonie. Les erreurs passées de l’humanité l’ont menée au seuil de sa propre disparition. Pourtant, à New York, les Sentinelles du Futur, une poignée de femmes et d’hommes habilités aux voyages temporels, l’ont promis : l’avenir est radieux, il faut y croire, ils l’ont vu de leurs propres yeux. Mais cet Espoir auquel s’accroche l’humanité est brutalement anéanti quand les Sentinelles du Futur reviennent d’une de leurs missions avec ce terrible message : dans trois cents ans, des extraterrestres attaquent la Terre, une Terre sans défense car pacifiée. Le Passé pourra-t-il alors sauver le Futur ?

Chronique : Black Eden – Tome 1

Black Eden - tome 1Une fois n’est pas coutume ce roman ne nous vient pas des États-Unis ou d’Angleterre, mais d’Espagne ! Avouons qu’avoir des traductions d’autres pays change un peu de ce que l’on peut croiser très (voir trop) régulièrement dans le paysage éditorial.

Avec Black Eden dans la collection Macadam, Milan se lance dans une grande série : huit tomes parus en Espagne (contre deux en France), vous voilà prévenus. Écrite par Ana Alonso et Javier Pelegrín, Black Eden n’est pas la seule saga écrite par le duo.

Avec un premier tome totalement inclassable, préparez-vous à entrer dans le monde de Black Eden, où les apparences sont trompeuses….

De l’ADN comme passeport pour une vie meilleure

Dans la société où vit Martin, tout est contrôlé, surveillé, géré par les autorités. Durant un cours de biologie, le jeune homme est amené à se prélever un peu de sang afin d’apprendre à faire des analyses simples… mais il y a deux choses qu’il ignore : le matériel de biologie de l’école est relié aux bases de données des autorités en place ; et…son sang est l’une des choses les plus précieuses au monde car son système immunitaire est inviolable.

Autant dire que l’une des plus grosses entreprises pharmaceutiques du monde ne le laissera pas en paix avant de l’avoir « recruté » comme cobaye de gré ou de force…

Mais qui dirais non à une vie entière sur une île paradisiaque en échange de quelques examens sanguins quotidiens ?

Etrange, fascinant et définitivement hors des sentiers battus

Publier Black Eden, c’est un joli petit pied de nez aux titres qui sortent et se ressemblent dernièrement dans le de l’anticipation et/ou de la dystopie. Cette nouvelle série apporte une fraicheur bienvenue en ces temps où le conformisme semble faire loi.

Dans cette société totalitaire où les états ont étés remplacés par des corporations tentaculaires surpuissantes, Martin ne fait guère le poids et va donc exécuter ce qu’on exige de lui.

Nous nous retrouvons donc sur la fameuse île paradisiaque dont certains rêvent mais qui n’en a que l’apparence…

Nous découvrons rapidement que Martin n’est pas le seul à faire les affaires de la grande entreprise pharmaceutique l’ayant recruté. Ainsi faisons-nous la connaissance de Cassandre, Selena et Josh, des jeunes particuliers et réservés qui vont devoir apprendre à faire confiance au nouveau venu.

Au fil des jours qui passent, Marin va remarquer une foule de petites choses étranges qui seules ne semblent rien signifier de particulier, mais qui une fois mises bout à bout vont révéler un tableau effrayant.

Le plus génial, c’est de découvrir ce premier tome, de le lire, et de se rendre compte au fil des pages que ce que l’on prenait pour un roman de science-fiction assez traditionnel est en fait beaucoup plus que cela. Pour les plus curieux, il est toujours possible de regarder ce que signifie le titre original de la série : La llave del tiempo… !

Black Eden - tome 2Immersif et très surprenant, le voyage que vous ferrez à travers ce premier opus ne vous laissera pas indifférent.  Vous serrez plutôt songeur et terriblement curieux d’en apprendre plus sur le parcours de ces adolescents à l’organisme hors du commun et aux origines nébuleuses.

Chronique du second tome de Black Eden – La sphère de la Méduse ici.

Chronique : Nox – Tome 2 – Ailleurs ?

Nox - tome 2Baisser de rideau sur un univers cruel et captivant qu’il est difficile de quitter…

Second et dernier tome de la courte série Nox d’Yves Grevet, nous retrouvons les personnages appartenant à un monde aux allures d’apocalypse, aussi bien au niveau écologique que social.

Ainsi rejoignons-nous Lucen, Firmie, Ludmilla et Gerges… les événements s’entremêlent pour nous amener lentement vers une fresque finale mémorable.

De retour dans la Nox poisseuse…

A la toute fin du premier tome nous quittions Lucen en très fâcheuse posture : dénoncé à la police par ses propres parents, son amie Firmie en début de grossesse et personne pour les aider…

A peine débuté, le roman nous entraîne dans les coins les plus dangereux de la Nox : dans des forêts où sont exploités les condamnés à mort. Avant d’être exécutés, ces derniers doivent effectuer des travaux forcés (et souvent mortels) pour permettre à ceux d’en haut d’être alimentés en gaz. Les plus « chanceux » voient leur temps de travaux allongés et leur échéance vers le mort reculée, c’est ce qu’essaye de faire au maximum Lucen, qui doit à tout prix rejoindre Firmie, en début de grossesse.

La vie n’est pas rose non plus pour Gerges, ancien meilleur ami de Lucen, qui ressent de plus en plus le besoin d’exister à travers les yeux de son père, mais semble jamais y parvenir. Ce cercle infernal le pousse à prendre une voie de plus en plus sombre pour enfin trouver grâce à ses yeux…

Pour Ludmilla, la jeune fille vivant en haut, loin de la Nox, au contraire de ce que l’on pourrait croire, son existence est elle aussi menacée. Ses actions contre l’ordre établi ont été remarquées par les deux camps et ces derniers comptent bien se servir d’elle du moment que cela sert leur cause.

Beaucoup d’oppression pour les personnages, mais aussi pour le lecteur. Il est vraiment très difficile de décrocher de ce dernier tome de Nox, vous voilà prévenus….

Intrigues et faits imbriqués pour un tableau remarquable… et grave

Tout au long de ce second tome, en passant d’un chapitre à l’autre (et donc d’un personnage à l’autre) on n’est happé au point d’en oublier tout ce qui se passe autour de nous. Complètement captivé par les risques de mort permanente de Lucen, les risques encourus par Firmie pour s’en sortir et donner une chance de vivre à leur futur enfant…

La construction du roman mérite elle aussi une attention toute particulière. En effet, Yves Grevet a réussi à créer une intrigue où tout fait a une influence sur le destin d’un autre personnage, le tout en étant crédible. Terriblement crispant et diablement efficace.

Il faut en convenir, Nox nous fait avoir une fascination malsaine sur le pire de la nature humaine (en particulier dans le premier tome avec le personnage de Gerges, dont on voit la descente aux enfers, mais ça n’est pas le seul) : impossible de détacher les yeux vers ces suites de misères qui tombent sur les différents protagonistes.

Magnifiquement sombre, Nox est un portrait à l’acide d’une possible société future si l’on en vient à être extrêmement pessimiste (ou réaliste et un tant sois peu imaginatif ?). Il sublime la moindre action dénuée d’intéressement. Heureusement, la furieuse envie de vivre de ces héros nous donne à nous aussi un certain regain d’optimisme.

Sublime, touchant, magnifique, les superlatifs manquent tant ce livre est pour moi une réussite. Il a réussi à m’emmener ailleurs, au point d’en oublier le reste, et pour cela, bravo !

9.5/10

Chronique : Confusion

ConfusionUn très bon huis-clos psychologique qui tient en haleine jusqu’à l’ultime page

Cat Clarke est une auteure de nationalité britannique, son premier roman, Confusion (Entangled), son premier roman, a rencontré un franc succès en Angleterre à sa sortie. Depuis, elle se consacre à l’écriture de romans pour les jeunes adultes.

Confusion nous conte l’histoire de Grace, une adolescente avec qui la vie n’a pas été facile. Sa façon à elle de vaincre les angoisses et les problèmes : se taillader. Mais jusqu’où peut-on aller pour vouloir aller mieux en se faisant mal ?

La douleur, seul moyen d’expurger ses sentiments

Mais que s’est-il passé dans la vie si courte de Grace pour qu’elle décide un jour de prendre une bouteille d’alcool et un couteau et d’en finir pour de bon ? Cette explication, vous la trouverez tout au long de l’ouvrage, distillée.

Mais avant toute chose, il faut savoir que la terrible résolution de Grace va trouver un obstacle en la personne d’Ethan : mignon, sympa… et kidnappeur. Il va enlever Grace et la laisser seule dans une pièce d’un blanc immaculé. Sa seule échappatoire dans cette pièce, des feuilles et des crayons pour mettre sur le papier ses pensées, ses désirs… et peut-être aussi se confesser ?

Bien traitée par celui qui l’a enlevée : nourrie, lavée, soignée, Grace commence à se demander quel est le but des agissements d’Ethan…

Une confession sur le papier douloureuse…

Quand Grace commence à écrire pourquoi elle en est arrivée là, tout disparait autour d’elle. La pièce d’un blanc immaculé s’efface au profit d’un récit aussi poignant que déstabilisant…

Tout commence avec une histoire d’amitié, deux copines qui se disent tout. Toutes deux ont des vies très différentes : Grace à perdu son père jeune et ne vit qu’avec sa mère, tandis que Sal a une famille heureuse, et surtout normale. Mais peu à peu, la distance s’installe entre elles au fur et à mesures que les non-dits prennent place… jusqu’à l’irréparable.

Comme vous le constaterez au fil de la lecture, Confusion porte très bien son nom. Entre la faiblesse psychologique de Grace et son cloisonnement dans la pièce d’Ethan, on réalise peu à peu que certains indices parsèment le roman pour nous offrir deux portraits différent de notre « héroïne ». Certaines scènes font également penser à un roman d’Haruki Murakami : Le passage de la nuit, où l’une des héroïnes est également cloisonnée dans une pièce pratiquement vide avec la même interrogation : Comment en sortir ? Quelle est la leçon à tirer de cet enfermement ? Quel en est le but ?

Enfin, on apprécie le petit twist de fin, qui selon la façon dont on perçoit le roman, peu s’interpréter de deux façons différentes. Une conclusion relativement bien pensée, même si elle n’est pas extraordinaire, elle s’apprécie.

Pas de fantastique à proprement parler donc dans ce one-shot, mais plutôt une utilisation ambiguë des mots et expressions pour mieux « tromper » le lecteur. Si vous êtes accro des histoires d’adolescentes à la fois sombres et tragiques qui misent tout sur le suspense, Confusion sera parfait pour vous. Une descente aux enfers aussi captivante que dérangeante aux accents de thriller.

En tout cas, le style simple et direct de Cat Clarke plonge vite le lecteur entre ses lignes. Le prochain roman de Cat Clarke est déjà programmé chez R pour juin, sous le titre Cruelles. Encore un roman psychologique, pour lesquels l’auteure semble avoir une prédisposition.

Chronique : Parallon – Tome 1

Parallon 01Un amour qui transcende les siècles… mais est-ce suffisant pour nous charmer ?

Parallon est le premier roman pour ados de Dee Schulman, paru en France le 24 janvier dernier dans la collection R. Elle a déjà publié des livres pour la jeunesse chez Bayard avec Mon journal top secret (2 tomes).

Dans ce roman, il est question d’amour, de deux époques que des millénaires séparent et d’un étrange univers…

Quel est le point commun entre Londinium en 152 après JC et l’institut Sainte-Magdalen en 2013 ?

Notre histoire commence à Londinium, au temps des combats de gladiateurs et de l’esclavage, où la vie d’un homme ne valait rien ou presque. On y découvre le jeune Seth, une vingtaine d’années, gladiateur de son état. Bel homme, et excellent combattant, ce dernier a remporté plus de victoires qu’aucun autre gladiateur, pour cela il est adulé par les femmes, qu’elles soient mariées ou non. Mais un jour, son regard va croiser celui de Livia, une jeune femme de son âge, belle mais inaccessible pour lui…

En parallèle, nous faisons la connaissance d’Eva, une adolescente presque ordinaire hormis le fait qu’elle soit surdouée et donc difficile à gérer dans le système éducatif normal. Elle peu craquer les barrières de sites tels que ceux de son école pour en falsifier les notes ou faire envoyer de faux emails par son proviseur. Elle est aussi extrêmement douée dans tous les domaines auxquels elle s’essaye, de quoi frustrer son entourage…

Mais quel lien peut-il donc bien y avoir entre Seth et Eva ? Car on se doute que chacun d’eux n’aura pas une petite vie bien séparée l’un de l’autre…

Un ouvrage à la promesse non tenue…

L’éditeur nous parlant de Parallon depuis quelque temps déjà, il est normal d’attendre la sortie du livre avec curiosité, sinon impatience. De plus, les romans de la collection R ont toujours réussi à nous étonner par leur originalité et leur côté précurseur.

Cependant, Parallon ne tiens pas ses promesses, et cela en de nombreux points. Premièrement, les personnages, sont très stéréotypés et peu creusés. En effet, entre le beau gladiateur et la jolie surdouée, le lecteur n’a que peu de place pour son imagination et sa part de rêve… De plus, l’héroïne ne semble jamais se rendre compte de l’attrait qu’elle exerce sur la gent masculine alors que les signes sont tout de même très nombreux… un état de fait que le lecteur a vite fait de remarquer.

La seconde faiblesse réside dans l’écriture, assez rudimentaire. Là où l’on peut parfois voir une écriture directe et efficace qui va droit au but, ici nous rencontrons une plume assez morne, sans réel éclat. Les dialogues sont simples, peu captivants et parfois très banals…

Le troisième défaut réside dans le comportement des personnages, peu naturels et trop prévisibles, surtout vis-à-vis de leurs sentiments respectifs.

Alors, qu’en est-il de l’intrigue de fond ? Cet amour traverse les siècles parviens-t-il à nous faire oublier les défauts mentionnés plus haut ? La réponse est non, l’idée de base de Parallon, qui est les mondes parallèles est sympathique mais n’apporte rien de nouveau au genre. Des auteurs tels que Philipp Pullman, Pierre Bottero ou encore Neil Geiman ayant apporté déjà de belles pierres à l’édifice.  Le seul élément intéressant de l’intrigue étant le fameux virus qui joue un rôle aussi crucial que mystérieux et dont on aurais aimé en savoir plus…

En conclusion, Parallon ne fait pas pour moi partie de ces romans qui nous transportent dans un autre monde grâce à leur écriture et/ou leur originalité. Un roman qui se lit aussi vite qu’il s’oublie…

Chronique : Night School – tome 2 – Héritage

Night School 02De retour à Cimmeria… pour le meilleur et pour le pire.

Paru en exclusivité mondiale en France (avant même la langue originale) au mois de novembre, voici le second opus de Night School : Héritage.

La série, prévue en cinq tomes nous offre une ambiance de thriller dans un écrin baroque, l’école privée de Cimmeria. L’idée de la série est venue à C. J. Daugherty grâce à sa fascination pour les sociétés secrètes, en particuliers celles qui se forment dans les écoles privées et atteignent les hautes sphères du gouvernement. Elles existent réellement, ainsi est-ce le cas de David Cameron et d’autres dirigeants britanniques, qui ont étés membres d’une société secrète connue sous le nom de « Bullingdon Club » dans l’établissement renommé qu’est Eton College.

Alors ces sociétés sont-elles des tremplins pour atteindre le pouvoir ? Ou bien ont-elles elles-mêmes une influence sur le pouvoir ? Toutes ces questions et bien d’autres, la série Night School les soulève… alors prêts à découvrir les mécanismes cachés de notre société ?

Une nouvelle année à Cimmeria commence… sur les chapeaux de roues.

Allie se voit obligée de rentrer à Cimmeria avant la rentrée car il semblerait que les hommes de Nathaniel soient trop résolus à la capturer…

Ces fins de « vacances » sont donc devenues assez sportives pour Allie, qui maintenant qu’elle est revenue à Cimmeria, doit mettre la main à la pâte. En effet, l’incendie de l’été (fin du premier tome) ayant ravagé une grande partie du majestueux bâtiment, et les élèves font de la restauration à grande échelle.

Mais très vite, la rentrée arrive et avec elle le quotidien presque normal des élèves de Cimmeria. Et parmi les grandes nouvelles, celle d’Allie intégrant la Night School n’est pas la moindre. Elle va enfin découvrir ce qui se dit et s’apprend au cours de ces mystérieuses leçons secrètes.

En parallèle, sa relation avec Carter se poursuit tout en étant toujours aussi nébuleuse. La présence du français mystérieux Sylvain n’aidant pas franchement le couple à s’épanouir. Allie elle-même étant complètement perdue dans ce triangle amoureux.

Une ambiance toujours au rendez-vous, mais…

Ce second tome de la série réussi à tenir le lecteur en haleine, presque trop, car au final, il en résulte très peu de révélations concrètes.

Qui est la taupe qui sévit au sein de Cimmeria ? Quels sont les projets de Nathaniel ? Quelle position de force détiens Allie sans le savoir ? Évidemment les nombreuses découvertes que l’on fait sur la Night School sont tout de même importantes pour la suite de l’aventure, d’autant que les élèves ont des ordres directs pour s’espionner mutuellement… cela ajoute beaucoup de piquant.

L’ambiance de tension si bien retranscrite par l’auteure réussit encore une fois à nous maintenir dans l’intrigue. Les jeux de dupes continuant à faire l’affaire de nombreux personnages dont on ignore encore trop de choses.

En conclusion, il est dommage que C. J. Daugherty nous distraie avec les sentiments contradictoires d’Allie alors que nous avons désespérément  envie de connaître les tenants et les aboutissants de la mascarade qui se joue à ses dépends. Etant donné qu’il reste encore trois tomes à paraître, il faudra être patient…

Héritage reste toutefois un bon second tome, même si il n’est pas de la même qualité que le premier, l’effet de découverte étant passé. Une chose est sûre, cela laisse présager plus de matière dans le troisième opus, que l’on attend vivement, encore une fois.

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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La Cité – Tome 2 – La bataille des confins

La cité 02 - La bataille des confinsUne suite qui joue sur le suspense avec beaucoup de talent…

Le second tome de la série fantastique La Cité est sorti en en mai dernier aux éditions Rue du Monde. Écrite par Karim-Ressouni Demigneux, la saga comptera quatre tomes au total.

Addictive, terriblement oppressante et surtout fascinante, cette série pour ados a tous les éléments pour plaire dès l’âge de 12 ans en liant jeux vidéos et intrigue aux allures de thriller.  Et dans ce second opus, le moins que l’on puisse dire c’est que les infos et révélations sont distillées…

Retour dans la Cité et ses mystères

A peine le roman commencé, on s’aperçoit que le narrateur a changé. Dans le premier tome nous avions Thomas, dans le second, nous découvrons Liza, ainsi que les autres aspects de sa vie, en dehors de la Cité. Elle aussi va peu à peu se rendre compte que le jeu arrive connaître des détails de sa vie personnelle qu’elle n’a absolument jamais communiqué. Comme Thomas, ses interrogations sur les motivations des créateurs du jeu se font de plus en plus nombreuses.

Comment ont-ils pu créer un jeu aussi intelligent ? Aux algorithmes si sophistiqués qu’ils sont capables de contrôler et gérer tous les dialogues des joueurs dans n’importe quelle langue ? Car en effet, il est interdit aux joueurs de parler de leur vie « réelle » sous peine que la lumière blanche s’abattent sur eux, les excluant du jeu pour quelques minutes…

Beaucoup de questions, et très peu de réponses dans ce second tome… mais qu’à cela ne tienne, l’intrigue est si prenante qu’on se laisse happer facilement.

A la découverte des chemins de traverse du jeu…

Une chose est certaine, le jeu massif multi-joueurs est loin d’avoir livré toutes ses surprises. Que ça soit des passages secrets, des planques et autres filons, de nombreux joueurs ont fait des découvertes intéressantes, sans toujours les partager avec les autres…

Dans ce second tome, les forums de discussions prennent plus de place, hypothèses et plans allant bon train sur de nombreux sujets… dont celui des mystérieux Jumeaux, minant le jeu de façon pour le moins malsaine… Encore une fois, beaucoup de clins d’œil culturels sont au rendez-vous, notamment avec Bilbo le Hobbit de Tolkien qui sera une source d’inspiration pour certains joueurs afin de passer outre certaines contraintes du jeu.

Alors, frustrant par certains côtés, ce second tome l’est effectivement. Mais l’auteur sait distiller peu d’informations tout en conservant l’intérêt de son lecteur… un difficile équilibre.

L’ambiance est pour beaucoup dans cet intérêt qui perdure, encore une fois peaufinée d’une main de maître. Elle parvient à nous faire plonger dans un univers à la fois familier et déstabilisant ; encore une fois une réussite.

Il n’y a plus qu’à espérer que la suite de la Cité sera plus saisissante et révélatrice, car beaucoup de questions restent en suspend (presque trop). Affaire à suivre avec le tome 3 : le pacte des Uniques. Une chose est certaine, impossible de se détacher de la série tant que l’on n’aura pas le mot de la fin.

8/10