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Chronique : Wunderkind – Tome 1 – La pièce d’argent

Wunderkind 01Un roman de dark fantasy dans un Paris des plus sombres… 

Souvenez-vous, il y a deux mois de cela, nous vous parlions du nouveau roman à paraître aux éditions Bayard, présenté même comme l’un de leur enjeux de fin d’année : Wunderkind.

Le livre est paru le 19 septembre dernier et n’est pas conseillé avant l’âge de seize ans environ par l’éditeur. Traduit de l’italien, La pièce d’argent est le premier volume de la trilogie écrite par D’Andrea G.L. Annoncé comme un roman passerelle, Wunderkind devrait séduire les jeunes adultes aussi bien que les adultes, mais nous allons voir ici que ça n’est pas nécessairement le cas…

Dans les rues cachées et sombres de la capitale… bienvenue dans le Dent de Nuit

Tout commence avec un jeune garçon devenu subitement orphelin : le jeune Caius est perdu, ne sachant à qui se fier et où se tourner. Il fait ainsi très rapidement la rencontre d’un personnage aussi étrange qu’inquiétant : Le Marchand, également nommé Herr Spiegelmann. Ce dernier lui remet une pièce d’argent dont l’utilité n’apparaît pas immédiatement aux yeux de Caius, bien au contraire, elle se révèle être la source de nombreux maux. Mais le jeune garçon ne sera pas seul pour découvrir les réponses à ses nombreuses questions et sera aidé d’une petite équipée d’adultes experts en magie, Manufacturés et autres sombres subtilités du Dent de Nuit, ce quartier de Paris qui n’apparaît qu’à ceux qui en connaissent déjà l’existence.

Que veut donc l’étrange et effrayant Marchand aux nombreux sbires à sa botte ? Que signifie être le Wunderkind ?

Un récit décousu et manquant de cohérence

Le gros problème de ce récit réside dans son intrigue trop conventionnelle et dans sa traduction très brouillonne et pourtant un bel univers a été créé pour l’occasion. Impossible pour le lecteur de lire l’ouvrage de façon fluide. Il faut constamment relire quelques lignes précédentes, feuilleter des pages d’avant pour comprendre ce que l’on lit… la lecture en devient sportive.

De plus, la cohérence de la traduction n’est pas vraiment là non plus. On assiste à des scènes d’action où certains faits ne sont pas expliqués, pas assez développés, rendant le tout furieusement difficile et malaisé à comprendre.

Avec tous ces problèmes d’ordre d’écriture et/ou de traduction s’ajoute celui de l’histoire. Le roman fait un peu plus de trois-cent pages, mais l’histoire n’avance que très peu. Le héros se voit constamment martelé de la phrase « tu es le Wunderkind » sans jamais savoir ce que cela inclut réellement, et nous non plus…

Une magie originale inventée de toute pièce pour l’intrigue

Alors que la trame de l’histoire est difficile à suivre à cause de tous les virages qu’elle prend, le système magique de Wunderkind est quant à lui assez clair et surtout séduisant.

Basée sur la mémoire du magicien, la puissance d’un sort est proportionnelle à la force du souvenir qui lui sert de source. Mais attention, une fois un souvenir utilisé, ce dernier disparaît à jamais ; c’est donc une magie très dangereuse et pernicieuse qu’il faut savoir doser que l’on découvre. Certains pratiquants s’y étant déjà brulés les ailes…

On découvre aussi toute une mythologie créée pour l’occasion : les Calibans, les Cagoulards… autant de monstres créées pour nous immerger dans le sombre Dent de Nuit, et cela fonctionne. Les objets nommés les Manufacturés sont également très intéressants et laissent entrevoir une autre facette lugubre de l’histoire.

Alors que conclure de ce premier roman ? Qu’il n’est pas abouti et qu’il aurait certainement pu donner quelque chose de beaucoup plus cohérent. L’ambiance est parfaite dans le genre glauque et sinistre, de même que la mythologie qui l’entoure, mais cela ne suffit pas à compenser… Le lecteur est bien trop laissé sur sa faim pour avoir envie d’en savoir plus, il aurait fallu lui en mettre un peu plus sous la dent… Wunderkind est donc un rendez-vous manqué que l’on regrette tant il nous semblait prometteur…

Chronique Jeunesse : Les Filouttinen

Les filouttinenA l’abordage ! (d’une voiture) avec une famille de voleurs hors du commun…

Paru en juin dernier aux éditions Didier, les Filouttinen est un roman à caser à part dans l’univers de la littérature jeunesse. Déjanté, fou-fou et définitivement nordique dans l’esprit, on est très vite séduit par son ton résolument non conventionnel. Traduit du Finlandais par Alexandre André, et écrit par Siri Kolu, les Filouttinen n’est que le début des aventures d’une famille de voleurs fous… de friandises ! En Finlande, le troisième volume de la série est déjà annoncé pour février 2014.

Quand de simples friandises sont prétexte à un kidnapping

Les Filouttinen sont des voleurs d’un genre peu commun, et cela depuis des générations. Mais ils ne volent pas des choses « ordinaires », uniquement ce dont ils sont besoin (vêtements, nourriture, ustensiles…), et uniquement sur les routes… Alors, quand une envie de bonbons se fait sentir, ni une ni deux, toute la famille par en vadrouille pour trouver LA voiture qui pourrait abriter les friandises tant convoitées.

En parallèle, la jeune Liisa ne se sent pas intégrée à sa famille, elle a toujours l’impression d’être en parfait décalage avec cette dernière. Mais ce qu’elle ignore encore, c’est que le paquet de bonbons qu’elle tient à la main sera sa porte de sortie pour des vacances pas comme les autres au sein d’une famille inimitable !

Un récit au style inimitable

Bien qu’un peu déstabilisant au début, le roman nous fait vite apprécier les Filouttinen et leur mode de vie étrange. Du petit frère qui veux déjà être le chef de famille à la mère qui mène tout le monde à la baguette grâce à un don hors du commun pour la répartie, vous serez servis en dialogues savoureux.

Liisa, bien discrète au début va vite s’affirmer dans cette famille où tout semble possible et c’est avec plaisir que l’on suit peu à peu son évolution en véritable terreur du vol à « grande » échelle (du moins plus grande que celle des voitures que les Filouttinen attaquent depuis des décennies).

Alors, peut-être que cela pourra déplaire à certains parents que de voir le vol ainsi prôné à de jeunes lecteurs, mais il faut bien entendu prendre de la distance face à cette lecture. L’humour y est omniprésent, et jamais le roman ne se prend véritablement au sérieux. Et les enfants eux-mêmes sauront bien comment prendre le livre.

Partez donc à la découverte du monde secret des voleurs de Finlande qui se réunissent sous couvert d’organiser un « Forum d’été des commerçants en ligne », venez voir le terrible concours de TaLu (pour Tarte et Lutte) où il est question de faire ingurgiter à son adversaire la pire tarte possible (le sable étant interdit) puis de lutter contre cette dernière après avoir tout juste terminé sa dernière bouchée. Enfin, pour finir de vous convaincre, voici un petit extrait pour vous donner une idée du ton continuel de l’ouvrage !

«    –    Une bonne dentition, ça aussi, c’est très important ! a dit Kaarlo-le-Rude. Helen et Erik ont éclaté de rire.

–    Une bonne dentition ? ai-je demandé, étonnée.

–    Un bandit qui se respecte doit savoir être poli, sérieux, mais pour des questions de crédibilité, on doit parfois grimacer un peu. Et là, une bonne dentition, ça fait tout ! Regarde Marko-les-Crocs, et tu verras tout de suite ce que je veux dire !

–    Une belle calandre, ça marque les esprits ! a ajouté Marko-les-Crocs. Avec des chicos pareils, ce serait dommage de ne pas se fendre d’un sourire ! »

La conclusion, c’est que ce roman est parfaitement adapté aux enfants qui aiment déjà lire et qui ont environ dix ans. Le démarrage de l’histoire est un peu long car peu facile à appréhender au début. Les personnages sont bien campés, mais il faut se faire à leur familiarité et leurs dialogues un peu décousus ! En tout cas, l’esprit du Nord est là, et il est rafraîchissant dans tous les sens du terme ! A conseiller à tous les jeunes lecteurs qui aiment les romans drôles et débridés.

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Chronique Jeunesse : Le tourneur de page – Tome 3 – Au delà des temps

Le tourneur de page 03Un ultime tome réussi

Le troisième et ultime tome de la série pour adolescents le Tourneur de Page (éditions Eveil et Découverte) vient de sortir il y a de cela à peine un mois. Une attente qui laissait fébrile quand on se souvient de comment se concluait le second tome de la saga…

Ainsi reviennent Alkan, Artelune, Colard, Iriulnik et les autres pour une ultime bataille ; celle qui verra l’avenir des habitants de la Bullhavre prendre un tournant décisif.

Une immersion immédiate

A peine les première pages lues, on se retrouve avec les personnages que nous avions laissés il y a un an. Aucune difficulté pour se replonger dans l’intrigue et les enjeux de la trilogie, bien au contraire.

Chaque chapitre s’articule autour d’un groupe de personnages en particulier : Iriulnik et Piuppy sur leur île déserte, Alkan et ses amis sous la Bullhavre, les villageois dans l’Outre-Monde… chacun à leur manière vont nous happer par leur problématiques. La survie est le maitre mot pour Iriulnik, qui n’a jamais paru aussi humaine, forte et fragile à la fois, elle en devient extrêmement attachante et même héroïque.

Alkan et ses amis quant à eux sont sous la Bullhavre, où ils commencent tout juste à couler des jours heureux… mais pas pour longtemps. La faim gronde sous la Bullhavre, et par extension, la révolte. Les habitants commencent ainsi à écouter les sirènes qui leur promettent monts et merveilles, quitte à oublier ceux qui les ont libérés il y a à peine quelques mois…

C’est donc une suite riche en actions et en révélations qui nous attend ici, avec peu de temps morts et nombre de rebondissements.

Un enchaînement qui fonctionne

Muriel Zürcher confirme ici son talent narratif et le déploie même mieux que dans les deux précédents livres avec une plume plus assurée, qui s’harmonise mieux dans l’ensemble de son roman. On passe d’une scène à l’autre avec aisance, et surtout, impatience. L’auteur ménage parfaitement ses effets, et on se laisse emporté par la vague narrative qu’elle nous offre.

La Bullhavre que l’on pensait bien connaître n’avait pas encore révélé tous ses secrets, et c’est un nouveau pan de la mystérieuse ville qui nous est offert avec sa tour invisible faite de miroirs notamment.

Que dire de plus sinon que la magie opère avec efficacité, que l’on est happé par l’intrigue et que l’auteur est doué pour les belles scènes dramatiques ? Je pense notamment aux nombreux combats auxquels devra faire face Iriulnik pour protéger Piupy ou encore aux scènes de confrontations, qui ne sont pas nécessairement sanglantes, mais orales.

Ce sont aussi des combats pour différents idéaux qui prennent vie : faut-il privilégier l’humain ou la survie ? Peut-on concilier les deux ? La Bullhavre et son système froid et cruel est-il le plus efficient de tous pour que l’homme vive et s’épanouisse ou bien est-ce le système du Peuple, qui force ses femmes à avoir le plus d’enfants possible ? Ou autre chose ?

Même si nous n’aurons pas de réponse toute faite, la conclusion nous laisse quelques pistes de réflexion et nous fait comprendre qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais personnages, seulement des chemins très différents qui mènent au final à un même idéal…

Ce troisième tome en forme de point final est une très bonne conclusion pour cette série originale et bien menée d’un bout à l’autre. On espère voir à nouveau Muriel Zürcher faire des incursions dans l’imaginaire, car ce genre lui réussit fort bien. A lire pour s’émouvoir, se révolter, rêver, imaginer ! Dès 13 ans environ.

Chronique rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Paroles empoisonnées

Paroles empoisonnéesUn drame d’une puissance narrative inouïe

Paru en début d’année 2013 aux éditions J’ai Lu, Paroles empoisonnées et le dernier roman en date (en France) de l’espagnole Maïté Carranza. Elle est notamment connue pour sa trilogie fantastique le Clan de la Louve parue chez Pocket Jeunesse.

Dans ce roman loin du genre fantastique, l’auteur nous a concocté un thriller diaboliquement efficace basé sur un fait divers qui l’a inspirée, celui de Natascha Kampusch (jeune femme autrichienne qui fut enlevée et séquestrée pendant plus de huit ans avant de réussir à s’enfuir). L’ouvrage a d’ailleurs reçu le prestigieux Edebé de littérature pour la jeunesse (attention, le livre s’adresse bien à des adolescents, pas moins).

Paroles empoisonnées est avant tout l’histoire de Bárbara Molina, une jeune fille disparue il y a de cela quatre ans. L’affaire est restée irrésolue jusqu’au jour où… l’enquête bascule à cause d’un simple coup de fil, capturant le lecteur dans une toile psychologique dont il devient impossible de s’extraire…

Une affaire qui piétine et en passe d’être oubliée

Quand nous commençons ce roman, c’est l’ultime jour de travail du sous-inspecteur Salvador Lozano, un homme qui a pris l’affaire Bárbara Molina à cœur. Oubliant parfois jusqu’à sa vie privée, l’homme a montré un investissement sans faille sur cette affaire. Mais la retraite arrive, et il est tant de passer l’affaire et des dizaines d’autres à un nouveau et fringuant sous-inspecteur : Toni Sureda.

Ce dernier est jeune, fringuant et ne montre apparemment pas l’intérêt qu’il faudrait sur l’affaire Bárbara Molina. Comment lui en vouloir ? L’enquête piétine depuis des années sans aucun nouvel élément. Les deux principaux suspects vivent leur vie, la disparition de Bárbara n’est plus vraiment au cœur des préoccupations, hormis pour ses proches.

Sa mère, Nuría Solis est devenue un fantôme depuis le drame, elle ne vit que parce qu’il le faut, mais tout juste. Sans opinion, sans vie, sans âme, elle erre et est devenue un poids pour sa famille tout entière. Son mari Pepe quant à lui a tout fait pour faire retrouver leur fille, combatif, tenace, parfois même trop, il a largement contribué à ce que l’enquête reste ouverte.

Les jumeaux, frères de Bárbara, ont quant à eux appris à ne pas faire de l’ombre à la peine de leurs parents.

PREMI CUBIERTA PALABRAS ENVENENADAS + 148 p3.inddUne narration qui ne laisse pas de place à l’ennui

Paroles empoisonnées est un roman à quatre voix, celle de la mère de Bárbara (Nuría Solis), celle de Bárbara elle-même, celle du sous-inspecteur presque retraité et celle d’Eva, l’ancienne meilleure amie de Barbara.

Ainsi, quand ces voix très différentes s’expriment, ont découvre peu à peu tous les non-dits, les blessures cachées et les plaies de chacun. Le voile qui pèse sur l’affaire se soulève peu à peu, mais pas au point de nous faire deviner très rapidement qui est le coupable. Des indices aux accusations divergentes fusent, et le lecteur se fait lui aussi embarquer dans des suppositions toutes plus folles les unes que les autres.

Avec ces points de vue différents sur l’histoire, on se rend compte que même si il y a un véritable coupable, tous ont à un moment ou un autre on failli à leur manière : en fermant les yeux, en étant jalouse, en ayant trop la tête dans le guidon sur l’affaire… Terriblement humains, là a été leur seule faute.

Ainsi Maïté Carranza manie avec art une plume très sensible, qui fonctionne par évocations et sous-entendus. Elle a su tisser avec bien peu une histoire cohérente qui sait nous tenir en haleine.

« Elle rate parfois des occasions de se taire et lâche des paroles empoisonnées dont le venin court dans les veines et arrive jusqu’au cœur, et fini par tuer, telle une tumeur maligne. […] La coupe était amère et elle l’a avalée seule, comme toujours. »

Pas de dialogue ici, tout est écrit au style indirect : déstabilisant au début, on s’habitue très rapidement à ce mode d’écriture pour le moins inhabituel. Pas de tiret de dialogues  à aucun moment de l’ouvrage, ni même de guillemets. On se retrouve alors avec de grands pavés de texte, mais qui se dévorent.

Pour conclure, Paroles empoisonnées est un véritable roman coup de poing. Traitant de la violence faite aux femmes, qu’elle soit passive ou bien visible, Maïté Carranza met en avant un sujet qui lui tient à cœur, et elle y excelle. Attention, âmes un peu trop sensibles s’abstenir, bien qu’il n’y ait aucun passage explicite, ce roman reste très dur.

Quoi qu’il en soit, impossible de ne pas s’immerger dans un roman d’une telle force, alors allez-y si vous êtes amateur de thriller, ce roman est pour vous. Dès l’âge de quinze ans, minimum.

Chronique : La Fille-Sortilège

La fille-sortilègeSorti en mars dernier dans la collection ado du Pré aux Clerc nommée Pandore, La Fille-Sortilège est un roman de fantasy à l’univers accrocheur et à l’histoire bien construite. Le livre vient d’ailleurs de recevoir le prix Elbakin 2013 du meilleur roman fantasy français jeunesse.

Son auteur, Marie Pavlenko, est française et commence à se faire un nom dans le monde de l’imaginaire français. Elle a commencé à faire parler d’elle à la sortie de son premier roman : Le livre de Saskia (chez Scrinéo Jeunesse), qui fait partie d’une trilogie. A la mi-octobre, Marie Pavlenko va d’ailleurs clore son cycle de Saskia.

La Cité des Six, une belle utopie… pour qui y vit bien

Plantée en plein désert se trouve la Cité. Magnifique, prolifique, magique… les superlatifs ne manquent pas pour décrire la Cité des Six dont les origines légendaires sont connues de tous. Elle regroupe six clans au savoir-faire unique et nécessaire aux autres, leur équilibre est la source de leur harmonie.

Ainsi trouve-t-on les clans suivants : Les Planteurs, Les Sourciers, Les Dresseurs, Les Façonniers, Les Coutelliers et les Guérisseurs. Chacun utilise une magie particulière connue uniquement des membres dudit Clan. Les bases d’un univers sont posées.

Les habitants des Clans n’ont guère à se plaindre de leur mode de vie. Leur seul devoir étant de fournir à la ville les objets ou savoir-faire demandés pour le bien-être de tous, en contrepartie la ville leur fourni nourriture, vêtements, etc.

Mais dès que l’on sort de l’univers bien propret des Clans, nous découvrons aux abords de la Cité des Six les habitations des Orklas : des gens qui n’ont pas de clan et qui sont considéré comme des moins que rien. C’est dans ces quartiers peu recommandables que vit Erine, notre héroïne.

Quand commence notre histoire, nous somme en pleine nuit, suivant les pas feutrés d’Érine. Dans un cimetière, cette dernière déterre des cadavres. Pourquoi ? Elle-même l’ignore. La seule chose qu’elle sait, c’est qu’elle est payée pour cela, alors hors de question de faire la fine bouche. Bien payé mais risqué, le travail d’Érine est éreintant.

Mais sa tâche nocturne n’est rien comparé aux dangers qui vont lui tomber dessus sous peu : chantage, poursuite, cavale, complots… la jeune Erine va devenir le centre d’une tornade sociale et magique dont elle ignore la portée…

La fille-sortilège propositionUne fantasy originale qui donne un souffle d’air frais au genre

Difficile de décrire et de résumer un univers aussi dense et prolifique que celui imaginé dans la Fille-Sortilège. Tant de nuances et de paramètres entrent en ligne de compte que vous les décrire serait fastidieux.

Mais ce que l’on peut en dire de façon certaine c’est que l’on a affaire à un très bon roman dans le style fantasy. Loin des stéréotypes du genre (ici point de dragons et autres créatures habituelles), Marie Pavlenko nous offre son imaginaire sur un plateau avec son propre bestiaire et sa magie bien à elle. Le fait d’avoir implanté son univers dans une sorte de monde oriental est également plaisant, on aime à sentir le souffle chaud du désert entre les lignes…

On y parle de thèmes forts, universels, tels que l’injustice sociale, l’amitié qui fait tomber beaucoup de barrières, notamment quand nous n’avons plus rien à quoi nous raccrocher… La souffrance est là, omniprésente, qu’elle soit physique ou morale, mais elle nous fait découvrir les forces cachées de nos protagonistes. On y voit également leur beauté à travers ces nombreux maux qu’ils traversent.

Érine, que l’on suivrait les yeux fermés est belle par sa force et sa persévérance. Ne se laissant jamais aller à la facilité, cette dernière nous transporte dans son univers, à la fois cruel et fascinant. On y découvre aussi celui qu’elle a pris sous son aile : Arkadi, un jeune homme encore en plein dans l’adolescence, son histoire est encore plus cruelle que celle d’Erine. On ne peut que se sentir intime avec des personnages dont l’histoire passe par des sentiments vrais et forts.

Bien que paru dans la collection Pandore (destinée principalement aux adolescents), ce roman s’adresse selon moi avec plus d’efficacité encore à des adultes… mais la frontière devient bien mince entre les deux lectorats.

Atypique, captivant et remarquable, la Fille-Sortilège ne vous fera pas passer un bon moment, mais vivre une très belle expérience de lecture. On en vient presque à regretter que ce roman soit un one-shot, mais c’est aussi ce qui fait son charme. En bref, un roman qui marque !

Chronique : Kiffe kiffe demain

Kiffe kiffe demain ldp jeunesseUn magnifique roman sur les choses de la vie, à la fois poignant et authentique.

Faïza Guène est une jeune écrivain de nationalité française, née à Bobigny en 1985. Son incroyable succès est dû à son premier roman : Kiffe kiffe demain, paru en 2004, qui raconte à la première personne la vie de Doria, une jeune fille d’origine maghrébine qui vit en banlieue parisienne, désabusée sur son avenir.

Vendu à plus de 400 000 exemplaires et traduit dans plus de 25 langues, cet ouvrage coup de poing criant de réalisme a connu un succès amplement mérité. Par la suite, Faïza Guène a écrit deux autres romans : Du rêve pour les oufs (2006), Les gens du balto (2008). Et non contente d’être un écrivain reconnu, elle est également réalisatrice de nombreux courts-métrages, dont certains ayant remportés des prix reconnus.

La « banlieue » revue et corrigée

Doria a quinze ans, elle vit avec sa mère dans la banlieue parisienne. Son père les a quittés il y a quelques années pour retourner « au pays » et se marier avec une femme beaucoup plus jeune que sa mère. Doria n’a pas de problèmes à proprement parler, c’est juste qu’elle n’est pas spécialement heureuse dans la vie.

Kiffe kiffe demain ldpLes amis d’enfance, la famille, tout cela se mélange pour donner un mélange détonnant d’une joyeuse tristesse. La vie de Doria suit son cours, et nous la découvrons dans toute son étonnante diversité. La culture de la banlieue est mise au jour sous un angle humoristique sans être moqueur, un véritable délice ! : « La responsable de la grève au Formule 1, c’est Fatouma Konaré, une collègue avec qui maman s’entend bien. Elle m’a raconté qu’au début, elle croyait que « Fatoumakonaré » c’était juste son prénom et qu’elle trouvait ça long pour un prénom… ».

Mais malgré l’humour constant du roman, Faïza Guène soulève également les nombreuses injustices qui font qu’être une fille dans une cité (mais aussi ailleurs, par extension) peut être un handicap si l’on ne naît pas avec des parents complaisants. Doria parle ainsi d’une de ses voisines, enfermée chez elle, sans aucune liberté : « Quand Samra était enfermée chez elle, dans sa cage en béton, personne n’en parlait, comme si les gens trouvaaient ça normal. Et maintenant qu’elle a réussi à se libérer de son dictateur de frère et de son tortionnaire de père, les gens l’accusent. J’y comprends rien. ».

Le point fort de Kiffe kiffe demain réside dans son écriture : très proche du parlé, remplie d’humour, de jeux de mots et de langage familier, impossible de ne pas sourire franchement aux tournures de phrases offertes.

Pour terminer je vous dirais qu’il faut lire Kiffe kiffe demain pour de nombreuses raisons. Tout d’abord sa langue piquante et drôle. Ensuite sa facilité d’accès, bien loin de la « littérature » comme certains aiment à l’appeler de façon élitiste, ce roman fait pour moi partie des indispensables. Enfin, culturellement parlant, ce récit ouvre les yeux sur un pan de notre quotidien actuel, que l’on vive en cité ou non, certaines problématiques sont universelles. Un magnifique récit positif et rempli de beaux élans d’enthousiasme. Dès 13 ans environ.

Chronique : Les Fragmentés – Tome 1

Les fragmentés 01Écrite par l’écrivain américain Neal Shusterman, la série les Fragmentés rencontre un incroyable succès aux Etats-Unis sous le titre original Unwind. En France, c’est la collection MSK (collection ado des éditions du Masque) qui publie ce texte, les droits ont étés achetés avant même que la collection existe, tant il a marqué la directrice de la collection, Maÿlis de Lajugie.

Une première édition du tome un a vu le jour en 2008, puis l’ouvrage est paru au format poche en mai 2013. Mais à l’occasion de la sortie du second tome en France, l’éditeur a vu les choses en grand en rééditant le premier tome sous un grand-format très esthétique pour faire un bel effet collection.

Enfin, pour en finir avec les bonnes nouvelles, sachez que la série est déjà prévue pour être portée à l’écran ! Alors pour savoir ce que raconte cette série d’anticipation captivante, c’est par ici…

Le futur, à une époque indéterminée, mais pas si loitaine…

 L’avenir : suite à une lutte acharnée entre les Pro-vie et les Pro-choix est née la fragmentation, une étape permettant d’amener un être à un état divisé, tout en le laissant techniquement en vie à travers plusieurs personnes. En effet, la fragmentation permet d’utiliser 100% de l’être humain sans le tuer et a supprimé les pénuries d’organes.

Mais où trouve-t-on ces fameux organes ? Qui sont les donneurs ? Il s’agit d’adolescents âgés entre treize et dix-huit ans, dont les parents ont décidé pour diverses raisons de signer un ordre de fragmentation. Une fois l’ordre signé, impossible de faire marche arrière : l’adolescent est voué à la fragmentation… Mais les Pro-vie sont ravis du compromis, car il est impossible d’attenter à la vie d’un enfant de sa conception jusqu’à ses treize ans, à lui donc de faire ses « preuves ».

Mais il arrive que certains s’en sortent et deviennent des déserteurs, c’est le cas d’un des héros de ce roman, Connor, qui va tout faire pour rester en vie, et cela dans un état non divisé !

Cependant, cette lutte pour la survie ne va pas aller sans heurts, et surtout, le parcours de Connor va devenir quelque chose de bien plus grand que lui. Et c’est sans compter sur ceux qu’il entraine dans son sillage… notamment Risa et Lev eux aussi voués à être fragmentés.

Les fragmentés 01 UnwindExtraordinairement dense et documenté

L’univers futuriste et cruel que Neal Shusterman met en place est d’une implacable efficacité dès les premières lignes. Haletant, captivant, le récit est d’une cohérence extrême, ne laissant pas de doutes ou de questions planer. Et bien que l’on ne connaisse pas tout le passif des camps Pro-vie et Pro-choix qui a amené à cette terrible ère, on en comprend malgré tout les terribles enjeux.

Chaque chapitre est centré sur un personnage en particulier : Connor, Risa ou encore Lev dont l’histoire et les motivations sont bien différentes. Le personnage de Lev en particulier, que l’on pourrait croire plat au début du récit devient au final l’un des plus intéressant. En effet, le jeune homme est destiné à la fragmentation depuis sa naissance pour des raisons religieuses : on appelle cela la décimation. Mais son cheminement vers Dieu va vite se transformer en un tout autre pèlerinage…

Outre des personnages absolument mémorables et charismatiques, on se retrouve dans un récit empli d’adrénaline, où chaque instant et détails comptent, y compris dans l’urgence.

La plus belle réussite de ce roman est certainement l’émotion que réussit à nous communiquer Neal Shusterman, créant des situations aussi tragiques que magnifiques à travers ses personnages. Je pense notamment aux quelques chapitres où nous rencontrons le personnage mystérieux de CyFy. L’émotion qui transparaît dans la dernière scène où il fait son apparition est d’une ampleur rarement lue dans un texte.

De même, la fragmentation, cette fameuse étape dont personne ne sait vraiment en quoi elle consiste, nous allons pouvoir y assister, et là aussi difficile de ne pas se sentir concerné par les souffrances des personnages.

Les fragmentés 01 Unwind2Vif, instinctif, parfois violent, les Fragmentés est un roman à part dans tous les récits young-adult qui fleurissent dans le paysage éditorial. Un ouvrage à lire avec délectation, fougue, et surtout éxaltation. Un chef-d’œuvre pour redécouvrir le genre de l’anticipation dans toute sa force, et cela à tout âge.

Si vous voulez découvrir un imaginaire aussi riche que percutant, laissez-vous tenter par les Fragmentés, personnellement, je suis conquise ! En route directement vers le second tome !

PS : Ne devant être qu’une trilogie à l’origine, la série comptera au final quatre volumes aux Etats-Unis. L’éditeur américain trouvant le troisième tome beaucoup trop gros et ayant préféré le diviser en deux. Le troisième tome vient d’ailleurs de sortir le 15 octobre dernier, le quatrième est prévu pour courant 2014.

Chronique : Cruelles

CruellesUn roman de Cat Clarke aussi crispant que le précédent, sinon plus….

Cat Clarke est une auteure d’origine anglaise, Cruelles est son second roman paru en France après Confusion, tous les deux dans la collection R (chez Robert Laffont). Ses romans sont toujours un événement dans son pays d’origine, et cela commence également à être le cas dans notre pays.

Toujours dans des univers contemporains ultra-réalistes, Cat Clarke explore les recoins les plus sombres de notre psychologie… et elle ne fait pas exception avec Cruelles, qui nous compte une sordide histoire de rancœurs entre adolescentes…

Faut-il toujours envier les filles populaires de son école ?

Notre roman débute par un événement singulier : un enterrement. Celui d’une des camarades de classe de la narratrice, qui se prénomme Alice King. Elle est là, ainsi que tous ses camarades de classes, ses professeurs, mais le pire n’est pas là : Alice se sent coupable de la mort de Tara, et elle a raison.

Tara : certainement la fille la plus populaire de l’établissement, mais aussi la plus cruelle. Elle se jouait de tous et de tout : de ses amies, de ses professeurs, et bien entendu de ceux qu’elle considérait comme les moins que rien. Les plus vilain tours, les pires rumeurs, c’était elle. Mais un jour, un banal voyage scolaire en Ecosse va se transformer en horrible fait divers… En effet, Tara a humilié une fois de trop certaines personnes, et elles comptent bien lui donner une petite leçon de leur cru… la suite, nous la connaissons.

Les questions que soulève ici Cat Clarke ne sont pas pourquoi ni même comment : l’auteure y répondant d’elle même très rapidement. Mais plutôt, peut-on supporter un tel degré de culpabilité ? à fortiori quand on est encore adolescente ? Peut-on se détacher de soi à un point où la culpabilité disparaît ?

Tout le roman tournera autour de cela. Les quatre jeunes filles qui étaient dans la même chambre que Tara durant la tragédie vont-elles craquer, elles qui savent ce qui s’y est réellement passé ?

Un excellent thriller psychologique pour ados

L’intrigue en soit n’est pas originale, mais la façon de traiter l’histoire est très bien traitée. Que cela soit dans l’écriture, les dialogues, mais aussi les silences… Cat Clarke maîtrise l’art de la tension et se joue de nous lecteurs.

Tout n’est pas nécessairement à cent pour cent réaliste, mais on se laisse facilement embarquer dans ce terrible fait divers… craquera ? craquera pas ? Et si je vous disait, qu’Alice, malgré elle, va tomber amoureuse du frère de Tara en sachant tout ce que cela implique ? Comment pensez-vous qu’elle le vit, quelle vont être ses réactions ?

Le plus effrayant ne réside même pas dans les actes décrits par Alice, qui revit la scène de la mort de Tara pour nous. Non, le pire est dans la pression et les non-dits qui interagissent entre les quatre filles coupables pour maintenir chacune dans la peur et le silence. Les discussions qu’elles ont sont terribles, glaçantes, et nous nous laissons facilement entraîner dans cette fascination morbide pour savoir.

Alors, Cruelles est un roman dérangeant qui porte on ne peut mieux son nom ; mais il est aussi rempli d’humanité. Le poids de la culpabilité peut amener à faire ou à voir des choses étranges… A lire pour découvrir certaines facettes de notre humanité que l’on ne soupçonne pas forcément. A lire pour se faire peur. A lire pour passer une nuit blanche pour connaître le mot de la fin….

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Chronique : The Lying Game – Tome 2 – Ne jamais dire jamais

The lying game - 02Une suite oppressante, mais un peu trop répétitive…

Sara Shepard est une auteure américaine à succès. Elle a notamment écrit la série de livres Pretty Little Liars (anciennement connue en France sous le nom Les Menteuses) qui a été adaptée en série télé, de même que sa série de livres The Lying Game.

Le tome quatre de la série The lying Game est à paraître en France le 14 août prochain ; aux Etats-Unis, la série en sera à son sixième tome en juillet.

De retour dans la vie opulente de feu Sutton Mercer

Le mystère continue de planer sur la disparition de Sutton Mercer, la jumelle d’Emma, qui a pris sa place à l’insu de tous… sauf de son meurtrier. Pour son propre bien, elle doit continuer de jouer un rôle malgré elle, sous peine de représailles.

Dans ces conditions, difficile d’enquêter ou de prouver quoi que ce soit. Emma ne le sait pas, mais elle est suivie constamment par le fantôme de sa défunte sœur (le seul élément surnaturel de l’histoire). L’esprit de Sutton étant amnésique, c’est avec Emma, au fil de ses découvertes, qu’elle recouvre peu à peu les bribes de sa mémoire.

Jeux de dupes et vilains secrets, les amies de Sutton ne sont pas à l’abri des soupçon d’Emma, qui s’attaque de près aux alibis de ces dernières…

L’enquête avance, mais très peu…

L’intrigue se déroule à peu de choses près de la même manière que dans le premier tome. Emma faisant quelques découvertes intéressantes sur le passé mouvementé de sa sœur sans pour autant avancer substantiellement… Le danger est toujours omniprésent, le meurtrier (ou meurtrière d’ailleurs) d’Emma lui rappelant constamment sa présence.

L’étau ne se resserre sur aucun personnage en particulier mais on découvre des éléments intéressants concernant quelques amies de Sutton. Certaines ont une vie moins dorée que ce qu’il y parait…

Peu d’indices sont visibles pour nous lecteurs, ou bien ne sont pas encore interprétables à ce niveau de la lecture. On reste toutefois captivé par la plume efficace de Sara Shepard, qui sait tenir avec peu d’éléments, voire aucun…

Son écriture fait encore des merveilles, je pense notamment à l’un de ses derniers chapitres, oppressant au possible : impossible de décrocher avec un tel niveau de stress. Mais attention à ne pas trop jouer avec le style efficace du thriller au point de n’avoir aucune avancée dans l’intrigue, ce qui est le cas ici.

Un second tome qui fonctionne mais que ne donne presque rien à nous mettre sous la dent. Espérons que le troisième opus de la série sera un peu plus substantiel. L’auteure a prévu au moins six tomes pour sa série, mais il faudrait qu’elle donne un peu de matière pour ne pas ennuyer le lecteur par la redondance de son texte.

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Chronique : La ligue des cœurs brisés – Tome 1

La ligue des coeurs brisés 01Un roman qui se savoure comme un bon bol de chocolat chaud !

Pamela Wells est une auteure d’origine américaine, son roman La ligue des cœurs brisés (Heartbreakers en V.O) est le tout premier traduit en France, il est sorti en mai dernier dans la collection Wiz. La série est prévue pour être une trilogie, le troisième tome n’étant pas encore paru pour le moment aux Etats-Unis.

Pamela Wells à grandi dans le Mississipi. Elle a obtenu une licence de journalisme avant de passer et d’avoir un master en éducation et psychologie. Elle a également travaillé comme reporter dans le Mariland et la Californie. Maintenant elle réside à Boston dans le Massachussetts, où elle continue ses études pour décrocher son diplôme en écriture dans le Simmons College.

Tout commence avec… une hécatombe sentimentale

Raven, Sydney, Kelly et Alexia sont les meilleures amies du monde. Mais depuis que trois d’entre elles ont des petits copains, elles ne se voient plus autant qu’avant… cependant, les choses ne vont pas tarder à changer…  En effet, les filles vont chacune se retrouver célibataire… le même soir !

Ces mauvaises nouvelles en cascade seront pour elles un moyen de se retrouver entre filles après des mois d’absence, mais ce sera aussi l’occasion de créer des règles pour ne plus jamais souffrir en amour. Vingt-cinq règles au total devront ainsi être suivies scrupuleusement si elles veulent être à nouveau épanouies… mais les règles ne sont-elles pas faites pour être brisées ?

Un roman doux et sentimental

Les fameuses vingt-cinq règles inventées par Alexia, la seule célibataire du groupe vont les aider à surmonter la terrible douleur de la séparation, enfin… presque ! Parmi les règles à respecter, vous trouverez notamment :

  • Oubliez la date d’anniversaire de l’Ex. Oubliez qu’il est né.
  • Avec l’aide de vos amies, procédez à un rituel pour vous débarrassez des photos de l’Ex et de tous les cadeaux qu’il a pu vous faire.
  • Toute conversation avec l’Ex, par email, SMS, ou autre, est formellement interdite. Supprimez son nom de votre carnet d’adresses mail.
  • Si vous croisez l’Ex d’une amie, ne le mentionnez jamais devant elle.

Vous trouverez ainsi une règle en début de chaque chapitre. Alors que dire de plus concernant ce roman ? Il est sympathique, drôle, frais et possède tous les atouts d’un bon livre de l’été.

Le seul reproche à en faire serait qu’il n’est pas assez marquant en soi. Les personnages des filles ont beau être bien pensés et plutôt réalistes, il leur manque un peu spontanéité, et surtout parfois, d’amour propre. Mais elles n’ont pas encore fini d’évoluer étant donné qu’il s’agit d’un premier opus sur trois au total.

Quoi qu’il en soit, on appréciera de retrouver la vie adolescente et ses tourments pour le temps d’un livre ! Secrets entre amies, chagrins d’amour, rumeurs au lycée et glaces pour se réconforter sont au programme.

En conclusion, La ligue des cœurs brisés est un roman sentimental bien girly qui ne prétend pas être plus que ce qu’il n’est : à savoir un roman de détente et un petit plaisir gourmand. Si vous avez un gros chagrin d’amour, La Ligue saura vous faire penser à autre chose. Et si ça n’est pas le cas, vous vous régalerez quand même !