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Chronique : L’Enfant Nucléaire (Pica Morfal Boy)

L'enfant nucléaireUn roman choc aussi fascinant que dérangeant qui mérite le détour

Écrit par l’auteur belge Daph Nobody, L’Enfant Nucléaire est son second roman, paru en 2012 dans la collection Exprim’. Il avait précédemment écrit Blood Bar dans la même collection en 2009.
Ce roman fait partie des récits inattendus qui nous tombent parfois dessus et qui se transforment en indispensables.
L’Enfant Nucléaire est un inclassable pourra en choquer certains et même déplaire tant tout ce qu’il y a de moche en ce monde y est condensé, mais il est également d’une originalité et d’une lucidité rares.

Pica : Appétit morbide pour des substances non comestibles

Avant de commencer le roman, nos yeux tombent sur cette définition d’un mot que nous n’avions jamais croisé auparavant. Le pica existe : c’est une vraie maladie, cette définition a été tirée du Larousse. Nous y trouvons également le mot morfal, beaucoup plus répandu et connu.
Ces deux termes accolés nous donnent déjà une idée de ce dont il est question puisque le sous-titre du livre est Pica Morfal Boy…

C’est ainsi que, dès la première page, nous faisons la connaissance de l’étrange américain Jiminy Waterson, un garçon qui, déjà tout-petit, mangeait et avalait tout ce qui était à sa portée : papier-peint, bouts de murs et même bouteille entière d’eau de javel… !
Les médecins ne savent pas d’où vient cette incroyable résistance digestive, mais Jiminy, devenu adolescent, se lance dans un road trip avec son meilleur (et seul) ami Alex pour vendre la seule chose qu’ils possèdent : le don incroyable de Jiminy.
Et d’un ami qui sache « le vendre », Jiminy en a besoin. Avec son physique biscornu et peu engageant, il n’attire pas vraiment : cheveux gris et gras, dents noires, haleine repoussante… il y a du travail avant de devenir une vraie star.

Voilà comment Jiminy en est venu à tenter de faire des spectacles grâce à son « don », Alex lui faisant office d’agent. Mais les deux compères maraudent et perdent plus d’argent qu’ils n’en gagnent vraiment, entre les frais d’essence et de nourriture (du moins pour Alex). Jusqu’au jour où l’avenir leur sourit en la personne de Gerald, le gérant d’un restoroute miteux. Il voit venir l’aubaine d’ameuter une foule de client grâce au spectacle culinaire de Jiminy… moyennant un pourcentage, bien entendu !

En parallèle aux aventures d’Alex et Jiminy, un convoi de déchets nucléaires est en cours d’acheminement. Or, la destination finale est une petite ville dont les habitants doivent être chassés. Les politiques n’ont pas trouvé mieux que d’enfouir les déchets radioactifs que la société actuelle produit sous un hameau perdu des États-Unis. On vous laisse faire l’association d’idées…

Un récit glauque au possible dont l’attrait est pourtant indéniable

Daph Nobody ne fait pas dans la dentelle. Son truc à lui, c’est de nous montrer l’ironie morbide du monde qui nous entoure. Vous pensez être au fond du trou ? C’est que vous n’avez pas assez creusé ! Pour moi, c’est un peu la morale de l’Enfant Nucléaire et du monde tel qu’il y est décrit. Quant à savoir s’il est aussi sombre que cela en réalité… Allez savoir, mais c’est bien possible !

En effet, à chaque fois qu’il arrive quelque chose de bien aux deux adolescents, une tuile leur tombe dessus… Si ça ce n’est pas de l’humour noir ! On en vient à croiser les doigts pour eux. C’est un roman sombre, certes, mais jusqu’à quel point ? A vous de le découvrir. Vous verrez combien il est agréable de se laisser surprendre par un récit.
Politiques véreux, policiers peu recommandables et autres personnages aussi influents que dangereux… le tableau est parfaitement dans le thème : sinistre et désenchanté.

Un road-trip aux allures de descente aux enfers

Le parcours de Jiminy est semé d’embuches, mais on s’attache sans mal à ce personnage tenace et singulier. En effet, notre antihéros morfal est le seul sur lequel les événements ne semblent pas avoir de prise (ou presque). Et pourtant, c’est celui qui en bave le plus, dans tous les sens du terme. Respecté, adulé, détesté, instrumentalisé… Jiminy sera tout et rien à la fois durant son parcours avec Alex.

Autre élément très intéressant de l’intrigue, Jiminy évolue. Au sens physique du terme. Cela commence tout doucement… puis va en s’accélérant à force de manger de la terre, de la peinture, des cassettes vidéo et autres objets non comestibles. Et plus son spectacle fonctionne, plus il faut étonner une foule qui fait de la surenchère. Vers quoi cette transformation va-t-elle l’amener ?

Enfin, dernier élément sur lequel mettre l’accent, L’enfant Nucléaire n’est pas qu’un roman fantastique qui pousse une maladie à son point le plus extrême. C’est aussi et avant tout un roman politique. Il nous pousse à nous interroger sur la notion de bien commun et de mal. Où commence une bonne action quand elle se fait au détriment d’autres personnes ? On y découvre également toutes les machinations politiques que Daph Nobody a concoctées pour nous et qui s’emboitent parfaitement à l’intrigue. Et même si certains faits sont aisés à pressentir, d’autres sont aussi surprenants que bien amenés.

Alors, que penser de L’Enfant Nucléaire ? Pour moi, c’est un livre d’un genre inclassable : sombre comme je n’en ai rarement lu et comme j’aimerais en lire plus. Il y a souvent trop de concessions dans les récits, ce qui les rend bons mais pas excellents. L’Enfant Nucléaire est un livre mémorable comme il en faudrait plus et c’est ce que la collection Exprim’ s’emploie à faire.

Bravo à Daph Nobody pour ce roman cinglant, triste et beau à la fois. Son écriture désabusée nous entraîne dans une aventure dont on ignore tout ou presque, sinon qu’elle est folle et sinistre. A lire dès l’âge de 15 ans minimum.

Saluons également la sublime couverture de l’artiste Kris Kuksi, dont l’œuvre intitulée Original Sin colle parfaitement à l’ouvrage de Daph Nobody.

L'enfant nucléaire original sin

Chronique : 15 ans, Welcome to England !

15 ans welcome to EnglandOu les joies d’avoir un correspondant étranger dont on ne comprend pas la langue…

Premier volume des aventures de la folle mais adorable anglaise Jess, nous voici plongés dans l’horrible situation d’un échange culturel entre notre héroïne et un français ! Écrit par Sue Limb, ce roman a beau être le premier paru, il n’est pas indispensable de les lire dans un ordre précis, chaque ouvrage traitant d’une histoire de façon indépendante.

Outre les aventures trépidantes de Jess, Sue Limb a également écrit la série Zoé et Chloé chez Folio Junior pour un lectorat de lectrices un peu plus jeunes. Elle est également l’auteur de la série de premières lectures Ruby Rogers chez Folio Cadet.

Ou comment un échange culturel peut se transformer en… cauchemar !

Le « drame » débute quand il est question de faire un échange culturel avec des français. Jess panique (et fantasme également) à l’idée d’avoir un beau jeune homme aux lèvres boudeuses. Mais avant sa venue, il faut tout d’abord correspondre avec lui, et c’est là que les choses commencent déjà à se gâter… Jess ne se trouvant pas assez jolie, elle demande à son meilleur ami Fred de modifier quelque peu son apparence sur Photoshop. Est-ce vraiment une bonne idée ? En tout cas au début, notre héroïne farfelue le pense…

Mais écrire une lettre n’est qu’un doux préambule à l’horreur que va devenir sa semaine d’échange avec con correspondant Édouard. Incompréhensions mutuelles, contresens linguistiques dangereux… rien ne va se passer comme prévu. Mais heureusement Jess a une qualité incroyable : l’autodérision. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais aux vues des situations dans lesquelles elle s’embarque, c’est presque un super pouvoir !

Un livre drôle qui nous donne une image étrange de nous français

Stéréotypée volontairement et avec malice, l’image que donne Sue Limb des français est fort amusante. A priori, tous les garçons français seraient sexy, notre accent séduit les anglais et les fait tomber comme des mouches et nous mangeons bien évidemment des cuisses de grenouilles. En tout cas, c’est à peu près le portrait-type que Jess a d’un français, de même que toutes ses amies.

Et bien elles vont être fort déçues ces anglaises prêtes à se languir pour un français, à commencer par Jess. En effet, la rencontre avec Edouard sera une épreuve des plus dérangeantes et malaisée de sa vie : le jeune homme est tout sauf ce qu’elle espérait. Mutique, plus petit qu’un enfant en primaire et peureux comme pas possible, la socialisation s’annonce difficile des deux côtés de la Manche !

D’incompréhensions en maladresses linguistiques

Évidemment, le nerf de la guerre dans ce roman, c’est la confrontation de deux cultures et surtout deux langues très différentes le tout avec des ados soit très timides soit déjà amoureux de leur correspondant (ou de celui des autres…).

Sue Limb maîtrise à la perfection la création d’ambiances où le malaise règne en maître : une odeur bizarre qui flotte dans une voiture ou encore un camping complètement foutu pour cause de mélange linguistique poussif… tout est possible. On adorera encore une fois les répliques parfaitement créés pour l’occasion, les plus géniales étant encore celles échangée avec la mère de Jess ou encore avec Fred, son meilleur ami qui a toujours la réplique qui tue.

« – Ne me parle pas sur ce ton ! murmura sa mère en quittant le lycée. Il est très sensible au ton de la voix. Surtout la colère. Le pauvre petit est désemparé.

* On devrait lui attribuer un nom de code, dit Jess. Qu’est-ce que tu pense de « la reine » ?

* Excellente idée. Maintenant, essaye d’être gentille avec la reine. Elle a fait un voyage difficile. Offre-lui au moins un sourire. »

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En somme, encore une fois Sue Limb nous régale d’un récit simple mais d’une telle justesse que c’en est drôle. Elle est la reine pour créer des situations plus cocasses les unes que les autres à son héroïne et son entourage… pour le meilleur et pour le pire ! Et vive la Reine ! Si vous voulez vous tordre de rire et vous défouler sur un livre, 15 ans, Welcome to England sera parfait. Dès 14 ans environ, mais sans limite d’âge !

Si vous avez aimé, vous pouvez essayer :

15 ans charmante mais cingléejournal d'aurore 01

Chronique : Black Eden – Tome 2 – La sphère de Méduse

Black Eden - tome 2Une suite réussie où les temps s’entremêlent

Second tome de la série espagnole Black Eden paru aux éditions Milan dans la collection Macadam, La sphère de Méduse est paru en octobre 2012. La série Black Eden, dont le titre original est La llave del tiempo se compose de huit tomes au total. Nous continuons ainsi à suivre les traces de Martin, Cassandre, Selena et Josh pour des aventures devenant forts intéressantes !

Direction Paris, dans le futur

Finie l’île paradisiaque des débuts, le danger est constant et aux endroits les plus inattendus… Nous voici ainsi partis en direction de la fameuse Tour Saint-Jacques, en plein centre de Paris pour nos quatre héros dont la quête continue… le mystère s’épaissit et au lieu de réponses, c’est une foule d’interrogations qui fond sur nous ! Mais qu’importe, l’histoire de Black Eden est toujours aussi intéressante et prenante par son originalité et son dynamisme.

Passionnant et surprenant de bout en bout

Nous découvrons de très nombreuses nouvelles facettes de notre Terre dans le futur, dont la ville de Méduse. Il s’agit d’une ville qui regroupe les meilleurs scientifiques du monde, le tout dans des conditions optimum. C’est là-bas que va se retrouver le quatuor, qui va vite découvrir qu’il est lié à la ville de bien différentes façons, et dans des temps différents.

Le présent se mélange de façon fascinante (et dangereuse ?) avec le futur, mais il est difficile d’en dire beaucoup plus sans en révéler trop. Tout ce que l’on puisse dire, c’est que les auteurs ne manquent pas d’imagination et de logique pour créer une intrigue à l’efficacité redoutable.

On découvre notamment dans ce tome une technologie fascinante qui vient du futur : une sorte de tapisserie vivante à réalité augmentée qui immerge totalement la personne qui la regarde. Toutes les parties du roman où elle est utilisée sont captivantes. D’autres scènes sont également captivantes, notamment celle où l’une des héroïnes va se surpasser dans son domaine de prédilection : les sciences et l’informatique.

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En conclusion, ce second tome de la série d’anticipation sombre créée par Ana Alonso et Javier Pelegrin est encore une fois captivant. On aimerait dire que l’on a hâte de lire la suite, mais encore faudrait-il qu’elle paraisse en France… les éditions Milan ont décidé d’arrêter le cycle, trop peu de ventes étant au rendez-vous… Dommage, nous étions fans !

Chronique : Dualed – Tome 1

Dualed 01Remportez la victoire, méritez votre place.

Écrit par Elsie Chapman, Dualed est son premier tout premier roman, qui fait partie d’une duologie. D’origine Canadienne (Colombie-Britannique), elle vit maintenant à Tokyo. Le roman est paru le 6 mars 2014 en France et a ainsi lancé la toute nouvelle collection pour ados Lumen. Le second tome, Divided, est à paraître aux États-Unis pour fin mai 2014.

L’histoire nous entraîne dans un futur où une guerre mondiale a éclaté… c’est ainsi qu’est né Kersh, le dernier bastion où l’humanité vit en paix, sous certaines conditions…mortelles.

Un double de soi dans la société, dès la naissance

Dans la ville-bastion de Kersh, chaque personne naît avec un double qui lui ressemble traits pour traits, on le nomme l’Alt. Chaque Alt vit dans des familles différentes, est élevé dans des quartiers différents jusqu’au jour de sont activation par le Conseil.

En effet, un seul des deux peux survivre : c’est au plus fort, au plus rusé ou parfois même au plus mesquin de gagner sa place dans la société en tuant son double. Ainsi, entre l’âge de 10 ans jusqu’à 20 ans, chacun peut être activé et a alors trente jours pour éliminer son double. Si aucun des deux n’y parvient à l’échéance, les deux Alts sont autodétruits par le Conseil : c’est qu’ils ne méritaient pas de vivre, qu’ils étaient trop faibles.

Pour ceux ayant survécu à leur Activation (on les nomme les Accomplis), tout devient possible : avoir un travail qui paye bien, accès à une meilleure nourriture et non pas des ersatz et surtout avoir le droit de se marier et de fonder une famille.

C’est dans ce contexte post-apocalyptique et extrêmement urbain que nous faisons la connaissance de West Grayer, une inactive qui a 15 ans. Son tour n’est pas encore venu, et elle apprend le plus possible le maniement des armes pour être fin prête quand son activation arrivera. West a tout perdu et n’a plus aucun attachement à qui que ce soit : sa famille a été décimée membre après membre. Il ne lui reste que son frère Luc et son meilleur ami, Chord. Mais eux non plus n’ont pas été activés, alors qui sait de quoi l’avenir sera fait ?

De l’action, des sueurs froides et un combo d’adrénaline

Le roman démarre ainsi très rapidement sans nous laisser aucun temps mort. Nous en découvrons plus sur le fonctionnement de la ville de Kersh ainsi que certains de ses secrets (notamment les Chasseurs). Très vite, West Grayer va être activée et devenir… une proie ou une traqueuse de son double ? Elle-même ne le sait pas, mais elle a trente petits jours pour se découvrir et cerner les habitudes de son double ou mourir. Mais elle ne sera pas seule et trouvera une aide (malgré elle) en la personne de Chord, le meilleur ami de son frère…

Peu à peu, toute l’horreur de la ville de Kersh et de son système s’ouvre à nous : chaque activé peut être traqué très facilement par son double si ce dernier effectue des achats (qui se font souvent par scan des yeux) ou autres actes de la vie quotidienne. Ainsi, une préparation et un sang-froid constant sont de rigueur pour survivre dans cette jungle urbaine et fumante que devient Kersh, et où tout est possible : n’importe-où et n’importe quand.

Aucune place à l’ennui : de l’adrénaline en continu

Dualed est un premier tome bourré d’action, de suspense et qui ne nous laisse aucun repos, tout comme ce que vit son héroïne. On appréciera cette tension constante, au fil du rasoir qui nous accapare du début à l’ultime fin.

Évidemment, l’intrigue fait fortement penser à Hunger Games par certains côtés : des éliminations entre adolescents obligatoires sous peine de mort, un gouvernement totalitaire aux objectifs opaques, une ambiance post-apocalyptique où l’on ignore tout de l’extérieur… Mais ces similitudes n’en font pas une copie, mais bien une nouvelle série dystopique au potentiel fort ! Dualed peut aussi être assimilé à du darwinisme poussif où la sélection naturelle est créé de toutes pièces par le mystérieux Conseil de Kersh… mais dans quel but ?

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En conclusion, Dualed est un cocktail détonnant qu’il serait franchement dommage de rater. Si vous aimez les univers post-apocalyptiques, les ruelles sombres et sordides aux bouches d’égouts fumantes où tout peut arriver, et où l’humanité est poussée à ses extrêmes les plus sombres, ce livre est fait pour vous !

Affaire à suivre de près avec la suite, Divided, dont on meurt d’envie de découvrir la conclusion qui porte notamment sur le fameux Conseil et ses étranges décisions…

Chronique : Les Fragmentés – Tome 2 – Les déconnectés

Les fragmentés 02La révolte des Fragmentés change de dimension…

Second tome de la série Les Fragmentés paru chez MSK en septembre 2013, Les Déconnectés nous replonge dans l’enfer futuriste de Neal Shusterman où l’avortement n’existe plus mais où la fragmentation est légale….

Les droits d’adaptations ont d’ailleurs étés vendus pour les Fragmentés et un film est en cours de production. Très peu d’informations circulent sur le sujet, mais vous pouvez toujours voir cet article, qui montre le casting idéal des Fragmentés selon son auteur.

Neal Shusterman est également l’auteur de La trilogie des Illumières dont les deux premiers tomes sont parus chez MSK.

Les règles du jeu changent…

Le seul moyen d’affronter un monde sans liberté est de devenir si libre qu’on fasse de sa propre existence un acte de révolte – Albert Camus. Ainsi commence ce second opus de la série, avec une citation qui réussit à concentrer tout l’esprit de la série.

Peu de temps s’est écoulé entre la fin du premier tome et sa suite, nous retrouvons ainsi Connor en nouveau leader du Cimetière, Lev « le Claqueur qui n’a pas claqué » ainsi que Risa, chacun ayant de nouvelles et lourdes responsabilités au nom de la révolution en marche. Ces nouvelles charges, c’est malgré eux qu’ils vont devoir les assumer : devenus les symboles de la résistance, leur choix ne sont plus uniquement dictés pour eux-mêmes mais pour des milliers d’adolescents en passe d’être fragmentés et qui croient en eux…

De nouveaux mouvements de société se forment, des clans se créent et l’opinion publique est maintenant prise à parti de façon systématique au travers d’émissions pro-fragmentations… Vers quel camp la balance penchera-t-elle ? Les choses vont-elles réellement changer ?

De nouveaux combats sur une échelle bien plus grande et pernicieuse

Dans ce second tome, nous faisons la connaissance de nouveaux personnages marquants. Rufus, futur fragmenté et sauvé in-extremis par l’équipe de choc de Connor ; Miracolina, une décimée folle de rage à l’idée de ne pas être fragmentée comme prévu ; Cam, le symbole même de la fragmentation sous son jour le plus extrême…

Ces protagonistes vont changer la donne et faire de l’intrigue quelque chose de plus grand. Les questionnements fondamentaux restent, mais l’échelle à laquelle ils se jouent va changer. Batailles médiatiques, manipulations au sein même du Cimetière des survivants, personne n’est ménagé.

L’intrigue avance, les personnages évoluent, notamment Lev, qui devient l’un des plus intéressants de tous grâce à ses nombreuses facettes insoupçonnées, y compris de lui. Mais l’ennemi d’une cause n’est pas nécessairement le plus visible, les batailles intestines étant le pire fléau qu’aura à connaître Connor et son Cimetière de Fragmentés… Encore plus sombre avec des chapitres entièrement consacrés aux protagonistes les plus extrêmes qui prônent la fragmentation par tous les moyens, ce second tome est une nouvelle claque à l’effet ravageur.

Immersif, dérangeant, addictif, encore une fois les superlatifs ne manquent pas pour qualifier ce roman au terrifiant futur proche. A lire pour être au plus près de la nature humaine et de ses effrayants travers…

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Cette série fait partie des indispensables de l’année 2013 et du genre de l’anticipation en général. La suite étant à la hauteur du premier tome qui avait déjà mis la barre très haut. On attend donc avec impatience le troisième et avant-dernier volume qui sortira en France à la fin de l’année 2014. Ah et petite note à l’attention des lecteurs adultes, ce livre a beau cibler des adolescents, il serait regrettable de passer à côté d’un livre d’une telle qualité. Vous voilà prévenus !

Chronique : Le Puits des mémoires – Tome 2 – Le Fils de la Lune

Le puits des mémoires 02Le temps des révélations est arrivé… et elles font mal !

Second tome de la trilogie Le Puis des Mémoires, Le fils de la lune est le roman charnière de la série, il est paru en 2012 aux éditions Scrinéo. C’est dans ce tome-ci que les informations les plus intéressantes sur le trio en vadrouille sont enfin révélées…

Ecrite par Gabriel Katz, cette série est une belle preuve que la bonne fantasy est loin d’être réservée aux seuls auteurs anglo-saxons.

Fuir Hélion pour débarquer à Woltan… au plus près de l’ennemi qui les traque

Le trio quo forme Nils, Karib et Olen poursuit sa quête d’identité en même temps que sa fuite en se cachant là où on les attend le moins… au cœur même du royaume qui les traque. Bars, marchés, tavernes glauques…ils passent partout sans être reconnus et sont ratés de peu par les troupes de l’albinos qui les poursuivent depuis tant de semaines.

De pistes fumeuses en indices ténus, nos anti-héros font de curieuses rencontres et d’incroyables  découvertes sur eux ainsi que leur entourage (famille, amis…)… mais difficile de vous en dire plus sur leur teneur sans vous spoiler.

Palpitant et très bien ficelé

Ce second volume du Puits des Mémoires est un vrai régal après un premier livre très introductif : nous découvrons enfin qui sont réellement au moins deux des personnages que l’on suit depuis le début. Et on peut dire que leur identité est pour le moins surprenante et surtout inattendue.

Suite à ces révélations, c’est un mélange entre tensions et situations cocasses et parfois même drôles qui s’invitent. En effet, nos personnages on beau avoir retrouvé leur identité, leur mémoire n’est pas revenue pour autant, et cela va leur créer de nombreux désagréments…

Tout au long du roman, leurs pérégrinations sont improbables et tout ce qu’ils entreprennent a furieusement l’air d’être de l’improvisation constante. Normal, c’est effectivement le cas, mais c’est aussi ce côté perpétuellement aléatoire qui rend le récit à la fois sérieux, palpitant, tout en jouant parfois sur le ton humoristique.

Outre les belles révélations qui parsèment l’intrigue, on appréciera encore une fois les dialogues fleuris et naturels des trois compagnons de route, plus naturels que jamais. Dans un environnement guerrier de fantasy, Gabriel Katz maîtrise les codes du genre avec simplicité et efficacité, sans fioritures ni digressions.

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Pour conclure, Le Fils de la Lune est un très bon volume de la trilogie, certainement le meilleur : il regorge de retournement de situations, et cela jusqu’à l’ultime phrase… Ça se lit vite et ça se lit bien ! A conseiller à ceux qui veulent tester le genre fantasy et qui ont peur de se perdre dans des univers trop denses. A partir de 14 ans environ, mais sans limite d’âge.

AUTEUR :
GENRE : Fantasy
TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditoriale : Lumen, lancement d’un nouvel éditeur pour la jeunesse et les ados débarque !‏

Lumen logoUne nouvelle collection d’ouvrages à destination de la jeunesse et des adolescents arrive sur la scène éditoriale le 6 mars prochain : Lumen.
Aux vues de la présentation faite par l’éditeur, la collection tablera sur des publications destinées à des lecteurs d’au moins 11 ans jusqu’à beaucoup plus. Pour 2014, ce sont déjà 16 titres de prévus, dont 10 nouveautés.

Un beau et très ambitieux programme de parution dont nous vous communiquons aujourd’hui quelques informations.

Dualed 01 VODualed – Tome 1 – L’initiation de Elsie Chapman :

Dans le futur, toute personne qui naît possède un double, élevé dans une autre famille. Mais une fois un certain âge atteint dans la société, un seul des deux peut survivre. Remporter ce combat signifie pour le gagnant un bon travail, un mariage, en somme la vie.


Le résumé est tentant : entre roman d’anticipation et thriller, le tout est fort engageant, on a hâte de le lire et de vous en faire la chronique.
Dualed est une série en deux tomes, rendez-vous le 6 mars prochain pour le découvrir en librairie.


King's Game 01King’s Game – Tome 1 de
Nobuaki Kanazawa :

Tout droit venu du Japon, King’s Game est avant tout un ketai roman, c’est à dire un livre qui a été écrit à partir d’un téléphone portable, comme c’est la mode au pays du soleil levant.
L’ouvrage a ensuite été adapté en manga sur cinq tomes qui sont d’ailleurs parus en France aux éditions Ki-oon, le dernier arrivant le 13 février prochain.
Pour patienter avant la sortie du roman par lequel tout a commencé, il faudra attendre jusqu’au 15 mai 2014. En attendant, voici la quatrième de couverture du manga.

Quatrième de couverture : Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange sms qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. Le mystérieux expéditeur du message prétend que la classe entière participe à un “King’s Game”. Jour après jour, les défis se succèdent, et les lycéens sont bien obligés de se rendre à l’évidence : ils ont 24 heures pour s’exécuter et la sanction en cas de désobéissance est la mort . Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? Où qu’elles soient, quoi qu’elles tentent pour s’échapper, la mort vient trouver ses jeunes victimes, infaillible. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à découvrir la vérité avant qu’il ne s’abatte ? King’s Game… 1 classe, 32 élèves, 24h pour obéir. Une seule sanction : la mort.

Lumen plaquette (6)

 

Les parutions Lumen :

Lumen plaquette (1)Voici pour les parutions à venir et nous avons déjà des titres qui nous font les yeux doux, en particulier King’s Game et Gardiens des Cités Perdues (dont la couverture est magnifique) ou encore le tout nouveau roman d’Andrea Cremer, Le secret de l’inventeur

Chronique : Les 100 – Tome 1

les 100 01Un roman de science-fiction destiné aux adolescents qui démarre fort… !

Les 100 est le premier roman de l’américaine Kass Morgan. Paru en septembre 2013 aux Etats-Unis, l’ouvrage de science-fiction post-apocalyptique est déjà l’objet d’une adaptation en série télévisuelle dont le premier épisode sera diffusé le 19 mars 2014 sur la chaîne CW.

En ce qui concerne l’ouvrage, c’est dans la collection R qu’il paraîtra le 23 janvier prochain, nous ne savons pas encore combien de tomes comportera la série au total.

La vie dans l’espace se fait au prix de nombreux sacrifices… et de vies

La Terre dans le futur : radioactive, inhabitable à cause de l’homme, ce dernier a dû s’exiler dans l’espace où il survit plus qu’il ne vit vraiment. Mais la vie est plus douce pour certains, tout dépend de quel côté de la barrière vous vous trouvez : en effet, la station spatiale regroupant le dernier espoir de l’humanité a été divisée en trois parties : Walden, Arcadia et Phoenix.

Phoenix est favorisée et connaît peu le rationnement tandis que les des autres parties de la colonie – Walden et Arcadia ne vivent elles qu’au rythme des rares fois où il y a de l’eau et de l’électricité, cette situation créé évidemment de nombreuses tensions…

Les règles qui régissent la colonie sont extrêmement rigides : le moindre impair conduit à la peine de mort directe, ou à l’Isolement pour ceux qui ont moins de 18 ans jusqu’à ce qu’ils soient rejugés. Une façon comme une autre de réguler la population dans un environnement extrêmement restreint…

Le Chancelier de la colonie va cependant changer les règles préétablies en envoyant 100 adolescents condamnés à l’isolement sur la Terre. Objectif : voir si la planète est toujours mortelle pour l’homme, et pour se faire, peu importe que les parias de la société meurent.

C’est dans ce contexte que nous découvrons Clarke, Wells, Bellamy et Glass : quatre adolescents au passé déjà bien sombre et à l’avenir plus qu’incertain. Certains d’entre eux vont tout faire pour fuir cette mission-suicide, tandis que d’autres vont tout tenter pour en faire partie…

Un suspense haletant dans les étoiles… et sur Terre

Les 100 est un roman atypique aux personnages forts et biens campés qui savent provoquer l’attachement. Chaque chapitre est dédié à un des quatre protagonistes en particulier : Clarke, Wells, Bellamy ou Glass. Chacun d’eux a un parcours et des motivations très différents les rendant uniques en leur genre. Certains sont empreints de sentiments nobles, mais d’autres sont prêts à tout pour parvenir à leur fins : lâches, menteur, meurtriers… rien ne les arrête.

Chaque chapitre, centré sur l’un des personnages, est également composé de flash-back, le plus souvent sur des phases déterminantes de leurs vies. Plus nous avançons dans l’intrigue et plus ces révélations s’avèrent cruciales et même terrifiantes (notamment les faits passés de Wells…).

L’intrigue se déroule environ pour moitié sur Terre avec les 100 ; l’autre partie dans la colonie, où les choses n’évoluent pas forcément dans le bon sens. L’humour de la situation pourrait bien faire des 100 des héros bien malgré eux…

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Alors que penser de ce premier tome de façon globale ? Il est efficace : les antihéros que nous suivons tout du long ont ce petit quelque chose qui ne les rend pas « plats ». Nous sommes dans un univers de sf, et Kass Morgan joue de ses codes avec facilité (rationnement, Terre dévastée, règles drastiques pour permettre à l’humanité de survivre, etc.), sans perdre le lecteur dans des faits complexes. En cela, Les 100 est un parfait roman pour faire découvrir le genre à partir de 14 ans.

Tous les ingrédients qui font un bon roman sont ainsi réunis pour nous donner un premier tome efficace et haletant. Peu léger sur le fond, il pousse le lecteur à voir ce que faire de pire l’homme quand il s’agit de sauver sa peau… ou paradoxalement, d’aider son prochain. On attend avec impatience la suite !

Chronique : 15 ans, charmante mais cinglée

15 ans charmante mais cingléeL’adolescence du côté fun !

Écrit par Sue Limb, une auteur de nationalité anglaise, la série 15 ans et sa suite 16 ans, nous raconte le quotidien d’une adolescente de notre époque. Gentille, mais plate comme une limande, cette dernière n’a selon elle pas grand-chose pour plaire… mais la vie va lui démontrer le contraire !
Le tout premier tome s’intitule 15 ans, Welcome to England !, mais il n’est pas nécessaire de lire les livres dans l’ordre pour les apprécier pleinement.

Les illustrations de couvertures sont signées par l’artiste française Soledad Bravi, qui colle parfaitement au ton enjoué et drôle des romans.

« Un obèse va s’asseoir à côté de vous dans le bus, et il ne s’est pas lavé depuis Noël »

Jess a un petit problème avec le karma : le sien  n’est pas franchement bon… et sans être malchanceuse, elle ne fait pas non plus partie de ces gens à qui la réussite sourit. Elle se trouve plate et tente d’y remédier par des moyens peu orthodoxes, pense que ses oreilles ont la forme d’un chou-fleur… Mais surtout, elle est folle amoureuse de Ben Jones et fait tout pour attirer son attention dans le bon sens du terme… mais ça ne marche jamais vraiment comme prévu !
De son besoin d’attention et d’amour vont découler une foule de situations très inconfortables pour notre anti-héroïne… mais le pire, c’est que l’on en rit à ses dépends, souvent.

Drôle et désespéré, nous suivons ainsi le quotidien de Jess qui se croit d’une banalité affligeante, mais qui recèle en réalité un esprit d’une rare vivacité. Préparez-vous donc à des scènes épiques (ou plutôt des fails épiques) et des dialogues savoureux !

« Vous allez ouvrir un sachet de cacahuètes en public avec beaucoup trop de panache »

La vie délurée d’une adolescente d’aujourd’hui, voilà ce que nous promet ce court roman et le but est atteint. On rit littéralement aux irrésistibles tournures de phrases de notre narratrice un peu folle sur les bords, de même que les descriptions qui accompagnent ses diatribes :

« Quand Jess réapparut, elle était écarlate et elle avait l’œil gauche si noir qu’elle ressemblait à un pirate. Pourtant, elle comprit en un seul regard qu’elle aurait pu se laisser pousser un troisième œil et se peindre les cils en rouge, personne ne l’aurait remarqué ».

De même, chaque début de chapitre commence avec des phrases type « biscuit chinois », mais en version plus infortunée que les traditionnels petits papiers : « Aujourd’hui la Lune est en Uranus et Vénus se transforme en menthol. Il y a donc toutes les chances pour qu’un berger Allemand pisse sur votre sac », ou encore : « Votre ours en peluche va vous annoncer qu’il est enceint et qu’il veut aller au planning familial ».

Alors certes, les tribulations de Jess sont très normales, mais elles sont justement rassurantes en cela. Tout ce qu’elle fait, ses problèmes, ses questions… tout cela est réaliste et permet au lecteur d’y voir son propre quotidien, sans chichis ni situations invraisemblables, et on aime ça !
Bon, après, je ne suis pas certaine que tout le monde aurait mis du minestrone dans des sacs plastiques à l’intérieur de son soutien-gorge pour le rembourrer, ça reste à voir…

La conclusion de cette lecture est bien simple : à lire pour se défouler, pour rire, ne pas se prendre la tête… on en redemande !

Actualité éditoriale : Les Outrepasseurs, présentation d’une nouveauté tentante…

Les outrepasseurs 01Les Outrepasseurs est le premier roman de l’auteur Cindy Van Wilder à paraître le 13 février 2014 aux éditions Gulf Stream. En attendant la chronique à paraître prochainement sur le site, en voici la quatrième de couverture et quelques photos du livre, dont la finition est superbe : dorures sélectives sur tout le livre, première page repliable cachant une belle image… Rien que le fait de voir le livre donne envie de l’ouvrir… !

La chronique du tome 1, Les Héritiers.

« -Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous.

– Nous ?

– Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent la Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. Vous combattrez ensemble. (Il baissa le ton de sa voix.) Nos adversaires ne s’arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux. »

Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat et découvre que l’attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d’un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis des siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie…

Tomaison de la série les Outrepasseurs :

En outre, pour avoir peut-être la chance de lire en avant-première l’ouvrage, voici un concours organisé sur le site officiel de l’auteur : http://cindyvanwilder.wordpress.com/2013/11/28/outrepasseurs-le-concours. Alors bonne chance !

outrepasseur trilogie

Outrepasseur photo (1)

Outrepasseur photo (2)