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Chronique : The Lying Game – Tome 5 – Croix de bois, croix de fer

The lying game 05L’étau se resserre doucement sur l’assassin de Sutton…

Paru en février 2014, Croix de bois, Croix de fer est le cinquième et avant-dernier tome de la série policière et un soupçon surnaturelle The Lying Game. Suite directe du précédent tome, nous suivons toujours l’histoire narrée par le fantôme de Sutton Mercer, qui ne lâche pas sa sœur jumelle enquêtant sur son meurtre. Le titre de l’ouvrage fait référence au mot de passe qu’utilisent les filles du Jeu du Mensonge pour jurer que ça n’est pas un mauvais tour qu’elles jouent à leurs amies.

Sara Shepard est une auteur américaine connue pour ses romans ados avec notamment la série Pretty Little Liars, les livres ont étés adapté en série télé, tout comme The Lying Game.

L’investigation solitaire d’Emma à Tucson se poursuit…

Suite directe du précédent tome, nous retrouvons Emma avec ses derniers questionnements en date sur la disparition de Sutton. Leur mère biologique est-elle à mettre en cause ? Est-ce quelqu’un de l’entourage de Sutton qu’elle a trop blessé avec une de ses énièmes blagues cruelles ? La tension mon te doucement au fil des petites révélations qui se font au sein de ce tome…

Les mêmes processus que dans les tomes précédents, mais avec un peu plus de matière

Sara Shepard renouvelle peu sa formule mais sait ajouter un peu d’intérêt à l’intrigue à travers ce cinquième opus. L’auteur nous sème quelques petits indices qui permettent de déterminer qui est le potentiel tueur – ou tueuse – de Sutton.

De nouveaux personnages font leur entrée, avec notamment Céleste, une adolescente aux allures éthérée croyant dur comme fer au surnaturel. Sa venue à Hollier, dans le lycée de Tucson est gênante pour Emma car Céleste veut tout faire pour s’intégrer en faisant sa loi… Et Emma est bien loin de la distance hautaine qu’entretenait si bien sa sœur jumelle Sutton.

Outre ces quelques nouveautés, l’enquête d’Emma et de son petit ami Ethan se poursuit et avance plus concrètement que jamais, et il faut avouer qu’il était grandement temps ! Impossible d’en dire plus sans spoiler, ce sera donc à vous de découvrir les avancées en la matière…

Un point gênant à noter au niveau du contenu du livre : comme tous les autres tomes de la série, le roman contient énormément de citations de marques. Tellement que s’en est invasif par moment, d’autant qu’il s’agit de marques de luxe totalement inconnues pour qui n’est pas à la pointe de la mode.

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En conclusion, cet avant-dernier tome relance quelque peu l’affaire mais ne suffit pas à enlever cette impression de sur-place général. On a une seule hâte, enfin savoir qui est derrière tout ça, mais guère plus…

Chronique : Ma raison de vivre – Tome 1

Ma raison de vivre 1Un roman terriblement fascinant sur la violence ordinaire qui peut sévir derrière les murs d’une maison comme les autres…

Premier roman de Rebecca Donovan à paraître en France, Ma raison de vivre est le premier tome d’une trilogie pour les adolescents et les jeunes adultes. Aux Etats-Unis, son cycle se nomme The Breathing Serie. En France, l’ouvrage vient de paraître en mars 2015 aux éditions Pocket Jeunesse.

Une adolescence difficile qui ne semble pas près de s’arranger

Emma vit chez son oncle et sa tante depuis quelques années maintenant. Entre son père décédé et sa mère constamment alcoolisée, il était mieux pour elle qu’elle vive chez eux. Ils sont l’image même d’une famille normale : une maison, deux enfants… mais quand Emma rentre chez son oncle et sa tante le soir, c’est un terrible calvaire qui s’annonce. Et le mal ne provient pas de son oncle. Non. La source du tourment est sa tante, constamment en train de la rabaisser physiquement et psychologiquement.

Emma sait qu’elle doit tenir le coup, il lui reste moins de deux ans avant de pouvoir quitter cet enfer, alors pas question de se laisser aller. La seule question qui reste est : Emma peut-elle continuer à faire illusion auprès de ses amis ?

Mais le jour où le mystérieux et charmeur Evan débarque dans le petit monde d’Emma, c’est clairement le début de la fin. Emma le sait : une histoire d’amour n’est pas envisageable sous peine de terribles représailles de la part de sa tante. Et pourtant… peut-on lutter contre un amour naissant ?

Extrêmement prenant et impossible à lâcher avant la fin

L’histoire d’Emma est d’un réalisme tel que l’on se sent immédiatement concerné par sa douleur. C’est ici son quotidien qui nous est dépeint dans toutes ses joies et ses soucis… L’amitié que la jeune fille entretien avec Sara (LA star du lycée) est vitale pour elle.

C’est grâce à Sara qu’Emma peut parfois sortir et prendre goût à la vie pour quelques heures, même si cela est très rare. De même, c’est la seule personne à qui elle peut se confier… et encore, Sara ne connaît que la partie émergée de l’iceberg.

La plupart des scènes du roman dépeignent le quotidien normal d’Emma au lycée. Ses amitiés, ses disputes, ses moments de liberté à travers le sport et les différents clubs auxquels elle participe. Au final, il y a peu de scènes en huis-clos avec son horrible tante. Mais l’appréhension d’Emma (et la notre) est telle qu’elle en vient à vivre à travers ces moments de supplice…

Vous vous demandez certainement pourquoi Emma ne dit rien quant aux tortures (parfois très insidieuses) qu’elle subit depuis des années, et bien là réponse est bien là et elle est d’une logique implacable.

Rebecca Donovan réussi avec talent à nous immerger dans un univers totalement réaliste où une toile se referme lentement sur Emma. Plus elle prend goût à la normalité et à la notion de liberté et plus on se sent oppressé par les dangers qu’elle encourt. Pistée, harcelée, terrifiée, on a constamment peur pour elle, à l’image de sa meilleure amie Sara.

C’est exécuté avec efficacité, et même les longs chapitres un peu trop axés sur la romance à mon goût passent très bien. Et puis, difficile de ne pas être sensible aux premiers émois d’Emma, elle n’a que très rarement connu des sentiments positifs.

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En conclusion, ce premier tome est redoutablement efficace. On se laisse entraîner dès les premières lignes dans le quotidien difficile d’une adolescente qui n’a rien demandé hormis le droit de vivre pleinement. A lire d’urgence si vous aimez les récits captivants et réalistes. Attention au dernier chapitre, il laisse pantois et avec une sérieuse envie de se jeter sur la suite… qui ne sort qu’en septembre 2015 !

Chronique : The Lying Game – Tome 4 – Cache-cache

The lying game 4Trahisons et faut semblants, partie quatre

Nous continuons nos chroniques de la série de romans The Lying Game écrite par Sara Shepard avec le quatrième tome : Cache-cache. La série est éditée en France par Territoire, la collection ado de Fleuve Editions. Nous en sommes maintenant au quatrième tome sur six au total, et peu de pistes valables semblent mener vers l’assassin de Sutton Mercer…

Un nouveau coupable potentiel sur le devant de la scène ?

Nous reprenons où nous l’avons laissée la jeune Emma Paxton qui remplace sa sœur jumelle Sutton Mercer assassinée. Personne n’est au courant de cette imposture hormis son petit copain Ethan qui l’aide à enquêter. Emma étant constamment menacée par l’assassin de sa sœur, elle se doit d’être extrêmement prudente dans ses agissements et ses paroles…

Cette fois-ci, c’est un nouveau personnage que nous découvrons… et il se pourrait bien que cette personne ait un lien avec la disparition de Sutton. Nous l’avons déjà vue à travers de nombreuses descriptions du passé d’Emma, quand elle avait cinq ans : il s’agit de sa mère biologique, Becky. Quel rôle joue-t-elle dans ce nouvel opus ?

De nouvelles pistes s’ouvrent pour l’enquête

Ce quatrième tome est celui des révélations familiales. Sans en dire beaucoup plus sous peine d’exposer trop l’intrigue, sachez qu’ici la filiation va ici prendre tout son sens. Les relations qu’entretenaient Sutton avec sa famille adoptive sont bien plus tendues qu’il n’y paraît au premier abord… C’est donc une nouvelle piste qui s’ouvre avec pour fond les relations mère/fille.

Est-ce que ces nouvelles informations relèvent le piment général de la série ? Pas franchement. On commence à deviner le cycle général que fait prendre Sara Shepard à ses livres : nouveau personnage potentiellement accusé, puis accumulation de preuves contre lui, puis passage à un nouveau personnage, etc. Ce tome ne fait pas exception, et malgré l’arrivée fracassante de Becky, le tout est mené de façon très linéaire et semblable aux tomes précédents.

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Pour conclure, ce quatrième tome de la série The Lying Game tourne toujours autour des mêmes mécanismes. Peu de surprises, pas de grandes tensions. On reste curieux de connaître le mot de la fin, mais le tout traîne énormément en longueur… Dommage.

Chronique : Grisha – Tome 1 – Les enfants du Royaume

Grisha 01Une belle fantasy aux inspirations slaves

Paru en 2013 aux éditions Castelmore, le premier tome de la trilogie Grisha nous dépeint une fantasy où de nombreux archétypes de la Russie sont présents. Les Orphelins du Royaume est ainsi le tome d’ouverture de la saga qui malheureusement ne sera pas poursuivie en France pour des raisons de ventes insuffisantes.

L’auteur,  est née en Israël mais a grandi aux États-Unis, à Los Angeles. L’univers de sa série Grisha est pour le moment le seul qu’elle est créé.

Un royaume en guerre et une poignée de magiciens pour le sauver…

Depuis des millénaires, le royaume de la Ravka est en danger : la Nappe de brouillard noire a envahi une partie des terres, et même si elle ne s’étend pas pour le moment, elle reste un danger qui plane. En effet, la Nappe cache des volcras, empêchant quiconque de la franchir au risque de mourir dans d’atroces souffrances. Personne ne sait au juste comment traverser cette Nappe, et régulièrement, de nouvelles tentatives se font…

C’est dans ce contexte que nous faisons la connaissance d’Alina, une jeune fille soldat tout ce qu’il y a de plus normal, voir terne et maigrichonne. Son meilleur ami, Mal, est également du voyage. Ils font tous deux partie de ces soldats en mission pour une nouvelle traversée de la Nappe. Ils ne savent pas ce qui les attend, mais rien ne les aurait préparé à ce qui va suivre… Alina est bien loin de l’image qu’elle donne depuis des années, et la l’entrée dans la Nappe va la révéler au royaume entier…

Grisha 01 VOUn univers sombre et inspiré

Une fois n’est pas coutume, Grisha a beau être une saga destinée à la base aux adolescents, son univers est plus ténébreux que nombre d’autres titres du même genre, mais également plus complexe. De plus, les influences soviétiques qui parsèment continuellement l’ouvrage ne sont pas pour déplaire : architecture, vocabulaire…

L’histoire est celle d’Alina, qui possède un pouvoir absolument exceptionnel. Sa destinée et celle du royaume tout entier vont en être bouleversées. Ce tournant dans sa simple vie de soldate la tourne vers les hautes sphères de la Ravka.

Ce que l’on pourrait assimiler à une énième histoire de prophétie et de magicienne surdouée est en fait tout le contraire. Leigh Bardugo se joue des codes du genre en nous menant (et Alina également) vers de nombreuses désillusions.

Les personnages ont tous une personnalité fouillée et à la fois imprévisible. Du roi libidineux aux désirs sans rapport avec l’état de son pays au Darkling (son bras droit) à la droiture sans faille, on découvre toute une palette d’individus que l’on aimerait voir encore plus détaillés. La dame de compagnie qui s’occupera de l’initiation d’Alina dans le monde de l’aristocratie a également de d’intéressantes parts d’ombres.

En termes d’écriture, il ne faut pas oublier tous les efforts de l’auteur pour nous dépeindre avec crédibilité le monde qu’elle s’est créé : keftas, caporalki… autant de vocabulaire qui ajoute du réalisme du récit. Enfin, dernier fait qui a son importance, l’auteur sait rendre certaines de ses scènes mythiques. Je pense notamment à l’une d’elle, en fin de roman, qui fait beaucoup penser à un passage du Princesse Mononoké. Un bel instant suspendu qui reste en mémoire longtemps après la lecture…

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Pour conclure, ce premier tome de la série Grisha est excellent. Roman initiatique aux nombreux retournements, il est bien plus fouillé que nombre de récits similaires, on se fait happer jusqu’à l’ultime page.

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Chronique : The Lying Game – Tome 3 – Action ou vérité

The lying game 3Suite du thriller chic pour ados où l’étau se resserre… à peine

La série de romans The Lying Game est composée de six tomes, tous parus dans la collection Territoires, la collection ado des éditions Fleuve Noir.

Son auteur, Sara Shepard, est spécialisée dans les séries pour ados très féminines contenant toujours une bonne part de mystères et de secrets inavouables… Elle est ainsi connue également pour sa série Pretty Little Liars. Ses deux séries de livres ont étés adaptées en série télévisée.

Suite de l’enquête d’Emma Paxton sur sa sœur jumelle, Sutton Mercer

On continue là où nous l’avions laissée Emma ainsi que son investigation autour de sa jumelle tuée dans de mystérieuses circonstances. Les recherches d’Emma piétinent, et le nombre de suspects ne baisse pas d’un iota…

La jeune fille doit pendant ce temps mener de front une vie d’adolescente « normale » tout en remplaçant sa sœur disparue et en enquêtant sur son meurtre… sans commettre de bévue.

Le fantôme de sa sœur Sutton la suit toujours malgré elle, comme si une sorte de force cosmique l’empêchait de se détacher de sa jumelle. Et comme dans les précédents tomes, le fantôme de Sutton ne peut entrer en contact avec aucun vivant et ne se souvient pas de qui a bien pu la tuer…

Une suite qui se laisse lire sans difficultés mais qui a du mal à renouer avec le suspense

De retour à Tucson en Arizona avec les personnages familiers de l’intrigue, il ne vous sera pas difficile de reprendre l’histoire où vous l’aviez laissée. En effet, Sara Shepard a pensé au long laps de temps entre les parutions et aux lecteurs qui mettraient du temps entre les tomes. Ainsi, la reprise est facile, la narratrice réexplique certains contextes potentiellement oubliés, etc.

On ne confond ainsi pas les différents personnages qui sont faciles à cerner et à retrouver grâce à des traits de caractères assez disparates.

Cependant, même si la reprise de la série est facile et reste plaisante, l’intrigue à quant à elle beaucoup plus de mal à convaincre. Cela est dû au simple fait qu’elle commence à tourner en rond de façon flagrante. Emma a toujours les mêmes suspects sur sa liste (même si elle réussi à en éliminer un) et les rouages sont les mêmes que sur les deux tomes précédents. Les doutes quant à la personne qui a fait le coup redeviennent vite les mêmes.

Pour faire simple, l’histoire de The Lying Game tourne en rond dans ce troisième tome.

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En somme, ce tome-ci nous fait très peu avancer dans l’intrigue, les révélations y étant vraiment rares. On est toujours curieux de savoir qui est derrière cette diabolique machination consistant à remplacer une jumelle tuée par celle qui est encore vivante, mais l’auteur va devoir jouer serrer pour rendre le tout attrayant. Comment Sara Shepard va-t-elle se renouveler alors qu’il reste trois tomes et surtout va-t-elle y parvenir ? La suite dans la chronique du quatrième tome de la série The Lying Game : Cache-cache.

Chroniques des autres titres de la série (cliquez sur l’image) :

The lying game - 01The lying game - 02

Chronique : In the After

In the AfterUn récit post-apocalyptique fort et crispant à souhait !

Premier roman de l’américaine Demitria Lunetta à paraître en France, In the after est paru aux éditions Lumen en septembre 2014. L’ouvrage est le premier tome d’un cycle en deux volumes.

In the after a reçu aux Etats-Unis l’ABA (American Bookseller Association) 2013 Best Book for Children. Il est toutefois à préciser que sa série se destine au minimum à des lecteurs âgés de 14 ans. Le second ouvrage de la série est déjà paru aux Etats-Unis sous le titre In the end.

Nulle trace de vie humaine… ou presque

Dès les premières lignes, un monde désert et apocalyptique nous est décrit : l’humanité a été décimée en quelques jours à peine. Dire qu’il y a peu de survivants est un véritable euphémisme. A la suite de cette invasion extraterrestre, Amy se doit de vivre dans le silence le plus absolu : le moindre bruit (éternuement, frottement de vêtement, bruit de pas) peut-être fatal car Ils possèdent une ouïe ultra développée.

C’est dans cet Après où la vie ténue qui en reste est constamment sur le fil qu’Amy va rencontrer Baby, une fillette d’à peine quelques années qu’elle prendra sous son aile. Ensemble, elles prendront tous les risques pour survivre dans ce monde hostile où Ils ne sont pas les seuls à êtres dangereux… Heureusement, les parents d’Amy étaient très prudents avant de mourir et avaient fait construire une clôture électrique qui s’avéra indispensable pour protéger Amy d’Eux… mais tiendra-t-elle encore longtemps ?

Qui sont-Ils ? Nul ne le sait. Ils sont arrivés et ont dévoré tous les humains. Quels sont leurs buts ? Cela aussi on l’ignore…

Récit sous tension constante et surprises en chaîne… vous ne connaîtrez pas de repos !

Dès les premières pages, In the After nous immerge dans son univers sombre et sanglant. De ces fameux Ils, nous n’apprenons quasiment rien dans la première partie du roman. La seconde partie du roman est des plus surprenantes et nous amène presque à un autre genre littéraire que le survival. Les révélations s’enchaînent ; certaines sont attendues tandis que d’autres mettent résolument sans dessus-dessous le lecteur. La troisième partie enfin est d’ordre plus psychologique et donne à réfléchir sur l’univers de ce roman…

Malgré des scènes très dures aux aspects humains parfois violents et cruels, In the After est un roman qui sait faire montre de belles scènes non dénuées de sentiments (cf extrait ci-dessous). On y trouve à la fois toute l’horreur de l’homme, mais aussi ce qu’il puisse faire de plus beau dans des situations extrêmes.

Amy essaye de garder coûte que coûte un semblant de normalité pour la petite Baby, si jeune quand l’Avant a basculé vers l’Après qu’elle ne garde aucun souvenir du temps où le moindre son n’était pas mortel. Ainsi les deux jeunes filles communiquent-elles avec un langage des signes amélioré qui leur est propre.

« Elle acquiesce et regarde le cheval avec envie. Je souris. J’imagine que toutes les petites filles veulent un cheval, même celles qui ne savent pas ce qu’est un cheval. »

Les scènes où Baby est présente ont souvent un potentiel émotionnel fort, ce petit bout de fille réussit à faire transparaître beaucoup en peu de mots (tous muets). Mais Baby a également un côté mystérieux que l’on aimerait beaucoup voir élucidé : son ouïe ultra développée ainsi qu’une étrange marque font d’elle un être aussi spécial que mystérieux.

En ce qui concerne l’intrigue générale du livre, elle est bien différente que ce que l’on pouvait penser au départ : nous sommes bien loin de l’invasion de zombis à laquelle on songe en premier lieu, et c’est tant mieux. On va de surprises en surprise, le tout prend quelques virages inattendus et très appréciables !

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Ce premier tome (sur deux) d’In the After est donc une franche réussite. Récit de survie se transformant peu à peu en quelque chose de différent, quoi qu’il en soit on est sous tension constante. Ça se dévore jusqu’à l’ultime page qui ne donne qu’une envie : en savoir encore plus ! Les éditions Lumen savent choisir leurs publication, ce roman le prouve une fois de plus, c’est leur meilleur titre pour ados de 2014 selon moi.

Chronique : Touch – Tome 1

Touch 01Un roman où les adolescents possèdent des supers-pouvoirs… mais pas toujours utilisés pour la bonne cause….

Premier roman de l’auteur américaine Jus Accardo à paraître en France, Touch est le premier tome du Cycle de Denazen. Il semblerait qu’un tome quatre et un tome cinq soient déjà en préparation (source : site Goodreads). En France, ce sont les éditions Albin Michel Wiz qui assurent la publication de cette nouvelle série fantastique où certains adolescents possèdent d’étranges supers-pouvoirs qui les dépassent…

Aux Etats-Unis, l’auteur a actuellement d’autres séries en cours, toutes dans le domaine de la littérature pour adolescents : The Darker Agency ou encore The Eternal Balance.

Un début de roman qui démarre en trombe…

Tout commence à la suite d’une soirée un peu arrosée : Deznee croise un jeune homme en fuite en rentrant chez elle. Son nom est Kale et il fait tout pour ne toucher aucun être vivant autour de lui sans que l’on sache pourquoi… Deznee décide de l’emmener chez elle pour qu’il se cache quelques heures (et surtout pour multiplier les actes de rébellion auprès de son père) mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu…

Alors que la jeune fille n’avait en tête que l’idée d’énerver une énième fois son père en invitant un inconnu à la maison, le résultat final va être bien différent. La rencontre va se solder par la fuite de Deznee loin de chez elle… accompagnée du mystérieux Kale.

En effet, le père de Deznee n’est pas du tout l’avocat sans scrupules qu’elle pensait connaître… Il n’est pas du tout avocat, mais il est effectivement sans scrupules… Outre les mensonges sur son métier réel, le père de Deznee semblerait avoir omis de lui préciser que sa mère était toujours vivante. Et tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg qu’est la société tentaculaire nommée Denazen et qui est gérée par le père de Deznee…

… mais une trame bien trop classique pour surprendre un minimum

Le thème principal de Touch est celui d’adolescents dotés de supers-pouvoirs. Ces derniers doivent apprendre à les maîtriser et surtout choisir leur camp : celui des exécutants obéissant au doigt et à l’œil à l’entreprise Denazen pour son propre profit ou bien celui de ses détracteurs, qui la combattent et tentent d’en percer les secrets.

Ecrire un roman ayant pour héros des ados aux dangereuses capacités est une bonne idée, à condition qu’elle sorte de la routine. Il y a un nombre incalculable de titres du même genre où des adolescents de notre époque se découvrent des pouvoirs surnaturels (Imposteur, Le cercle des 17, Gone, The Rook…).

L’exercice n’étant pas original en soit, il convient donc de bien le traiter dans ce cas. Or, Touch ne passe pas le test avec ce premier tome extrêmement classique et surtout, sans aucune surprise.

On y retrouve un triangle amoureux qui manque cruellement de piquant, quelques révélations qui font avancer l’intrigue dans un sens très prévisible et une héroïne principale pas assez charismatique pour séduire son lecteur. Pour le moment, nous en sommes donc réduits à observer une romance ayant pour fond une guerre dont les enjeux bien qu’expliqués, manquent de persuasion.

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Le tout donne donc une malheureuse impression de déjà vu et c’est bien dommage. Notons toutefois une couverture originale et bien plus jolie que celle proposée par la version originale américaine. Prochainement, la chronique du second tome de la saga : Toxic.

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Chronique : Les anges de l’abîme

Les anges de l'abîmesÂmes sensibles, s’abstenir.

Paru en octobre 2014, Les anges de l’abîme est le second ouvrage du Suédois Magnus Nordin à paraître en France. Son premier roman, La princesse et l’assassin, avait reçu en 2003 le prix du meilleur thriller pour la jeunesse en Suède. Les deux ouvrages de l’auteur sont parus aux éditions du Rouergue, dans la collection Doado Noir.

Une professeure qui utilise des élèves comme appâts pour prédateurs sexuels…

L’idée vous fait sourciller ? Et si c’était la seule solution possible pour confondre certains des monstres qui sévissent dans nos villes ? nos écoles ? C’est en tout cas le parti pris de Molly Zetterholm qui a décidé de tout faire pour coincer les pires prédateurs sexuels. Aidée en cela par Alice, Hannes et Samira qui sont d’actuels ou anciens élèves triés sur le volet, Les Anges de l’abîme sont nés.

Leur première mission est un véritable succès, ils ont coincé un maître de chorale connu à l’échelle nationale pour la qualité de ses spectacles. Ce dernier en profitait pour privilégier l’une ou l’autre de ses chanteuses en lui promettant un avenir radieux…

Mais cette première mission commando à beau être une réussite, les Anges de l’abîme devraient prendre garde à ne pas se brûler les ailes en s’en prenant à plus fort qu’eux…

Du danger des réseaux sociaux et de ses perversités

La place des réseaux sociaux est prépondérante tout au long de l’intrigue : ce sont eux qui permettent aux prédateurs sexuels de s’approcher d’une adolescente parfois trop naïve. Fausse identité, adresse bidon, nom inventé… tous les moyens sont bons pour amener sa proie jusqu’à un point précis.

Les traquer demande beaucoup de patience et d’acharnement, car les Anges ne font pas justice eux-mêmes : ils cherchent des preuves évidentes qui permettent de confondre définitivement le coupable pour ensuite le livrer à la police… Un travail ingrat et dangereux car la police ne voit pas d’un bon œil cette association de bienfaiteurs.

Loin de vouloir se positionner en donneur de leçon, Magnus Nordin veut toutefois ouvrir les yeux aux lecteurs sur une réalité horrible mais bien présente : celle des violeurs et pédophiles qui écument le web à la recherche de leur prochaine victime.

Pas de répit pour qui que se soit

Malmené, vous le serez certes moins que les acteurs de ce thriller sur le fil, mais rien ne vous sera épargné. Des scènes crues d’efficacité et d’horreur, des dialogues à faire froid dans le dos, des pensées inavouables que l’on lit en voyeur… L’auteur sait ménager ses effets et nous plonger dans la répulsion la plus totale.

On se pose en tant que spectateur impuissant où les personnages eux-mêmes sont pieds et poings liés (dans tous les sens du terme). C’est aussi captivant que révulsant pour nous lecteur, et sa fonctionne excessivement bien pour peu que vous ne soyez pas trop sensible. En effets, certaines scènes ne cachent rien de leur horreur.

Pour la construction des personnages, l’auteur a réussi à nous les rendre attachants et sympathiques pour les Anges, monstrueux pour d’autres. Le passé de chacun influe sur l’histoire présente avec plus ou moins d’ardeur. Aucun des Anges n’a une vie toute noire ou toute rose, chacun vient avec un bagage assez lourd, et bien développé tout au long de l’histoire pour mieux la servir.

Seul bémol sur ce thriller qui se dévore à la vitesse de l’éclair : sa conclusion qui vient un peu trop rapidement comparé au rythme général du roman. Mais c’est presque parfait.

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En conclusion, Les Anges de l’abîme est un bon thriller comme les Nordiques en ont le secret. C’est simple, efficace et ça prend aux tripes tant on se sent concerné par ces horreurs cybercriminelles qui pourraient arriver à n’importe qui d’un peu naïf… A lire dès 15 ans.

Chronique : L’épreuve – Tome 1 – Le Labyrinthe

L'épreuve - tome 1Paru en France en octobre 2012, Le Labyrinthe (The Maze Runner) est le premier tome de la trilogie à suspense L’épreuve. Depuis sa parution, la série a su conquérir le public français tout comme elle s’est acquis le lectorat américain. La trilogie est maintenant au complet aux éditions Pocket Jeunesse.

Mais ce n’est pas tout : aux États-Unis James Dashner a écrit deux préquels dans le même univers que L’épreuve : The Kill order et The Fever Code. Forte de ce succès, la série est maintenant adaptée au cinéma, dont le premier volet est sorti le 15 octobre 2014 !

Bienvenue à ce qui ressemble le plus à un foyer : le Bloc

 A peine sorti d’un ascenseur qui le mène à la surface, Thomas doit vite reprendre pied avec la réalité… mais c’est sans compter sur sa perte de mémoire. De sa vie d’avant, il ne se souvient de rien hormis son prénom. Ses parents, sa famille, ses amis… il ne sait pas s’il en avait, c’est le néant. Et c’est le cas de tous les adolescents qui vivent ici, sans le Bloc.

Mais qu’est-ce que le Bloc ? Tout simplement le seul lieu de « vie » possible au cœur d’une construction terrifiante : le labyrinthe. Personne ne sait par qui ni pourquoi il a été construit, mais l’édifice semble être un passage obligé vers la liberté… et cette dernière a prix conséquent. En effet, loin d’être un simple dédale, la construction semble receler d’autres mystères…

L'épreuve - tome 1 tie inUn thriller qui se dévore !

Peu à peu, on découvre que le genre littéraire de ce récit n’est pas que le thriller, mais également l’anticipation, plus précisément le post-apocalyptique. Mais contrairement à la grande mode du moment, il ne s’agit pas ici d’une dystopie ! Ici, pas de société régulée comme une horloge pour le bien collectif au détriment de l’individu. Pas de révolution contre le système établi, mais juste un état des lieux de ce qu’il reste de notre futur… et il est fort sombre.

L’épreuve est un roman pour adolescents (et adultes) qui saura séduire tous ceux qui veulent découvrir une action dense et une intrigue sur le fil. Le suspense est omniprésent, les révélations distillées d’une telle façon que c’en est une torture… Entre les portes du labyrinthe qui ne sont ouvertes que le jour, les monstres étranges nommés les griffeurs qui sévissent à l’intérieur et le poison qu’elles distillent, le mystérieux sérum et les transformations… Et encore, ça n’est que la partie émergée de l’iceberg.

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On ne développera pas plus ici les enjeux de ce premier tome pour vous préserver toute la primeur de l’intrigue !

La conclusion est simple : Intelligent, empli d’énigmes, haletant… ce premier tome est une franche réussite qui ne nous donne qu’une seule envie, se procurer rapidement la suite !

Chronique : Intemporia – Tome 1 – Le sceau de la reine

Intemporia 01Une nouvelle trilogie de fantasy française arrive… !

Intemporia est non seulement le premier tome d’un nouveau cycle de fantasy, mais également le titre qui lancé la toute nouvelle collection Epik, dédiée aux littératures de l’imaginaire aux éditions du Rouergue.

L’auteure est Claire-Lise Marguier, une plume déjà éditée chez le Rouergue pour des romans de type réaliste avec Le faire ou mourir ou encore Les noces clandestines. Elle signe avec Intemporia son premier roman dans le genre de l’imaginaire, et plus spécifiquement dans celui de la fantasy (voire la dark fantasy).

Une contrée protégée de tout facteur nuisible

Quand débute le récit, nous suivons le quotidien du jeune Yoran, un jeune homme aussi insouciant qu’amoureux qui vit dans La Plaine. Yoran va au cours de sa jeunesse tomber doucement amoureux de la douce et vive d’esprit Loda. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes : la Plaine est un endroit paisible, il y fait toujours beau, les récoltes sont toujours fastes… c’est le lieu parfait.

Mais en quelques jours, la Plaine va devenir cauchemardesque : une épidémie de fièvre s’étend peu à peu dans le village de Yoran et tue ceux qui la contractent. Et quand c’est autour de Loda d’attraper cette fièvre, Yoran devient prêt à tout pour la sauver, y compris à partir au-delà du monde connu, que personne n’a jamais franchi… Là où vit la terrible Reine Yélana, et où semble se trouver la solution à cette terrible hécatombe.

C’est ainsi que l’on découvre que Yoran fait partie des privilégiés, la Plaine semblant être protégée de tous les maux qui touchent les autres : famine, meurtres, pillages… Son innocence va rapidement voler en éclat face à la découverte du « vrai » monde.

Un premier roman de fantasy classique, mais plein de bonnes idées

Bien que ce roman ne renouvelle pas le genre, et ne s’en cache pas, Intemporia recèle de très bonnes idées. Pour ceux qui en auraient assez de deviner facilement la tournure que va prendre une intrigue ou qui pensent deviner aisément la psychologie d’un personnage, ce roman pourrait vous surprendre.

Ici, c’est dès le début du roman que l’atmosphère est sombre. Alors qu’habituellement une intrigue se base sur une lutte bien/mal dont l’enjeu est souvent la domination d’un royaume, ici le mal a déjà gagné. Vous assistez à la déchéance d’un royaume qui est sous le joug d’une main de fer depuis plusieurs dizaines d’années.

Les enjeux du roman sont rapidement clairs et on ne se perd pas en termes magiques compliqués. De même, les personnages sont assez peu nombreux et sont reconnaissables immédiatement. On appréciera tout particulièrement le personnage ambivalent et imprévisible de la Reine, très sombre, il n’est toutefois pas difficile de s’attacher à elle. D’autres personnages sont quant à eux trop stéréotypés à mon goût, je pense notamment à Tadeck qui incarne un peu trop bien l’homme bon et torturé par les erreurs des autres plus que les siennes propres.

Malgré quelques passages un peu plats, le roman sait relativement tenir son lecteur, pour peu qu’il ne soit pas habitué à lire de la fantasy. L’histoire à beau avoir un fil conducteur assez facile à anticiper, il y a une foule de petits facteurs qui font qu’elle ne sera pas si cousue de fil blanc que cela…

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Un roman introductif sympathique donc, mais qui n’a pas encore montré toute son ampleur. Espérons que le second tome (à paraître début 2015) saura plus nous surprendre. Quoi qu’il en soit, les idées et la créativité sont bien là. L’idée de la Plaine et de ses propriétés magiques notamment, est excellente.