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Chronique jeunesse : Le renard de Morlange

Une  magnifique histoire au temps des comtes et du servage qui apprend aux plus grands l’humilité de façon… originale

Grand classique de la littérature jeunesse, Le renard de Morlange est un roman très régulièrement prescrit dans les écoles. Son histoire permet de découvrir une époque où les seigneurs dominaient leurs terres d’une main de fer.

Son auteur, Alain Surget à écrit quantité de romans pour la jeunesse. Le succès du Renard de Morlange est tel que les éditions Nathan l’ont édité avec une typographie pour les dyslexiques. C’est cette édition spéciale que j’ai découverte : écartement des lettres plus grand, typographie sans empattement, mots difficiles en couleur… tout est fait pour que la lecture ne soit plus un frein.

Un seigneur haïssable de tous…

Le comte de Morlange a tout pour lui, si l’on pense de façon matérialiste. Pour ce qui est du reste, il n’a aucune qualité humaine : il empêche sa femme de s’épanouir en l’enfermant, écrase les cultures de ses paysans, leur prélève un impôt d’une valeur injuste quitte à les affamer…

Tout cela perdure jusqu’au jour où le conte va faire une rencontre qu’il va amèrement regretter. Ayant malmené un druide dans « sa » forêt, ce dernier lui lance une malédiction : à chaque pleine lune, le seigneur se transformera en renard.

Et rien ne pourra changer cela, sauf s’il arrive à apprendre l’humilité et la noblesse d’esprit. Autant dire que rien n’est pas joué d’avance…

Une superbe histoire au message magnifique

Sous ses airs de fable moyenâgeuse, Le renard de Morlange nous conte une histoire où le grand peut devenir petit. Où le puissant peut se transformer en faible et où les cartes peuvent être redistribuées de façon surprenante.

Outre l’histoire, c’est également l’écriture qui participe pleinement à tenir le lecteur dans cette époque révolue. En effet, Alain Surget use de tout le vocabulaire nécessaire pour nous faire tomber en pâmoison devant son ouvrage. Et ça fonctionne.

C’est tout un vocabulaire bien spécifique qui s’ouvre aux jeunes lecteurs qui vont découvrir le roman : griserie, conter fleurette, pavane, mascarade, suzerain… Tous les mots sont expliqués en bas de page, de quoi enrichir leurs connaissances.

J’ai particulièrement apprécié les phases où le comte de Morlange est un renard. Les descriptions de la nature quand il découvre la vie qu’il y a dans la terre, l’humus… Son émerveillement face à ce corps vif et nerveux qu’il possède mais qu’il ne maitrise pas bien. Le comte devient peu à peu autre

Le renard de Morlange a beau être un roman à destination des enfants dès l’âge de 9 ans, son message ne laissera personne indifférent. Et il a plusieurs niveaux de lecture et même les adultes pourront l’apprécier. A la fois philosophique, historique, il force à la réflexion sur le caractère humain et ce qui peut le faire basculer du bon ou du mauvais côté…

Seul bémol, il est dommage que les éditions Nathan n’aient pas fait un petit dossier explicatif sur l’époque en fin d’ouvrage. Une petite page ou deux auraient suffit comme support… Mais peut-être ont-ils fait un document pédagogique pour les professeurs uniquement ? Quoi qu’il en soit je suis certaine que ça aurait aussi intéressé les jeunes lecteurs pour mieux comprendre l’époque.

Chronique album Jeunesse : Le petit gâteau qui ne disait pas merci

Le petit gâteau qui ne disait pas merciUn album aussi drôle qu’efficace à mettre entre toutes les petites mains !

Paru en février 2015 aux éditions du Seuil, Le petit gâteau qui ne disait pas merci est le premier ouvrage de Rowboat Watkins à paraître en France. Pour le moment, l’auteur n’en a pas encore sorti d’autre dans son pays d’origine. Mais, pour un premier album… c’est extrêmement prometteur !

Être un petit gâteau malpoli, ça peut être super pas cool

Les petits gâteaux peuvent être mignons mais détestables. Certains sont méchants, ne disent jamais merci, doublent tout le monde dans les files pour le toboggan et ne veulent jamais prendre leur bain.

Mais, si des cyclopes géants venaient à sortir un petit gâteau de son lit pour le déposer sur leur tête pour en faire un chapeau, est-ce que ça le rendrait plus poli ?

Le petit gâteau qui ne disait pas merci (7)Génialissime d’un bout à l’autre !

A peine la première page s’ouvre-t-elle à nous que déjà on tombe sous le charme du trait simple et tendre de Rowboat Watkins. Ses dessins sont doux, avec très peu de détails et pourtant ça suffit pour tomber immédiatement sous le charme.

L’histoire de ce petit gâteau a beau être avant tout une explication de ce qu’est l’impolitesse, on se prend à vouloir le lire en dehors de son but premier. Il use de l’absurde pour faire passer un message qui pourrait être perçu comme trop explicite par certains enfants. Et c’est parfait ainsi car on en oublie même le message principal !

Le petit gâteau qui ne disait pas merci (5)En plus d’illustrer les bonnes manières, c’est surtout un album jeunesse extrêmement drôle, plein de bonnes idées. Tout y est mignon : de l’enfant shamalo absolument chou avec son ballon en passant par le petit cupcake et sa peluche de cyclope (les mêmes cyclopes qui prennent les gâteaux pour des chapeaux). Et j’ai adoré le petit jeu de mot « Eye see you » (cf dernière image en bas d’article) qui trône en poster dans la chambre du gâteau…

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Vous l’aurez compris, cet album est un énorme coup de cœur. Cela faisait très longtemps que je n’étais pas tombée sous le charme d’un livre pour les petits à ce point. Alors, n’hésitez plus, c’est drôle, frais et c’est à partir de 3 ans !

Le petit gâteau qui ne disait pas merci (4)