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Chronique Jeunesse : Lili Goth et la souris fantôme

Lili Goth et la souris fantômeUn nouveau roman écrit et illustré par Chris Riddell fort attendu

Cela faisait de nombreuses années que la France n’avait pas vu publié un nouveau récit entièrement ficelé par l’auteur et illustrateur Britannique Chris Riddell. Les Chroniques du bout du monde (coécrit avec Paul Stewart), Les Chroniques du Marais qui pue (avec P. Stewart) ou encore la série Apolline, c’est à lui qu’on les doit. Avec Lili Goth et la souris fantôme, il revient en force après plusieurs années d’absence.

L’ouvrage est paru en octobre 2014 et signe l’entrée d’une nouvelle saga jeunesse, celle de l’héroïne Lili Goth. En Angleterre, la série en est déjà à son troisième opus. Le tout est bien entendu illustré de la main talentueuse de Chris Riddell.

Bienvenue au Manoir des Frissons Frissonnants !

Lili Goth vit dans un magnifique et ostentatoire manoir, ses nombreuses dépendances et ses jardins secrets (et très secrets). Elle y est élevée par son père, qu’elle ne voit quasiment pas. Ce dernier ne s’est jamais vraiment remit de la disparition soudaine et accidentelle de sa femme (la maman de Lili) et reste le plus souvent possible éloigné de sa fille.

Cette disparition a créé un fossé entre le père et la fille, mais a aussi engendré de nouvelles règles de vies plus ou moins étranges. L’une d’elles étant que la demoiselle doive porter de lourdes et bruyantes bottes afin que son père sache quand elle arrive.

Mais face à cette ambiance pesante et triste, le manoir va s’égayer un peu grâce à un événement très attendu dans l’aristocratie : La fête annuelle du manoir des Frissons Frissonnants. Voici le quotidien « normal » de Lili, mais quand une souris fantôme va venir la visiter, les journées vont devenir beaucoup plus excitantes !

Lili Goth et la souris fantôme insideUne lecture un peu trop loufoque et pas aussi passionnante qu’à l’accoutumée

Comme les précédents ouvrages de l’auteur, Lili Goth est magnifiquement illustré. Il ne fait pas exception en termes de qualité dans les détails et l’imagination. Cependant, l’histoire est beaucoup moins « tenue » que celle de ses précédents ouvrages.

Il y a plus de non-sens et moins de cohérence que ce à quoi il nous a habitués, et l’intrigue est au final peu captivante. On suit les aventures de la jeune Lili et de ses amis du Manoir des Frissons Frissonnants, mais sans réelle conviction.

Le contenu n’est donc pas extraordinaire, mais s’il y a une chose que l’on ne peut pas retirer à Milan, c’est la finition de l’ouvrage. Relié, couverture rigide, glaçage sélectif et pages d’un doré violet sur la tranche, c’est du plus bel effet ! Sans oublier le livre qu’il y a dans le livre avec Les mémoires d’une souris écrit par Ismaël Moustaches, la fameuse souris fantôme.

 ….

C’est donc une lecture mitigée que ce nouveau roman de Chris Riddell même si l’objet-livre est somptueux. On est quelque peu déçu, surtout quand on connait le passé créatif de l’auteur/illustrateur qui nous a habitués à bien mieux ! Espérons que cela ne soit que ponctuel et que le second tome de la série Lili Goth (qui se déroulera à noël) sera plus plaisant.

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Chronique : L’appel de la forêt

L'appel de la foretUn magnifique retour aux sources en forme d’ode à la nature…

 Jack London est un écrivain de nationalité américaine au parcours atypique : son enfance se fit dans la misère, et dès l’âge de quinze ans, il touchera à toutes sortes de métiers. De pêcheur d’huîtres, à balayeur de jardins publics, en passant par chercheur d’or… ou encore par garde-côte, cette figure de la littérature était habitée par la passion des grands espaces et du voyage sous toutes ses formes. Jack London est décédé à l’âge de 40 ans.

De son œuvre, on peu citer les livres suivants : L’appel de la forêt, Croc-Blanc ou encore Martin Eden.

Sur les pas de Buck, un chien d’une force et d’une qualité rare…

L’appel de la forêt est avant tout l’histoire de Buck, un magnifique chien issu d’un croisement entre un saint-bernard et une chienne pure race écossaise. Buck réuni en lui meilleur des deux races pour offrir un prodigieux modèle canin, tout en force et en beauté.

Mais le quotidien banal de ce chien d’exception va se trouver transformé en aventure à travers les Etats-Unis à l’époque des chercheurs d’or lorsque le jardinier de son propriétaire va le voler pour le revendre à un éleveur de chiens de traineaux.

La lutte contre soi-même, les combats, les jeux de pouvoirs cruels entre chiens dominants et meutes, tout cela, Buck va le découvrir à ses dépends, au gré de nombreuses blessures. C’est ainsi que commence la magnifique aventure d’un chien qui va redécouvrir sa nature… sauvage.

l'appel de la foret (1)Le goût de l’aventure et des espaces infinis sublimés

D’un propriétaire peu recommandable à l’autre, Buck gagne en assurance, en prestance et en force. En faisant ses preuves faces aux autres chefs de meute, en menant de front les traineaux dans les endroits les plus dangereux de l’Alaska…

Là où il n’y avait au début qu’un beau chien de race bien entretenu et formaté par (et pour) l’homme, on aperçoit au fil des pages un animal qui découvre sa vraie nature.

Mais plus que l’histoire d’un animal seul face à la redécouverte de ses origines, L’appel de la forêt nous fait également partager l’amitié unique d’un animal et d’un homme. On sent entre les lignes la force du lien qui peut unir deux êtres totalement différents quand leur vie est en jeu.

Il n’est cependant pas question que de beaux sentiments dans ce roman qui se propose également de montrer les facettes sombres de l’Amérique du Nord. Cruauté, maltraitance, famine… Buck découvrira tous les aspects de l’homme avant de se découvrir lui-même, et de suivre sa voie.

L’appel de la forêt n’est pas un classique de la littérature pour rien : Jack London a su sublimer la nature et son âpreté grâce à une plume accessible et belle. Les grands espaces, les descriptions faites sur la nature que redécouvre avec émerveillement Buck, la forte empathie de l’auteur pour son personnage qui se transmet au lecteur avec aisance… tout concours à nous faire aimer cette ode à la nature. A lire pour s’émerveiller, et (re)découvrir l’intensité de la prose de London. Dès l’âge de 11 ans environ (5ème).

l'appel de la foret (3)

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Chronique Jeunesse : Les petits monstres – Tome 1 – Embrouilles et dragons

Les Petits Monstres 01

Une nouvelle série de premières lectures pour la jeunesse sous le signe des monstres… reste à savoir si elle est convaincante.

Paru aux éditions Castor Poche dans la collection Cadet, les Petits Monstres est la nouvelle série fantastique pour les 7-9 ans. Résolument fantastique, l’imaginaire n’est qu’un prétexte à faire découvrir aux jeunes lecteurs certaines notions de la vie telles que l’honnêteté, l’amitié, etc…
L’écriture est assurée par Fabrice Colin, auteur français connu et reconnu dans son domaine, il a surtout écrit pour les adultes et les adolescents. Ses titres les plus connus pour ne citer qu’eux sont Le projet Oxatan, La malédiction d’Old Haven, La fin du monde, Dreamamericana…
Les illustrations sont quand à elles signées par Gérald Guerlais, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art (ENSAAMA). Il a déjà participé à l’illustration d’un ouvrage pour la jeunesse : Les trois microbes, aux Editions de la Balle.
Pour découvrir plus précisément son œuvre : http://www.geraldguerlais.com

Dans le royaume de Tenebria…

…vivent les petits monstres. Dans un grand manoir pour eux tous seuls : le manoir Darkshire.
Ils sont comme tous les enfants normaux, ont les mêmes envies, font les mêmes bêtises. Leur seule originalité étant d’avoir un attribut complètement fantastique. En effet, être une enfant vampire n’est pas ce que l’on peut appeler quelque chose de courant !
Les petits monstres sont quatre : Cassandra (la vampire), Valentin (le fantôme), Jack (le squelette) et Oliver (le démon).
Evidement, chacun a son petit travers, comme leurs aventures vont nous l’illustrer…

Un premier tome qui  laisse assez mitigé

Tout commence avec un exposé à rendre et un œuf de dragon découvert près du manoir. Valentin le fantôme découvre un œuf de dragon près du manoir et décide de le présenter à sa classe pour son exposé… en enjolivant un peu les choses… C’est à cause de ce premier mensonge que les mésaventures des petits monstres…

Une histoire sympathique mais bien trop remplie de bons sentiments qui prend parfois les enfants pour des niais. Trop moralisatrice avec des phrases parfois un peu réchauffées, on aurait préféré un peu plus de spontanéité dans les dialogues.
Les particularités monstrueuses des jeunes personnages ne sont malheureusement pas exploitées, ce qui est également dommage.

Quelques idées intéressantes sont tout de même à noter au niveau de la fabrication du livre et de sa façon d’apporter du vocabulaire aux jeunes lecteurs. Le livre possède des rabats, et sur l’un d’eux se trouvent des mots qui ne sont pas nécessairement connus par les très jeunes lecteurs, le tout avec une petite illustration.
Sur l’autre rabat se trouve une très jolie carte du monde de Ténébria, qui donne tout de même envie de découvrir un peu plus cet univers.

Ce premier tome laisse donc un sentiment de déception à la conclusion de sa lecture, impression d’autant plus marqué du fait que le graphisme du livre dans son ensemble est très attrayant. Reste à voir si la suite de la série sera plus originale et saura sortir des sentiers battus.

Chronique : Tom Patate – Tome 1 – La société secrète des Granmanitous

tom patate - tome 1Une fantasy animalière pour la jeunesse aux allures de retour aux sources… très belle découverte.

Sorti en septembre 2010 aux éditions pour la jeunesse Graine 2, Tom Patate est une trilogie pour la jeunesse qui séduira les jeunes lecteurs dès l’âge de 9 ans. L’histoire Tom Patate, qui est sa première œuvre, est le fruit de très longues années d’idées qui trottèrent dans la tête d’Emmanuelle Maisonneuve (plus de neuf ans). Mais avant d’être un livre, c’est un récit oral dont elle avait conté le début à ses enfants avant qu’elle n’en fasse trois romans, dont l’écriture lui pris trois années.

L’illustrateur François Gomez a déjà été édite plusieurs fois, il réalise notamment les dessins des bandes-dessinées Terres de Sienn, et des Contes du Korrigan.

Dans un jardin comme les autres… ou presque

Tout commence dans le jardin, où vivent toutes sortent d’animaux ; taupes, musaraignes, vers de terre, hérissons… mais le calme équilibre du jardin va être perturbé par une étrange créature… ou plutôt un étrange humain minuscule sorti d’une patate. Il ne se souvient de rien, ni d’où il vient ni qui il est. Mistigrise la souris, qui est la première à le rencontrer décide alors de le nommer Tom Patate.

Ce premier tome est l’intégration de Tom Patate dans le monde du jardin. Il découvre comment survivre aux prédateurs, s’abriter, trouver un foyer, subvenir à ses besoins… et va vivre de nombreuses aventures avec les six fils de Mistigrise : Têtaclac, Têtedelar, Têtedebois, Têtenlair, Têtedemule, et Têtapou.

Enfin, vous en saurez un petit peu plus sur la fameuse Société secrète des Granmanitous…

Un livre qui nous fait retomber en enfance

Tom Patate fait partie de ces livres qui savent faire voyager son lecteur, qu’il soit un enfant ou un adulte. On se plonge avec un immense plaisir dans l’univers fascinant du jardin avec ses nombreux personnages attachants, même le père Lagronle le hérisson saura attirer votre sympathie. Aventures, bêtises de petites bêtes et quête pour découvrir ses origines, Tom Patate saura vous tenir en haleine.

Les illustrations et le format du livre contribuent à rendre l’ouvrage « exceptionnel ». Les dessins de François Gomes font merveille et complètent à la perfection l’image, et même, la sublime. Toujours en noir et blanc, entre le dessin naturaliste et le croquis, les planches sont magnifiques.

Enfin, le format du livre est lui aussi très travaillé par l’éditeur, qui n’a rien laissé au hasard. Ouvrage relié, papier de qualité et légèrement jauni on a vraiment la sensation d’avoir un objet de qualité entre les mains, pari réussi.

A la fois clin d’œil aux contes de notre enfance (Tom Pouce), mais aussi à des ouvrages classiques (on ne peux s’empêcher de penser aux Chapardeurs de l’anglaise Mary Norton ou encore aux premiers roman pour la jeunesse qui ont faits la fantasy animalière, comme Beatrix Potter) Tom Patate nous offre un beau renouvellement d’un genre quelque peu oublié maintenant.

En conclusion, Tom Patate est un très bel ouvrage à faire découvrir à ceux qui ont envie de rêver sans partir trop loin de chez eux (on reste dans le jardin, c’est promis). Les animaux du jardin n’auront plus de secrets pour vous. Affaire à suivre dans le second tome de la série : Tome Patate – Tome 2 – Le pays caché d’Alba Spina.

9/10

Chronique : La planète interdite

la planete interditeUne ode à la nature dans le plus pur style planet-opera

Laure-Marie Lapouge est journaliste et écrivain, son premier livre paru fin 2010 est un roman historique pour adulte : Moi, Ghisla, sœur de Charlemagne.
La Planète Interdite, qui vient de paraître en mars aux éditions Albin Michel Wiz est son premier roman jeunesse et SF, son titre n’est pas sans rappeler celui de l’ancien film de science-fiction qui raconte lui aussi l’histoire d’une planète hostile aux visiteurs, un joli clin d’œil.

A la conquête de l’univers

L’humanité a colonisé toutes les planètes possibles de tout les systèmes solaires, toutes sauf une : Bérénice. Une planète qui regorge de richesses que l’homme n’attend que d’exploiter, creuser, fouiller, sonder… sauf que Bérénice a été classée comme étant interdite d’accès par des explorateurs il y a plusieurs centaine d’années… pourquoi ? C’est ce que va tenter de découvrir le scientifique Justin Mac Lir.

Parallèlement, Bérénice est une planète bel et bien habitée, par des humains qui plus est, mais ils ignorent tout de la station spatiale qui flotte au-dessus de leur tête et du possible danger qu’elle représente pour eux et leur terre.

Le choc de deux univers hétérogènes

Le monde de Mac Lir reprend tout les codes de la science-fiction traditionnelle : hautes-technologies, voyages interstellaires, conquête de galaxies lointaines, opérations visant à prolonger sa durée de vie…
L’univers de Bérénice et de ses habitants en revanche, est tout le contraire : on se retrouve dans un monde typé fantasy : des territoires découpés en royaumes, des êtres humains normaux en majorité et d’autres aux pouvoirs hors du commun, un monde peuplé de créatures étranges…

La rencontre de ces deux univers disparates ne va pas se faire sans heurts…

Un monde trop foisonnant

Les personnages de Bérénice sont nombreux, presque trop, on aurait apprécié un résumé de ces derniers avec leur noms et leur affiliation à la fin du livre pour savoir qui est qui. Car entre Findchoen, Rahel, Glanis Dilshad et bien d’autres encore, il est difficile pour le lecteur de s’y repérer sans s’emmêler rapidement les pinceaux.
Mais cette faiblesse aurait tout aussi pu devenir une force quand on mesure l’ampleur de l’univers que l’auteure a créé.

Un récit plein d’enseignements

Cette mystérieuse planète où tous les explorateurs qui y ont posé le pied disparaissent sait se rendre intéressante sinon captivante. A l’image du roman Les yeux d’opale qui lui aussi avait pour sujet la confrontation de deux univers dissemblables, la planète interdite a des accents écologistes où il est question de respect envers la nature et ce qu’elle peut nous offrir. On y retrouve l’élément clé de tout planet-opéra : la planète interdite est un personnage a part entière… vous verrez dans quelle mesure.

En somme, la planète interdite est un roman sympathique qui sans être marquant fera passer un bon moment, son intérêt réside surtout dans le côté « initiation » à la science-fiction pour de jeunes lecteurs dès l’âge de 12 ans. Cet article a été rédigé pour le site ActuSF

 

Chronique : Chroniques de Pont-aux-rats – Tome 1 – Au bonheur des monstres

Pont-aux-rats 01Où les bricoliaux et les camemberts sauvages sont des êtres comme les autres.

Allan Snow a publié beaucoup d’albums pour la jeunesse. Les chroniques de Pont-aux-rats est sont premier roman, et les très nombreuses illustrations de ce livre sont toutes de ce dernier. Au bonheur des monstres a été élu meilleur ouvrage jeunesse de l’année par le magazine Lire en 2008.

Une imagination foisonnante

Bienvenue dans la ville de Pont-aux-Rats, ville de Grande Britannie située en Eurioppe. C’est dans cette ville que vit Arthur, un jeune garçon pris en flagrant délit de vol de légumes quand nous le rencontrons au début du récit. Et malheureusement pour lui sa mission d’escamotage de légumes va être fort compromise. C’est ainsi que malgré lui, il va se retrouver embarqué dans une aventure qui va l’amener à faire la rencontre de bricoliaux, de choutrognes et d’inventrices génialissimes.

Une illustration magnifique au service d’une histoire passionnante

Allan Snow n’es pas non seulement un auteur créatif, c’est aussi un illustrateur de talent. Ses dessins sont omniprésents tout au long de l’œuvre et font eux aussi l’histoire. Fourmillants de détails, souvent pleins d’humour la patte de cet auteur-illustrateur fait des merveilles.

Un univers mémorable où l’on rêve de retourner

L’histoire n’a rien d’extrêmement original en soi, mais ses personnages, son ambiance, ses mythes la rendent unique dans le même style que les Chroniques du bout du monde de Paul Stewart et Chris Riddell. Les pauvres petits camemberts sur pattes, victimes tout le long du roman sont très attachants. On a qu’une envie à la fin de ce roman, se replonger dans cette ambiance si particulière. Dès 10 ans. Chronique réalisée pour le site ActuSF.

 

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Chronique jeunesse : Jamais Contente – Journal d’Aurore – Tome 1

journal d'aurore 01Bonjour et bienvenue dans le journal des peines et des bonheurs d’Aurore, qui est une adolescente on ne peut plus banale, avec un mode de vie qui n’a rien d’extraordinaire : elle a des parents normaux, deux sœurs, une grande égoïste et une petite première de la classe.

Mais si c’est si banal, est-ce que  « le journal d’Aurore » vaut la peine d’être lu ? Ooh que oui ! Car c’est dans la simplicité des actes et des phrases que se cache la grande force de Marie Desplechin qui nous offre ici un court roman qui se dévore. C’est écrit comme l’on parle, c’est vif, piquant et vraiment drôle. Beaucoup de passages sont cultes, exemple : « Je sais pourquoi je suis nulle en maths (et en histoire et en français et même en gym). Ils viennent de l’expliquer, à la télé. Je suis surdouée. C’est aussi bête que ça. ».

Rien ne va pour Aurore, entre la « joie » d’être en famille, le « bonheur » de partager des secrets avec sa meilleure amie et le « plaisir » d’avoir un petit copain… tout est résumé dans le titre : Jamais contente. Et c’est justement ça qu’on aime chez Aurore, son aplomb a ne pas aimer une chose à partir de rien, de détester ses sœur simplement parce qu’elles existent, d’en vouloir à sa meilleure amie parce qu’elle est sa meilleure amie. Eh oui, c’est compliqué la vie d’ado.

C’est donc avec un immense plaisir que je vous recommande chaudement et simplement ce livre, qui n’est que le premier de la série (il y a trois pour le moment, et peut-être encore d’autres qui sait…) à mettre entre toutes les mains dès 13 ans.

Petit plus : Notons aussi au passage la très jolie et simple couverture réalisée par Soledad Bravi qui illustre entre autre aussi toutes les couvertures de la collection « Les Paresseuses ». Mais elle a aussi réalisé seule nombre d’autres ouvrages dont certains chez l’école des Loisirs comme « Le cheval de Troie » qui est tout simplement génial pour les tout-petits et que je vous présenterais une prochaine fois.

8/10

 Quatrième de couverture (Extrait) : Douze février. On peut ruiner sa vie en moins de dix secondes. Je le sais. Je viens de le faire. Là, juste à l’instant. J’arrive à la porte de l’immeuble, une modeste baguette dans la main et la modeste monnaie dans l’autre, quand Merveille-Sans-Nom surgit devant moi. Inopinément. À moins de cinq centimètres (il est en train de sortir et je m’apprête à entrer, pour un peu on s’explose le crâne, front contre front). Il pose sereinement sur moi ses yeux sublimes. Je baisse les miens illico, autant dire que je les jette quasiment sous terre, bien profond, entre la conduite d’égoût et le tuyau du gaz. Sa voix amicale résonne dans l’air du soir : – Tiens ! Aurore ! Tu vas bien ? Je reste la bouche ouverte pendant environ deux millions de secondes, avant de me décider et lui hurler à la figure : – Voua ! Merdi !

Chronique Jeunesse : Les orangers de Versailles

orangers de versaillesOh que j’ai aimé ce livre qui nous plonge sans distinction d’âge dans le monde Louis XIV et de sa cour (et de ses secrets…). Il nous conte l’histoire d’une petite fille de jardinier du Roi qui va être parmi les plus proches servantes de la Marquise de Montespan. Avouez que l’ambiance de l’époque déjà est attirante, et l’est encore plus quand c’est Annie Pietri qui nous fait découvrir les dessous de cette période.

Notre petite fille de jardinier qui n’a que 14 ans va devoir répondre à tout les désirs de la Marquise, aussi excentriques soit-ils. Pendant son temps libre elle se ballade dans les jardins à qui elle confie tout : ses bonheurs mais aussi ses soucis et les complots qu’elle découvre en servant les gens de la cour…

Sachez que ce livre ne requiert aucun âge maximum pour être lu, et c’est tant mieux. Le personnage de Marion est absolument charmant malgré tout ce qu’elle doit supporter de la part des autres femmes de chambres et servantes, mais aussi de certains gens de la cour… Mais ce pour quoi Marion est la plus douée, c’est la conception des parfums, qu’elle va se mettre à créer pour la Marquise, à sa plus grande joie. Ce don pour les odeurs me fait vraiment penser au Parfum de Süskind.

Chronique Jeunesse : Drôles de Petites Bêtes – Tome 22 – Hugo l’Asticot

22hugoastico.jpgC’est une petite leçon de morale à laquelle on a le droit avec l’histoire d’Hugo l’asticot, qui trop plein de fierté et de suffisance, à force de se moquer de tout le monde qui passe à sa portée va se retrouver puni… par tout ceux qu’il a embêté, et ils sont nombreux…

Un album aussi mignon que les autres ouvrages de la collection !

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