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Chronique Jeunesse : Reine du Fleuve

Reine du fleuveUne ode aux explorateurs naturalistes et à la nature sauvage qui entoure le mythique fleuve Amazone…

Écrit par Eva Ibbotson, Reine du Fleuve est un classique de la littérature jeunesse anglo-saxonne. L’ouvrage est paru en 2004 aux éditions Albin Michel, dans la collection jeunesse et ado Wiz. Outre-Atlantique, l’ouvrage a d’ailleurs reçu de nombreux prix prestigieux.

Eva Ibbotson a écrit une foule d’autres ouvrages destinés à la jeunesse : L’étoile de Kazan, Bienvenue à Griffstone, Le secret du quai 13, L’étang aux libellules… Chacune de ses nouveautés était un petit événement dans le domaine de la littérature jeunesse avant qu’Eva Ibbotson ne nous quitte en 2010 à l’âge de 85 ans.

Du pensionnat anglais à la jungle sauvage et mystérieuse du Brésil

Une histoire qui débute dans la bonne société anglaise du début du XXème siècle au cœur d’un pensionnat, c’est tentant. Mais quand on découvre que nous sommes en partance pour les contrées sauvages et exotiques du Brésil, au bord du fleuve Amazone, c’est une nouvelle dimension qui s’ouvre à nous et à Maia, héroïne charismatique de ce roman.

A peine ses parents décédés, la jeune Maia se retrouve « accueillie » par un côté très éloigné de la famille qu’elle ne connaissait pas… au Brésil. Alors qu’elle s’imagine déjà côtoyer les autochtones et découvrir la vie exotique du pays ainsi que sa faune et sa flore, rien ne va se dérouler comme elle l’imaginait.

Exilés au Brésil pour affaires, les Carter ne recueillent pas leur nièce par bonté d’âme, la pension qui leur est reversée pour son éducation en revanche motive au plus haut point son oncle et sa tante, qui vivent bien au-dessus de leurs moyens. Mais le portrait n’est pas encore complet si l’on ne parle pas des deux cousines de Maia : horribles, méchantes, égoïstes… elles n’ont vraiment rien pour elles et vont tout faire pour lui nuire.

C’est ainsi que l’avenir de la jeune demoiselle s’annonce très sombre, même si il y a un soupçon d’espoir en la personne de sa tutrice, Mademoiselle Milton.

Reine du fleuve VOUne très belle fresque historique mettant l’accent sur la Nature, la vraie

Ce roman d’Eva Ibbotson n’est pas un classique pour rien, on y trouve tous les éléments qui en font un superbe roman jeunesse. Une héroïne curieuse de tout et rebelle, de cruels beaux-parents, un pays sauvage qui ne demande qu’à être découvert, une amitié improbable qui se tisse…

On appréciera particulièrement la part belle qui est faite aux sciences sous toutes leurs formes : biologie, botanique, Histoire, sociologie, ethnologie… La tutrice de Maia est une femme moderne et folle de livres, quels que soient leurs sujets, c’est à travers elle que la jeune fille et nous-mêmes nourrissons notre fascination pour le fleuve Amazone et ses mystères.

Mélanger une intrigue dans le plus pur style anglais du début du XXème siècle à un récit d’aventures haut en couleurs en cœur même de l’Amazonie est à la fois audacieux et enchanteur. Tout ce que l’on espère, c’est de ne jamais quitter cette atmosphère idyllique et sauvage, entouré de Maia et de son ami indien.

La prose d’Eva Ibbotson est quant à elle captivante, efficace tout cela sans être dénuée de poésie, elle n’est toutefois jamais lourde. En somme, on rentre très rapidement dans l’intrigue sans jamais qu’elle s’essouffle. C’est un véritable mélange entre les récits saisissants de Mary Hooper et ceux touchants de Charles Dickens, tout cela sans jamais tomber dans le misérabilisme.

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Vous l’aurez aisément compris, Reine du fleuve est un véritable coup de cœur. Cette lecture a pour moi été une double révélation : celle d’une auteur de talent, et celle d’un lieu à une époque absolument fascinante. C’était l’époque où tout était encore possible pour les scientifiques, où des foules de découvertes restaient à faire… et ça fait tout simplement rêver.

A lire dès l’âge de 12 ans, sans limite d’âge.

Actualité éditoriale : The Big Sky, l’arrivée en France d’un cycle littéraire mythique dans l’Ouest Américain

En novembre 2013, les éditions Actes Sud lançaient une The big sky 01toute nouvelle collection : L’Ouest, le vrai. Passée plutôt inaperçue, la collection s’est ouverte sur deux titres l’année dernière : Terreur apache de W.R. Burnett et Des clairons dans l’après-midi d’Ernest Haycox. Depuis octobre 2014 avec The Big Sky, Actes Sud n’avait rien sorti au sein de ce nouveau label estampillé 100% U.S et grands espaces.

La collection est dirigée par Bertrand Tavernier, dont voici la présentation (qui donne fortement envie) :

« La série “L’Ouest, le vrai” veut faire redécouvrir ces auteurs aujourd’hui oubliés ou méconnus (du moins en France), dans des traductions inédites. Tout à la fois films et livres, j’ai choisi ces romans pour l’originalité avec laquelle ils racontent cette époque, pour leur fidélité aux événements historiques, pour leurs personnages attachants, le suspense qu’ils créent… mais aussi pour leur art d’évoquer des paysages si divers dont leurs auteurs sont amoureux : Dakota, Oregon, Texas, Arizona, Utah, Montana… l’Ouest, le vrai, quel irrésistible dépaysement !« 

The big sky 02Ainsi vient d’arriver The Big Sky de A.B. Guthrie, un cycle de six tomes qui nous plonge dans une Amérique belle et profonde, proche de la nature. Les deux premiers tomes de la série viennent de sortir chez Actes Sud, il s’agit de La captive aux yeux clairs (premier tome) et La route de l’Ouest (grâce auquel A.B. Guthrie a remporté le Prix Pulitzer en 1950). Ces deux romans ont d’ailleurs été adaptés à l’écran et sont devenus de mythiques westerns grâce au réalisateur Howard Hawks. Par ailleurs, les deux premiers ouvrages de cet ambitieux cycle ont déjà été édités en 1947 pour le premier tome et en 1956 chez Denoël. La suite n’a jamais été traduite en France.

En attendant de vous donner notre avis sur cette série aux couvertures sublimes et séductrices, voici la quatrième de couverture du premier tome de la saga :

Boone Caudill et ses amis trappeurs rejoignent une expédition vers le Haut-Missouri, vaste région sauvage où vivent les Indiens Black Foot. Teal Eye, une jeune Indienne, fait partie du voyage. Ce roman foisonnant et prenant nous immerge dans la vie des trappeurs et leur commerce avec les Indiens – mais aussi avec des hommes d’affaires sans scrupules. Howard Hawks tira de ce roman magnifique un de ses chefs-d’œuvre (1952) et un des plus grands westerns de l’histoire du cinéma.

AUTEUR :
GENRE : Littérature
TRANCHE d´ÂGE :