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Chronique : La religieuse

La religieuseLa religieuse, certainement un des textes les plus controversés écrit par Diderot. Il met en scène la jeune Suzanne Simonin, promise depuis sa naissance à passer sa vie à servir Dieu dans un couvent pour expier les fautes de sa mère.

Il faut le savoir, ce roman était tout d’abord une farce de Diderot envers l’un de ses amis, le marquis de Croismare. Diderot envoya ces lettres soi-disant écrites par Suzanne Simonin qui lui demande son aide, la plus infime soit-elle. Mais il s’agit en réalité d’une plaisanterie de l’écrivain afin de faire revenir son ami à Paris, afin qu’il quitte sa campagne. Les correspondances entre la fausse religieuse et le marquis furent ainsi nombreuses, ce dernier s’étant attaché à elle.

Par le biais de cet ouvrage, Diderot prône la liberté et la socialisation, lui qui pense que l’homme ne peux s’épanouir qu’avec ses semblables et non pas dans l’isolement, qu’il soit volontaire ou non. La religieuse est également une « Effrayante satire des couvents », comme le dit l’auteur lui-même. L’ouvrage fut publié à titre posthume.

Ce roman a été adapté de nombreuses fois au cinéma, le dernier film en date qui s’en inspire est celui réalisé par Guillaume Nicloux, en 2012, qui reprend mot pour mot des passages entiers du texte original.

Parmi les œuvres notables de Denis Diderot, nous pouvons citer : Jacques le Fataliste, Supplément au voyage de Bougainville, le Neveu de Rameau ou encore l’Encyclopédie – ou Dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers (la première en France).

Une succession de misères

Suzanne Simonin est promise à Dieu depuis sa naissance. Elle n’aura pas le droit au jolies choses que possèdent ses sœurs, pas même à leur amour. Alors quand arrive pour elle le  temps de prononcer ses vœux, c’est avec une fausse résignation qu’elle s’y engage, avant de tout faire pour les résilier.

Mais il est plus difficile de sortir d’un couvent que d’y entrer… ainsi débutent les successions de malheurs de Suzanne, une bonne religieuse, mais sans passion aucune pour Dieu.

De son parcours, nous sauront tout. Le roman est écrit à la première personne et Suzanne n’épargne rien des sévices qu’elle subira lorsqu’elle refusera de se soumettre aux ordres (il fut prouvé que les sévices cités par Diderot ne relèvent malheureusement pas tous de la création littéraire).

Cet enfermement, nous ne pouvons que le vivre avec force au travers des lignes écrites par Suzanne. Poignante, jamais misérabiliste, cette dernière nous happe par sa force de caractère, sa volonté de lutter contre tous et surtout contre sa condition. Diderot a ici créé un héroïne forte, qui s’aura s’entourer d’alliés efficaces même s’ils sont peu nombreux.

En conclusion, sans vous faire une analyse du roman, ce dont je ne serait tout simplement pas capable, la religieuse est un magnifique texte. Son écriture est fluide, extrêmement accessible, et surtout très intéressante. Le nombreuses péripéties qui marqueront la vie de Suzanne ne cessent de nous happer, pour nous amener à une conclusion qu’on a à la fois peur et très envie de connaître. On y parle de souffrance, de quête de soi et de liberté, mais aussi de relations controversées entre femmes au sein même d’un établissement religieux.

Il s’agit également d’un beau portrait historique qui nous montre qu’à l’époque, le libre-arbitre était encore un luxe dans certaines situations. En effet, on promettait souvent l’un de ses enfants à l’Eglise… et cela sans que ce soit une véritable vocation de la part du futur religieux. A lire pour découvrir un incontournable du XVIIIème siècle, mais aussi pour s’émerveiller de la richesse des textes classiques…

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GENRE : Littérature
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Chronique : La septième fille du diable – Tome 1 – La prophétie

La septième fille du diable 01Une lecture qui laisse mitigé.

Roman pour adolescents qui se déroule au quatorzième siècle, La septième fille du diable – Prophétie est le premier tome d’une trilogie publiée aux éditions Flammarion et écrite par l’auteur français Alain Surget. Très connu pour ses œuvres destinées à jeunesse, il a notamment écrit le renard de Morlange, la série Pavillon Noir ou encore Les disparus de Fort Boyard.

Au commencement était la nuit de feu.

Tout débute lors d’une chasse aux sorcières où Lésia est entraînée de force par le mouvement massif de la foule. Elle assiste impuissante à l’incendie de la maison d’un druide soupçonné de sorcellerie par l’église et fera la rencontre d’un des commanditaires de cette injustice : Nigel ; un jeune homme aux idées bien arrêtées et parfois dangereuses… et malheureusement pour elle, Lésia va devenir l’une de ses fixations premières.

Parallèlement à cette malheureuse rencontre, Lésia va croiser le chemin du beau et gentil Pierre dont elle va vite tomber amoureuse… mais beaucoup d’obstacles vont se dresser sur leur route, surtout sur celle de la famille de Lésia. En effet, le Bailly lorgne depuis des années la seule terre que sa famille possède, et il est prêt à tout pour se l’approprier.

Une histoire intéressante mais une écriture rébarbative

L’intrigue du livre est assez bien faite, et on a réellement envie de savoir de qui va se passer pour Lésia et sa famille, mais ce qui pèche ici c’est le vocabulaire employé. En effet, pour aider le lecteur à se plonger dans la lecture Alain Surget a décidé d’utiliser un vocabulaire et des termes de léploque, et donc complètement passés ; mais ils mettent plus un frein à la compréhension de l’histoire qu’autre chose. On se retrouve ainsi avec des phrases telles que : « il risque fort de me chanter pouilles des jours durant pour m’être absentée nuitamment » ou encore « où niche ta choe ? » on comprend en général le sens général mais pas toujours, alors pour des lecteurs âgés entre 13 et 14 ans, ça devient encore plus compliqué.

Le second côté que j’ai trouvé déplaisant dans ce roman est la façon dont est exploitée l’intrigue, pas toujours très claire, on se mélange avec le nom des personnages et les différentes manières de les nommer.

De plus, certains personnages, comme Nigel, ont une personnalité si malsaine et ambiguë qu’on ne peu que les haïr et même les craindre, ce qui pose la question de l’âge du lectorat, que je ne trouverais pas adapté avant quatorze ans environ, on s’adresse donc à un public adolescent, et non pas jeunesse comme on pourrait le croire. La quatrième de couverture correspond quand elle à une des dernières phrases du livre, dommage d’en parler.

En conclusion, la Septième fille du diable est une lecture que j’ai trouvée décevante, m’attendant à autre chose. Le second tome sera tout de même chroniqué sur le blog, pour infirmer ou confirmer ce sentiment.

Note : L’illustration de couverture est signée Rebecca Dautremer.

4/10

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