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Chronique : Lettres à une disparue

Lettres à une disparueLa quête poignante d’une grand-mère pour retrouver sa petite fille…

Premier roman de Véronique Massenot, Lettres à une disparue est devenu très rapidement un classique de la littérature jeunesse. Très régulièrement prescrit dans les écoles, l’ouvrage est souvent utilisé pour faire découvrir le genre épistolaire, mais également la notion de dictature aux élèves de 4ème. L’idée de ce court roman est venue à l’auteur après avoir écouté un reportage à la radio.

Véronique Massenot a écrit quantité d’ouvrages, aussi bien des albums pour enfants que des romans pour les jeunes lecteurs : Soliman le pacifique : Journal d’un enfant dans l’Intifada, La lettre mystérieuse

Des lettres sans destinataire… et pour cause

Melina écrit régulièrement à Paloma, sa fille disparue. Cette démarche d’écriture soulage Melina, qui souffre énormément de ce vide dans sa vie. Leur pays est sous le joug de la dictature, et tous ceux qui se sont soulevés contre elle ont mystérieusement « disparu », comme Paloma, son mari et sa fille, Nina. Ainsi Melina se retrouve-t-elle seule avec son mari, tous deux esseulés, désespérés et détruit par cet Etat qui leur a tout pris.

Mais un espoir renaît le jour où Mélina découvre qu’une femme a réussi à prouver que son neveu a été adopté de force par les tortionnaires de ses parents « disparus ». Cela a-t-il pu se produire pour leur petite fille Nina ? Commence ainsi une longue enquête et une bataille juridique pour faire éclater la vérité.

Un récit qui offre matière à réflexion, sans limite d’âge

Cette nouvelle est aussi simple que bien faite. En effet, l’histoire est intéressante, réaliste et donne beaucoup de matière à réflexion. Véronique Massenot a bien pris soin de ne pas donner un quelconque nom de pays ou de région. Son intrigue peut ainsi se dérouler n’importe où et sans réelle époque définie.

Sans tomber dans le misérabilisme une seule seconde, l’histoire montre un beau récit entre souffrance et force. Cette quête d’une grand-mère pour retrouver sa petite-fille et la façon dont elle y parvient sont touchants.

On appréciera donc cette nouvelle pour sa forme épistolaire qui réussit à créer une belle émotion, jusqu’à la toute dernière lettre.

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En conclusion, Lettres à une disparue est un livre intéressant qui invite à réfléchir après lecture. Un récit sympathique à lire pour découvrir un classique de la littérature jeunesse.

Chronique : Le puits des mémoires – Tome 3 – Les Terres de Cristal

Le puits des mé moires 03Suite et fin d’une bonne saga de fantasy française

Dernier tome de la trilogie du Puits des Mémoires paru aux éditions Scrinéo en mars 2013, Les Terres de Cristal est écrit par Gabriel Katz. Auteur montant dans la littérature imaginaire française, son dernier roman en date est Maîtresse de Guerre paru en janvier 2014, également chez Scrinéo. Il se déroule dans le même univers que Le Puits des Mémoires, mais dans un endroit beaucoup plus chaud et Saharien.

Enfin, Gabriel Katz a déjà écrit de nombreux autres ouvrages en tant que nègre… nous n’en sauront donc pas plus, mais certains de ses écrits ont déjà du croiser notre chemin !

Le dernier affrontement arrive et les masques tombent

Suite à la découverte de leurs surprenantes identités respectives, nos trois comparses aux allures de antihéros commencent à déranger ceux qui avaient si bien tiré les ficelles au début de la série. Leur machiavélique plan pour faire des marionnettes de Nils, Karib et Olen commence lentement mais sûrement à se retourner contre eux.

Ainsi commence une lutte de pouvoirs qui émerge des sombres secrets d’alcôve pour se transformer peu à peu en guerre officielle et violente, et ce sur tous les fronts.

Une bonne fin, mais un récit moins captivant que dans les tomes précédents

Dans ce troisième tome, nous retrouvons tout ce qui nous a donné le plaisir de lire cette série, mais il y a moins de surprises et de dialogues piquants et si bien faits que précédemment. On entre dans une action qui suit un cours logique allant jusqu’au prévisible pour certains passages, même si le tout reste parsemé de quelques découvertes attisant l’intérêt.

C’est dommage car après un second tome qui n’arrêtait pas de nous surprendre, on se retrouve avec un dernier opus qui reste bien, mais qui est plus dans l’action brute que dans les révélations et les rebondissements.

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La conclusion est bien simple, Le Puits des Mémoires est une belle série d’action à découvrir, elle nous prouve que la France est loin d’être en reste en termes d’imaginaire (s’il fallait encore fournir ce type de preuve), et elle permet de découvrir un nouvel auteur qui fait son chemin. Loin des stéréotypes du genre, cette fantasy ancrée dans un monde réaliste bien que teinté de magie séduira par sa force brute.

Dans sa globalité, cette série est donc très bien, on aurait juste apprécié un troisième tome à la conclusion plus retentissante, à l’image du ton donné dans les précédents ouvrages.

D’autres chroniques sur le même genre :

Le Puits des Mémoires 01Le puits des mémoires 02L'héritière du tempsLe dernier royaume 01

Chronique BD : Rock & Stone – Tome 1

Rock & Stone 01Une bd post-apocalyptique sur une exoplanète où les robots sont devenus le fléau de la race humaine sur une lointaine planète colonisée…

Paru en janvier 2014 aux éditions Delcourt, Rock & Stone est un court cycle bd en deux tomes seulement. Plongé dans une ère post-apocalyptique, sur une planète nommée Caldoria où les robots dominent les hommes, nous suivons un jeune garçon nommé Stan…

Nous retrouvons Nicolas Jean au scénario (il a travaillé sur 2000AD et Geek Le Mag), Yann Valeani au dessin (on lui doit Derm chez Delcourt) et Gaétan Georges pour la colorisation (il a notamment participé sur les projets bd Angus, Masqué ou encore Sept naufragés).

Rock & Stone 01 inside 03A l’ère de domination des robots

Nous sommes en 2215, sur une planète exploitée par les humains pour son minerai nommée Caldoria. Cette planète aride est hostile à l’homme à cause de l’IA (Intelligence Artificielle) nommée Iahvé (un nom à la sémiologie religieuse lourde de sens…) qui détruit tous les humains que les robots qu’elle contrôle rencontrent.

En peu de temps, ce fut l’hécatombe… il y eu peu de survivants humains, dont le jeune Stan fait partie. Isolé qu’il est dans le désert de Caldoria, le jeune homme décide de partir quand il fait la rencontre d’un robot qui ne tue pas les humains. Le seul robot à ne pas les éliminer. Surnommé Rocky par Stan, les deux improbables comparses vont faire route ensemble, vers une destination connue du robot seul… mais dans quel but ?

Rock & Stone 01 insideUne belle bd de science-fiction au scénario simple mais captivant

Rien de bien nouveau sous le soleil avec Rock & Stone, mais le tout est très bien traité : tant au niveau des dessins que des couleurs, tout participe à en faire une bd de qualité que l’on apprivoise facilement et avec grand plaisir.

Les humains survivent, Stan suit le seul robot de la planète à ne pas vouloir tuer son espèce et on se demande où va nous emmener l’intrigue… Et bien assez loin pour nous offrir un petit twist bien sympathique vers les ultimes planches de ce premier tome.

La couverture est absolument magnifique, percutante visuellement, montrant toute la force de cette amitié improbable voire impossible en 2215. Et, chose agréable, l’intérieur est aussi beau que l’extérieur : les dessins sont travaillés et de qualité, ce qui n’est pas toujours le cas pour de nombreuses bd. On appréciera donc la qualité des dessins et des couleurs, les beaux paysages et les traits de caractère marqués des personnages. Mon coup de cœur va surtout vers le travail de colorisation de Gaétan Georges, qui a sublimé la bd.

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En conclusion, Rock & Stone est un premier tome de qualité qu’il serait dommage de rater. Tous les éléments qui font selon moi une bonne bd sont réunis : un scénario simple, cohérent et qui attise notre curiosité sans être simpliste, des dessins intérieurs de qualité et des couleurs extrêmement bien travaillées.

Le tout donne donc un vrai plaisir de lecture, on a donc hâte de voir quelles vont êtres les ultimes aventures du duo incongru que forment de robot géant et ce petit bout d’humain ! La suite et fin est à paraître en 2015… il faudra donc s’armer de patience.

Rock & Stone 01 inside 02Chronique rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Le Puits des mémoires – Tome 2 – Le Fils de la Lune

Le puits des mémoires 02Le temps des révélations est arrivé… et elles font mal !

Second tome de la trilogie Le Puis des Mémoires, Le fils de la lune est le roman charnière de la série, il est paru en 2012 aux éditions Scrinéo. C’est dans ce tome-ci que les informations les plus intéressantes sur le trio en vadrouille sont enfin révélées…

Ecrite par Gabriel Katz, cette série est une belle preuve que la bonne fantasy est loin d’être réservée aux seuls auteurs anglo-saxons.

Fuir Hélion pour débarquer à Woltan… au plus près de l’ennemi qui les traque

Le trio quo forme Nils, Karib et Olen poursuit sa quête d’identité en même temps que sa fuite en se cachant là où on les attend le moins… au cœur même du royaume qui les traque. Bars, marchés, tavernes glauques…ils passent partout sans être reconnus et sont ratés de peu par les troupes de l’albinos qui les poursuivent depuis tant de semaines.

De pistes fumeuses en indices ténus, nos anti-héros font de curieuses rencontres et d’incroyables  découvertes sur eux ainsi que leur entourage (famille, amis…)… mais difficile de vous en dire plus sur leur teneur sans vous spoiler.

Palpitant et très bien ficelé

Ce second volume du Puits des Mémoires est un vrai régal après un premier livre très introductif : nous découvrons enfin qui sont réellement au moins deux des personnages que l’on suit depuis le début. Et on peut dire que leur identité est pour le moins surprenante et surtout inattendue.

Suite à ces révélations, c’est un mélange entre tensions et situations cocasses et parfois même drôles qui s’invitent. En effet, nos personnages on beau avoir retrouvé leur identité, leur mémoire n’est pas revenue pour autant, et cela va leur créer de nombreux désagréments…

Tout au long du roman, leurs pérégrinations sont improbables et tout ce qu’ils entreprennent a furieusement l’air d’être de l’improvisation constante. Normal, c’est effectivement le cas, mais c’est aussi ce côté perpétuellement aléatoire qui rend le récit à la fois sérieux, palpitant, tout en jouant parfois sur le ton humoristique.

Outre les belles révélations qui parsèment l’intrigue, on appréciera encore une fois les dialogues fleuris et naturels des trois compagnons de route, plus naturels que jamais. Dans un environnement guerrier de fantasy, Gabriel Katz maîtrise les codes du genre avec simplicité et efficacité, sans fioritures ni digressions.

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Pour conclure, Le Fils de la Lune est un très bon volume de la trilogie, certainement le meilleur : il regorge de retournement de situations, et cela jusqu’à l’ultime phrase… Ça se lit vite et ça se lit bien ! A conseiller à ceux qui veulent tester le genre fantasy et qui ont peur de se perdre dans des univers trop denses. A partir de 14 ans environ, mais sans limite d’âge.

AUTEUR :
GENRE : Fantasy
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Filles de Lune – Tome 5 – L’Héritier

Filles de lune 05Un final qui retombe dans les écueils des débuts de la série…

Cinquième et dernier opus de la saga de fantasy québécoise Filles de Lune, L’héritier est paru en septembre 2013 simultanément en Pocket et en Pocket Jeunesse.

L’auteur, Elisabeth Tremblay, est diplômée en rédaction-communication mais a très vite décidé de s’occuper avant tout de sa famille. Ce n’est que des années plus tard, l’un de ses enfants étant atteint d’une grave maladie, qu’elle décida de coucher sur le papier les univers qui grandissaient dans son imagination.

Sa série Filles de Lune reste pour le moment sa seule publication en France.

La guerre finale se profile pour la cité de Ramchad

Chaque camp prépare ses troupes du mieux possible, de vieux sorts sont exhumés de l’oubli et les vieilles rancœurs refont surface… Nous retrouvons nos personnages où nous les avions laissés, sans aucune interruption entre le quatrième tome et celui-ci.

La sorcière Wandéline vient de disparaître de la Terre des Anciens grâce (ou à cause ?) d’Alix. Mais cette noirceur soudaine autour d’un personnage que nous voyions comme noble et pur est surprenante et risque bien de changer la donne…

En parallèle, Naïla prépare également des Filles de Lune pour l’affrontement à venir. Alejandre marche sur Ramchad afin d’éradiquer toute menace susceptible de faire flancher ses rêves de domination. Une armée de morts invincibles menace de refaire surface, et les élémentaux de feux ne sont pas en reste quand il s’agit pour eux de retrouver de puissants parchemins…

Enfin, dans l’ombre des espace-temps et des failles, travaillent Saül… mais aussi Roderick, avec chacun ses propres objectifs en terme de conquête de la fameuse Terre des Anciens. Les luttes de pouvoirs ne font que commencer, mais de façon beaucoup plus frontale…

Filles de lune 05 mortagneUne action perpétuelle et soutenue

S’il y a bien un point fort à ce dernier opus de la saga, c’est son enchaînement d’actions, et cela sans aucun temps mort. Les dizaines de personnages traités ont tous un intérêt particulier et aucun ne diminue la force de l’intrigue.

Cependant, la construction même des personnages frôle parfois le stéréotype, notamment celui d’Alix qui ne peut renier son ascendance maléfique avec Ulphydius. Ce revirement un peu trop soudain dans le caractère du personnage le dessert lui et sa crédibilité…

De même, Naïla, devenue Grande Gardienne et possédant de grands pouvoirs se retrouve au final faible et démunie devant ses ennemis, tellement qu’elle assiste les autres plus qu’elle n’initie les choses. Elle reste ainsi beaucoup dans l’observation et l’attente… dommage pour une héroïne, on la voudrait plus forte et volontaire et non pas dans une constante expectative.

Difficile ainsi de s’attacher à des héros qui sont issus de ficèles moult fois utilisées. C’est fort dommage aux vues de l’univers développé tout au long des cinq tomes qui lui est dense et bien trouvé. Les différents mondes, les passages, la magie de la Terre des Anciens, les nombreuses races magiques remises au goût du jour par l’auteur et d’autres créées… La mythologie des Filles de Lune est riche, mais ne suffit pas assurer la qualité globale du roman, et c’est là où le bât blesse.

Pour ce dernier volume, on retombe dans les écueils des deux premiers tomes : une Naïla passive et peu réactive, ce qui ne la rend pas attachante. Des ennemis au fond entièrement mauvais couronnent le tout, sans aucune ambivalence avec pour seul moteur leur besoin de dominer le monde…

C’est dommage que l’ouvrage ne confirme pas la bonne évolution des deux précédents volumes. Ainsi, L’héritier, point final de la série, nous laisse un sentiment d’avoir lu une histoire dont la fin était somme toute très prévisible. Pas de grande surprise, peu d’émotions, mais un univers qui aurait pu prendre une dimension beaucoup  plus grande si le tout avait été mieux combiné.
Cette lecture laisse donc un sentiment partagé et indéfinissable : ni une franche déception à proprement parler, mais pas non plus un sentiment de plénitude une fois l’ouvrage refermé…

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Le tourneur de page – Tome 3 – Au delà des temps

Le tourneur de page 03Un ultime tome réussi

Le troisième et ultime tome de la série pour adolescents le Tourneur de Page (éditions Eveil et Découverte) vient de sortir il y a de cela à peine un mois. Une attente qui laissait fébrile quand on se souvient de comment se concluait le second tome de la saga…

Ainsi reviennent Alkan, Artelune, Colard, Iriulnik et les autres pour une ultime bataille ; celle qui verra l’avenir des habitants de la Bullhavre prendre un tournant décisif.

Une immersion immédiate

A peine les première pages lues, on se retrouve avec les personnages que nous avions laissés il y a un an. Aucune difficulté pour se replonger dans l’intrigue et les enjeux de la trilogie, bien au contraire.

Chaque chapitre s’articule autour d’un groupe de personnages en particulier : Iriulnik et Piuppy sur leur île déserte, Alkan et ses amis sous la Bullhavre, les villageois dans l’Outre-Monde… chacun à leur manière vont nous happer par leur problématiques. La survie est le maitre mot pour Iriulnik, qui n’a jamais paru aussi humaine, forte et fragile à la fois, elle en devient extrêmement attachante et même héroïque.

Alkan et ses amis quant à eux sont sous la Bullhavre, où ils commencent tout juste à couler des jours heureux… mais pas pour longtemps. La faim gronde sous la Bullhavre, et par extension, la révolte. Les habitants commencent ainsi à écouter les sirènes qui leur promettent monts et merveilles, quitte à oublier ceux qui les ont libérés il y a à peine quelques mois…

C’est donc une suite riche en actions et en révélations qui nous attend ici, avec peu de temps morts et nombre de rebondissements.

Un enchaînement qui fonctionne

Muriel Zürcher confirme ici son talent narratif et le déploie même mieux que dans les deux précédents livres avec une plume plus assurée, qui s’harmonise mieux dans l’ensemble de son roman. On passe d’une scène à l’autre avec aisance, et surtout, impatience. L’auteur ménage parfaitement ses effets, et on se laisse emporté par la vague narrative qu’elle nous offre.

La Bullhavre que l’on pensait bien connaître n’avait pas encore révélé tous ses secrets, et c’est un nouveau pan de la mystérieuse ville qui nous est offert avec sa tour invisible faite de miroirs notamment.

Que dire de plus sinon que la magie opère avec efficacité, que l’on est happé par l’intrigue et que l’auteur est doué pour les belles scènes dramatiques ? Je pense notamment aux nombreux combats auxquels devra faire face Iriulnik pour protéger Piupy ou encore aux scènes de confrontations, qui ne sont pas nécessairement sanglantes, mais orales.

Ce sont aussi des combats pour différents idéaux qui prennent vie : faut-il privilégier l’humain ou la survie ? Peut-on concilier les deux ? La Bullhavre et son système froid et cruel est-il le plus efficient de tous pour que l’homme vive et s’épanouisse ou bien est-ce le système du Peuple, qui force ses femmes à avoir le plus d’enfants possible ? Ou autre chose ?

Même si nous n’aurons pas de réponse toute faite, la conclusion nous laisse quelques pistes de réflexion et nous fait comprendre qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais personnages, seulement des chemins très différents qui mènent au final à un même idéal…

Ce troisième tome en forme de point final est une très bonne conclusion pour cette série originale et bien menée d’un bout à l’autre. On espère voir à nouveau Muriel Zürcher faire des incursions dans l’imaginaire, car ce genre lui réussit fort bien. A lire pour s’émouvoir, se révolter, rêver, imaginer ! Dès 13 ans environ.

Chronique rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Les sentinelles du futur

Les sentinelles du futurCarina Rozenfeld est une auteur française très prolifique dans le monde de l’imaginaire et du young-adult. Ses derniers romans en date sont Phaenix (deux tomes, collection R chez Robert Laffont) ainsi que la Quête des Livres-Mondes (réédition chez l’Atalante en 2012).

Avec les sentinelles du futur paru en août dernier aux éditions Syros dans la collection Soon, Carina Rozenfeld renoue avec la science-fiction et les voyages temporels !

Notre Terre en 2359

Le tableau de notre planète dans quelques siècles est peu optimiste : la végétation a disparu, de même que la faune. La planète est toxique pour ses habitants, les mers ont tué depuis longtemps les poissons et autres multitudes de forme de vie qui y régnaient. La Terre se meurt à petit feu et devient un poison pour elle-même tant elle a été détériorée.

Mais selon les sentinelles du futur mandatées par l’Académie, l’avenir de l’humanité sera radieux. Comment cela peut-il être envisagé et comment le savent-ils ? Grâce à un passage temporel qui permet aux fameuses Sentinelles de voyager et de visiter le futur dans 300 ans exactement.

 En  2659 la végétation a reprit sa place, les hommes peuvent de nouveau sortir grâce à l’air qui n’est plus pollué, la population y est pérenne, heureuse grâce aux sphères blanches. Que sont les sphères blanches ? Nul ne le sait, les Sentinelles on juste découvert qu’elles sont ce qui a sauvé l’homme de l’extinction et qu’elle apparaîtrons en…2359.

C’est dans cette ambiance fébrile que vit le jeune Elon, élève de l’Académie grâce ses aptitudes exceptionnelles. Quand notre histoire commence, cela fait quelques semaines que les sentinelles ne sont pas revenues faire leur rapport afin d ‘alimenter les cours d’histoire du futur. Mais quand elle reviennent, leur nouvelles vont créer un véritable cataclysme au sein de l’Académie… le futur est à feu et à sang…

Quand le passé tente de sauver le futur

L’histoire des Sentinelles du Futur est un savant mélange de science-fiction à petite dose, de personnages très plausibles et charismatiques ainsi que d’un peu de romance (les garçons n’en seront pas allergiques).

L’idée de voir deux époques et deux personnages se compléter fonctionne très bien. D’autant que l’intrigue démarre vite et que le mystère des sphères blanches est totalement insoluble jusqu’au dernier moment.

Encore une fois, Carina Rozenfeld réussi à nous séduire par sa plume en nous montrant un nouveau pan de ses nombreux imaginaires. Après être avoir fait du fantastique, de la romance, de la fantasy urbaine, son incursion dans la science-fiction jeunesse est réussie.

On adorera ses personnages, qui sont encore une fois réussit, réalistes et qui collent bien à ce que peuvent dire les adolescents. On aimera également les petites bonnes idées qui parsèment le roman et qui ajoutent de la force et du crédible à l’histoire : le Japon à disparu dans ce roman, les Japonais ne vivant qu’entre eux pour préserver leur traditions, leur mœurs et leur lignée… C’est le cas de Micko, l’un des personnages principaux, dont la vie est régie par ces problématiques.

Enfin, sans avoir de réel twist, la conclusion de l’histoire est très bien trouvée. Le mélange des temps futurs et passés se faisant de plus confus tant leur histoire est liée. Un joli petit tour de force qui nous fera apprécier ce roman.

Les sentinelles du futur est un one-shot, et cela est parfait ainsi. Résolument destiné à la jeunesse, c’est un roman qui peut initier à la science-fiction les lecteurs de treize ans environ. Efficace et touchant, ce récit vous donnera même envie d’en lire un autre sur les voyages dans le temps : Le voyageur imprudent de Barjavel étant souvent cité…

Chronique : La Sélection – Tome 2 – L’élite

La Sélection 02Encore plus insoutenable que le premier opus

Écrite par Kiera Cass, la trilogie La Sélection connaît un énorme succès, aussi bien dans son pays d’origine, les Etats-Unis qu’en France. L’élite est le second opus de la série, et continue de nous faire rêver… et de nous interroger.

Kiera Cass a écrit d’autres romans que la Sélection, notamment The Siren ou encore Brave New Love, mais aucun n’a encore été traduit en France.

Un suspense toujours haletant

America Singer est toujours dans la course, mais les événements vont se précipiter, et pas nécessairement à son avantage…. Va-t-elle rester ? Résister à la pression médiatique et interne au palais ? Et plus important encore, va-t-elle céder aux sirènes en la personne de son ex petit-ami Aspen, devenu un de ses gardes du corps ?

Beaucoup d’interrogations pour au final très peu de réponses, mais qu’importe, Kiera Cass manie avec tant de maîtrise l’intrigue que l’on se laisse entraîner sans sourciller.

Le cœur d’America balance, peut-être même un peu trop parfois. Elle ne sait plus sur quel pied danser, et nous non plus… alors qui choisira-t-elle : Le Prince ou son ancien amour ?

Il va falloir jouer fin pour tirer son épingle du jeu….

Notre charmante héroïne est sur la sellette, et elle le sait bien : le roi lui-même vous une puissante haine à son égard à cause de ses idées révolutionnaires qu’elle instille doucement au fur et à mesure des émissions dédiées à la Sélection.

Les autres participantes elles non plus ne lui laisseront rien passer : son originalité et son esprit auprès du Prince lui ayant gagné ses faveurs par des voies que les concurrentes n’imaginaient pas, elles qui misaient tout sur leur seul charme.

Les attentats sur le palais se répètent de plus en plus fréquemment, et personne ne juge bon d’exprimer clairement les enjeux qu’ils cachent… simple attentat ou lutte pour quelque chose de plus juste ? de plus noble ?

Faux-semblants, amitiés qui explosent, amours inavoués, actes regrettés, nous ne manquons pas d’action dans ce second tome pour compenser le peu d’informations… frustrant, mais terriblement hypnotisant. Impossible de décrocher jusqu’à l’ultime mot de l’ultime page…

Alors mêler de la géopolitique (à petites touches) avec de l’anticipation sur fond de romance ne vous paraît pas chose possible pour des ados ? Lisez la Sélection, vous en serez bluffé. Et surtout, malgré le fait que les couvertures soient extrêmement girly, cette saga peut être lue par les garçons également ! Dès 14 ans.

Nous attendons avec impatience le troisième et dernier tome, qui devrait paraître dans le courant du printemps 2014.

Chronique : Black Eden – Tome 1

Black Eden - tome 1Une fois n’est pas coutume ce roman ne nous vient pas des États-Unis ou d’Angleterre, mais d’Espagne ! Avouons qu’avoir des traductions d’autres pays change un peu de ce que l’on peut croiser très (voir trop) régulièrement dans le paysage éditorial.

Avec Black Eden dans la collection Macadam, Milan se lance dans une grande série : huit tomes parus en Espagne (contre deux en France), vous voilà prévenus. Écrite par Ana Alonso et Javier Pelegrín, Black Eden n’est pas la seule saga écrite par le duo.

Avec un premier tome totalement inclassable, préparez-vous à entrer dans le monde de Black Eden, où les apparences sont trompeuses….

De l’ADN comme passeport pour une vie meilleure

Dans la société où vit Martin, tout est contrôlé, surveillé, géré par les autorités. Durant un cours de biologie, le jeune homme est amené à se prélever un peu de sang afin d’apprendre à faire des analyses simples… mais il y a deux choses qu’il ignore : le matériel de biologie de l’école est relié aux bases de données des autorités en place ; et…son sang est l’une des choses les plus précieuses au monde car son système immunitaire est inviolable.

Autant dire que l’une des plus grosses entreprises pharmaceutiques du monde ne le laissera pas en paix avant de l’avoir « recruté » comme cobaye de gré ou de force…

Mais qui dirais non à une vie entière sur une île paradisiaque en échange de quelques examens sanguins quotidiens ?

Etrange, fascinant et définitivement hors des sentiers battus

Publier Black Eden, c’est un joli petit pied de nez aux titres qui sortent et se ressemblent dernièrement dans le de l’anticipation et/ou de la dystopie. Cette nouvelle série apporte une fraicheur bienvenue en ces temps où le conformisme semble faire loi.

Dans cette société totalitaire où les états ont étés remplacés par des corporations tentaculaires surpuissantes, Martin ne fait guère le poids et va donc exécuter ce qu’on exige de lui.

Nous nous retrouvons donc sur la fameuse île paradisiaque dont certains rêvent mais qui n’en a que l’apparence…

Nous découvrons rapidement que Martin n’est pas le seul à faire les affaires de la grande entreprise pharmaceutique l’ayant recruté. Ainsi faisons-nous la connaissance de Cassandre, Selena et Josh, des jeunes particuliers et réservés qui vont devoir apprendre à faire confiance au nouveau venu.

Au fil des jours qui passent, Marin va remarquer une foule de petites choses étranges qui seules ne semblent rien signifier de particulier, mais qui une fois mises bout à bout vont révéler un tableau effrayant.

Le plus génial, c’est de découvrir ce premier tome, de le lire, et de se rendre compte au fil des pages que ce que l’on prenait pour un roman de science-fiction assez traditionnel est en fait beaucoup plus que cela. Pour les plus curieux, il est toujours possible de regarder ce que signifie le titre original de la série : La llave del tiempo… !

Black Eden - tome 2Immersif et très surprenant, le voyage que vous ferrez à travers ce premier opus ne vous laissera pas indifférent.  Vous serrez plutôt songeur et terriblement curieux d’en apprendre plus sur le parcours de ces adolescents à l’organisme hors du commun et aux origines nébuleuses.

Chronique du second tome de Black Eden – La sphère de la Méduse ici.

Chronique Jeunesse : La guerre des livres

La guerre des livresUne sf efficace pour les jeunes amateurs du genre.

Alain Grousset est un auteur français ayant largement contribué au genre qu’est la science-fiction, en particulier pour les jeunes lecteurs. Auteur de nombreux articles et critiques et de plus d’une cinquantaine de romans, on lui doit notamment La citadelle du vertige, l’enfant-mémoire, les Passe-vent

Avec la guerre des livres, il signe un roman de science-fiction parfait pour découvrir le genre dès l’âge de dix ans.

Une guerre mettant en jeu l’existence de nombreuses planètes…

La Sécession est un regroupement en guerre contre l’Empereur et son armée. C’est ainsi que le jeune Shadi, un des plus jeunes pilotes de la Sécession va se retrouver par hasard sur une planète ennemie, puis encore transporté sur une autre… où il va devoir survivre, et mentir.

En effet, la planète sur laquelle va se retrouver Shadi est une bibliothèque gigantesque, creusée à même la montagne…Mais le jeune héros emmène avec lui les dangers de la guerre… mettant en danger les précieux ouvrages représentant des pans entiers de l’humanité qui ont pu être préservé depuis des siècles…

Une initiation simple et efficace

La guerre des livres est à peu de choses près un livre au contenu attendu, mais très plaisant. En effet on retrouve tout ce qui fait partie des codes du genre : vaisseaux spatiaux, guerre à l’échelle de planètes, portes de téléportation…. mais cette présentation du monde de la science-fiction pour les jeunes lecteurs est bien amenée, de façon ludique et avenante.

L’idée d’une planète regroupant la culture sous toutes ses facettes sans préjugés de provenance ou d’époque est séduisante. On aime à se balader dans cette planète-bibliothèque où le rangement des ouvrages est un mystère lui-même… !

Tous les ingrédients sont là pour donner au jeune lecteur le goût de l’aventure : de l’action, une atmosphère sous tension et un peu de suspense. Les personnages sont peu nombreux et tout à fait crédibles, nous permettant de les suivre avec intérêt.

Un roman jeunesse plaisant donc, tout indiqué pour faire découvrir le genre sans partir dans des myriades de termes incompréhensibles. A conseiller dès 10 ans.