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Chronique bd : The Wendy Project

Une réécriture « réaliste » du fameux roman fantastique de James Matthew Barrie.

Paru en mai 2019 aux éditions Ankama, The Wendy Project traite le sujet de la perte et du deuil de façon originale… en faisant la passerelle avec le classique qu’est Peter Pan.

Il s’agit du premier ouvrage qui associe Veronica Fish et M.J. Osborne.

Un accident comme point de départ…

Tout débute avec un terrible accident de voiture, à l’intérieur, une famille au complet. Après l’accident, l’un de ses membres sera définitivement perdu. La voiture étant tombée dans un cours d’eau, le corps d’un de ses frères à disparu… Mais Wendy est persuadée que Michael n’est pas mort, qu’il est seulement ailleurs…

C’est ainsi que les rendez-vous chez la psychiatre s’enchainent, tout le monde la regarde de travers, personne ne prend en compte sa parole. Wendy délire-t-elle ? Est-ce qu’elle a vraiment vu Michael s’envoler ? Ou est-ce un bouclier créé par son esprit pour faire face à la mort ?

Un hommage contemporain à l’œuvre de J. M. Barrie

The Wendy Project est une belle bd, mais il faut vraiment aimer l’univers de Peter Pan. Truffé de références et de citations de l’auteur, l’ouvrage se propose d’être un pont entre deux mondes que tout oppose.

Il y a du mystère, de l’émotion, et surtout, de magnifiques illustrations qui servent parfaitement l’histoire. C’est à la fois poétique et onirique bien que triste…

Le jeu des couleurs est également très important dans cette bd. La majorité de l’histoire est en noir et blanc, sauf quand Wendy frôle le fameux monde imaginaire de Peter Pan… Cette mise en scène de la colorisation est très bien faite.

Ainsi, si vous êtes fans de bd ET de l’univers de Peter Pan, ce livre est pour vous ! Il s’agit d’un one-shot, et pour une fois que ce n’est pas une énième série à rallonge, ça fait du bien.

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Chronique album jeunesse : Il était une fois… mon imagier des contes

Un imagier graphique et original à avoir absolument dans sa bibliothèque !

 

Le nom de Madalena Matoso vous dit peut-être quelque chose ? Et pour cause, dans le monde de la littérature jeunesse, c’est une auteure et illustratrice très prolifique. On lui doit une foule de petits albums pour les enfants, tous très reconnaissable grâce à son trait coloré et immédiatement reconnaissable. C’est à elle que l’on doit les livres tels que : Mon chagrin éléphant, Mon voisin est un chien, Dessine-moi une montagne

Il était une fois… mon imagier des contes est ainsi son petit dernier, il vient tout juste de paraître en février 2017 aux éditions du Seuil Jeunesse… et c’est un coup de cœur !

Un recueil de contes de fées… sous couvert d’un imagier !

Partez à la découverte du vocabulaire riche des contes de fées : un âne, un bûcheron, une tresse dorée, une sorcière, un voleur, un flacon d’argent, une poule, un chat… Voici les mots que les enfants découvriront au travers des illustrations de Madalena Matoso.

Mais, le véritable point fort de ce bel ouvrage, c’est l’utilisation qui est faite de ces dessins. En effet, l’auteure/illustratrice va plus loin. Après nous avoir proposé une dizaine d’images, correspondant à un conte en particulier, on passe… à l’histoire elle-même ! Et chose encore plus intéressante et stimulante pour les enfants : certains mots sont remplacés par des les images présentées précédemment, en miniature.

Alors, certes, le concept en soi n’est pas nouveau, mais il est si bien mis en œuvre et si joliment illustré que cet album est un petit bijou.

Ainsi, ce sont huit contes au total qui sont proposés dans ce recueil : Boucle d’or et les trois ours, Les trois petits cochon, Le chat botté, Hansel et Gretel ou encore Les fées vous sont ainsi proposés.

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Que dire de plus sinon que c’est un album au graphisme percutant et coloré que l’on ne peut que conseiller ! A découvrir dès l’âge de 4 ans pour que les petits participent activement à la lecture.

Alors, à quand un autre recueil de contes afin de se faire une belle collection dans la bibliothèque ?

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Chronique BD : Otakuland

OtakulandOnirique, étrange et envoûtant, bienvenue à Otakuland… un monde que l’on n’a guère envie de quitter une fois immergé…

Paru aux éditions Delcourt dans la collection Mirages et entièrement concocté par Walder du scénario aux dessins en passant par la mise en couleurs, Otakuland est un petit bijou étrange qui nous illustre la réaction de la société nippone vis-à-vis de ses otakus. Walder a déjà été publié par les Humanoïdes Associés avec le livre Maximum et Minimum.
Un otaku est une personne dont la vie sociale est très restreinte. Elle s’isole souvent le plus possible chez elle afin d’assouvir sa passion qui peut-être les jeux vidéos, les mangas ou encore une foule d’autre chose. Ce véritable phénomène de société au Japon inquiète et fascine à la fois. N’oublions pas enfin que le terme otaku a une connotation assez péjorative au Japon, au contraire de la France où ce mot désigne avant tout des passionnés, mais pas nécessairement des personnes qui ne vivent qu’à travers leur addiction.

Dans cette bande-dessinée, loin d’être un mal dont ils essayent de se guérir, nos trois personnages vont au contraire  rejoindre leur monde et nous montrer à travers leur yeux ce qu’est Otakuland : un monde merveilleux où tout est possible.

Otakuland insideTrois parties pour trois personnages

Au fil des pages nous suivons trois hommes relativement ordinaires, bien qu’en marge de la société. Le premier, se nomme Yota, le second se prénomme Koi et est livreur de films pornos, enfin le troisième s’appelle Jibun.
Chacun a sa façon de se rendre à Otakuland, chacune illustrée en fin de partie. Mais surtout, ils ont su se protéger des moqueries des autres concernant leur statut d’otaku. Car comme le dit le proverbe japonais énoncé en quatrième de couverture : « Le clou qui dépasse se fait taper dessus », cette citation illustre merveilleusement bien la réaction de la société face à ses marginaux, et est tout à fait universelle.
Ainsi nos personnages nous entraînent-ils dans un Tokyo aux allures oniriques et étranges où la frontière entre réel et imaginaire devient de plus en plus ténue… et où quand vous verrez surgir de nulle part une chenille à grande queue fourchue en guise de bus, vous serez à peine surpris.

Alors que faire pour nos trois otakus, rentrer dans le moule ? Très peu pour eux. Au contraire, Yota, Koi et Jibun se plongent d’autant plus dans leur monde qu’ils sont harcelés. Car entrer en Otakuland, c’est leur façon de se sentir eux-mêmes, de ne pas être oppressés par cette dictature de la société qui nous pousse à être conformes, normalisés, avec les mêmes envies et désirs.

Parlons maintenant du dessin et de la patte très esthétique de Walder. Le trait est net, précis et très fouillé, faisant des planches de véritables merveilles graphiques. On peu ainsi passer de nombreuses minutes à regarder les détails qui fourmillent à travers chaque case.
La particularité des personnages dessinés par Walder est qu’ils ont tous une tête de taille disproportionnée par rapport à leur corps.
Tout participe à la création d’un univers original et magnétique, envoûtant.

De quoi vous laisser transporter le temps d’un livre (il s’agit d’un one-shot) dans un monde qui nous fait oublier les tracas de la vie de tous les jours et nous ouvre les yeux sur une autre philosophie de vie.
Alors, oui, les personnages que l’on suit sont marginaux, et vivent à travers leur passions, parfois trop, mais au bout du compte, n’est-ce pas eux qui sont les plus heureux ? A vous de vous faire votre propre avis sur la question….

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF