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Chronique : Les désaccordés

L’histoire d’un homme complètement déphasé qui semble toujours prendre la pire décision possible, qu’elle soit d’ordre personnelle ou professionnelle ! 

Premier ouvrage de John Dunthorne à paraitre en France, Les désaccordés est paru chez Gallimard en début d’année 2019. Il nous conte l’histoire d’un couple qui a passé la trentaine et qui peine à trouver une place dans la société…

Journaliste freelance, une situation peu idéale…

Ray Morris est journaliste, il rédige de nombreux avis sur des produits ou autres pour gagner sa vie. Il fait son travail, ni plus ni moins. Il n’est pas médiocre, ni exceptionnel. En fait, Ray est un peu fade, à l’image de sa vie. Mais ses enchaînements incroyables de mauvaises décisions vont le rendre incroyable… mais pas dans le bon sens du terme… Sa femme Garthene quant à elle est très enceinte et tente de concilier travail et vie perso qui tourne au cauchemar…

… encore moins quand on va fonder une famille

De déconvenues minimes en déboires terribles, nous suivons le parcours du combattant pour ce couple qui tente de trouver sa place dans une société Londonienne qui laisse peu de place aux gens modestes. En effet, à cause du travail non fixe de Ray, il est difficile pour lui et sa femme de trouver une maison. Les banques sont frileuses quand elles voient le statut de Ray, et Garthene accouchant bientôt, le temps presse…

Mais justement, le temps pressant, tout cela met la pression à Ray, qui va à chaque fois prendre le pire chemin possible pour lui et sa famille. Les désaccordés est censé être un livre drôle, sinon décalé, mais à aucun moment je n’ai réussit à rire franchement de ce que je lisais.

Je n’ai aucunement réussit à m’attacher de près ou de loin à Ray (à peine à Garthene) tant tout ce qu’il fait est illogique/égoïste/stupide…

J’ai ainsi été assez consternée tout au long du roman, m’attendant à ce que l’histoire commence enfin. Mais j’ai bien dû me rendre à l’évidence quand je suis arrivée à la dernière page… La vie de Ray n’a ni queue ni tête, il n’est pas attachant, surtout instable et très désagréable.

En somme, du début à la fin, je n’ai pas réussit à me plonger dans la vie de ces fameux « désaccordés ». Pas d’empathie pour les personnages, aucun trait d’humour n’ayant réussit à me tirer un sourire… C’est une déception cuisante pour moi qui espérait une analyse fine et décalée de la société anglaise et plus particulièrement Londonienne…

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Chronique : Cherbourg

Une rade qui s’effondre suite une mystérieuse explosion et une flic un peu trop curieuse… que se passe-t-il dans le port de Cherbourg qui doive absolument être occulté par l’armée ?

Premier roman de l’auteur français Charles Daubas, Cherbourg est un ouvrage qui a du corps, et des personnages bien campés. Découverte d’un premier roman qui présage du meilleur pour la suite…

L’ effondrement brutal d’une construction symbolique…

La rade de Cherbourg est un monument qui a traversé les années, les guerres… mais qui n’a pas survécu à une explosion en juillet 2012. Avec pour seul témoin un adolescent de 15 ans, une flic va devoir faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé… Car il n’y a aucune trace d’explosif, ni disparition, contrairement à ce qu’affirme le jeune homme. Et quand on demande à l’enquêtrice de boucler son enquête pour laisser la place à l’armée, cette dernière décide de ne rien lâcher… quitte à sortir pas mal de choses enfouies…

Un bon premier roman

Rien ne me prédestinait à découvrir Cherbourg, mais j’ai eu envie – sur un coup de tête – de le découvrir. Il faut dire que l’ouvrage si lit rapidement avec ses presque 200 pages. Et le personnage principal qu’est l’enquêtrice Frédérique est pour le moins charismatique. Elle a beau être dans la merde jusqu’au cou, elle continue de persévérer. C’est une femme que l’on a envie de suivre et qui donne l’impression de réussir dans n’importe quelle situation d’adversité. Et pourtant… son enquête s’enlise et commence sérieusement à puer.

Car Cherbourg est une ville qui abrite un grand complexe militaire où l’on désosse notamment des sous-marins nucléaires. Autrement dit, dès que l’on touche de près ou de loin à l’Amirauté, on est certain de se griller. Et il semblerait bien que l’effondrement de la rade ait un lien avec l’armée…

Si vous aimez les bon romans mâtinés de suspense (à petite échelle, on est loin des machinations d’ordre mondial) où vous apprendrez des choses – notamment sur le nucléaire militaire – vous êtes au bon endroit. On y découvre les différents niveaux de secrets-défense, notamment le niveau Très Secret Diamant – fascinant. Ou encore comment sont faites les datation au Carbone 14, ou les dangers du tritium pour votre santé même si sa portée est très faible…

Ce mélange de policier entremêlé de vie quotidienne – car on suit en pointillés la vie de cette femme flic un peu indécise dans sa vie personnelle – est très bien mené. Mon seul regret, c’est la conclusion, qui m’a un peu déçue il faut l’avouer. Je m’attendais à quelque chose de plus retentissant, mais c’est plus dramatique et touchant.

Si vous êtes à la recherche d’un bon polar, Cherbourg ne vous sera pas nécessairement destiné. Cependant, si vous aimez les histoires qui vous tiennent et qui possèdent des personnages bien trempés, ce roman pourrait vous convaincre. Pour un premier ouvrage, je l’ai trouvé très bien. Je vous conseille donc de surveiller les prochaines parutions de Charles Daubas, il sait tenir son lecteur en mélangeant savamment les genres. Et surtout, on apprend beaucoup de choses diverses en le lisant, et c’est ce que je recherche dans une lecture !

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Actualité éditoriale : Une adaptation de Sacrées Sorcières par Pénélope Bagieu

Moi qui adore l’univers de Roald Dahl depuis ma plus tendre enfance, et qui adore le trait et l’esprit de Pénélope Bagieu, je suis aux anges en apprenant cette nouvelle : l’illustratrice s’est lancée dans le travail titanesque d’une adaptation bd de Sacrées Sorcières.

Quand est-ce que ça sort ? En début d’année 2020. L’ouvrage fera plus de 300 pages (en couleur) et gageons d’ores et déjà qu’il sera magnifique. Un futur succès de librairie ? C’est certain !

Pénélope Bagieu écrit ces quelques lignes pour présenter son travail actuel et le pourquoi de ce choix :

« Enfant, j’ai été terrifiée et envoutée par Sacrées Sorcières. Le roman de Roald Dahl reste un de mes souvenirs de lecture les plus forts et de très loin mon ouvrage préféré de l’auteur. Bien sûr, les images de Quentin Blake ont aussi beaucoup compté pour moi, et je n’aurais pas aimé dessiner de nouvelles illustrations à cette histoire. Mais la réécrire à ma façon, avec mes outils de bande-dessinée et l’idée très précise que je me fait depuis l’enfance de ces héros et de ces sorcières, et pour moi un plaisir et un honneur immenses. Merci à Luke Kelly, le petit-fils de Roald Dahl, qui me donne cette possibilité et à bientôt – dans 300 planches !« 

La seule image en circulation pour le moment est celle-ci, mais ça présage du très bon… Le code couleur n’est pas sans faire penser au Sacrées Sorcières original…

Chronique : Stone Rider – Tome 1

Une course mortelle dans le désert, de la gomme à user jusqu’à la ligne d’arrivée… ou la mort.

Premier roman de David Hofmeyr, Stone Rider est également le premier tome d’une trilogie post-apocalyptique. En France, ce sont les éditions Gallimard Jeunesse qui en assurent la publication, en version originale, il s’agit de Penguin.

Les droits d’adaptation cinéma pour Stone Rider ont déjà été acquis par la société Working Title Films.

La Base, le rêve d’une vie

Adam est un adolescent comme les milliers qui vivent sur cette terre : une vie de misère, une famille à laquelle il manque un ou plusieurs membres, la faim, la maladie…

La seule lueur d’espoir dans ce monde brutal, ce sont les courses de békanes, véritables promesse d’Eldorado pour ceux qui y participent. Le gagnant (ou la gagnante) se voit offrir le droit de vivre dans La Base, un lieu préservé de tout mal où il fait bon vivre. Les deux suivants à passer la ligne d’arrivée se voient offrir une coquette somme d’argent, et des points de Base, et l’occasion de retenter leur chose sur une autre course…

Mais la compétition est rude, et même mortelle, un gros pourcentage de participants est voué à la mort, un autre à la mutilation… Et pourtant, Adam ne rêve que d’une chose, participer et remporter la grande course de Blackwater. Il n’a plus rien à perdre et compte bien prouver sa valeur aussi bien à ses ennemis de toujours qu’à la belle et coriace békanicienne Sadie.

Un univers rude, aride et assez familier

A peine a-t-on vu la couverture et lu le résumé de Stone Rider, que l’on pense immédiatement à l’univers de Mad Max. Mais l’auteur avoue surtout avoir eu comme source d’inspiration pour son roman Marche ou crève de Stephen King.

Grosses bécanes (békanes dans le livre), cambouis, saleté, société misogyne où les femmes sont des proies faciles et rêvées, désert à perte de vue et ressources limitées… Mais l’histoire reste toutefois très différente, ici, il est question d’une longue course pour la rédemption, la liberté.

Nous suivons un trio qui s’est formé par les aléas et les dangers, en marge de la société et de ses nombreuses pressions. Chacun d’entre eux a perdu quelque chose d’important, ils sont prêts à tout… Et justement, c’est là que le bât blesse. Malgré les quelques révélations qui parsèment l’ouvrage, l’histoire reste cousue de fil blanc.

La psychologie des personnages reste assez basique, et l’intrigue ne réussit pas à nous transporter comme elle le devrait, ni à nous surprendre. Tout y est noir ou blanc, assez stéréotypé, très marqué, et sans nuances.

Certaines idées sont pourtant bonnes, je pense notamment au fait que chaque békane fusionne avec son propriétaire par le biais de son ADN. Qu’il est impossible de conduire la békane de quelqu’un qui n’est pas de la même famille que soi. Le tout n’est pas assez creusé. Il en est de même sur le fameux Code du Pilote mentionné avant qu’Adam ne se lance dans la course, on aurait aimé en découvrir des extraits par exemple.

Certains mots, inventés de toutes pièces par l’auteur pour son univers sont bien trouvés, mais tous ne sont pas expliqués, ce qui est dommage…

 ….

En somme, Stone Rider est un premier tome sans surprises, qui perd assez vite son dynamisme. L’univers aurait gagné à être plus développé, un peu plus dense. Affaire à suivre en 2016 avec la suite : Blood Rider. Se lit à partir de 14 ans environ.