Archives du mot-clé fuite

Chronique ado : La faucheuse tomes 2 & 3

PLAIDOYER POUR LA FAUCHEUSE. POURQUOI LIRE CETTE TRILOGIE ?

Je vous ai déjà fait l’article du premier tome de La Faucheuse de Neal Shusterman il y a quelques années. Depuis, les tomes 2 et 3 sont parus, cela ait même un bon moment. J’ai tellement aimé le premier tome, mais également les deux suivants que je ne voyais pas l’intérêt de me répéter en disant que c’était génial dans deux autres grosses chroniques.

Je préfère simplement vous dire que la trilogie La Faucheuse fut pour moi une énorme claque. Littéraire, mais également philosophique car cette saga nous interroge sur quantité de choses de l’existence. Elle n’est pas qu’un enchaînement très réussi d’actions et de révélations. C’est aussi une série de livres que pousse ses lecteurs à réfléchir, parfois très loin, sur le bien le mal, le bénéfice et les pertes qu’engendrent l’IA pour l’humanité… Nous n’avons pas de Thunderhead ni de Faucheurs, mais Neal Shusterman a déjà pensé à tout. Est-ce que vous voudriez de ce monde ?

Véritable trilogie à la portée philosophique, La Faucheuse est et restera pour moi l’une de mes lectures favorites de tous temps. J’ai rarement dévoré à ce point des romans ni été subjuguée avec une telle force.

Lisez La Faucheuse si vous cherchez une lecture avec du corps et une réflexion profonde, c’est ici que ça se passe.

Et en bonus, un autre opus qui retourne dans l’univers tant aimé de La Faucheuse, avec de nouvelles histoires au format court.

Chronique bd : Chroniques de l’île perdue

Une magnifique bande-dessinée en forme de métaphore sur un sujet difficile…

Paru en septembre 2018 dans la superbe collection Métamorphoses (label des éditions Soleil), Chroniques de l’Île Perdu regroupe Loïc Clément au scénario et Anne Montel au – magnifique – dessin. Ils ont déjà collaboré ensemble sur plusieurs ouvrages, dont le très apprécié Le temps des mitaines, ou encore Les jours sucrés.

Avec cette nouvelle bande-dessinée, on découvre une histoire qui semble très axée jeunesse, mais qui cache en réalité beaucoup de maturité et de symbolique…

Un jeune garçon qui échoue sur une île étrange, paradisiaque, mystérieuse…

On ne sait si c’est la réalité ou un rêvé, mais Sacha arrive abruptement sur un île où il semble faire bon vivre. Il y a bien des créatures un peu étranges, mais rien de bien méchant… Entouré de statues qui ressemblent à celles de l’Île de Pâques, il découvre peu à peu qu’un mal semble transformer peu à peu les habitants de l’île…

En parallèle, le petit frère de Sacha, Charlie est lui dans un tout autre endroit : totalement hostile. Il tente de fuir les terribles entités d’ombres qui ressemblent à des loups. Mais cette course effrénée pour la survie semble être sans fin… à moins que Sacha ne change. Mais quel est le lien qui semble influer sur les deux frères et l’île tout entière ?

… mais qui devient dangereuse !

Bien que très délicat, le sujet de la maltraitance – d’un frère à un autre – est ici superbement traité. La métaphore est peut-être parfois un peu trop floue et complexe, mais on comprend le sens général. En effet, la relation dominant-dominé qui existe depuis longtemps entre les deux frères est complexe, et totalement malsaine. Les loups en sont la personnification mordante. Mais il n’y a pas que cela dans cette histoire atypique : il est également question de rédemption, de pardon, de prise de conscience…

Et il faut avouer que le réceptacle de cette histoire est magnifique. Les illustrations d’Anne Montel sont une merveille. Certaines scènes en deviennent cinématographiques tant elles révèle un instant de sublime, comme suspendu. Je pense notamment à la scène avec Grain de blé… mémorable.

La question du lectorat peut cependant se poser. Pour quel âge est donc cette bd inclassable et merveilleuse tout à la fois ? Je dirais pas avant 11/12 ans minimum, puis sans limites d’âge. Et se perd parfois dans les méandre de l’Île Perdue, mais elle laisse un indéniable plaisir de lecture, même si certains mystères resterons toujours trop épais pour être élucidés…

Chronique : Le jeu du chat et de la souris

Un roman chinois qui nous conte l’histoire d’un jeune homme qui ne se découvre aucun but dans la vie… Tellement désœuvré et seul qu’il décide de tuer.

Premier roman de l’auteur chinois A Yi à paraître en France, Le jeu du chat et de la souris nous propose de découvrir la psychologie d’un tueur avant son passage à l’acte, puis dans sa fuite. L’ouvrage est initialement paru aux éditions Stock, dans la collection La cosmopolite (elle est dédiée à la littérature étrangère), puis il est a été édité en poche chez Points.

Avant d’être auteur, A Yi a été policier, puis il a décidé de tout quitter pour se lancer dans le journalisme et l’écriture.

Un roman social noir dérangeant

Nous voici dans la tête d’un jeune homme dont nous ignorerons le nom jusqu’à la fin. Pourquoi ? Peut-être parce que rien ne le dissocie de ses milliers de semblables. Il est seul, se sent inutile, n’a aucun but dans la vie… C’est ainsi que germe en lui l’idée de tuer quelqu’un. Pour vibrer et se sentir vivant ? Il y a certainement de cela… Mais comment peut-on en arriver à un tel point de solitude pour penser à tuer afin d’être remarqué ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit d’après moi… ce jeune homme ne vit pas et désir avoir enfin une existence aux yeux des autres. Et si pour cela il doit tuer, il le fera.

C’est ainsi qu’il prépare méthodiquement son plan macabre afin de piéger une camarade de classe qu’il apprécie…

Une ambiance inimitable !

Difficile de donner un avis sur ce roman qui se laisse difficilement cerner. A la fois critique des mégalopoles impersonnelles et écrasantes, et satyre de notre société qui perd tout sens, Le jeu du chat et de la souris est un inclassable.

J’ai aimé découvrir ce roman, mais pas totalement. La partie où notre étrange personnage prépare son crime est très intéressante (plus selon moi que la seconde, où il fuit les autorités). On découvre les mécanismes qui l’on mené dans cette situation sans pour autant les comprendre. Mais on se rend compte qu’à aucun moment il n’est déséquilibré… et c’est peut-être cela le plus inquiétant… Plus que comme un polar, il faut prendre cet ouvrage comme un roman noir car le cadre et la narration sont plus importants que le crime en lui-même. 

People are seen on a street in smog during polluted day in Shenyang, Liaoning province, China, December 18, 2016. (Photo by Reuters/Stringer) – Cette photo illustre parfaitement l’ambiance de l’ouvrage pour moi. Entre saleté, densité urbaine et paradoxalement, solitude.

L’ouvrage est donc rythmé, assez captivant, mais j’aurais aimé en apprendre plus sur cette Chine glauque et cachée qui nous est à peine esquissée… En apprendre plus sur cette société aux mœurs si différentes des nôtres et aux problèmes de sociétés auxquels elle fait face.

Même si c’est un roman difficile à proposer, il est intéressant. Peut-être pas assez creusé à mon goût, mais cette première incursion dans la Chine contemporaine était fascinante. A découvrir si vous êtes curieux la société chinoise et de sa culture.

PS : J’ai trouvé intéressante la note de fin de l’auteur qui s’adresse directement à nous, lecteur. C’est un peu étrange, mais je crois avoir perçu un tout petit peu de ce qu’il a voulu dire à propos de son œuvre…

AUTEUR :
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La liste de nos interdits

Un polar aux allures de descente aux enfers… Vous pensiez avoir compris, mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg !

Paru initialement aux éditions Fleuve puis en Pocket, voici le premier roman de Koethi Zan à paraître en France : La liste de nos interdits. Il était paru il y a plusieurs années sous un autre titre, Au bout de la peur.

Par ailleurs, le second roman de Koethi Zan est paru en septembre 2017 chez Fleuve Editions : A jamais tu obéiras.

Un début de roman déstabilisant

Suite à un grave accident, Sarah et Jennifer ont rédigé une liste. Une suite de règles à respecter absolument si elles veulent survivre dans le monde actuel… De leur terrible drame, nous ne saurons rien, mais de cette liste d’interdiction, nous découvrirons tout peu à peu… Mais malgré toutes ces précautions, les deux jeunes femmes vont être les victimes d’un enlèvement puis d’une séquestration qui va durer… de très longues années.

Un thriller psychologique fort bien mené…

Les premiers chapitres sont très déstabilisants, mais une fois que l’on comprend le tableau dans son ensemble (entre le présent et de nombreux flash-back), on se laisse pendre au « jeu ». Jonglant entre différentes époques/enjeux, on creuse peu à peu dans la tête du psychopathe autour de qui tourne cette sordide histoire… Tout s’imbrique et trouve un sens… même dans l’horreur.

Vous trouverez ici une enquête nouant sémiologie, psychologie, manipulation, et torture parfois (mais sans trop de descriptions, heureusement). On remonte peu à peu la filière du criminel avec art… Koethi Zan est douée pour nous amener doucement là où elle a toujours voulu nous piéger, et ça fonctionne !

Mes passages préférés, ce sont ceux où l’investigation de Sarah l’entraîne dans une documentation extrêmement poussée sur toutes sortes de milieux cachés… c’est aussi malsain que fascinant.

Il y a bien entendu quelques poncifs dans ce thriller, mais ils ne sont pas assez dérangeants pour rendre le roman déplaisant. La narratrice, Sarah, fait partie des ultras-privilégiés, elle ne se rend pas toujours compte de la « chance » qu’elle a de pouvoir faire ce qu’elle souhaite quand elle le souhaite… De même, au niveau de la conclusion, il y a une petite « surprise » qui n’en est pas franchement une de mon point de vue, mais rien de décevant non plus.

Étant donné comment Koethi Zan nous balade dans son roman, elle aurait pu aller un peu plus loin en ce qui concerne la dernière partie de son roman. Je suis persuadée que la fin aurait ainsi prendre plus d’ampleur encore.

Quoi qu’il en soit, La liste de nos interdits est un bon thriller psychologique. Surprenant, efficace, dynamique, on passe un excellent moment de lecture sous tension !

……

Je lirais très certainement d’autres livres de cette auteure, pour peu que ses autres romans ne soient pas trop redondants. J’ai vu le résumé de A jamais tu obéiras, et je crains que le contenu soit assez similaire… A vérifier toutefois

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Plus de morts que de vivants

Plus de morts que de vivantsLe roman ado le plus trash de l’année !

Guillaume Guéraud est un auteur français pour les adultes et la jeunesse. On lui doit une foule de romans pour tous les âges et dans tous les genres : Déroute sauvage (Doado Noir), La brigade de l’œil (Folio SF), Anka (Rouergue), King Kaloumar (Sarbacane)… et une foule d’autres livres encore !

Avec Plus de morts que de vivants paru en mars 2015, Guillaume Guéraud signe un ouvrage magnifiquement sanglant. Il y en a partout, c’est furieusement brutal et ça se dévore…

Une touffe de cheveux qui tombe, quelques boutons qui grattent… ou les prémices d’une hécatombe

Les signes étaient extrêmement ténus, impossible pour qui que ce soit de deviner ce qui allait se passer dans moins d’une heure au collège Rosa Parks à Marseille. Et pourtant de qui va suivre va s’avérer être un véritable carnage.

Corentin, Yasmina, Slimane, ou encore Lila ne savent pas ce qui va leur tomber dessus, mais personne n’a été préparé à cela. Que ce soient les élèves, les professeurs et même les plus hautes instances du gouvernement, nul ne sait réellement ce qui se passe au collège Rosa Parks. Tout ce que l’on peut constater c’est que de plus en plus d’élèves meurent dans des circonstances extrêmement sanglantes… et douloureuses.

Ça va saigner ! (et c’est bien)

A peine démarré, tout de suite immergé. Plus de morts que de vivants (titre très éloquent soit dit en passant) est un page-turner à la française chargé d’hémoglobine et de tensions. Le récit se partage entre les faits se déroulant dans le collège et les dialogues à faire froid dans le dos entre le proviseur dépassé par la situation et le Rectorat puis plus tard d’autres instances gouvernementales.

Dire que l’on est absorbé par ce roman est encore en dessous de la réalité. Les premiers chapitres sont tellement surprenants et surréalistes qu’il est impossible de décrocher après un début pareil.

Les chapitres sont courts, extrêmement efficaces. Constamment sous tension et surchargés d’hémoglobine, ils dopent la lecture. Bref, l’atmosphère du Collège Rose Parks devient très vite irrespirable… pour notre plus grand plaisir.

Vous aurez beaucoup de questions durant cette lecture : d’où vient cet étrange mal ? Comment va-t-il se gérer par les autorités ? Les ados que l’on suit depuis le début du récit vont-ils survivre ? Y a-t-il des gens immunisés ? Cette hécatombe va-t-elle durer longtemps ? Et encore, ce n’est qu’une petite partie de ce qui pourra vous passer par la tête.

Mais outre du sang, vous aurez également quelques beaux moments d’émotion : un garçon qui veut protéger son petit frère à tout prix, un couple d’ados qui s’aiment tellement qu’ils ne se quitteront jamais, un élève récalcitrant qui se découvre un courage insoupçonné… C’est aussi dans l’adversité que l’on trouve les plus beaux gestes de l’homme, et cela quel que soit son âge. Mais… peut-être aussi le pire ?

 ……

Bon, que faut-il vous dire de plus pour que vous fonciez chez votre libraire découvrir cette petite merveille ? Vous n’avez plus aucune raison de ne pas vouloir vous procurer ce roman, sauf si vous êtes une âme sensible… ou que vous avez la phobie des contagions… A lire d’urgence dès l’âge de 15 ans !

Interview de Chris Bradford pour sa série Bodyguard

Bodyguard 1 - L'otageLa Bibliothèque de Glow : Comment l’idée originale de Bodyguard vous est-elle venue ?

Chris Bradford : « Le meilleur garde du corps, c’est celui que personne ne regarde » : c’est une phrase que j’ai entendu à la radio, et c’est elle qui m’a donné l’idée de la série. Donc, les ados peuvent être d’excellents gardes du corps. Et encore plus lorsqu’on est une fille ! Personne ne s’attend à ce qu’une adolescente soit garde du corps…

D’ailleurs, quand on est une femme garde du corps, on gagne beaucoup plus que les hommes. Certains se demanderont si les femmes sont assez fortes pour ce travail, et quand je visite les écoles, j’aime prouver aux élèves que c’est effectivement le cas.

Les techniques décrites à l’intérieur de mon roman existent et fonctionnent réellement. Quand j’ai fait des recherches pour mes livres, j’ai suivi un entraînement professionnel de garde du corps. En tant que garde du corps, il faut toujours avoir une conscience aiguë de son environnement. Mes personnages doivent ainsi savoir repérer des systèmes de surveillance cachés. (ndlr : L’auteur nous montre alors que depuis le début de l’interview il nous a filmés à notre insu grâce à une fausse cannette de Coca-Cola. L’œil de la caméra est minuscule !).

Chris BradfordLa Bibliothèque de Glow : Pouvez-vous nous parler des prochains titres de la série à paraître ?

Chris Bradford : Le second tome de la saga Bodyguard se nomme La rançon et sortira en septembre 2015 en France. En VO, c’est Penguin Books qui édite mes romans. Dans le deuxième titre de la série, vous pourrez découvrir de nouvelles techniques de combat.

Dans le troisième tome, qui s’intitule Embuscade (ndlr : titre provisoire) le sujet est la protection des enfants d’un ambassadeur français en Afrique.

Les histoires de Bodyguard sont tout à fait indépendantes, mais il y a tout de même une intrigue transversale. Les actions décrites sont plausibles, réalistes et j’ai fait le maximum de recherches possibles pour coller le mieux possible à la réalité. De même, mes personnages sont très travaillés, tout est fait pour les rendre vrais.

Bodyguard 1 voLa Bibliothèque de Glow : Comment avez-vous construit vos personnages ainsi que leur tempérament ?

Chris Bradford : Il faut savoir que je m’inspire beaucoup de personnes que je connais pour construire mes personnages. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses, ils faut qu’ils soient très complets dans leur façon d’être afin d’être les plus vrais possibles.

Pour moi, le personnage de Charlie est une sorte de modèle. Il est mystérieux et on a très envie de découvrir son passé (ndlr : le personnage de Charlie est en chaise roulante). Vous aurez d’ailleurs toutes les réponses le concernant dans le quatrième tome.

Chaque tome de la série est centré sur un personnage et son passé en particulier. Le second tome est ainsi axé sur Lin, la jeune chinoise. De plus, vous en apprendrez plus sur l’organisation des Bodyguard ainsi que sur le Colonel… Car il ne faut pas oublier que recruter des enfants en tant que gardes du corps revêt un aspect immoral.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous déjà en tête l’intrigue générale des six tomes de la série ?

Chris Bradford : Quand je trouve une bonne idée, je l’exploite jusqu’au bout. Mais uniquement si cette dernière vaut le coup, il faut qu’elle soit excellente. Cependant, la fin ne sera peut-être pas exactement telle que je la prévois dans mes idées, mais y ressemblera fortement. C’est uniquement lorsque l’idée est bonne que j’ai une idée générale.

Enfin, il ne faut pas oublier que j’insère des éléments importants au fil des tomes, et que certains seront très important beaucoup plus tard… Je dois donc me rappeler absolument de tout ce que j’insère dans mon histoire. Si je donne un gadget à l’un de mes héros, il ne faut pas que j’oublie de l’en débarrasser si je veux rendre le tout intéressant.

Bodyguard 2 voLa Bibliothèque de Glow : Où se situe votre série dans le temps ?

Chris Bradford : Vous l’aurez constaté, le président américain est d’origine latino. On peut donc s’imaginer dans un futur très proche. J’ai avant tout fait ce choix car je ne souhaitais pas mettre la famille Obama dans mon histoire. Tout le monde se demande si le prochain Président des Etats8unis sera blanc ou noir, un homme ou une femme… j’ai donc choisi de prendre un président d’origine latino.

La série est très proche de notre présent, elle imagine ce qui pourrait potentiellement se passer. Mes idées concernent souvent un danger qui rôde, que l’on sent venir. Quand le livre paraît, il arrive que le danger soit déjà là, en l’occurrence avec les attaques terroristes qui viennent de survenir (ndlr : l’auteur fait référence aux attentats de Charlie Hebdo).

La Bibliothèque de Glow : Comment se déroule une journée-type pour vous ?

Chris Bradford : J’écris sur mon pc de façon quotidienne de Huit heures du matin à six heures du soir. Il faut absolument que j’aie terminé le chapitre avant la fin de la journée. La plupart du temps, pendant toutes ces heures de travail, je suis assis et je réfléchi et je me regarde le nombril, ce sont uniquement dans les deux dernières heures que j’écris.

Bodyguard 3 voLa Bibliothèque de Glow : Combien de temps avez-vous vous mis à écrire le premier tome de la série ?

Chris Bradford : J’ai eu l’idée il y a quatre ans. Il a tout d’abord fallu que je termine ma série Young Samuraï (Collection Baam). J’en ai profité pour faire beaucoup de recherches et puis j’ai fait ce stage de trois semaines de formation de garde du corps. Comme il s’agissait du premier roman de la série, il m’a fallu faire deux mois de recherches supplémentaires, un mois pour fixer l’idée générale de la série et puis six mois pour l’écrire.

En général, j’écris un livre par an, tout en faisant des tournées dans les classes, de la promo etc (Je passe 2/3 mois par an à faire des tournées).

La Bibliothèque de Glow : Pourquoi avoir voulu absolument obtenir ce diplôme de garde du corps ?

Chris Bradford : C’était important pour moi en tant qu’auteur. Quand je vais dans les écoles, que je parle et que je fais des lectures d’extraits, je veux que les enfants croient vraiment en moi. Je ne veux pas qu’ils pensent que l’ouvrage n’est pas réaliste, ou qu’ils croient que je ne sais pas de quoi je parle.

En dehors de cela, cette formation était tout simplement passionnante : elle a beau être courte (trois semaines), elle a fondamentalement changé ma façon de vivre. Par exemple, je ne me positionne plus de la même façon dans un restaurant ou une pièce, je réfléchi à l’endroit le moins dangereux où se placer. Je regarde de façon automatique où se trouvent les sorties, etc. Mais je ne suis pas paranoïaque, je sais aussi m’amuser !

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous déjà d’autres projets en cours ?

Chris Bradford : Alors oui… et non. En fait, j’ai deux autres nouvelles idées, mais je dois avant toute chose terminer la saga Bodyguard. La première idée est celle d’un scénario. La seconde est un projet de trilogie dont l’idée de départ est venue grâce à un titre de livre écrit par quelqu’un d’autre.

Pour ma série Young Samouraï, elle a été directement inspirée de mon expérience. Je fais des arts martiaux depuis l’âge de huit ans et j’ai toujours rêvé d’être un samouraï ou un ninja.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous des projets d’adaptation au cinéma ou à la télévision pour Bodyguard ?

Chris Bradford : Effectivement, il y a un projet de série télévisée en cours de réflexion. Pour le moment, rien n’est encore concret, il faut donc croiser les doigts !

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous un art martial de prédilection ?

Chris Bradford : Tout à fait, il ‘agit du Ninjutsu. Si vous êtes une femme, je vous conseille d’essayer le Jujitsu, vous pouvez retourner la force de l’ennemi contre lui-même. C’est ça qui est bien dans les arts-martiaux, c’est fait pour tout le monde et vous pouvez vous protéger et protéger les autres, comme un… garde du corps !

Chronique : É-Den – Tome 1 – Les survivants

E-den 01Nouvelle série signée Élodie Tirel, E-Den – Les survivants est le premier tome d’une trilogie. A conseiller à partir de 13 ans environ, l’auteur nous plonge dans un univers post-apocalyptique se déroulant sous terre…

Élodie Tirel est l’auteur de très nombreux romans, elle a notamment écrit la série L’Elfe de Lune qui s’est vendue à plus de 100 000 exemplaires au Québec.

Un futur loin d’être radieux…

En l’année 3261, les choses ne sont pas au beau fixe : la surface de la Terre est devenue inhabitable et le peu d’êtres humains encore en vie survivent dans Renaissance. Immense cité souterraine, Renaissance porte très mal son nom car la majorité des gens qui y vivent sont tout sauf en train de renaître.

En effet, la cité est divisée en trois parties : le Cocon, le Grenier et la Cave. La majorité de la population vie dans la Cave : condamnée à travailler pour une misère et survivre dans des habitations sordides… La mort guette tout le monde à chaque coin de rue ici. Ceux du Cocon sont quant à eux préservés : ils font partie de l’élite sociale et n’ont aucun contact avec ceux du bas de l’échelle. Quant au Grenier, bien que son nom soit un indice, on ne sait rien dessus au début du roman…

Voici donc le décor posé. Maintenant imaginez-vous une jeune fille bien née au Cocon qui décide coûte que coûte de retrouver son père disparu. Et imaginez également un jeune garçon de la Cave qui vit de larcins pour manger quand le destin est clément avec lui… comment ces deux là pourraient-ils bien se rencontrer et changer l’avenir des habitants de Renaissance ?

Un univers impitoyable qui tient bien en haleine

E-Den est un roman qui satisfera tous les lecteurs ayant besoin d’action, en particulier si ils ont entre 12 et 14 ans. Pourquoi ne pas conseiller ce roman pour des plus grands ? Tout simplement car E-Den a beau être un roman post-apocalyptique aux lois dures, les dialogues sont eux beaucoup plus « jeunesse ». Ca n’est pas un mal, mais ce contraste entre le genre et les dialogues en fait un roman très accessible.

De bonnes idées, il y en a dans ce premier opus, en particulier sur l’univers de Renaissance et sa hiérarchie. Peu à peu, on découvre tous les secrets de la ville, ainsi que ses pièges… Vous ferez également la connaissance d’une créature très étrange : le racureuil (c’est lui sur l’épaule de la jeune fille en couverture !), mignon mais pas seulement…

 ….

La grande force du récit réside dans sa capacité à nous emmener toujours plus loin dans l’histoire, et cela de façon très aisée. Nous qui commençons dans la Cave, nous passons par toutes les strates de la cité, allant même jusqu’à découvrir d’autres cultures et peuples qui en sont extérieurs. Chaque nouvelle péripétie apporte son lot de nouveaux personnages et d’enjeux renouvelés… En définitive, vous ne pourrez par vous ennuyer. A lire pour tous ceux qui aiment l’aventure sur fond de fin du monde ! A réserver à des lecteurs entre 11 et 13 ans environ.

Affaire à suivre avec le second tome de la saga qui vient de paraître en octobre 2014 : La Traque.

Chronique : Le Dernier Jardin – Tome 2 – Fugitive

Le dernier Jardin 02Un dangereux road-trip dans les Etats-Unis dévastés du futur…

Second roman de Lauren DeStefano à paraître en France, Fugitive est également le deuxième tome de sa saga Le Dernier Jardin. L’ouvrage est paru en août 2012 aux éditions Castelmore, le label ado des éditions Bragelonne.

Toujours aussi addictif et violent

Suite directe du premier tome, nous suivons les pas de Rhine, tout juste enfuie de sa prison dorée où elle était censée finir ses jours et enfanter. Elle a pu s’évader in extremis avec Gabriel, un jeune serviteur du domaine dont elle est tombée amoureuse… La fuite était sa seule chance de survie quand on sait la fascination qu’a son beau-père pour ses yeux et qu’il était prêt à la disséquer pour en percer le mystère.

Mais à peine le rêve d’évasion se concrétise-t-il, que déjà de nouveau dangers surviennent. Le monde dont Rhine a été isolée est toujours aussi violent et cruel que jamais, comme vont le prouver les lignes qui suivent.

D’une prison vers une autre….

A peine commençons-nous à respirer pour Rhine et Gabriel que déjà le jeune couple retombe entre les griffes de personnes peu recommandables. Au lieu d’un manoir aseptisé, c’est un cirque glauque où les plaisirs de la chair sont omniprésents. Entre drogues pour oublier leurs conditions d’esclave et autres substances peu recommandables, Rhine se pose encore une fois comme une victime.  Alors saura-t-elle faire les bons choix pour retrouver son frère et la maison de leurs parents décédés ?

Le mot de la fin n’est pas pour tout de suite !

Ce second tome a beau être aussi crispant et hypnotique que le premier, on ressent une légère lassitude à sa lecture car il donne l’impression de tourner un peu en rond.

On retrouve à peu près les mêmes ficelles que dans le premier tome : la notion d’enfermement, de manipulations de la vérité… Seul le décor change en fin de compte. Et le terrible Vaughn (son beau-père malgré sa volonté) est remplacé par la matrone qui aime se faire appeler Madame et prostitue toutes les pauvres filles qui tombent sous sa coupe.

On reste cependant en alerte tout le long du récit, en particulier lors des cinquante dernières pages qui sont riches en révélations aussi bien sur le passé que sur le futur…

 ….

Cette suite est donc satisfaisante même si elle tombe dans quelques pièges faciles. On aurait apprécié découvrir plus largement l’univers dévasté de Rhine qui n’est encore qu’à l’état d’esquisse même si on en comprend les enjeux. Une explication plus creusée des motivations concernant les anti-remède au virus aurait apporté plus de cohérence à ce monde en plein délitement.

Le remède au virus n’est toujours pas trouvé, mais quelques pistes intéressantes s’ouvrent à nous…  On a hâte d’avoir le mot de la fin après plus de trois ans d’attente, le dernier tome s’intitule Rupture.

Dans la même série (cliquez sur l’image pour lire la chronique) :

Le dernier jardin 01

Chronique : La Symphonie des Abysses – Tome 1 – La partition d’Abrielle

La symphonie des abysses 01Un univers magnifique et original en paradoxe total avec ses lois

Dernier roman en date de l’auteur française Carina Rozenfeld, La Symphonie des Abysses et le premier tome de ce qui devrait constituer une duologie. L’ouvrage est paru en février 2014 dans la collection R.

Avec ce nouveau récit, l’auteur traite à nouveau (après Phaenix) une thématique qu’elle affectionne tout particulièrement : la musique, mais aussi l’affirmation et l’émancipation de soi.

Elle a déjà écrit de nombreux romans fantastiques mais essaye toujours de renouveler son genre : romance, fantasy, fantastique, voyage dans le temps… Avec La Symphonie des Abysses nous sommes confronté à une société aux règles totalitaires qui semble évoluer dans notre futur, mais difficile d’en savoir plus tant le voile est pesant sur ce nouvel univers.

Article 2 : Il est interdit de chanter, d’écouter, ou de faire de la musique

Cette règle simple est facile à respecter pout les habitants de l’atoll, sauf pour la jeune Abrielle, forcée de contenir des chants qui la dépasse elle-même. Sans cesse tentée de chantonner et de murmurer des notes, cette dernière vit très mal l’article 2 du règlement, surtout depuis la disparition mystérieuse de son père.

Mais à la moindre incartade, c’est la mort garantie ; Article 3 : Quiconque se livrera à ces activités illicites sera mis à mort. Aussi Abrielle contient-elle son besoin de chanter autant que possible en espérant qu’elle ne faillira pas. Faisant sa part des tâches quotidiennes nécessaires à la communauté et parlant peu, la jeune fille se sent de plus en plus prisonnière… et ça n’est pas le mur gigantesque qui entoure l’atoll qui lui donne cette impression, mais bien ces lois aussi étranges qu’injustes…

Un roman qui fait l’éloge de la force de caractère et de la remise en question

Faut-il suivre aveuglément des lois qui n’ont pas de sens ? Ou qui sont obsolètes ? Peut-on s’affirmer sans que cela ne soit au détriment de la communauté ? Toutes ces questions, Abrielle se les pose de plus en plus… mais elle n’est pas la seule. En effet, le roman se découpe en deux « partitions », celle d’Abrielle, puis celle de Sand et de Cahill, dont je ne parlerais guère sous peine de vous gâcher une bonne partie du plaisir de lecture.

De l’époque à laquelle se déroule le roman, nous n’en savons rien sinon qu’il y a eu une « pluie de Lune », en effet, le satellite est depuis scindé en deux parties, le reste s’étant écrasé sur la Terre. L’image de cette Lune détruite est l’une des plus belles et des plus prégnantes du roman avec cette fameuse symphonie qui se retrouve dans tout ce qui est vivant.

Sans être clairement définie, nous savons que la Symphonie des Abysses est une sorte de mélange de chants que certains ont la chance d’entendre – comme Abrielle – ce qui fait d’elle une réminiscente et la met en danger.

Des thématiques de société traitées avec originalité

Carina Rozenfeld s’est lancé avec La Symphonie des Abysses dans un genre littéraire auquel elle ne s’était pas encore essayée : la dystopie (du moins, nous en avons quelques indices). Elle en profite pour faire passer des messages on ne peut plus actuels tels que la différence et l’acceptation de cette dernière par les autres.

La question de l’identité sexuelle est également abordée d’une façon extrêmement inattendue et originale qui m’a fascinée. Encore une fois, l’auteur réussit à faire montre d’imagination et nous surprend là où l’on ne l’attend pas. C’est réussi et bien pensé.

 ….

En conclusion, ce premier tome est une vraie réussite, on retrouve l’inventivité si reconnaissable de Carina Rozenfeld. L’atoll et son utilité ne sont toujours pas définis à la fin du roman, nous laissant encore plus perplexe qu’au début. Quel est l’intérêt de ce mur électrifié ? Pourquoi ces règles absurdes ? On ne peut que spéculer joyeusement sur les nombreuses possibilités de scénarios, mais pour avoir des réponses à nos questions, il faudra patienter jusqu’à novembre 2014… En tout cas n’hésitez pas un seul instant à vous lancer dans cette nouvelle aventure bien menée !

Chronique : Les Fragmentés – Tome 1

Les fragmentés 01Écrite par l’écrivain américain Neal Shusterman, la série les Fragmentés rencontre un incroyable succès aux Etats-Unis sous le titre original Unwind. En France, c’est la collection MSK (collection ado des éditions du Masque) qui publie ce texte, les droits ont étés achetés avant même que la collection existe, tant il a marqué la directrice de la collection, Maÿlis de Lajugie.

Une première édition du tome un a vu le jour en 2008, puis l’ouvrage est paru au format poche en mai 2013. Mais à l’occasion de la sortie du second tome en France, l’éditeur a vu les choses en grand en rééditant le premier tome sous un grand-format très esthétique pour faire un bel effet collection.

Enfin, pour en finir avec les bonnes nouvelles, sachez que la série est déjà prévue pour être portée à l’écran ! Alors pour savoir ce que raconte cette série d’anticipation captivante, c’est par ici…

Le futur, à une époque indéterminée, mais pas si loitaine…

 L’avenir : suite à une lutte acharnée entre les Pro-vie et les Pro-choix est née la fragmentation, une étape permettant d’amener un être à un état divisé, tout en le laissant techniquement en vie à travers plusieurs personnes. En effet, la fragmentation permet d’utiliser 100% de l’être humain sans le tuer et a supprimé les pénuries d’organes.

Mais où trouve-t-on ces fameux organes ? Qui sont les donneurs ? Il s’agit d’adolescents âgés entre treize et dix-huit ans, dont les parents ont décidé pour diverses raisons de signer un ordre de fragmentation. Une fois l’ordre signé, impossible de faire marche arrière : l’adolescent est voué à la fragmentation… Mais les Pro-vie sont ravis du compromis, car il est impossible d’attenter à la vie d’un enfant de sa conception jusqu’à ses treize ans, à lui donc de faire ses « preuves ».

Mais il arrive que certains s’en sortent et deviennent des déserteurs, c’est le cas d’un des héros de ce roman, Connor, qui va tout faire pour rester en vie, et cela dans un état non divisé !

Cependant, cette lutte pour la survie ne va pas aller sans heurts, et surtout, le parcours de Connor va devenir quelque chose de bien plus grand que lui. Et c’est sans compter sur ceux qu’il entraine dans son sillage… notamment Risa et Lev eux aussi voués à être fragmentés.

Les fragmentés 01 UnwindExtraordinairement dense et documenté

L’univers futuriste et cruel que Neal Shusterman met en place est d’une implacable efficacité dès les premières lignes. Haletant, captivant, le récit est d’une cohérence extrême, ne laissant pas de doutes ou de questions planer. Et bien que l’on ne connaisse pas tout le passif des camps Pro-vie et Pro-choix qui a amené à cette terrible ère, on en comprend malgré tout les terribles enjeux.

Chaque chapitre est centré sur un personnage en particulier : Connor, Risa ou encore Lev dont l’histoire et les motivations sont bien différentes. Le personnage de Lev en particulier, que l’on pourrait croire plat au début du récit devient au final l’un des plus intéressant. En effet, le jeune homme est destiné à la fragmentation depuis sa naissance pour des raisons religieuses : on appelle cela la décimation. Mais son cheminement vers Dieu va vite se transformer en un tout autre pèlerinage…

Outre des personnages absolument mémorables et charismatiques, on se retrouve dans un récit empli d’adrénaline, où chaque instant et détails comptent, y compris dans l’urgence.

La plus belle réussite de ce roman est certainement l’émotion que réussit à nous communiquer Neal Shusterman, créant des situations aussi tragiques que magnifiques à travers ses personnages. Je pense notamment aux quelques chapitres où nous rencontrons le personnage mystérieux de CyFy. L’émotion qui transparaît dans la dernière scène où il fait son apparition est d’une ampleur rarement lue dans un texte.

De même, la fragmentation, cette fameuse étape dont personne ne sait vraiment en quoi elle consiste, nous allons pouvoir y assister, et là aussi difficile de ne pas se sentir concerné par les souffrances des personnages.

Les fragmentés 01 Unwind2Vif, instinctif, parfois violent, les Fragmentés est un roman à part dans tous les récits young-adult qui fleurissent dans le paysage éditorial. Un ouvrage à lire avec délectation, fougue, et surtout éxaltation. Un chef-d’œuvre pour redécouvrir le genre de l’anticipation dans toute sa force, et cela à tout âge.

Si vous voulez découvrir un imaginaire aussi riche que percutant, laissez-vous tenter par les Fragmentés, personnellement, je suis conquise ! En route directement vers le second tome !

PS : Ne devant être qu’une trilogie à l’origine, la série comptera au final quatre volumes aux Etats-Unis. L’éditeur américain trouvant le troisième tome beaucoup trop gros et ayant préféré le diviser en deux. Le troisième tome vient d’ailleurs de sortir le 15 octobre dernier, le quatrième est prévu pour courant 2014.